Genévrier de Phénicie. Juniper us phitknicea. Lin
Feuilles de deux sortes ; les unes aciculaires et piquantes,
étalées, ne se développant en général que dans le jeune âge ;
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les autres restant squamiformes, très petites, opposées-croisées, étroitement imbriquées, ovales, presque obtuses au sommet, très bombées et sillonnées sur le dos. Fruits brièvevement pédoncules, solitaires, dressés, globuleux, formés de 6-8 écailles, de la grosseur d'un pois à celle d'une petite cerise [J. Lycia. Lin.), rouges et luisants à la maturité. — Arbrisseau ou petit arbre touffu, pyramidal, pourvu de feuilles aciculaires dans la jeunesse, mais les perdant plus tard plus ou moins complètement, à floraison dioîque, accidentellement monoïque, recouvert d'une écorce d'un brun-rouge, longuement gerçurée, lamelleuse-ûbreuse, assez épaisse. Rochers et collines de h France méditerranéenne: Alpes du Dauphiné; région méditerranéenne des Alpes Maritimes aux Pyrénées-Orientales; Corse et Algérie. Flor., mai. Fructif., automne de la seconde année.
Taille. Le genévrier de Phénicie atteint 5-8 mètres d'élé-
vation sur 2 mètres et plus de circonférence, reste rameux dès la base et, par ses branches touffues, produit une cime allongée, conique. Il se plaît aux expositions chaudes, sur les versants pierreux et rocheux [et s'élève jusqu'à 1,200 mètres dans les Alpes à l'exposition méridionale {Flahault)] ; dans la Camargue, à l'embouchure du Rhône, il forme à lui seul des fourrés d'une grande étendue, touffus et presque impénétrables.
Bois. Le bois a le grain fin ; il est tenace, susceptible
d'un beau poli ; l'aubier en est blanc, abondant, nettement distinct du bois parfait, qui est d un brun-jaunâtre assez foncé ; l'odeur en est désagréable et caractéristique. Il pèse, complètement desséché à l'air libre, 0,675-0,918 {CoCL Éc. For.),
Ce bois est bon combustible et fournit un charbon estimé.
5. Genévrier Sabine. Juniperus Sabina. Lin. G. Fétide. Sabinier. Sabine mâle.
Feuilles très variables, sur 4, plus rarement sur 6 rangs, celles des rameaux de l'année squamiformes, lâchement imbriquées, rhomboïdales-aiguës ou presque obtuses, convexes, avec une glande résinifère allongée, d'un jaune brillant sur le dos; celles des rameaux plus âgés subaciculaires, libres et étalées à l'extrémité, linéaires-lancéolées, piquantes. Fruit de la grosseur d'un pois à celle d'une petite cerise, ovoïde-globuleux, formé de 4-6 écailles, d'un noir-bleu, couvert d'une efllorescence glauque à la maturité, terminant des ramules
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latéraux écailleux, réfléchis et plus courts qu'eux. — Arbrisseau généralement monoïque, étalé et diffus, à longues branches très touffues, procombantes, redressées au sommet ; devenant parfois un petit arbre tortueux, à cime irrégulière, à écorce gris-brun, gerçurée, fibreuse, exhalant par toutes ses parties, quand on les froisse, une odeur forte et désagréable. Alpes et Pyrénées; fréquemment cultivé. Flor., mai-juin. Fructif., automne de la môme année.
La Sabine reste le plus souvent à Tétat d'arbris- Taille. Port, seau, dont le tronc, dressé et rameux dès la base, mesure 1-4 mètres d'élévation ; elle devient parfois un arbre de 8-12 mètres de hauteur et de 2-3 mètres de circonférence. Le feuillage en est très touffu et d'un vert sombre uniforme.
Ce genévrier se trouve dans les lieux arides et Suiion. montagneux, particulièrement sur les sols calcaires, où il forme quelquefois à lui seul de petits massifs boisés, à Saint-Crépin, dans les Hautes-Alpes, par exemple. Il croit lentement, mais la longévité en est très élevée.
Le bois, avec l'aubier blanc, peu abondant et Bois, parfaitement tranché, est, à l'état parfait, d'un joli rouge-cramoisi plus ou moins vif, . qui passe rapidement sous l'action de la lumière ; il est léger, d'un grain très doux et homogène et se coupe avec netteté dans tous les sens ; il possède une odeur agréable, vive et pénétrante, longtemps persistante, jouit d'une résistance remarquable, d une durée très prolongée. Il a pour densité 0,461-0,566 {Coll. Éc, For,),
Malgré ces qualités, la sabine n'est en France que d'un mince intérêt, en raison de sa rareté, delà lenteur de sa croissance et de ses faibles dimensions.il en est tout autrement d'une espèce très voisine, mais de grande taille, le genévrier de Virginie (J. Virginiana, Lm.), qui se trouve abondamment représentée ' dans l'Amérique du Nord. Le bois, tout semblable à celui du genévrier sabine, en est très recherché pour les constructions, pour pieux, poteaux, conduites d'eau ; on en fait oeaucoup d'articles de tour et de marqueterie ; l'on en exporte même pour
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TEurope, où il est employé à confectionner les enveloppes de crayons.
