‹ Flore du MorbihanChapitre 115 sur 156 · FLUTEAU. ALISMA L · texte numérisé non relu

FLUTEAU. ALISMA L

Fleurs hermaphrodites. Etamines 6-12, ordinairement 6, opposées deux à deux aux pétales. Carpelles 6 ou plus, libres, monospermes , disposés en cercle ou en têle.

F. PLANTAIN D'Eau. À. plantago L. — Moyen ou assez grand, vivace, glabre. Racine à collet renflé. Feuilles toutes radicales longuement pétiolées, ovales- Jancéolées, quelquefois légèrement échancrées à la base, marquées de 5 ou 7 nervures: Hampe droite, rameuse dans sa partie supérieure, à rameaux verticlés , à bractées scarieuses, lancéolées ; les divers verticilles formant ensemble une grande panicule. Fleurs verticiées, pédonculées, petites, rosées ou presque blanches. Carpelles nombreux, disposés sur un seul rang, comprimés latéralement, à dos marqué d'un ou deux sillons , à sommet très obtus et mutique. — Eté. Bords des eaux, douves, marécages. TC.

Var. — lanceolatum. — Feuilles lancéolées, à limbe très atténué à la base. — Marécages maritimes. R.

F. NAGEANT, À. natans L.— Assez petit ou moyen, vivace, glabre. Tige très grêle, submergée-nageante. Feuilles inférieures sabmergées, linéaires, très étroites; feuilles supérieures presque toujours longuement pétiolées , étalées sur beau, ovales ou oblongues , très obtuses, ordinairement à 3 nervures. Fleurs axillaires, solitaires ou agrégées , longuement pédoncutées , médiocres , blanches. Carpelles 6 à 15, disposés en cercle, fortement striés, oblongs , un peu comprimés et brusquement terminés en bec. — Eté. Eaux tranquilles. C. — Cette plante se montre parfois dans les eaux/courantes, mais elle est alors stérile et ses feuilles supéricures deviennent des phyllodes par Pavortement

du limbe et par la dilatation du pétiole. Ces phyllodes ont quelquefois une longueur de 2 à 3 décimètres.

Lorsque l’abaissement de l’eau fait du fluteau nageant une plante marécageuse, la tige est rampante et toutes les feuilles sont ovales.

F. RENONCULE. À. ranunculoidés L. — Petit ou assez petit, vivace, glabre. Feuilles toutes radicales, bien pétiolées, lancéolées ou lancéolées-linéaires , à 3 nervures. Hampes droites ou légèrement ascendantes. Fleurs longuement pédonculées , médiocres , carnées, disposées en une ombelle simple , peu fournie, et quelquefois en un verticille et une ombelle. Carpelles nombreux, réunis en tête, oblongs, pentagones, à sommet en bec.— La plante froissée exhale une odeur agréable. — Eté. Marécages, bords des étangs et des mares. TC.

Var. — repens. — Tige couchée-radicante, plus ou moins longue. Fleurs géminées ou disposées en ombelle très peu fournie. — Terrains sablonneux très humides. AC.

DAMASONIUM. DAMASONIUM Juss.

Fleurs hermaphrodites. Etamines 6, opposées deux à deux aux pétales. Carpelles peu nombreux, soudés entre eux inférieurement , indéhiscents , dispermes ou monospermes par avortement , divergents et comme en étoile.

D. commux. D. vulgareChev. Alisma Damasonium. L. — Assez petit, rarement moyen, vivace, glabre. Feuilles toutes radicales , longuement pétiolées , ovales-oblongues ou oblongues, tronquées ou faiblement échancrées à la base, marquées de 3 nervures. Hampes droites ou ascendantes, simples ou très peu rameuses. Fleurs longuement et fortement pédonculées, petites, blanches ou rosées, disposées en deux

ou trois verticilles écartés, et les dernières en une ombelle simple ; trois bractées membraneuses , pointues à la base de chaque verticille et de l’ombelle. Carpelles 6, striés, comprimés latéralement , terminés en longue pointe piquante. — Eté. Bords des étangs et des mares , terrains sablonneux très humides. AC.

SAGITTAIRE. SAGITTARIA L.

Fleurs monoïques. Les mâles à 18-24 étamines ; les femelles à carpelles très nombreux, libres , indéhiscents, monospermes, disposés en tête sur un Cr tacle épais et charnu.

S. FLÉCHIÈRE. S. sagittæfolia L. — Moyenne ou assez grande, vivace, glabre. Racine à collet renflé, globuleux. Feuilles toutes radicales, très longuement pétiolées, sagittées, assez larges ou étroites , à lobes ovales-lancéolés ou lancéolés, à pétiole trigone.. Hampe droite, simple. Fleurs pédonculées, assez médiocres, verticillées par 3 ou opposées , les inférieures femelles, les supérieures mâles; pétales blancs , rosés à la base; étamines d’un beau noir. Bractées scarieuses, ovales-pointues. Carpelles irrégulièrement obovales, bordés, terminés en bec. — Eté. Eaux tranquilles peu profondes , marais. C.

