‹ Flore forestièreChapitre 186 sur 295 · FAMILLE LIL · texte numérisé non relu

FAMILLE LIL

CLPULIFÈRES. A. RICH.

Floraison monoïque. Fleurs mâles en chatons cjiindric|ues, quelquefois globuleux, composées chacune d*un périgone de 5-9 divisions et d*étamines en nombre égal

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OU multiple, à filets allongés, dont les anthères, blloculaires, sont longitudinalement déhiscentes. 1-3 fleurs femelles au centre d*un involucre accrescent, formé de plusieurs rangs de bractées soudées entre elles par la oase, entier ou à 4 valves et représentant une inflorescence dont Taxe ne s'est point allongé et qui se trouve réduite à des bractées presaue toutes stériles, sauf 1-3; chaque fleur femelle formée d'un périgone tubuleux adhèrent et d'un ovaire à 3-8 loges biovulées, à placentation centrale. Involucre fructifère cupuliforme-écailleux ou péricarpoide-épineux, contenant 1 ou 2, rarement 3 fruits (glands) secs, indéhiscents, à péricarpe mince et coriace, presque toujours uniloculaires et monospermes par avortement, largement ombiliqués à la base et terminés par les débris desséchés des styles. Graines non albuminées, à cotylédons charnus, féculents. — Arbres à feuilles alternes, simples, penninerviées, à stipules caduques ; bourgeons écailleux.

A. Involucre fructifère péricarpoïde-épineux, à 4 valves.

B. Glands trigones (faines) ; fleurs mâles

en chatons globuleux, pendants Hêtre 1

B*. Glands arrondis (châtaignes); fleurs mâles en chatons allongés, cylindriques, dressés Châtaignier . 2

A', Involucre fructifère cupuliforme, écailleux, entier. Fleurs mâles en chatons cylindriques, lâches et pendants Chêne 3

GENRE I. — HÊTRE. FàGUS. Tourifief.

Fleurs mâles réunies 6-16 en un chaton globuleux, pendant à l'extrémité d'un long et grêle pédoncule, qui est pourvu, au delà de son milieu, de quelques écailles stipulaires linéaires et allongées, et qui naît à l'aisselle des écailles ou des feuilles de la base des jeunes pousses. Chacune d'elles, pédicellée, composée d'un périgone campanule à 5 divisions, de 10-20 étamines à fllets allongés et d'un ovaire rudimentaire. Fleurs femelles disposées par deux dans un involucre 4-lobé, hérissé extérieurement de pointes molles allongées, poilues ; pédoncule axillaire, solitaire, dressé, égal au pétiole ou un peu plus long, assez épais, naissant à l'aisselle de feuilles véritables au-dessus des fleurs mâles et présentant à la base des écailles identiques à celles du pédoncule de ces dernières. Chaque fleur femelle, formée d'un périgone adhé-

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rent, dont le limbe est libre et divisé en 4-9 filets sous forme de pinceaux plumeux. et d'un ovaire trigone, 3-loculaire, 6-ovulé, surmonté de 3 stigmates allongés. 1 ou 2 glands (faines) trigones, monospermes par avortement, rarement dispermes, à péricarpe mince, sec, brun et luisant, renfermées dans un involucre péricarpolde ligneux, épineux, à 4 valves, Graine à cotylédons adhérents, plissés irrégulièrement, féculents-huileux, épigés lors de la germination.

Bois. — Tissu fibreux à parois épaisses, associé à du

Earenchyme ligneux, qui y dessine de petites et nomreuses lignes courtes, concentriques, surtout rapprochées dans le bois d'automne (invisibles môme à la loupe). Rayons inégaux, épais, minces et très minces, sensiblement prolongés dans le sens longitudinal, médiocrement serrés. Vaisseaux fins — très fins, plus gros et plus rapprochés au bord interne, plus fins et plus espacés au bord externe, où domine le tissu fibreux, ce qui rend les accroissemen très distincts. Couches crénelées, rentrantes au passage des larges rayons. Bois lourd, dur, homogène, a maillures prononcées.

[Les hêtres n'ont pas d'ennemis très redoutables Ennemis, parmi les insectes. Cependant on peut signaler comme auteurs de dégâts parfois appréciables :

Dans la tige, un bupreste [Agrilus fagi Rat::,) dont les galeries sinueuses à la surface de l'aubier font parfois périr les jeunes plants.

