Saule blanc. Salix alba. Lin
Feuilles lancéolées, longuement et presque directement acuminées, plus ou moins blanches-soveuses sur les deux faces ou tout au moins sur l'inférieure, 5-è fois aussi longues que larges, peu fermes et peu coriaces, finement dentées-glanduleuses, à dents droites, aiguës ; face supérieure (pubescence à part) assez luisante, inférieure habituellement glauque ; nervures secondaires moins nombreuses, moins entières et moins parallèles, veines et veinules moins pellucides, les unes et les autres moins distinctes du parenchyme que dans le saule fragile ; stipules étroites et très petites. Chatons pédoncules, cylindriques, à axe et à écailles velus, garnis à la base de feuilles entières ; les mâles étalés, grêles, arqués, à 2 étamines libres, d'un jaune d'or, dont les filets sont poilus jusqu'au milieu ; les femelles, assez denses. Capsule ovoïde-conique^ obtuse au sommet, çlabre, à peu près sessile ; style presque nul ; stigmates épais, simplement échancrés.
Var. a Vitellin, S, Vitellina. Lin. Osier jaune. Rameaux grêles, allongés, plus souples, d'un jaune vif ou d'un jaune rouçe au printemps. Feuilles un peu glauques en dessous^ plus étroites et plus finement dentées, à la fin presque glabres.
Var. p. Argenté. S, splendens, Bray. Feuilles, môme adultes totalement couvertes sur les deux faces, ainsi que les jeunes pousses de poils soyeux-argentés.
Grand et bel arbre à branches dressées ou arbrisseau^ à pousses de l'année blanches et soveuses, à feuilles adultes moitié moins grandes que celles du saule fragile, à rameaux olivâtres, jaunâtres, d'un rouge-corail ou d'un jaune vif ; commun dans les plaines et les vallées de toute la France, soit planté et cultivé en oseraies ou en têtards aux bords des routes et des cours d'eau, soit spontané dans les forêts ; se trouve aussi en Algérie. Flor., avril-mai. Fructif., juin.
Le saule blanc est l'espèce la plus importante du Taille. Port, genre par les grandes dimensions qu'il peut acquérir, 25 mètres de hauteur sur 1 mètre de diamètre ; par sa rapide végétation, longtemps soutenue ; par sa longévité séculaire. Il se rencontre disséminé Suiion et sol, dans les forêts de plaines dont le sol est léger, frais ou humide, et lorsqu'il a atteint un âge avancé, il y présente assez, par le port et l'écorce, l'aspect Ècorce. d'un vieux chêne. Cependant la ramification en est RamiUcaiion. mieux graduée des branches aux ramules et ceux-ci sont plus allongés, plus grêles et plus droits. Ce
452 SALICINÉES.
saule forme des oseraies et des têtards d'une culture très productive et fournit des osiers et des liens de premier choix, surtout s'ils proviennent de la variété vitelline. Il réussit encore assez bien dans les sols secs, pourvu qu'ils soient légers.
La multiplication par boutures et plançons se fait avec la plus grande facilité ; il ne conviendrait pas toutefois d'employer ce saule à la fixation des terres délayables dans les régions élevées des montagnes, où il ne saurait prospérer.
Les jeunes pousses, qui varient du jaune vif au brun et au pourpre foncé, sont plus ou moins garnies vers les extrémités de poils soyeux, blancs et appliqués. Elles se désarticulent moins facilement que celles du saule fragile et encore cela n'a-t-il lieu que pendant peu de temps, au moment de la plus forte ascension de la sève.
Bois. Le bois du saule blanc est d'un joli rouge tendre,
uniforme, quoique parfois marqué de quelques taches médullaires plus foncées ; l'aubier en est blanc, peu abondant. Il a le grain assez fin, homo-
f^ène, se découpe aisément et nettement dans tous es sens, n'est point exposé à se gercer ; il sert à la sculpture; on en fait de la volige, etc. Complètement desséché à l'air, il pèse 0,381 (Alsace)-0,516 (Gironde) {Coll. Éc, For.), Valeur D'après les recherches de T. Hartig, du bois d'une
calorifique, tige de 10 ans, desséché à l'air et d^ne densité de 0,o6, comparé à du bois de hêtre d'une tige de 30 ans et d'un diamètre égal à celui de la précédente, également desséché et pesant 0,69, a donné les résultats suivants sur la valeur calorifique :
Poids égaux. Vol. égaux.