Fam. LXXIX°. — BUTOMÉES Rich.

Fleurs hermaphrodites régulières. Calice et corolle de 3-pièces ; pétales plus grands que les sépales et caducs. Etamines hypogynes, en nombre défini ou indéfini. Plusieurs ovaires supères, ayant chacun un style court et unstigmate latéral persistant. Fruit composé de carpelles secs , libres ou soudés entre eux par Ja base, polyspermes, s'ouvrant du côté interne par une fente longitudinale. Graines très nombreuses, fort

= 561 = | petites, attachées à un réseau vasculaire garnissant ia paroi interne du carpelle. — Plantes herbacées, acaules, croissant au bord de l’eau ou dans les marais; feuilles entières , à pétiole demi-embrassant.

BUTOME. BUTOMUS L.

Calice un peu coloré. Etamines 9, dont 3 plus intéticures. Stigmate bilobé. Carpelles 6, soudés entre eux à la base, verticillés , épais, terminés par un bec.

B. EN OMBELLE. B. umbellatus L. Vulg! Jonc fleuri. — Assez grand, glabre, vivace, à souche charnue. Feuilles toutes radicales, très longues, linéaires-aiguës , un peu triangulaires inférieurement, puis canaliculées. Hampes droites, terminées par une ombelle simple, bien fournie. Trois bractées membraneuses ovales-acuminées en forme d'involucre. Fleurs longuement pédonculées, de grandeur médiocre, mais d’une élégance remarquable ; pétales rosés ; anthères quadriloculaires. Carpelles ovoïdes, à bec courbé en dehors. — Eté. Bords des étangs et des rivières, marais. TR. Sarzeau, Coët-Surho (M. Taslé).

Fam. LXXX°. — JUNCAGINÉES Rich.

Fleurs hermaphrodites, régulières. Périanthe herbacé de 6 pièces ou à 6 divisions. Etamines 6, hypogynes ou insérées à la base du périanthe; anthères ex trorses. Ovaires 3-6, supères, terminés chacun par un stigmate. Fruit composé de 3-6 carpelles secs, libres ou soudés , monospermes ou dispermes, s’ouvrant en dedans par une fente longitudinale. Graines sans périsperme; embryon droit. — Herbes marécageuses à feuilles étroites , très engaînantes à la base, à fleurs en grappe simple ou en épi.

TRIGLOCHIN. TRIGLOCHIN L.

Périanthe de 6 pièces ovales concaves. Etamines insérées à la base de ces pièces ; filets très courts. Stigmates barbus persistants. Carpelles monospermes , soudés avec un prolongement de PARE s'en séparant à la maturité.

T. MARITIME, Ÿ. maritimum L. — Assez petit ou moyen, glabre, vivace, à racine fibreuse , fasciculée. Feuilles toutes radicales, linéaires, très étroites, obtuses, charnues. Hampes droites ou ascendantes , un peu fistuleuses. Fleurs très petites, d’un vert jaunâtre , disposées en grappe efilée, presque en épi. Fruits ovoïdes, à six carpelles; pédoncules fructifères ascendants.

— Eté. Bords des bras de mer, marécages maritimes. C.

T. De Barrerter. T. Barrelieri Lois. — Petit, glabre, vivace, à racine bulbeuse recouverte de fibres sèches. Feuilies toutes radicales, demi-cyliadriques. Hampes droites. Fleurs petites, jaunâtres, disposées en grappe spiciforme. Fruits cylindracés, nullement atténués à la base, formés par 3 carpelles; pédoncules fructifères bien ascendants, moins longs que les fruits. — Eté. Marécages maritimes. TR. Gâvre {N). Port-Louis (M. Thépault).

T. Des marais. 7. palustre L. — Assez petit ou moyen, glabre, vivacc, à racine fibreuse. Feuilles toutes radicales , linéaires-pointues , presque demi-cylindriques. Hampes droites, assez grêles, beaucoup plus longues que les feuilles. Fleurs fort petites, d’un vert jaunâtre , disposées en grappe très effilée. Fruits cylindracés, très alténués à la base, formés par 3 carpelles ; pédonculcs fructifères dressés, moins long

que les fruits. — Eté. Marais tourbeux , prairies tré humides, AC. |

Fam. LXXXI°. — POTAMÉES Juss.

