TRIBU DES BETULEES
GENRE BOULEAU {Betula).
Caractères du genre Bouleau {Betula). — Arbres ou arbrisseaux à feuilles caduques, alternes, stipulées, à inflorescences monoïques en chatons.
Chatons mâles pendants, constitués par des écailles peltées à 3 ou 5 lobes portant à leur aisselle trois fleurs. Chaque fleur est accompagnée d'une bractéole abritant 2 à 4 étamines diadelphes à anthères biloculaires, longitudinalement déhiscentes, ou bien 4 à 8 étamines à anthères uniloculaires, par suite de la division des loges et des filets.
Chatons femelles comprenant des fleurs disposées de même, nues, dépourvues de périgone, réduites à l'ovaire biloculaire surmonté de deux stigmates rouges; dans chaque loge est un ovule anatrope.
Fruit : petite samare monosperme par avortement d'une loge et bordée de chaque côté d'une aile membraneuse.
Graine à embryon droit, charnu, dépourvu d'albumen.
Inflorescence femelle : cône avec écailles à 3 lobes, presque membraneuses, caduques à la maturité, supportant chacune trois samares.
Bois blanc, très homogène, à aubier non distinct.
Fibres et cellules ligneuses uniformément réparties, sauf à la limite de l'accroissement annuel, limite marquée par un tissu plus serré.
Vaisseaux égaux, moyens, disposés par 2 à 5 en lignes rayonnantes. Ecorce généralement blanche, contenant du tanin et de la bétuline, principe balsamique qui donne au cuir de Russie son cai-actère spécial.
Genre comprenant environ 3o espèces d'arbres, qui s'avancent très loin vers le pôle et s'élèvent aux plus hautes altitudes.
Ennemis du genre Bouleau. — Certains insectes peuvent attaquer les feuilles.
Parmi les coléoptères :
Le rhynchite du bouleau, petit charançon noir, roulant les feuilles après y avoir déposé un œuf.
Le rhynchite métallique, charançon vert doré, ou bleu d'acier, qui enroule plusieurs feuilles dans le même but.
Parmi les hyménoptères ;
La némate septentrionale, dont la fausse chenille ronge les feuilles.
Parmi les lépidoptères :
ANGIOSPKRMES 01 FELILI.US. ï49
Le bombyx laineux, dont les chenilles, contenues dans une même bourse, défeuillent les branches.
La phalène du bouleau et la phalène virginale, dont les chenilles arpenteuses dévorent aussi les feuilles.
D'autres insectes attaquent le bois; parmi eux le scolyte destructeur qui se développe entre l'écorce et le bois et creuse des galeries ovifères droites longitudinales, aérées par des trous ouverts de distance en distance.
Parmi les champignons, les polypores, notamment le polypore du bouleau, s'attaquent aux "arbres dépérissants ou morts; ' les cxoascus, spécialement l^exoascus du bouleau, peuvent produire des boursouflures sur la surface supérieure des feuilles.
Bouleau blanc {Betula alba, Lin.).
Caractères. — Arbre de seconde grandeur, ne dépassant généralement pas 25™ de hauteur sur o"^,6o de diamètre.
Eeorce d'un blanc argenté, s'exfoliant en lamelles blanches.
Branches obliquement ascendantes et rameaux grêles plus ou moins pendants, donnant une cime peu ample, ovoïde-aiguë.
Jeunes feuilles et bourgeons enduits d'une résine odorante, qu'on retrouve dans les glandes verruqueuses souvent disséminées à la surface des jeunes rameaux.
Feuilles adultes pétiolées, acuminées au sommet, dentées, d'un vert un peu plus foncé en dessus, couvertes en dessous de glandes résinifères.
Chatons mâles cylindriques et pendants, composés d'écaillés peltées et trilobées supportant chacune trois fleurs; chaque fleur mâle est constituée par un périgone unifoliacé et 2 étamines à filets divisés chacun en deux parties, en somme 4 étamines à anthères uniloculaii'es.
Chatons femelles dressés, composés d'écaillés trilobées dont chacune supporte trois fleurs; chaque fleur ridait", à un ovaire sans périgone, ayant 2 loges uniovulées et surmonté de 2 stigmates filiformes.
Cônes à petites samares lenticulaires.
Essence généralement subordonnée, d'une croissance rapide jusque vers go ans, et pouvant vivre 120 à ido ans.
Feuillage abondant, mais composé de feuilles pendantes, n'offrant que leur tranche à la lumière : eu conséquence couvert très léger.
Essence de lumière, à tempérament très robuste.
Feuilles se décomposant rapidement sur le sol.
Fructification régulière et soutenue, se produisant vers 10 ans à l'état isolé, vers 20 ans en massif.
Graines très légères, fertiles dans la proportion d'un quart seulement en moyenne et devant être seuiées aussitôt après la dissémination.
Enracinement d'abord pivotant, puis devenant bientôt traçant.
Aire géographique, climat, station. — Le bouleau blanc, abondant dans l'Europe et l'Asie moyennes, s'avance au Nord jusque vers Saint-Pétersbourg et le 45® degré de latitude en Norwège, au Sud jusqu'à l'extrémité de l'Italie, aux Apennins et aux Alpes Maritimes, à l'Occident de l'Espagne jusqu'au 89® degré de latitude et au Nord du Portugal.
C'est une essence accommodante au point de vue du climat, mais préférant les régions tempérées.
Arbre de plaines et de montagnes peu élevées, il atteint cependant i3oo"^ d'altitude dans les Vosges, 2000™ dans les PjTénées, 2770™ sur l'Etna.
ï5o FLORE FORESTIERE GÉNÉRALE DU GLOBE.
