COR YL AGEES
allongés, qui partent soit de la souche, soit des racines, et, dans ce dernier cas, finissent par devenir des pieds indépendants qui se sèvrent d'euxmêmes. La coupe annuelle de ces rejets peut transformer le coudrier en un petit arbre à tige simple, courte, à cime ample très étalée, assez touffue et à couvert épais.
Le coudrier fructifie vers 10 ans, plus tôt môme Fniciificaiîon. s'il provient de rejets de souche ; les pieds isolés ou situés aux bords des massifs sont à peu près annuellement fertiles ; mais ceux de Tinténeur restent quelquefois 3-4 ans sans produire un seul fruit. C'est, de tous les végétaux forestiers, celui dont la floraison est la plus précoce ; dans certaines années exceptionnelles, elle a lieu dès le mois de décembre.
La noisette est d'une conservation difficile, Cerminaiion. même jusqu'au printemps, et il vaut mieux la semer dès l'automne. Le jeune plant, dans ce cas, paraît de bonne heure au printemps ; il laisse ses cotylédons en terre et produit immédiatement des feuilles semblables à celles qui lui sont habituelles. Il ne dépasse guère 5-6 centimètres dans la première année et s'accroît au plus de 15 centimètres dans chacune des 5-6 années suivantes.
Cet arbrisseau repousse peu par bourgeons ad- Rejets, ventifs, plus fréquemment par bourgeons proventifs, habituellement par drageons qui donnent des plants robustes, indépendants. La végétation des Croissance, rejets est très rapide ; vers 5 ans ils ont atteint leur maximum annuel d'allongement et de grossissement, vers 10-15 ans leur plus grand accroissement moyen en volume.
L'enracinement est représenté à l'origine par un Enracinemem. pivot droit, couvert d'un chevelu abondant ; vers 3 ans, l'allongement du pivot se ralentit, puis s'arrête ; les racines latérales se développent ; plus tard, l'une d'elles prend le dessus et constitue, à un certain âge, une maîtresse racine se prolongeant loin sous le sol, en conservant sur presque toute sa longueur un égal diamètre.
CORYLACEES.
Écorce.
Siaiion ei sol. Le coudrier a une aire d'habitation très étendue, en surface comme en altitude ; il se trouve non seulement du nord au sud, de Test à Touest de toute la France ; mais des plaines il s'élève dans les montagnes, même au-dessus du hêtre et parvient, dans les Pyrénées, jusqu'à 1,600 mètres d'altitude. Il recherche les sols frais, gu'elle qu'en soit la composition minéralogique, demande de la lumière et se rencontre par ce motif plus fréquemment dans les taillis que dans les futaies.
L'écorce, d'un gris mat sur les jeunes rameaux, puis d'un brun-rouge, marquée de lenticelles assez abondantes, est couverte dans l'origine de débris de fines membranes qui proviennent de l'exfoliation de l'enveloppe subéreuse. Cette écorce devient ensuite d'un gris-argenté rougeâtre et reste lisse, en présensant une disposition à s'enlever par lanières circulaires comme celle des cerisiers. On y trouve alors les trois régions suivantes : enveloppe subéreuse, écorce primaire et liber. Ce n'est qu àun âge avancé qu'il se développe un périderme intérieur, résistant, dans les feuillets du liber et que celui-ci, repoussé au dehors, forme un rhytidome gerçuréécailleux que l'on n'observe habituellement qu'à la base des plus vieux pieds. Cette écorce contient 2,70 p. 100 de tannin.
Le bois' de coudrier a beaucoup d'analogie avec celui du charme ; il est entièrement blanc, mais les accroissements en sont circulaires et il n'est que demi-dur et demi-lourd. Complètement desséché à l'air, il pèse 0,620 à 0,729 (CoÎL Éc. For.).
La puissance calorifique, mesurée par l'eau évaporée, est à celle du hêtre comme 90 : 100 pour des poids égaux. Il brûle assez lentement, mais, une fois embrasé, il produit un charbon qui dure longtemps au feu et dégage beaucoup de chaleur.