Fleurs hermaphrodites ou unisexuelles, Périanthe herbacé, de 4 pièces , ou point de périanthe. Etamines 1-4. Ovaires #, rarement plus ou moins, supères, chacun à style simple terminé par un stigmate, ou à stigmate sessile. Fruit généralement composé de 4 carpelles, libres, drupacés ou coriaces , monospermes, indéhiscents. Graine à test membraneux ; point de périsperme ; embryon plié ou enroulé. — Herbes aquatiques , à feuilles ordinairement alternes, quelquefois opposées, souvent munies de stipules , à fleurs axillaires ou disposées en épis.

POTAMOT. POTAMOGETON L.

Fleurs hermaphrodites, régulières, disposées en épis. Périanthe court, à préfleuraison valvaire. Etamines #, insérées à la base des pièces du périanthe ; filets très courts ; anthères à connectif plus ou moins épais. Chaque ovaire à style très court ou sans style ; stigmate oblique, pelté. Carpelles sessiles , drupacés. Graine pliée en crochet.

Tous les Potamots sont vivaces ; glabres. Les tiges sont plus ou moins longues , selon que l'eau est plus ou moins profonde, plus ou moins courante. Les stipules sont presque toujours soudées par leur bord interne et forment une sorte de spathe. Les épis s’élèvent au-dessus de l’eau ; les fleurs sont petites , verdâtres,

Ï. Feuilles de deux sortes : les inférieures ow"submergées membraneuses-transparentes , plus étroites que les supérieures ; celles-ci étalées sur l'eau et coriaces.

P. NAGEANT. P. natans L. — Tige simple, cylindrique. Feuilles alternes et opposées, longuement pétiolées ; les submergées très oblongues ou lancéolées, à limbe se décomposant après la fleuraison ; les nageantes ovales ou oblongues , arrondies à la base ou même un peu échancrées : stipules longues, linéairesaiguës. Pédoncules aussi gros que la tige et sans aucun renflement. Epis cylindriques, assez longs, compactes, mais devenant presque interrompus pendant la fructification par l'avortement de plusieurs carpelles. Ceuxci médiocres, ovoïdes, un peu comprimés. — Eté. Eaux tranquilles. TC.

Le P. nageant devient quelquefois une plante terrestre par la retraite de l’eau. Sa tige, alors très courte, émet quelques feuilles médiocrement pétiolées, toutes ovales et un peu coriaces. Les épis sont plus grêles, à fleurs moins rapprochées.

P. o8Lonc. P. oblongum Viv. — Racine longuement rampante. Tige souvent courte ou assez courte, simple, cylindrique. Feuilles peu nombreuses, alternes ou opposées, longuement pétliolées, plus petites que celles de l’espèce précédente ; les submergées lancéolées ou lancéolées-linéaires, à limbe longtemps persistant ; les nageantes ovales ou oblongues; stipules longues, linéaires-aiguës. Pédoncules un peu moins forts que la tige et non renflés. Epis médiocres, cylindriques, compactes et restant tels pendant la fructification. Carpelles petits, ovoïdes, très peu comprimés, devenant rougeâtres par dessication. — Eté. Eaux tranquilles peu profondes. R, Auray, Lo-

rient, Ploërmel (N.). — La couleur rougeâtre que prennent les carpelles en se desséchant n’est peut-être pas un fait particulier à la plante qui vient d’être décrite. Je possède un échantillon du P. nageant , forme terrestre, dont les carpelles ont passé au rouge. La grandeur des feuilles ne permet pas de rapporter cet échantillon au Potamot oblong. Ce dernier peut bien aussi se trouver quelquefois réduit à l’état terrestre ; mais on ne peut pas concevoir que le manque d'eau ait pour résultat de rendre ses feuilles plus grandes.

P. HÉTÉROPHYLLE. P. heterophyllum Schreb. P.

gramineum L?—Tige très grèle, cylindrique, rameuse. Feuilles alternes et quelques-unes opposées ; les submergées sessiles, lancéolées ou lancéolées-linéaires , faiblement ondulées , à bords un peu rudes ; les nageantes longuement pétiolées, ovales-oblongues ou oblongues lancéolées : stipules longues , linéaires. Pédoncules plus gros que la tige et se renflant de la base au sommet. Epis cylindriques, compactes, de longueur médiocre. Carpelles assez petits, ovoïdes , un peucomprimés.—ÆEté. Eaux tranquilles et courantes. R. Etangs saumâtres entre Etel et le Port-Louis (N.). Rivière près de Ploërmel (M. Sachet), — J'ai vu cette plante tout à fait privée de feuilles nageantes , mais, dans cet état, elle était stérile. Le développement n’était donc pas complet. La plante, portant des fleurs et n'ayant pourtant pas de feuilles nageantes, serail une bonne variété, qui pourrait être indiquée par l'épithète graminifolium.

