‹ Flore forestièreChapitre 106 sur 295 · P0MACÉE · texte numérisé non relu

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mais elle [est moins commune, ou même rare sur les sables très pauvres.]

Le bois est blanc ou légèrement teinté de rou- Bois.

feâtre ; il est dur, lourd (0,746-0,776 ColL Éc. ^or.), marqué détaches médullaires et de défauts ou de nœuas qui deviennent souvent d'un noir d'ébène; il reçoit un beau poli, convient aux ouvra-

{jes de tour, à la fabrication des pièces qui, dans es machines, sont soumises à des frottements; mais il a l'inconvénient de se tourmenter et de se gercer beaucoup.

Il a rarement la fibre droite, exempte de nœuds, les accroissements régulièrement circulaires et soutenus de l'alisier blanc, avec lequel il présente beaucoup d'analogie ; c'est un bon bois de feu.

La ramification épineuse et serrée de l'aubépine. Emplois la facilité avec laquelle elle se laisse tailler sans se accessoires, dégarnir, la font fréquemment employer pour former des haies, qui sont impénétrables et d'une grande durée si le sol n'est ni trop sablonneux ni trop aride. On emploie souvent cet arbrisseau comme sujet pour y greffer des végétaux cultivés de la même famille.

Les fruits sont fades, douceâtres et astringents. Fruits. Ils n'ont pas d'emploi.

[On rencontre des formes intermédiaires entre cette espèce et la suivante, peut-être sont-elles dues à l'hybridation ; cela me semble même très probable pour quelques-unes que j'ai eu l'occasion d'étudier.J

2. Aubépine épineuse. Chat.cgus oxyacantha. Jacq. Épine blanche ; Noble-épine, etc.

Généralement confondue avec l'espèce précédente, mais bien distincte; se reconnaît à ses feuilles obovales, cunéiformes, dentées presque dès la base, ordinairement 3-lobées au sommet, à lobes peu profonds, incisés-dentés, dont les nervures sont convergentes; plus luisantes et d'un vert plus foncé. Fleurs plus grandes, aivisions du calice triangulaires, très étalées; 2-3 styles. Fruit plus gros, ovoïde ou subglobuleux, à 2-3 novaux. — Arbrisseau de même port que le précédent, mais devenant plus rarement un petit arbre et n atteignant pas d'aussi grandes dimensions, à ramules généralement gla-

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bres. Se tpouve dans les mêmes lieux ; parait cependant en général moins commun ; il est certainement fort rare ou même manque le plus souvent dans la région des oliviers. 11 parait aussi en être de même dans toute la Corse. Algérie. Flor., mai, 15 jours plus tôt que l'aubépine monogyne.

Le bois de l'aubépine épineuse ne peut se distinguer de celui de la précédente espèce ; complètement desséché à Tair, il pèse 0,745-0,891 (Coll. Éc. For.),

3. [Aubépine de Roussillon. Crat.«:gus ruscinonensis. Grenier et Blanc.

Espèce voisine de la suivante dont elle se distingue cependant nettement par ses feuilles bien moins épaisses, moins fermes; ses fruits, plus petits, atteignant au plus 1 centimètre et demi de diamètre, renfermant habituellement 1-2 noyaux ; ses rameaux de deux ans, moins fortement et moins régulièrement velus. — Arbuste ou arbre peu épineux, pouvant atteindre jusqu'à 5 à G mètres de hauteur. — Région méditerranéenne en Roussillon, en Languedoc. Algérie. Flor., avrilmai.]

4. Aubépine Azerolier. Crat.€gus Azarolus. Lin. Epine d'Espagne.

Feuilles à pétioles tomenteux, obovales-cunéiformes, très entières à la base, profondément divisées en 3-5 lobes entiers ou paucidentés à l'extrémité; fermes, pubescentes et d'un vertgrisâtre sur la face inférieure. Fleurs, 2-5, en cymes corymbiformes peu longuement pédonculées ; pédoncules et réceptacles tomenteux ; calice à divisions triangulaires-aiguës ; 1-2 styles. Fruits ovoïdes, généralement à 4 5 noyaux, quelquefois moins par avortement, beaucoup plus gros que ceux des espèces précédentes, rougeâtres, pulpeux et d'un goût agréable à la maturité (azeroles). -— Arbrisseau ou arbre à rameaux peu épineux, à ramules velus- tomenteux. Région méditerranéenne en France, où il n'est que cultivé ; Algérie, où il est spontané et commun surtout dans la province d'Oran. Flor., avril-mai.

