‹ Flore du MorbihanChapitre 13 sur 156 · ET · texte numérisé non relu

ET

tites , à divisions ovales ou oblongues , fortement crénelées-dentées, la terminale plus grande. Fleurs petites, d'un jaune pâle; pétales à peine plus longs que le calice; style très court. Siliques étalées, trois ou quatre fois seulement plus longues que larges , un peu ellipsoides et légèrement courbées. Graines plus ou moins arrondies et comprimées. — Été, automne, — Bords des marais, des étangs. AC.

C. amPHiBIE. N. amphibium R. Br. Sisymbrium amphibium L. Plante assez grande, vivace, à peu près glabre. Racine pivotante. Tige droite ou seulement couchée à la base , flexueuse, peu rameuse , presque cylindrique , creuse et sillonnée. Feuilles tantôt semblables, oblongues-lancéolées et fortement dentées , tantôt dissemblables , les inférieures multifides-linéaires , ou pinnatipartites, ou lyrées , les supérieures oblongues-lancéolées , sinuées ou dentées, avec ou sans oreillettes. Fleurs petites, jaunes; corolle bien plus longue que le calice , style assez long. Siliques fort courtes, ou plutôt silicules ellipsoïdes, à pédicelles longs, très étalés ou même réfléchis. Graines ovoïdes-comprimées. — Été. Bord des eaux, marais, fossés. C.

Obs. On n’a point encore trouvé dans le Morbihan le cresson des Pyrénées, nasturtium pyrenaicum R. Br., qui croit dans les départements d’Ille-et- Vilaine et de la Loire-Inférieure. C’est une plante assez petite, annuelle, à tige droite et rameuse, un peu velue à la base. Les feuilles sont glabres ou seulement chargées de quelques poils ; les inférieures lyrées, ou pinnatipartites, à divisions ovales ou oblongues; les supérieures profondément pinnatipartites, à divisions linéaires. Les fleurs, petites et jaunes, ont un style assez long. Les fruits sont des silicules cvoïdes ou ellipsoïdes qui s’écartent de l'axe. — Été. Lieux frais un peu rocailleux. -

#1" fe CARDAMINE. CARDAMINE L.

Calice ouvert, égal à la base. Lobes stigmatiques courts et très connivents. Silique linéaire, à valves planes, sans nervures, et s’ouvrant presque toujours avec élasticité. Graines ovoïdes , disposées sur un rang.

C. pes PRÉs. C. pratensis L.— Plante moyenne, vivace, glabre. Tige droite, ferme, presque simple, cylindracée, striée. Feuilles radicales bien pétiolées, chargées parfois de quelques poils courts, pinnées, à folioles arrondies, un peu anguleuses, ou faiblement crénelées , la terminale beaucoup plus grande; feuilles caulinaires peu nombreuses, sessiles, aussi pinnées, à folioles oblongues ou lancéolées-linéaires, entières, la terminale quelquefois ovale-oblongue, crénélée ou dentée. Fleurs assez médiocres, élégantes, très veinées, d’un rose lilas ou d’un violet très pâle. Siliques dressées. — Mars, avril. Bords des eaux, marécages. C.

Var.— Alba. Tige moins forte, quelquefois stolonifère à la base. Feuilles supérieures à foliolcs très étroites, linéaires. Fleurs moins grandes que celles du type, plus tardives et blanches. — Mai. Prairies et bois humides. TC.

Obs. La Cardamine amère, C. amara L., a été vainement cherchée dans le Morbihan et même en Bretagne. Elle diffère surtout de la Cardamine des prés par ses feuilles supérieures à folioles assez larges, anguleuses , dentées, par ses anthères vyiolacées, au lieu d'être jaunâtres, et par son style moins épais, un peu aigu. Ses fleurs sont blanches.

