EPILOGUE
veraines.Ce serait un tableau bien digne des re¬
gards de l’homme que celui de la condition des femmes sur toute la terre : il y verrait leur bonheur finir avec sa vertu. Mais, considérant encore avec espoir l’influence des femmes en France, d’où elles régnent par les grâces sur toute l’Europe, j’étendrais, ce me semble, leur puissance à l’univers entier, si je pouvais les ramener à ces temps où elles apaisèrent d’elles-mêmes une guerre civile dans les Gaules (i). »
Que faudrait-il pour cela? faire comprendre à leurs cœurs généreux qu'il est une mission noble et importante à accomplir, une mission qui demande du dévouement.... C’est par le dévouement et la persévérance que les femmes sont admirables; elles ne manqueraient pas à un semblable appel, fait au nom de 1 humanité, et surtout lorsque le résultat de leur coopération au grand œuvre devrait être de les rendre plus heureuses en augmentant la somme totale du bonheur de la société.
Mais je vous vois, avec votre sourire malin sur les lèvres, prêle à me demander où je veux en venir, et en quoi les réformes morales peuvent tenir à un traité
0) Bernardin de St .-Pierre; discours sur l’e'ducation des femmes.
nouveau langage des fleurs.
du langage des (leurs. Mon Dieu ! patience, madame ; dans un temps où de très grandes choses amènent de fort pauvres résultats, ne peut-on pas espérer de voir d’immenses effets se produire par de très petites causes? Un tampon d’étoupes peut bouclier une voie d’eau suffisante pour engloutir un vaisseau de hautbord.
Je vous l’ai dit ailleurs, l’amour n’existe plus parmi nous; à qui la faute? aux femmes. Ce sont elles qui souffrent qu'on les mette à prix comme des actions sur les bitumes ou de la rente 3 p. 0/0 ; ce sont elles qui veulent bien encore trouver des sourires pour ces hommes qui les laissent seules dans les salons des raouts pour se précipiter plus à l’aise autour des tables où la passion du jeu étale l’or et les billets de banque ; ce sont elles qui permettent que l’atmosphère parfumée qui les entoure soit viciée par les émanations infâmes du cigare ; que la botte vienne fouler leurs moelleux lapis, que l’ignoble paletot s’étale effrontément sur leurs causeuses élégantes. Voilà par quelle pente insensible les femmes se sont laissé entraîner à n’être plus que des esclaves; voilà comment elles ont renoncé peu à peu à cet empire immense du respect et du bon goût, qui savait faire plier tout devant elles.