FIBRES
S. cinereo-repens Wiumer. S. argentea Hort. S. repens d argentea Kocu. fl. germ.
Chatons femelles courts (15 mill.) munis de quelques petites feuilles bractéales à la base, bractéoles ovales orbiculaires, couvertes de poils qui atteignent la moitié de l’ovaire ; ovaire porté sur un pédicelle de 3 mill., deux fois plus long que la glande ; ovaire pubescent; style plus court que les stigmates qui sont bifides. Chatons mâles longs (530 mill.) plus ou moins pédonculés et munis de feuilles bractéales; bractéoles ovales-orbiculaires, couvertes de poils surtout au sommet.
Feuilles ovales, elliptiques, ou elliptiques-allongées, aiguës ou plus ou moins arrondies au sommet, à face supérieure couverte, dans le jeune àge, de poils blanes appliqués qui disparaissent presque totalement dans la suite ; face inférieure tomenteuse argentée même à l’état adulte; stipules ovales, entières, à base inégale, couvertes de quelques - poils courts; jeunes rameaux tomenteux argentés, mais devenant glabres dans la suite.
Bonheyden-Berlaer (Anvers), Casteau.
Cet hybride a beaucoup de rapprochements avec la forme du S. repens que l’on observe dans les dunes de la Flandre Occidentale.
S. repenti-aurita AUERrS. WaLp.
Chatons sessiles, puis plus ou moins pédonculés, munis de quelques bractées à la base. Chatons mâles courts (12 à 15 mill.); bratéoles couvertes de poils courts, crépus. Chatons femelles longs de 15 à 18 mill. portés, à l’époque de leur complet développement, par un péconcule à peu près aussi long qu'eux ; bractéoles lancéolées-linéaires, couvertes de poils courts ne dépassant pas le tiers inférieur de l'ovaire qui est pubescent et porté par un pédicelle 4-5 fois plus long que la glande ; style court ; stigmates bifides. Feuilles elliptiques, obovales ou lancéolées-obovales, brusquement acuminées ou arrondies au sommet, soyeuses à la face inférieure dans le jeune âge, puis légèrement pubescentes, assez fortement rugueuses supérieurement, superficiellement et inégalement dentées ; nervures anastomosées en réseau saillant à la face inférieure ; stipules en demi-cœur ou plus ou moins lancéolées ; bourgeons légèrement pubescents ; rameaux et ramules pubescents dans le jeune âge, glabres à l’état adulte; écorce rougeâtre ou brunâtre.
Arbrisseau de 0,50 à 1 mètre d’élévation, à ramifications courtes ; assez semblable au S. aurita à l'époque de la floraison, mais se reconnaissant immédiatement à l'inspection de très-jeunes feuilles ; plus tard, la plante à un cachet tout particulier.
La part contributive des deux espèces ascendantes a été singulièrement différente; l’hybride a emprunté presque tous ses caractères à sa mère; ses feuilles sont intermédiaires comme forme entre les ascendants, et plus grandes que celles de l'espèce mère. Ce dernier caractère n’a rien de bien surprenant, car dans beaucoup d'hybrides on constate une luxuriance dans les feuilles. Quant aux organes de la reproduction ils diffèrent peu de ceux du S. Aurita, bien que les chatons mâles soient plus courts que dans cette espèce; les chatons femelles sont portés par un pédoneule plus long que dans l'espèce mère.
Lisière des bois. — Elleweyt.
$. albo-fragilis Wimuer. S. fragilis 5 pendulu Fries, in GRen. ct Gop. FI. fr. in, p. 125! S. Russeliana Suiru. brit. p. 1045. Kocu. Sal. Europ. p. 15; Dunur. Sal. belg 56. S. fragilis 7. Russeliana Kocu. Syn. p. 557 ; WesmL. not. p. 4.
Chatons femelles lâches à axe velu, très-longs, 80 à 100 mill. ; munis de feuilles florales à la base Bractéoles étroitement lancéolées, légèrement poilues à la base, sur les bords et au sommet. Ovaire glabre porté sur un pédicelle de { mill. Style long 1 mill. ; stigmates bilobés, bifides ou en eroix. Chatons mâles longs de 50 à 70 mill., feuillés à la base ; bractéoles atteignant ou dépassant les anthères, couvertes de poils très-longs peu abondants.
