‹ Flore forestière de BelgiqueChapitre 44 sur 47 · PR RU 0 PE UE COR A · texte numérisé non relu

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(1) Koch. Comment. p. 30 et 35. —- Koch dans le Synopsis considère également les deux formes comme spécifiquement distinctes.

nons quels sont les caractères employés par les auteurs pour la création de ces deux tribus. Celle des viminales est caractérisée par des chatons sessiles ou subsessiles naissant avant ou avec les feuilles, à écailles discolores ; anthères jaunes après l’émission du pollen ; capsule sessile ou portée par un pédicelle au plus une fois plus long que la glande ; feuilles lancéolées ou lancéolées sublinéaires. La seconde tribu se distingue à ses chatons plus ou moins feuillés à la base et pédonculés à la maturité ; capsule à pédicelle allongé et égalant au moins deux fois la glande.

Si l’on recherche les caractères de premier ordre que les auteurs ont eus en vue dans ces deux tribus, la longueur du pédicelle de l’ovaire figure au premier rang. Dans tous les sujets que j'ai observés, j'ai remarqué, comme je l'ai dit plus haut, que le pédicelle prenait du développement depuis le moment de l’anthèse jusqu’à la maturité de la capsule. Cette observation doit avoir échappé aux botanistes qui considèrent ces deux formes comme espèces distinctes.

MM. Cosson et Germain (1) placent le $S. Seringeana Gaup. dans la tribu des Caprées à laquelle les auteurs donnent pour caractère de première valeur un pédicelle 2-6 fois plus long que la glande ; et dans la description de l'espèce, les auteurs donnent comme longueur du pédicelle : 1 fois plus long que la glande : Seringe (2) considère le S. Smithiana comme simple variété du S. véminalis ; mais aussi regarde-t-il le Saule que Gaudin lui a dédié comme spécifiquement distinet. Si l’on considère la place assignée par Seringe au S. viminalis Ê Smithiana on le trouve placé dans la tribu de Viminelles ; tandis que le S. Seringeana se range dans celle des Cinerelles. Dans un travail plus ancien du même auteur (6) les S. viminalis et S.lanceolata SerixG (S. Seringeana Gauo }se trouvent placés l’un à côté de l’autre. À cette époque, l’auteur avait donc reconnu une grande affinité entre ces deux formes, et cependant, plus tard, le voyons-nous adopter une nouvelle manière de voir relativement à la place que ces deux espèces devaient occuper.

M. B. Dumortier, dans son travail sur les Saules de Belgique (4), considère les S. Smithiana et Seringeana comme distincts; mais aussi leur reconnait-il une grande affinité puisqu'ils sont placés dans la tribu des Vimen, et à la suite l’un de l’autre.

De tout ceci il résulte que les auteurs sont loin d’être d’accord sur ces deux formes ; et cette divergence d'opinion provient de la manière différente de la mienne de considérer les choses. Il est bien évident qu’un hybride provenant de parents aussi distincts l’un de l’autre doit présenter des caractères intermédiaires très-saillants ;

1) Fl. env. Paris, p. 505.

2) F1. des jardins ; vol. 2, p. 15 et 22.

(5) Sering., Essai, p. 37.

(4) Dumortier. Sal. fl. Belg, p. 140.

mais, si à côté de ce fait on en joint un autre plus important au point de vue des descendants d’une union adultérine, alors que, dans un cas, telle espèce serve de père et l’autre de mère, et viceversa, on arrive à avoir deux séries de plantes distinctes l’une de l’autre.

Observ. III. Le Salix affinis GREeN. et Go. est réuni par M. Anderson, chargé de la Monographie de la famille des Salicinées pour le Prodrome, au S. Smaithiana. Je dois, à l’obligeance de M. Grenier un échantillon de cette forme accompagné de la note ci-après : « M. Anderson réunit mon S. Smithiana et mon S. affinis et je crois qu'il a raison.» En effet, la camparaison de l'échantillon recu de l’auteur, comparé avec les échantillons du $S. Smithiana de la Flore de France et ceux recus d'Allemagne, d'Angleterre et de Suisse, ainsi que ceux de Belgique me forcent à me rallier à l'opinion émise par M. Anderson.

Vilvorde ; Mons.

S. cinerco-viminalis Wimmer!; $S. lanceolata Serinc.! ; S. Smithiana 6. obscura GREN. et Gon.; Bor. FI. cent. p. 585; S. Smithiana Wii. en. 2, p. 1008. S. Seringeana Gau». helv. 6, p. 2b1; Kocu. F1. germ. p. 562; S. viminalis fB. Smithiana Serixc. FI. jard. 2, p. 22.

