‹ Flore forestièreChapitre 109 sur 295 · C. Bourgeons velus ; fruits petits · texte numérisé non relu

C. Bourgeons velus ; fruits petits

rouges S. des oiseleurs ... 8

C. Bourçeonsglabres et visqueux; fruits assez gros, bruns, pulpeux et comestibles quana ils sont blossis S. domestique 9

POMACéES.

Section I. — Alisiers.

Feuillet timples, dentées ou lobées,

§ I. Deux styles libres; fruits rouges, farineux-pulpeux.

1 . Alisier blanc. Sorbus aria. Crantz. Cratœgus aria. Lin, Pirus aria. Aria nivea. Host, Allouchîer, Allier, Droullier.

Feuilles à pétiole égalant le 1/5-1/6 da limbe, ovales, elliptiques, ou obovales, entières et arrondies ou légèrement cordiformes à la base, aiguës ou obtuses à l'extrémité, doublement dentées ou même lobulées-dentées, à lobules croissants de bas en haut ; grises-aranéeuses dans la jeunesse, vertes un peu luisantes et glabres à l'état adulte, en dessus ; en dessous, toujours blanches-tomenteuses, avec 8-12 paires de nervures pennées, parallèles, toutes légèrement convexes en dehors et saillantes. Fleurs blanches ; pédoncules, réceptacles, calices et onglets des pétales blancs-tomenteux ; pétales suborbiculaires ou oblongs, légèrement concaves, étalés ; étamines di- , vergentes, à anthères blanches ; 2 styles libres, velus à la base. Fruits globuleux ou ovoïdes, de la grosseur d'une petite cerise, lisses ou à peine ponctués-verruqueux, luisants, verts, puis rouges, farineux, peu charnus, légèrement sucrés-acidulés. — Arbre de taille moyenne, à tige droite, cylindrique, dont l'écorce reste longtemps grise et lisse, puis forme un rhytidome membraneux peu gerçure, d'un brun-rougeâtre foncé ; cime ovoïde ; r^mules droits, assez robustes, d'un brun-marron, ponctués de gris ; bourgeons gros, à larges écailles, d'un brun clair ou brun-verdàtre, bordées de duvet blanc. Commun dans les bois montueux ou montagneux, mais toujours disséminé ; fait défaut dans l'Ouest, rare dans la Somme, le Pas-de-Calais, le Nord, manque parfois sur de grandes surfaces ailleurs. Algérie, Flor., mai. Fruclif., septembre.

L'alisier blanc peut atteindre, dans de bonnes Taille, conditions, 10-14 mètres d'élévation, mais il reste avissi souvent à Tétat de buisson. Il a une croissance Croissance, lente, longtemps soutenue. L'enracinement en est Enracinement, profond, étendu ; il repousse vigoureusement de souche et drageonne quelquefois.

Les graines, semées à l'automne avec leur péri- Germination, carpe, germent, partie au printemps suivant, partie au printemps de la deuxième année. Le jeune plant lève avec deux feuilles cotylédonaires ovales et entières.

176 POMACÉES.

Station et sol. Cet arbre n'est pas diflScile sur le choix du terrain et vient sur les sols de toute composition, à moins qu'ils ne soient humides ou très compacts ; il est commun notaniment sur ceux de nature calcaire. On le voit se fixer jusque dp-ns les fentes des rochers, et il atteint dans les montagnes des alti tuiles considérables. Bois. Le bois est dur, lourd, très homogène; il est

blanc, marqué de quelques taches foncées de parenchyme ; à un âge avancé, il se colore parfois très légèrement de rougeâtre et devient au cœur veiné ou flambé de brun. Il pèse 0,734-0,938 {ColL Éc. For,), Il convient aux ouvrages de tour, sert à faire des outils et les pièces des machines soumises à des frottements, etc. C'est un très bon combustible, qui produit un charbon estimé.

Fruits.* Les fruits, sans être mauvais, ne se mangent point et sont sans usage.