IT. Feuitles conformes, toutes submergées et membraneuses-lransparentes.

P. LuisanT. P. lucens L. — Tige un peu robuste, cylindrique , rameuse. Feuilles alternes, courtement

pétiolées , assez grandes , lancéolées, mucronées, un peu ondulées , à bords scabres ; stipules grandes, lancéolées. Pédoncules plus gros que la tige , renflés vers le sommet. Epis cylindriques longs ou assez longs, compactes. Carpelles assez médiocres , arrondis-comprimés, à dos très faiblement caréné. — Eté. Eaux courantes ou tranquilles. R. Le Blavet près de Baud, l'Oust près de Saint-Perreux (N).—On trouve quelquefois cette plante avec des feuilles lancéolées-linéaires, très allongées , mais, alors, les fleurs manquent ou ne se mon(rent que très rarement.

P. PERFOLIÉ. P, perfoliatum L. — Tige cylindbiue, plus ou moins rameuse. Feuilles alternes, amplexicaules, cordiformes-ovales, un peu ondulées , à bords rudes ; stipules petites. Pédoncules aussi gros que la tige, sans aucun renflement. Epis assez courts, un peu lâches. Carpelles arrondis-comprimés , à bords obtus. — Eté, Eaux courantes. R. L'Oust près du Roc-Saint- André (N)., rivières près de Ploërmel (M. Sachet).

P. créÉpu. P. crispum L.— Tige un peu comprimée, rameuse dichotome. Feuilles alternes , quelques-unes opposées, sessiles, oblongues-linéaires , plus ou moins ondulées-crépues, denticulées: stipules petites, lacéréesciliées au sommet. Pédoncules moins épais que la tige. Epis courts, oblongs, un peu lâches. Carpelles assez gros , ovoides-comprimés , terminés par un bec long aigu. — Les feuilles sont quelquefois linéaires, longues de # à 5 centimètres , larges seulement de 4 à 5 millimètres , nullement ondulées ; mais , dans cet état, la plante est stérile. — Eté. Rivières, élangs, mares»; douves. TC.

P, serré. P. densum L. P. oppositifolium DC. — Tige cylindrique , rameuse-dichotome. Feuilles opposées , ovales-lancéolées ou lancéolées , faiblement

ondulées , demi-embrassantes à paires rapprochées ,

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au moins les supérieures ; stipules très petites ou nulles. Pédoncules moins épais que la tige, non renflés, enfin recourbés. Epis pauciflores, presque globuleux. Carpelles arrondis-comprimés , bien carénés, à bec court. Les paires de feuilles sont quelquefois distantes; même vers le haut des rameaux , mais ce fait semble avoir pour conséquence la stérilité dela plante. M. Duby, qui admet le Potamogeton oppositifolium DC. comme espèce, en place du P, serratum L., a soin d'avertir qu'il n’a point vu la plante cn fructification. — Eté. Eaux tranquilles. GC.

P, couprimé. P. compressum L. P. zosteræfolium Schum. — Tige comprimée-ailée, rameuse. Feuilles généralement alternes, sessiles, longues, inéaires , étroites (3 millimètres), mucronées , à veines longitudinales nombreuses ; stipules assez grandes, pointues. Pédoncules comprimés, courts. Epis cylindriques, assez lâches, de 10 à 15 fleurs. Carpelles ovoïdes-comprimés , obscurément carénés. — Eté. Rivières , étangs. TR. Rivière au Dac, près de Ploërmel ( M. Sachet).

Obs. Le Potamogeton acutifolium Link, qui n'a pas encore été vu dans le département, se distingue du P. compressum par ses feuilles à sommet plus aigu ; par ses pédoncules très courts; par ses épis pauciflores; par ses carpelles presque orbiculaires , à faces planes, à bord interne offrant une bosse près de sa base, à bord externe crénelé-tuberculeux, à bec latéral.

Le Potamogeton obtusifolium Mert. et Koch, se rapproche plus du P. comprimé que du P. à feuilles aiguës ; mais il s’en distingue assez bien par sa tige seulement comprimée et par ses feuilles obtuses , à peine mucronées. Il s'éloigne surtout de l’autre espèce par ses épis plus fournis et par ses carpelles irrégulièrement ovoïdes, un peu comprimés , à bec terminal.

P. éLUET. P. pusillum L. — Tige foët grèle, ur peu comprimée, {très rameuse. Feuilles alternes , la plupart au moins, sessiles, linéaires, très étroites (1 à 2 millimètres), aiguës ou comme mucronées ; stipules linéaires, très caduques. Pédoncules assez longs, filiformes. Epis courts, lâches ou même interrompus. Carpelles petits, obliquément ovoïdes, à peine comprimés , obscurément carénés, à bec épais, régulièrement terminal. — Eté. Eaux tranquilles. AR. Vannes, Lorient , Pontivy, etc. — C’est probablement à cette espèce qu'il faut rapporter le P. gramineum de M: Aubry.

