‹ Flore forestièreChapitre 37 sur 295 · FAMILLE VL · texte numérisé non relu

FAMILLE VL

ACÉRINÉES. DC.

Fleurs régulières, hermaphrodites, fréquemment polygameé ou môme monoïques, par avortement des ovaires ou des étamines ; calice caduc, gamosépale, à 4-9, ordi-

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nairement 5 divisions, alternant avec autant de pétales ; 4-12, le plus souvent 8 étamines insérées sur un renflement circulaire du réceptacle (disque) ; anthères biloculaires, longitudinalement déhiscentes ; ovaire bilobé, biloculaire, à loges 1-2-spermes ; placentation axile. Samare double, pourvue de longues ailes latérales ; graine exalbuminée. — Arbres à feuilles non stipulées, opposées.

GENRE UNIQUE. — ERABLE. ACER. Lin.

Calice à 5 divisions ; corolle de 5 pétales ; 8 étamines ; feuilles opposées, simples, palminerviées (érables indigènes). — Arbres de grande ou de moyenne taille, à rameaux opposés, dont les feuilles, longuement pétiolées, sont 3-7-lobées et constituées par 3-7 nervures palmées, d'égale force à peu près, donnant naissance à des nervures secondaires pennées et ramifiées en réseau veineux. Les fleurs, petites et d'un jaune verdâtre, paraissent avec les feuilles ; le plus souvent hermaphrodites, quelquefois mâles, sur le même pied ou sur des pieds distincts, elles sont disposées en grappes ou en corymbes terminaux. Les bourgeons sont enveloppés de 4-8 paires d'écaillés pétiolaires, opposées croisées et imbriquées.

Bois. — Tissu fibreux dominant, serré, à parois épaisses ; rayons nombreux, sensiblement égaux, médiocres, fins ou très fins, peu hauts ; vaisseaux nombreux, égaux, isolés ou accolés 2 à 4 dans le sens ravonnant, uniformément répartis, environnés de parenchvme ligneux (non reconnaissable à la loupe). Bois lourd, dur, blanc, souvent très faiblement teinté aerougeâtre ou de jaunâtre, satiné, à maillures fines et nombreuses, sans distinction d'aubier et de bois parfait, très homogène, dont les accroissements annuels se reconnaissent néanmoins assez aisément à l'aide d'une zone mince, opaque, d'un tissu fibreux très serré qui se trouve à la limite extrême de chacun d'eux. Le nom d'Actr (fort) fait, dit-on, allusion à la qualité du bois des érables. Bon combustible, très recherché pour le travail, peu sujet à se tourmenter et à se gercer, peu e.iposé à la vermoulure, ce bois se pourrit rapidement quand il reste exposé aux variations de l'atmosphère et ne peut servir aux constructions.

L'écorce est variable avec les espèces ; le liber, Écorce. développé régulièrement par couches annuelles dans la jeunesse, reste plus tard en arrière des accroisse-

36 ÀCERINÉËS.

mente ligneux, de sorte que l'on n'en trouve que 20-25 couches sur un arbre de 100 ans. Feuilles. Les feuilles contiennent beaucoup de matières

inorganiques : desséchées à Tair, elles peuvent en effet produire en poids par leur combustion jusqu'à 28 p. 100 de cendres (Schleiden et Schmidt). (/est 3 fois plus que les feuilles du chêne, près de 5 fois plus que celles du hêtre, 12 fois plus que celles du sapin.

Sève. La sève des érables est chargée de sucre identique

à celui de cannes. On l'obtient en pratiquant au

Srintemps et vers le pied de l'arbre, préférablement u côté du sud, 2 trous de tarière qui ne pénètrent pas jusqu'au cœur. Il s'en écoule pendant 6 semaines une sève limpide, dont la quantité et la richesse en principes solubles vont toujours en décroissant. D'un érable sycomore de 30-40 ans on peut obtenir de la sorte 34-46 kilogr. de sève, contenant 5,1 à 4,7 p. 100 de sucre, que l'on isole en concentrant et faisant cristalliser. Cfes chiffres n'ont d'ailleurs rien d'absolu et varient comme les circonstances qui influent sur la végétation. Cette extraction ne se fait qu'en sacrifiant l'accroissement et parfois la vie des arbres ; elle est néanmoins opérée en grand dans l' Amérigue du Nord sur l'érable à sucre {Acer saccharinum. Lin.).