Il résiste à des froids très rigoureux, se contente d'une faible somme de température, tout en pouvant en supporter une considérable.
Une trop grande sécheresse de l'atmosphère lui est nuisible.
Sols. — Le bovileau est la moins exigeante des essences; il préfère les sols non calcaires, mais il réussit sur tous les terrains, qu'ils soient secs, crayeux ou mouillés, à la condition que l'eau n'y séjourne pas d'une manière constante.
Races. — Au point de vue forestier, on distingue deux variétés que leurs caractères ont pu faire considérer comme deux espèces distinctes :
Le bovileau verruqueux (B. a. verrucosa),
Le bouleau pubescent (B. ti. pubescens).
Le bouleau verruqueux a les feuilles glabres, les jeunes pousses verruqueuses et rudes au toucher.
Le bouleau pubescent a toujours des poils à la face inférieure des feuilles, aux aisselles des nervures, sur les pétioles et sur les jeunes pousses.
Cette seconde variété a une prédilection particulière pour les terrains tourlieux et marécageux; elle s'avance plus vers le Nord et moins vers le Sud. Elle réclame plus spécialement les atmosphères humides, et un climat suffisamment pluvieux. Enfin le pubescent exige moins de lumière et a un couvert plus épais que le verruqueux.
Les variétés horticoles du bouleau blanc sont nombreuses; citons les principales :
Pendula, bouleau pleureur, à rameaux retombants, très décoratif sur les pelouses,
et transmettant cette propriété par graines, Pyramidalis, à forme pyramidale, Urticœfolia, à feuilles découpées, Foliis purpureis, à feuilles rougeâtres, Foliis marginatis aureis, à feuilles larges et marginées de jaune, et à branches
retombantes (panachiu'e constante du plus gracieux effet), Laciniata, à feuilles très découpées, portant peu d'ombre, et très gracieuses, Japonica, variété importée du Japon, à grandes et belles feuilles, paraissant
eiviion i5 jours plus tôt au printemps.
Bois. — Bois blanc, moyennement dur et moyennement lourd, d'une densité de o,€42, contenant des taches médullaires plus ou moins nombreuses, pas très fort, peu résistant aux intempéries, exposé à la vermoulure, ne se tourmentant pas à la dessiccation, se fendant et se travaillant bien.
Produits. — Le principal emploi du bois de bouleau dans l'industrie est la fabrication des sabots; car la fibre est dure et non cassante.
Il est excellent pour la pâte à papier.
On l'emploie aussi comme étais de mines.
Les jeunes pousses servent à faire des cercles et les ramilles des balais.
Il est très estimé pour le chauffage des fours, parce qu'il dégage rapidement de la chaleur; mais il a l'inconvénient de laisser peu de braise; son charbon est d bonne qualité, quoique bien inférieure à celui du chêne.
Son écorce est employée en Russie pour le tannage des peaux, et la béluline qu'elle contient communique à ces cuirs la faculté de se conserver longtemps à l'eau.
La sève du bouleau renferme environ 8 pour loo de sucre; extraite par des trous creusés dans le tronc, elle est utilisée, dans certains pays du Nord, à la fabrication de boissons spiritueuses.
Les feuilles de cette essence constituent un bon fourrage.
AXGIOSPERMFS OK FKVIM.CS. IDI
Emploi CHltural. — Le bouleau est extrêmement utile pour le reboisement des sols sablonneux frais, même les plus pauvres en substances minérales.
II pousse sur les terrains les plus arides, et réussit particulièrement bien en mélange avec le pin sylvestre, aussi frugal que lui.
Si l'on procède par senu's en plein, il faut par hectare environ ?,5''» de graines semées aussitôt après leur maturité.
Bouleau à papier on Bouleau à canot yUeiula papyrlfera, Ait. ciiMarsb.).
Caractères. — Arbre pijuvant aLleiudre Jo'" ù Ci.j'" de hauteur, voisin du bouleau blanc, à cime arrondie, contenant de nombreuses petites branches dressées.
Ecorce de la tige d'un blanc de neige, se détachant facilement en larges bandes liorizonlales, minces flexibles, et d'ime grande lénacité; l'écorce des branches est brunâtre.
Feuilles larges, ovales, en cœur à la base, acuminées, à dents un peu inégales, pubescentes sur les nervures de la lace inférieure.
Jeunes pousses également pubescentes et parsemées de lenticelles.
Chatons fructifères pendants, pédoncules, cylindriques, allongés. Ecailles légèrement pubescentes en dessus, à lobes latéraux courts et arrondis.
Aire géographique, climat, station. — Essence habitant le Canada, où elle constitue de vastes massifs, et les Etats-Unis de la Nouvelle-Angleterre. On la trouve depuis la baie d'IIudson jusqu'aux environs de New- York, et particulièrement au nord de Québec.
Elle affectionne les penchants des collines et les bords des rivières.
Sols. — Sols frais et fertiles, profonds, argileux de préférence.
Bois. Produits. — Bois d'un brun clair, teinté de rouge, léger, solide, dur. souple, à grain serré, mais exposé à la pourriture.
Aubier épais, presque blanc.
Arbre utilisé pour la pâte à papier, la fabrication des bobines, des portemanteaux, et autres menus objets. C'est un bon combustible.
L'écorce, d'une durée presque indéfinie, est très précieuse pour la confection de canots légers^ de boîtes, de vases, de paniers, etc. ; on l'utilise aussi pour couvrir jes habitations.
Emploi cultural. — Arbre rustique, vigoiu-eux, d'une croissance rapide, méritant d'être expérimenté dans nos forêts en sols argileux.
