C. Epi sans barbe, velouté ou pubescent
Obs. Le froment épeautre , T. spelta L. et le froment locular, T, monococcum L., cultivés dans certaines parties de la France, se distinguent surtout des espèces qui viennent d’être décrites par la fragilité de l'axe de l'épi, par la consistance coriace des giumes et par l’'adhérence de la cariopse aux glumelles. L’épi du premier est lâche, comprimé, et les épillets offrent 2 ou 3 fleurs fertiles sur les 3 ou 4 fleurs dont ils se composent ; l’épi du second est très compacte et les épillets triflores n’ont qu’une fleur fertile. — On a essayé en Bretagne la culture da froment de Pologne, T. polonicum L., espèce très remarquabie et bien caractérisée par ses épillets oblongs, généralement triflores, à glumes iancéolées, nettement plurinervées et couvrant
peu près les fleurs. La glumelle supérieure est bien moins longue que l’inférieure. Le grain est très oblong, libre.
2, Espèces sauvages, tivaces.
F. pe caien. T. caninum Schreb. T. sepium Lam. Elymus caninus L. Agropyrum caninum P. de Beauy. — Grand ou assez grand , à racine fibreuse. Chaumes droits, grêles, lisses. Feuilles longues , ouvertes, linéaires-aiguës , assez larges , scabres en dessus et en dessous, d’un vert tendre, à ligule très courte, presque nulle. Epi allongé, droit, un peu penché à la maturité,
plus ou moins lâche ; axe étroit, à bords scabres. Epillets d'abord oblongs-pointus, puis élargis, comprimés, verdâtres , à 4 ou 5 fleurs; glumes lancéolées, courtement aristées, à 3-5 nervures prononcées et légèrement scabres. Fleurs assez rapprochées, mais divergentes, à glumele inférieure canvexe-lancéolée, plurinervée seulement vers le haut, terminée par une arête plus longue qu'elle; glumelle supérieure égalant l'inférieure, un peu échancrée, à nervures ciliées-scabres. — Eté. Haies des prairies, endroits buissonneux humides. TR. Ploërmel (N.) — Il faut craindre de rapporter à celte espèce des individus de l'espèce suivante ayant leur racine mal développée, à peine rampante, el des épillets aristés.
F. RAMPANT. T. repens L. Agropyrum repens P, de Beauv. Vulgt Chiendent. — Grand ou assez grand, à racine longuement rampante. Chaumes droits ou presque droits, assez grêles, lisses. Feuilles longues , élalées , linéaires-aiguës , assez larges, planes, plus ou moins scabres en dessus et même un peu poilues, lisses en dessous, d’un vert gai, à ligule très courte et tronquée. Epi allongé, assez droit, lâche; axe comme celui de l'espèce précédente. Epillets d'abord oblongs-pointus, puis larges et comprimés, verdâtres, rarement rougeâtres, à 5-8 fleurs ; glumes convexes- Jancéolées , plus ou moins mucronées , à 5 fortes nervures. Fleurs divergentes, à glumelle inférieure convexe lancéolée, obscurément nervée en grande partie, mucronée ou brièvement aristée, quelquefois mutique; glumelle supérieure plus courte que l'inférieure, échancrée ou tronquée , à nervures nettement ciliées, à cils courts. — Eté. Champs, lieux buissonneux ;, bords des haies. C.
Var. — glaucum. — Plante d’an glauque bleuâtre, à chaumes généralement plus robustes et plus longs
que ceux du {ype, à glumes souvent obluses. — Haies des lieux secs , talus ombragés. AC.
E. poinru. T. acutum DC. — Assez grand et quelquefois grand, plus ou moins glauque, à racine longuement rampante. Chaumes droits ou presque droits, roides , souvent pleins, lisses. Feuilles longues , dressées ou peu ouvertes, roides, linéaires-aiguës , enroulées , un peu piquantes , à face supérieure rude et l'inférieure lisse, à bords scabres, à ligule courte et tronquée. Epi médiocre, un peu lâche ou compacte, droit et roide ; axe scabre aux bords des excavations , du reste lisse ou presque lisse. Epillets oblongs, comprimés, plus ou moins glauques , à 4-7 fleurs ; glumes ordinairement aiguës-mucronées, rarement mutiques, à 5-7 nervures, à carène plus ou moins scabre ; glumelles comme celles de l'espèce précédente. — Eté. Bords des bras de mer, endroits humides dans les dunes, chaussées et rochers maritimes. C. — Le froment pointu se rapproche beaucoup du froment rampaul et pourrait y être rapporté comme variété roide, s'il n’était pas essentiellement maritime. On trouve quelquefois le froment rampant peu loin de la mer, mais dans les haies ou entre les buissons ; il a besoin d'un abri. Si le froment pointu n’en était qu'une modification due aux lieux rocailleux ou sablonneux découverts, on le trouverait sans doute dans des lieux semblables à l'intérieur du département. Il ne s'y montre pas; on ne le voit même pas sur les coteaux du littoral ; il lui faut de l’eau salée. — Suivant Koch, la face supérieure des feuilles est couverte, dans le froment pointu, d’aspérités très rapprochées (punctulis acutis densé ‘obsitis), et n'offre, dans le froment rampant que des aspérilés distantes (punctulis acutis solitariis). Ce caractère m'a paru peu constant. Les feuilles des deux froments en question sont quelquefois à peine rudes en dessus,
Var. — reflexifolium. — Moyen, à chaumes ordinairement ascendants-géniculés. Feuilles caulinaires, à limbe plus ou moins court , bientôt réfléchi et pendant le long de la gaîne. — Bords de la mer parmi les joncs. AR.