Feuilles étroites, longuement acuminées au sommet, légèrement soyeuses dans le jeune âge à la face inférieure, toujours glauques en dessous à l’état adulle, mais conservant quelquefois un certain nombre de poils.
Rameaux glabres, grêles, pendants, à écorce rougeûtre.
Cet hybride considéré par Smith et par Seringe comme espèce est regardé par beaucoup de botanistes comme simple variété du S. fragilis. Son aspect général le rapproche évidemment de cette espèce du moins pendant le temps qu’il est paré de son feuillage. En hiver on le reconnait à ses rameaux grêles, pendants, couverts d’une écorce rougeàtre. Mais si à côté de ces différents caractères on cherche de fusionner certains autres caractères du S. alba, on arrive à reconnaitre que l’espèce de Smiru n’est qu’un intermédiaire entre les S. alba et S. fragilis. Si l’on considère la structure des organes femelles on s'aperçoit qu’elle s’écarte notablement de celle du S. fragilis. En effet : cette espèce a un ovaire porté par un pédicelle deux ou trois fois plus
long que la glande; son style atteint ordinairement 2 mill. de longueur, et les stigmates sont un peu moins longs, bifides et en croix. Si à côté des caractères tirés de l'organe femelle du S. fragilis nous recherchons ceux qui s’observent dans le S. alba, on constate que l'ovaire est subsessile ou subpédicellé, suivant qu’on l’observe à un âge plus ou moins avancé; que le court pédicelle est égal en hauteur à la glande, même lorsque l'accroissement de l'ovaire est terminé ; son style est très-court.
En comparant maintenant l'organe de la plante que je considère comme hybride; je trouve tous caractères intermédiaires entre les deux espèces légitimes. Pour ce qui est des feuilles, le S. alba a cédé la forme des siennes, et le S. fragilis la vestiture qui caractérise son feuillage.
Bords des chemins, planté dans certaines prairies, oseraies, R, env. de Bruxelles, C., A. C. env. de Mons.
S. cinerco-caprea Win.
Chatons subsessiles munis de quelques petites bractées à la base ; les mâles... chatons femelles longs de 50 à 60 mill. sur 8-10 de large; bractéoles dépassant peu la base de l’ovaire, très-fortement barbues; pédicelles 5 à 6 fois plus longs que la glande; ovaire pubescent ; style très-court ; stigmates bifides. Feuilles elliptiques, obovales, elliptiquesobovales, ou ovales, plus ou moins acuminées ou arrondies au sommet, ondulées, superficiellement crénelées ou dentées, couvertes à la face inférieure d’une pubescence grisätre; nervures plus ou moins saillantes ; stipules en demi-cœur ou réniformes, dentées ; bourgeons gros, glabres ou pubescents; rameaux glabres ou pubescents suivant les sujets; écorce des plantes âgées de deux ou trois ans brunâtre ou jaunâtre.
Arbre ou grand buisson assez diflicile à reconnaitre avant le développement des chatons; mais très-reconnaissable lorsque ces derniers sont développés ; ils existent toujours en petit nombre aux extrémités des rameaux ; ses bractéoles sont plus fortement barbues que celle du S. caprea, mais à poils plus courts que dans le S. cinerea. Son feuillage tient beaucoup plus de cette dernière espèce ; néanmoins on en observe où la fusion s’est opérée entre les deux ascendants.
Bois humides, Vilvorde, Melsbrouck, Peuthy.
$S. aurito-cinera WINMER.
Chatons sessiles puis subsessiles, munis de quelques bractées à la base. Chatons mâles longs de vingt à vingt-cinq mill. ; bractéoles couvertes de poils grisâtres qui arrivent environ au tiers inférieur des filets. Chatons femelles de même longueur que les mâles ; bractéoles lancéolées, à som-
AE
met dépassant peu la base de l'ovaire, couvertes de poils courts, blanes ; capsule soyeuse, portée sur un pédicelle de 2 mill.; style court ; stigmates bifides.Feuilles elliptiques, elliptiques-obovées ou obovales,les unes brusquement aiguës à sommet droit ou terminé en pointe recourbée, les autres aiguës ou arrondies, ces dernières terminées par une pointe recourbée très-courte, ondulées dentées ou subentières, à face supérieure d’un vert sombre, plus ou moins rugueuses, glauques et couvertes d’un duvet variant d'intensité à la face inférieure ; nervures très-saillantes formant un réseau ; stipules grandes, réniformes, à bords ondulés-dentés ; bourgeons glabres sur certains sujets, pubescents sur d’autres.