P. MONOGyNE. P. monogynum Gay. — Tige presque cylindrique, très déliée et très rameuse. Feuilles généralement alternes, sessiles, linéaires-sétacées (1/2 millimètre), aiguës. Pédoncules filiformes , peu longs. Epis courts, devenant très lâches pendant la fructificalion par le non développement de 2 ou 3 des ovaires de chaque fleur. Carpelles médiocres , très comprimés, irrégulièrement ovales, à bord interne offrant une bosse près de sa base, du reste presque droit, à bord externe bien courbé, crénelé-tuberculeux , à bec nettement latéral. Cette plante noircit un peu par la dessication, tandis que la précédente reste verte. — Eté. Eaux tranquilles, généralement peu profondes. TR. Pénestin (M. Lloyd).

P. PECTINÉ. P. pectinatum L. Tige grêle, cylindrique , très rameuse. Feuilles alternes et comme distiques, pétiolées, linéaires-sétacées ou même sétacées ; stipules linéaires , soudées avec le pétiole et engainant le jeune rameau correspondant. Pédoncules longs, très gréles. Epis assez longs , très interrompus. Carpelles assez gros , obliques , largement obovoïdes , un peu comprimés , à bords obtus, à bec latéral. — Juillet, août. Etangs saumâtres. TR. Kervran, entre Etel et le Port-Louis ; Larmor en Plœmeur (N.).

RUPPIE. RUPPIA L.

Fleurs hermapbrodites privées de périanthe. Etamines 2 ; filets très courts, squamiformes ; anthères à lobes séparés par le filet. Ovaires un peu stipités et terminés chacun par un stigmate sessile. Carpelles coriaces, enfio longuement stipités.

Plantes vivaces, à feuilles toutes submergées, mem: braneuses , à fleurs très petites, disposées en épis axillaires, émergés.

R. MARITIME. R. maritima L. — Tige filiforme , rameuse. Feuilles alternes et quelques-unes opposées, linéaires-sétacées ou sétacées; stipules oblongues linéaires , soudées avec le pétiole et formant une gaine. Epis courtement ou longuement pédonculés, pauciflores; anthères à lobes oblongs. Carpelles obliques, ovoïdes. — La tige est quelquefois garnie de bulbes ou tubercules reproducteurs. Les pédoncules atteignent parfois une longueur de 15 à 20 centimètres et se contournent après la fleuraison. — Mai-septembre. Etangs marins, réservoirs des salines, anses des bras de mer. AC.

R. Ex Bec. À. rostellata Koch. — Tige, feuilles, épis de l’espèce précédente. Anthères à lobes presque globuleux. Carpelles très obliques en forme de croissant ou plutôt de bec d’oiseau. — Eté. Etangs marins, bords des bras de mer. AR. Auray, Port-Louis (N.); Vannes (M. Taslé).

ZANICHELLE. ZANICHELLIA L.

Fleurs monoïques, axillaires, ordinairement géminées, l’une mâle et l’autre femelle, quelquefois soitaires. Fleur mâle nue, monandre; filet de l’étamine allongé; anthère à connectif épais. Fleur femelle pour-

= 90 — vue d’un périanthe assez court, membraneux , camÿä: nulé ; ovaires 2 à 6, presque sessiles ; style plus où moins long; stigmate un peu oblique, pelté, grand. Carpelles brièvement stipités ou presque sessiles, coriaces , irrégulièrement oblongs , un peu comprimés ; terminés en bec.

Les Zanichelles sont des plantes vivaces, submer-

gées, à feuilles alternes et opposées, très étroites, à stipules caduques, soudées en forme de spathe, fleurs petites.

Z. DES marais. Z. palustris L. — Tige très grêle, plus ou moins radicante à la base, très rameuse, Feuilles sessiles, longues, linéaires-sétacées , aiguës. Fleurs géminées. Filet de l'étamine très long ; anthère à 4 loges. La fleur femelle sessile ou presque sessile , à périanthe obscurément tridenté ; ovaires k# à 6 ; stigmates ovales-pointus , presque entiers, Carpelles un peu courbés en faucille , bien comprimés , longs d'environ #4 millimètres, à bord externe plus ou moins crénelé, à bec long et assez grêle. — Les jeunes feuilles sont quelquefois très rapprochées et comme fasciculées. — Eté. Mares et douves. AC.