Taille, L'azerolier est souvent cultivé comme arbre frui-

tier, mais il est aussi un arbre forestier en Algérie et, quoique fréquemment à Tétat de buisson, on le voit parfois atteindre les dimensions d'un arbre de 10-12 mètres de hauteur sur 1-2 mètres de circonférence. Il croit lentement ; la longévité en est considérable.

Fruits. Les azeroles sont recherchées comme fruits dans

le Midi ; on les mange fraîches, on en fait des ge-

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lées ôt des compotes, on en extrait surtout de Talcool.

Le bois de Tazerolier est en tous points sembla- Bois, ble à celui de Taubépine monogyne ; il est lourd (0,694-0,807, Coll. Éc. For.), dur, compact, raide et sans souplesse, extrêmement sujet à travailler et à se gercer largement en se desséchant. C'est un excellent combustible, qui produit un charbon de première qualité,

GENRE IV. - NÉFLIER. MESPlLfJS. Lindl.

Réceptacle turbiné: sépales 5, foliacés; pétales o; 5 styles libres; 5 carpelles biovulés. Fruit largement excavé-ombiliqué au sommet, à ombilic entouré des sépales foliacés très accrus du calice, contenant o noyaux toujours 1 -spermes. — Arbrisseaux [ou petits arbres] à feuilles simples, entières ou légèrement dentées, caduques; à fleurs grandes et solitaires.

Néflier commun. Mrspilus germanica. Lin.

Feuilles courtempntpétioléps,oblongues-elliptiques, entières ou irrégulièrement bordées de fines dentelures, rarement planes; vertes, mates, presque glabres en dessus, d'un vert plus pâle et cotonneuses en dessous. Fleurs solitaires, terminales ; grandes, presque sessiles ; réceptacle tonienteux ; sépales étroits, subulés, dépassant les pétales ; ceux-ci plus longs que les étamines. Fruit (nèfle ou mêle) de 3-4 centimètres de diamètre, turbiné, vert, dur, très acerbe, devenant mou, pulpeux, brun, et offrant une saveur acidulée-vineuse par un commencement de fermentation, lorsqu'il est blossi. — Arbrisseau ou petit arbre de 5-6 mètres de hauteur, à tronc difforme, recouvert d'un rhytidome brun-rougeàtre, écailleux, à rameaux étalés, tortueux, inermes ou épineux: ramules pubescentstomenteux. Disséminé çù et là dans quelques forêts et dans les haies des régions accidentées: Nord, Normandie, Ardennes, Aisne, Oise, Seine-et-Oise, Yonne, Maine-et-Loire, Dauphiné; cultivé comme fruitier et, par suite, assez souvent subspontané. Flor., mai. Fructif., septembre.

Le bois du néflier est rougeâtre clair, flambé au Bois, cœur de rouge-brunâtre ; il présente des taches médullaires, est dur, homogène, de végétation lente, susceptible ' de prendre un beau poli et de bien résister aux frottements.

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• Les feuilles et Técorce sont astringentes et contiennent du tannin.

[Nota. — On commence à cultiver sur une assez large échelle, comme arbre fruitier, dans la région méditerranéenne, en France et surtout en Algérie, une espèce japonaise de la môme section, VEriobotrya japomca LindL); elle est connue sous le nom vulgaire de néflier du Japon.]

Section II. — Pommes à pépim.

GENRE V. — COIGNASSIER. CYDONIA, Toumef.

Réceptacle campanule ; 5 sépales foliacés; pétales suborbiculaires, tordus dans le bourgeon ; 3 styles soudés entre eux à la base ; 3 carpelles multi-ovulés. Fruit piriforme, cotonneux, surmonté par les divisions accrues du calice, à 3 loges, dont chacune contient 10-13 graines à épisperme mucilagineux. — Petits arbres ou arbrisseaux tortueux, à feuilles simples, entières, condupliquées, dont les fleurs sont grandes et solitaires ou fasciculées.