Plus haut degré de chaleur. . .1 ascendante 93 : 100 48,5 : 100 " ( rayonnante 100 : 100 bi : 100
Durée de la chaleur croissante. '»««"<'»■"« ^^0:100 52 : 100
{ rayonnante 80 : 100 41,7 : lOO
DuréedeJachaleurdécroissanle "scendante 80 : 100 41.7 : 100
( rayonnante 80 : 100 41,7 : 100
T^i^i ^^ i« »»»»..» ^A.,^i^»r>AA l ascendante 85: 100 44,3 : 100 Total de la vapeur développée. I ^^^^^^^^ ^q^ . ^^^ ^^ : 100
Eau vaporisée . 82 : 100 42,7 : 100
SALICINÉES. 453
Le charbon est léger, poreux, propre au dessin et à la fabrication de la poudre.
4, Saule pleureur. Salix babyloxica. Lin.
Feuilles étroitement lancéolées, très longuement et obliquement acuminées, finement dentées en scie, toujours très glabres sur les deux faces, vert-clair en dessus, le plus souvent glaucescentes en dessous. Chatons grêles, arqués, égalant à peine les feuilles de leur base, à axe poilu, écailles jaunâtres, capsules petites, sessiles, vertes, glabres, surmontées d'un style très court et de deux stigmates épais, divariqués, entiers. — Arbre de 8-10 mètres, rarement plus, à branches et à rameaux allongés, grêles, ces derniers pendant quelquefois jusqu'à terre; originaire de l'Asie centrale, répandu par la culture dans toutes les régions chaudes et tempérées du globe ; commun dans les plaines et les vallées de toute la France, au bord des eaux, sur les sols légers, frais ou humides ; on ne cultive que le pied femelle. Flor., avril-mal.
f Saule cuspidé. Salix cuspidata. Schultz. 5. Pentandra-fragilis. Wimmer ; Salix meyeriana, WUld.
Très voisin du saule à 5 étamines, dont il se distingue par les feuilles plus étix)ites, plus insensiblement cuspidées, moins fermes et moins symétriques, plus claires en dessous ; par les fleurs mâles, composées chacune de 3-5 étamines seulement ; par les capsules plus allongées et plus atténuées au sommet. Hybride du saule à 5 étamines et du saule fragile, dont il partage les caractères essentiels; rare et disséminé parmi les parents : la Moucherolle (Dauphiné) ; signalé dans les oseraies de l'Yonne (1) et de l'Indre par Boreau (Flore du centre de la France).
Le saule cuspidé croît plus rapidement encore que le saule à 5 étamines et peut atteindre, en une douzaine d'années, 12 mètres de haut sur 0™,60 de circonférence.
f Saule de Russell. Salix russelliana. Fordes. 5. fragilis-alba. Wimmer. S. v iridié. Pries.
Intermédiaire entre le saule fragile et le saule blanc ; ressemble au premier pr les rameaux étalés, les feuilles adultes fermes, glabres, dun vert pur, les chatons mâles étalésflexueux, plus gros et plus longs, les chatons femelles à capsules plus grêles et plus évidemment pédicellées ; se rapproche du second par les rameaux moins fragiles aux articulations ;
454 sALicmÈES.
par les feuilles, presque soyeuses dans la première jeunesse, ne noircissant pas par la dessiccation, presque directement acuminées; par les chatons mâles, d'un jaune clair, plus fournis ; par les chatons femelles, redressés, dont les capsules, à peine pédicellées, obtuses, sont à peu près dépourvues de style. — Hybride du saule blanc et du saule fragile, parmi lesquels on l'observe fréquemment, en raison de la multiplication par boutures et par plançons qui en a été faite.