Les faibles dimensions du coudrier en restreignent nécessairement l'emploi ; on n'en retire guère que des perches, utilisées à difEérents usages, cer-
Bois.
Pesanteur.
Puissaace calorifique.
Usages.
CORTLACÉES.
des, tuteurs, etc. On peut en obtenir du charbon propre à la fabrication de la poudre et au dessin.
L'amande de la noisette contient jusqu'à 60 p. 100 d'huile grasse non siccative, d'un goût agréable. On sait que cette noisette est comestible ; celle de quelques variétés cultivées et reproduites par la greffe est surtout recherchée (aveline).
Le coudrier n'a pas d'ennemis redoutables parmi les insectes ; quelques-uns toutefois lui sont à peu près spéciaux ; tels sont :
UApodère du coudrier (Apoderes coryli. Lin.), Joli charançon d'un rouge-corail, à tôte noire, qui incise les feuilles par le milieu jusqu'à la nervure médiane et en enroule la partie supérieure sous forme de cornet clos de toutes parts, dans lequel il pond 1 à 3 œufs.
Le Balanine des noisettes (Balaninus nucum. Lin. ). Autre charançon à trompe grêle et très longue qui, en plaçant ses œufs dans les ovaires, donne naissance à cette larve blanche et apode que l'on trouve dans les noisettes véreuses.
La Saperde linéaire {Oberea linearis. Lin.). Coléoptère longicorne dont la larve apode vit dans les jeunes pousses et les creuse sur une grande partie de leur longueur.
Produits accessoires.
Ennemis.
GENRE n. - CHARME. CARPINUS. Lin.
Fleurs amentacées pour les deux sexes. Fleurs mâles en chatons solitaires, cylindriques, sessiles, pendants, parfois légèrement feuilles à la oase, naissant des bourgeons axHlaires, rarement du bourgeon terminal de la pousse de Tannée précédente. Chacune d*elles composée d*une écaille concave, supportant directement à sa base 10-16 étamines à filets courts, terminées par un pinceau de poils, à anthères uniloculaires. Fleurs femelles en chatons lâches et formant le prolongement et la terminaison des pousses latérales ou terminales, normalement feuillées à la base; disposées par 2 et pédicellées à Taisselle d'une écaille qui représente 2 stipules soudées. Chacune d'elles formée d'une grande bractée foliacée, d'un périgone adhérent, à limbe 4-5-denticulé, et d'un
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ovaire à 2 loges uniovulées, surmonté par 2 styles allongés et rouges. Glands en chatons lâches et pendants, contenus chacun dans un involucre très développé, monophylle, foliacé, trilobé et à lobe médian allongé; tronqués et surmontés par les dents libres et bien apparentes du périgone; unifoculaires et monospermes par avortement; a péricarpe crustacé-ligneux, vert, relevé de côtes longitudinales. Graine à cotylédons plans-convexes, féculents et huileux, épigés en çermant.
Bois, — Bois dur, lourd, compact, homogène, entièrement blanc, dont les accroissements, peu distincts, sont ondulés au lieu d'être régulièrement circulaires et sont normalement traversés par de faux rayons médullaires, épais, hauts, assez nombreux, formant dans le débit tangent ou contre-mailles de longues lignes grisâtres assez apparentes.
Charme commun. Carpinus betulus. Lin. Charmille.
Feuilles alternes pétiolées, ovales ou oblongues, ordinairement aigués ou même acuminées^ légèrement inéquilatérales et cordiformes à la base, dentéesà dents aigument sous-dentées, surtout sur leur grand côté ; peu luisantes^ glabres et vertes en dessus, d'un vert un peu plus pâle et faiblement pubescentes près des nervures en dessous ; limbe paraissant gaufré entre les nervures secondaires, qui sont saillantes, droites, parallèles, au nombre de 10-15 de chaque côté. Chatons mâles à écailles ovales-aiguës, ciliées. Gland contenu dans un involucre foliacé très grand, à lobes entiers ou dentés. — Arbre de taille moyenne, à écorce d'un gris-cendré, lisse, très mince, à tige régulière, creusée longitudinalement de larges cannelures arrondies peu profondes ; bourgeons ovoîdes-aigus entourés d'écaillés nombreuses, imbriquées-spiralées, poilues à l'extrémité. Très abondant dans le Nord et l'Est, dans les taillis ou, à l'état de sous-bois, dans les futaies ; plus rare et disséminé dans l'Ouest où cependant il ne manque complètement que sur le littoral jusque dans la Loire inférieure; il fait défaut dans la plus grande partie de la Bretagne et le Cotentin. Flor., avec les premières feuilles, avril-mai. Fructif., octobre. Dissémin., à la chute des feuilles ou au printemps suivant.
