Saule drapé. Salix incana. Schrank
Feuilles linéaires ou longuement lancéolées-linéaires, 9-iO fois aussi longues que larges, à bords parallèles ; insensiblement et directement terminées en pointe ; d'un vert foncé mat, pubérulentos ou finalement glabres en dessus, couvertes en dessous d'un épais duvet blanc-tomenteux, persistant, qui cache entièrement la couleur glauque du fond ; bords marqués de très fines dentelures à peine apparentes, si ce n'est par les glandes qui les terminent, étroitement enroulés en dessous, excepté dans l'âge tout à fait adulte. Chatons sessiles, non feuilles ou seulement garnis de quelques bractées foliacées à la base, cylindriques, arqués-flexueux, grêles, à écailles concolores, presque glabres, légèrement pointues aux bords ; les mâles à 2 étamines ordinairement réunies par la moitié inférieure des filets ; les femelles assez lâches. Capsule ovoïdeconique, aiguë, glabre, courtement pédicellée, style allongé ; stigmates courts et bifides. — Arbrisseau de 2-4 mètres, à jeunes rameaux brun-verdâtre ou noirâtre, luisants, glabres ou tomenteux vers les extrémités, devenant parfois un petit arbre de 6-7 mètres. Régions montagneuses, au bord des torrents et des ruisseaux, dont il descend le cours jusque dans la plaine; Alpes, jusqu'à 1,800 mètres aux sources du Var {E. Burnat), Jura, Pyrénées, Cévennes, Esterel ; bords du Khône
SALICINÉES. 461
et de ses affluents, du Var, du Doubs et de la Saône ; de la Garonne, de l'Ardèche, etc. Flor., mars-avril. Fructif., mai.
Le saule drapé est l'un des premiers végétaux qui se développent sur les déjections des torrents ; il entre, sous forme de boutures, dans la construction des cordons, fascinages et barrages destinés, dans les Alpes, à consolider le sol aiïouillé des bassins de réception.
f Saule de Seringe. Salix seringeana. Gaud. S. capreaincana, Wimmer, *
Intermédiaire entre le saule drapé et le saule Marceau ou le saule à grandes feuilles, et leur hybride. Feuilles largement ou étroitement lancéolées-oblongues, courtement ou assez longuement acuminées, ondulées-crénelées, luisantes et presque glabres en dessus à l'état adulte^ blanches-tomenteuses, opaques et réticulées en dessous. Stipules semi-cordiformes, dentées, aiguës. Chatons subsessiles, les mules ovoïdesallongés, les femelles cylindriques, pourvus de quelques petites feuilles à la base ; écailles noirâtres à l'extrémité ; étamines 2, jaunes, soudées entre elles à l'extrême base par les filets; capsules blanches-tomenteuses, opaques, pédicellées plus courtement que celles du saule Marceau, coniques, aiguës, terminées par un style grêle^ assez allongé. Arbrisseau ou même petit arbre de 3-4 mètres, à rameaux épais, dressés-étalés, jeunes pousses robustes, celles de l'année brunes ou testacées, lisses, farineuses-tomenteuses à l'extrémité. Vallées alpestres ; Jura suisse au lac de Joux ; Alpes du Dauphiné (VevloL cal.).
Le saule de Seringe, signalé sur la Loire et dans rOuest, où ne se rencontre pas le saule drapé, n'est certainement pas le Salix seringeana^ Gandin ; c'est très probaolement Tune des nombreuses formes hybrides du saule viminal et du saule Marceau, réunies sous le nom de saule de Smith {S. Smithiana; var, g. Obscura, Gr. et God.).
+ Saule à feuilles d*olivier. Salix oLEiEFOLiA. Vill. S. auritorincana. Wimmer, S. cinerea-incana. Grenier.
Feuilles elliptiques-lancéolées, fermes, finement glabres et d'un vert foncé en dessus ; densément blanches-tomenteuses, mates et réticulées en dessous, à peine denticulées et très légèrement enroulées sur les bords. Chatons femelles, subsessiles, cylindriques, un peu lâches, à écailles jaunâtres, rembrunies au sommet, longuement velues ; capsule ovoïdeconique, allongée, tomenteuse, pédicellée ; pédicelle 1-4 fois
462 SALICINÉES.
plus long que la glande ; style médiocre ; stigmates bifides. — Arbnsseau à rameaux jaunâtres, presque toruleux, tomenteux dans la première jeunesse. Très rare ; on n'en connaît que des pieds femelles. Alpes du Daupbiné ; environs de Lyon ; Lozère^ aux environs de Mende.
Section VI. — S. pourpres.