Section IL — S, amandiers.
Jeunes pousses cannelées au sommet. Feuilles lisses et brillantes en dessus, glabres sur les deux faces quand elles sont adultes, à pétiole plus ou moins glanduleux; chatons latéraux, paraissant avec les feuilles, feuilles à la base; écailles concolores, persistantes jusqu'à la maturité; 1-2 nectaires, au moins dans les fleurs mâles; â-3 étamines libres; anthères îaunes; ovaires glabres ou tomenteux, dont le pédicelle est court, égal au plus à deux fois la glande. — Arbrisseaux élevés, dont l'ecorce s'exfolie avec Tâge dans le genre de celle du platane. Bords des eaux, dans les plaines et les montagnes de moyenne hauteur.
5. Saule à 3 étamines. Salix triandra. Lin. 5. amyadalina. Lin, Osier brun ; Osier rouge ; Osier franc ; Saule triandre ; Saule Amandier.
Feuilles oblongues-lancéolôes ou oblongues-elliptiques, 3-5 fois aussi longues que larges, à bords moyens le plus souvent presque droits et parallèles; brusquement acuminées; très glabres, même dans la jeunesse, fermes et coriaces, avec la nervure médiane saillante et fauve ; d'un vert foncé luisant en dessus, d'un vert plus clair moins luisant ou complètement glauaue et mat en dessous ; finement dentées-glanduleuses ; stipules des pousses robustes, grandes, longtemps persistantes. Chatons pédoncules et feuilles à la base, cylindriques, allongés, assez grêles, peu fournis, à axe pubescent, écailles glabres au sommet ; les mâles à fleurs presques verticillées, à 3 étamines libres, d'un jaune vif; les femelles, à capsules ovoïdes-coniques, obtuses au sommet, glabres, courtement pédicellées ; style très court, stigmates échancrés au sommet, courts, épais, horizontalement divergents.
Var. a. Conœlore, Salix triandra. Lin, Feuilles vertes ou à peines glauques en dessous.
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SALICINÉES. 455
rouge-brun-verdâtre, ayant l'odeur et la saveur des amandes douces ; revêtu à un âge avancé d'une écorce couleur de cannelle, qui s'exfolie en plaques minces et larges comme celle du platane. Très abondant dans les oseraies et saussaies qui garnissent les rives des cours d'eau de la plaine et des montagnes peu élevées ; fréquemment cultivé en tétar(^ de basse tige ; au bord des cours d'eau dans les forêts humides. Flor., avrUmai.
Le bois du saule à 3 étamines est mou, marqué de taches médullaires ; le cœur en est brun-rougeâtre clair passant insensiblement à l'aubier qui est blanc. Il pèse 0,545 {Coll. Éc.For .).
f Saule magnifique. Saux speciosa. Host. 5. Fragilistriandra. Wimmer. Salix alopecuroîdes , Tausch,
Intermédiaire entre le saule fragile et le saule à 3 étamines, dont il est l'hybride. Semblable au premier par les feuilles d'un vert clair, tendres et disposées à noircir par la pression dans la jeunesse, insensiblement et obliquement acuminées, à veines pellucides ; par les chatons mâles remarquablement développés, allongés, flexueux, fournis, d'un jaune pâle, à écailles complètement et longuement poilues, à filets des étamines très allongés ; se rapproche du saule à 3 étamines par les feuilles, qui, à l'état adulte, sont plus fermes, plus luisantes, à dents plus marquées, à nervure médiane plus saillante en dessous que dans le saule fragile ; par les stipules, bien développées et presque persistantes sur les pousses robustes ; par les étamines, toujours au nombre de trois ; enfin par les capsules assez longuement pédicellées. — Arbre élégant ou arbrisseau signalé en France avec doute ; à rechercher parmi les parents.