Taille. Port. Le charme n'est point un arbre de première grandeur ; 20 mètres d'élévation, 1"»,50 de circonférence sont pour lui des dimensions remarquables, qu'il ne dépasse qu'exceptionnellement ; la tige en est droite, distincte jusqu'à l'extrémité de la cime, toujours plus ou moins creusée de sillons que séparent de larges côtes saillantes, ce qui permet de la
GORYLAGÉES.
distinguer facilement de celle du hêtre, toujours régulièrement circulaire. Le fût ac se dénude qu'à une faible élévation au-dessus du sol et donne naissance à de nombreuses branches, grêles et longues, s'élevant droit sous un angle de 20-30* et produisant dans leur ensemble une longue cime îasciculée-ovoïde, pointue au sommet.
A l'état d'isolement, la tige se garnit, en dessous des branches principales, de petites branches gourmandes, nombreuses, grêles, horizontales, qui persistent sans se développer beaucoup.
Le charme peut atteindre 100-120 ans et même 150 ans quand il croît dans d'excellentes conditions.
Il a le couvert presque aussi épais que celui du hêtre, et comme ce dernier, il peut croître en massif serré.
L'écorce se compose, après la chute de l'épiderme, d'une mince couche d'enveloppe subéreuse, d'écorce primaire et de liber ; ces différentes régions restent vivantes jusqu'à l'âge le plus avancé, ne s'accroissent pas sensiblement en épaisseur et ne font que se distendre, par l'interposition de nouveaux tissus, au fur et à mesure que la tige grossit. Aussi cette écorce, d'un gris-cendré, reste-t-elle toujours unie lisse, vive, remarquablement mince, surtout sur les côtes saillantes. Son parenchyme ne se lignifie pas comme celui du hêtre.
Les jeunes pousses, d'abord vertes, puis olivâtres, passent au rouge-brun vers 3 ans et, à 6 ans environ, prennent la couleur grise caractéristique. Les bourgeons sont petits, oblongs-allongés, pointus, beaucoup moins effilés et proportionnellement plus épais que ceux du hêtre.
On observe très souvent, entre le coussinet et le bourgeon principal, un second bourgeon (sousbourgeon) qui en beaucoup d'occasions se développe et produit une jeune pousse. C'est à cela en partie qu'est due la facilité avec laquelle on façonne le charme en berceaux, haies, charmilles, etc., qui se maintiennent très touffus.
Longévité.
Couvert.
Écorce.
Bourgeons.
GORYLAGÉES.
Rejeu. Les bourgeons proventifs du charme conservent
leur vitalité jusqu'à un â^e avancé, 80 ans. C'est à eux qu'il faut attribuer l^bondante et vigoureuse reproduction des souches de cette essence et ces nombreux rejets qui naissent au-dessous de la section ou sortent même de terre. Les bourgeons adventifs se produisent rarement et constituent ces quelques rejets qui s'élèvent sur un bourrelet de la section même, entre Técorce et le bois. Enfin le charme a la faculté de former des drageons ou au moins quelque chose gui y ressemble. Les vrais drageons, ceux du robinier, du tremble, etc., naissent de racines traçantes ; ceux prétendus du charme
Eroviennent de rameaux analogues à ces petites ranches horizontales qui garnissent la tige des Ï)ieds isolés, et qui, émises par les parties tout à ait inférieures, se marcottent naturellement, s'allongent considérablement sans grossir et produisent des rejets sur tout leur parcours.