Un hémiptère {Chermès fagi) dont les individus parfois très nombreux, sous un revêtement floconeux blanchâtre sur les tiges dans les vieux peuplements, entraîne des déchirures de l'écorce.

Dans le fruit une tortricide (Carpocapsa gros sa/Ta, Haw) dont la larve rend la faîne véreuse et par suite incapable de germer.]

Sur les feuilles un petit coléoptère. un charançon, VOrcheste du hêtre (Orchestesfagi, Fab,), qui saute comme une puce, en ronge les bourgeons au moment de leur développement, de sorte que les feuilles semblent avoir été atteintes par la gelée ; il coupe aussi celles-ci par leur pétiole et en détermine la chute; enfin, il vit à létat de larve dans leur parenchyme, entre les deux couches d'épi-

derme, en y ouvrant des galeries irrégulières qui forment autant de taches blanches.

JJ Or gye pudibonde (Orgya pudibonda. Lin,) est le principal ennemi du hêtre. La chenille, qui apparaît à la fin de Tété, en détruit quelquefois complètement le feuillage, sans qu'il en résulte de

(grands dommages en raison de la saison avancée où es invasions se produisent. Enfin, deux diptères occasionnent sur les feuilles des hêtres, par leur

Eonte, des excroissances souvent très nombreuses, abitées par leurs larves. Les unes, ovoïdes, aigués, vertes, rouges d'un côté, sont dues à la Cécidomye du hêtre {Cecidomya /agi, Hartig,); les autres, obtuses et couvertes de poils roux, à la Cécidomye annulipède {Cecidomya annulipes. Hartig,),

Hêtre commun. Fagus sylvatica. Lin. Fau ; Fayard.

Feuilles pétiolées, ovales ou ovales-oblongues, courlement acuminées, entières sinuées-denliculées sur les 2/3 supérieurs ou même fortement et largement dentées; ciliées sur les bords, glabres, d'un vert clair, brillant et presque semblable sur les deux faces, minces et coriaces ; nervure médiane et nervures secondaires saillantes en dessous ; celles-ci simples, parallèles, au nombre de 6-8 paires ; les unes et les autres garnies, dans le premier âge, de longs poils blancs, S03TUX. — Grand arbre à tige droite, cylindrique, à cime ovoïdeconique, revêtu d'une écorce mince, lisse et toujours vive jusqu'à la surface, d'un gris-blanc perlé ; à bourçeons fusiformes allongés, pourvus d'écaillés nombreuses, imbriquées, presques distiques.

Var. a. Hêtre tortillard. Branches, rameaux et ramules dirigés vers la terre. Cette forme, qu'il ne faut pas confondre avec celle de beaucoup d'arbres dont les rameaux grêles et efBlés pendent vers la terre, est l'analogue de celle du frêne parasol que l'on voit si souvent dans les jardins. Les hêtres qui la présentent offrent, môme à un âge avancé, une tige très courte, tortueuse, une cime hémisphérique parfois appliquée contre le sol, et s'élèvent au plus à 2-3 mètres. Forêt de Verzy, près de Reims; ça et là en Lorraine, aux environs de Nancy (1).

(1) Des faînes de hêtre tortillard, récoltées à Verzy, ont été semées au jardin de l'Ecole forestière ; elles ont reproduit trois cinquièmes environ de hêtres tortillards; les deux autres cinquièmes étaient représentés par des hêtres de port normal et par d'autres ayant toutes les formes intermédiaires entre le type et cette curieuse variété.

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Var. p. Hêtre pourpre. Feuilles d'un pourpre noirâtre, un peu métallique, surtout au printemps. Cette variété, si fréquemment cultivée dans les jardins, a été observée à l'état sauvage dans la forêt de Darney.

Il n'est pas très rare de rencontrer, en outre, de jeunes hêtres à feuilles panachées de blanc pur et de vert ; mais, débiles comme tous les arbres de cette catégorie, ils ne tardent point à succomber dans la lutte qu'ils ont à soutenir contre les plants plus robustes qui les entourent.

