‹ Flore des damesChapitre 159 sur 169 · Épilogue · texte numérisé non relu

Épilogue

Aussi qu’arrive-l-il aujourd’hui ? c’est que les Anglais, dont le sans gêne auprès des belles donna jadis carrière à tantd’épigraimnes de la part de nos auteurs critiques, les Anglais seraient des modèles à offrir à nos jeunes lions; c’est que les flegmatiques Allemands rougissent et se détournent avec honte quand ils voient dans les promenades des jeunes gens aspirer intrépidement la vapeur du tabac tout en donnant le bras à une dame, ou lancer les bouffées nauséabondes de leur fumée au milieu des groupes indignés des femmes du meilleur ton.

Eh bien ! que faudrait-il pour changer cet état de choses ? De grands efforts sans doute ? Mon Dieu, non ; un peu de volonté de la part du beau sexe; il faut relever les autels de l'amour pur; il faut réhabiliter le culte de la beauté. Que les femmes commencent par avoir foi dans leur puissance, et la foi renaîtra parmi nous.

Vous voyez , madame , où je veux en venir : c’est avec des fleurs que je prétends tresser la couronne de votre souveraineté ; c’est avec des fleurs que je veux tisser la chaîne à imposer à vos esclaves. Enfin, comme il n’est pas de gouvernement sans politique, c’est avec des fleurs que j’espère vous apprendre à tenir vos notes diplomatiques.

NOUVEAU langage des fleurs.

C'est une bien grande audace sans doute de venir aujourd’hui parler de souveraineté, d’autorité lorsque la société tout entière semble uniquement occupée à briser pièce à pièce ce qui ressemble du plus loin possible à une puissance. Mais ne nous y trompons pas, le mal est à la surface ; il n’a pas de profondeur ; il ne faut que les cris d’une minorité factieuse pour troubler une grave assemblée; il ne faut que les menées actives d’une troupe d’intrigants subalternes pour agiter toute une nation. Que les gens de bien et de cœur se resserrent donc autour des femmes, que celles-ci proclament, avec l’autorité de leurs charmes et de leurs vertus, les principes conservateurs de la morale, et la France peut être sauvée !

Vous allez sans doute trouver que ma politique ressemble à celle de M. Josse, et ma conclusion vous paraîtra peut-être inspirée sur celle de ce bon Lagingeole : prenez mon ours !

Prenez mon ours! En effet, c’est une parole sublime et qui résume admirablement la pensée intime de la plupart des hommes dans ce siècle d’égoïsme. Prenez mon ours ! C’est le fond de nos discussions législatives et de ces éternelles querelles d’ex-ministre à ministre, et plus encore de ministre à qui veut le de¬

venir.

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