Bouleau rouge ou Bouleau noir { Betula rubra. Michx. vel nigra, L.).
Caractères. — x\rbre de taille moyenne, (lo'" à iS'" de hauteur sur o"',3oà o'^,/io de diamètre), de dimensions plus grandes vers le Sud de son aire, comme beaucoup d'essences américaines; tronc souvent divisé vers le bas en plusieurs tiges secondaires,
Écorce rougeâtre dans la jeunesse, crevassée avec l'âge et se détachant en lamelles enroulées et pendantes.
Branches grêles et arquées.
Feuilles rhomboïdales, ovales, atténuées à chaque extrémité, doublement dentées, d'un vert foncé en dessus, d'un vert glauque en dessous, à pétiole pubescent.
Ces feuilles ressemblent à celles de l'aune, et sont ponctuées et glanduleuses; elles deviennent d'un pourpre noir à l'automne.
Chatons mâles sessiles, dressés, ovoïdes, à écailles poilues.
Fruit mûrissant à la fin du printemps ou en été.
l52 FLORE FORESTIERE GENERALE DU GLOBE.
Aire géographique, climat, station, — Essence originaire du Canada, répandue dans les États-Unis de l'Est, du Canada jusqu'à la Caroline, et habitant de préférence les bords des rivières et des étangs, ainsi que les terrains inondés une partie de l'année.
Sols. — Sols humides et temporairement couverts d'eau.
Bois. Produits. — Bois d'un brun clair, à aubier plus pâle, à grain serré, léger, assez dur, solide, servant à de nombreux usages, notamment à la fabrication des meubles, des sabots, etc.
Emploi cultural. — Essence précieuse pour le reboisement des terrains mouillés, et très ornementale dans les parcs. Sa végétation, dans les premières années, est extrêmement rapide; elle permet de mettre rapidement en valeur les terres incultes.
Bouleau merisier {Betula lenla, L., vel carpinifolia., Michx.).
Caractères. — Arbre de taille moyenne (20'^^ à 25^^ de hauteur, sur o^,3o à I™ de diamètre).
Branches du haut ascendantes et formant un angle aigu avec la tige, branches du bas horizontales ou retombantes; rameaux divariqués, grêles, flexibles; cime pyramidale.
Êcorce brune, ressemblant à celle du merisier dans la jeunesse, et parsemée de nombreuses lenticelles.
Feuilles lancéolées ovi ovales-acuminées, régulièrement et finement dentées, à nervures pennées, fines et rapprochées, ressemblant à celles du charme, blanchâtres cotonneuses à la face inférieure dans le jeune âge.
Strobiles fructifères très 'gros, presque sessiles, ovales-oblongs, dressés, à écailles ciliées et trilobées, ne se désagrégeant que très tard.
Graines obovoïdes, à ailes s'élargissant vers le haut.
Arbre de croissance plus lente en Europe que le bouleau blanc.
Aire géographique, climat, station. — Canada et États-Unis de l'Est. Essence très commune en Géorgie, et qu'on trouve particulièrement sur les terrains bordant les rivières et sur les coteaux fertiles.
Sols. — Sols humides et alluvions de préférence.
Bois, Produits. — Aubier mince, d'un brun clair.
Bois parfait brun foncé, teinté de rose, dur, très fort, compact, lourd, à grain serré, prenant un beau poli, très recherché en ébénisterie et en menuiserie.
Les jeunes pousses et l'écorce sont aromatiques et de saveur agréable. La sève passe pour être vulnéraire et antiscorbutique. C'est avec cette sève qu'on fabrique une liqueur imitant le Champagne.
Emploi cultural. — Essence rustique, qui en raison de ses qualités mérite d'être expérimentée en forêt dans les sols frais et voisins des eaux. Elle est aussi très ornementale pour les parcs.
Bouleau à feuilles de Peuplier (Betu/a populifolia,' Mavsh.),
Caractères. — Petit arbre dépassant rarement 10™ de hauteur sur o''^,2o de diamètre, à cime étroite, pyramidale et pointue. Ecorce presque aussi blanche que celle du bouleau à papier, mais se divisant difficilement en feuillets minces.
Branches s'étalant plus ou moins et finissantjpar devenir pendantes avec l'âge. Rameaux grêles, flexibles, couverts de lenticelles à leur surface.
Feuilles deltoïdes, longuement acuminées, doublement et inégalement dentées^
ANGIOSPERMES OU FEUILLUS. l53
très glabres de même que les pétioles, tronquées vers la base, ponctuées-glanduleuses dans le jeune âge.
Strobiles fructifères pédoncules et pendants, 'cylindriques, étroits, de i'°',5 à 3 '^"',5 de longueur, à écailles très petites (i°ini ^ ^mm (jg longueur).
Samares à ailis peu élevres.
Aire géographique. — Aire s'étendant 'du Canada à la Pensylvanie, États- Unis de l'Est.
Sols. — Sols frais et caillouteux. Essence s'installant facilement dans les champs négligés ou dans les bois incendiés.
Bois. Produits. — Aubier épais, presque blanc.
Bois parfait léger, tendre, à grain serré, ni solide, ni durable, mais pouvant servir à la fabrication de la pâte à papier, des cercles, des formes de chaussures et autres menus objets.
Bon combustible.
Emploi cultural. — Essence de trop faibles dimensions pour être plantée en forêt, mais très ornementale pour les parcs.
Les feuilles, en raison de leurs pétioles grêles, sont presque toujours agitées par le vent comme celles du peuplier tremble.
La variété Foliis purpureis est très jolie et particulièrement vigoureuse.
Bouleau jaune {Belula lutea, Michx.».
