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avec Marie ; après l’avoir vue tout le jour à Youvrouer de la reine, il eût voulu se retrouver encore près d’elle le soir. Quand la nuit vint, il se décida donc à aller au champ-aux-Rosiers, errer devant la demeure du premier président et, pour appeler l'attention de Marie, il commença à chanter une des tendres chansons du comte Thibault.

A peine il achevait le second couplet qu’une fenêtre s’ouvrit, et que la jeune fille, se penchanEsous les découpures élégantes de l’ogive, s’écria :

— N’avez-vous pas de honte, Monseigneur, d’employer les heures dues au travail et à la méditation en vaines pratiques de galanterie? Demain, comte de la Marche, vous allez être appelé à prononcer sur l’honneur, sur les biens, sur la vie, peut-être, des citoyens; etces heures précieuses qui vous séparent de l’aube, vous les dissipez en frivoles loisirs. Monseigneur, regardez autour de vous, et apprenez de quelle manière on se prépare aux austères fonctions que vous remplissez!

Et Marie, étendant la main, montrait au jeune Philibert les fenêtres des membres du Parlement, toutes éclairées par une vacillante lumière , qui indiquait assez que ces graves personnages se livraient à l’étude des causes qu’ils devaient juger le lendemain.

nouveau langage des fleurs.

—Vous me tracez bien sévèrement mon devoir, fit le comte, mais je saurai m'y ranger; en me dévouant au service de l’Etat sur le champ de bataille pendant la guerre, sur le pré de justice durant la paix, peut-être me rendrai-je digne de vous.

Regagnant aussitôt son logement, Philibert de la Marche se mit à étudier pendant le reste de la nuit les affaires qui devaient être portées au Parlement.

Le lendemain précisément, il arriva qu’on dût plaider devant la reine régente une cause dont le comte de la Marche avait été nommé rapporteur. Pierre Dubuisson voulait passer outre, car on savait que Philibert était peu enclin au travail : mais la reine ayant demandé au jeune comte s’il était prêt à parler, sur sa réponse affirmative, un prompt silence s’établit. L’affaire était de grave importance : il s’agissait de la succession du Vidame de Bergerac qui s’était marié trois fois, et avait laissé de chaque lit sept enfants. Le point en litige était de savoir si les enfants du premier lit devaient concourir au partage dans la même proportion que ceux des deux derniers; la coutume et le droit écrit des provinces de Guienne et de Poitou étaient en désaccord dans l’espèce.

Le comte de la Marche , dans un rapport d’une remarquable lucidité , parvint à concilier les droits de

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