Chatons femelles subsessiles, accompagnés de quelques bractées à la base, denses et velus, puis sensiblement läches. Bractéoles arrondies longuement barbues, à poils arrivant au sommet du style au moment de l’anthèse, mais atteignant la moitié de l'ovaire plus tard; jeune ovaire porté sur un pédicelle très-court mais qui s’allonge dans la suite de facon à être deux fois plus long que la glande; style égalant les stigmates qui sont entiers ou bifides sur un même chaton.

Feuilles lancéolées où lancéolées-oblongues, atteignant en moyenne 10 cent. de long sur 2 de large; superficiellement dentées, à bords enroulés en dessous; à face inférieure couverte d’un duvet grisatre analogue à celui du S. cinerea, ou presque vertes ; face supérieure pubescente dans le jeune âge, glabres à l’état adulte; stipules lancéolées, lancéoléesfalquées ou subréniformes ; bourgeons glabres sur certains rameaux, pubescents sur d’autres. dl

Bords des chemins, oseraies, bords des eaux. Vilvorde, Anvers (Van Heurck !), Ostende, Liége, Mons.

Observation. Cet hybride, par son port, se rapproche davantage de l’espèce considérée comme porte-graine, le $. viminalis. Ses rameaux sont longs, déliés, couverts d’une écorce brun-verdâtre ; ses feuilles, quoique beaucoup plus larges, ont le même mode de développement et conservent leurs bords enroulés en dessous jusqu’à un âge assez avancé. Les chatons

femelles sont plus gros ; les stigmates se rapprochent également de ceux du S. viminalis, mais ils sont plus courts et il en est de même du style. La plante mâle nous est inconnue en Belgique.

Les différentes espèces de Saules de la Flore Belge ne constituent pas toutes des essences propres à la culture forestière. Certaines d’entre elles, quoique se rencontrant dans les taillis ou sur les lisières des bois, sont de trop peu de valeur pour être considérées comme espèces à conserver, leurs produits étant bien inférieurs à ceux d’autres espèces.

La culture forestière doit se partager en deux sections bien distinctes, suivant que l’on a en vue l'exploitation des espèces propres aux taillis et têtards, et celles propres à la plantation des oseraies.

Si l’on vient à observer les différentes espèces qui forment le fond des taillis des bois à sol humide, on rencontre en société du Frêne et de l’Aulne, les Saules marceau et cendré, plus rarement quelques pieds de Saule à oreillettes se trouvent mélangés aux premiers. Nous avons eu, à différentes reprises, occasion de rencontrer dans certains bois des environs de Bruxelles, le Saule daphné, plus connu sous le nom de Saule à bois bleu, à cause de la couleur pruineuse de son écorce. Des quatre espèces que nous venons d’énumérer, le Saule marceau est celui qui doit figurer en première ligne comme essence propre aux taillis.

Le bois du Marceau est d’un rouge vineux, assez uniforme au cœur ; il est le plus lourd de tous ceux du genre et d’après G. Hartig, il pèse, provenant d’une tige de 60 ans, vert, 0,65; sec 0,46. Cette densité s’accroit singulièrement dans les climats chauds et un échantillon de Marceau provenant de Corse et complètement desséché à l’air, d’une tige de 28 ans et de 0,28 de diamétre, pèse 0,75.

La valeur calorifique du Marceau âgé de 50 ans, comparée à celle d’un Hêtre de 80 ans donne les résultats suivants :

Plus haut degré de chaleur . . . . 91 : 100 Durée de la combustion CPR 7 PRE AT Beat vaporisÉe AMOR, (EN CT Near UT)

La pesanteur spécifique du bois de Saule Marceau est de 2 kil. le pied cube.

Dans les exploitations de taillis, par coupes réglées tous les sept ans, alors que le terrain est de bonne qualité, le Marceau acquiert de cinq à sept mètres de hauteur. On peut l'utiliser pour perches, échalas ; mais plus ordinairement il est converti en fagots.

Si le Marceau préfère un terrain humide, il vègète néanmoins, dans les terres sèches. On peut également le planter sur les talus dontil consolide le fond.

Nous sommes dépourvus de renseignements positifs sur la valeur d’une espèce voisine, le Saule cendré. Nous croyons, toutefois, qu'il doit approcher de beaucoup en qualité l’espèce précédente; cependant il ne végète pas aussi bien en terrains secs. Les pousses qu’il

donne dans les sols humides sont souvent plus fortes que celles des Marceaux; et les gens des campagnes ne font aucune différence entre ces deux espèces.