Caiactères. — Arbre le plus élevé du genre en Amérique, atteignant en moyenne 20°^ à 35™ de hauteur sur o™,6o à i°^,3o de diamètre; les plus grands exemplaires se trouvent dans le Nord de la Nouvelle-Angleterre.
Cime ovale, devenant presque hémisphérique.
Rameaux grêles et flexibles.
Ecorce jaunâtre, se divisant souvent spontanément en feuillets minces qui s'enroulent sur eux-mêmes.
Feuilles ovales-acuminées, légèrement en cœur à la base, [doublement dentées, à pétioles un peu pubescents.
Chatons fructifères ovales-oblongs, de 2*^™ à 4"" de longueur sur onim ^g jg^p. geur, avec des écailles de S^^ à lo™™ de longueur.
Aire géographique, climat, station. — Essence habitant le Canada et l'Amérique du Nord, aimant les plaines basses et les flancs des montagnes.
Sols, — De préférence sols d'alluvions fertiles.
Bois. Produits. — Aubier mince, presque blanc.
Bois parfait d'un brun clair, teinté de rouge, très fort, lourd, dur, à gi'ain serré.
Il sert à la fabrication des meubles, des moyeux de voitures, des caisses, etc.
Emploi cultural. — Essence à recommander dans les boisements américains du Nord, pour les terrains d'alluvions.
Bouleau de Koutouin (Betula Delavayi, Franch.).
Arbre de la Chine occidentale, qui se trouve dans les forêts du Yunnan, notamment à Koutouin, au-dessus de Mo-So-Yu, vers 2800"^ d'altitude.
Feuilles ovales-lancéolées, atténuées à la base, inégalement et fortement dentées, glabres sur la face supérieure, portant des poils soyeux près des nervures de la face inférieure.
Strobiles à courts pédoncules.
1 Ï4 PLORE FORESTIÈRK GENERALE DU GLOBE.
Bouleau du Su-tchuen (Betula Farg-esiî, Franch.).
Grand arbre du Su-îchuen (Chine occidentale), croissant vers 2200^^ d'altitude, se distinguant par ses feuilles longues de 3''™ environ, ovales, arrondies à la base, aiguës au sommet, et par ses chatons femelles courts et presque ovales.
Bouleau remarquable (Betula inst\^nis, Franch.),
Arbre superbe, habitant le Su-lchuen en Chine, vers 1000™ d'altitude eî. présentant un port différent de celui des autres bouleaux.
L'écorce est brune, lisse, avec des îenticelles.
Les feuilles ont un pétiole long de i'^^'",5 environ, un limbe épais, ovaîe-lancéolé, légèrement inéquilatéral à la base, aigu à l'extrémité, finement denté.
Les strobiles très grands ont jusqu'à ô*^"" de longueur sur i'"',5 de largeur,
GENRE AUNE [Alnus).
Caractères du genre Aune (Alnus). — Arbres et arbrisseaux à feuilles simples, stipulées, penninervées, caduques, spiralées suivant l'indice 3 .
Chatons mâles cylindriques, formés d'écaillés peltées à 5 lobes, qui supportent chacune 3 fleurs.
Chaque fleur mâle est composée d'un périgone quadripartite, et de 4 étamines opposées, à filets courts entiers et à anthères biloculaires.
Chatons femelles, composés d'écaillés épaisses, à 4 bractéoles; chaque écaille porte 2 fleurs.
Chaque fleur femelle est formée d'un ovaire à 2 loges uniovulées, surmonté de 2 styles filiformes.
Cônes ovoïdes, à écailles de [\ à 5 lobes, ligneuses, persistantes, et supportant chacune 2 samares, à leur base. Ces deux fruits sont monospermes, comprimés, polygonaux, bordés d'une aile soit opaque soit pellucide.
Bois moyennement lourd, cassant, d'abord blanc, puis rougeâtre à l'état sec, à canal médullaire triangulaire, à aubier non distinct.
Tissu ligneux composé de fibres assez longues, d'un parenchyme visible au microscope, et de vaisseaux égaux, fins, isolés ou réunis par deux à dix en séries radiales.
Rayons médullaires fins et nombreux, soit isolés soit réunis par groupes en mélange avec des lames de tissu fondamental.
Taches médullaires parfris assez nombreuses, composées de minces lames de tissu subéreux.
Accroissements annuels rendus bien visibles par le fait que le tissu fondamental fibreux et parenchymateux est plus serré et plus coloré au bord externe qu'au bord interne de chaque accroissement.
Le bois des aunes ne résiste pas longtemps aux intempéries; mais, plongé dans l'eau pour les travaux hydrauliques, il a une durée remarquable.
Le genre aune comprend environ i5 espèces, en général subordonnées, aimant le bord des eaux, et habitant les régions tempérées et froides de l'hémisphère boréal.
Ennemis du genre aune. — Peu d'insectes sont nuisibles aux aunes: citons : Lagaléruque de Vaune, coléoptère qui, par lui-même ou par sa larve hexapode,
d'un vert noir, dévore le parenchyme des feuilles et les dissèque entièrement. Le cryptorhincus lapathi, petit charançon dont la larve creuse le bois et forme
des nodosités sur les rameaux.
AN(;I0S1'EUMES OL' FlU'lLI.t'S. I3J
Parmi les champignons, plusieurs c.voascus produisent, des boursouflures sur les feuilles; le nectria dittssùna peut causer des chancres sur les rameaux; le polypore soufré peut amener la pourriture rouge de la tige; le schinzia alni, sorte de myxomycète, est la cause des excroissances qu'on remarque sur les racines.
Aline gluiineviT^ ( Alnus f>lutinosa^ Goertn.).