f Saule lancéolé. Salix lanceolata. Smith. S. triandror alba. Wimmer,
Feuilles lancéolées, parfois assez largement atténuées à la base, faiblement et peu longuement acuminées au sommet, aigument dentées en scie sur les bords, lisses, d'un vert terne, peu brillantes en dessus, plus claires en dessous, avec la nervure médiane fauve, poilues-soyeuses dans la ieunesse, complètement glabres à 1 état adulte. Chatons femelles pédoncules et feuilles à la base, cylindriques, lâches, grêles, étalésdressés, puis courbés et réfléchis par le sommet, à axe et écailles densément couverts de poils blancs crépus ; ces dernières fauves, longuement barbues sur les bords, persistantes. Ovaires légèrement pédicellés, ovoïdes-conigues, verts et glabres, surmontés dun style médiocre, épais, à stigmates divergents, bipartites, renflés. -—Arbrisseaux à rameaux étalés, brun-olivâtre, glabres, légèrement pubescents à l'extrémité, présentant les caractères mixtes du saule blanc et du saule à
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3 élamines et très probablement hybride de ces deux espèces. Bords de la Marne, de la Seine et sans doute aussi de la Loire, du Cher, de la Vienne, où il a été signalé. 11 se pourrait toutefois qu'on eût pris pour lui quelque autre produit du saule à 3 étamines et du saule viminal. (Salix undAilata. Ehrh,)
Section III. — 5. pruineux.
Jeunes pousses assez robustes, pubérulentes ; rameaux couverts (Tune elïlorescence glauque (pruineuse) ; feuilles lisses et brillantes en dessus (pubescenee à part), à pétiole non glanduleux. Chatons latéraux, sessiles, non feuilles à la base, très précoce; écailles discolores, persistantes; 1 nectaire ; 2 étamines libres, anthères jaunes ; capsule sessile, glabre. — Arbres ou grands arbrisseaux, à écorce lisse jusqu'à un âge avancé, dans le genre de celle du hêtre ; habitant le bord des eaux des régions montagneuses élevées et descendant leur cours jusque dans les vallées inférieures.
6. Saule Daphné. Salix dapunoTdes. Vill. Saule précoce ; Saule noir (dans les Alpes) ; Saule à bois glauque ; Saule à feuilles de laurier.
Feuilles elliptiques-lancéolées, 3-4 fois aussi longues que larges, assez longuement acuminées, à bords finement reployés en dessous, denticulés-glanduleux ; plus ou moins poiluessoyeuses dans la jeunesse ; fermes, planes et glabres, rappelant à l'état adulte celles du saule à 5 étamines ; vertes, lisses et luisantes en dessus, le plus souvent glauques en dessous, avec le pétiole court, élargi à la base, de couleur fauve ainsi que la nervure médiane. Stipules ovales-aiguës, adhérentes au pétiole. Chatons sessiles, non feuilles à la base, gros et fournis, à écailles discolores très velues ; les mâles ovoïdes allongés, à 2 étamines libres ; les femelles, cylindriques ; capsule ovoïdeconique, glabre, sessile, terminée par un long style à stigmates bifides, linéaires. — Arbre de 10-14 mètres sur 0",60-0",75 de circonférence, ou arbrisseau, à jeunes pousses robustes, poilues-soyeuses, bientôt glabres; à rameaux d'abord olivâtres ou brun- noirâtre, parfois rougeâtres, puis verts, et, jusqu'à l'âge de 3-5 ans, recouverts d'une elïlorescence glauque ; à écorce intérieure d'un jaune vif, à floraison très précoce, antérieure à la foliaison. Alpes et le long des cours d'eau qui en descendent jusque dans les plaines. Flor.^ février-marsavril.
Siaiion. Le saule Daphné, riine des plus belles espèces du
genre, appartient à la flore de TEurope moyenne et septentrionale ; il ne se rencontre en France que
sALicmÉES. 457
dans le massif montagneux des Alpes, du Dauphiné et de la Savoie [aux Alpes Maritimes {E. Barnat)], jusqu'à une altitude de 1,800 mètres, mais il descend parfois dans les régions inférieures avec les cours d'eau dont il garnit les rives.