La térébenthine contenue dans les feuilles et dans Técorce de la sabine a une saveur acre et amère ; elle possède des propriétés médicinales très énergiques (1).
(1) Genévrier thurifère. Juniperus thirifera. Lin. G.
d'Espagne, G. à encens.
Voisin di
du genévrier sabine. Feuilles des rameaux et des ramules principaux subaciculaires, aiguës ou acuminées, piquantes et étalées à leur tiers supérieur ; celles des ramules, grêles, squamiformes, lâchement imbriquées, convexes sur le dos, aiguÇs ; les uns et les autres d'un vert un peu glauque, marquées d'une glande dorsale résinifére. Galbules gros (7-11 millimètres) de 4-6 écailles, d'un brun-bleu, couverts d'une elDorescence glauque. — Arbrisseau ou arbre de 4-5 mètres, à branches très étalées, écorce brune. Algérie, très rare.
GENRE. — CALLITRIS. CàLLITRIS. Vent,
Floraison monoïque sur des rameaux didérents. Chatons mâles et femelles solitaires, terminant des ramules latéraux ; les mâles, petits, ovoïdes, composés de 10-20 étamines opposées-croisées, dont le connectif forme une écaille peltée, sous les bords de laquelle sont 4-5 loges polliniques, longitudinaiement déhiscentes; les femelles, composés de 4 écailles opposées en croix, étalées au moment de la floraison, devenant charnues, se rapprochant et se soudant entre elles plus tai*d ; les deux externes plus grandes, biovulées, les deux internes plus petites, uniovulées. Galbule de 4 écailles ligneuses, épaisses, inégales 2 à 2, non peltées, se séparant à la maturité, les extérieures cordiformes, largement concaves au dehoi-s, les intérieures plus petites, reployées sur elles-mêmes en gouttière vers le dehors, coupées carrément à l'extrémité ; contenant 6 graines irrégulièrement coniques, bordées de chaque côté d'une aile membraneuse qui, du sommet, se prolonge en s'élai*gissant beaucoup au dessous de la base. Embryon 3-5-cot}iédoné; maturation annuelle. — Arbrisseaux ou arbres à rameaux articulés, verts, à feuilles soudées et confondues avec les rameaux, libres seulement à l'extrême sommet sous forme d'une très petite écaille triangulaire, glanduleuses ou non sur le dos, semblant verticillées par 4, mais opposées-croisées et inégales 2 à 2.
Bois analogue à celui des genévriers, mais beaucoup plus dense.
GalUtris quadrlvalve. Callitris qdadrivalvis. Vent. Thuya artkulata. Vahl. Thuya articulé.
Seule espèce du genre. — Arbres ou arbrisseaux à ramules
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GENRE II. — CYPRÈS. CUPRESSUS. Toumef,
Floraison monoïque. Chatons mâles très petits, cylindriques, terminaux sur les ramules. Chatons femelles
abondants^ grêles, presque dichotomes, verts, semblant nuls, en réalité couverts de feuilles opposées-croisées, soudées avec eux si ce n'est par l'extrême pointe, ç[ui est libre sous forme d'une petite écaille élargie, triangulaire ; à galbules ovoïdes, quadrivalves, de la grosseur d'une petite cerise, brun-cannelle, couverts d'une efflorescence glauque-bleuâtre ; à écorce brune, assez finement gerçurée-rugueuse, remplie d'un grand nombre de gros canaux réslnifères longitudinaux. Flor., fin d'octobre. Fructif., juin-juillet de l'année suivante. Commun en Algérie ; manque dans la province de Constanline.
Le callitris, plus connu sous le nom de thuya articulé, est [habituellement] un arbre de 5-6 mètres d'élévation, pouvant arriver à 15 mètres et plus, dont la circonférence atteint 1 mètre, exceptionnellement 2 mètres ; rameux dès la base, il se dénude en vieillissant et forme une cime pyramidale ou plus souvent étalée en parasol, en raison des dévastations auxquelles il est exposé dans les forêts de l'Algérie ; la ramification en est diffuse et se termine par des ramules articulés, comprimés, presque dichotomes.
Le couvert est léger.
La graine du callitris perd assez promptement sa vitalité et ne peut guère se conserver que de l'automne au printemps ; elle germe peu de temps après le semis.
Le jeune plant lève avec 3-6, habituellement 4 feuilles cotylédonaires ; les feuilles primordiales sont étalées, sous forme d'aiguilles allongées, libres ; mais celles qui se produisent par la suite s'imbriquent les unes sur les autres, se redressent, se soudent toujours davantage entre elles et avec le ramule, pour prendre enfin la disposition normale précédemment décrite.
Cet arbre occupe en Algérie de grandes étendues de pays et forme des massifs boisés importants, soit seul, soit mélangé avec le pin d'Alep, l'olivier, les philarias, etc. ; il habite les pays de coteaux et les régions moyennes des grands massifs montagneux. Il vient à toutes les expositions et ne demande qu'un sol léger.
