PREFACE. VII
dehors des arbres décrits par Mathieu et figurant tous dans cette nouvelle édition, alors même qu'ils ne me semblaient pas rentrer dans le cadre admis par l'auteur, que les espèces complètement naturalisées ou pénétrant en grand dans la culture forestière. C'est ce qui a entraîné deu3^ des additions les plus considérables, celles relatives aux eucalyptus et à quelques chênes américains. Depuis quelques années un petit nombre d'espèces tendent, dans le midi, à s'ajouter à la liste des arbres fruitiers. Peutêtre y aura-t-il lieu, un jour, à les décrire, au même titre aue les autres ; je me suis borné, quant à présent, à les signaler dans les familles auxquelles elles appartiennent.
Un certain nombre d'hybrides figuraient déjà dans la dernière édition, les uns comme tels, les autres sous des noms spécifiques au même titre que les espèces légitimes. Pour plusieurs de ces derniers, l'auteur avait déjà exprimé d'une façon explicite ou avec doute son opinion sur leur origine hybride. J'ai respecté ici encore la manière de faire de Mathieu, me bornant, lorsque le cas s'est présenté, à affirmer plus positivement l'hybridité, quelquefois aussi à donner quelques détails sur les parents intervenus. En dehors de ces hybrides reconnus explicitement ou soupçonnés, on a découvert dans notre pays depuis la publication de la dernière édition du livre, de nouveaux hybrides entre espèces ligneuses ; je me suis attaché à les signaler, sans le plus souvent en donner la description. Si cette dernière peut avoir de l'intérêt Eour les botanistes qui s'occupent spécialement de i question de l'hybridité, elle n'en a guère au point de vue pratique, non seulement à cause de la rareté assez fréquente de ces formes, mais encore parce qu'à raison de leur grande variabilité, qu'elles soient fécondes par elles-mêmes ou que la production des graines ait lieu par suite de l'intervention des espèces parentes, la description présente une rigueur plus apparente que réelle et ne s'applique
VIII PUEl-'ACE.
bien souvent qu'au piod sur lequel elle a été faite. La résolution à laquelle je me suis arrêté a déjà été adoptée par d'autres Aoristes, notamment Willkomm dans sa Flore forestière de TAllemagne.
Une des parties de l'ouvrage qui a subi les plus profondes modifications est celle qui, pour chaque espèce, a trait à la distribution géographique. Profitant des nombreuses recherches dont les flores do France et d'Algérie ont été l'objet depuis vingt ans, des communications de plusieurs forestiers ou botanistes et aussi de mes observations personnelles, j'ai cherché non seulement à faire disparaître quelques erreurs, depuis longtemps accréditées, mais, sans sortir des limites que m'assignait la nature de l'ouvrage, à donner plus de précision aux indications de stations de sols et des localités habitées par les espèces en France et en Algérie, soit même pour quelques-unes particulièrement importantes à celles de Taire entière occupée par elles.
Mathieu avait donné, dans la dernière édition deson livre, les noms des principaux insectes nuisibles aux végétaux ligneux et indiqué sommairement la nature de leurs ravages ; mon collègue, M. Henry, ^ bien voulu reviser cette partie de l'ouvrage, avec la compétence qu'on lui connaît, et une obligeance dont je le remercie. J'avais songé à mettre les noms des insectes plus en harmonie avec les habitudes actuelles des entomologistes ; à la réflexion, j'ai cru devoir renoncer à ce travail qui n'était pas sans présenter quelque difficulté en présence de l'extrême diversité des noms attribués parfois au même insecte et d'ailleurs les progrès ! de la science, en cette matière, sont si rapides que les listes couraient risque d'être démodées presque dès la publi-