II. Glandes échancrées en croissant ou à deux cornes
E, EsurEe. E. esula. — Plante moyenne ou assez grande, vivace, glabre et légèrement glauque. Racine rampante, presque ligneuse. Plusieurs tiges droites ou presque droites, les unes stériles, les autres fertiles ; celles-ci rameuses, à rameaux inférieurs mal dévéloppés ou nuls , à rameaux supérieurs florifères. Feuilles alternes, sessiles, oblongues ou oblongueslinéaires, entières, courtement mucronées ou mutiques , à bords un peu membraneux-rudes. Ombelle à 6-12 rayons grêles, bifurqués ; collerette à feuilles lancévlées-linéaires ou oblongues-linéaires, mucronées; bractées triangulaires-réniformes, mucronées ou même un peuacuminées, jaunâtres lors dela floraison; glandes jaunes, en croissant à courtes cornes. Capsules à coques légèrement chagrinées sur le dos ; graines ovoïdes-cylindriques, lisses, brunâtres. — Eté. Dunes. TR. Gâvyre (N).
Var. — semiorbicularis. — Feuilles supérieures des tiges fertiles plus larges que les mêmes feuilles du type. Collerette à feuilles très inégales, ovales-oblongues ou | oblongues. Bractées à moitié orbiculaires. Graines assez nettement ovoïdes, grises. — Champs rocailleux près de la mer. TR. Coët-Surho (MM. Pontarlier et Taslé).
Obs. L’'Euphorbe cyprès, Euphorbia cyparissias L., vainement cherché dans le Morbihan, se distingue
surtout de l'Euphorbe esule par ses fouilles bieñ rapprochées , linéaires-étroites et très entières.
E. DE PORTLAND. E. portlandica L. — Plante assez petite , vivace, glabre, légèrement glauque. Tiges ascendantes, plas ou moins rougeâtres, souvent un peu rameuses, à rameaux inférieurs stériles, à rameaux supérieurs florifères. Feuilles alternes , rapprochées, sessiles , oblongues ou linéaires-spatulées , mucronées, entières ; les inférieures rétrécies en pétiole, obovales, très caduques. Ombelle généralement à 5 rayons effilés, dichotomes ; feuilles de la collerette ovalesoblongues ou oblongues, macronées ; bractées très larges , presque rhomboïdales, mucronées ou courtement acuminées ; glandes jaunes , en croissant à longues cornes. Coques un peu tuberculeuses sur le dos ; graines ovoïdes-tronquées , ridées-réticulées, à réseau blanchâtre. — Mai-août. Lieux rocailleux près de la mer, dunes. AC.
Obs. L'auteur du Botanicon gallicum ne voit dans l'Euphorbe de Portland qu’une variété à plus grandes bractées de l’Euphorbe des blés, Euphorbia segetalis L. Il faut reconnaître que les deux plantes ont de grands rapports; mais la sécondé est annuelle, à tige droite et n’a pas besoin pour se reproduire de l'influence de la mer. — C’est certainement par erreur que M. Aubry mentionne l’Euphorbe des blés comme vivant dans nos champs. On ne l'y trouve pas.
E. MARITIME. E. paralias L. — Plante assez petite
ou moyenne, glabre, vivace, à racine presque ligneuse. Tiges droites, plus ou moins rougeûtres,
garnies inférieurement de quelques rameaux stériles, et parfois, sous l’ombelle , de quelques rameaux florifères. Feuilles très nombreuses, imbriquées, sessiles, oblongues-linéaires ou lancéolées-linéaires, entières, épaisses, coriaces et d’un glauque très pâle; les der-
nières lancéolées ou même ovales-lancéolées. Ombelle à 3-5 rayons bifurqués; feuilles de la collerette ovalesaiguës ; bractées plus larges que longues, presque rhomboïdales , concaves ; glandes en croissant et d’un faune fauve. Capsules légèrement rugueuses, à coques marquées d'un sillon sur le dos ; graines ovoïdesglobuleuses, lisses, grisâtres. — Eté. Sables maritimes. AC.
E. rLuET. Æ. exigua L. — Plante petite ou assez petite, annuelle, glabre. Tige unique droite, grêle, souvent simple; ou plusieurs tiges , la centrale droite, les latérales ascendantes. Feuilles alternes , sessiles, linéaires ou linéaires-cunéiformes , aiguës ou obtusesmucronées. Ombelle à 3-5 rayons, plus ou moins eftilés, dichotomes; feuilles de la collerette linéairespointues, un peu élargies inférieurement ; bractées lancéolées ou lancéolées-linéaires , à base en cœur ; glandes jaunes à longues cornes. Capsules petites, lisses ou finement ponctuécs ; graines ovoïdes-tétragones, rugueuses, grises ou noirâtres. — Mai-septembre. Terrains cultivés. C.