Saules augustifoliés, à jeunes pousses allongées, droites, grêles, glabres et souples (osiers) ; feuilles subopposées ou alternes, subsessiles ou courtement pétiolées, lisses, mates, glabres et glauques-bleuâtres ou à pubescence caduque ; pétioles non glanduleux. Cbatons cylindriques, latéraux, sessiles, précédant la foliaison, les femelles pourvus de petites feuilles à la base ; écailles discolores, persistantes; 1 nectaire, 2étamines, réunies plus ou moins entre elles par les filets et même par les anthères ; celles-ci pourpres ; capsules sessiles ou presque sessiles, tomenteuses. — Arbrisseaux assez élevés, à écorce lisse, croissant aux bords des eaux de la plaine et de la montagne.
9. Saule pourpre. S aux purpurea. Lin. S. monandra. Hoffm. Saule à une étamine ; Osier rouge ; Verdiau (France centrale).
Feuilles le plus souvent opposées, presque sessiles, obovales-lancéolées, 4-6 fois aussi longues que larges, dont La plus grande largeur tombe entre le milieu et l'extrémité ; courtement et brusquement acuminées, bordées, dans leur moitié supérieure, de dents fines, aiguës, inégalement distantes, non glanduleuses ; planes, glauques et mates, glabres ou exceptionnement parsemées de poils soyeux et caducs, toujours couvertes en dessous d'une légère efflorescence bleuâtre; stipules presque constamment nulles. Cbatons sessiles, non feuilles à la base, le plus souvent opposés, cylindriques ; les mâles à fleurs serrées, à écailles longuement velues, à 2 étamines pourpres, complètement soudées dans toute leur longueur et représentant 1 étamine unique, 4-loculaire ; les femelles à écailles tomenteuses et moins longuement velues, à capsule ovoïde, sessile, tomenteuse ; style court ou presc^ue nul ; stigmates entiers, courts, ovales, subétalés. — Arbrisseau de 2-3 mètres, et même petit arbre, à pousses allongées, dressées, grêles, glabres et brillantes, olivâtres, rougeâtres ou pourprées. Bords des eaux de toute la France, y compris la dorse (1). Flor., mars-avril. Fructif., mai-juin.
(1) [Sa spontanéité parait cependant douteuse en Anjou et dans la plus grande partie de l'Ouest].
sâlicinbes. 463
Le saule poupre est extrêmement abondant le long de tous les cours d'eau et môme aux abords des marécages; il pénètre par les vallées dans les régions montagneuses, et, dans les Alpes, il se rencontre jusqu à Taltitude de 1,800 mètres ; [dans ses stations les plus méridionales il présente une forme à feuilles très petites, dont la dentelure semble par la suite plus profonde.] Fréquemment cultivé en oseraies, il fournit des liens et surtout des osiers recherchés par la vannerie fine. [Il est très employé, en boutures, dans les travaux de correction de torrents.]
t Saule rouge. Saux rubra. Hudson. S. purpureaviminalis, Wimmer,
Intermédiaire entre le saule pourpre et le saule viminal, dont il est l'hybride. Feuilles lancéolées-allongées, environ 6-7 fois aussi longues que larges, dont la plus grande largeur correspond à peu près à leur milieu ; longuement et insensiblement elBlées en pointe, bordées de dents superficielles ou de crénelures espacées, presque nulles vers la base ; planes ou très légèrement enroulées en dessous sur les bords ; vertes, presque concolores sur les deux faces, le plus souvent glabres en dessus, en dessous recouvertes de poils appliqués qui leur donnent un reflet argenté, sans que cette pubescence cache jamais la couleur verte fondamentale. Chatons presque sessiles, nus ou garnis à la base de quelques petites (euilles seulement, à fleurs rapprochées, à écailles longuement velues ; les mâles, ovoîdes-alfongés, à 2 étamines plus ou moins réunies à la base par les filets, à anthères purpurines, au moins à l'origine ; les femelles, épais, cylindriques, à capsules ovoïdes-aiguës, sessiles, cendrées-tômenteuses ; styles assez allongés. — Arbrisseau élevé, à rameaux bruns ou jaunâtres, affectant deux formes principales : l'une, plus voisine du saule viminal (Var. a. viminaloîdes, Gr. et God.), reconnaissable surtout à ses feuilles longuement acuminées, à bords enroulés ; l'autre, se rapprochant davantage du saule pourpre (Var. p. purpureoîdes, Gr. et God.), et se distinguant par ses feuilles obovales-lancéolées, plus courtement acuminées, planes sur les bords et un peu glauques en dessous. Assez commun le long des cours d'eau, parmi les parents. Flor., mars-avril. Fructif., juin.
f Saule de Pontédera. Salix ponteoerana. Schlei-