Caractères. — Arbre pouvant atteindre 3o™ à 35"^ de hauteur sur o"\5o à i"^ de diamètre, à cime conique qui s'élargit avec le temps.
Ecorce des jeunes rameaux verte et lisse, garnie de lenticelles et de glandes résinifères.
L'écorce des tiges âgées est d'un brun rougeiàtre.
Bourgeons gros, ovoïdes, obtus, glabres, glauques, visqueux, stipités.
Feuilles vertes sur les deux faces, obovales, obtuses, un peu aiguës, ondulées, à bords entiers dans leur tiers inférieur, irrégulièrement dentées vers le haut, plus ou moins visqueuses, avec des faisceaux de poils jaunâtres aux aisselles des nervures inférieures.
Floraison précoce, en février ou mars.
Chatons maies par 3 à 6, réunis aux chatons femelles rougeâtres en une seule inflorescence paniculée; les uns et les autres sont libres dès l'automne.
Cônes de la grosseur d'une noisette, d'abord verts, puis bruns, ovoïdes.
Samares pentagonales dans levir ensemble, d'un brun rougeâtre, avec aile coriace et opaque, plus étroite que le noyau.
Essence croissant rapidement jusque vers 5o à "o ans, et vivant rarement plus de loo ans.
Couvert léger, en raison de la ramification peu serrée.
Enracinement d'autant plus ti'açant que le terrain est plus humide.
La fructification chez les arbres isolés a lieu vers i5 à 50 ans, et en massif vers 35 à 4o ans.
Graine disséminée au printemps, quelquefois même en automne.
Espèce ne drageonnant pas, mais possédant beaucoup de bourgeons proventiis et donnant de nombreux rejets de souche, très élancés et vigoureux.
Aire géographique, climat, station. — Aire s'étendant au Nord en Suède jusque vers le 65*^ degré de latitude, au Sud jusqu'au bord oriental de la Caspienne, en Asie Mineure, en Grèce, en Sicile, en Algérie, en Espagne, et comprenant en somme presque toute l'Europe, le Nord de l'Afrique et la Sibérie.
Les stations préférées sont les bords des eaux et les marais, jusque vers 1800™ et plus d'altitude.
Sols. — Sols humides, de préférence siliceux ou granitiques, et même terrains mouillés, à la condition que les eaux ne soient pas trop longtemps stagnantes.
Raees. — On distingue, entre autres, les variétés : Deniiculata., à feuilles presque également denticulées, Quercifolia, à feuilles oblongues à lobes arrondis, Oxyacanthœfolia, à feuilles petites, à lobes également arrondis, Lacîniata, à feuilles très profondément découpées et d'un effet gracieux.
Bols. — Bois à aubier non distinct, rougeâtre, ocreux, à vaisseaux égaux, tendre, cassant, assez lourd, d'une densité moyenne de o,55i, i^econnaissable à ses taches d'un rouge brun formées par de petites plaques de tissu subéreux parallèles aux accroissements annuels. On le range dans la catégorie des bois blancs.
Produits. — A l'air le bois d'aune pourrit rapidement. Sous l'eau il fournit des
l56 FLORE FORESTIÈRE GÉNÉRALE DU GLOBE.
charpentes d'une durée égale à celles du chêne: à ce titre on l'emploie comme pilotis.
On s'en sert aussi comme bois de mines.
Il a l'avantage de craquer avant de se rompre, et par conséquent de prévenir du danger les ouvriers travaillant dans le voisinage.
Dans l'industrie on l'utilise pour la fabrication des meubles à bon marché; il est considéré comme un bois tendre, cassant, exposé à se tourmenter à l'air sec et à se gercer.
Son bois et son charbon sont peu estimés; cependant, comme il brûle vite, il peut convenir à la boulangerie et à la verrerie, comme au chauffage rapide des appartements.
Son charbon peut être utilisé pour la forge et pour la fabrication de la poudre.
Son écorce contient beaucoup de tanin, plus que celle du chêne; unie au sulfate de fer elle sert à teindre en noir ; on l'emploie également pour la fabrication des filets de pêche, auxquels elle communique une couleur rougeâtre.
Les feuilles d'aune, grâce à leur grande richesse en azote, constituent un fourrage remarquable.
Emploi cultural. — L'aune est une essence précieuse pour le reboisement des terrains humides de toute nature, quelle que soit leur composition minéralogique. Sa croissance est très rapide, dans les premières années particulièrement. De plus il a l'avantage de n'être généralement pas atteint par la dent du gibier.
Pour boiser, on sème en plein 8''' environ de graines par hectare.
Axine blanc (Alnus incana, Wilc!.*.
Caractères, — Arbre généralement plus petit que l'aune glutineux, dépassant rarement lo"^ à iS"^ de hauteur, se distinguant immédiatement du premier par ses feuilles blanches sur la face inférieure et plus aiguës.
Il a aussi une ramification plus serrée, un feuillage plus touffu, et un couvert plus complet.
Ecorce lisse, d'un gris argenté.
Feuilles ovales-aiguës ou légèrement acuminées, d'abord pubescentes, puis ■glabres en dessus, blanches-tomenteuses en dessous, de même qvie les jeunes pousses.
Cônes plus gros et à pédicelles moins longs que ceux du glutineux.
Samares plus grosses que celles du glutineux, et à aile presque aussi large que le noyau.
Espèce repoussant abondamment et vigoureusement de souche, se bouturant facilement, possédant au plus haut point la faculté de drageonner, même loin de la souche mère.
Aire géographique, climat, station. — Aire s'étendant du Nord de TAmérique, de l'Asie, de l'Europe (70^ degré) jusqu'aux montagnes du Sud de l'Italie.