Par sa station alpestre et la facilité avec laquelle Usages, il se propage de boutures, le saule Daphné peut être employé avec avantage pour fixer les terres délayables des versants exposés à Taffouillement. Il ne réussit pas, dit-on (Willkomm), sur les sols dépourvus de calcaire. Le bois, complètement desséché à Tair, pèse 0,524 {Coll. Ec. For,).
Section IV. — S. viminals.
Saules augustifoliés, à jeunes pousses très allongées, droites et flexibles (osiers). — Feuilles molles, allongées, finement ridées et mates en dessus, presque toujours soyeuses-argentées, au moins dans la jeunesse, en dessous; plus ou moins enroulées sur les bords, à pétiole non glanduleux. Chatons latéraux, sessiles, paraissant avant les feuilles, peu ou point feuilles à la base ; écailles discolores dans l'espèce type, exceptionnellement concolores, persistantes. 1 nectaire, 2 étamines libres, à anthères jaunes; capsules sessiles ou courtement pédicellées, style allongé. — Grands arbrisseaux et quelquefois arbres dont les pousses ne sont jamais décidément jaunes et dont récorce produit, au moins dans les espèces légitimes, un rhytidome fibreux -gerçure comme celui du chêne rouvre, mais beaucoup moins prononcé. Bords des eaux de la plaine ou des régions montagneuses peu élevées.
7. Saule vixninal. Salix viminalis. Lin. Saule des vanniers ; Osier blanc ; Osier vert ; Saule à longues feuilles.
Feuilles lancéolées très allongées, 6-8 fois aussi longues que larges, insensiblement et directement terminées en pointe, à bords moyens plus ou moins parallèles ; face supérieure d'un vert obscur, presque mate, finalement glabre ou pubérulente ; face inférieure densément poilue-soyeuse, à reflets argentés, avec la nervure médiane brillante et fauve; limbe plan ou plus souvent ondulé, de consistance herbacée; bords ondulés,
458 SALICINÉES.
colores, longuement velues ; les mâles, ovoTdes, à 2 éUmines libres ; les femelles, cylindriques, à capsules ovoïdes-coniques, aiguës, tomenteuses-soyeuses, sessiles; style allongé, stigmates régalant, filiformes, entiers, dépassant les poils des écailles. — Petit arbre de 4-5 mètres et même de 10 mètres de hauteur; le plus souvent arbrisseau (par la culture), à pousses nombreuses, droites, effilées, très allongées, veloutées et grises ; glabres et d'un brun-olivâtre ou marron au bout de l'année. Bords des eaux des plaines de toute la France, surtout dans le Nord; manque en Corse. Flor., mars-avril. Fructif., juin.
Le saule viminal appartient aux régions moyennes de l'Europe et croît abondamment le long des cours d'eau, sans toutefois pénétrer avant dans les massifs montagneux. Il constitue l'élément essentiel des saussaies et fournit à la vannerie commune la plus grande partie des osiers qu'elle emploie. Presque toujours cultivé et coupé à de très courtes révolutions, il est fort rare de le rencontrer sous son port naturel, surtout sous la forme arborescente, et l'on ne sait rien de précis sur la qualité et les usages du bois qu'il pourrait produire.
C'est l'une des espèces les plus nettement caractérisées et les plus stables du genre; aussi imprime-t-elle aux nombreux hybrides qu'elle concourt à produire un cachet de parenté très prononcé. *
f Saule de Smith. Salix smituiana. Willd.
Feuilles oblongues-lancéolées, acuminées, plus ou moins ondulées-crénelées sur les bords ; d'un vert sombre et mat, finement sillonnées en dessus, restant soyeuses-argentées ou se dénudant en dessous, avec la nervure médiane saillante, fauve, et les nervures latérales pourvues d'un tomentum plus long et plus lâche. Chatons sessiles, nus ou garnis à la base de quelques petites feuilles, à fleurs serrées, à écailles discolores, garnies de poils blan^ brillants ou cendrés, plus ou moins allongés ; 2 étamines liïres ; capsules ovoïdes-coniques, blanches-tomenteuses et soyeuses, pédicellées, surmontées d'un style allongé, à stigmates entiers ou bipartites, dressés ou étalés. — Groupe de formes très variées, évidemment hybrides, qui semblent procéder du saule viminal uni aux saules Marceau, cendré et à oreillettes^ mais qu'il est le plus
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Var. a. Soyeux. Salix seincans, Tausch, Feuilles lancéolées, plus larges vers la base, presque entières sur les bords, à peu près glabres et d'un vert obscur en dessus, blanches-tomenteuses, soyeuses ou argentées avec la nervure médiane saillante et fauve en dessous.