C. veLuE. C. hirsuta L.— Plante petite, annuelle, plus ou moins hispide, ordinairement multicaule. Tiges droites ou ascendantes, presque simples, un pen angu-

ms 36 ==

leuses. Feuilles pétiolécs, pinnées, à folioles pétiolulées, inégales ; celles-ci arrondies, faiblement sinuées ou lobées dans les feuilles inférieures, et oblongues ou linéaires, entières ou presque entières dans les feuilles supérieures. Fleurs petites, blanches; corolle à peine de moitié plus longue que le calice; étamines presque toujours réduites à 4 par avortement ; style très court. Siliques rapprochées de l'axe, glabres ou poilues. — Mars— mai. Talus et lieux sablonneux un peu frais. C.

C. pes Bois. C. syloatica Link. — Assez petite, annuelle, plus ou moins hispide. Tige droite, flexueuse, anguleuse, tantôt presque simple, tantôt bien rameuse, à rameaux ouverts. Feuilles pétiolées, pinnées, à folioles pétiolulées, inégales ; les inférieures formées de folioles arrondies-ovales ou même ovales, sinuées, dentées ; les supérieures à folioles oblongues, plus ou moins étroites, un peu dentées, rarement entières. Fleurs petites, blanches; pétales de moitié plus longs que les sépales ; étamines constamment tétradynames ; style assez prononcé. Siliques écartées de l'axe, ascendantes, glabres. — Mai, juin. Bords des fossés humides , bois frais. R. Hennebont, Ploërmel, etc.

Obs. La plante indiquée sous le nom de Cardamine parviflora par M. Aubry (Exerc. an IX), et qu'il dit commune sur {ous les fossés, doit être rapportée à la Cardamine velue. La vraie Cardamine à petites fleurs, C. parviflora L. , n’a élé trouvée en Bretagne que dans le département de la Loire-Inférieure. C’est une plante ylabre, ayant des feuilles pinnées , à folioles sessiles, toutes oblongues-linéaires ou linéaires, entières. Les pétales sont très étroits. Les siliques ont leur pédicelle étalé, mais elles sont droites.

M. Aubry mentionne aussi, sous le nom de Cardamine

RS bellidifolia, une crucifère trouvée sur la côte de Seince en Theix. C'est sans doute une autre plante que la Cardamine à feuilles de paquerette, car celle-ci appartient aux régions élevées des Alpes et des Pyrénées.

On ne peut guère espérer de trouver dans le Morbihan la Cardamine impatiente, C. impatiens L., bien que cette plante ne soit pas étrangère à la Bretagne. Elle se distingue surtout de nos Cardamines par sa tige bien feuillée, par ses feuilles allongées, à oreillettes embrassanies, étroites, aiguës, à folioles nombreuses , incisées-dentées ; par ses fleurs sans pétales , ou dont les pétales sont très petits et très caducs ; enfin, par sessiliqueseflilées, à valves extrêmement élastiques. Cette plante est annuelle, de moyenne grandeur , à tige droite et peu rameuse ; elle se plaît dans les lieux sablonneux ou pierreux , frais, ombragés. — Été.

SISYMBRE. S/SYMBRIUM L.

Calice un peu ouvert , égal à la base. Style presque nul; lobes stigmatiques courts plusou moins connivents. Silique linéaire, cylindracée ou faiblement anguleuse , à valves convexes , trinervées. Graines ovoïdes, unisériées.

S. OFFICINAL. S. officinale Scop. Erysimum officinale L. — Plante assez grande, annuelle, dure, pubescente. Tige droite, cylindrique, rameuse, à rameaux bien ouverts. Feuilles lyrées-roncinées ; à divisions plus ou moins longues et fortement dentées. Fleurs très petites, jaunes. Siliques très courtement pédicellées , distantes entre elles , serrées contre l'axe, subulées et pubescentes. — Été, automne. Bords des chemins, pied des murs , lieux sablonneux incultes. C.

- 8. sAGEssE. S. sophia L. Plante moyenne, quelquefois

assez grande , annuelle, pubescente, d’un vert cendré. Tige droite , cylindrique , peu rameuse , feuilles bipinnées, à folioles inégalement divisées, à divisions lancéolées-linéaires ou linéaires. Fleurs petites, d’un jaune verdâtre ; calice glabre ; pétales à peine plus longs que les sépales , quelquefois plus courts ou même avortés, Siliques bien pédicellées , écartées de l'axe. — Été. Les jardins au pied des murs, les dépôts de décombres. TR. Vannes.