Arbre des stations humides et du bord de l'eau; il est spontané, en France, dans le Jura et les Alpes, dans les vallées du Rhône, de l'Isère, de la Drôme, de ia Durance, du Var; et il s'élève jusque vers 1800™ à 2000™ d'altitude dans les Alpes.
Sols. — L'aune blanc aime les sols frais et humides, spécialement les terrains calcaires, situés en montagne jusqu'à 2000°^ d'altitude en France.
Il abonde dans le lit des torrents des Alpes, et sur leurs cônes de déjection, partout où le sol est arrosé.
Cependant il est moins exigeant que le glutineux à l'égard de l'eau; il pousse même bien sur les terres sablonneuses et relativement sèches des versants.
ANGIOSPERMES OV FELILLLS. I 17
Sa prédilection pour le calcaire explique qu'on ne le trouve pas dans les Vosges, le Plateau central, les Pyrénées.
Races. — On rencontre les mêmes variétés que chez le glutineux, notamment la variété laciniata à feuilles très découpées.
Il faut également citer Vaune pubescent, très voisin de l'aune blanc et qui n'est probablement qu'un hybride de l'aune glutineux et de l'aune blanc. Il se distingue de l'aune blanc par ses feuilles obtuses ou moins aiguës, et de l'aune glutineux par ses feuilles tomenteuses en dessous.
Bois. — Le bois de l'aune blanc est analogue à celui de l'aune commun, mais il est moins cassant; sa densité moyenne est de 0,489.
Produits. — Les produits sont les mêmes que ceux de l'aune glutineux; comme le bois est moins cassant, on peut l'employer à la fabrication des cercles de futailles.
Emploi cultural. — L'aune blanc est une précieuse essence pour les reboisements en montagne. Son aptitude à repousser de souche, à se marcotter, à se bouturer, et surtout à drageonner très vigoureusement, le fait rechercher pour la fixation des terres en pente, et leur défense contre les afïouillements. On l'emploie non seulement dans les sols frais ou humides, mais même sur les terres sèches où il maintient sa végétation.
Il est d'autant plus utile que sa croissance, dans les premières années, est plus rapide que celle du glutineux.
Aune cordiforme (Alnus conlifolia, Ten,).
Caractères. — Arbre de 10™ à 20°^ de hauteur, ressemblant aux aunes glutineux et blanc, mais s'en distinguant facilement par ses belles feuilles cordiformes à la base, ses bourgeons aigus au lieu d'être obtus, la grosseur de ses cônes atteignant les dimensions d'une noix, au lieu de celles d'une noisette.
Samare à aile moins large que le noyau.
Croissance extrêmement rapide dans le jeune âge.
Espèce pouvant supporter des froids de 20° au-dessous de zéro.
Aire géographique, climat, station. — Aire géograpliique comprenant les montagnes de Corse, le Sud de l'Italie, le Caucase. Essence s'accUmatant bien en France. Suitions fraîches, de préférence.
Sols. — Arbre affectionnant les sols frais, mais poussant aussi, remarquablement,
sur les sols secs, même argileuii.
Bois. Produits. — Bois rougeâtre, assez foncé, d'une densité moyenne de o,638. Vaisseaux isolés ou groupés en séries rayonnantes affectant dans chaque couche annuelle une disposition en zones concentriques très apparentes. Grands rayons médullaires.
Mêmes produits que l'aune glutineux.
Emploi cultural. — L'aune cordiforme, réussissant même sur les sols secs, par exemple sur les terrains calcaires arides de la Champagne, peut y être employé pour le reboisement en même temps que le pin noir d'Autriche. Il aura l'avantage de fournir en sous-étage un taillis rémunérateur à courte révolution. La végétation de cette essence est, pendant les premières années sixrtout, extrêmement rapide.
Aune vert (Alnus viridis, D. G.).
Caractères. — Arbrisseau ou petit arbre dépassant rarement 4*" de hauteur sur o"",i5 de diamètre.
l58 FLORE KOftESTlèUE GÉNÉRALE DU GLOBIi.
Rameaux divergents, Poasses sillonnées, anguleuses, glabres, ponctuées de petites verrues blanches.
Bourgeons non stipités, sessiles.
Feuilles ovales, arrondies ou légèrement cordiformes à la base, dentées, d'un vert foncé en dessus, d'un vert clair en dessous.
Chatons mâles non réunis aux chatons femelles dans la même inflorescence et seuls libres dès l'automne.
Chatons femelles naissant au printemps et disposés en grappes qui portent deux à trois petites feuilles à la base.
Cônes à écailles à peine ligneuses.
Samares bordées d'ailes membraneuses et pellucides, au lieu d'être coriaces et opaques comme dans les espèces précédentes. Ces samares sont presque semblables à celles du bouleau.
Aire géographique, climat, station. — Aire comprenant Jes régions les plus froides de l'Europe, de l'Asie, de l'Amérique du Nord, s'étendant jusqu'au 71^ degré de latitude Nord et englobant au Sud les montagnes élevées. En France l'aune vert est une espèce des régions alpines et s'élève sur les pentes les plus rapides, de 1800°* à 2000"^ d'altitude, avec le pin cembro, le pin de montagne, le mélèze. On le trouve aussi dans les hautes montagnes de la Corse.
Sols. — De préférence sols siliceux frais et humides.
Bois. Produits. — Bois se différenciant de celui des autres aunes par Vahsence de larges et faux rayons médullaires, composés de rayons simples réunis par du parenchyme.
L'essence, en raison de sa petite taille est utilisée surtout pour le chauffage.
