‹ Flore du MorbihanChapitre 90 sur 156 · SAUGE. SALVIA L · texte numérisé non relu

SAUGE. SALVIA L

Calice à deux lèvres, la supérieure entière ou tridentée , l'inférieure bifde. Coroïle à lèvre supérieure plus ou moins voûtée, à lèvre inférieure trilobée, avec le lobe intermédiaire beaucoup plus grand que les lobes latéraux, Étamines réduites à 2 par avortement ; anthères à loges très séparées par l'extension en travers du connectif. Nucules ovoïdes-trigones.

S. VERVEINE. S. verbenaca L. S. clandestina Mutei, fl. fr. S. littoralis Ferrary, fl. des Côtes-du-Nord. —Assez petile ou moyenne, bien aromatique, vivace, à racine épaisse, presque ligneuse. Tige droite ou faiblement ascendante, simple où rameuse, velae-pubescente, un peu glandaleuse au sommet. Feuilles radicales et les caulinaires très inférieures bien pétiolées, ovales-oblongues ou cblongues, souvent un peu en cœur à la base ; les supérieures très peu nombreuses, courtement pétiolées ou sessiles, largement ovales, pointues ; toutes lobées ct crénelées, rugucuses, pres-

que glabres en dessus, légèrement pubescentes en dessous. Fleurs assez petites ou très médiocres, disposées en épis terminaux interrompus ; bractées arrondies ou cordiformes, très acuminées , velues-ciliées, membraneuses, colorées , enfin réfléchies ; calice pubescenthispide, à lèvre supérieure arrondie, très courtement tridentée, à divisions de la levre inféricure ovaleslancéolées , spinescentes ; corolle d'un bleu violet, dépassant plus ou moins le calice, mais rarement de moitié plus longue, à lèvre supérieure voütée en casque, à lèvre inférieure ayant le lobe intermédiaire arrondi, concave.— Mai-octobre. Prés secs, bords des champs, bas des murs. Région maritime, AC. ; intérieur, R.

Obs. M. Aubry mentionne, comme indigène et comme trouvée en divers endroits, la Sauge des prés, Salvia pratensis L. Cette plante à pourtant été vainement cherchèe dans les diverses parties du département. Elle est plus grande que l'espèce qui vient d'être décrite et plus glanduleuse au sommet. Ses feuilles ne sont en général que doublement crénelées, et par conséquent moins découpées que celles de la Sauge verveine. Ses fleurs sont bien plus grandes, assez visqueuses, presque toujours d'un beau bleu; la corolle est au moins double du calice, à lèvre supérieure comprimée, courbée en faux, un peu plus longue que l'inférieure ; le style est très long et très arqué.—Cette Sauge, qui fleurit de mai à juillet, se montre en Bretagne, mais elle y est rare. Coteaux, prés secs.

On cultive dans les jardins la Sauge officinale, Salvia officinalis L., plante très aromatique, sous-frutescente, d'abord lomenteuse-blanchâtre, puis d'un vert sombre, au moins en partie. Elle a des feuilles ovaleslaucéolées, ou lancéolées, ou oblongues, finement

crénelées, rugueuses, ect des bractécs ovales-acuminées , caduques. Les fleurs sont assez médiocres et d'un rose-lilas ; la lèvre supérieure de la corolle est voûtée en casque; le lobe intermédiaire de la lèvre inférieure est fort large et bien échancré.—Mai-juillet.

Le genre Romarin, Rosmarinus L., appartient à cette division. Il se distingue surtout du genre Sauge par sa corolle à lèvre supérieure bifide, par les filets des étamines fertiles, munis d’une dent près de la base, par les anthères à lobes confluents. —£Le Romarin officinal, Rosmarinus officinalis L., est cullivé comme très aromatique. C'est un arbrisseau rameux, de 10 à 15 décimètres, à feuilles persistantes, sessiles, linéaircs, un peu roulées en dessous. Les fleurs sont très médiocres , bleuâtres ou blanches, ponctuées, disposées en faux verticilles ou en grappes courtes. — Printemps.

V. Corolle Lilabiée. Étamines rapprochées, toutes fertiles, nettement didynames.

LAMIER. LAMILM L.

Calice un peu campanulé à 5 ou 10 nervures et à 5 dents presque égales. Lèvre supérieure de la corolle très concave ou voülée, entière; lèvre inférieure obscurément trilobée, à lobes latéraux très réduits, en forme de dents, à lobe intermédiaire en cœur renversé. Étamines toujours parallèles sous la lèvre supérieure; anthères souvent barbues, à lobes bientôt étalés et s’ouvrant par une fente commune. Nucules trigones, à sommet tronqué.

L. EmBrassanr. L. amplexicaule L.— Petit ou assez petit, annuel, pubescent. Tiges ascendantes, grêles,

simples ou peu rameuses. Feuilles inférieures longuement péliolées, ovales-cordiformes ou presque orbiculaires, fortement crénelées ; les supérieures plus grandes, embrassantes, réniformes, lobées, à lobes ordinairement couris, obtus, entiers ou peu dentés. Fleurs d'un beau rouge, en faux verticilles assez fournis, les premiers fort écartés, les derniers contigus ; calice très velu, à dents linéaires -subulées, enfin conventes; corolle à tube droit, long et grêle. — La corolle manque assez souvent ou se développe :mal. — Print., été. Terres cultivées légères, bords des chemins, vieux murs, dunes. C.— Dans les dunes, Ja plante est souvent naine et n'a qu’un verticille de fleurs ou deux verticilles confiuents. On la trouve quelquefois dans les moissons avec des feuilles profondément lobées, surtout les supérieures.

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