Obs. M. Aubry (Exerc. an IX) indique comme croissant dans les lieux incultes du département , le Sisymbrium altissimum ou Sisymbre velaret de la Flore française. L'auteur de cette Flore, M. de Lamarck, en créant le Sisymbre velaret (S. erysimastrum) , y a réuni le S. altissimum et le S. irio de Linné. Cette dernière plante n'est pas, comme la première , étrangère à la Bretagne, mais on ne l'y trouye que très rarement et sur les vieux murs ou les décombres. Il y a donc lieu de croire que la mention faite par M. Aubry du Sisymbre velaret est le résultat d’une erreur. Il a peut-être pris pour un Sisymbrele Chou giroflée, assez commun dans le Morbihan et qui, pourtant , ne figure pas dans son catalogue.

ALLIAIRE, ALLIARIA Adans.

Calice lâche, égal à la base, très caduc. Style peu long ; lobes stigmatiques déprimés, connivents. Silique linéaire , tétragone par la proéminence des nervures. Graines cylindracées , disposées sur un seul rang.

À. OFFICINALE. À. officinalis Andrz. Erysimum alliaria L. — Plante moyenne ou même assez grande, bis-. annuelle , poilue inférieurement , à goût et odeur d'ail. Tige droite, cylindrique, simple ou peu rameuse. Feuilles pétiolées ; les radicales réniformes , à grandes crénelures; les caulinaires cordiformes , grossièrement den-

= ff — tées, quelquefois presque lobées. Fleurs assez petites, à calice blanchâtre , à corolle blanche. Siliques courtement pédicellées, dressées. Graines striées. — Print. haies, bois. C. |

DIPLOTAXE. DIPLOTAXIS DC.

Calice lâche, égal à la base. Style conique. Silique linéaire, comprimée, à valves presque planes, uninervées. Graines ovoïdes-aplaties, bisériées.

D. À FEUILLES MENUES. D. tenuifolia DC. Syst. Si- Symbrium tenuifolium L.— Plante moyenne, vivace, glabre un peu glauque, fétide par le frottement et d'une saveur âcre. Tige droite, dure à la base, cylindrique , rameuse. Feuilles pétiolées, un peu épaisses, pinnatipartites, à divisions distantes, oblongues-étroites ou linéaires, tantôt entières, tantôt dentées ou même lobées. Fleurs longuement pédicellées , assez médiocres, d'un jaune soufre et odorantes. Ovaire un peu stipité ; . style court. Siliques ascendantes. — Été, aut. Région maritime. Décombres, bords des chemins, murs. R. Lorient, Quibéron, Belle-île, etc.

D. pes murs. D. muralis. DC. Sisymbrium murale L. — Assez petite, annuelle ou bisannuelle, poilue dans sa partie inférieure. Tiges simples ou à peine rameuses, presque droites, cylindriques. Feuilles toutes radicales ou rapprochées de la racine, oblongues-sinuées, ou pinnatipartites , à divisions assez courtes, plus ou moins dentées. Fleurs courtement pédicellées, médiocres, d'un jaune pâle. Ovaire non stipité; style médiocre. Siliques ascendantes et très distantes entre elles. — Été. Lieux sablonneux, murs. TR. Belle-ile.

CHOU. BRASSICA L.

Calice plus ou moins dressé, égal à la base. Silique linéaire , cylindracée, à partie supérieure indéhiscente

RS formant, avec le style court, une sorte de bec conique ; valves convexes, trinervées, à nervurés généralement peu saillantes. Graines presque globuleuses, unisériées.

C. rupE. B. rapa L.— Plante naturalisée, assez grande, bisannuelle. Racine charnue, souvent globuleuse ou ovoïde. Tige droite, rameuse, glabre ou seulement hispide à la base. Feuilles radicales et les caulinaires inférieures lyrées ou pinnatipartites, inégalement dentées, hispides et bien vertes; les autres cordiformes -lancéolées , amplexicaules, entières ou presque entières, très glabres et légèrement glauques. Fleurs médiocres, à calice un peu ouvert, à corolle d'un jaune assez pâle. Siliques ascendantes, à bec court. — Print. Moissons, sables. AR.