Emploi cultural. — L'aune vert est précieux dans les reboisements des hautes montagnes en raison de sa faculté de se marcotter et de se bouturer comme l'aune blanc.
Il sert ainsi à fixer le sol, à empêcher les affouillements et les éboulements ; et il réussit sur les pentes les plus abruptes.
Autres espèces d'aunes.
Parmi les autres espèces d'aunes, il faut citer V aune de l'Orégon {Alnus oregona), qui habite l'Amérique du Nord, et l'aune de l'Argentine {Alnus Spachii). ^iCette dernière espèce est un petit arbre des régions méridionales de l'Amérique du Sud, pouvant atteindre 8™ de hauteur sur o"i,35 de diamètre, à écorce d'un gris foncé et presque lisse. Son bois blanc jaunâtre, tendre, compact, moyennement lourd, assez élastique, d'une bonne durée, est utilisé pour la fabrication des tonneaux.
Parmi les aunes du Mexique, qui croissent en forêt, mélangés avec les chênes, mentionnons :
Alnus Jorullensis (II. B. K.) et Alnus firmifolia (Fern.), qu'on trouve dans la zone froide et assez humide du pays.
FAMILLE DES JUGLANDEES.
Caractères de la famille. — Feuilles composées et dépourvues de stipules.
Fleurs mâles réunies en chatons denses et cylindriques.
Fleurs femelles solitaires, ou en petit nombre formant des épis ou des grappes.
ANGIOSPERMES OU FEUILLUS. l 'ig
Pistil composé d'un seul carpelle renfermant un seul ovule orlhotrope; un style à deux branches.
Fruit : drupe appelée noix.
Graines sans albumen, à cotylédons plissés et cérébr if ormes.
GENRE NOYER (Juglam).
Caractères du genre Noyer (Juglans). — Fleurs mâles en: curées par une bractée soudée à un périgone de 6 lobes. Androcée comprenant 6 à 36 étaraines à filets courts, pétaloïdes.
Fleurs femelles constituées par deux périgones soudés à un ovaii-e. Pistil for; né de deux carpelles |médians. Deux larges stigmates correspondant au dcis des tar pelles.
Fruit bi\>alve non ailé.
Moelle des rameaux fistuleuse.
Fibres libériennes de la tige disposées en bandes ou massifs tangentielleH»ent dans la moitié interne du liber.
Poils foliaires unicellulaires simples.
Noyer commun (Juglans regia, Lii:.:.
Car&ctèsres. — Arbre pouvant atteindre 20"^ de bauteur sur 2'^ de diamètre à la base, originaire de l'Asie Mineure, et cultivé pour son fruit (la noix) dans toute l'Europe tempérée.
Ecorce d'abord lisse, grise, argentée, ne se crevassant que tardivement.
Cime ample et arrondie.
Bourgeons d'un brun clair.
Feuilles grandes, alternes, composées-pennées, de 5 à 7 folioles ovales-aiguës poilues en dessous aux aisselles des nervi^ires, dégageant une forte odeur spéciale quand on les froisse.
Fleurs monoïques.
Chatons mâles très allongés, provenant de bourgeons situés sur les pousses de Tannée précédente. Chaque fleur mâle est formée d'une écaille adhérente à un périanthe de 5 à 6 divisions, renfermant i4 à 36 étamines à filet court et à anthère dressée, longitudinalement déhiscente.
Fleurs femelles sohtaires ou par 2 k l^ k l'extrémité des pousses de l'année. Chaque fleur femelle est formée par une écaille adhérente au réceptacle et par un périgone àe3 k 4 dents, qui contient un ovaire infère uniovulé, à deux branches stigmatiîères papilleuses.
Fruit : drupe ou noix, constituée par un péricarpe formé de deux couches : une extérieure, verte et molle {brou de noix), qui se détache en se desséchant, et une intérieure, qui enveloppe la graine ou amande.
L'enveloppe intérieure lignifère est à deux valves irrégulièrement sillonnée>.
La graine dépourvue d'albumen, partagée en bas et sur les côtés par de fausses cloisons, comprend, sous ses téguments, un embryon et de gros cotylédons lobés et à surface sillonnée, qui contiennent des réserves féculentes et oléagineuses.
Essence à couvert épais, ne poussant pas bien en massif, rejetant mal de souche, et ne drageonnant pas.
Aire géographique, climat, station. — Essence originaire du Caucase, du Nord de la Perse, de la Clune et du Japon, du Nord et du Nord-Est de l'Inde et de la Birmanie, et aujourd'hui cultivée dans toute l'Europe, dans l'Amérique du Sud
l6o FLORE FOiŒSTiÈRE GÉNÉRALE DV GLOBE.
(Argentine) et dans tout l'univers, spécialement partout où les climats sont doux et tempérés.
Sols. — Arbre préférant les terres profondes, perméables, moyennement fertilei, mais poussant sur tous les sois, sauf sur cuex qui sont trop humiies, ou trop compacts, ou trop sces.
Races. — Parmi les variétés industrielles les plus estimées, citons : Le noyer Mayet, du Daupliiné, qui fournit une des meilleures noix de table, Le noyer de Parry ou noyer parisien, de qualité à peu près semblable, Les noyers de Vourey et Franquet, qui donnent des noix plus petites et plus rustiques, Le noyer petite-ronde, à fruit utilisé pour la confiserie, Le noyer à grappes, à fruits petits et groupés en grappes. Le noyer gourlande, à noix très grosse, recherchée en Auvergne, Le noyer Marbot, donnant les plus gros fruits du Lot, Le noyer commun, utilisé comme porte-greffe.