2. Alisier de Scandinavie. Sorbus sgandiga. Pries. Pirus intermedia. Ehrh, Aria scandicà, Decaisne,

Feuilles pétiolées, à pétiole égalant le 1/5-1/6 du limbe, ovales ou elliptiques, cunéiformes et dentées presque dès la base, pointues à l'extrémité; lobéts-dentées, à lobes arrondis, obtus et courtement acuminés, décroissants de la base au sommet ; séparés par des sinus très aigus, ou même fermés vers le bas ; lobes inférieurs dressés ou à peine étalés ; ces feuilles, fermes et coriaces, vertes, luisantes et glabres en dessus à l'état adulte ; en dessous, cendrées-tomenteuses et pourvues de 10-12 paires de nervures saillantes^ presque parallèles^ dont les inférieures néanmoins sont légèrement concaves en dehors. Fleurs blanches, à pétales étalés, tomenteux à l'onglet ; styles 2, libres, très velus à la base. Fruit ovoïde, d'un rouge-corail, lisse ou légèrement ponctué- verruqueux, farineux-pulpeux. — Petit arbre de 6-10 mètres ou buisson. Régions montagneuses escarpées : Vosges, souvent dans le voisinage des vieux châteaux ; Haut-Jura, Alpes, où il s'élève jusqu'à 1,500 mètres^ Pyrénées. Flor., mai-juin. Fructif., octobre.

POMACKE^. 177

3. Alisier à larges feuilles. Sorbus latifolia. Pers. S. Ària-torminalis, Irtn. Cratœgus latifolia, Lam, Aria latifolia, Spach, Alisier de Fontainebleau.

Feuilles péliolées, à pétiole égalant le quart du limbe, très laidement ovales, tronquées ou à peine cunéiformes à la base, pointues à l'extrémité, lobées-dentées, à lobes triangulaires plus ou moins aigus et même acuminés, décroissant de la base au sommet, séparés par des sinus ouverts presque en angle droit, les inférieurs souvent étalés ; ces feuilles, assez fermes, vertes, luisantes et glabres en dessus à l'état adulte, en dessous tomenteuses et gris-verdàtre, avec 6-10 paires de nervures latérales assez saillantes, dont les inférieures sont fréquemment divergentes entre elles. Fleurs blanches, à pétales tomenteux à l'onglet ; 2 styles libres, très velus à la base. Fruits variables, globuleux ou ovoïdes, presque lisses, farineux et rouges â la maturité ou fortement ponctués-verruqueux, avec une tendance au blossissement, brunâtre ou rouge-brun. — Arbre intermédiaire entre l'alisier blanc et l'alisier torminal par la forme j les incisions, la nervation, la couleur et la vestiture des feuilles, par la couleur, l'état superficiel, la consistance des fruits; présentant des formes variées tantôt plus voisines de l'alisier blanc, tantôt du torminal. Environs de Paris ; forêt de Fontainebleau ; forêt de Haye et forêts voisines des environs de Nancy ; Vosges ; Nièvre, bois de la Cave. Flor., juin. Fructif., octobre.

L'alisier à larges feuilles est généralement considéré comme un hybride de Talisier blanc et de Talisier torminal, en société desquels il se trouve à l'état de dissémination soit en Lorraine, soit dans la forêt de Fontainebleau où, malgré Tassertion contraire, Ton rencontre aussi Talisier blanc. Il se pourrait que celui de Fontainebleau (1), qui a les graines parfaitement embryonnées, qui se reproduit

(1) [Cette manière de voir admise formellement par Godron qui Ta discutée (Rex). se. nat. t?., juin i876), me semble l'expression de la vérité. La forme de Fontainebleau qui n'est certainement pas un hybride et se rapproche toujours du S, aria a été trouvée non seulement dans la forêt de ce nom, mais aussi dans quelques bois de Seine-et-Marne (Bouteiller in Coss et Germ) et de l'Yonne f ; tandis que l'alisier de Lorraine et d'Allemagne qui oscille entre le S. aria et le S. torminalis est bien un hybride qu'on a rencontré en dehors des localités citées plus haut aux environs de Montbéliard. iQuélet) de Gray (Maire), dans l'Yonne f , et qu'on retrouvera probablement dans tous les endroits où existent les espèces parentes.]