C. NAVET. B. napus L.— Cette espèce, aussi naturalisée, ne se distingue guère de l'espèce précédente que par l'absence complète de poils ou d’aspérités, par la couleur un peu glauque de toutes ses feuilles, par ses fleurs d'un beau jaune et par ses siliques étalées. — Print. Moissons, bords des champs, talus. AC.

Obs. Le Chou colza, Brassica campestris L. et le Chou potager, B. oleracea L., n'ont point encore passé chez nous à l'état sauvage. Le premier a, comme le Chou rude, des feuilles radicales lyrées et hispides, mais elles sont un peu glauques, au lieu d'être très vertes; la racine est ordinairement allongée, dure; les fleurs sont d’un beau jaune et les siliques, longues de 5 à 8 centimètres, prennent un peu la forme quadrangulaire. Le second, ou le Chou potager, diffère des autres espèces par l'extension du collet de la racine, qui devient une souche droite ; par ses feuilles larges, épaisses, toutes très glabres et assez glauques, les autres seulement sinuées ; enfin, par ses fleurs toujours assez distantes, plus grandes et d'un jaune clair passant quelquefois au blanc.

Vo Je C. cinorLée. B. Cheirantus Vill. — Plante moyenne et quelquefois assez grande, bisannuelle ou vivace, légèrement glauque. Racine allongée, simple ou rameuse, un peu dure. Tige droite, rameuse, chargée de poils roides à sa base. Feuilles pétiolées, un peu hispides, pinnées ou profondément pinnatipartites ; les inférieures à segments oblongs, irrégulièrement lobésdentés ; les supérieures à segments plus étroits et même linéaires, entiers. Fleurs assez médiocres, à calice bien dressé, à corolle d’un iaune clair. Siliques ascendantes, à nervures assez fortes, à bec de longueur variable, renfermant une ou deux graines. —Mai-Sept. Lieux secs et pierreux, sables. AC. = Var. — Paucidentata. Glabre ou presque glabre. Tige d'un à deux décimètres, tantôt nue, tantôt accompagnée d’une feuille à segments oblongs, spatulés. Feuilles radicales à segments obovales, seulement unidentés ou bidentés. — Dunes. TR.

MOUTARDE. SZNAPIS L.

Calice étalé, égal à la base. Pétales à onglets cylindriques ou très étroits. Silique linéaire, cylindracée ou légèrement quadrangulaire, à partie supérieure indéhiscente, formant, avec le style, un bec plus ou moins long ; valves très fortement nervées. Graines globuleuses ou presque globuleuses, disposées sur un rang.

M. pes camps. S. arvensis L. — Plante moyenne, annuelle, plus ou moins hispide. Tige droite, rameuse. Feuilles inférieures pétiolées, pinnatipartites-lyrées ; les supérieures sessiles, ovales ou oblongues, toutes inégalement lobées ou dentées. Fleurs médiocres, d'un beau jaune. Siliques plus ou moins écartées de l'axe,

presque cylindriques, toruleuses, gläbres; bec long, ancipité, ayant souvent une graine à sa base; valves trinervées. Graines lisses, brunes.

Var.— hispidula. Siliques couvertes de poils blancs; courts et réfléchis.

Mai - Sept. Champs cultivés. TC.

M. noire. S. nigra L.— Assez grande, annuelle. Tige droite , bien rameuse, glabre ou presque glabre, un peu glauque. Feuilles toutes pétiolées, les inférieures larges, lvrées, lobées-dentées, médiocrement hispides ; les supérieures lancéolées, peu dentées ou entières, pendantes, glabres. Fleurs assez petites, d'un jaune un peu clair. Siliques raccourciés, dressées contre l'axe, comprimées-tétragones, glabres, à bec peu long et assez grêle, à valves uninervées. Graines réticulées, d’un brun très foncé. — Été. Champs pierreux et coteaux près de la mer. R. Vannes, Auray, Guidel.

$ 2.— Siliques à valves soudées.