Le Saule à bois bleu (S. daphnoides) mérite une place dans nos taillis à sol humide. Dans une semblable station il acquiert de hautes dimensions en cinq ou six années; se ramifiant peu, il convient particulièrement pour perches, échalas, ete.

Parmi les espèces cultivées en têtards, nous parlerons en premier lieu du Saule blanc. Il est le plus important du genre par les grandes dimensions qu'il peut acquérir et par sa rapide végétation longtemps soutenue. Il se rencontre disséminé dans les forêts de plaines dont le sol est léger, frais et humide, et, lorsqu'il a atteint un âge avancé, il y présente assez, par le port et l’écorce, l'aspect d’un vieux chêne. Cependant la ramification en est mieux graduée des branches aux ramules et ceux-ci sont plus allongés, plus grêles et plus droits. Généralement nous ne sommes pas habitué à le voir dans cet état; il est ordinairement cultivé en téêtards dont la tige varie de deux à six mètres.

Le bois de Saule blanc est d’un joli rouge tendre, uniforme quoique parfois marqué de taches médullaires plus foncées; l’aubier en est blanc, peu abondant. Il a le grain fin, homogène, se découpe aisément et nettement dans tous les sens et n’est point exposé à se gercer. Suivant G. Hartig, du bois d’une tige de 50 ans, pèse, vert, 0%,86; complètement desséché, 0",41.

D’après les recherches du même auteur, du bois d’une tige de 10 ans, desséché à l’air et d’une densité de 0",56, comparé à du bois de hêtre d’une tige de 50 ans et d’un diamètre égal à celui de la précédente, également desséché et pesant 0,69, a donné les résultats suivants sur la valeur calorifique :

Poids éganx Volumes égaux ascendante 95 : 100 48,5 : 100 Plus haut degré de chaleur.

rayonnante 100 : 100 52 : 100 ascendante 100 : 100 52 : 100 Durée de la chaleur croissante.

rayonnante 80 : 100 41,7 : 100 | ascendante 80 : 108 41,7 : 100 Durée de la chaleur décroissante:

l rayonnant(e 80 : 100 41,7 : 100 . { ascendante 85 : 100 44,5 : 100 Total de la chaleur développée.

rayonnante 100 : 100 52 : 100 Eau vaporisée,. 82 : 100 42,7 : 100

Le charbon est léger, poreux, propre au dessin et à la fabrication de la poudre.

Avec les branches du Saule têtard, on fait des cerceaux, Si on laisse eroitre ces branches jusqu’à l’âge de douze à quinze ans, elles peuvent servir de combles pour les construtions légères et économiques, ainsi: que pour toute charpente de ce genre.

En France, dans le Jura, et dans la plupart des pays du Nord de l’Europe, on nourrit les bestiaux pendant l'hiver avec les feuilles des Saules têtards recueillies l’été. Les jeunes brindilles servent de liens pour les jardiniers.

Le Salix fragilis se rencontre plus rarement cultivé en têtards ; ses qualités comme combustible le rapprochent beaucoup du Saule blanc. Le bois ressemble à celui de cette dernière espèce ; il est d’un jaune rougeàtre avec l’aubier jaune-celair ; on n’y observe pas de taches médullaires.

Dans les environs de Bruxelles on cultive assez fréquemment le Salix viminali-cinerea (S. Smithiana) sous forme de têtards. Il donne naissance à des perches bien droites, qui peuvent servir aux plantations de haricots ; les cultivateurs s’en servent pour manches d'instruments aratoires.

Ces quelques espèces, Saule blanc, fragile et de Smith, sont très-recherchées par les sabotiers. Les chaussures faites en bois de Saule sont plus estimées que celles de peuplier aussi se payent-elles ordinairement double. Leur grand avantage est d’absorber beaucoup moins d'humidité que les sabots de peuplier ; outre cette qualité très-importante, les sabots de Sale sont beaucoup plus solides.

Quant aux espèces propres à la culture en oseraies, elles sont beaucoup plus nombreuses, quoique n'ayant pas toutes la même valeur commerciale.

L'espèce la plus répandue dans les oseraies est le Saule viminelle. Il donne annuellement naissance à des brins qui peuvent atteindre deux et trois mètres de longueur sans développer la moindre ramification. Une autre espèce qui devrait être plus abondamment cultivée est le Saule pourpre (S. purpurea). Elle donne naissance à des brins aussi longs que ceux du viminelle, mais plus déliés et principalement propres aux usages de la vannerie fine.