Enracinement. L'enracinement du charme est très variable. Si le jeune plant élevé dans la terre profondément ameublie d'une pépinière présente une forte racine pivotante, à peine ramifiée, celui qui croît sur le sol naturel de la forêt est au contraire faiblement et superficiellement enraciné. L'enracinement de l'arbre pénètre rarement à plus de 0™,50 de profondeur et se compose de nombreuses racines latérales nées d'un pivot qui s'est oblitéré, de bonne heure. Le bois de souches et de racines, extrait aussi complètement que possible, équivaut à 20-24 p. 100 du bois superficiel, savoir \ pour la souche, \ pour lesracmes(T. Hartig).
Aire. L'aire d'habitation du charme rappelle celle du
hêtre, mais elle est plus resserrée, surtout vers le nord, l'ouest et le sud-ouest.
Elle est limitée à l'ouest par une ligne irrégulière qui partant des environs de Toulouse, [s'infléchit vers la Charente-Inférieure, chemine à une certaine distance du littoral, englobant une partie de la Vendée, de la Loire-Inférieure, va ensuite] aboutir
CORYLAGÉES.
vers rembouchure de la Tamise ; la frontière septentrionale du charme se prolonge de ce point à travers le Danemark, un peu aii-dessus de Copenhague, passe dans la partie méridionale de la Suède et parvient à Riga sur la Baltique. Là commence la barrière orientale qui, après avoir suivi les cours de la Duna et du Dnieper, englobe la Crimée et se poursuit le long du pied septentrional du Caucase jusqu'à la Caspienne. Enfin la limite équatoriale part de la pointe sud-est de cette mer et, se dirigeant vers Touest, passe par la Perse, TAsie-Mineure, la Morée méridionale, atteint la pointe extrême de l'Italie, en remonte les côtes occidentales pour aboutir à Gênes et de là revenir à Toulouse. La France occidentale et pyrénéenne, la Corse et T Algérie n'appartiennent donc point à l'aire naturelle du charme, pas plus que la Sicile, l'Espagne, la presque totalité de l'Angleterre, le Danemark septentrional, la plus grande partie de la Suède, la Norwège et toute la Russie du nord-est au delà de la Duna et du Dnieper.
Le charme recherche dans cette aire les stations Siaiion. de plaines ou de collines ; il se rencontre aussi au pied et sur le pourtour des régions montagneuses, mais il y pénètre peu et n'y parvient qu'à de faibles altitudes : 600 mètres pour les Vosges, 700 pour le Jura, 1,100 mètres (1) pour les Alpes.
Les sols argilo-sablonneux, perméables, frais ou Sol.
même légèrement humides, sont ceux que préfère le charme ; il s'accommode aussi des terres argileuses ou calcaires, mais il ne vient pas sur celles qui sont très compactes, pas plus que sur les sols très secs, marécageux ou tourbeux.
La fécondité du charme qui est très développée, Fruciificaiion . se manifeste de bonne heure, à 20 ans et même audessous ; il est peu de végétaux forestiers qui aient
CORYLACEES.
des années de semences aussi abondantes et en môme temps aussi répétées. Il est vrai que, dans leurs intervalles, il n'est pas rare au'on ne puisse trouver un seul fruit. Cette abondance est telle, parfois, que chaque pousse se termine par un chaton de fleurs femelles et, plus tard, de fruits, dont les involucres, verts et foliacés, forment la plus grande partie du feuillage de Tarbre.
Germinaiion. H faut 25,000-30,000 glands de charme, dépouillés de leur involucre, pour 1 kilogr. Semés en automne, quelques-uns de ces fruits germent au printemps suivant, la plupart à celui de la seconae année ; semés au prmtemps, les plants ne lèvent qu'au bout d'un an. Pour éviter les dangers qu'ils peuvent courir de la part des mulots, fl est mieux de les disposer dans la terre à une certaine profondeur pour les préparer à la germination et de ne les en retirer
au'au printemps de la seconde année. Semés alors, s germent immédiatement.
