ESPÈCES EXCLUES OÙ A RECHERCHER POUR LA FLORE DE BELGIQUE
S. acuminata Su. Brit. 1068.
Chatons sessiles munis de quelques bractées à la base; capsule ovalelancéolée, pédicellée, tomenteuse; pédicelle égalant la longueur de la glande; style plus long que les stigmates; stigmates filiformes indivis ; feuilles oblongues-lancéolées, acuminées, à bords ondulés, légèrement dentées-glanduleuses, glauques tomenteuses à la face inférienre, tomentum opaque.
Observation. D’après M. Dumortier cette espèce croîtrait in sylvis humidis passim. Avec de telles indications on est peu renseigné.
Le même auteur, dans sa Florula belgica, énumère le S. acuminata SmirH; mais ici il y a évidemment erreur de sa part, puisqu'il rapporte à l'espèce de Smith les variétés que Seringe a créées du S. acuminata Horr. non SmiTx (S. cinerea L.)
Dans la Monographie des Saules de Belgique, M. Dumortier énumère l'espèce de Smith et celle de Hoffman.
S. repanda Duwrr. Prodr. FI. belge, p. 12, n. 45, Sal. F1. belg. in Bull. Soc. bot. belg. 1862, p. 144.
Chatons ovales-cylindriques; ovaires pubescents; style allongé; feuilles longuement lancéolées-courbées, glabres à la face supérieure, soyeuses argentées à la face inférieure; stipules squamiformes, très-caduques.
Oseraies des bords de la Vesdre.
S. tuberculata Duurr. Prodr. Flor. belg. p. 13, N° 55; Sal. FI. belg. in Bull. Soc. bot. Belg. 1862, p. 146.
Chatons ovales-cylindriques ; ovaires pubescents; feuilles longuement lancéolées, glabres à la face supérieure, pulvérulentes à l’inférieure ; rameaux tnberculeux. Arbrisseau.
Bords de l’Escaut. -- Tournay. R.
Observation. Je regrette que l’auteur de cette espèce et de la précédente n'ait pas répondu au désir que je lui ai exprimé de pouvoir étudier sur des échantillons types ces deux formes. Les descriptions que j’en donne sont la traduction de celles que M. Dumortier a donné dans la Florula belgica et dans la Monographie des Saules de la Flore belge.
L'auteur de ces deux ouvrages attache une grande importance aux caractères des glandes qui accompagnent les fleurs; c’est au moins ce qu'il tend de prouver dans les quelques pages qui précèdent la partie descriptive. Nous trouvons done très-étrange que les diagnoses de ses espèces soient dépourvues de tout caractère sur cet organe.
S. stipularis Suiru. Brit. 1069.
Toujours, d’après M. Dumortier, cette espèce appartiendrait à la Flore belge; elle croitrait à Tournay et dans les Flandres. N’a-t-on pas pris pour le S. stipularis certaines formes du S. viminalis L. avec lequel cette espèce a beaucoup de ressemblance? C’est une chose à vérifier.
Après tout, le seul vrai caractère qui sépare le S. stipularis du S. viminalis, est les bractées qui, dans cette première espèce, sont atténuées-lancéolées et égalent la longueur du pétiole; tandis que dans le S. viminalis, elles sont plus courtes que cet organe.
D’après Van den Bossche cette espèce croitrait en Zélande; dans la Gueldre suivant Abeleven. Elle n'existe pas en France.
S. arbuscula L. Lapp. n° 552, t. 8, f. n.
Cette espèce, indiquée par M. Dumortier comme ayant été récoltée par Michel et Lejeune dans les bois des environs de Franchimont, ne me
parait pas être là dans une station naturelle; je suis porté à croire qu’elle ne se sera trouvée là qu’accidentellement.
J’engage et je désire que mes confrères, qui exploreront les environs de Franchimont, fassent des recherches en vue de retrouver cette intéressante espèce.
S. nigricans SuiTs. Tran. Lin. Soc. 6, p. 120.
Dans sa Monographie des Saules de la Flore belge, M. Dumortier énumère cette espèce comme ayant été rencontrée par nous dans la province du Brabant. En effet, un pied de cette intéressante espèce existe à notre connaissance dans un bois voisin de la pépinière de Perck où il a été planté en compagnie d’autres espèces étrangères à notre Flore. Ainsi done, elle est à rayer de la Florule du Brabant. Nous croyons qu’il en est de même pour les deux autres stations indiquées par M. Dumortier : in Salicelis flandriæ (Musche) Limburgtüi sept. (Membrede).