Outre cette sève limpide et sucrée, les érables contiennent, dans les faisceaux des nervures et des pétioles et dans ceux du liber, des sucs propres particuliers, aqueux chez les uns (E. sycomore), blancs laiteux chez les autres (E. plane et champêtre). Ëonémis. Les ennemis des érables, parmi les insectes, sont peu nombreux et peu redoutables. Les principaux sont:

Parmi Ifts roMSioPT^.RRS ! Ifts Cantharîdfta iLutta

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Parmi les lépidoptères : les chenilles, à 16 pattes du Cossus gâte-bois, qui vivent dans le bois ; du Liparis disparate et de TOrgye pudibonde, déjà citées (voir Tilleul), qui rongent les feuilles ; celles du Bombyce livrée {Bombyx neustria. Lin.), reconnaissables à leur corps non tuberculeux, légèrement poilu, orné de bandes longitudinales dont l'une est blanche, dont les autres sont rouge-brun et grisbleu ; [la belle chenille de la Noctuelle de Térable (Acronycta aceris), jaune avec des touffes de poils jaunes sur les côtés et sur le dos des taches blanches auréolées de noir, peu nuisible parce qu'elle n'apparaît qu'au milieu de l'été.]

A. Fenilles mates, blanchâtres en dessous ; inflorescence penchée.

B. Feuilles à 5-7 lobes dentés.

C. Lobes séparés profondément par des sinus très aigus ; mflorescence en grappe

pendante E. Sycomore 1

C. Lobes séparés peu profondément par des sinus anguleux ouverts, presque droits ; inflorescence en

corymbe penché E. a feuilles d'obier. 2

B\ Feuilles à 3 lobes, séparés par des sinus anguleux, à angle droit; inflorescence en corymbe penché E. de Montpellier. . . 5

A'. Feuilles vertes plus ou moins luisantes en dessous; inflorescence en corymbe dressé B. Feuilles à 3-5 lobes, séparés par des sinus en angles aigus légèrement arrrondis au sommet E. champêtre 4

B*. Feuilles à 5 lobes, séparés par des sinus arrondis très ouverts E. PLANE 3

1. Érable Sycomore. Acer pseudoplatancs. Lin. Grand érable; Erable de montagne; Faux-platane.

Feuilles grandes, cordiformes à la base, 5-lobées, à lobes ovales à peine acumiiiés, fortement et inégalement dentés, séparés profondément par des sinus très aigus ; fermes, glabres, luisantes et d'un vert sombre en dessus ; mates, glauques et

ACÉRINÉES.

Port.

Fruclificalion .

GermiDalion.

Croissance.

Enracinement.

poilues le Iod^ des nervures principales en dessous. Fleurs verdàtres, à limbe dressé, paraissant après les premières feuilles, disposées en grand nombre par grappes pédonculées, allongées, piendantes. Samares bossues-anguleuses à la base, à ailes rélrécies inférieurement et dressées-étalées. — Arbre de grande taille, à écorce d'un gris jaunâtre mat, lisse jusqu'à 30-40 ans, s'écaillant ensuite dans le genre de celle du platane, mais moins régulièrement, moins complètement et par plaques plus petites; bourgeons gros ovoïdes, obtusément 4-angulaires, glabres, à écailles herbacées, vertes, étroitement bordées de noir-brun ; les latéraux redressés-étalés sur le rameau ; sucs

fropres aqueux . Bois montagneux, descendant en plaine dans extrême nord de la France. Flor., mai. Fructif., septembre.

L'érable sycomore est un arbre de première grandeur, qui, en massif, développe une longue tige nue, cylindrique, rarement droite, et une cime assez mince semblable à celle du hôtre, quoique moins fournie en rameaux, qui sont opposés et assez robustes. lia une grande longévité; ses larges feuilles lui forment un couvert épais.

Isolé, cet érable fleurit, et fructifie vers 20-30 ans, abondamment et annuellement ; ses fruits, mûrs en septembre, se disséminent en octobre ou restent sur Tarbre une partie de Thiver. Il en faut 21-23,000 pour un kilogramme.