Parmi les variétés horticoles les plus joHes, indiquons : pendula à branches pendantes, et lacianata à grandes feuilles découpées et à fruits excellents. Les meilleures altitudes pour la cultm-e du noyer ne dépassent pas 4oo°^. Les expositions Sud-Ouest, Ouest et Nord-Ouest sont celles qui lui conviennent le mieux.
Bois, — Bois gris à cœur brun, plus ou moins veiné, homogène, assez lourd, d'une densité moyenne de 0,690, susceptible d'un beau poli.
Aubier blanc.
Tissu fibreux divisé par du parenchyme qui est disposé en lames minces, concentriques, sinueuses, rapprochées et plus foncées, visibles à la loupe.
Vaisseaux assez gros, légèrement inégaux, isolés ou par groupes de deux à trois, répartis à peu près uniformément.
Rayons médullaires égaux,';minces, assez serrés, très peu longs et très peu hauts.
Moelle brune disposée en disques régulièrement espacés.
Produits. — Essence extrêmement recherchée en ébénisterie, en menuiserie, en carrosserie, et siirtout en armurerie, pour la fabrication des crosses de fusils; elle n'a pas d'égale sous ce rapport, en raison des nuances remarquablement variées de son bois, qui d'ailleiu"s ne travaille pas et ne se déforme pas à la dessiccation.
Combustible et charbon des plus estimés.
La noix fournit une huile alimentaire quand elle est extraite à froid, mais qui a l'inconvénient de rancir rapidement.
L'écorce contient beaucoup de tanin; le brou de noix, macéré dans l'eau donne une matière brune employée pour colorer les meubles.
Emploi cultural, — Le noyer est avantageux à planter à l'état isolé dans tous les départements de la France, sauf généralement ceux du Nord et du Nord- Ouest, où il est gélif; son bois atteint des valeurs de plus en plus considérables, en raison des demandes de l'armurerie.
Ennemis. — On peut mentionner parmi les insectes : Le pyrochroa coccinea, coléoptère hétéromère, dont les larves s'alimentent dans
l'écorce.
Le balaninus nucum, curculionide dont la larve vit dans la noix. Vorgie pudibonde, lépidoptère dont la chenille peut ronger les feuilles. Le cossus gâte-bois, dont la chenille ouvre des galeries dans le bois. La teigne mineuse du noyer, dont la chenille roule d'abord, puis dévore les feuilles.
ANGiOSPEHMKS OU FEUILLUS. l6(
Le hoslriche bicolore, coléoptère brunâtre de i"^™ de longueur environ, qui creuse
des galeries sous i'écorce.
Parmi les cliampignons, nous pouvons voir : Le marsonia juglandis, formant sous Tépiderme des feuilles des conceptacles noirs
qui amènent leur chute prématurée (anlrachnose du noyer.) Le microslroma juglandis, qui produit des cloques sur les feuilles. Le polypore soufré, qui catse la pourriture rouge des arbres morts. L'armillaire de miel, qui peut amener le pourridié des racines.
Noyer d'Amérique {Jaglans nigra, Lin.).
Caractères. — Arbre superbe, pouvant atteindre en Amérique 3o"^ à 45°^ de hauteur sur 2'"^ à S'" de diamètre, à cime ample et ovale, à fût très élancé, à écorce fendillée et presque noire, à rameaux brunâtres, avec des pousses tomenteuses rousses.
Feuilles longues de 40*^™ à So*^'" composées de i5 ù 17 folioles subelliptiques, lancéolées, dentelées, glabres, de 10"" de longueur environ sur 4'"^ de largeur, acuminées-afguës, sessiles ou à peine pétiolées.
Fruits sphériques, chagrinés, ponctués, portés sur un pédoncule court {1"^ à 4'^"').
Noyau ovoïde, finement et profondément sillonné; 4 cloisons internes ligneuses et très épaisses.
Amande comestible, mais non utilisable industriellement en raison de l'épaisseur et de la dureté des cloisons internes.
Brou indéhiscent.
Essence à croissance rapide, réussissant en massif fructifiant vers l'âge de i5 à 20 ans et se propageant bien par semis.
Aire géographique. — Aire géographique s'étendant du Canada à la Louisiane et comprenant spécialement les monts Alléghanys.
Sols. — Sols légers, meubles, frais et profonds.
Bois. — Aubier mince et blanchâtre.
Bois parfait d'abord violet à l'instant de la coupe, puis devenant presque noir après dessiccation, très résistant à l'humidité, prenant un beau poli, très gracieusement veiné, lourd, d'une densité moyenne de 0,610, dur et fort.
Produits. — Bois très recherché pour l'ébénisterie, la carrosserie, la marqueterie, le îour, la sculpture, la menuiserie fine, les constructions navales. Les noyers d'Amérique sont importés en Europe sous le nom d'Hickory.
Emploi cultural. — Arbre qui, par les qualités de son bois précieux, et par son aptitude à réussir en massif, mérite d'être expérimenté dans nos forêts et planté dans nos avenu'^s.
Noyer cendré {Jaglans cinera, L.).
Caractères. — Arbre pouvant atteindre i5°^ de hauteur sur o'",oo de diamètre, à branches étendues dans le sens horizontal, et constituant une large cime arrondie. Écorce analogue à celle du noyer noir.
Feuilles composées de i5 à 17 grandes folioles, ovales-lancéolées, acuminées, dentées, tomenteuses et blanchâtres en dessous, glabres en dessus, de forme à peu près semblable à celles du noyer noir.
Fruits pointus à hrou très visqueux et couvert de poils glanduleux, gris, comprenant une noix intérieure bi-cloisonnée et creusée à sa surface de nombreuses a nfractuosités remplies par une amande oléagineuse d'un goût agréable.