Cette espèce existe en France sur les Hautes-Alpes ; Haut-Jura, dans les tourbières ; elle est entrainée par les eaux des hautes vallées alpines dans le Rhin, et c’est ainsi qu’elle croît sur les bords de ce fleuve à Strasbourg. En Allemagne, elle croît sur les Alpes; Seringe l’indique aux environs de Berne; je l’ai recue de l'Écosse.
S. depressa L. F]. suec. ed. 2 p. 552.
Chatons fructifères pédonculés, pédoncule feuillé; capsule ovale, longuement lancéolée, pédicellée, tomenteuse; pédicelle cinq fois aussi long que la glande; style court ; stigmates ovales, bifides, feuilles obovales, elliptiques, entières ou obtusément dentées, glaucescentes, velues-pubescentes, les adultes glabres; stipules réniformes.
Observation. I. Le S. depressa est voisin du S$. aurita ; il s’en distingue, toutcfois, par ses chatons mâles plus grêles; les femelles plus lâches, par ses feuilles adultes planes, glabres, ordinairement entières.
Observation 11. M. Dumortier indique cette espèce comme ayant été observée dans les oseraies du Limbourg par M. Membrede.
Je ne sais si c’est relativement à cette station que M. Crepin émet des doutes sur l’existence du S. depressa L. en Belgique.
S. incana ScHRanck in GREN. et Gop. F1. fr. 3, p. 198; Koc Synop. 562; Serinc. jard. 2, p. 28 ; Wesu. not. 7 et exsicca, S. lavendulœæfolia Lapey, arb. 601 in SERING ess.! S. riparia WiLL», sp. #4, p.698; S. angustifolia Por. in Duh. arb. t. 29; S. rosmarinifolia Horr. Vyiv. (non L.); S. elæagnos Scor. carn. 2 p. 257 in Dumrr. Sal. 21.
Chatons paraissant avant les feuilles, subsessiles et munis de quelques feuilles bractéolées à la base ; les mâles longs de 18 à 20 mill., arqués;
bractéoles ovales, tronquées, jaunâtres, ridées en travers presque glabres, n’atteignant pas la moitié de la longueur des filets plus ou moins soudés à la base. Chatons femelles plus courts que les mâles (14 à 16 mill.), grêles, lâches ; bractéoles arrivant à peu près au sommet de la capsule, très-légèrement poilue au sommet; capsule sessile ou subpédicellée, glabre; style assez long (1 mill.); stigmates courts et bifides; glande ne dépassant pas la base de l'ovaire. Feuilles lancéolées-linéaires, longues, acuminées, superficiellement dentées-ondulées, glabres et d’un vert foncé en dessus, blanches duveteuses et à bords enroulés en dessous.
Bords des marécages tourbeux. — Mangombroux et Jalhay, Les. ; Echternach, Tin. in Duurr. Sal. indig. Cette espèce est cultivée comme arbuste d'ornement dans presque tous les parcs. Les pépinières de Belgique ne possèdent que la femelle.
Il est probable que dans les deux localités citées par Lejeune la plante n’y croit pas spontanément.
S. pentandra L. sp. 1442; Gren. et Gop. F1. fr. 5, p. 124; Kocn, Synop. p. 2956; SERING, Ess. p. 68 et FI. jard. 2, p. 59 ; Dumrr. Sal. n. 58; Wesue. Not. 1 etexsic. S. laurifolia Hort. belg.
Chatons contemporains des feuilles portés sur un pédoncule ramuliforme, long de 20 à 50 mill., feuillé, étalé ; les mâles longs de 40 mil. env. un peu compactes, à axe velu ; bractéoles oblongues, légèrement velues à la base; étamines cinq, rarement plus, à filets poilus à la base, à peu près trois fois aussi longs que les bractéoles. Chatons femelles longs de 45 à 50 mil., lâches, à axe pubescent ; bractéoles oblongues, légèrement velues, dépassant sensiblement la moitié de la capsule ovoïde conique, glabre, à pédicelle de 4 mil. un peu plus long que la glande ; style de 1 mil. ; stigmates épais, échancrés et bilobés. Feuilles ovales-elliptiques ou ovaleslancéolées, assez analogues à celle du Laurier, un peu glutineuses, vertes et luisantes à la face supérieure, plus pâles en dessous, trèsglabres, dentées, à dents obtuses; pétiole glanduleux au sommet ; stipules lancéolées, droites, équilatères. Arbrisseau et parfois arbre de 10 à 12 mèt. de hauteur.
Lieux humides. -— Franchimont, Les., Maestricht, Dumrr. Sal. 39 Spontané ? La même observation est à faire que pour l’espèce précédente.
Observation. Le S. cuspidata Scnurrz, publié dans notre collection des Saules de Belgique, doit se rapporter au S. fragilis L. Cette espèce est donc à rayer de la Flore belge.