La variété à feuilles étroites du Saule daphné mérite aussi l'attention des planteurs d’osiers. Cette année encore nous avons pu apprécier toute la valeur de cette variété pour l’usage des liens bien supérieurs à ceux du Saule viminelle.

Le Saule amandier se rencontre également dans presque toutes les oseraies, mais donnant naissance à des rameaux trop courts, il est loin de rapporter les mêmes avantages que les espèces précédentes.

Plus rarement on observe les Salix rubra et kyppophæfolia (S. amygdalina-viminalis) ces deux Saules sont très-propres aux usages de la vannerie fine; on les observe dans quelques oseraies de la vallée de la Meuse.

Nous croyons devoir attirer l’attention du lecteur sur la possibilité

de convertir bien des lieux sineultes en belles et bonnes oseraies qui rapporteraient de gros bénéfice avec une mise de fonds de peu d’importance. Combien ne rencontronsnous pas de prairies marécageuses qui donnent pour tout produit un foin de mauvaise qualité. Combien aussi de lieux fangeux où il ne peut croitre que des cypéracées à peu près toules impropres aux usages domestiques. Pourquoi ne pas débarrasser ces terres de leur excédant d’eau au moyen des quelques fossés de dessèchement, pourquoi ne pas convertir ces nombreux hectares improductifs en plantations qui rapporteront de gros intérêts? - Il reste beaucoup à faire au point de vue de la sylviculture en Belgique. Les administrations abandonnent en pure perte un nombre trèsconsidérable d'hectares de terrains, qui, privés de l’excédant d’eau, se convertiraient en oseraies. Le long de nos chemins de fer, dans le principe, on avait planté des Saules; faute de soins bien entendus, ces plantations sont tournées à rien. Combien de reproches ne sommes-nous pas en droit d'adresser à ces mêmes administrations pour la facon dont toutes les plantations en général sont conduites. Dans un autre travail nous avons éxprimé tous nos griefs sur la manière de faire. Quant il plaira de meltre à la tête des plantations de routes tant empierrées que ferrées un homme ayant les connaissances nécessaires, cet état déplorable changera ; des centaines d'hectares improductifs rapporteront au Gouvernement une somme importante de revenus.

Populus Tourner. inst. 5992, t. 565.

Écailles des chatons incisées ou laciniées. Disque en forme de capsule. Fleurs mâles : étamines 8-12 ou plus, libres, insérées sur le disque. Fleurs femelles : ovaire sessile ou pédicellé, uniloculaire, style très-court ; stigmates 2, allongés et bipartites ; graines munies d’une aigrette.

Arbres le plus souvent de grande taille, à feuilles le plus souvent aussi larges que longues, longuement pétiolées, à anthères rouges et à bourgeons revêlus d’un assez grand nombre d’écailles imbriquées , spiralées.

Bois identique à celui des saules ; cependant vaisseaux généralement moins fins, plus fréquemment réunis, 2-7, en petites lignes rayonnantes ou obliques et entourés de parenchyme ligneux ; taches et veines du tissu cellulaire brun nulles ou presque nulles.

! Feuilles lobées ou sinuées-dentées ; 8 étamines. . . + à. 102 Feuilles finement et régulièrement dentées ; 12 à 50 étamines . #4

Feuilles grises ou blanches tomenteuses en dessous ; bourgeons

secs, DOUUSS rar Le ” 60 80 to RMgRar Feuilles pubescentes ou Sue 2 mais glabres à à l’état adulte ; bour-

geons visqueux, à écailles ciliées . . . . . . . +. . P.tremula

Feuilles souvent palmati!obées ou fortement échancrées-dentées, blanches tomenteuses ainsi que les jeunes pousses ; stigmates 5) bilobés . Retenir tra utens, as NB dibne Feuilles sinuées-dentées, jamais palmatilobées, grises pubes- | centes ou tomenteuses en dessous ainsi que les jeunes pousses; PARTS teS ÉTUDES D AU ." P Canestene

Secriox 1. AIGEROS. — Dub. bot. 427. Étamines douze ou plus ; écailles des chatons glabres ; jeunes pousses glabres et souvent luisantes ; bourgeons glabres glutineux.

4. P. Nigra L. sp. 1464. Peurplier noir. — Gemeenen popelier.

Arbre élevé à branches étalées. Feuilles un peu plus longues que larges, triangulaires, acuminées; coupées droit, légèrement cordiformes ou obtusément cunéiformes à la base; régulièrement dentées à partir du pétiole, entièrement glabres, vertes, luisantes et presque concolores sur les 2 faces. Chatons denses, à écailles frangées-laciniées ; stigmates 2 bilobés, subsessiles.

