‹ Flore des damesChapitre 49 sur 169 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

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chacun : eilorsqu’il posa ses conclusions, le Parlement alla aux voix sans discussion et vota dans le sens du rapporteur.

— Çà, comte de la Marche, dit la reine, vous venez de nous donner un brillant témoignage de votre faconde et de votre sagesse; persisterez-vous, mon féal dans la voie que vous venez d’entamer avec tant de distinction ?

— Madame la Reine, répondit le comte en mettant un genou en terre , je ferai désormais tous mes efforts pour mériter la faveur de votre majesté et du roi notre sire.

— Très bien, comte, mais soyez sincère : à qui devons-nous ce changement et ce subit amour des sérieux labeurs ?

— A un ange descendu d’en-haut pour me rappeler au devoir, répondit-il en levant un regard reconnaissant vers Marie, assise non loin de la reine.

— Je le savais, reprit celle-ci en se penchant affectueusement vers le jeune pair ; je me promenais avec le comte Thibault au Champ-aux-Rosiers, lorsque la parole céleste vous est venue. Je me charge, comte, de donner le prix à votre loyale obéissance : Messire Pierre Dubuisson, continua Blanche en se retournant vers le premier président, vous êtes dès ce moment

NOUVEAU LANGAGE DES FLEURS

chancelier de France, cl vous, ma belle amie , ajouta-t-elle en tendant, la main à Marie , demain la cour vous saluera du nom de comtesse de la Marche. Tous trois s'inclinèrent respectueusement.

— Jeunes pairs de France, dit en se levant la reine, imitez l’exemple du comte de la Marche, et apprenez de lui à l’aire tourner au profit du peuple les tendres sentiments de votre cœur. Pour moi, afin de perpétuer à jamais le souvenir de Marie, je veux qu’en mémoire delà nuit d’hier les jeunes pairs présentent à mon Parlement un tribut annuel, le premier mai.

— Et de quoi se composera ce tribut, noble reine ? fit le comte de Champagne.

— De roses, répondit Blanche en promenant autour d’elle un gracieux regard ; ce tribu sera certes payé exactement, car notre fertile terre de France produira toujours des fleurs pour orner la beauté comme du fer pour armer les braves. Comte de la Marche, rendez le premier cet hommage à mon Parlement.

Philibert obéit. Des roses furent aussitôt cueillies par des pages, et, à la tète des jeunes pairs de France, le comte de la Marche offrit, dans des corbeilles de jonc rehaussées de crépines d’or, une moisson de Heurs embaumées au vénérable aréopage.

Depuis cette époque le plus jeune des pairs de

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