Pin Weymouth. Pinus strobus. Lin. Pin du Lord
Feuilles longues de 6-8 centimètres, très grêles, trigones, vertes et luisantes sur la face dorsale, glauques et mates sur les deux autres^ finement denticulées sur les bords vers l'extrémité et, par suite, rudes au toucher quand on les passe à rebours entre les doigts ; redressées en plumet ou légèrement étalées, à gaine très caduque. Chatons mâles ovoïdes, peu nombreux, longs de 1 centimètre; chatons femelles plus courts, cylindriques, solitaires, opposés ou verlicillés. C45nes grêles, cylindracés, atténués à l'extrémité, longs de 11-14 centimètres, de 25 millimètres de diamètre, légèrement arquée, pédoncules et pendants dès le commencement de la 2* année, ne se désarticulant pas, d'un brun-violacé à la maturité, tout à fait mats; écailles à écusson ridé longitudinalement, peu épaissi, à ombilic terminal. Graine longue de 5-6 millimètres, de même forme et de même taille que celle du pin Laricio, mais luisante et d'un gris légèrement brunâtre, pourvue d'une aile aiguë qui est 2 fois et demie aussi longue qu'elle. Embrvon 7-9 cotylédoné et même plus. — Arbre très élevé, à tige droite^
ABIÉTINÉES.
élancée, à cime allonçée, conique-^guë^ très régulièrement vertkilîée ; à écorce gns-verdàtre, lisse jusqu'à un âge avancé. Originaire de l'Amérique septentrionale, parfaitement naturalisé et souvent cultivé en France. Flor., fin de mai. Fructif. et dissém., automne de l'année qui suit celle de la floraison.
Le pin Weymouth est un très grand arbre, qui, Taille. Port, dans sa patrie, atteint 60 mètres d'élévation, 6-8 mètres de circonférence; la croissance active et soutenue qu'il conserve en Europe donne à penser qu'avec le temps il y atteindra des dimensions semblables. Il a la tige très droite, élancée, très régulièrement verticillée ; la cime en est allongée et toujours aigué, composée de branches relativement grêles. A l'état d'isolement, les branches inférieures ne périssent pas, gardent tout leur feuillage et s'allongent horizontalement, de sorte que l'arbre tout entier forme une large pyramide feuillée dès la base et du plus bel effet. En massif, les branches inférieures se dessèchent, mais persistent longtemps en cet état, à la manière de celles de l'épicéa.
L'enracinement est très puissant, plus développé Enracinemem encore que celui du pin sylvestre. Il se compose d'un pivot fort et long, de grosses et longues racines latérales. Le volume réel de la souche et des racines est estimé à 20 p. 100 du volume superficiel {T. Hartig, )
La feuille persiste peu de temps, 2 ans, et souvent Couvert, même à la fin de l'hiver l'arbre ne possède plus que celles de l'année précédente. Néanmoins le couvert est assez complet, en raison du développement de la cime en longueur.
L'écorce a la plus grande analogie avec celle du Écorce. sapin, mais elle est d'une consistance beaucoup plus molle, au point de céder sous la pression du doigt. On y observe un périderme externe, lisse et brillant, d'un gris-verdâtre satiné, soulevé çà et là en forme de petites ampoules par une térébenthine très fluide, incolore et transparente, qui s'est accumulée dans les nombreux réservoirs du parenchyme cortical sous-jacent. Ces réservoirs sont de deux sortes : de larges canaux résinifères, dont les plus gros sont
AfilÉTINÉES.
disposés suivant une^zone circulaire interne, en dehors de laquelle s'en trouvent beaucoup d'^utr» plus petits et épars ; puis des vacuoles sans relation avec les canaux, qui commencent à s'organiser dès 10 ans et se développent de plus en plus jusque dans le liber. Yers 15 à 30 ans et même 40 ans seulement, un périderme interne s'organise, par places d'abord, dans les couches superficielles du liber, détruit toutes les parties parenchymateuses qui le recouvrent ; il s'étend ensuite de proche en proche, envahit toute l'écorce et provoque la formation d'un rhytidome gerçure, écailleux, mais non lamelleux comme celui des pins à 2 feuilles. Le liber interne encore vivant se distingue nettement de celui des autres essences de cette famille par le grand nombre de cavités résinifères qu'il renferme ; on y trouve, de plus, des canaux rayonnants.