Pousses de l’année précédente glabres, jeunes pousses de l’année en voie de développement légèrement pubescentes.
Arbrisseau de 4 à 1", 50, à rameaux courts.
Par ses chatons mâles l’hybride se rapproche beaucoup du S. cinereu, avec cette différence, toutefois, qu'ils sont plus courts ; ses bractéoles le rapprochent également de cette espèce. Les chatons femelles au contraire, ont beaucoup plus d’analogie avec le S. aurita. Quoique plus longs que ceux de cette espèce ils en ont néanmoins l'aspect. Les bractéoles jaunes à la base et brunâtres au sommet, les poils et la longueur même des bractéoles sont autant de caractères qui tirent leur origine du S. aurita.
Les feuilles de l’hybride sont très-polymorphes et dans certains cas sur un même sujet; cependant elles s’écartent davantage de la forme qui s’observe chez le S. aurila ; il y a prédominance du S. cinereu. La nervation est bien celle qui s’observe chez le S. aurita. Certaines feuilles ont emprunté le caractère qui s’observe au sommet de cette même espèce ; la face inférieure est couverte d’un tomentum plus abondant et de couleur plus grise que dans le S. aurila.
En résumé, par ses feuilles, l’hybride se rapproche beaucoup plus de l'espèce considérée comme porte-graine.
Bois, bords des chemins. — Bergh, Campenhout.
S. aurito-caprea Wivuer !
Chatons subsessiles, puis plus ou moins pédoneulés; les mâles longs de 12-15 centim. ; bractéoles ovales-acuminées, longuement barbues, colorées comme celles du S. aurita, à poils arrivant environ à la moitié de la Jongueur des filets. Chatons femelles longs de 50 à 55 centim. environ; bractéoles ovales-cuspidées ; pédicelle 5-6 fois plus long que la glande ; ovaire très-pubescent ; style presque nul ; stigmates courts bilobés. Feuilles obovales, elliptiques-obovés, elliptiques, à sommet plus ou moins brusquement acuminé, terminé en pointe recourbée, ondulées-dentées, à nervures très-saillantes, vertes sur les deux faces, mais l’inférieure couverte d’un tomentum blanchätre, ce qui donne à cette face une couleur d’un vert-grisâtre; bourgeons glabres ;
OURRE
stipules semi-cordées ou réniformes, ondulées-dentées. Jeunes pousses pubescentes, mais devenant glabres dans la suite, écorce des jeunes branches brunâtres ou rougeàtres. Arbrisseau de moyenne taille à rameaux assez courts; quelquefois très-courts et toruleux.
Cette hybride par ses chatons est plus voisine du S. aurita que du S. Caprea. Les quelques pieds que nous avons rencontrés au moment de la floraison avaient le port du S. aurita. Les feuilles de l’hybride sont généralement plus grandes que celles du S. aurita, mais par leur contour elles se rapprochent beaucoup plus de celles de cette même espèce que du S. caprea; il en est de même du réseau formé par les nervures, mais le tomentum est emprunté au S. caprea. Les bourgeons sont généralement de grosseur moyenne; ils sont glabres, et les jeunes pousses auxquelles ils donnent naissance sont légèrement pubescentes, puis deviennent complètement glabres.
En résumé, la part des caractères léguée par le S. aurita est bien plus grande que celle fournie par le S. caprea.
Bois. — Peuthy, Bergb, Bonheyden.
S. Amygdalina-viminalis Wiuver. S. hyppophæfolia Tuui, FI. par. 514.
Chatons se développant en même temps que les feuilles, pédonculés; à pédoncule muni de quelques feuilles. Chatons femelles longs de 20 à 40 mill.; bractéoles jaunâtres ou érubescentes au sommet, arrivant environ au tiers inférienr de l'ovaire, étroites, arrondies ou tronquées au sommet, velues et longuement poilues au sommet; ovaire glabre ou pubescent, porté par un pédoncule aussi long que la glande ou deux fois plus long (S. undulata Euru.); style assez long, de même longueur que les stigmates bifides.