On cite aussi des hêtres à branches et rameaux pendants et grêles dans le genre de ceux du saule pleureur. (Forêt de Brotonne, Seine-Inférieure.)

Abondant dans toute la France, où il forme seul ou mélangé au chêne, au sapin, etc., des forêts étendues ; mais peu commun dans l'Ouest au Sud de la Loire, et faisant presque totalement défaut dans la région des oliviers en dehors des montagnes. Il a été signalé seulement dans la vallée de la Vis (Hérault), à 200 mètres d'altitude {abbé Boulay) ; cette station où d'ailleurs l'espèce est rare, s'explique par dès conditions exceptionnelles de fraîcheur et d'abri. Corse, en mélange avec les pins laricios et les sapins, quelquefois en dessous d'eux. Flor., avril-mai. Fructif., fin de septembre. Dissémination, octobre.

Le hêtre est une des essences forestières les plus Taille, répandues et les plus importantes ; il atteint de

Srandes dimensions, sans jamais parvenir cepenant à celles des chênes et des sapins, en raison de sa longévité bien moins élevée. Il dépasse rarement 300-4(K) ans et ne parvient qu'exceptionnellement à 40 mètres de hauteur sur 6 mètres de circonférence au maximum.

La tige, droite et circulaire, se maintient remar- Pon. quablement cylindrique jusqu'à une grande hauteur et reste distincte jusqu'à l'extrémité de la cime, quand l'arbre s'est développé en massif, sans accidents. Elle est souvent nue sur une longueur de 20 mètres en dessous des branches principales. Quand le hêtre a crû isolément ou en futaie sur taillis, il se ramifie à 10-15 mètres au-dessus du sol en fortes branches étalées-ascendantes, qui forment une cinae ample, ovoïde, pointue au sommet.

Les jeunes pousses de première année sont d'un vert-olivâtre foncé, couleur qui se maintient j usqu'à.lO ans environ; passé cet âge, les tiges et les branches sont d'un gris-cendré.

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Écorce. L'écorce du hêtre, après la chute de Tépiderme,

offre à la surface une mince couche subéreuse ; en dessous, du parenchyme vert, et à la face interne, une couche de liber. Ces trois régions conservent pendant toute la vie de Tarbre les mômes relations et toute leur vitalité ; il ne s'y développe pas de périderme interne et par conséquent il ne s y produit pas de rhytidome. Cette écorce reste toujours lisse et les zones qui la composent ne font que se distendre par rinterposition de nouveaux tissus, pour se prêter à l'accroissement ligneux interne, sans s'épaissir notablement. Seulement certaines grandes cellules du parenchyme vert s'incrustent de substances minérales et deviennent en quelque sorte pierreuses.

La coloration blanche de l'écorce du hêtre ne lui est pas propre ; elle est le résultat de nombreux lichens (Verrucaria biformis et epidermidis ; Graphis scripta; Oper/rdpha varia, etc.), qui en envahissent la surface dès l'âge de 10 ans, et lui forment un enduit de leurs très minces thalles.

On rencontre cependant de vieux hêtres sur l'écorce desquels s'est développé du périderme et un rhytidome gerçuré-écailleux.

Bourgeons. Les bourgeons des hêtres sont plus longs, plus effilés, plus aigus que ceux d'aucune autre essence; ils sont recouverts d'un grand nombre d'écaillés stipulaires, brunes, sèches, glabres et luisantes. Dès le mois d'août, ils sont complètement organisés, et l'on y peut reconnaître tous les éléments de la pousse qui en sortira au printemps suivant, feuilles et fleurs, y compris les bourgeons axillaires et le bourgeon terminal. En raison de leur vigueur ils devient alternativement à droite et à gauche les entre-nœuds successifs des rameaux qui les supportent ; mais ces flexions, qui atteignent 70^ environ, s'effacent de bonne heure, et la leune branche de 3

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développés ; mais il en est beaucoup d'autres moins vigoureux, surtout dans les parties inférieures de la cime, qui ne donnent naissance qu'à des pousses raccourcies, dont les feuilles sont peu nombreuses, presaue fasciculées, manquent deoourgeons à leur aisselle et ne présentent au milieu d elles qu'un bourgeon unique, terminal. Il en résulte des rameaux toujours grêles, qui ne se ramifient pas, s'allongent avec une extrême lenteur et contribuent puissamment, par leur grand nombre, à augmenter le feuillage et le couvert du hêtre. En 15 à 20 ans, des rameaux de cet ordre atteignent au plus 12-15 centimètres de long sur 4-5 millimètres de diamètre.