Fniciificâiion. La fructification a lieu de bonne heure, surtout pour les pins isolés ; en massif, ce n'est que vers 50 ans qu'elle devient abondante et régulière et que les graines sont do bonne qualité. Les années de semences se succèdent alors tous les 2-3 ans, sans qu'il y ait jamais disette absolue. Les cônes ont les écailles très lâchement imbriquées et s'ouvrent sous la moindre chaleur ; aussi la dissémination se faitelle dès l'automne. Il faut se garder, si on les récolte, d'en^ployer pour les ouvrir une chaleur artificielle, d'ailleurs inutile, parce qu'alors ils laissent suinter une térébenthine qui agglutine les écailles et les graines.
Graine. Le kilogramme contient 61,000 graines désailées ;
le litre 25,200.
Germination. Le jeune plant lève 3-4 semaines après le semis de printemps, avec 7-8 feuilles cotylédonaires, et. comme tous les pins, ne produit pendant la première
ABIETINEES.
Le pin Weymouth présente des exemples d'accroissements extraordinaires et Ton en voit, qui, à 30 ans, mesurent 22 mètres de hauteur et 0™,d3 de diamètre.
Le Weymouth habite, en Amérique, les régions de collines ou de montagnes peu élevées et particulièrement les grandes plaines à sol profond et frais ; il est commun le long des cours d'eau et réussit encore dans les lieux tourbeux. Il recherche en France des conditions identiques.
Le bois est blanc, très faiblement rou^eâtre au cœur, léger, mou, homogène, à peine résmeux ; la zone d'automne en est mince et peu différente de celle du printemps ; les canaux résinifères sont gros et rares , la térébenthine qu'ils contiennent est presque entièrement composée d'essence volatile. Coupé vert, il pèse 15-20 p. 100 moins que le pin sylvestre, 10-15 p. 100 moins que le sapin et l'épicéa; desséché à l'étuve, il perd presque moitié do son poids (T. Hartig). C'est donc un bois peu recommandable, qu'on prendrait aisément pour du peuplier, s'il présentait des vaisseaux au lieu de canaux résinifères; qui, de plus, manque d'élasticité, se déjette fortement et manque de durée. C'est enfin un combustible inférieur même au sapin, surtout lorsque la dessiccation lui a fait perdre presque tous ses principes surhydrogénés.
Cette appréciation est bien différente de celle que plusieurs auteurs ont faite de ce bois en Amérique, où ils le représentent employé très fréquemment à toutes sortes d'usages : charpente des édifices et des maisons privées, construction des ponts, menuiserie, tonnellerie, layetterie, etc. C'est, disent-ils, l'unique bois de mâture des Etats du Nord et du milieu de l'Union et il résiste mieux qu'aucun autre aux injures du temps.
Les conditions différentes de végétation que le
Croissance.
Pairie.
Bois.
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on n'a pu soumettre à l'expérience que des bois jeunes encore, tandis que ceux que les Américains emploient sont sans doute d'un âge élevé; mais elles ne sauraient l'expliquer entièrement. En effet, si la comparaison de bois jeunes, ayant crû en France, et de bois d'â^e moyen, originaires de TEtat de Vermont (Etats-Unis), fait reconnaître que les
{)remiers offrent des accroissements plus larges que es seconds et une moindre proportion de bois d'automne, elle établit néanmoins qu'ils sont les uns et les autres mous, légers et dépourvus de résine. Ceux de France pèsent, complètement desséchés à lair, 0,320-0,488 ; ceux de TEtat de Vermont pèsent, dans les mêmes conditions, 0,379-0,422 (CoU.Ec\ For.). Il faut donc admettre qu'en attribuant des qualités éminentes au bois de Weymouth, il y a eu de l'exagération. Qu'on ait employé ce bois,"^ faute de mieux, à la mâture, c'est très possible ; mais il est certain qu'il ne s'est distingué ni par la résistance, ni par la souplesse et la durée ; aussi la marine de l'Etat a-t-elle renoncé, en Amérique, à son usage (1).
Térébenihine. La térébenthine est abondante dans toutes les parties du Weymouth ; mais contenant très peu de résine, elle se volatilise rapidement et ne donne lieu à aucune extraction importante.
(1) [Ce n'est pas seulement dans son pays d'oriçine que le bois de pin Weymouth de provenance américaine jouit d'une certaine faveur ; importé en Europe, il fournit un bon bois de menuiserie: il y fournit même des mâtures, mais il était sou> ce rapport considéré comme de qualité inférieure dans les arsenaux de la marine à l'époque où la confection des mâtures y avait de l'importance.
Quant au bois obtenu des pieds plantés en Europe, sans doute, il n'a ni densité ni dureté considérables; il n'a pas non