Des trois genres suivants, deux appartiennent au sous-ordre des ORTHOPLOCÉES DC., savoir les genres Raphanus et Crambe, dont les cotylédons sont pliés longitudinalement. Le genre Cakile ayant des cotylédons planes, avec une radicule latérale, appartient au sous-ordre des PLEURORHIZÉES.

RAIFORT. RAPHANUS L.

Calice fermé, gibbeux à la base. Style se confondant avec un prolongement de la silique en forme de bec. Silique épaisse, dure ou même subéreuse, continue et cloisonnée, ou moniliforme et privée de cloison. Graines globuleuses , quelquefois un peu comprimées.

R. RAVENELLE. R. raphanistrum L.—Plante moyenne, annuelle, plus ou moins hispide, quelquefois presque glabre. Racine grêle. Feuilles pétiolées, pinnatipartites-

de Hi

lyrées, à divisions sinuées dentées. Fleurs assez médiocres , ordinairement jaunes ou jaunâtres, rarement blanches ou d'un violet pâle, toujours bien veinées,. Siliques un peu subéreuses, fortement nervées, ordinairement glabres, rarement scabres, uniloculaires, moniliformes, se divisant facilement, comme par articles, lors de la maturité. Bec très long, ensiforme, strié. — Été, aut. Champs. TC.

R. MARITIME. À. maritimus Smith.— Plante au moins bisannuelle, grande, à racine épaisse, succulente. Tige droite, rameuse, hispide seulement à la base. Feuilles pétiolées, plus ou moins scabres; les radicales allongées, pinnées-lyrées , à segments oblongs, lobés-dentés, avec des segments intermédiaires très courts ; les caulinaires inférieures moins allongées, simplement pinnéeslyrées ; les autres oblongues, plus ou moins étroites , finement dentées. Fleurs assez médiocres , souvent stériles , à corolle jaune, veinée. Siliques bien subéreuses, très fortement nervées, glabres , moniliformes , à renflements encore solidement joints lors de la maturité ; mais souvent mal développées, très réduites, monospermes. Bec long , conique , sillonné. Graines un peu comprimées. — Été. Rochers et sables maritimes. TR. Quibéron , Larmor en Plæmeur , Guidel {N).

Obs. Le Raifort cultivé, Rave ou Radis, Raphanus sativus L., se montre quelquefois dans les champs voisins des jardins, mais ne s'y maintient pas. Il diffère surtout des espèces précédentes par ses siliques biloculaires , plus épaisses , continues , un peu coniques , terminées par un bec médiocre.

CAKILE. CAKILE Tourn.

Calice dressé, gibbeux à la base. Style très court ou aul. Silique dure, un peu subéreuse, plus ou moins

de. AD

comprimée, uniloculaire , articulée, peu longue; et souvent réduite à la dimension d’une silicule par l'avortement ou l’imparfait développement de l’un des deux articles. Graines ellipsoïdes. |

C. martriMe. C. maritima Scop. Bunias cakile L. — Plante annuelle, ordinairement assez petite, quelquefois moyenne, très glabre, un peu glauque. Tige couchée ou ascendante, très rameuse, à rameaux ouverts, flexueux. Feuilles assez charnues, pinnatipartites, à divisions plus ou moins profondes, oblongues ou linéaires, entières où à peine dentées. Fleurs médiocres, assez élégantes, d'un pourpre pâle ou d'un blanc violet. Siliques un peu ensiformes, ou, par avortement de l'article inférieur, silicules ellipsoïdes pointues, légèrement tétragones. — Juin - Sept. Sables maritimes. AC.

CRAMBÉ. CRAMBE L.

Calice ouvert, égal à la base. Style nul ou très court. Silique dégénérant en silicule stipitée par l'avortement d’un premier article. Cette silicule ovale ou globuleuse, coriace, uniloculaire, monosperme, caduque. Graine sphérique.