178 POBfAGÉES.

aisément de semis (Decaisne) et qui diffère très sensiblement de celui des environs de Nancy, fût une espèce légitime, tandis que Talisier de la Lorraine, plus voisin de Talisier terminal que de l'alisier blanc et dont les graines sont rarement pourvues d'un embryon complet, serait un hybride véritable.

4. Alisier nain. Sorbus cham^mespilus. Crantz. CratcBQtu ckamœmespUus, DC. Pinu chanuBmeipUus . Ehrh, Mesmlus chamœmespUtis. Lin, Aria chamœmespHus. Host Alisier taux-néflier.

Feuilles dressées contre les rameauX;, presque sessiles, elliptiques, atténuées et entières à la base, pointues, doublement et aigument dentées; vertes, luisantes et glabres en dessus, d'un vert plus clair et plus ou moins tomenteuses dans la jeunesse et quelquefois même à l'état adulte en dessous ; nervures peu nombreuses, 6-8 paires, vagues, peu saillantes, légèrement confluentes entre elles par leurs extrémités. Fleurs en petits corymbes denses; pétales roses, dressés, velus à l'onglet ; styles 2, velus à la base ; fruit ovoïde, rouge. — Joli petit arbrisseau buissonnant de 0",50 à 1 mètre, à rameaux dressés, bruns, verruqueux, dont les fleurs sont entourées de feuilles rapprochées presque en rosette. Escarpements les plus élevés des Vosges, du Jura (1), du Forez, de l'Auvergne ; Alpes, jusqu'à 2,^ mètres, et Pyrénées. Flor., juin. Fructif., septembre.

5. Alisier de Host. Sorbus Hostii. Jacq. S, aria-chamcemespiliis, Rchb, Aria Hostii, Host.

Très voisin de l'alisier blanc, mais plus grand et s'en distinguant par les feuilles plus fortement et plus irrégulièrement dentées, plus grandes, d'un vert mat en dessus, fortement tomenteuses en dessous ; par les fleurs d'un blanc-rosé, en corymbes plus lâches et plus grands ; par les fruits plus gros, d'un rouge plus clair. Très probablement hybride des alisiers blancs et nains, en société desquels il vit à l'état de dissémination (2). Hautes- Vosges ; Jura; Alpes. Flor., juin. Fructif., septembre.

(1) [11 y est quelquefois commun en dehors des escarpements les plus élevés, ainsi au Risoux, à la Dôle, cette dernière localité est, il est vrai, située hors de France.]

(2) [Cette hybridité admise par Godron {Rev. se. nat.), me semble certaine ; dans le Jura où cet alisier est parfois assez commun (ainsi à la Dôle), il est très variable et se rapproche parfois beaucoup du S. aria ; quelquefois aussi du S. Scan^ aicn qui existe dans la localité, ce qui prouve, me semble-t-il, à la fois l'hvbridité, et dans sa production, l'intervention de l'une ou de l'autre des espèces que je viens de nommer.]

POMACÉES.

§ IL Deux styles soudés ; fruits bruns, devenant pulpeux en blossissant.

6. Alisier torminal. Sorbus torminalis. Crantz. Pirus torminalis, Ehrh. CratœgVrS torminalis. Lin. Alisier des bois ; Alisier anti-djrsenlérique.