Var. p. Acuminè. Salix acuminata. Sm, Feuilles présentant la plus grande largeur au delà du milieu ; d'un vert sombre, opaques et courtement pubescentes en dessus, mollement soyeuses, finalement presque glabres et d'un vert plus clair en dessous ; assez distinctement crénelées sur les bords.
Çà et là parmi les parents, le long des cours d'eau.
Le saule de Smith, comme beaucoup d'hybrides, dont les organes de la végétation se développent avec vigueur, mérite d'être cultivé en raison ae la rapidité de croissance de quelques-unes de ces races et des abondants produits qu'elles peuvent rapporter.
t Saule multiforme. Salix multiformis. Doll. Salix triandrorviminalis. Wimmer,
Feuilles allongées, lancéolées, plus larges au-dessous du milieu, longuement, aigument et directement* acuminées, lâchement et superficiellement dentées en scie ou presque entières, à limbe souvent ondulé, d'un vert sombre, lisses et un peu luisantes en dessus, poilues-soyeuses dans la jeunesse, assez souvent finalement glabres, d'un vert plus clair, avec la nervure médiane roussâtre en dessous. Stipules ovales. Chatons sessiles ou subpédonculés, les femelles pourvus à la base de quelques petites feuilles ; écailles fauves, couvertes de longs poils d'un blanc sale ; 2-3 étamines libres ; capsules ovoïdesconiques, pubescentes ou tomenteuses, sessiles ou légèrement Î)édicellées, terminées par un style allongé, à stigmates bifides, inéaires. — Arbrisseau très variable, presque toujours femelle, intermédiaire entre le saule à 3 étamines et le saule viminal et très probablement hybride de ces deux espèces, au milieu desquelles on le rencontre à l'état de dissémination.
Var. a. Ondulé. Salix undulata. Ehrh. Forme la plus rapprochée du saule à 3 étamines, à feuilles adultes glabres et vertes, à bords planes et dentés; ovaires pédicellés; style assez long, 2-3 étamines. Bords de la Loire, du Cher, de la Vienne, de la Sarthe.
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460 SALIGINÊES.
{'eunesse d'un duvet léger, grisâtre, très caduc ; ovaires pu- )escents ou tomenteux, courtement pédicellés, à style très court ; 2 étamines. Ecorce écailleuse comme celle du saule à 3 étamines. — Bords de la Seine, de la Marne, de la Meurthe, de la Moselle, de la Loire, du Cher, etc.
Var. Y- ^ feuilles molles, Salix mollissima, Ehrh. Forme extrême, la plus rapprochée du saule viminal ; feuilles un peu enroulées sur les bords, peu visiblement dentées, vertes, peu luisantes en dessus, très finement pubescentes, tomenteuses et blanchâtres en dessous. Capsules velues-tomenteuses, sessiles, à style assez allongé ; 2 étamines. Bords des cours d'eau dans la Vienne et dans l'Anjou. Flor., avril-mai.
. Section V. — 5. drapés.
Saules augustifolés, à pousses assez allongées et flexibles ; feuilles étroites, allongées, vertes et opaques en dessus, blanches tomenteuses et farineuses en dessous, à bords enroulés ; pétiole non glanduleux. Chatons latéraux, sessiles, étroitement cylindriques, arqués-flexueux, à écailles jaunâtres, concolores, persistantes. 1 nectaire, 2 étamines plus ou moins soudées par les filets; anthères jaunes; capsules pédicellées, style apparent. — Arbrisseaux des régions montagneuses.