I. Racine à bulbes entiers, ovoïides ou globuleux
O. MALE. O. mascula L. — Bulbes ovoïdes. Tige de 3 à 4 décimètres. Feuilles oblongues ou lancéolées, presque loujours tachées de brun. Epi allongé, lâche. Bractées presque aussi longues que l'ovaire, lancéolées, à une nervure. Fleurs assez médiocres, purpurines, très rarement blanches; divisions extérieures ovales-lancéolées, et quelquefois ovales-acuminées, les deux latérales étalées, puis réfléchies, la supérieure formant le casque avec les deux petites divisions intérieures; label pubescent et taché à la base, arrondi, trilobé , à lobes dentés , l'intermédiaire plus ou moins échancré; éperon horizontal ou ascendant, cylindracé, obtus , un peu moins long que l'ovaire. — Avril, mai. Talus frais, bords des prairies, lisières des bois. AC.
O. À FLEURS LACHES. ©. laxiflora Lam. — Bulbes presque globuleux. Tige de 4 à 5 décimètres. Feuilles lancéolées-linéaires, un peu canaliculées. Epi allongé, très läche. Bractées égalant à peu près l'ovaire , lancéolées-linéaires, à 3-5 nervures. Fleurs assez médiocres, ordinairement d’un rouge-foncé ou d'un pourpre-violet, quelquefois rosées, carnées ou même blanches ; divisions extérieures oblongues, réfléchies; label plus large que long, plié, trilobé, légèrement crénelé, à lobes latéraux arrondis, à lobe intermédiaire, court, parfois peu distinct, tronqué ou émarginé; éperon horizontal ou ascendant, cylindracé, très obtus ou même échancré , plus court que l'ovaire. Celui-ci effilé. — Mai, juin. Prairies humides, marécages. C.
Var. — Palustris. O. palustris Jacq, — Tige moins élevée, moins forte. Lobe intermédiaire du label ‘égal
— 585 — | aux lobes latéraux ou même un peu plus long que ceux-ci.—Prés marécegeux. AR. Auray , Henneboni, Ploërmel, etc.
Je note deux individus monstrueux appartenant à l'espèce qui vient d'être décrite. Dans l’un, les fleurs sont disposées en deux groupes bien distants. Le groupe supérieur est une sorte de corymbe; l'inférieur est une sorte de verticille ; mais, de l’aisselle de l'une des quatre bractées rapprochées , part, au lieu d'une fleur, un rameau qui se divise et porte cinq fleurs bien conformées. L’axe florifère est ainsi rameux à la base et même un peu au sommet. — Dans l’autre individu , les fleurs sont en grappe, au lieu d’être en épi. Chaque ovaire est devenu un pédoncule grêle, long d'environ 3 centimètres, dépassant de beaucoup la bractée, portant une fleur régularisée et prolifère. Il y a double pélorie. L'éperon a disparu.
O. aicé. O. alata Fleury. O. ambigqua Degl. herbor. O. dubia N. Cat. Morb. ined.— Bulbes ovoïdes-globuleux. Tige de 2 à 4 décimètres. Feuilles lancéolées. Epi assez long, lâche. Bractées presque égales à l'ovaire, lancéolées, les inférieures à 3-5 nervures, mais la moyenne seule bien développée, les supérieures à nervure unique. Fleurs assez médiocres , d’un rouge plus ou moins foncé; divisions extérieures ovalesoblongues, les deux latérales dressées d’un côté et formant avec la division supéricure un plan horizontal ; label beaucoup plus large que long, plié, plus ou moins crénelé, triobé, à lobes latéraux arrondis, à lobe intermédiaire court, tronqué ou échancré ; éperon horizontal ou ascendant , presque aussi long que l'ovaire, se renflant vers l'extrémité, très obtus ou même tronqué. — J'ai regardé longtemps cette plante comme une variété à fleurs làches de l’Orchis morio; mais J'ai dû renoncer à ce rapprochement. La tige est
généralement plus longue; les feuilles et les bractées sont plus nettement lancéolées ; les fleurs sont plus grandes ; les divisions extéricures ne sont point conniventes avec les deux petites divisions intérieures ; elles présentent un plan horizontal et les deux latérales peuvent être comparées à des ailes étendues ; leurs nervures sont d’ailleurs moins nombreuses et ne sont point vertes. — Notre plante rentre encore moins dans l'Orchis laxiflora, plante caractérisée par un épi allongé, à bractées plurinervées; par des fleurs à divisions extérieures oblongues, réfléchics; par des ovaires eflilés. Le port des deux plantes est très différent. — Mai, juin. Prairies très humides. R. Auray, Hennebont, Ploërmel. |