Le plant lève en avril, si le semis a été fait en automne, 5 ou 6 semaines après le semis du printemps ; il produit d'abord deux feuilles cotylédonaires allongées, entières, bientôt suivies d'autres feuilles ovales-lancéolées, fortement dentées, mais point encore palmatilobées. Rarement il dépasse 2 décimètres au bout de la première année. La racine, peu pivotante, pousse beaucoup de ramifications latérales et de chevelu.

La croissance est active dans la jeunesse et devient parfois gênante, comme celle aes bois blancs, pour les autres essences avec lesquelles le sycomore s'élève en mélange. A 30 ans, sa hauteur est double de celle d'un hêtre de même âge ; plus tard, cette croissance se ralentit et, à l'exploitabilité, les produits sont sensiblement égaux.

L'enracinement de l'arbre consiste en une forte

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souche, d'où partent beaucoup de longues racines, qui s'amincissent rapidement, de sorte que la masse principale du bois est concentrée et d'une extraction facile. On en retire 20-25 p. 100 du volume superficiel.

Les souches produisent des rejets abondants et vigoureux.

Le sycomore est disséminé dans les forêts et ra- SuUon et sol. rement il entre pour une portion notable dans la composition des peuplements ; il y est le plus souvent mélangé au hêtre, dont il a toutes les exigences. Son abondance et sa bonne venue sont l'indice d'un sol fertile, riche en principes nutritifs minéraux.

Il préfère les pays accidentés aux plaines, et démsse, dans les montagnes, la région des sapins. Dans les Alpes il parvient jusqu'à 1,500 mètres d'altitude. Un arbre de cette espèce atteint, dans le Haut-Jura, près de Gex, 6 mètres de circonférence à 1™,50 du sol et recouvre de sa cime une surface de plus de 60 mètres carrés.

L'écorce conserve sa surface lisse !et vive, d'un Écorce. cris jaunâtre, pendant longtemps ; puis des lames de périderme se développent dans son écorce primaire et forment un rhytidome brun rougeâtre assez clair, qui tombe par écailles peu étendues. On y trouve à peine des traces de tannin.

Le bois de l'érable sycomore est blanc, peu lustré ; Bois, il est, de ceux du genre, le moins compacte et le moins dense, celui dont les vaisseaux sont les plus gros, dont les rayons, légèrement inégaux, ont le plus d'épaisseur et déterminent les maillures les plus apparentes. Il est très recherché des menuisiers, mécaniciens, tourneurs, luthiers et sabotiers. La densité en est variable et se trouve comprise, pour les échantillons de la collection de l'École forestière, entre 0,572 et 0,740.

La valeur calorifique d'un bois de cette espèce,

Ksant 0,74, comparée à celle d'un hêtre de 0,72, m et l'autre de 100 ans et complètement desséchés

40 AGlbtlNÂES.

à Tair, est exprimée par les chiffres suivants (T. Hartig) :

Poids égaux. Vol. égaux.

Plus haul degré de chaleur. . .1 "scendanle m : 100 iW : |00 ^ l ravoniianle 90 : 100 99 : 100

Durée de la chaleur croissanle. asiendanle 109 : 100 112 : 100

( rayonuante 11z : 100 115 : 100

Durée de la chaleur décroissanle «seendanle 81 : lOo 83 : 100

( ravonnanle ôO : 100 51 : 100

Total de la vaneur déveloDoée \ a^iendanle 96 : 100 99 : 100 loiai de la vapeur développée. | ^^^^^^^^ ^ . ^^^^ gg . iqq

Eau vaporisée 107 : 100 110 : 100

L'examen de ces chiffres fait voir que l'érable sycomore est un bon bois de chauffage, qui produit un haut degré de chaleur, longtemps soutenu, mais dont la combustion décroît rapidement, par suite de la prompte extinction des charbons. Il fournit un charbon équivalent à celui du hêtre.

Ô. Érable à feuilles d'obier. Acer opuufouum. Villa rs. Duret; Ayard (Dauphiné). À. rotundifolium, Lam. À. Italum, Lauth. A. Opultis, Ait.