Var. — retusa. — Feuilles linéaires-cunéiformes, tronquées et mucronées ou même émarginées et à 3 pointes. Collerette à feuilles obtuses-mucronées. — Champs sablonneux. AC.
E. rÉpLus. E. Peplus L. — Plante assez petite , annuelle , glabre , d'un vert clair. Tige droite , rameuse. Feuilles alternes, courtement pétiolées , minces , obovales, entières. Ombelle à 3 rayons ailongés, dichotomes; feuilles de la collerette presque sessiles, ovales; bractées ovales-rhomboïdales, glandes jaunâtres, à cornes eflilées. Capsules lisses, à coques bicarénées ; graines ovoïdes-anguleuses , sillonnées et alvéolées, grises ou brunâtres. — Juin-octobre, Terrains cultivés, décombres, C,
E. ÉpurGE. E. lathyris L. — Plante assez grande, bisannuelle, glabre, d’un vert bleuâtre, Tige droite, robuste, rameuse vers le haut. Feuilles nombreuses , opposées, à paires en croix, sessiles, étalées, très oblongues ou lancéolées-étroites, entières, fermes. Ombelle très grande, à 4 rayons dichotomes, rarement à 2, 3 ou 5 rayons; collerette à feuilles lancéolées un peu élargies inférieurement ; bractées ovaleslancéolées, en cœur à la base ; glandes d’un jaune verdâtre, à cornes courtes, larges, obtuses. Capsules grosses , lisses; graines ovoïdes, rugueuses, d’un brun clair. — Eté. Lieux pierreux, bas des haies, mais rarement loin des habitations. AR. Auray, Hennebont, Plæmeur (N.); Bord de l’Oust, près du Crévi (M. Sachet). Vannes, Baden, la Trinité-Surzur (M. Taslé). C'est une plante naturalisée,
E. amanDier. E. amygdaloïdes L. E. sylvatica Jacq. — Plante moyenne ou assez grande, vivace, à racine dure. Tiges droites ou ascendantes , velues , rameuses vers le haut, à rameaux florifères. Feuilles inférieures mal espacées, rétrécies. en pétiole, très oblongues, un peu pointues et souvent d'un vert rougeûtre ; les supérieures mieux espacées, sessiles, oblongues-obtuses, quelquefois obovales-oblongues ; les unes et les autres entières et pubescentes. Ombelle à 5-8 rayons grêles , bifurqués; feuilles de la collerette ovales ou obovales ; bractées réniformes , soudées par leur base; glandes d’un jaune citron, parfois d’un pourpre foncé, en croissant à cornes assez grandes. Capsules glabres; finement ponctuées; graines ovoïdes-globuleuses, lisses, grises ou brunâtres. — Printemps. Bois, bas des haies, talus ombragés. TC. — La plupart des botanistes réunissent l'Euphorbia amygdaloïdes et l'Euphorbia sylvatica L. Mais ils ne s'entendent pas sur la dénomination à conserver. Smith, possesseur de l'herbier de
Linné, a protesté contre la réunion des deux espèces en question. Suivant lui, l'Euphorbe des bois a les feuilles lancéolées, mucronées , glabres et les glandes nettement à deux cornes, non lunulées.
MERCURIALE. MERCURIALIS L.
Fleurs dioïques, rarement monoïques, pourvues d'au calice à 3 divisions. Les mâles à 8-12 étamines bien saillantes , à anthères globuleuses. Les femelles à ovaire biloculaire, à style très court, à 2 stigmates simples , allongés. Capsule à 2 coques monospermes , s'ouvrant avec élasticité par la nervure dorsale.
M. ANNUELLE. M. annua L. — Assez petite, quelquefois moyenne , annuelle, à racine fibreuse. Tige droite , rameuse, anguleuse, glabre. Feuilles opposées, courtement pétiolées , ovales ou ovales-lancéolées , lâchement dentées, glabres, mais un peu ciliées. Fleurs dioïques, très petites, verdâtres ; les mâles disposées en épis axillaires, grêles, dressés ; les femelles axillaires, presque sessiles. Capsules hispides ; graines presque globuleuses , rugueuses. — Juin-octobre. Jardins , champs cultivés, décombres. TC.
M. vivace. M. perennis L. — Assez petite , vivace, "à racine rampante. Tiges droites , simples, grêles , un peu anguleuses, velues-pubescentes. Feuilles opposées, courtement pétiolées , ovales-lancéolées , créneléesdentécs, pubescentes-scabres. Fleurs dioïques, fort petites, verdâtres ; les mâles en épis axillaires, dressés, grêles, interrompus ; les femelles axillaires, longuement pédonculées. Capsules hispides ; graines globuleuses, réticulées-ponctuées. — Printemps. Taillis, lieux buissonneux frais. R. Pontscorff, Baud {N), Lanvaux (MM. Taslé et Pontarlier).