O. BouFFON. O. morio L. — Bulbes globuleux ou presque globuleux. Tige de 15 à 25 centimètres. Feuilles lancéolées ou oblongues-lancéolées. Epi oblong, un peu lâche. Bractées égalant l'ovaire, lancéolées , un peu larges, les inférieures plurinervées, mais à nervures latérales Te, les supérieures à une seule nervure., Fleurs médiocres, ordinairement d'un rougeviolet ou assez foncé, quelquefois rougeâtres, rosées, carnécs ou blanches; divisions extérieures cvalcs-oblongues, très obtuses, rayées de vert, conniventes ct formant avec les deux petites divisions intérieures un casque ovoïde-globuleux; label plus large que long, plié, crénelé, trilobé, à lobes latéraux arrondis, à lobe intermédiaire court, plus ou moins échancré; éperon horizontal ou ascendant, légèrement comprimé, plus large el tronqué à son extrémité, un peu plus court que l'ovaire. — Mai, juin. Prés, pelouses, bords des champs. TC.
O. rruLé. O. ustulata L. — Bulbes ovoïdes-globuleux. Tige de 2 à 3 décimètres. Feuilles oblongueslancéolées, Epi ovoïde-oblong, compacte. Bractées
bien moins longues que l'ovaire, lancéolèéces , un peu larges, à nervurc unique. Fleurs petites; divisions extérieures ovales, d'un rouge brun ou d'un pourpre foncé, conniventes en casque avec les deux petites divisions intérieures; celles-ci linéaires-spatulées ; label blanc, ponctué de pourpre très profondément trilobé, à lobes latéraux oblongs-linéaires, à lobe intermédiaire plus large, bien échancré ou même bifide ; éperon dirigé en bas, courbé, un peu comprimé, dbtus trois ou quatre fois plus court que l'ovaire. — Comme les fleurs en bouton sont d'un rouge-noir , le sommet de l'épi semble brûlé. — Mai, juin. Prés, pelouses. AR.
Obs. L'Orchis punaise, O. coriophora L., n'a pas été encore vu dans le Morbihan, mais on peut espérer de l'y trouver. Cette espèce doit son nom à l'odeur de. punaise qu’exhalent ses fleurs. Elle habite ordinairement les prairies moyennes ct fleurit au commencement de juin. — Bulbes ovoïdes-globuleux. Tige de 25 à 35 centimètres. Feuilles lancéolées-linéaires. Epi oblong-cylindrique , assez compacte. Bractées égales ou presque égales à l'ovaire, lancéolées , à une seule nervure. Fleurs assez petites, divisions extérieures en parties soudées entre elles, conniventes avec Îles deux petites divisions intéricures et formant un casque oblong , acuminé, d’un brun rougeâtre rayé de vert ; label d’un vert brunâtre, ponctué de rouge, profondément trilobé, à lobes latéraux rhomboïdaux , un peu crénelés, à lobe intermédiaire oblong, entier ; éperon dirigé en bas, courbé, conique, de moitié plus court que l'ovaire.
II, Bulbes palmés.
O. racné. ©. maculata L. — Bulbes à lobes divergents. Tige assez grêle, de 3 à 5 décimètres. Feuilles tachées de noir, rarement non tachées, les très in-
ferieures oblongues, les suivantes lancéolées , les dernières fort réduites, acuminées. Epi compacte plus ou moins conique. Bractées lancéolées, trinervées et veinées, les inférieures dépassant l'ovaire, les supérieures l'égalant ou à peu près. Fleurs très médiocres, lilas , rosées ou blanches , avec des lignes et taches violettes ou purpurines, très rarement tout à fait blanches ; divisions extérieures ovales-lancéolées ou lancéolées , les deux latérales étalées, même un peu réfléchies ; label large, presque plan, trilobé, à lobes latéraux arrondis, crénelés, à lobe intermédiaire plus petit, entier; éperon descendant, cylindracé, plus court que l'ovaire. — Juin, juillet. Prairies, bords des champs, bois humides. TC.
Je possède un échantillon de cet orchis ayant des -fleurs régulières ou presque régulières , non éperonnées.
