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Le roi lui donne la coupe précieuse qu’il reçut jadis des marchands babyloniens.
vu soupirer. Par mon chef! ce n'est point un marchand, mais un gentilhomme ». Alors, s'adressant à Flore : « Sire, dit-elle, vous êtes très pensif, vous avez peu mangé et beaucoup regardé. L'autre jour j'en vis une autre qui faisait de même, la damoiselle Blanchefleur, car c’est ainsi qu’elle me dit s'appeler. Elle vous ressemble de visage, vous pouvez être du même âge. Elle non plus ne pensait pas au manger, car elle regrettait un sien ami qui a nom Flore. On la vendait pour la ravir à Flore et, à cause de son amour pour lui, elle était dolente.
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Elle fut vendue en ce port et emmenée à Babylone pour être revendue à l’émir. » Le damoiseau fut joyeux d’avoir des nouvelles de son amie.
/" Le lendemain on appareilla les nefs et Flore s’em-, barqua avec ses gens. Huit jours ils parcoururent! la mer sans trouver nulle terre; le neuvième 1 abordèrent à Baudas, grande cité située sur une roche grise; lorsque le temps est clair, on peut la voir de cent lieues en mer. De là ils pourront en quatre jours atteindre Babylone avec leurs huiles Arrivé dans ce pays, Flore croit être en paradis, parce que son amie s’y trouve. Le damoiseau 1
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ses compagnons descendent à une hôtellerie; tout le monde mange bien, excepté Flore qui pense à Blanchefleur /‘L'hôte le remarque et lui conte qu'une jeuné fille de son âge avait fait de même quelque temps auparavant. Il l'avait entendu appeler Blanchefleur. Flore est heureux de cette nouvelle : « Où menait-on la jeune fille? dit-il. — Quand les marchands partirent d'ici, ils s'en allèrent à Babylone », répond l'hôte. Flore lui donne un bon manteau et un hanap (1) d'argent : « Sire, fait-il, je veux que vous ayez ceci; sachezen gré à Blanchefleur, car je vais à sa recherche. — Sire, merci, Dieu vous rende votre amie. »
Si Flore dormit cette nuit-là, ce fut peu. De grand matin, dès qu'il vit le jour, il éveilla ses
(1) Coupe.
compagnons et ils partirent pour Babylone. .
troisième jour, ils parvinrent à un bras de mer; dans le pays, on le nomme l'Enfer, de l’autre côté est Monfélis. Il n’y avait ni pont, ni planche pour! passer; ils cornèrent donc pour appeler le ponton-
nier. Celui-ci vint, prit Flore et ses compagnons
dans son bateau et mit les mules dans un chaland, puis il regarda longuement l'enfant et lui demanda le but de son voyage. Quand il l’eut appris : « Sire, fit-il, il n’y a pas encore une demi-année que je vis une jeune fille toute pareille, par ma foi! vous lui ressemblez même de visage. Elle fut emmenée à Babylone, où l’émir l’a achetée. »
Flore passe la nuit chez le nautonier; au départ il s'enquiert si son hôte n’a point à Babylone un ami qui puisse au besoin l'aider et le conseiller. Or ilse trouve justement que le pontonnier est l'ami de Daire, l'hôtelier qui deméure à l'entrée de la ville. Il baïlle à Flore son anneau et lui promet qu’il sera bien reçu de son ami s’il le lui fait voir.