Feuilles pétiolées, à pétiole égalant la moite du limbe, largement ovales, tronquées, légèrement cordiformes ou cunéiformes à la base, aiguës au sommet, lobées-aigument-dentées^ à lobes triangulaires^ aigus ou acuminés, d'autant plus étalés et séparés par des sinus aigus d'autant plus profonds qu'ils sont plus inférieurs; ceux du bas entaillés jusqu'à moitié du limbe, étalés ; ceux du haut passant insensiblement aux dents ; ces feuilles, assez fermes, vertes, luisantes et glabres sur les deux faces, mais plus claires en dessous, au parfait développement, munies de 5-8 paires de nervures secondaires médiocrement saillantes, espacées, divergentes entre elles et dont les inférieures sont étalées-concaves en dehors. Quelquefois les feuilles restent toujours pubescentes en dessus, gris-verdâtre, et tomenteuses en dessous, particulièrement sur les jeunes rejets. Fleurs blanches ; pétales concaves, à onglet presque glabre ; anthères blanches ; styles 2, soudés iusqu'aux deux tiers de la longueur, glabres. Fruits ovoïdes, de la grosseur d'une petite cerise, couverts de lenticelles verruqueuses, d'abord verts et acerbes, puis bruns, de saveur vineuse, acidulée-sucrée à l'état de blossissement. — Arbre de 10-15 mètres sur 0",50 de diamètre, à cime ovale assez garnie, dont l'écorce, lisse et d'un gris cendré d'abord, devient, plus

{iromptement que celle de l'alisier blanc, membraneuse écaileuse, caduque, variée de roussàtre et de gris ; bourgeons plus courts, revêtus d'écaillés très larges échancrées ou bilobées au sommet, glabres et vertes, étroitement bordées de brun. Commun, mais à l'état de dissémination, dans les bois de plaines, de coteaux ou de montagnes peu élevées ; pénètre à peine dans la région des oliviers. Algérie, région montagneuse, Flor., mai. Fructif., octobre.

L'alisier torminal est généralement un arbre de taillis, de végétation lente ; il recherche les terrains frais et légers, calcaires ou sablonneux : redoute les sols humides ou secs ; se plaît dans les plaines et les pays accidentés, mais n'atteint pas dans les montagnes Taltitude de Talisier blanc. *

Cet arbre fructifie assez régulièrement. Ses graines conservées avec leur péricarpe dans du sable humide pendant Thiver, germent 3-4 semaines après le semis de printemps. Le jeune plant lève

Croissance.

Station et sol.

Germination.

180 POMACÉES.

avec deux feuilles cotylédonaires entières, ovales, et atteint 20-30 centimètres dans la première année.

L'alisier terminal supporte bien le couvert; il repousse peu de souches et ce mode de reproduction n'a pas de durée.

Bois. Le bois de Talisier terminal ressemble beaucoup

à celui de Talisier blanc, mais il est rougeâtre, souvent flambé au centre de brun-noirâtre. Il est dur, lourd, très homogène, se travaille très bien et reçoit un beau poli. Peu sujet à se tourmenter, il ne prend en se desséchant que 2 p. 100 de retrait.

Il pèse, complètement desséché à Tair, 0,659- 0,989 (Co//. Éc. For,).

Suivant G. L. Hartig, la puissance calorifique de Talisier torminal de 90 ans, comparée à celle du hêtre de 120 ans, Tun.et l'autre d'une égale densité et au même degré de dessiccation, est exprimée par les chiffres suivants :

Plus haut degré de chaleur 93 : 100

Durée de la combustion 107 : 100

Eau vaporisée 93 : 100

Les graveurs sur bois, tourneurs, mécaniciens^ facteurs d'instruments, recherchent l'alisier torminal, qui fournit, en outre, un bon combustible et un charbon estimé.

Fruits. Les fruits de l'alisier torminal, connus sous le

nom d'alises ou alosses, sont bons à manger quand ils sont blossis. Les oiseaux en sont très friands. Ils fournissent parla distillation une liqueur alcoolique estimée.

Section II. — Sorbiers,

Feuilles composées , en partie ou en totalité,

§ I. Fruits rouge-corail,

7. Sorbier hybride. Sorbus hybrida. Lin. Pirus pinna- TiPiDA. BoRK. Alisier hybride.

Feuilles ovales-oblongues, pointues, profondément séquées à la base, où les segments isolés forment 1-4 paires de folioles indépendantes; à divisions de moins en moins profondes de la base au sommet, de sorte qu'aux segments suc-