O. À LARGES FEUILLES. © latifolia L. — Bulbes à lobes inégaux. Tige fistuleuse, de 3 à 6 décimètres. Feuilles lâchement engaînantes, quelquefois marquées de taches noirâtres, les inférieures ovalesoblongues ou oblongues, les supérieures lancéolées. Epi oblong , compacte. Bractées lancéolées, trinervées et veinées, les inférieures dépassant les fleurs, les supérieures seulement un peu plus longues que l'ovaire ou de même longueur. Fleurs très médiocres, purpurines ou rosées , avec des lignes et des points de couleur plus foncée ; divisions extérieures lancéolées et les deux latérales plus ou moins réfléhies ; label large, se repliant, trilobé, à lobes peu profonds, assez variables ; éperon descendant, conique, bien plus court que l'ovaire. — Juin. Marais, prairies très humides. AC.
Var. B. — divaricata. O. divaricata Rich. — Bulbes à deux divisions divergentes, Tige moins longue qu
celle du type. Feuilles plus étroites un peu canaliculées. Bractées moins longues. — Mêmes lieux.
GYMNADÉNIE. GYMNADENIA L. C. Rich.
Ce genre ne diffère du genre Orchis que par l'absence d’une bursicule renfermant les rétinacles,.
G. moucHeroN. G. conopsea R. Br. Orchis conopsea L. — Bulbes palmés. Tige généralement assez grêle, haute de 3 à 6 décimètres. Feuilles allongéeslancéolées ou lancéolées-linéaires. Epi allongé, cylindracé-pointu, plus ou moins lâche. Bractées lancéolées-acuminées, trinervées égalant l'ovaire ou le dépassant un peu. Fleurs assez pctites, purpurines ou rosées, très rarement blanches, odorantes ; divisions extérieures ovales, les deux latérales très ouvertes, la supérieure connivente avec les deux petites divisions intérieures ; label large, trilobé, à labes presque égaux, ovales, très obtus ; éperon descendant , très grêle, aigu, arqué, presque deux fois plus long que l'ovaire. Juin. Prairies et bois humides. C.
G. verre. G. viridis Rich. Satyrium viride L. Orchis viridis AN. — Bulbes palmés. Tige de 15 à 30 centimètres. Feuilles inférieures ovales ou ovalesoblongues, les supérieures ovales-lancéolécs ou lancéolées, Épi oblong , lâche. Bractées herbacées, plurinervées, lancéolées, presque toutes plus longues ou aussi longues que les fleurs. Celles-ci médiocres, d'un vert jaunâtre ou brunâtre; divisions extérieures ovalesaiguës, conniventes en casque avec les deux pelites divisions intérieures qui sont fort étroites; label oblonglinéaire, tridenté, à dent intermédiaire plus courte que les deux autres dents ; éperon fort court, très obus, en forme de sac.— Mai, juin. Prairies humides. AC.
PLATANTHÈRE. PLATANTHERA L. C. Rich.
Trois des divisions du périanthe convergentes et formant une sorte de casque; deux plus ou moins étalées ; label pendant, allongé-linéaire, entier , longuement éperonné. Une seule étamine parfaite, continue avec le gynostème, à loges parallèles ou divergentes. Pollen comme dans le genre Orchis, mais à rélinacles un peu latéraux et non renfermés dans une bursicule. Ovaire contourné.
P. À DEUX FEUILLES. P. bifolia Rich. Orchis bifolia L.— Bulbes entiers, ovoïdes-oblongs, souvent très amincis à l'extrémité. Tige haute de 3 à 4 décimètres, anguleuse. Deux feuilles très inférieures, rarement trois , assez grandes, ovales-oblongues ou oblongues; les autres feuilles petites, semblables à des bractées. Épi oblong ou allongé, lâche. Bractées lancéolées, plurinervées, égalant l'ovaire ou le dépassant un peu. Fleurs médiocres, blanchâtres, à odeur suave; divisions extérieures ovales-oblongues, les deux latérales très étalécs, la supérieure connivente avec les deux petites divisions intérieures; label étroit, obtus; éperon très grêle, pointu, arqué, deux fois plus long que l'ovaire; anthère à loges rapprochées ct parallèles. —dJuin. Landes humides, bords des prairies, bois frais. AC.
