CHAMPIGNONS. — LACTAIRES, RUSSULES, COPRINS
quantité de 12 à 40 gouttes, répétée trois fois par jour. On dit aussi avoir fait usage de ce Champignon, avec efficacité, dans les diarrhées et les sueurs trop abondantes.
M. le Dr Cordier, à qui nous avons emprunté ces renseignements, ajoute, que les propriétés narcotiques de la Fausse-Oronge pourraient faire employer ce Ghampignon comme succédané de l’opium; il y aurait avantage sous le rapport pécunier.
Les Amanites se subdivisent en deux sous-genres, suivant la couleur des spores. Les Volvuria ont les spores colorées (rougeûtres) et les Amanila les ont blanches. — Terrestres. — Gette section (Amanila et Volvaria) renferme les espèces les plus vénéneuses.
IV. Lactaires, — Volve nulle. Pédicule central, suc laiteux blanc, jaune ou rouge, s’écoulant lorsque l’on blesse ou casse le chapeau, lequel est ombiliqué (fig. 7),e'est-à-dire creusé au centre. — Sur la terre, ordinairement dans les bois. — Les Lactaires comprennent des espèces très vénéneuses.
V. Russules, — Pédicule central; {ames égales entre elles, généralement bifurquées, mais non terminées sur un bourrelet annulaire. On ne peut les confondre avec les Chanterelles; celles-ci ont les lames arrondies (ce sont plutôt des veines) et à la fois décurrentes et bifurquées ou anastomosées, — Espèces terrestres croissant dans les bois. — C'est dans cette section que se range l’Agaric rouge (A. ruber Fr.), si commun dans les bois en automne: Son chapeau. d’un rouge cramoïsi, large de 10 cent. environ, devient assez rapidement concave au centre. Ses lames sont blanches, épaisses et fragiles. Son pédieule nu, atteint5 à 6 cent. de hauteur et environ 2? cent. d'épaisseur. — Vénéneux ainsi que la grande partie des espèces de cette section.
VI. Coprins, — Chapeau membraneux, non charnu. Lames inégales, se fondant assez rapidement en liquide noirâtre. Pédicule central, nu, rarement muni d’un anneau. Ces Champignons eroissent généralement sur la terre riche en humus, les fumiers et les bois en décomposition. Leur chapeau est assez souvent de forme conique. On doit se méfier de tous les Coprins, même de la Massette (C. comatus), connue sous le nom de « Barrette » dans certaines localités, et que plusieurs auteurs signalent comme comestible. :
COPRIN A MASSETTE (Coprinus comatus Fr.). — Chapeau cylindrique, long de 8 à 10 cent., ne s'étalant jamais, blanc, à sommet arrondi, d’un blane sale et tout pelucheux. Pédicule haut de 10 à 20 cent., devenant fistuleux, avec un filet cotonneux dans l’intérieur de la cavité. Collier mobile sur le pédicule. Ge Champignon, comme tous ceux de son genre, se transforme rapidement en liquide noirâtre. — Dans les jardins et les bois frais, à la fin de l’été et en automne.
Les Coprins peuvent servir à faire une encre noire bonne pour le lavis: L'Agaricus atramentarius Bull. tout particulièrement, a été employé, à cet usage, par le mycologue Bulliard. Du reste, on peut faire de l'encre avec
l’eau provenant de la décomposition de la plupart des Coprins, laquelle est formée presque entièrement de spores qu’elle tient en suspension. Il suffit, pour cela, de faire bouillir le chapeau du Champignon et de filtrer la liqueur que donne l’ébullition. En ajoutant des clous de girofle, on empêche l'encre de moisir.
VII. Pratelles. — Volve nulle. Pédicule central, muni ou non d’un anneau; chapeau charnu. Lames devenant noires ou noirâtres, mais se desséchant au lieu de fondre (ce qui les fait différer essentiellement des Coprins). Champignons généralement terrestres, renfermant beaucoup d'espèces salubres, entre autres l’Agaric de couche, ou Agaric comestible, croissant également à l’état indigène dans tout le pays. — En noircissant, ou si l’on veut, en vieillissant, les Pratelles deviennent suspectes. Ce groupe renferme quelques espèces douteuses.
Agaric comestible (Agaricus campestris L.). — Pas de volve; un anneau. Lames couleur de chair, ou lilas rougeûtre, cachéés dans la jeunesse par une membrane qui devient ensuite le collier. Chapeau blanc, écailleux, se pelant bien. Chair ferme, épaisse, cassante, ne changeant point à l'air. Odeur agréable. — Champignon d'abord sphérique, convexe, large de 6-8 cent. dans les individus bien développés, pédieule haut de 3-6 cent., épais de 10 à 45 m/m. En vieillissant, les lames deviennent brunes, puis noires. — G. ou AC. en automne, dans les lieux découverts : prairies, pelouses sèches, lisières des bois, ete.