POMAGÉES. 181

cèdent des lobes, puis des dents doublement dentées; ces feuilles, vertes et glabres en dessus à l'état adulte, grisestomenteuses en dessous, à nervures secondaires plus ou moins serrées, au nombre de 8-12 paires, sensiblement parallèles. Fleurs à pétales blancs ; styles 3, laineux à la base ; fruits petits^ globuleux, lisses, rouge-corail, pulpeux, âpres et acides, en groupes corymbiformes très fournis, rappelant beaucoup ceux du sorbier des oiseleurs. — Arbre de 10-15 mètres de hauteur, à cime ovoïde, écorce lisse et grise, ou buisson; très rare; vallée de la Durbie (Gard) ; Puy-de-Dôme; Forez ; Jura au Suchet, au Mont-d'Or, au lac de Saint-Point^ au Creux-du-Van, au Mont-de-Laval, Mont-Salève, etc. ; forêt de Chatrices à Sainte-Ménéhould fMarcillyJ ; forêt de Fontainebleau ; montagnes du centre de la France (Lecoçi et Lamotte), — Fréquemment planté dans les jardins. Flor., juin. Fructif., octobre.

Le sorbier hybride se rencontre toujours en com- Hybridiié. pagnie du sorbier des oiseleurs et des diverses espèces d'alisiers, et résulte très probablement de leur fécondation réciproque. Quoiqu'il se reproduise par voie de semis (Decaisne), il a rarement les grames bien développées, plus rarement encore les embryons complètement organisés.

En acceptant Ijiypothèse de l'hybridité, il faut admettre que, sous la dénomination de sorbier hybride, on confond un groupe d'hybrides différents, mais très voisins et fort difficiles à distinguer, qui procèdent, d'une part, du sorbier des oiseleurs, et d'autre part : l'^ de l'alisier blanc (sorbus gallo-germinaca, Godron: De V Hybridiié dans le genre sorbier) ; 2® de l'alisier de Scandinavie (véritable sorbus kybrida, Lin.), et 3^ peut-être aussi de l'alisier à larges feuilles.

Le bois du sorbier hybride n'est d'aucun intérêt, Bois, en raison de son extrême rareté; il pèse, complètement desséché à Tair et provenant d'arbre cultivé, 0,62 (Co//. Éc. For).

8. Sorbier des oiseleurs. Sorbus aucuparia. Lin. Pirm aucuparia, Gœrtn. Cochêne.

Feuilles oppositi-imparipennées, formées de 13-17 folioles scssiles, sauf l'impaîre, oblongues-aiguës, obliques et dentées

Eresque dès la base, à dents acuminées non cuspidées, glarescentes à l'état adulte et léi^ërement luisantes, surtout en dessus. Fleurs blanches ; calice à 5 dents dressées, puis

POMACÉES.

rabattues en dedans après la floraison ; ovaire 3-loculaire, surmonté de 3 styles droits, laineux à la base. Fruit sphérique, de 1 centimètre de diamètre, lisse, d'un rouge-corail, pulpeux, âpre et non comestible. — Arbre de faibles dimensions, à tige cylindrique, se prolongeant jusqu'au sommet de la cime, longtemps revêtue d'un périderme lisse, gris clair, qui se transforme à un âge avancé en un rhytidome grisnoirâtre, épais, persistant, longitudinalement gerçure ; à rameaux assez élancés, un peu penchés et à ramules d'un rougebrun, pubescents, exhalant une odeur désagréable quand on en froisse l'écorce entre ses doiçts ; bourgeons médiocres, velus, non visqueux, d'un violet-noirâtre, exactement appliqués. Disséminé dans quelques forêts de plaines du nord de la France, plus commun dans celles des pays de coteaux et dans les régions montagneuses, où il s'élève à une grande altitude, croissant souvent, à l'état de buisson, entre les crevasses des rochers les plus escarpés. Corse. Flor., mai-juin. Fructif., septembre.

Taille. Le sorbier des oiseleurs peut atteindre 10-14 mè-

tres d'élévation, sur l'°,50 de circonférence; la croissance en est assez active, la longévité moyenne, 100 ans. Il se reproduit facilement de rejets et de drageons.

Germination. La fructification est constante et, chaque année, il se couvre d'une grande quantité de fruits. Les graines, semées au printemps, germent au bout de 3-4 semaines. Le jeune plant paraît avec 2 feuilles cotylédonaires ovales, entières, et atteint 20-30 centimètres la première année.