P. venparTre. P. chlorantha Cust. Orchis virescens Zollik. — Cette plante se rapproche beaucoup de l’espèce précédente et plusieurs botanistes l'y réunissent comme variélé, P. bifolia chlorantha. Elle est lus robuste et offre des fleurs plus grandes, verdâtres, inodores, à éperon moins grêle, sensiblement renflé vers le sommet presque en massue. Les loges de l'anthère, au lieu d'être parallèles, sont divergentes
du sommet à la base. —Juin. Prairies humides. TR. Environs de Mauron, près de la rivière au Duc (N.)
OPHRYS. OPHRYS L.
Périanthe à divisions plus ou moins étalées; label de forme variée, épais et sans épcron. Une seule étamine parfaile, continue avec le gynostème, les deux étamines avortées à peine visibles. Pollen comme dans les genres précédents, mais chaque rétinacle inclus dans une bursicule. Ovaire non contourné.
O. aARaïGNÉE. O. aranifera Huds.— Bulbes entiers, presque globuleux. Tige haute de 15 à 25 centimètres. Feuilles inférieures ovales-oblongues ou oblongues, les supérieures oblongues-lancéolées. Épi lâche, pauciflore. Bractées lancéoléces, multinervées, plus longues que l'ovaire. Fleurs assez médiocres ; divisions extérieures ovales-oblongues, glabres, d'un vert clair; petites divisions intérieures oblongues, ordinairement élargies à la base, légèrement veloutées, brunâtres ; label obovale ou presque orbiculaire, entier ou faiblement échancré, recourbé en ses bords, convexe-gonflé, velouté, brun ou d’un brun jaunâtre, avec 2-4 lignes blanchâtres ou livides, symétriquement disposées; gynostème offrant un bec court.— Les divisions extérieures et le label ont à peu près la même longueur.— Mai. Terrains frais, sablonneux près de la mer. TR. Quibéron {N., M. Taslé).
La plante qui vient d’être décrite est probablement Ophrys arachniles du catalogue de M. Aubry. Elle est indiquée à Quibéron dans le voisinage du Fort- Neuf. C'est au bord d’un marais, entre le village de St-Pierre et le bourg de Quihérou, que J'ai cueilli l'Ophrys aranifera.
O, aBeiece. O. apifera L.—Bulbes entiers, presque
globuleux. Tige assez robuste, haute de 2 à #4 décimètres. Feuilles ovales-lancéolées. Épi lâche, à fleurs peu nombreuses. Bractées oblongues-lancéolées, multinervées, plus longues que l'ovaire et souvent aussi longues que les fleurs. Celles-ci assez grandes, ayant un peu l'apparence d’une abeille ; divisions extérieures ovales-oblongues, presque glabres, rosées, à nervures vertes; petites divisions intérieures ovales-lancéolées, velues, d'un vert rosâtre ; label velouté, d’un brun pourpre, obovale, trilobé, à lobes latéraux situés près de la base, rejetés en arrière, petits, triangulaires, velus, à lobe intermédiaire relativement très grand, convexe-gonflé, élégamment taché de jauneverdâtre,. ayant au sommet un appendice aigu recourbé en dessous, avec l’extrême-bord ; gynostème à bec long et flexueux.— Les divisions extérieures sont plus longues que le label, — Juin, juillet. Sables maritimes. TR. Belle-île (M. Taslé).
SERAPIAS. SERAPIAS L.
Cinq des divisions du périanthe convergentes el formant un capuchon ou casque allongé; label sans éperon, trilobé , genouillé par le renversement du lobe intermédiaire. Anthère et pollen comme dans le genre Orchis, maïs les deux masses polliniques insérées sur un rétinacle commun inclus dans une bursicule simple, Ovaire non contourné.