PRÉPARATION CULINAIRE DES AGARICS COMESTIBLES. — La manière la plus simple de préparer ces Ghampignons consiste à les faire cuire entiers sur le gril et à les assaisonner d’un peu de beurre frais, de sel et de poivre.
À la campagne, après les avoir épluchés, on les conpe en quatre, s'ils sont gros, et on les assaisonne de beurre, de sel, de poivre, de fines herbes (persil, ciboule, échalotte) et on les fait cuire dans une casserole ou à la poéle. Une demi-heure au plus suffit à leur cuisson.
En beignets. — Les chapeaux étant épluchés on les sale des deux côtés; après cinq minutes on les essuie; cela fait, on les coupe en deux, on les roule dans la farine et on les jette dans la friture bouillante. Bientôt ils auront pris une belle couleur; il ne restera qu’à les égoutter et à les servir sur un plat garni de persil frit, non haché.
Le Champignon de couche n’a pas la saveur, loin de là, de l’Agaricus campestris, et encore, à l’état libre, l’arôme diffère-t-il suivant que ce végétal croît dans une prairie, à la lisière d’un bois ou sur une pelouse sèche. Quant à nous, nous n'avons jamais mangé de Champignons aussi savoureux que ceux que l’on récolte en abandance, à partir du mois d’août, sur les sommets des collines calcareuses de la vallée du Viroin. Aussi, dans cette contrée, les amateurs de Champignons sont-ils nombreux, et jamais, cependant, nous n'avons entendu parler d’empoisonnement. Il est vrai, on s'adonne presque exclusivement à l’Agaric champêtre, à part quelques rares
136 CHAMP GNONS. — MYCÈNES, GYMNOPES, OMPHALIES, LÉPIOTES, CORTINAIRES.
personnes qui récoltent la Chanterelle désignée sous le nom de « Girolle », et le Coprin massette, nommé vulgairement « Barrette ».
VIII. Mycènes. — Volve nulle; point de collier. Ghapeau membraneux, campanulé, jamais ombiliqué, c'est-à-dire jamais creusé au centre. Pédicule presque toujours central et fistuleux. Lames ne noireissant pas en vieillissant. — Les Champignons de ce groupe sont de petites dimensions, non charnus et de nature suspecte.
IX. Gymnopes. — Volve nulle; point de collier. Pédicule central et plein. Chapeau charnu, non ombiliqué. Lames ne noircissant jamais. Les Gymnopes comprennent près de 200 espèces, dont aucune n’est signalée positivement vénéneuse; deux ou trois seulement sont notées comme suspectes. Le Mousseron (A. albellus D. G.) est une des plus délicieuses. Elle est remarquable par son odeur fine et musquée, sa saveur agréable et délicate. Son pédicule est nu, plein, lisse, charnu, souvent renflé à la base, long de 4-5 cent. et épais de 10-15 m/m. Chapeau large de 3-4 cent. ou plus, sphérique, puis en cloche, maïs toujours convexe, sec, lisse, ne se pelant point et de teinte variant du roux tendre au blanc pur. Ses lames sont très nombreuses, inégales, très serrées, très étroites, se terminant en pointe aux deux extrémités. — Groît en groupe à la fin de l'été. — Il ne paraît pas commun en Belgique; M. le Dr Lambotte le signale aux environs de Verviers.
Les Gymnopes se divisent en trois groupes secondaires, suivant les caraetères ci-après : 4° lames décurrentes sur le pédicule; 20 lames seulement adhérentes au pédicule; 3° lames libres, non adhérentes au pédicule.
X. Omphalies. — Volve nulle; point de collier. Pédicule central, creux où plein, Chapeau ombiliqué (creusé au centre) (fig. 7). Lames presque toujours décurrentes (fig. 7) et ne noircissant jamais. — Ce sont, en général, de petits Champignons. Ce groupe est très facile à saisir dans son ensemble, à cause de la forme ordinairement évasée du chapeau, rendant, par ce fait, les lames très apparentes de profil.
XI. Lépiotes. — Volves nulles. Pédicule orné d’un collier. Lames ne noïrcissant jamais, revêtues, dans la jeunesse, d’un voile membraneux incomplet, qui se déchire et devient le collier du pédicule. — Les espèces de ce groupe sont considérées comme salubres par les auteurs. Ils conseillent toutefois de rejeter celles à saveur un peu amère.
XII. Cortinaires, — Volve nulle. Pédicule central, Lames ne noircissant jamais, voilées par une membrane aranéeuse (en forme de toile d’araignée), blanche ou colorée, incomplète et qui laisse des débris filamenteux au chapeau et au pédicule. — Les Cortinaires ressemblent assez bien aux Pratelles, mais en diffèrent essentiellemént en ce que chez les premiers les lames ne noircissent jamais. Les Cortinaires ne contiennent guère que des espèces salubres; toutefois, une ou deux variétés sont signalées comme douteuses ou suspectes, mais sans preuves bien certaines à l'appui. — On trouve dans le groupe des Cortinaires un Champignon