Siaiion et sol. Le sorbier des oiseleurs occupe une aire de dissémination très vaste ; vers le nord, il s'avance presque aussi loin que le bouleau blanc ; il s'élève dans les montagnes aux dernières limites de la végétation forestière et s'étend vers le sud jusqu'en Italie et en Espagne. Tous les sols semblent lui convenir, calcaires ou siliceux ; peut-être cependant préfère-t-il ces derniers; en tout cas, il ne prospère que dans ceux qui sont frais e| légers. Bois. Le bois en est blanc-rougeâtre ; il devient rou-

geâtre ou rou^e-brunâtre au cœur; les vaisseaux en sont sensiblement inégaux (à la loupe), plus gros et plus rapprochés dans le bois de printemps, de sorte que les accroissements successifs sont très

POMACÉES.

apparents. — Ce bois est satiné, tenace et peut être employé aux mêmes usages que celui de Talisier blanc ; il est beaucoup moins dur et moins lourd

Sue celui du sorbier domestique et pèse 0,688- ,7M(ColLÉc. For,).

Les expériences de T. Hartig sur la puissance calorifique du sorbier de 30 ans, d'une pesanteur de 0,55 seulement, comparée à celle d'un hêtre de 0,67, ont donné les résultats suivants :

Plus haut degré de chaleur |

Durée de la chaleur croissante.} Durée de la chaleur décroissaote] Total de la chaleur développée, j

Chaleur ascendante. .

Id. rayonnante .

ascendante..

rayonnante..

ascendante. .

Poids égaax.

Id.

Id.

Id.

Id.

Id.

Id.

rayonnante. .

ascendante. .

rayonnante.

iOO 8â

£au vaporisée 107

L'écorce contient, suivant Davy, 3,6 p. 100 de tannin.

Les fruits renferment du sucre et de l'acide malique et néanmoins ont peu d'utilité ; on peut ce-

gendant en obtenir une boisson alcoolique qui a eaucoup d'analogie avec le kirsch. Les oiseaux les recherchent et les oiseleurs les emploient pour ap-

Eâter leurs pièges. L'abondance de ces fruits, leur elle coloration rouge, qui se prononce dès la fin de l'été, leur persistance jusqu en hiver, font rechercher ce sorbier comme arbre d'ornement ; on le voit très fréquemment planté sur les routes forestières et dans le voisinage des maisons de gardes.

§ II. Fruits blossissant, bruns.

9. Sorbier domestique. Sorbus domestiga. Lin. Pirus sorbus, Gcertn. Sorbier cormier.

Feuilles voisines de celles du sorbier des oiseleurs, mais à folioles entières jusqu'au tiers de leur longueur, dentéescuspidées sur le reste du contour, cotonneuses en dessous au moment de la floraison, mates, glabres sur les deux faces quand elles sont adultes, plus pâles en dessous qu'en dessus. Fleurs blanches, plus grandes gue celles du sorbier des oiseleurs, en corymbes moins fournis ; calice à 5 dents recourbées

Produits accessoires.

UOMACLES.

eji dehors ; 5 carpelles ; 5 styles coudés, laineux dans toute leur longueur. Fruit en forme de poire ou de pomme (sorbe ou corme), 5-loculaire, de 3 centimètres environ de longueur, habituellement vert lavé de rouge sur une. face, quelquefois brun, puis mou, pulpeux et acidulé-vineux à l'état de blossissement. — Arbre de 15-20 mètres» à tige droite, recouverte de très bonne heure d'un rhytidome brun très foncé, finement gerçure, rugueux et écailleux ; cime pyramidale ; bourgeons gros, verdàtres, glabres, visqueux, dressés, mais non appliqués; enveloppe herbacée des jeunes pousses n'exhalant aucune odeur désagréable quand on la froisse entre les doigts. Disséminé dans les bois des terrains calcaires de toute la France, mais souvent subspontané ; Algérie. Flor., mai-juin. Fructif., octobre.