S. EN COEUR. S. cordigera L. — Bulbes entiers, presque globuleux. Tige fistuleuse , haute de 2 à 3 décimètres. Feuilles lancéolées, canaliculées. Epi lâche, à fleurs peu nombreuses. Bractées ovales-lancéolées , concaves, multinervées, bien colorées, deux fois plus longues que l'ovaire, Fleurs grandes ; divisions extérieures et divisions intérieures latérales d'un rouge vineux; les premières ovales-lancéolées, Îles
secondes ovales-acuminées, à longue pointe; label ferrugineux , appendiculé-calleux à la base, poilu en dessus, à lobes latéraux arrondis, à lobe intermédiaire long, lancéolé-cordiforme. Ovaire ovoïdeoblong.— Juin. Prairies humides. TR. Trémoar, en Berric, le Plessis, en Theix (M. Taslé). — Je dois à M. Taslé un échantillon de cette plante offrant des fleurs blanchâtres. F
S. TRILOBÉ. S. Triloba Viv. — Bulbes entiers, ovoïdes. Tige haute de 15 à 25 centimètres. Feuilles lancéolées , un peu larges. Epi lâche, pauciflore. Bractées dépassant l'ovaire ou l’égalant, lancéolées, bien colorées , à peu de nervures. Fleurs assez médiocres , de couleur pourpre; divisions extérieures ovalesoblongues ; divisions intérieures latérales à peu près semblables aux extérieures ; label doublement calleux à la base, presque glabre, à lobes arrondis, ondulés, crénelés, les latéraux dressés, l'intermédiaire pendant, souvent contourné. Ovaire allongé. — Juin. Prairies. TR. Le Plessis en Theix (M. Taslé). La découverte de cette plante remonte à 180.
EPIPACTIS. ÆEPIPACTIS Rich.
Cinq des divisions da périanthe presque égales, médiocrement étalées ou rapprochées sans être conniventes ; label non éperonné, rétréci vers son milieu et presque articulé, à première partie concave el nectarifère, à seconde partie offrant deux proéminences. Gynostème à base prolongée en lamelle presque quadrangulaire. Anthère libre, terminale, à loges contiguës. Pollen en deux masses non atténuées inférieurement, insérées sur un même rétinacle ; grains distincts, faiblement cohérents. Ovaire non contourné. — Fleurs en grappe simple, presque en épi. Racine fibreuse, à fibres fasciculécs.
E. À LARGES FEUILLES. Æ, latifolia AM, Serapias latifolia L.—Tige haute de 2 à # décimètres, pubescente vers le haut. Feuilles inférieures ovales ou ovaleslancéolées, les supérieures lancéolées, toutes à nervures saillantes en dessous et à gaines étroites. Grappe allongée, lâche. Bractées herbacées, les inférieures
lus longues que les fleurs. Celles-ci médiocres, coureut pédonculées, penchées, d'abord verdâtres en dehors et rosées en dedans, enfin d'un rouge brun; divisions extérieures ovales-aiguës, ainsi que les deux divisions latérales du rang intérieur; label court, à sommet arrondi, acuminé, à pointe recourbée ; gynostème court, large. Ovaire oblong ou ovoïde, pubescent. —Juillet, août. Bois taillis, bords des prairies. TR. Auray, derrière Kerdrain, près du ruisseau qui traverse la route de Quibéron (N.)
E. pes marais. E. palustris Crantz. Serapias palustris L.— Tige haute de 3 à 4 décimètres, pubescente dans sa partie supérieure. Feuilles du bas de la tige oblongues-lancéolées , les autres nettement lancéolées ; gaines assez larges. Grappe allongée, lâche. Bractées herbacées, lancéolées, les premières généralement plus longues ou aussi longues que les fleurs, les autres bien plus courtes. Fleurs assez médiocres, moyennement pédonculées, penchées, grisätres en dehors, rosées en dedans, à label blanc rayé de rouge; divisions extérieures ct divisions latérales du rang intérieur ovales-lancéolées, aussi longues ou presque aussi longues que le label; celui-ci crénelé, à partie terminale arrondie; ovaire allongé, pubescent.—Juin, juillet. Marais, prairies marécageuses. TR. Marais du Pargo à Quibéron (MM. Pontarlier et Taslé.)
NEOTTIE. NEOTTIA Rich.
Périanthe à divisions extérieures conniventes avec les divisions intérieures latérales; celles-ci égales ou presque égales aux premières ; label sans éperon, allongé, bilobé, presque plan. Anthère libre, terminale, recouverte par un prolongement lamelleux du gynostème; loges contiguës, paralièles. Pollen et ovaire comme dans le genre précédent. — Fleurs en grappe simple. Racine fibreuse.