Le jeune charme paraît avec deux feuilles cotylédonaires un peu charnues, ovales, arrondies, entières, légèrement échancrées en cœur à la base. Croissance, très faiblement pétiolées ; il croît lentement dans les premières années. Sous des circonstances moyennes de végétation, la tige, à 40 ans, ne présente que le {'i du volume de celle du hêtre ; à 100 ans, elle équivaut au j ou môme à la j. La végétation en taillis est, au contraire, assez active, et, a 20 ans, les produits du charme sont deux fois aussi grands que ceux du hôtre.
Tempérament. Le charme a besoin d'abri dans la jeunesse, en raison de la faiblesse d'enracinement des plants naissants et des dangers auxquels les exposerait le dessèchement d'un sol découvert. Mais il demande de la lumière [il périt rapidement sous un couvert quelque peu épais]. En sols secs, pierreux, les chaleurs exceptionnelles de certains étés lui sont sou-
CORYLACÉES.
feuillage se maintenir parfaitement vert et intact alors que celui des chênes, hêtres, frênes, etc., jptc, s'est entièrement flétri et desséché sous les attein|es du froid.
On peut conjecturer que Tune des causes qui limitent le charme en altitude et peut être en longitude du côté de Touest est Tobligation de réaliser en été, pour la fructification, une somme de température que les montagnes et les régions littorales ne peuvent lui fournir.
Parfaitement apte à constituer des taiyis d'une reproduction abondante et indéfinie, le charme remplit ou peut remplir dans certaines futaies un rôle très important, smon comme essence principale, au moins comme essence accessoire, en complétant les peuplements, abritant et amendant efficacement le sol, assurant ainsi la libre végétation des essences d'élite qui le surmontent sans jamais être dominées par lui.
Le bois de charme est très facile à reconnaître à ses accroissements irréguliers, flexueux, à sa couleur blanche, à son poids, à sa dureté, à ses larges et faux rayons très prolongés dans le sens de la fibre ligneuse. Il est plus lourd que le hêtre, dans le rapport de 112 : 100 d'après G. L. Hartig ; de 123 : 100 d'après Werneck ; de 106 : 109 d'après G. T. Hartig ; desséché à l'air, il pèse 0,799 à 0,902 {ColL Ec, For,).
L'importance principale du bois de charme est dans sa puissance calorifique. C'est un des meilleurs combustibles que nous possédions ; il brûle avec une flamme vive et produit un charbon qui reste incandescent jusqu'à complète combustion. Sa valeur calorifique dépasse celle du hêtre de 3,5 p. 100 d'après T. Hartig. Il convient toutefois d'ajouter que cette appréciation n'est point absolue et que sur les limites sud-est de son aire d'habitation (Allier, forêt de Tronçais et environs de Toulouse) le charme est beaucoup moins estimé sous ce rapport ; on lui préfère le chêne rouvre et surtout
Rôle.
Bois.
Pesanteur.
Puissance calorifique.
COR^XACEES.
Produits accessoires.
Ennemis.
le chêne yeuse. Le charme n'est pas employé comme bois de construction, en raison de son peu de durée ; saJBbre, souvent entrelacée, le rend d'un travail peu facile, et les menuisiers ne l'utilisent pas communément ; cependant sa dureté, son homogénéité, sa ténacité, le rendent précieux pour la fabrication d'outils divers et pour la confection de certaines pièces de machines qui ont à subir des frottements, telles que dents d'engrenage, cames, etc.
Les glands contiennent une huile douce, qui rappelle, aUjgoût, celle de la noisette, mais on ne l'extrait pas.
La feuille donne un excellent fourrage, qui, desséché, équivaut au foin de bonne qualité. Suivant T. Hartig, l'hectare, à 12 ans, peut en donner près de 16,000 kilogr. à l'état vert, qui se réduisent à 4,100 kilogr. par la dessiccation à l'air.
Le charme est privilégié du côté des insectes, dont aucun ne le menace spécialement ; quelques hannetons, quelques-unes des chenilles qui attaquent les fruitiers vivent bien de ses feuilles, mais sans y commettre de grands ravages.
En revanche, il est la victime préférée des campagnols, qui en décortiquent le pied et mettent à mort beaucoup de jeunes plants et de rejets.
GENRE m. — OSTRYA. OSTRYA, Mich.