Z. pENTÉE. Z. dentata Wild. Z. pedicellata Fries ? — Tige filiforme , très rameuse. Feuilles sessiles ; assez longues, linéaires-sétacées, obtuses, quelquefois faiblement mucronéces. Fleurs solitaires. Filet de l'étamine peu long ; anthère à 2-4 loges. La fleur femelle pédonculée, à pédoncule s’allongeant après t'anthèse ; ovaires 2, rarement 3 ou 4 ; stigmates presque orbiculaires , irrégulièrement crénelés-dentés , chargés de papilles. Carpelles presque sessiles , à peine courbés, un peu comprimés, longs de 2 à 3 millimètres, d'un brun très clair, à bord externe entier ou légèrement denté, à bec long et grêle. — Juillet-septembre. Mares

et douves près de la mer. AR. Auray, Etel, Plæmeur (N).

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Fam. LXXXII. — NAIADÉES Link.

Fleurs monoïques ou dioïques, nues, mais protégées par une spathe. Les mâles monandres; filet de l’étamine très court où nul; anthère uniloculaire ou quadriloculaire. Les femelles monogynes ; ovaire à style simple , terminé par 2 ou 3 stigmates. Fruit drupacé, coriace ou membraneux, indéhiscent, monosperme. Graine sans périsperme ; embryon droit ou courbé. — Plantes aquatiques submergées, à feuilles engainantes, à fleurs axillaires se développant sous l’eau.

La famille des Naïadées tire son nom du genre Naïade , Naïas L. Ce genre n’est point étranger à la Bretagne, mais aucune de ses espèces n'a élé encore trouvée dans le Morbihan. II présente les caractères” suivants : spathe monophylle , urcéolée , lobée ou denticulée au sommet. Anthère oblongue et uniloculaire , ou tétragone , à 4 loges, s’ouvrant au sommet en autant de valves. Fruit drupacé ou coriace. Embryon droit. — Deux espèces à chercher : N. vulgaire. NW, major Roth. Tiges disposées en touffe, rameuses-dichotames , quelquefois ua peu épineuses. Feuilles opposées ou ternées , sessiles , lancéolées-linéaires , ondulées , sinuées-dentées , à dents spinescentes ; gaine entière. Eleurs solitaires ou géminées ; spathe bilobée, à lobes aigus ; anthère tétragone, apiculée ; stigmates 3. Fruits un peu drupacés, ovoïdes-ablongs, à 3 pointes. — N. fluette, N. minor A. — Tiges fort grêles, rameuses-dichotomes, toujours lisses. Feuilles opposées ou ternées , les supérieures très rapprochées, et comme fasciculées, toutes recourbées, linéairesétroites, sinuées-dentées , à dents fines, mucronées ; gaine denticulée-ciliée. Fleurs sessiles, en paquets ; spathe denticulée ; anthère oblongue ; stigmates 2,

Fruits coriaces, petits, cylindriques-oblongs, à deux pointes. — Ces deux plantes sont annuelles et fleurissent vers la fin de l'été. Elles ne vivent que dans les eaux limpides. La seconde, ayant l'anthère oblongue, uniloculaire et seulement 2 stigmates , est retranchée par quelques botanistes du genre Naïade et devient une Caulinie (Caulinia fragilis Wild. C. minor Coss: et Germ.), ou bien une Ittnère (1ttnera minor Gmel.) Le genre Vaïas est alors principalement caractérisé par une spathe lobée, par des anthères à 4 loges et à 4 valves, par ses stigmates au nombre de trois.

ZOSTÈRE. ZOSTERA L.

Spathe pédonculée, aplatie, fendue d’un côté ,terminée en feuille, et contenant un spadix plus ou moins chargé de fleurs. Anthère uniloculaire ou quedriloculaire ; stigmates 2. Péricarpe membraneux. Embryon cylindrique , grêle, courbé en crochet, — Plantes marines, vivaces , glabres.

Z. MARINE. Z. marina L. Z. oceanica Aubry. — Assez grande, très tenace. Racine à filets simples, très déliés. Tige ou souche rampante, cylindracée , peu épaisse, à nœuds plus ou moins rapprochés , rameaux grêles , un peu comprimés. Feuilles linéaires , très longues, larges de 5-9 millimètres, à sommet arrondi et souvent muni d'une petite pointe mousse, à 3 ou 5 nervures et à veines nombreuses. Spathe à pédoncule élargi vers le haut. Spadix fort mince, linéaire , très obtus , à bords pliés en dessus, même au sommet. Fleurs monoïques, nombreuses , disposées obliquement en deux séries sur la face antérieure du spadix ; les mâles et les femelles généralement alternes; anthère très oblongue, uniloculaire ; ovaire attaché par le haut ; stigmates filiformes plus longs que le

style. Graine cylindracée, longitudinalement striée, blanchâätre ; amande de même couleur, — Juillet, août. Bras de mer , anses. AC.

