FAMILLE IV
TAMARISCINÉES. .1. SointHU.
Fleurs hermaphrodites, régulières ; calice gamosépale, 5 l) divisions ; corolle de 5 pétales marcescenls : étamines l) ou iO, plus ou moins monadelphes à la base, insérées sur le réceptacle ou sur un disque hypogyne ; anthères introrsps, niloculaires, longitudinalement déhiscentes. Ovaire l-loculaire, multiovulé, à placentation pariétale, produisant une capsule polysperme à 3 valves, dont chacune porto au milieu de sa base un placentaire court ou allongé, (iraines aigreltées, non albuminées. — Arbrisseaux et quelquefois arbres entièrement glabres, à rameaux elfilés, allongés, ramules très grêles, feuilles très petites, éparses, caduques, embrassantes, squami-
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formes et imbriquées, non stipulées, leur donnant l'aspect des cyprès. Bourgeons nus. Fleurs petites, rosées, en grappes simpjes, cylindriques, nombreuses.
Bois. — Tissu fibreux peu abondant ; rayons peu nombreux, égaux, assez épais et médiocrement hauts (l"»'n,5), concourant pour près de moitié à la formation du bois ; vaisseaux inégaux, assez gros et nombreux dans le bois de printemps, décroissant en dimension et en nombre vers le bois d'automne, ou ils sont petits et rares ; isolés ou réunis par 2-8 en groupes irréguliers, ayant une tendance à constituer des zones concentriques, surtout apparentes vers le bord externe ; du parenchyme ligneux peu distinct accompagne et entoure les groupes. Bois demi-lourd, demi-dur, blanc, blanc jaunâtre dans l'aubier, passant au cœur au rouge clair assez vif ; dont les couches annuelles sont bien distinctes, les maillures prononcées et nombreuses.
Les tamariscinées offrent beaucoup d'analogies avec les saules par leur mode de végétation, par leurs fruits capsulaires, leurs graines nombreuses, petites, aigrettées, par leur station au bord des eaux, par leur facile reproduction de boutures. Ils se trouvent particulièrement sur les sols sablonneux du littoral de la Méditerranée, deTOcéanetle long de certains cours d'eau ; en Algérie, ils boisent parfois à eux seuls des surfaces considérables. Leur rapide croissance, leur abondante reproduction par semences et rejets, la réussite certaine des boutures les rendent très propres à consolider les sables mobiles, à fixer les atterrissements des fleuves et des deltas. On les cultive souvent comme arbrisseaux d'ornement [et aussi comme abri pour les cultures].
L'écorce est astringente et produit un rhytidome libérien assez densément, longuement et profondément gerçure.
A. 5 étamines sur un disque hypogyne; bractées grêles, ne dépassant pas les fleurs ; graines à aigrette sessile Tamarix. . 1
A'. 10 étamines sur le réceptacle ; bractées robustes, débordant les fleurs ; graines à aigrette stipitée MYRicAmE. 2
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GENRE I. — TAMARIX. TAMARIX. Lin.
Calice 4-5 flde ; pétales 4-5 ; étamînes 5, très courtement monadelphes a la base, insérées sur un disque hypogyne ; 3 styles ; graines à aigrette sessile, fixées au fond de la capsule.
A. Feuilles étroitement blanches-scarieuses
sur les bords ; étamines saillantes, à
anthères apiculées T. de France. 1
A'. Feuilles largement blanches-scarieuses
sur les bords; étamines non saillantes,
à anthères mutiques T. d'Afrique.. 2
1 . Tamaris de France. Tamarix galuga. Lin. Feuilles très petites, imbriquées, élargies ou un peu rétré-
cies à la base, acuminées, à bords étroitement blancs-scarieux, un peu glauquos. Fleurs petites, rosées, globuleuses ou ovoïdes (T. Anglica, Webb.) dans le bouton, formant le long des ramules de nombreuses grappes simples, grêles, cylindriques, peu denses, qui constituent dans l'ensemble une sorte de vaste panicule ; étamines débordant la corolle, assez longuement apiculées. Capsule insensiblement ou brusquement atténuée de la base au sommet, pyramidale ou ovoïde trigone. Littoral de rOcéan pour le T. Anglica. Webb., et de la Méditerranée pour le type; France, Corse (1). Algérie, etc Flor. , mai-juillet.
Ce tamarix est habituellement un arbrisseau d'une végétation rapide ; en Algérie, où il est abondant, il devient en vingt ans un arbre de 10 mètres de hauteur sur 1 mètre et même deux mètres de circonférence. A cet âge, il entre en retour et se pourrit rapidement.
Le Dois est cassant, prend beaucoup de retrait et se gerce profondément ; il n'a pas de durée. Sa densité à l'état sec varie de 0,646 à 0,766 (Coll. Éc. For.).
Il fournit un médiocre combustible et im mauvais charbon.
L'écorce est astringente et pourrait servir de tan.
2. Tamarix d'Afrique. Tamarix africana. Poiret. Feuilles vertes, largement blanches-scarieuses sur les bords,
élargies à la base, acuminées. Fleurs plus grandes que dans
(1) [Cette indication est fort douteuse et dans tous les cas l'espèce serait très rare dans l'île, j
TAMARISCINÉfig. — TILIACÉES. 25
l'espèce précédente, ovoïdes dans le bouton, disposées en grappes simples nombreuses, oblongues-cylindriqaes, épaisses et serrées le long des rameaux : étamines ne débordant pas la corolle, à anthères obtuses â l'extrémité. Capsule ovoïde trigone, insensiblement atténuée au sommet. — Arbrisseau.de 2-3 mètres de hauteur, sur 5-8 décimètres de tour^ à feuillage plus fourni et moins grêle que celui de l'espèce précédente. Côtes de la Provence, du Languedoc et de la Corse ; commun en Algérie, où il atteint de plus grandes dimensions qu'en France. Flor., juin-août.
Le bois, complètement desséché à Tair, a pour densité 0,627-0,693 (Co//. Éc. For.).
GBNRE II. — MYRICAIRE. MYRICARIÀ, Dm).
Calice 3-partite ; étamines S, monadelphes sur les 2/3 de leur longueur, insérées directement sur le réceptacle. Style nul. Graines à aigrette stipitée, insérées sur la partie inférieure d'un placentaire pariétal.
Myricaire d'Allemagne. Myricaria germanica. Desv. Tamarix d'Allemagne. T. germa/nica. Lin.
Feuilles glauques, linéaires-obtuses, ponctuées. Fleur sroses, pédicellées, en grappes simples, allongées, lâches à la base, denses et atténuées au sommet, terminant les ramules et rameaux et formant par leur réunion une panicule resserrée, pyramidale ; étamines en 2 verticilles, alternativement plus courtes et plus longues, non saillantes. Capsule allongée, pyramidale. — Sous-arbrisseau de 1-2 mètres, très glauque, à tiges dressées, rameuses, rameaux raides et droits, un peu anguleux. Rives des torrents et des rivières du Dauphiné, de la Savoie, où il est commun, des Corbières, des Pyrénées centrales, où il est très rare. Flor., juin-juillet.
Le myricaire d'Allemagne est, dans la région qu'il habite, Tune des premières plantes qui apparaissent sur les atterrissements sablonneux que les fleuves déposent le long de leur cours.