Fleurs amentacées pour les deux sexes. Chatons mâles fascicules, cylindriques, pendants, serrés; chaque fleur composée d'une écaille stipulaire, portant à sa base 6-12 étamines à filets courts, à anthères uniloculaires, terminées par des pinceaux de poils. Chatons femelles cylindriques, dressés et denses, composés d'écaillés stipulaires à Taisselle de chacune desquelles sont 2 fleurs; chaque fleur formée d'un involucre vésiculeux, clos au sommet, d'un périgone libre et d'un ovaire à 2 loges uniovulées. Fruits disposés en une sorte de cône ovoïde et pendant oui rappelle beaucoup, par sa forme, celui du houblon; chacun d'eux formé d'un involucre foliacé, vésiculeux, et d'un gland ovoïde, comprimé, lisse et
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sans côtes longitudinales, entouré par le périgone devenu adhérent, si ce n'est à l'extrémité qui déborde le fruit.
Bois. — Structure générale des bois de la famille, quant aux tissus fibreux, parenchymateux et aux vaisseaux ; seulement ceux-ci sont disposés en lignes rayonnantes, courtes et simples, uniformément reparties, de sorte que les faux et larges rayons des charmes et coudriers n'y existent point. En réalité comme en apparence, touâ les rayons sont égaux et très minces.
Ostrya commun. Ostrya carpinifolia. Scop. Carpinus Ostrya. Lin, Charme-houblon.
Feuilles courtement pétiolées, ovales-lancéolées, acuminées, doublement et aigument dentées ; en dessus vertes et glabres, si ce n'est dans la jeunesse ; en dessous d'un vert plus pâle, pubescentes aux aisselles des nervures, qui sont parallèles, très saillantes et au nombre de 12-15 de chaque côté ; limbe plus plan que celui de la feuille du charme. Chatons mâles naissant plusieurs ensemble d'un même bourgeon, à écailles arrondies-aigués, ciliées ; involucre blanchâtre, poilu, surtout à la base. Fruit très petit, grisâtre, lisse, ovoïde-aigu, à sommet légèrement tronqué et surmonté par les dents peu apparentes du périgone. — Petit arbre ayant presque entièrement le port du charme ; à bourgeons ovoïdes, obtus, entourés d'écaillés nombreuses, imbriquées-spiralées, d'un brun clairet glabres ; tige cylindrique, dont l'écorce se transforme de bonne heure en un rhytidome gris-brunâtre, finement gerçure, écailleux et en partie caduc. Alpes-Maritimes ; Corse. Flor., mai. Fructif., septembre.
L' ostrya ou charme-houblon a beaucoup d'ana- Taille, logie avec le charme commun par le port et par le feuillage, mais il est de moindre taille et ne parvient guère qu'à 15-17 mètres de hauteur, sur 1 mètre de circonférence ; il a les racines pivotantes et longue- Enracinement ment traçantes.
Il fructifie vers la vingtième année, porte semence Fmciîficaiion. tous les 2-3 ans, vit jusqu'à 100 ans. La croissance Croissance, est lente, quoiqu'un peu plus rapide dans la jeunesse que celle du charme.
Le bois est rouge clair à peu près comme celui du Bois, poirier, compact, homogène, très tenace ; il pèse complètement desséché à l'air, 0,910 {ColL Éc. For,) ; il aies qualités et les usages du charme.
Le littoral [et la basse région; montagneuse des Aireeisiaiion. Alpes Maritimes et de la Corse], est la seule région
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française où croisse spontanément Tostrya, dont Taire d'habitation se prolonge de là à Test jusqu'au Liban, sans jamais dépasser ni même attemdre vers le nord le 47® deeré de latitude. Sa limite équatoriale passe au sud de la Grèce, de Tltatie et de la Sicile, laissant en dehors l'Algérie et n'atteignant pas l'Espagne vers l'ouest. Dans cette aire fort restreinte, l'ostrya recherche les stations rocheuses, les terrains calcaires particulièrement. Il est difficile de trouver les causes qui arrêtent son extension vers le nord, car il végète vigoureusement et fleurit sous le climat de Nancy.
Il n'a point en France d'importance forestière.