Le froment pointu m’a”offert deux monstruosités, savoir : des épillets munis d’une bractée; des épillets pédicellés. Les bractées sont ovales ou elliptiques, quelquefois longues d'un centimètre. Les pédicelles n'ont guère que deux millimètres.
F. A LONG ÉPr. — T. macrostachyum N. — Grand ou assez grand , entièrement glauque. Racine rampanteet stolonifère. Chaumes ascendants ou couchés, un peu robustes , lisses , généralement pleins. Feuilles comme celles de l'espèce précédente. Epi fort long, droit et roide , assez compacte; axe lisse, offrant seulement quelques aspérités aux bords des excavalions. Epillets comprimés, d'abord oblongs, puis ovales, à 7-10 fleurs; glumes carénées, courtement acuminées- mucronées , presque entièrement lisses, à 7-9 nervures; fleurs rapprochéés, à glumelle tnférieure carénée, peu nervée, tronquée, grossièrement mucronée, lisse ; glumelle supérieure un peu plus courte, très obtuse, à nervures pubescentes-ciliées. — Eté. Dunes. R. Le Korégan, en Plæmeur, la presqu'île de Gavre (N.).- J'ai d'abord rapporté ce gramen au froment pointu, lindiquant comme variété à long épi. La direction des chaumes me semblait peu importante, car on trouve quelquefois, dans les sables maritimes, le froment pointu avec des chaumes ascendants ou même presque couchés. La longueur de l’épi, qui est de 2 à 3 décimètres , pouvait n'être pas un caractère distinctif bien satisfaisant. En effet, si l’épi du froment pointu n’excède pas ordinairement 9 centimètres, il atteint parfois une longueur double. Mais, dans ce cas, l'épi est
lâche, son axe s’est allongé d'une manière anormale; tandis que l'épi de notre froment , quoique très long, est pourtant assez compacte. A la plus grande longueur de l'épi, vient d’ailleurs se joindre une plus grande dimension des épillets ; ils sont longs de 17 à 20 millimètres et larges de 10 à 12, au moment de la fleuraison. Ajoutons que la longueur des glumes est moindre relativement à l'épillet ; elles n’en dépassent guère la moitié. Enfin, une différence assez notable existe entre les glumelles du froment à long épi et celles du froment pointu : dans Île premier , la glumelle inférieure n'est jamais aristée ni même bien mucronée; dans le second, elle est quelquefois obtuse, mais elle n’est jamais tronquée. Dans celui-là, la glumelle supérieure a des cils peu distincts ; ses nervures sont plutôt pubescentes que ciliées ; dans celui-ci , la même glumelle offre des nervures nettement ciliées, bien que les cils soient courts,
F. À FEUILLES DE JONC. T. junceum L. — Ordinairement moyen, quelquefois assez petit, rarement assez grand , bien glauque, à racine longuement rampante. Chaumes ascendants ou couchés, assez grêles, très lisses. Feuilles longues, dressées ou peu ouvertes, rarement réfléchies, linéaires-aiguës, enroulées, un peu piquantes, pubescentes-rudes en dessus, lisses en dessous , à bords non scabres ou peu scabres; ligule très courte, tronquée ; gaine assez ventrue, prenant quelquefois une teinte purpurine. Epi médiocre ou assez long (7-13 centimètres), lâche, droit et roide ; axe lisse, même aux bords des excavations , articulé et se disjoignant très facilement. Epillets assez grands, d'abord oblongs , un pea comprimés, puis ovales, à 4-6 fleurs ; glumes naviculaires, très obtuses ou tronquées , à 8-11 nervures et sans aspérités; fleurs un peu distantes, à glumelle inférieure naviculaire-allongée, obscurément nervée, lisse, tronquée ou échan-
crée, avec une pointe très courte, émoussée ; glumelle supérieure bien plus courte que l’inférieure, très obtuse ou tronquée , à nervures très finement ciliées. — Les épillets de ce gramen sont à peu près semblables à ceux de l'espèce précédente, mais la constitution de l'épi est fort différente. Le fait seul de la fragilité de l'axe est un bon caractère distinctif, car l'axe est fort tenace dans le froment à long épi ; il l'est aussi dans le froment pointu , dans le froment rampant et dans le froment de chien. — Eté. Dunes. AC.
SEIGLE, SECALE L.
Epillets biflores ou imparfaitement triflores , solitaires, distiques, opposés à l'axe par une des faces. Glumes presque opposées ct presque égaies , étroites, aiguës, carénées. Chacune des deux fleurs fertiles à glumelle inférieure sensiblement irrégulière, carénée et terminée en arête ; glumelle supérieure bicarénée. Ovaire poilu au sommet, à styles très courts , à sligmates plumeux. Cariopse ellipsoïde-obtuse, marquée d’un sillon longitudinal. — La troisième fleur de l'épillet , lorsqu'elle existe, est plus ou moins rudimentaire.
S. CULTIVÉ. S. cereale L. — Grand ou assez grand, annuel , un peu glauque. Chaumes droits, pubescentsscabres au sommet, du reste bien lisses. Feuilles linéaires-aiguës, assez larges, planes ou presque planes, rudes en dessus et en dessous , à gaîne lisse, à ligule très courte, tronquée-érodée. Epi médiocre ou assez long, droit ou faiblement courbé vers le haut, assez grêle, compacte ; axe non fragile, à bords velus. Epillets oblongs, comprimés; glumes peu longues, très aiguës , scabres; fleurs bien rapprochées, presque opposées, à glumelle inférieure très longuement aristée, grossièrement ciliée sur la carène et en partie sur les bords ; glumelle supérieure aussi longue que l'in-
“05 — férieure, moins l’arête, à sommet bifide , à nervures scabres. — Mai, juin. Très cultivé dans le département.