N. ovare. NN. ovata Rich. Epipactis ovala All. Ophrys ovata L.— Racine à fibres nombreuses et longues. Tige assez grêle, haute de 3 à 5 décimètres, légèrement pubescente. Deux feuilles opposées, grandes, ovales-orbiculaires, un peu mucronées, à nervures convergentes. Grappe effilée, très lâche. Bractées membraneuses, ovales-aiguës, plus courtes que les pédoncules. Eleurs assez petites, verdâtres ; divisions conniventes ovales; label triple en longueur, oblong, à lobes linéaires, plus ou moins profonds. Ovaire ovoïde, faiblement pubescent.— Mai, juin. Bois, talus ombragés, bords des près. AR. Auray, Lorient, Baud, Ploërmel, Vannes, etc.
SPIRANTHE. SPIZRANTHES Rich.
Périanthe à divisions conniventes dans une grande partie de leur longueur et formant un angle avec l'ovaire ; label non éperonné, plié-concave en dessus, ondulé en ses bords, embrassant le gynostème. Celuici court, prolongé inféricurement en lamelle bifide. Anthère libre, terminale, à loges contiguës, presque parallèles. Pollen et ovaire comme dans les deux genres précédents. — Épi se contournant en spirale pendant la fleuraison. Racine composée de 2 ou 3 fibres plus ou moins renflées.
S. D'ÉTÉ. S. æstivalis Rich. Neottia æstivalis DC. Ophrys spiralis var. L. O. æstivalis Lam. Aubry. — Fibres radicales médiocrement renflées, cylindracées ou fusiformes. Tige haute de 15 à 30 centimètres, un peu pubescente vers le sommet. Feuilles lancéolées-linéaires, dressées. Épi allongé, lâche. Bractées lancéolées, un peu larges, dépassant l’ovaire. Fleurs petites, blanches, odorantes le soir; label ovale-oblong, très obtus; les autres divisions oblongues. Ovaire oblong, faiblement pubescent.— Juillet, août. Lieux marécageux. AR. Auray, Quibéron, Lorient, Theix, Ploérmel.
S. D'AUTOMNE. S. autumnalis Rich. Neottia spiralis Sw. Ophrys spiralis L.— Fibres radicales très renflées, ovoïdes-oblongues. Tige haute de 12 à 20 centimèêtres, pubescente. Feuilles radicales ovales cu ovales-oblongues, un peu pointues, disposées en fascicule latéral relativement à la tige ; feuilles caulinaires mal développées, bractéiformes. Épi allongé, assez lâche. Bractées ovales-oblongues très acuminées, dépassant l'ovaire. Eleurs petites, blanches , à odeur de vanille ; label obovale, crénelé, échancré; les autres divisions oblongues ou oblongues-lancéolées. Ovaire ovoïde-oblong, légèrement pubescent.— Août, septembre. Pelouses sèches, coteaux arides, landes sablonneuses. AC.
MALAXIS. MALAXIS Sw.
Périanthe à divisions très étalées; label placé en haut, dépourvu d'éperon, concave; divisions extéricures plus longues, les deux latérales réfléchies vers le label, la moyenne, devenue inférieure, isolée ; divisions intérieures latérales plus courtes que les extérieures. Gynostème très court, embrassé par le label, Anthère terminale. Pollen en deux masses insé-
rées sur un rélinacle commun, bipartites, à divisions oblongues se recouvrant l’une l'autre; grains très fins, très cohérents, indistincts. Ovaire non contourné. — Fleurs en grappe simple, presque en épi.
M. pes marais. M. paludosa Sw. Ophrys paludosa L.— Racine à deux bulbes écartés, entourés de tuniques. Tige très grêle, délicate, anguleuse, haute de 7 à 12 centimètres, feuillée inférieurement. Feuilles 2 à 4, oblongues-obovales, minces, légèrement papilleuses, d'un vert jaunâtre. Grappe allongée, lâche. Fleurs dressées , très petites, jaunâtres; divisions extérieures ovales-oblongues ; label ovale-aigu, entier. — Juillet. Marais, parmi les sphaignes. TR. Marais de Valory, en St.-Dolay, du Petit-Rocher, en Téhillac (M. l'abbé Delalande.)