Fam. LXVIII°.— URTICÉES DC.
Flears polygames, monoïques ou dioïques. Calice persistant , tantôt à # divisions profondes , tantôt à # lobes ou à 4 dents. Etamines hypogynes où comme hypogynes, opposées aux découpures du calice. Ovaire Supère, uniloculaire ; style très court ou nul ; stigmate ordinairement en pinceau. Fruit couvert par le calice, petit, sec , indéhiscent, uniloculaire et monosperme (akène) ; graine dressée , à périsperme charnu contenant un embryon droit. — Plantes herbacées. Feuilles alternes ou opposées, simples, munies de stipules libres. Fleurs petites , disposées en glomérules axillaires ou en grappes.
ORTIE. URTICA L.
Fleurs monoïques ou dioïques. Calice des fleurs mâles à divisions presque égales. Filets staminaux repliés en dedans avant l’anthèse, se dressant avec élasticité. Calice des fleurs femelles à divisions fort inégales, et quelquefois à 2 divisions seulement par l'avortement des 2 autres. Point de style. Un stigmate en pinceau. Akène ovale ou oblong.
O. BruLANTE. U. urens L. Vulgt Ortie-grièche. — Assez petite ou moyenne, annuelle, hispide, à poils contenant un suc caustique. Tige droite ou ascendante, un peu tétragone, rameuse. Feuilles opposées, pétiolées, ovales ou ovales-oblongues , incisées-dentées. Fleurs monoïques, vertes, en grappes géminées , courtes ; les fleurs mâles, moins nombreuses , mélées aux fleurs femelles. Akènes ovales, lisses. — Eté, automne. Terrains cultivés, pied des murs , décombres. TC.
O. pioïque. U. dioïca L. Vulgt Grande-ortie. Mo-
yenne ou assez grande , vivace , hérissée de poils con: tenant un suc caustique. Racine traçante. Tige droite, rameuse , tétragone. Feuilles opposées, pétiolées, ovales-acuminécs, en cœur à la base; les dernières lancéolées ; les unes et les autres grossièrement dentées. Fleurs dioïques, verdàtres, en grappes géminées, assez longues ; les grappes à fleurs femelles pendantes lors de la maturation. Akènes ovales-oblongs , lisses. — Eté, automne. Terrains incultes un peu gras, bords des chemins, picd des murs et des haies. TC.
PARIÉTAIRE. PARIETARIA L.
Fleurs polygames en glomérules axillaires protégés par un involucre à plusieurs folioles. Calice des fleurs mâles à 4 divisions ; celui des fleurs femelles et des fleurs hermaphrodites campanulé ou tabuleux , à # lobes ou à 4 dents. Filets staminaux courbés en dedans avant l’anthèse , se dressant avec élasticité. Style filiforme, à stigmate en pinceau, rayonnant. Akène ovoïde, un peu comprimé, ordinairement luisant.
P. orriciNALE. P. officinalis L. — Assez petite ou moyenne, vivace. Tiges couchées, ascendantes ou droites, rameuses ou simples, tendres, légèrement velues et souvent rougcûtres. Feuilles alternes , pétiolées, ovales ou ovales-oblongues , plus ou moins acuminées, quelquefois lancéolées, entières, ponctuées, pubescentes-rudes , luisantes en dessus , pâles en dessous , à nervures teruées. Glomérules sessiles, plus courts que le pétiole des feuilles ; fleurs d’un vert rougeâtre, les hermaphrodites à calice accrescent, enfin longuement tubuleux. Akènes fort petits, ovoïdespointus, noirs, — Eté, automne. Vicux murs, décombres , lieux pierreux ombragés. TC. — Les botanistes allemands Mertens et Koch ont créé, en place
de la Pariétaire officinale , les deux espèces suivantes : P. erecta : tiges droites , ordinairement simples, quelquefois un peu rameuses, à rameaux dressés ; feuilles ovales-oblongues, acuminées ; bractées sessiles; fleurs à peu près toutes égales. P. diffusa : tiges couchées, rameuses, à rameaux diffus ; feuilles ovales, acuminées ; bractées décurrentes ; pe très inégales. — Parmi FA botanistes he les uns repoussent ces deux nouvelles espèces , parce que les caractères attribués à chacune d'elles se confondent assez souvent; les autres acceptent la seconde espèce , la Pariétaire diffuse, et ne voient dans la première que la Pariétaire officinale de Linné. — Une longue observation me porte à croire que l'espèce linnéenne ne doit pas être restreinte, qu'elle ne doit pas avoir pour synonyme la Pariétaire droite, Parietaria erecta Mert. et Koch.