Var. — angustifohia. — Moins grande, Feuilles plus étroites, larges seulement de 3 à 4 millimètres, à sommet presque tronqué, à 1-3 nervures. — Etangs marins peu profonds , réservoirs des salines. AC,

Z. naIxE. Z. nana Roth. Z. pumila N. Cat. inéd. fl. morb. — Folis angustis, truncato-emarginatis ; spadice subplano , acuminoso, retinaculis ligulatis margini adnexis prœædito ; semine lœæwi, fucescente. — Petite ou assez petite, peu tenace. Tige ou souche rampante, grêle , cylindrique ; rameaux courts, Feuilles linéaires, longues, larges de 2 à 8 millimètres, tronquées el même échancrées au sommet, uninervées, Spathe à pédoncule grêle dans toute sa longueur. Spadix linéaire, presque plan, acuminé, muni vers les bords de quelques petites bandelettes courbées , s'appliquant sur les pistils. Fleurs disposées comme celles de l'espèce précédente, mais moins nombreuses (6-12); anthère oblongue, uniloculaire : ovaire attaché par le haut ; style conique ; stigmates filiformes, plus courts que le style. Graine oblongue, lisse, d’un brun tirant sur le vert; amande bleuâtre. — Eté. Plages ordinairement découvertes à marée basse. AC. — Cette Lostère ne se trouve encorc inscrite dans aucune flore française, bien qu'elle soit commune sur les rives de l'Océan, et qu’elle ait été décrite et figurée par le botaniste napolitain Caulini, en 1792. Ce botaniste mentionne les bandelettes dont le spadix est muni, et dit qu'elles semblent destinées à maintenir les fleurs dans leur position. Spadix.... ad margines autem supernë quatuor habet retinacula ad cohibenda fortassé genitalia organa. Le botaniste allemand Roth ne paraît pas avoir connu ce caractère, qui est cependant fort remar-

quable et qui suflirait seul pour assurer la spécification dont il s’agit ; car, dans la Zostère marire, les fleurs sont maintenues en place par les bords pliés du spadix. Dans le Synopsis floræ germanicæ de Koch, la Zostère naine est caractérisée par une phrase fort courte, celle-ci : Z. foliis uninerviis, spathæ pedunculo æquahs latitudinis, nucibus maturis lævibus. Si, comme on l'a dit, la plante de Roth ne fleurit que très rarement et n'offre au plus que trois fleurs sur chaque spadix, cette plante pourrait bien n'être pas celle qui croit sur nos côtes. J'ai toujours vu cette dernière bien pourvue de spathes contenant au moins six fleurs mâles et femelles. Caulini , s’expliquant à cet égard , dit : Numerus illarum (florum) varius ; modô antheras sex numeravi cum pistillis binis, modô septem cum pistillis tribus , modô novem cum pistillis quatuor , idque frequentiùs ; mod plures, quod rariüs. La différence indiquée par l’auteur entre le nombre des fleurs mâles et des fleurs femelles, des anthères et des pistils , n’est peut-être pas le résultat d'observations bien suivies. Avant l'émission du pollen, les anthères enflées ne permettent pas de bien voir les pistils ; plus tard . quelques pistils avortent, et leur nombre paraît encore bien inférieur à celui des anthères. La Zostère marine figarée dans l'Encyclopédie a des anthères et des pistils alternes ou à peu près ; mais la même plante, figurée dans la flore anglaise de Smith, n'a que des anthères à la partie supérieure du spadix. M. de Candolle, en décrivant la Z. marine , dans la flore francaise, fait occuper le haut du spadix par les anthères et le bas par les pistils. L'auteur de la flore d’Allemagne, Koch, dit que les anthères allernent avec les pistils, dans toutes les Zostères qui ont des fleurs monoïques. Les observations que j'ai faites sur les fleurs de nos 2 Zostères me font adopter l'opinion du botaniste

allemand ; mais il faut tenir compte des avortements, qui nuisent à la symétrie primitive.

Fam. LXXXII". — LEMNACÉES Duby.

Fleurs monoïques , rarement dioïques, nues , tantôt renfermées en certain nombre dans une spathe membraneuse , tantôt dépourvues de spathe. Fleurs mâles monandres; filet de l'étamine plus ou moins allongé ; anthères biloculaires , à loges disjointes ou non disjointes. Fleurs femelles monogynes; ovaire un peu comprimé, à style simple terminé par un stigmate concave. Fruit à péricarpe membraneux s'ouvrant par déchirure ou indéhiscent ; une seule loge contenant 1-7 graines. Périsperme peu distinct ou nul, embryon droit. — ‘Très petites plantes aquatiques, annuelles, glabres , étalées sur l’eau au moins lors de la fleuraison. Une ou plusieurs fibres radicales , simples, pendantes , terminées chacune par une spongiole membraneuse, en forme de sac; quelquefois point de racine. Tige plus ou moins aplatie, articulée et comme formée de feuilles provenant l’une de l’autre. Point de feuilles. Fleurs naissant dans une fente au bord des articles qui portent le nom de frondes.— Les Lemnacées, au moyen de la prolification , couvrent souvent en peu de temps des espaces assez considérables , mais elles fleurissent très rarement.