Quelques bourgeons, parmi les plus faibles, ne produisent ni pousses ni feuilles et restent proventifs. Vers 20 ans ils cessent de s'accroître par la base et de se maintenir en relation avec le corps ligneux, de sorte que leur extrémité, libre et isolée au milieu de l'écorce, devient le centre d'une végétation ligneuse parasite, sous forme d'une loupe saillante, de la grosseur d'un pois ou même d'une noix.

Le hêtre a besoin d'abri dans sa jeunesse et re- Tempérament, doute une insolation vive et prolongée ; il est aussi très sensible à l'action des gelées printanières, en raison de sa précocité à se feuiller et à fleurir ; il a donc le tempérament délicat.

Comme conséquence, il a une ramification serrée Couvert, et un couvert épais.

Il recherche tout particulièrement les expositions Exposition, du nord et du nord-ouest.

Les bourgeons préventifs sont rares dans le hêtre. Reproduction, ou doués, d'après ce cjui a été dit précédemment, d'une faible vitalité ; ils sont donc peu importants pour la régénération par rejets. Ceux-ci naissent le plus souvent de bourgeons adventifs, sur un bourrelet qui se développe, après l'abatage, entre l'écorce et le bois de la souche.

Le hêtre, par ces motifs, convient peu, surtout s'il n'est mélangé à d'autres essences, au régime du

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taillis (1) ; en revanche et par les mômes raisons, il est peu exposé à se couvrir de branches gourmandes. Feuilles. Les feuilles sont alternes, insérées suivant l'in-

dice ^ ; elles sont de dimensions variables avec l'altitude, d'autant moindres qu'elles se développent dans des stations plus élevées. Pour une différence de 1,200 mètres, elles se réduisent de moitié en dimensions linéaires. L'hectare de futaie, en massif complet, en produit dès l'âge de 30 ans des quantités sensiblement égales jusqu'à l'exploitabilité, en moyenne annuelle, 4,106 kilogr. à l'état de dessiccation à l'air, lesquels représentent 3,361 kilogr. de matière desséchée à l'étuve {Ebermayer), C'est un

f)oids sensiblement supérieur à celui du bois absoumentsec qui, pendant le même espace de temps, s'est développé sur l'hectare dans des conditions identiques. Ces feuilles suffisent pour recouvrir 11 fois la surface de production. Elles se décomposent assez lentement et constituent par leur accumulation une épaisse couverture sur le sol. Fruciification. Le hêtre ne fructifie qu'à un âge avancé, vers 60-80 ans en massifs, 40-50 ans quand il est isolé ; il ne produit de faînées abondantes que tous les 5-6 ans, sous les circonstances les plus favorables, et quelquefois tous les 15-20 ans seulement. Dans ce dernier cas, dans l'intervalle des pleines faînées, il y a des faînées partielles. 11 est remarquable, à ce sujet, que, dans certaines années, il y a manque tellement absolu de faînes, qu'on ne parviendrait pas à en recueillir un litre, môme en parcourant des surfaces considérables. Les faînées complètes sont généralement plus communes dans les plaines et dans les coteaux que dans les régions montagneuses élevées.

(1) [Celte assertion, très exacte dans le Nord de la France,

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Les bourgeons florifères sont formés dès le mois d'août et se reconnaissent très aisément des foliifères par leur forme plus renflée. Leur abondance, leur rareté, leur manque absolu règlent, dès ce moment, d'une manière presque certaine, le sort de la faînéo de Tannée suivante. On ne saurait donc expliquer

f)ar l'action seule des gelées printanières les irréguarités que l'on remarque dans la fructification de cette essence. Il est évident que la température de l'année dans laquelle s'organisent les bourgeons joue un rôle prépondérant dans la fructification.

La faîne est d'une conservation très difficile, même jusqu'au printemps suivant ; aussi vaut-il mieux, en général, la semer dès l'automne ; cependant elle se maintient en parfait état dans des silos, lorsque ceux-ci sont bien établis. Le kilogramme en contient environ 3,500.

