PIN, PINUS L
Fleurs monoïques. Chatons mâles ovoïdes-oblongs, groupés en forme de grappe à la base des pousses de l'année. Chatons femelles ovoïdes, terminaux , solitaires , géminés ou ternés. Ecailles des strobiles épaissies au sommet. Aile du fruit caduque. — Arbres toujours verts , à feuilles réunies au nombre de 2, 3 ou 5 et munies d'une gaîne commune écailleuse. Un laps de 2 ou 3 ans est nécessaire pour la maturation des fruits.
P. Maritime. P. maritima Lam. — Arbre, élevé, à écorce très raboteuse, à branches bien ouvertes, à jeunes pousses un peu rougeâtres. Feuilles géminées ;
longues de 12 à 18 centimètres, lincaires-aiguës, raides, d'un vert assez foncé, concaves et un peu rudes en dessus , convexes ei lisses en dessous , à gaine courte. Grappes des chatons mâles bien moins longues que les feuilles. Chatons femelles souvent géminés, dressés mème après la fleuraison. Strobiles presque sessiles , assez forts, oblongs-coniques, jaunâtres, luisants, d’abord dressés , puis étalés; sommet des écailles en rhombe mucroné. — Mai. Landes, surtout celles du littoral. C.
Obs. C’est sans doute au Pin maritime qu'il faut rapporter le Pin cultivé, Pinus Pinea du catalogue de M. Aubry, arbre indiqué comme croissant partout dans le Morbihan. Le Pin Pinier ou Pignon, Pinus Pineu L., s'y trouve introduit, mais ne se voit guère que dans les parcs ou près des habitations. Cet arbre bien développé offre une cime en parasol bombé. Ses feuilles sont géminées et longues comme celles du Pin maritime, mais d'un vert clair. Les strobiles sont gros , ovoïdes-globuleux. L'amande des fruits est d'un goût agréable.
Les plantations de Pin sylvestre, Pinus sylvestris L., sont assez communes dans le département. Les variétés de ce pin sont nombreuses, mais toutes diffèrent très nettement du Pin maritime. Les feuilles, d'un vert clair ou de couleur glauque, n'ont guëre qu'une longueur de 6 à 8 centimètres et ne dépassent pas ou dépassent faiblement les grappes de chatons mâles. Le pédoncule des chatons femelles se recourbe à la fin de la fleuraison. Les strobiles sont médiocres ou assez petits, pendants, ovoïdes-coniques et d'un gris cendré. — Le Pin de Corse, Pinus laricio Poir., est bien moins cultivé. C’est un très bel arbre, à feuilles géminées, longues , un peu tortueuses ou comme chit-
fonnées. Lesstrobiles sont médiocres, ovoïdes-coniques, 2%
enfin réfléchis ; la partie épaissie des écailles est irrégulière, mais point anguleuse. — Quelques autres pins sont plantés comme arbres d'ornement. Le plus remarquable est le Pin du lord ou de Weymouth, Pinus strobus L., dont les feuilles sont très fines et généralement réunies par cinq.
SAPIN, ABIES Tourn.
Fleurs monoïques. Chatons mâles solitaires , terminaux ou latéraux , oblougs ou cylindracés, Chatons femelles ordinairement solitaires, terminaux ou laléraux, sessiles ou presque sessiles, oblongs. Ecailies des strobiles atténuées au sommet , au lieu d’être épaissies. Aile du fruit persistante. — Arbres toujours verts, à feuilles solitaires, éparses ou distiques, à fruits généralement mürs au bout d'une année.
S. PecriNé. À. pectinata DC. À. vulgaris Poir. Pinus Picea L. — Arbre très élevé et parfaitement droit,, à belle cime pyramidale, à écorce lisse. Feuilles distiques, comme pectinées, linéaires, planes , obtuses ou même un peu échancrées , luisantes.et bien vertes en dessus, assez pâles et à deux lignes blanchâtres en dessous. Chatons femelles à bracièes accrescentes comme les écailles. Strobiles dressés, assez forts, oblongs-cylindriques , à écailles très obtuses se détachant de l'axe à la pleine maturité des fruits. — Avril, mai. Bois, coteaux , talus. AC. — Si cet arbre, comme quelques personnes le pensent, n'est que naturalisé dans le pays, sen introduction au moius remonte à une époque très éloignée.
Obs. Suivant M. Aubry, deux sapins croîtraient naturellement et seraient communs dans le Morbihan. Il les désigne sous les noms linnéens de Pinus Abies et de Pinus Picea, mais en ajoutant à la première
dénomination, comme nom vulgaire, Sapin argenté, ét, à la seconde, Sapin de Norwège. On doit conclure de ces additions que M. Aubry a mal appliqué les noms linnéens ; car, l'arbre dit Sapin argenté est le Pinus Picea de Linné , tandis que le Sapin de Norwège est le Pinus Abies du même auteur. Au reste, on a reproché à Linné d'avoir nommé Pinus Picea une espèce que les anciens botanistes désignaient sous le nom particulier d’Abies, et d’avoir attribué ce dernier nom à une espèce qui s'appelait vulgairement Epicea.
M. de Candolle, en rétablissant le genre Sapin, a fais du Pinus Abies L., qui est le Pinus Picea Aubry, l'espèce Abies excelsa, Sapin élevé. Je crois que ce Sapin, dans le Morbihan, est encore un arbre seulement cultivé ; je ne me rappelle pas de l'y avoir vu à l'état sauvage. Il se distingue du Sapin pectiné par ses rameaux plus ou moins inclinés ; par ses feuilles très éparses, presque tétragones, aiguës , d’un vert foncé; par ses chatons femelles à bractées non accrescentes et bientôt peu visibles ; enfin par ses strobiles cylindracés, pendants, à écailles toujours persistantes, dentées-érodées au sommet. — Quelques plantations offrent des sapins d'origine américaine, à strobiles petits ou assez petits.
Le genre Mélèze, Larix Tourn., diffère peu du genre Sapin. Les chatons, soit mâles, soit femelles , sont toujours solitaires et latéraux : les mâles ont l'apparence de bourgeons; les femelles sont ovoïdes, à bractées encore bien distinctes des écailles à l’époque de la malurité. Les feuilles , d’abord disposées en fascicules, deviennent éparses par le développement des bourgeons en rameaux. — Le Mélèze d'Europe, Larix Europæa DC. Pinus Larix L., Abies Larix Lam., est assez fréquemment planté dans le département. C'est un arbre élevé, à bois rougeâtre, à branches étalées,
à jeunes rameaux grêles et pendants. Ses feuilles tombent à la fin de l'automne; elles sont linéaires un peü pointues, fines, presque planes , assez molles et d’un vert gai. Les strobiles sont presque sessiles, petits, ovoïdes, dressés, à écailles lâches, très obtuses, striées, d'abord violâtres, enfin grises. — Le Mélèze Cèdre, Larix Cedrus Lambert, Pinus Cedrus L., Abies Cedrus Lam. , se plante isolément dans les parcs et bosquets. Ce très bel arbre a des feuilles persistantes , fines, presque trigones , très aiguës, raides et d'un vert foncé. Les strobiles sont gros, ovoïdes ou ovoïdes-globuleux , à écailles très larges, fortement appliquées. — Quelques botanistes réduisent le genre Mélèze, n'y comprennent que les espèces dont les feuilles se renauvellent chaque année ; ils font du Méièze Cèdre le Cédre du Liban, Cedrus Libam.