LENTICULE. LEMNA L.

Fleurs monoïques ; deux mâles et une femelle dans chaque spathe. Anthère à loges disjointes. Style allongé, recourbé; stigmate en forme d’entonnoir.Péricarpe s'ouvrant par déchirure ; une ou plusieurs graines.

-L. À 3 roses. L. Trisulca L. — Submergée avant 2 . . à . e L la fleuraison. Racine à fibre unique. Frondes disposées

par trois en croix Ou réunies en plus grand nombre et formant un groupe dichotome, minces, transparentes, oblongues-lancéolées , atténuées à la base et comme pétiolées , un peu denticulées au sommet ; quelquesunes , encore jeunes, moins longues , ovales ou presque orbiculaires. Fruit monosperme. — Printemps. Eaux vives tranquilles. C.

L. EXIGUE. L. minor L. — Nageante. Une seule fibre radicale généralement très longue. Frondes peu nombreuses, ordinairement 3 ou 4, obovales ou presque orbiculaires, épaisses, mais à faces planes. — Printemps. Eaux stagnantes. TC. — Cette lenticule est la seule que j'aie vue fleurir dans le Morbiban.

L. GoxrLée. L. gibba L. Telmatophace gibba Schleid. — Nageante. Une seule fibre radicale souvent très longue. Frondes 2 ou 3, mais se séparant bientôt et devenant solitaires , obovales ou presque orbiculaires, assez planes en dessus, gonflées, spongieuses, très convexes en dessous. Fruit à 2-7 graines dressées ; péricarpe se déchirant d'une manière régulière, en travers. — Printemps. Mares, douves. AC.

L. À PLUSIEURS RACINES. L. polyrhiza KL. Spirodela polyrhiza Schleid. — Nageante. Fibres radicales nombreuses, fasciculées. Frondes 2-4, moins petites que celles des autres espèces , ordinairement obovales ou presque orbiculaires, quelquefois oblongues, épaisses, planes et vertes en dessus, un peu convexes et d'un rouge-brun en dessous ; les jeunes munies de deux petits appendices membranceux. — Printemps. Eaux tranquilles. AC.

WOLFIE. WOLFIA Horkel.

Fleurs monoïques , géminées, l'une mâle, l'autre femelle. Point de spathe. Anthère à loges non dis-

jointes et même peu distinctes. Style court, épais ; stigmate en forme de coupe. Péricarpe indéhiscent ; une seule graine.

W. ne micmect. W. Michelii Schleid. Lemna arrhiza L. — Nageanle, dépourvue de fibres radicales. Fronde unique , ovoïde ou presque ellipsoïde, longue d'an millimètre, assez plane en dessus, ayant un bourrelet à l’une de ses extrémités, ou deux frondes soudées bout à bout. — Cette plante, qui est la plus petite des plantes phanérogames de notre continent, n'a pas été encore vue fleurie , mais son mode particulier de prolification autorise à croire qu’elle appartient au geure Wolfie. Son extrême petitesse l'a fait longtemps rAbiliiés comme un rudiment de l'une de nos lenticules. Mais une Wolfie de moitié au moins plus petite a été trouvée en fleurs sur le continent américain , W. brasiliensis.— Eaux tranquilles. TR. Auray, à l'abreuvoir; Lorient, à l'étang du Gaillec (N). Sarzeau, étang près Suscinio (MM. Taslé et Pontarlier).

Fam. — LXXXIV." AROIDÉES Juss.

Fleurs ordinairement monoïques et nues ; quelquefois hermaphrodites , à périanthe écailleux, toujours disposées sur un spadix charnu. Celui-ci contenu dans une spathe , lorsque les fleurs sont monoïques , et privé de spathe , lorsqu'elles sont hermaphrodites. Ovaire simple, supère ; style court ou nul; un stigmate. Fruit charnu ou sec, indéhiscent, uniloculaire ou pluriloculaire, polysperme ou monosperme par avortement. Graines à test épais, à périsperme charnu ou farineux ; embryon droit, axile. — Plantes herbacées, vivaces , à feuilles alternes , souvent toutes radicales, à pétiole plus ou moins ergainant , à nervures souvent

ramifiées.

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