‹ Flore des damesChapitre 155 sur 169 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Ou briller sous la pourpre unique en sa blancheur ; Le Gange, lui prêter dans sa grâce assouplie Une molle fraîcheur.

Elle ne mourra plus et tu vivras en elle !

Tu revivras surtout dans cet essaim fidèle Qui butine après toi, ses brillantes couleurs, Et quitte à ton appel la ruche maternelle Pour se suspendre aux fleurs.

Ces filles de ton art, diligentes abeilles,

De cet art décevant, prolongeant les merveilles, Emplissent, grâces à toi, leurs cellules de miel ; Et leur vol murmurant te nomme à nos oreilles Comme un e'cbo du ciel.

Jeunes fleurs qui formez aux leçons qu’il vous donne Un parterre vivant dontl’e'clat l’environne ,

Et vous, fleurs qu’il de'robe à vos rameaux ti’emblants, Aux yeux de son pays, d’une double couronne Ceignez ses cheveux blancs.

Je serais inexcusable si, avant de terminer ces citations, je ne vous faisais pas connaître une remar-

nouveau langage desfleuks.

quable idylle à la violetle composée par M me Beau fort d’Hautpoul.

O fille du printemps ! douce et touchante image D’un cœur modeste et vertueux,

Du sein de ces gazons, tu remplis le bocage

De tes parfums de'licieux. ^

Que j’aime à te chercher sous l’ëpaisse verdure Où tu crois fuir mes regards et le jour!

Au pied d’un chêne vert, qu’arrose une onde pure L’air embaume' m’annonce ton séjour.

Mais ne redoute pas cette main généreuse :

Sans te cueillir j’admire ta fraîcheur ;

Je ne voudrais pas être heureuse Aux dépens même d’une fleur.

Reste sur ta tige flexible,

Jouis des beaux jours du printemps ;

Que les zéphirs rafraîchissants ,

Que ces rameaux et ce lierre sensible Te défendent, l’été, des rayons dévorants !

Que l’automne aussi fasse éclore Autour de toi des rejetons nombreux !

Que de l’hiver le souffle rigoureux S’adoucisse et t’épargne encore !

Ah! comme ton parfum, dont la suave odeur

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