CHAPITRE IV Le voyage
EIGNEURS, ne vous étonnez point de ce que vous allez ouïir, car il n'est ni prodige ni merveille que ne puisse accomplir celui qui aime.
D'abord courroucé en apprenant la résolution de son fils, le roi finit par céder et lui promet tout ce qu'il lui faudra pour sa mission. Flore expose alors à son père le projet qu'il a formé. Il se déguisera en marchand, il emmènera avec lui septhommes d'armes conduisant sept mules, deux chargées d'or et d'argent, la troisième de deniers, les deux suivantes de drap précieux, les deux dernières de . fourrures de zibelines et de martres. Le roi devra FOYOYCE son chambellan avec Flore, car c'est un
homme avisé qui sait bien vendre et acheter et pourra au besoin donner de bons conseils. Trois écuyers les accompagneront pour prendre soin de leurs chevaux. S'il y a moyen de racheter Blanchefleur, Flore le fera et il reviendra promptement.
Le roi se conduit en gentilhomme : il fait préparer tout ce que demande son fils; il lui donne même la coupe précieuse qu’il reçut jadis des marchands babyloniens : « Fils, fait-il, de de cette coupe; peut-être te fera-telle trouver celle que tu vas quérir. » La reine met au doigt du damoiseau son anneau magique : tant qu'il l'aura, il se tirera des pires aventures.
Flore demande son congé; en pleurant, le roi le lui accorde, la reme baise son fils cent %oës. fs battent leurs paumes en signe de deuil et s'arrachent les cheveux; à les voir, on croirait que leur fils est mort. |
Somptueusement monté et équipé, Flore se met ea route. Le harnachement de son cheval resplendit d’or et de pierreries, car ke roi l'a voula ainsi. Le damoiseau se rend dans le pert d'où partit: Blanchefleur. Il loge, avec ses gens, chez un bourgeois qui leur fait très bonne chère. Mais Flore est distrait, il pense à :son amie, il soupire profendément et ne fait point attention s'il mange viande ou pain. L'hôtesse pousse son seigneur du coude :
« Sire, fnit-elle, voyez-vous comment se comporte cet enfant? IH oublie de manger, je l'ai souvent
PrcÉsS L LIURS