C. marrTime. C. maritima L. — Plante vivace, assez grande, très glabre et bien glauque, ayant des feuilles assez semblables à celles du chou potager, et méritant ainsi son nom vulgaire de Chou marin. Racine épaisse, à collet produisant plusieurs tiges. Celles-ci droites et rameuses. Feuilles pétiolées , grandes, épaisses, arrondies-cordiformes ou ovales, diversement lobées ou sinuées, ondulées et dentées. Grappes de fleurs rapprochées et bien fournies. Fleurs longuement pédicellées, assez petites, blanches; pétales à limbe arrondi ; grandes élamines à filets munis d'une dent prèstde leur

== . Silicules dressées, à peu près globuleuses, , mutiques. — Eté. Sables et rochers maritimes. TR. Petit Keregan en Plæmeur (N), île de Houat.

Section IT. — SILICULEUSES.

(V. les genres Nasturtium, Cakile, Crambe.)

Quatre des genres compris dans cettesection, Thlaspi, Teesdalia, Cochlearia, Draba, appartiennent au sousordre des PLEuroRuIZÉES DC. (Cotylédons planes et radicule latérale.) Les quatre autres, Senebiera, Capsella, Lepidium, Camelina, appartiennent au sousordre des Notoruizées. (Cotylédons planes et radicule dorsale. }

$S 2.— Silicules indéhiscentes.

SENEBIÈRE. Sencbiera Pers. — Calice ouvert, égal à la base. Style court ou presque nul. Silicule très courte, échancrée à la base, ou doublement échancrée, didyme, toujours assez coriace, ridée ou réticulée, biloculaire à loges monospermes. Graines ovoïdes comprimées ou réniformes.

S. CORNE-DE-CERF. S. COronopus Por: Cochlearia coronopus L. Coronopus Ruellii Dalech.—Plante annuelle, petite , multicaule, tout-à-fait glabre , un peu glauque. Tiges couchées , rameuses. Feuilles une ou deux fois pinnatipartites, à divisions oblongues-linéaires. Grappes opposées aux feuilles et portant peu de fleurs. Celles-ci courtement pédicellées , très petites , blanches ; sépales arrondis , à bords membraneux ; pétales oblongs , trés obtus, dépassant un peu le calice; style court. Silicules rapprochées , comprimées sur les côtés, réniformes, bien ridées et bordées de petites crêtes ou pointes épaisses. Graines ovoïdes-aplaties. — Été, aut. Lieux pierreux , bords des chemins , déconibres. C.

Dies

S. PINNATIFIDE. S. pinnatifida DC. Coronopus Smith. Lepidium didymum L. — Plante probablemen introduite, maintenant bien naturalisée, an auelle e. assez petite. Tiges couchées, rameuses, poilues. Feuilles glabres , pinnatipartites , à divisions profondes, oblongues , pointues , un peu incisées-dentées ou entières. Grappes à fleurs nombreuses. Celles-ci bien pédicellées, très petites , sans corolle , ou à corolle blanche aussi courte que le calice ; 2 ou 4 des étamines souvent avortées ; style presque nul. Silicules étalées, didymes, fortement ridées. Graines réniformes — Été. Quais, chantiers , pied des murs , lieux de délestage dans les ports de mer. AC. Vannes, Auray , Lorient , etc. hi:

$ 2.— Silicules déhiscentes, à valves naviculaires.

CAPSELLE. CAPSELLA Vent.

Calice dressé , égal à la base. Style court. Silicule en cœur renversé , presque triangulaire ; valves très comprimées , à carène un peu épaisse ; cloison fort étroite. Graines nombreuses dans chacune des 2 loges.

C. BOURSE-A-PASTEUR. C. bursa pastoris Mæœnch. Thlaspi bursa pastoris L. — Annuelle, moyenne, quelquefois assez petite , plus ou moins rude et velue. Tige droite , rameuse , très rarement simple , un peu anguleuse. Feuilles radicales allongées , rétrécies en pétiole à leur base , tantôt pinnatipartites, à divisions assez variables , tantôt lyrées ou légèrement sinuées ; les caulinaires inférieures presque aussi découpées , mais souvent sessiles , auriculées ; les supérieures plus courtes , amplexicaules , sagittées, étroites , légèrement dentées ou entières. Fleurs très petites , blanches. Silicules longuement pédicellées , étalées, glabres. — Presque toute l'année. Bords des chemins, champs, prairies, sables. TC.

sens DD vus

PASSERAGE. LEPIDIUM L.