Semée en automne, elle germe de très bonne Germination, heure au printemps, vers la fin d'avril. La tigelle s'allonge immédiatement en-dessous du corps cotylédonaire, pousse celui-ci hors de terre à environ

1 décimètre et les deux cotylédons repliés irrégu- . lièrement les uns sur les autres, se développent en

2 larges feuilles opposées, charnues, réniformes, entières, vertes en dessus, d'un blanc soyeux en dessous. Cette précocité, ce grand développement de la tigelle et des feuilles cotylédonaires au-dessus du sol, la consistance molle des tissus accrus rapidement, rendent le jeune plant très sensible aux accidents de température, surtout aux gelées printanières.

Pendant les premières années qui suivent le Croissance, semis, le plant s'accroît lentement, environ de 1 décimètre de hauteur annuellement ; mais, passé 5 ans, il prend son essor. Vers 40-45, il parvient à son maximum d'allongement annuel ; à 100 ans, l'arbre ne s'accroît plus sensiblement en hauteur.

Chaque couche annuelle est 2-3 fois plus épaisse vers le sommet du fût, à la naissance des branches principales, qu'à la base; cette circonstance, que l'on

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remarq^ue dans toutes les autres essences, mais à un moindre degré, assure à la tige du hêtre une forme cylindrique qui se maintient jusqu'à une grande élévation.

EDracioemeni. Dans les premières années, la racine pivote, reste simple et s'enfonce à peu près autant dans le sol que la tige s'élève daps l'air. Vers 3 ans, 2-3 racines latérales obliques, pourvues d'un chevelu abondant, se développent ; vers 12-15 ans, elles prennent une grande extension, aux dépens du pivot qui s'arrête

§our toujours ; à 30 ans, elles cessent elles-mêmes e croître et sont alors remplacées par des racines superficielles, traçantes, souvent en partie saillantes hors du sol jusqu'à une certaine distance du pied de l'arbre. Dans les sols pierreux, ces racines s'entregreffent fréquemment entre elles. En somme, l'enracinement total est peu profond, 0°*,30-0°*,50, mais très étendu en superficie ; il présente un volume de bois souterrain qui est au volume du bois superficiel (tige et cime) comme 1 : 5 environ. Distribution L'aire de distribution du hêtre s'étend, du sud géographique, ^u nord, de l'Etna, en Sicile, jusqu'au soixantième degré, au-dçlà de Christiania, en Norwège, sur une longueur d'environ 249 de latitude ; de l'est à l'ouest, de la mer Caspienne au littoral de l'Océan, sur environ 65° de longitude. La France est comprise dans cette aire, dont sont exclues la majeure partie de l'Espagne et toute l'Algérie.

Ce n'est que dans les parties septentrionales, sur les côtes de la mer du Nord et de la Baltique, que le hêtre devient l'arbre des plaines. L'altitude maxima à laquelle il s'élève, naturellement croissante du nord au sud, ne dépasse pas 260 mètres en Norwège ; elle parvient à 2,160 mètres sur les flancs de l'Etna. En France, elle est de 1,384 mètres pour les Vosges, 1,592 mètres pour le Jura, 1,640 mètres pour le Mont-Cenis, 1,665 mètres pour le Mont- Venteux [1,700 mètres pour les Pyrénées (Bartet).] Les limites inférieures de la zone qu'il occupe sont moins bien connues ; il pénètre toutefois dans la

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région de la Vigne, sans descendre néanmoins dans le fond des vallées d'où l'exclut en général la nature du sol.

Vers le nord et dans les régions élevées le froid Climat, limite Taire d'extension du hêtre, qui cesse de croître

3uand la température moyenne du mois de janvier escend au-dessous de 5** à 6° pour les plaines et 6^ à 7** pour les montagnes.

Les limites équatoriales sont déterminées par la trop grande chaleur et la sécheresse qui l'accompagne, et surtout par l'insuffisance du nombre des jours de pluie. Ainsi le hêtre cesse de croître dès que la chaleur atteint un maximum de 44<*, ou lorsque la somme de température réalisée pendant la saison de végétation dépasse 5,750'. Encore, pour qu'il parvienne à ces limites extrêmes, lui faut-il 7 à 8 jours de pluie pendant des mois d'été, de juin à août.