Feuilles lancéolées, oblongues-aiguës ou lancéolées étroites, aiguës, ou acuminées, denticulées, à bords enroulés dans le jeune âge, pubescentes, puis glabres à l’état adulte ; stipules en demi-cœur ou lancéolées, falciformes.
Arbrisseau plus ou moins élevé à écorce verdâtre.
Oseraies. Elleweyt, environs de Gand (Scheidweiler); Liége, (Morren).
Observation 1. — Wimmer distingue deux formes hybrides originaires des S. amygdalina et Viminalis; dans un cas, la première espèce fournirait le pollen, tandis que dans l’autre union elle remplirait le rôle de mère. Le S. undulata Euru. est pour Wimmer le S. viminaliamygdalina, tandis que le S. hyppophæfolia Tuuiz est le S. amygdalinaviminalis.
Observation I. — Cet hybride présente tous les intermédiaires entre les deux ascendants; l'ovaire est glabre ou pubescent, et il peut même être glabre à la base et poilu au sommet. Son feuillage se rapproche
beaucoup plus du $S. viminalis, alors qu’on considère la forme
Hyppophæfolia; tandis que dans le S. unduluta elles sont plus voisines du S. amygdalina.
S. viminali-cinerea Wimwer. S. phylicifolia Tuuiz. in GRex. Goo. FI. fr. 5, p.151; Coss. Germ. FI. env. par. S. rugosa Sn. in herb. Backer! S. Smithiana à nitens Grex. et Gon. FI. fr. 5, p. 151! S. Smithiana Wizzo.; S. holosericea Ser. Ess. p. 57!
Cet hybride, voisin du précédent, en diffère par plusieurs caractères. Les bractées des chatons femelles ne sont jamais arrondies au sommet; elles sont ovales-lancéolées, plus grandes; les poils sont plus longs; le style est un peu plus long également ; les stigmates égalent les styles. Feuilles ovales lancéolées, très-grandes lorsqu'elles sont portées par des pousses naissant de la souche (19 à 15 cent. sur 5 à 5,5), irrégulièrement crénelées, celles des rejets légèrement ondulées, blanches tomenteuses en dessous, à bords enroulés, légèrement pubescentes au-dessus dans le jeune âge, puis glabres; stipules Jlancéolées, plus ou moins cordées à la base.
Observ. I. Le S. viminali-cinerea diffère du S. cinereo-viminalis par plusieurs caractères très-tranchés. Ses rameaux sont courts comme ceux du S. cinerea ; les feuilles sont plus larges; les chatons femelles plus densément velus. En résumé, les caractères de l’hybride le rapprochent beaucoup plus du S. cinerea que du S. viminalis, lequel lègue sa vestiture aux feuilles.
Cet hybride est cultivé comme le précédent, seulement les brins qu'il donne sont courts, et c’est pour ces motifs qu’on le conduit en têtards ; sous cette forme il produit, tous les quatre ou cinq ans, des perches d’une belle dimension et qui sont estimées des campagnards pour en confectionner des manches d'instruments de culture.
Les nombreux échantillons que j'ai reçus de France, d’Allemagne, de Suisse etc., sont tous du sexe femelle.
Observ. 11. Les auteurs qui regardent comme deux espèces distinctes les S. Smithiana Wir. et S. Seringeana Gaun., énumérent comme caractères différentiels la longueur du pédicelle de lovaire par rapport à celle de la glande; les nombreuses observations que j'ai faites m'ont appris que le pédicelle peut égaler la glande au moment de l’anthèse et que, par suite des progrès de la végétation, cet organe acquiert, dans certains cas, un plus grand développement. Le caractère tiré de la couleur du tomentum de la face inférieure de la feuille ne peut être considéré comme sérieux.
Koch, qui distingue les deux formes, range le S. Smithiana dans la tribu des viminali, et le S. Seringeana dans celle de Caprées (1). Exami-