Feuilles assez grandes, cordiformes à la base, à 5-7 lobes courts et larges, à peine acuminés ou même arrondis-obtus, irrégulièrement crénelés, séparés par des ^sinus peu profonds, anguleux, ouverts; coriaces, vertes et glabres en dessus, mates et glauques en dessous, où elles sont tantôt glabres avec les nervures principales velues, tantôt grises- tomenteuses sur toute la surface (Erable napolitain, A. JSeapolitanum, Tenore ; A. obti*satum, Willd). Fleurs d'un jaune vei*dâtre, en corymbe sessile, penché. Samares très renflées-bossues à la base, à ailes dressêps-étalées ou presque parallèles, non étranglées inférieurement. — Arbre de 6-7 mètres d'élévation, souvent buissonnant, d'un port irrégulier et à cime étalée, dont l'écorce, lisse et grise jusqu'à l'âge moyen, devient plus tard gerçui'éeécailleuse, assez épaisse et brun-jaunâtre ; boui^geons fusiformes-aigus, arrondis, enveloppés d'écailles sèches et brunes, grises-tomenteuses, à bords glabres ; fleurs paraissant avec les feuilles ; surs propres aqueux. Disséminé dans les forêts montagneuses du Sud et du Sud-Est jusqu'à une altitude considérable ; Jura, Alpes du Dauphiné et de la Provence, Cévennes, Pyrénées. La variété Erable napolitain se rencontre en Algérie où elle est assez commune dans la région montagneuse. Flor., mars-avril.

Bois. Le bois de Férable à feuilles d'obier est très voisin

ACÈRmÊES.

rougeâtre ; il est très recherché par les menuisiers, charrons et tourneurs: il fournit un combustible estimé. Les densités fournies par la collection de l'École forestière varient de 0,618 à 0,795.

S. Érable plane. Ager platanoîdes. Lin. Plaine.

Feuilles grandes, rarement entièrement planes, minces et de consistance herbacée, vertes, concolores, glabres et luisantes sur les deux faces, cordiformes à la base, à 5-7 lobes bordés de quelques longues dents ; lobes et dents acuminés très aigus, séparés par des sinus ouverts très arrondis. Fleurs d'un jaune-verdàtre, à périgone étalé, disposées en corymbes dressés, presque sessiles. Samares planes à la base, à ailes étalées, non rétrécies inférieurement. — Arbre de grande taille, ayant beaucoup d'analogie avec l'érable sycomore pour le port, mais dont l'écoi^ce, lisse et mate dans la jeunesse et d'un gris rougeâtre plus prononcé que celle de ce dernier, ne s'écaille pas plus tard et forme un rhytidome finement et longitudinalement gerçure; bourgeons gros, les latéraux exactement appliqués, à écailles glabres, herbacées, rouges ou vertes, terminées de brun ; sucs propres blanc-laiteux. Disséminé dans les bois accidentés ou montagneux de toute la France sauf en Corse, mais, en général, plus rarement que l'érable sycomore. Flor., avril-mai. Fructif., septembre.

L'érable plane n'a pas la croissance aussi active Croissance, et aussi soutenue que celle du sycomore ; toutes circonstances égales, à 100 ans il reste en retard sur ce dernier de j pour la hauteur, 1 pour le diamètre, presque { pour le volume.

Il se trouve dans les mêmes localités, souvent en Siaiion et sol. mélange avec lui, et atteste également, par sa bonne venue, une grande richesse du sol en principes inorganiques solubles ; néanmoins il n'atteint pas des régions aussi élevées, et il supporte un plus haut degré d'humidité. Ses fleurs, plus précoces d'au moins 15 jours, paraissent avec les premières feuilles.

Le bois de l'érable plane ressemble beaucoup à Bob. celui du sycomore, mais il est d'un blanc moins pur, souvent rougeâtre; les rayons et les vaisseaux en sont plus fins; il est plus exposé à la vermoulure. Moins estimé comme bois de travail, il parait l'emporter comme combustible, car la densité en est un peu supérieure : relevée sur les échantillons de l*

ACiRIIfteS.

Croissance.

Écorce.

Bois.

collection de TÉcole forestière, elle se trouve comprise entre 0,563 (Bas-Rhin) et 0,842 (Var).

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