Les sols filtrants, meubles et même pierreux con- Sol.

viennent au hêtre, pourvu que la fraîcheur y soit entretenue par des pluies assez fréquentes ; les sols compacts, humides et marécageux lui sont absolument contraires ; c'est pour ce motif qu'il ne croît pas en général dans les terrains d'alluvion des grandes vallées. La nature minéralogique de la terre lui paraît assez indifférente ; l'on rencontre de fort belles forêts de hêtre sur des sables, des grès, des granités, des phorphyres et des calcaires ; c'est néanmoins sur les terrains de ce dernier ordre qu'il paraît le mieux réussir.

Le hêtre est l'une des essences les plus exigeantes sous le rapport de la nutrition minérale ; d'après les résultats moyens de nombreuses expériences, obtenus par Ebermayer, une futaie, pour former annuellement 6,494 kilogr. de matière absolument desséchée, bois et feuilles, emprunte au sol 216 kilosrr.

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17 kilogr. pour son bois et 46 kilogr. pour ses feuilles. L'exigence du hêtre en principes minéraux est donc à celle du pin dans le rapport de 3,4 à 1 ; pour d'autres essences, l'écart serait certainement moins considérable, mais il resterait de même sens. Tendance A la faveur de son couvert épais et de l'aptitude envahissanie. qy'ii possède de résister assez longtemps à son action, le hêtre est une essence envahissante qui, en beaucoup de contrées, s'est substituée aux espèces à couvert léger, telles que les chênes, les

Eins et les bouleaux. C'est ce qui est arrivé en Danemark, en Hollande, etc., où, comme l'attestent les nombreuses tourbières gui s'y rencontrent, cet arbre n'existait pas autrefois, tandis que les pins, à en juger par la fréquence de leurs débris, y étaient abondants. Le hêtre est actuellement l'essence principale des forêts de ces contrées, le pin en a disparu. Jules César ne trouva pas de hêtres en Angleterre, quoiqu'ils y soient communs aujourd'hui (1). Bois. Malgré les analogies botaniques, le hêtre produit

an bois bien différent de celui du chêne et au châtaignier.

Ce bois est blanc quand on le coupe ; il devient rougeâtre à l'air et, en se desséchant, il passe au rougeâtre clair uniforme, sans distinction bien nette entre l'aubier et le bois parfait ; il se colore, au cœur des vieux arbres et par altération, de rougebrunâtre, veiné et irrégulièrement distribué ; les maillures en sont assez grandes, mais peu serrées. Il manque de souplesse, se tourmente et se gerce aisément, est sujet à la vermoulure et ne prena pas un beau poli ; soumis à des alternatives de séche-

'h'~ - (1) [Cette assertion de César a été mise en doute, avec

* quelque raison^ je crois, par plusieurs botanistes de valeur.

y Si le hêtre est souvent envahissant dans les forêts traitées en

^ futaie, il n'en est pas de même, au moins dans l'Est de la

^^ France, dans celles qui sont exploitées en taillis à courtes

révolutions, surtout si les arbres de futaie réservés y sont

-' peu nombreux. C'est alors le hêtre qui cède la place parfois

t. • très complètement.]

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resse et d'humidité, il se conserve peu longtemps, mais il acquiert assez de durée sous l'eau ou dans les lieux constamment humides.

Le hêtre n'est pas, par conséquent, un bois de construction; mais il est d'un travail facile, fréquemment employé dans l'industrie, particulièrement par les charrons pour les jantes des roues, par les boisseliers, sabotiers, menuisiers, mécaniciens, tourneurs, etc. C'est l'un des bois qui s'injectent le plus facilement et le plus complètement ae matières antiseptiques ; amsi préparé, il fournit de bonnes traverses de chemins de fer.

La densité, l'une des plus importantes propriétés du bois de hêtre, dépend de nombreuses circonstances, telles que la latitude, l'altitude, l'exposition, le sol, l'état de massif ou d'isolement ; elle n'est nullement en relation avec l'épaisseur des accroissements, et varie de 0,683-0,907 {Coll. Éc. For.) (1).

Densité.

(i) Densités de bois de hêtres de provenances diverses.

1 là

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