Obs. La famille des Urticées a été démembrée. Les Artocarpées ou Morées, les Cannabinées et les Ulmacées, qui n’en étaient que des sections ou tribus , sont devenues des familles. — Les Morées , végétaux généralement ligneux et lactescents, se distinguent des vraies Urticées, soit par la réunion des fleurs dans ou sur des réceptacles charnus , soit par la réunion en un seul corps charnu de plusieurs petits fruits provenant chacun d'une fleur distincte. Les fleurs femelles offrent un style terminé par 2 stigmates ou 2 stigmates sessiles, simples. La graine est pendante ; le périsperme contient un embryon plié, à radicule rapprochée du hile. — Le genre figuier, ficus, L., est caractérisé par des fleurs monoïques renfermées dans un réceptacle charnu, étroitement ombiliqué au sommet. Les fleurs mâles y sont placées au-dessus des fleurs femelles ; les premières ont un calice à 3 divisions et 3 étamines; les secondes, un calice à 5 divisions et un ovaire uniloculaire , surmonté d'un style à 2 stigmates. Les fruits
sont des akènes très petits. — Le figuier commun, ficus carica L, , se voit dans la plupart de nos jardins et dans quelques cours. C’est un arbre médiocre, bien branchu , à bois blanc et tendre, à écorce assez unie et grise, à feuilles alternes , grandes , fermes, pétiolées, palmatilobées , pubescentes-scabres. Les réceptacles, qui deviennent succulents-édules et se nomment figues, sont plus ou moins gros , ordinairement pyriformes, quelquefois globuleux ; ils sont verdâtres, jaunâtres, rouges ou violets. Dans certaines circonstances , le figuier commun n’est qu'un arbrisseau torlueux, touffu. J'ai vu , à la côte méridionale de l'ile de Groix, un figuier qui passait pour spontané et l'était peutêtre. Il croissait dans une fissure de rocher, au fond d'une petite anse. |
Dans le genre mürier, morus L., les fleurs sont monoïques, en épis unisexuels. Le calice est à 4 divisions. Les étamines sont au nombre de #4. L'ovaire est biloculaire, à 2 stigmates sessiles ou presque sessiles. Chaque épi femelle devient, après l’anthèse, par l’accrescence et la soudure des calices, un fruit composé, charnu. — M. noir. M. nigra L. Arbre assez médiocre, à bois jaunâtre, à écorce rude et gercée, à branches longues et entrelacées. Feuilles alternes, pétiolées , cordiformes , acuminées , dentées, parfois lobées , pubescentes-scabres. Divisions calicinales à bords hispides. Stigmates hérissés. Fruits ovoiges ou ellipsoïdes, succulents, d’un pourpre noir, à suc bien rouge et d'une saveur sucrée-aigrelette. Ce mürier est depuis très longtemps introduit dans le département comme arbre fruitier ; on le place ordinairement dans les angles des jardins et dans les cours. — M. blanc , M. alba L. Arbre ordinairement assez médiocre, quelquefois élevé, à bois d’un beau jaune, à feuilles plus minces que celles du mürier noir et bien moins pubes-
centes-rudes. Calice entièrement glabre. Stigmates finement veloutés. Fruits ellipsoïdes, ovoïdes ou presque globuleux, un peu succulents , en général blancs ou rosés, à suc incolore, fade ou peu sucré. Quelques plantations de cet arbre existent dans le département. — M. multicaule, M. multicaulis Perrotet. Arbrisseau élevé, rameux dès la base, à rameaux allongés et flexibles, à bois blanc, à écorce plus ou moins chargée de petits tubercules blanchâtres. Fenilles grandes, pétiolées, largement cordiformes, un peu acuminées , irrégulièrement crénelées-dentées, hosselées ou comme crépues, glabres. Fruits assez petits, noirs à la maturité et d'un goût aigrelet fort agréable. Ce mürier est introduit depuis peu dans le département.
Fam. LXIX°. CANNABINÉES Endlich.
Fleurs dioïques. Calice des fleurs mâles à 5 divisions très profondes. Calice des fleurs femelles en forme de spathe ou de bractée et plus ou moins accrescent. Etamines 5, insérées à la base du calice et opposées aux divisions. Ovaire supère ; style fort court ou nul ; stigmates 2, grêles. Fruit petit, sec, uniloculaire, monosperme, indéhiscent ou presque indéhiscent ;
graine pendante, privée de périsperme ; embryon plié ou roulé en spirale. — Plantes herbacées, à feuilles opposées et alternes ou toutes opposées, munies de stipules ; à fleurs petites et verdâtres.