Obs. Le catalogue üe M. Aubry indique dans les prés de Tohanic, voisins de Vannes, le Satyrium nigrum L., devenu l'Orchis nigra All, puis le type du genre Nigritella Rich., qui diffère peu du genre Gymnadenia. L'espèce en question, N. angustifolia, est une piante à bulbes palmés , à tige assez courte, à feuilles très étroites, à épi ovoïde-conique , compacte, à fleurs d’un pourpre foncé et d'une odeur agréable. — Comme la nigritelle à feuilles étroites appartient aux prairies des montagnes, il y a lieu de croire qu'elle ne figure que par erreur, sous son nom linnéen , dans le catalogue des plantes du Morbihan. C'est en vain que M. Taslé la cherchée pendant plusieurs années dans la localité indiquée, les prés de Tohanic. — Si l'Orchis coriophora se montrait aux environs de Vannes, je serais assez disposé à voir dans cette plante le Satyrium nigrum du catalogue. Son éperon court aurait semblé celui d'un Satyrion, et sa couleur aurait été rapportée au noir.
Fam. LXXXVIII. — IRIDÉES Juss.
Fleurs hermaphrodites régulières ou irrégulières. Périanthe à six divisions bien colorées, disposées sur deux rangs, trois extérieures et trois intérieures. Etamines 3, opposées aux divisions extérieures; anthères biloculaires extrorses. Ovaire infère, à placentas centraux ; style simple ; stigmates 3. Capsule triloculaire, trivalve, à déhiscence loculicide. Graines à périsperme épais, corné ou charnu, renfermant l'embryon. — Plantes herbacées , à racine horizontale-charnue ou à racine bulbeuse. Feuilles ensiformes ou linéaires très étroites, alternes, à base cngaïînante, ou toutes radicales, Fleurs d'abord protégées par des bractées plus ou moins membraneuses, formant une sorte de spathe.
TRICHONÈME. TRICHONEMA Ker.
Périanthe régulier, presque campanulé, à tube ceurt, à divisions extérieures et intérieures égales. Etamines droites. Stigmates bifides, à divisions très étroiies, recourbées. Graines à peu près globuleuses.
T. guzBocope. T. guzBocopiun Ker. Zxia bulbocodium L. — Plante petite ou même très petile, vivace, glabre. Racine bulbeuse ; bulbe ovoïde-globuleux , à tuniques brunâtres ; en dessous, un faisceau de fibres. Gaîne radicale se terminant en feuilles linéaires très étroites, un peu canaliculées, sillonnées , bientôt recourbées et quelquefois tortillées. Une à trois hampes en grande partie engainées, moins iongues que les feuilles, se recourbant vers le haut, uniflores; rarement une hampe biflore. Spathe verdâtre à parties inégales. Fleurs assez petites ou très médiocres, bleues ou faiblement violettes , rarement blanchâtres, un peu
jaunes intérieurement près -de la base ; divisions oblongues-lancéolées, étamines moins courtes que le style. Capsule ovoïde ; graines globuleuses-anguleuses, noires. — Printemps. Coteaux et pelouses près de la mer. AC. — La variété à grandes fleurs paraît étrangère à la Bretagne. Le bulbe se mange; il est d’un goût agréable.
IRIS. ZRIS L.
Périanthe à divisions extérieures et intérieures dissemblables ; les premières réfléchies, les secondes dressées ou conniventes. Etamines appliquées à la face inférieure des stigmates ; filets filiformes ou subulés ; anthères latérales, oblongues-linéaires. Style court ; stigmates très dilatés, ressemblant à des pétales. Ovaire long, anguleux. Capsule trigone, rarement hexagone, à loges polyspermes , à graines généralement déprimées.
Ï. FAUX-ACORE. 1. Pseudo-acorus L. — Grande ou assez grande, vivace, glabre. Tige droite, cylindracée, rameuse, un peu flexueuse. Feuilles ensiformes, lancéolées-linéaires, légèrement glauques, les radicales presque aussi longues que la tige. Fleurs peu nombreuses, pédonculées dans la spathe , grandes et jaunes ; divisions extérieures du périanthe rétrécies en onglet, à partie supérieure obovale; onglets non barbus , mais offrant une tache fauve et des veines brunes; divisions intérieures petites, oblongues-linéaires ou linéaires-spatulées ; stigmates bien moins longs que les divisions extérieures du périanthe, plus longs que les divisions intérieures , oblongs-spatulés , échancrés et incisés-dentés. — Eté. Bord des eaux, marécages , fossés hamides. C.