Le bois de cette espèce est mou, poreux, blane, vciné de noirâtre au cœur ; les accroissements en sont considérables, assez exactement circulaires ; mais il est fréquemment noueux, par suite de la tendance de l’arbre à se garnir de branches gourmandes et le mode d’exploitation par émondage qui lui est souvent appliqué.

Coupé vert, la densité est 0,66 — 0,76; desséché à l’air elle est de 0,50 ; complètement sec de 0,50 — 0,42.

La puissance calorifique est à celle du hêtre de 80 ans dans les rapports suivants, pour des volumes égaux.

Puissance calorifique absolue 49 : 100 Plus haut degré de chaleur 60 : 100 Durée de la combustion 50 : 100

Cultivé en tétards, il donne naissance à des rameaux qui remplacent avantageusement les osiers. Son écorce donne une bonne teinture en jaune et elle renferme une assez grande quantité de tannin pour servir avec avantage au tannage des peaux. Loudon prétend qu’en Angleterre on en fait un aussi grand usage que de celle du chêne. C’est cette espèce qui produit la gomme résine appelée populeum ; on l'extrait des bourgeons (1).

Cette espèce n'existe en Belgique qu’à l’état subspontané et on la rencontre plantée le long des ruisseaux et des chemins humides.

(1) Beaucoup d'espèces renferment de cette résine, mais pas en assez grande quantité pour être extraite.

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Le peuplier d'Italie (P. fastigiata Poir.) est une forme très-voisine du peuplier noir. Beaucoup d’auteurs l’ont considérée comme espèce distincte; d’autres comme simple variété du P. Vigra L. A. cette dernière manière de considérer les choses se rallie M. le professeur Ch. Koch, dans son travail sur les peupliers publié dans le Wochenschrift n°° 29 et 30 de 1865.

Nous ne sommes pas sans un exemple analogue chez une autre espèce de peuplier. M. de Selys-Longchamps dans une note insérée dans les Bulletins de la Société royale de botanique (1) dit « que parmi les nombreuses plantations de peuplier du Canada (P. virginiana),que mon père avait faites aux environs de Waremme, il s’en trouvait une datant de 1818, et qui contenait deux arbres d’un aspect tout différent, et tellement semblable à celui du peuplier d'Italie (P. pyramidalis Noz.) par le port et la direction des branches et des rameaux, qu’au premier abord on ne les en distingue pas. »

« Cependant le chef-ouvrier qui les avait plantés sous la direction de mon père, et qui les avait soignés dequis cette époque ne s’y était point trompé; il me les fit souvent remarquer comme étant, disait-il, des canadas d’une autre espèce. Ces deux arbres qui sont des pieds mâles diffèrent par plusieurs caractères du peuplier d'Italie. »

M. de Selys-Longchamps a eu l’extrême obligeance de nous communiquer des fleurs, des rameaux et des feuilles de ces deux peupliers et nous avons reconnus qu'ils n’appartenaient pas à des peupliers d'Italie, mais qu'ils rentraient positivement dans le P. Canadensis Michx.

Voilà donc un exemple qui démontrerait que le peuplier d'Italie peut être au peuplier noir ce qu'est le peuplier pyramidal de Selys au peuplier du Canada.

C’est à la section des Aigeros que vient se ranger le Populus canadensis Michx. considéré par beaucoup d'auteurs comme distinet du P. monilifera Ait. M. Koch (2) a judicieusement fait observer que l'on a confondu sous deux noms différents la plante mâle et la plante femelle d'une même espèce. Les observations que nous avons faites depuis la publication de notre monographie des Peupliers confirment en tous points la manière de voir de M. Koch.

Que l’on se rallie ou non à la manière de voir de M. Koch, il n’en est pas moins vrai que nos forestiers distinguent ces deux sortes de Canadas ; le premier sous le nom de Canada rouge, (Zwurte Canada des flamands), le second sous le nom de Canada blanc. Le premier est le plus estimé; sa croissance est beaucoup plus rapide et son bois est de

(1) Bull. soc. roy. Bot. de Belgique, tom. HE, n° 1, p. 11. (2) Wochenschrift, no 50, 1865, p. 256.

meilleure qualité; son feuillage se montre quinze jours plus tard que celui du Canada blanc.

Ces deux formes sont.#lantées en lignes le long des chemins, dans les prairies, sur les bords des fossés et plus rarement dans les bois.

Secrion IT. LEUCE. Dub. bot. 427. — ÆEtamines 8 ; écailles des chatons velues-ciliées ; jeunes pousses pubescentes, laineuses ou hérissées ; bourgeons souvent pubescents ou tomenteux.

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