La végétation en est toujours très lente.
Le callitris repousse abondamment de souche et forme des taillis serrés et complets.
Le bois a l'aubier blanc, peu abondant (15-40 couches), nettement trancbé ; il devient rouge-brun assez foncé à l'état parfait : les accroissements en sont minces et sont subdivisés.
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également terminaux, presque globuleux, composés de 6-12 écailles multiovulées, produisant un gaibule de même forme et d'un égal nombre d'écaillés opposéescroisées, ligneuses, épaisses, terminées en boucher tétrahexagonal, mucronées vers le centre, persistantes et s'eutr'ouvrant pour la dissémination. Graines, attachées en grand nombre, sans adhérence complète, au support de chaque écaille ; longues de 4-6 millimètres, d'un roux
5 eu luisant, très irrégulières, généralement ovoïdeséprimées, amincies sur les bords en une aile peu développée. Maturation bisannuelle; embryon à 2-3 cotylédons. — Arbres à feuilles squamiformes, étroitement imbriquées sur quatre rangs, couvrant entièrement les rameaux et les ramules, qui sont grêles et extrêmement nombreux.
Bois, — Bois blanc, assez lourd, à accroissements assez
odeur vive et caracléristique. Sa densité varie de 0,690 à 0,954 (Coll. Ec. For.).
Ce bois a le grain fin et homogène, se travaille et se polit fort bien ; il est lourd et en quelque sorte indestructible, car dans les ruines romaines on le retrouve en parfait état de conservation, encore doué de toute son odeur. Très propre à la menue charpente et à la menuiserie, il fournit de plus un excellent chauffage et un charbon de très bonne quahté.
Les fréquents incendies que les Arabes ont la coutume d'allumer pour se procurer des pâturages, en détruisant à des reprises répétées toutes les parties superficielles du callitris, provoquent sur les souches la formation d'une mullitude.de bourgeons ; il en résulte des broussins souterrains qui peuvent atteindre un volume considérable et fournissent à l'ébénisterie un bois de placage de nuances riches et variées, finement moucheté. Pour la fabrication des petits meubles de fantaisie, ce bois ne le cède en^eauté à aucun bois exotique, même parmi les plus précieux. C'est lui que les Romains connaissent sous le nom de Citre et dont ils faisaient des meubles qui étaient pour eux l'objet d'une véritable passion : une table de citre fut payée jusqu'à 1,400,000 sesterces (environ 350,000 fr.). La production de ces broussins n'est malheureusement qu'accidentelle et due à un système de dévastations qu'il est urgent de réprimer; le développement s'en fait d'ailleurs avec une lenteur excessive.
Tous les organes du callitris contiennent abondamment une térébenthine de saveur amère, un peu acre, d'une odeur analogue à celle du camphre ; on l'obtient au moyen d'incisions longitudinales que l'on pratique dans l'écorce jusqu'au bois. Lorsque l'évaporation a fait disparaître l'essence, il reste une résine dure, blanche, qui n'est autre que la sandaraque.
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épais, mais subdivisés, plus encore que ceux des genévriers, par des zones de tissu plus dense et plus coloré, qui renaent souvent impossible la distinction des couches annuelles. Odeur aromatique.
Cyprès pyramidal. Cupressus fastigiata. DC. Cyprès d'Italie, Cyprès toujours vert, Cyprès femelle.
Feuilles triangulaires, glanduleuses sur le dos ; branches et rameaux redressés contre la tige comme dans le peuplier d'Italie. Galbules de 2-3 centimètres de diamètre, d'un grisbrun un peu luisant, composés de 10 écailles ligneuses, renflées-peltées à leur extrémité, légèhemept mucronées en leur centre. — Arbre élevé, à écorce très mince, lisse ou très superficiellement fendillée en long, d'un gris-rougeàtre ; originaire de l'Asie, fréquemment planté dans le midi de la France et en Algérie. Flor., avril. Fructif., août de la seconde année. Disséminât., automne ou printemps suivant.
Le cyprès pyramidal atteint 25 mètres de hau- Taille. Port, teur sur 2 mètres de circonférence ; la tige, droite, élancée, cannelée, est garnie, à partir d'environ 2 mètres du sol, de branches nombreuses, serrées et redressées, qui forment une cime étroite, allongée,
f)ointue. Il croît en plaine, sur les coteaux et dans Suiion et sol. es régions montaraeuses inférieures à toutes les expositions ; se plaît dans les sols secs, légers et profonds.
Le bois de cyprès est blanc ou très légèrement Bois, teinté de jaune-brunâtre, presque comme celui du sapin ; il est homogène, à grain fin et serré, se travaille facilement et a une odeur aromatique vive et agréable. Il pèse 0,616-0,646 {Coll. Éc. For\).
Il est employé et très estimé comme bois de charpente et de menuiserie ; il a une durée presque illimitée sousTeau et il fournit deséchalas qui résistent bien plus longtemps, dit-on, que ceux en chêne.