L. rÉTIDE. 1. fœtidisima L. — Assez grande, vivace, glabre. Tige droite, anguleuse d’un côté, rameuse vers
le haut. Feuilles longues , ensiformes , un peu larges, coriaces, d'un vert foncé , exhalant par le froissement une odeur désagréable. Fleurs longuement pédonculées dans la spathe, assez grandes, en partie bleuâtres, en partie jaunâtres ; divisions extérieures obovalesoblongues, rétrécies inférieurement, non barbues ; divisions intérieures oblongues-lancéolées, plus petites que les extérieures, un peu plus grandes que les stigmates; ceux-ci spatulés-échancrés, d’un jaune livide. Graines presque globuleuses, rouges. — Eté. Lieux pierreux un peu couverts, surtout près des villages. AC. — La plante porte le nom de Rue dans plusieurs cantons.
Obs. On voit quelquefois sur les vieux murs, échappée d’un jardin, l'fris d'Allemagne, Jris germanica L. Cette plante assez grande, bien droite, a des feuilles ensiformes, assez larges, bien moins longues que la tige, un peu courbées et légèrement glauques. Les spathes, moitié herbacées et moitié membraneuses, sont oniflores. Les fleurs sont sessiles, très grandes, d'un bieu violet, à divisions extérieures et intérieures de même longueur, les premières plus largement obovales et barbues en dedans. Les stigmates, oblongs , s’élargissent vers le sommet et offrent deux lobes divergents. L'Iris d'Allemagne fleurit au printemps.
GLAYEUL. GLADIOLUS L.
Périanthe irrégulier, comme bilabié, à tube dépassant l'ovaire. Elamines ascendantes. Stigmates étalés , dilatés au sommet. Capsule courte; graines plus ou moins ailées.
G. D'ILLYRIE. G. illyricus Koch. — Assez petit ou moyen, vivace, glabre. Bulbe petit ; tuniques à fibres
fines, très rapprochées, s’éntrecroisant vers le sommet et formant des aréoles linéaires. Tige droite, grêle. Feuilles ensiformeés , très aiguës, lfèes d'environ un centimètre. Fleurs médidérés, d'un violet rougeâtre, disposées en épi unilatéral peu fourni, à tube trois fois plus long que l'ovaire, à divisions oblongucs-spatulées ou ovales rhomboïdales ; étamines à filets plus longs que les anthères ; stigmates linéaires et glabres dans leur moitié inférieure, ovales-arrondis et papilleux-ciliés sur les bords dans l’autre moitié. Capsule obovoïde-trigone. — Mai, juin. Landes. TR. — Belle- Isle (M. Lloyd).
Fam. LXXXIX°. = AMARYLLIDÉES.
R. Brown.
Fleurs hermaphrodites presque toujours régulières. Périanthe à 6 divisions bien colorées , plus ou moins distinctement disposées sur deux rangs. Etamines 6, insérées à la base des divisions ou placées sur un disque recouvrant l'ovaire; anthères biloculaires introrses. Ovaire infère, à placentas centraux ; style simple; stigmate entier ou trilobé. Capsule triloculaire, trivalve, à loges polyspermes, à déhiscence loculicide. Graines à périsperme épais, charnu , renfermant l’embryon souvent très pelit. — Plantes herbacées, à racine ordinairement bulbifère, quelquefois seulement fibreuse. Feuilles toutes radicales, longues, étroites, à base engaïnante. Hampes terminées par une spathe entière ou divisée renfermant une fleur ou plusieurs fleurs en ombelle simple.
PANCRACE. PANCRATIUM L.
Périanthe à divisions égales, étroites, étalées, Etamines longues , à filets réunis inféricurement par une
membrane pélaloïde formant une couronne lobée ou dentée. Style long, grêle, cylindrique, terminé par un stigmate entier, obtus. Capsule globuleuse-trigone. — Racine bulbifère , à bulbe composé de tuniques.
P. MARITIME. P. maritimum L. — Assez petit ou moyen, vivace, glabre. Bulbe gros, presque globuleux. Feuilles linéaires-pointues, un peu larges, planes ou presque planes et d’un vert glauque. Hampe droite, faiblement anguleuse. Spathe bipartite, pluriflore. Fleurs très courtement pédonculées, grandes, blanches, odorantes, disposées en ombelle simple ; divisions du périanthe lancéolées-linéaires; couronne campanulée, à 12 dents, 2 entre chaque couple d'étamines ; style faiblement décliné, un peu plus long que les étamines. Graines assez comprimées. —Juillet, août. Sables maritimes. TR. Ile de Houat (M. Richard , de Vannes); île d'Hœdic (M. Lloyd); falaise de Quibéron , rivag oriental , un seul pied {N.). |