Coignassier commun. Cydonia vulgaris. Pers.

Feuilles pétiolées, ovales, arrondies ou légèrement cordiformes à la base, obtuses ou très courlement acuminées au sommet; entières, molles, finalement glabres en dessus, cotonneuses en dessous. Stipules marcescentes, très glanduleuses. Fleurs blanches ou rosées, solitaires, terminales, subsessiles ; réceptacle cotonneux ; sépales grands et foliacés ; pétales du double plus longs que les étamines^ laineux à la base. Fruit gros, piriforme, jaune, odorant, très âpre, couvert de duvet floconneux. — Arnre à tronc tortueux, de 5-8 mètres d'élévation, ou arbrisseau buissonnant de 2-4 mètres, à rameaux étalés, flexueux, brunâtres, ponctués et à ramules grêles, allongés, cotonneux ; bourgeons revêtus d'écaillés inégales, bordées et terminées par des poils rougeâtres. Originaire de l'Orient, du nord de la Perse au pied du Caucase et Anatolie, subspontané dans presque toute la France, où il est cultivé pour ses fruits, appelés coings ; parfois commun en Algérie dans les haies de jardins. Flor., mai. Fructif., octobre.

Le coignassier sert de sujet pour la greffe des

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devient d'un beau brun-marron au cœur et présente de petites portions de tissu cellulaire interposé, qui forment des taches ou des lignes d'un rouge-brunâtre ; la densité en est considérable et s élève à 1,062 (Co//. Éc. For.).

Les fruits, âpres et astringents, ne sont point comestibles au naturel, mais {on peut les manger cuits] et on les emploie à faire des conserves d'espèces diverses.

GENRE VI. — POIRIER. PIRUS. Toumef.

Réceptacle urcéolé, bordé de 5 dents; pétales suborbîculaires ; anthères rouges ou purpurines ; styles 5, complètement libres; autant de carpelles biovulés. Fruit turbiné surmonté par les dents marcescentes du calice, à endocarpe cartilagineux, circonscrivant 5 loges, arrondies extérieurement sur la section tranijversale et contenant chacune 1-2 graines dont Tépisperme est aussi cartilagineux (pépins). — Arbres ou arbrisseaux, généralement épineux a Tétat sauvage, dont les feuilles, simples, enroulées sur les bords, offrent au moins 10 paires de nervures secondaires pennées, parallèles, peu saillantes ; dont les fleurs, blanches, assez grandes, d'odeur non agréable, sont disposées en corymbes simples, définis, à l'extrémité de très courts rameaux de 2 à 4 ans ; dont les fruits présentent vers le centre des granules ligneux et contiennent du sucre, de Tacide malique, de la pectine et de Talbumine.

A. Pétiole aussi long que le limbe.

Arbre épineux à l'état sauvage, à feuilles adultes glabres et

luisantes P. commun 1

A*. Pétiole beaucoup plus court que le limbe.

B. Arbre épineux, à feuilles adultes glabres ou presque glabres sur les deux faces P. amandier 2

B'. Arbre inerme à feuilles adultes blanches-cotonneuses en

dessous P. A FEUILLES DE SAUGE. 3

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dentées en scie ou presque entières, velues-aranéeuses dans la jeunesse ; fermes et coriaces, généralement glabres, d'un vert loncé très luisant en dessus, plus clair en dessous à l'état adulte; noircissant par la dessiccation. Fleurs blanches, grandes, longuement pédonculées, disposées 6-12 en corymbes définis, simples ; pétales elliptiques, glabres ; anthères d'un pourpre-violet; styles complètement libres, légèrement pubescents à la base, de la longueur des étamines. Fruits petits, acerbes, turbines (P. Àchras Vallr.) ou globuleux (P. Pyraster, Vcillr.), (1) — Arbre de taille moyenne, drageonnant, dont la tige se prolonge jusqu'au sommet de la cime, qui est allongée-pyramidale ; à rameaux épineux, jeunes pousses et bourgeons glabres ; ces derniers non appliqués comme ceux des pommiers. L'écorce, d'abord lisse, verdàtre ou rougeûtre, forme un rhytidome brun foncé, densément et profondément gerçure, qui persiste ou ne tombe que par petites écailles. Disséminé dans les bois de plaines et de collines de toute la France ; sauf la région des oliviers où il ne paraît pas pénétrer. Flor., avril-mai. Fructif., septembre.

