ÉPILOGUE
Pour moi, madame, rien de semblable n’est entré dans mon esprit; ma foi dans le beau sexe est vraie et profonde ; mes idées peuvent être une utopie ; c’est à vous d en juger: du moins elles ne contribueront pas, je l’espère, à m’aliéner l’esprit de celles auxquelles je me suis plu à les adresser.
Je devrais borner là ce que j’ai à dire de mon livre, puisqu’en commençant j’ai déclaré que j’en abandonnais la forme à la critique. Entendons-nous, cependant, je suis décidé, sans nul doute, à accepter la conséquence des opinions fausses que j’ai pu exposer, A m’entendre reprocher la lourdeur de mon style ou son manque de clarté ; mais c’est précisément à cause des nombreuses accusations que je redoute de ce côté que je suis peu disposé à assumer sur moi la responsabilité des fautes matérielles dont j’ai à déplorer l’existence dans ce livre.
Il faut encore distinguer dans ces fautes : je ne prétends pas vous arrêter sur les lettres déplacées ou retournées, sur les intervalles mal disposés, sur les fautes de ponctuation ou d’orlographe même ; ce sont là autant de choses qui retombent naturellement sur le correcteur d’impression, et dont l’auteur peut, à tort ou à raison, se déclarer la conscience nette ; mais quand il s’agit de non sens, de phrases embrouillées,
nouveau langage des fleurs .
de citations estropiées, c’est alors que l’auteur a le droit de réclamer avec force, surtout s’il a la conviction d’avoir corrigé en placard , en feuille, en tierce, la faute qu’une négligence impardonnable a laissé subsister jusque dans le tirage. Ainsi, un l malencontreux substitué à un s dans la page 25 me fait dire en apparence que les fleurs sont la parure des sentiments de la femme! Il faudra donc que vous ayez la bonté de lire : la beauté en fait encore sa plus douce parure comme l'expression de ses plus chers sentiments.
Page 55 vous lirez aussi : s’ils (les auteurs) eussent songé à pénétrer les secrets de la science qu'ils voulaient enseigner, il n'est point douteux qu’ils fussent arrivés à reconnaître que les moyens qu'ils avaient décrits étaient impraticables. Page 57 veuillez rétablir ainsi ce passage emprunté à M. Frédéric Portai : Les peintures des églises eurent, dans le principe, une double signification ; l’une apparente pour le vulgaire, l’autre cachée qui s’adressait aux croyances mystiques.
J’ai à peine besoin de vous dire que le nom écrit Ahriam dans la douzième ligne de la page 62 est celui d’Ahriman, génie du mal; que la lopésie à grappes se nomme en latin lopezia et non pas lopegia, comme elle est désignée page 69; que le laiteron des champs
liHLOGUE.
(horloge de Flore, page 7i, dernière ligne) s’appelle sonchus arvensis et non pas savensis.
Page 167 vous lirez ; et se vautrant à loisir dans de sanglantes saturnales, au lieu de : dans les sanglantes saturnales. Vous reconnaîtrez également que la faute de mesure résultant du mot encore dans le 3 e vers de la page 172, est le fait de l'imprimeur; comme aussi, page 193 , qu’une tête ne s 'éclaircit pas d’un rayon, mais s’éclaire.
Il est fâcheux sans doute d’avoir à signaler tant de fautes dans un si petit ouvrage, et vous me demanderez peut-être à quoi il faut les attribuer. Mon Dieu, madame, je vous l’ai dit précédemment à propos de mes Leçons de botanique; on produit trop vite aujourd'hui. Reportez-vous à la date de votre première lettre; deux mois se sont écoulés depuis, eh bien! dans cet espace de temps, il a fallu faire un livre et le publier ; il a fallu, dis-je, car, si je ne l’eusse fait, nul doute qu’un autre se fût emparé du sujet. Vous accepterez donc mon œuvre avec ses défauts, vous ferez plus, vous accélérerez (toujours au moyen de la propagande des idées) l’épuisement de cette première édition afin que celle qui lui succédera puisse se purger des taches dont elle est empreinte.
DICTIONNAIRE
DES PLANTES SYMBOLIQUES