Suiion et sol. Le sorbier domestique appartient à TEurope méridionale et paraît rechercher tout particulièrement les sols calcaires. C'est un bel arbre de croissance Taille. lente, qui peut néanmoins atteindre 4 mètres de circonférence, grâce à une très grande longévité, 5-600 ans. Il ne saurait convenir à la futaie ; mais, en raison du prix élevé de son bois, il mériterait d'être admis ou introduit plus souvent qu'il ne

Enracinement, l'est dans la réserve des taillis. L'enracinement en est pivotant ; les rejets de souche sont assez nombreux. La fructification n'est pas constante, au moins dans les forêts de l'Est et du Nord. Les grai-

Germinaiion. nes, semées à l'automne, germent dès le printemps suivant; le plant parait avec 2 feuilles cotylédonaires ovales, entières, et ne dépasse pas 1 décimètre la première année.

Bois. Le bois du sorbier domestique a les vaisseaux

très fins, égaux et très uniformément répartis du bois de printemps au bois d'automne, de sorte que les accroissements ne s'y distinguent que par la zone extrêmement mince qui limite chacun d'eux ; c'est un des bois les plus durs, les plus homogènes et les plus compacts que produisent nos contrées ; il pèse 0,813-0,939 {ColL Ec, For.) ; il est d'un rouge-

POMACÉES. 185

que rabots, varlopes, etc. ; et, malgré le prix élevé auquel il s^achète, il n'est pas toujours possible de se le procurer en quantité suflBsante. C est un excellent bois de chauffage ; mais il est trop recherché comme bois de travail pour être employé en combustible.

Les sorbes sont agréables au goût, quoique as- Fruits, tringentes ; on en fait, dans plusieurs contrées, des boissons alcooliques analogues au poiré; dans quelques autres, on les conserve pour les manger desséchées comme pruneaux. Elles sont assez recherchées pour que le sorbier domestique soit fréquemment cultivé comme fruitier.

GENRE IX. — AMÉLANCHIER. ÀMELANCHIER. Medick,

Réceptacle turbiné, bordé de 5 dents non accrescentes ; pétales lancéolés-linéaires ; 5 carpelles biovulés ; styles o, réunis à la base. Fruit pulpeux, à S loges à parois minces, de consistance sèche et fragile, dont chacune est incomplètement divisée par une fausse cloison, produite par la saillie de la nervure dorsale, et contient 2 graines à épisperme membraneux. — Arbrisseaux à feuilles simples.

Amélanchier commun, Am EL ANCHiER vulgaris. Moengh. Mespilus Àmelanchier. Lin. Aronia ratondifoHa Pers.

Feuilles pétiolées, ovales ou elliptiques, arrondies aux deux extrémités ou quelquefois aiguës au sommet, dentées, veluestomenteuses dans la jeunesse, finalement glabres, fermes, mates et vertes en dessus, plu^ pâles eç deçsouç. Fleurs blanches, longitudihalemerit pédonculées, disposées 4-8 en grappes définies simples, feuillées à la base, dressées, terminales; pétales étroits, allongés. Fruits globuleux, couronnés par les dents aiguës du calice, de la grosseur d'un gros pois et d'un noir-bleuâtre. — Joli arbrisseau buissonnant de 1-3 mètres, à rejets nombreux, ascendants, grêles, peu rameux, peu feuilles, bruns ou grisâtres, dont les bourgeons sont ovoïdesallongés^ aigus, d'un brun-noir, brillants et glabres. Lieux rocailleux ou rocheux des régions de collines ou de montagnes, aux expositions chaudes, principalement sur les sols calcaires. France, où il manque dans l'Ouest, est rare dans le Nord-Est, et devient très commun dans le Midi ; Algérie (Djurjura). ^ Flor., avril -mai. Fructif., août.

186 POMACÉES. — MYRTACÉES.

Le fruit de ramélanchier est comestible et connu en Provence sous le nom d'amélanche, duquel est dérivé le nom générique actuel.

Bois sans emploi, d'une densité allant de 0,914 à 0,976 {Coll. Éc. For,).

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