Taille. Le poirier commun, qui se rencontre dans toute

l'Europe, si ce n'est dans les parties les plus septentrionales, n'est jamais que disséminé dans les forêts. Il y parvient à une hauteur.de 10-15 mètres d'élévation et à 2-3 mètres de circonférence; on cite un arbre de cette espèce, des environs de Bautzen, qui, abattu par un ouragan, en 1745, mesurait 3°»,40 de circonférence et produisit, sans les Croissance, menues branches, 24 stères de Dois. La longévité en est fort élevée (plusieurs siècles), mais la lenteur de la croissance rend sa culture peu avanta- Ïeuse, malgré les qualités spéciales de son bois, .'enracinement se fait par plusieurs racines principales, profondément enfoncées dans le sol.

Le bois du poirier a beaucoup d'analogie avec celui du pommier; il est, comme ce dernier, formé

Bois.

(1) [Indépendamment de ces deux formes insignifiantes, on a signalé en France un P. cordata Dest. qui semble mériter d'être distingué spécifiquement ; il se distingue non par un limbe cordiforme caractère très variable, mais par son fruit globuleux très petit et à peine charnu, par sa taille très faible. Ce n'est habiluollement qu'un arbuste ou même un arbrisseau. Il habite surtout les terrains vagues, dans l'ouest tout particulièrement en Anjou et en Bretagne.]

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d'accroissements irréculiers, peu circulaires, et dépourvu de taches médullaires ; il contient toutefois une plus grande proportion de tissu fibreux.

Il est très homogène, à fibres très fines, assez uniformément rouge, moins vivement coloré au cœur que le pommier. Il l'emporte, en général, sur ce dernier en compacité et en beauté, se travaille très aisément et dans toutes les directions, reçoit un très beau poli. Néanmoins le bois du poirier est sujet à se tourmenter et ne peut être employé qu'à l'état de dessiccation complète. Il prend en se desséchant im retrait de f de son volume vert (Varennes de Feuille). Il pèse, complètement desséché à l'air, 0,707 à 0,839 (Coll. Éc. For.), Après le buis et le sorbier domestique, le poirier fournit le bois le plus recherché pour la gravure sur bois ; il est employé avec avantage par les sculpteurs, tourneurs et ébénistes, par les fabricants d'instruments de musique, de mathématiques (règles, équerres). Il prend et conserve très bien la couleur noire et remplace souvent l'ébène.

D'après Werqeck, la valeur calorifique du bois de poirier, d'une densité de 0,62, est à celle du hêtre, d'une densité de 0,58, dans les rapports suivants :

Poids, égaux. Vol. égaux.

Plus haut degré de chaleur 98 : 100 92 : 100

Durée de la combustion avec flammes. 67 : 100 63 : 100 Durée de la chaleur 97 : 100 91 : 100

C'est, comme on le voit, un bon bois de chauffage, néanmoins inférieur au hêtre et d'une combustion beaucoup plus rapide. •

Les fruits du poirier sauvage sont très acerbes ; Fruits, on en fait une boisson alcoolique, le poiré, qui a de l'analogie avec le cidre.

On considère généralement le poirier commun Origine, comme le type de la plupart des poiriers cultivés, mais cette opinion est lom d'être démontrée ; il se peut que ces derniers nous viennent de l'Orient et appartiennent à plusieurs espèces qui, par des fé-

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condations croisées, ont produit les nombreuses races hybrides que la greffe conserve et multiplie.

Suivant une autre opinion, le poirier commun ne serait point indigène ; il proviendrait des poiriers cultivés dont il offrirait le retour à l'état sauvage. La constance des caractères du poirier commun, que Ton rencontre dans les bois de presque toute TEurope, [diverses considérations d'ordre archéolo-

fique, historique ou philologique], rendent cette ypothèse fort peu probable.

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