Calice ouvert , égal à la base. Style de longueur variable. Silicule arrondie, ovale ou elliptique , échancrée ou entière ; valves à carène mince, quelquefois un peu ailée; cloison étroite. Une seule graine dans chaque loge.

P. À LARGES FEUILLES. L. latifolium L.— Racine très longue et très vivace. Tige de 6 à 9 décimètres, droite, rameuse , cylindracée , lisse. Feuilles glabres et légèrement glauques; les radicales et les caulinaires inférieures bien pétiolées , ovales, dentées ; les autres courtement pétiolées ou presque sessiles, ovales-lancéolées, finement dentées dans leur moitié inférieure ou presque entières. Grappes nombreuses, très rapprochées, courtes et formant ensemble une sorte de grande panicule. Fleurs très petites, blanches ; style très court. Silicules arrondies-ovales, entières, pubescentes. Odeur fétide et saveur très âcre. — Été. Lieux frais. TR. Belle-ile, près du village de Bangor.

P. pes DÉCOMBRES. L. ruderale L.—Planteassez petite, annuelle, glabre, à peine pubescente vers le haut, assez fétide. Tige droite, très rameuse. Feuilles inférieurcs pinnatipartites, à divisions étroites, souvent incisées-dentées ; feuilles supérieures linéaires, entières. Fleurs très petites, presque toujours apétales, blanchâtres ; étamines réduites au nombre de 2 ou 4; style presque nul. Silicules arrondies-ovales , faiblement échancrées au sommet, glabres. — Été. Quais, pied des murs, digues. R. Région maritime; Auray, Pori- Louis, salines de Gavre, etc.

P. pe Smirs. L. Smithii Hook. L. heterophyllum Benth.— Plante vivace, assez petite, quelquefois

moyenne. Tiges nombreuses, ascendantes ou couchées,

simples ou peu rameuses, chargées de poils mous et courts. Feuilles radicales et premières caulinaires pétiolées, étalées, ovales-chiongues ou oblongues , un peu lyrées-sinuées ou presque entières, glabres ou légèrement pubescentes ; les autres plus courtes, dressées, sessiles, sagittées, dentées, bien pubescentes et blanchâtres. Fleurs fort petites, à pédicelle très velu, à corolle blanche ne dépassant guère le calice, à style assez long. Silicules ovales, à peine échancrées, en partie ailées, ordinairement glabres, parfois chargées de quelques petites papilles ou de quelques poils courts. — Mai - juillet. Champs en friche, coteaux, talus, bords des chemins. C.

Obs. Cette plante a été longtemps confondue avec le Lepidium campestre L., dont elle se rapproche singulièrement par ses feuilles et par ses fleurs. Mais l'espèce établie par Linnée possède une tige droite, au lieu d'avoir plusieurs tiges ascendantes ou couchées. Le style y est court; il atteint seulement le sommet des valves, tandis que le style de l'espèce nouvelle dépasse beaucoup ce sommet. Enfin, les silicules du vrai Passerage champêtre sont plus échancrées et toujours couvertes de papilles blanchâtres. Ce Passerage paraît appartenir exclusivement aux terrains calcaires, Il fleurit en été.

P. cucrivé. L. sativum L. — Plante naturalisée, assez petite, annuelle, glabre, un peu glauque, d'une saveur piquante , et très connue sous le nom de Cresson alénois. Tige droite, peu rameuse. Feuilles inférieures assez diversement découpées, souvent pinnatipartites, a divisions profondes, étroites; feuilles supérieures ordinairement linéaires, entières ou peu dentées. Fleurs très petites, à calice rougeätre ou jaunâtre, à corolle

ie ÉE =

blanche, double du calice, à style très court. Silicules dressées , arrondies-ovales, échancrées, glabres ; valves à carène ailée. — Été. Murs, lieux rocailleux, haies près des jardins. R. Port-Louis, Hennebont, Auray, etc.

Page 1