C. -F. II
102 ri.ORE KORESTIKRE GÉNÉRALE DU GLOBB-
'Aire géographique, climat, station. — Amérique du Nord : du Canada aux régions de TOliio.
Vallées, pentes et collines fraîches, bords des rivières.
Sols. — De préférence sols profonds et fertiles.
Bois. Produits. — Bois d'un brun clair, se fonçant à l'air, léger, tendre, à aubier mince et blanchâtre, recherché en ébénisterie et en menviiserie, Ecorce contenant beaucoup de tanin. Sève sucrée. Brou pouvant être utilisé pour teindre les étoffes en jaiuie ou orange.
Emploi cultural. — Essence de taille moindre que celle du noyer noir, mais pouvant être plantée aux bords des cours d'eau.
Autres espèces de noyers.
Parmi les autres espèces de noyers ayant un bois et des propriétés analogues
on peut citer :
Juglans sinensis, de la Chine, à joli feuillage et gi'osses noix,
Juglans Sieboldiana, de l'Asie orientale, à belles folioles et à très grosses noix.
Juglans cordi/ormis, Juglans sigillata, à coque très dure.
Juglans rupestris, à petites folioles et petits fruits.
Juglans australis (Grisb.), arbre vigoureux, très précieux en Argentine, atteignant i5^ de hauteur sur 0^^,80 de diamètre, à feuilles terminales très longues et à folioles dépassant iS*^^"" de longueur, à écorce peu épaisse, peu crevassée, d'un gris plombé, à bois grisâtre, assez compact, élastique, fort, moyennement dur et lourd, d'une notable durée et pouvant être utilisé pour tous les travaux délicats.
JugLns cathayensis, remarquable par ses grandes feuilles de i'^^ environ de longueur, composées de 8 paires de folioles longues chacune de j^lus de o™,20.
Juglans mandshurica (Maxim.), qui habite l'Asie orientale.
GENRE CARYA {Carya).
Caractères du genre Carya. ■ — Les Caryas sont de grands arbi'es de l'Amérique du Nord, pouvant dépasser 3oi^^ de hauteur sur i"" à i™,3o de diamètre.
Ils sont voisins des noyers, mais en diffèrent notamment par leur fruit qui s'ouvre en quatre valves.
Tige droite, à écorce d'abord lisse, puis écailleuse et sillonnée; moelle des rameaux pleine.
Feuilles alternes, grandes, composées, à nervation pennée.
Fleurs sortant des mêmes bourgeons que les feuilles.
Chatons mâles disposés par trois sur vui même pédoncule, ordinairement à fleurs composées d'une écaille bractéale, d'un périanthe trilobé et de 3 à 10 étamines, à anthères velues, biloculaires, longitudinalement déhiscentes, dépassées par les connectifs, et disposées sur deux rangs.
Chatons femelles à fleurs formées d'un périgone à quatre divisions dont une bractéale, d'un stigmate verruqueux subsessile et d'un ovaire infère biovulé.
Fruit {drupe ou noix) non ailé, déhiscent par quatre valves, à brou devenant dur et ligneux, à coque ligneuse, lisse ou faiblement ridée, de à 2 à 4 loges.
Amande exalburainée, à cotylédons féculents et oléagineux, divisés par des cloisons ligneuses, plus ou moins épaisses.
Bois à aubier blanc, à duramen de couleur brunâtre, très lourd, fort, tenace.
ANGrOSPERMES OU FICLIM.D?. l63
flexible, élasliijue, facile à travailler et ù fendre, trop sujet aux altaques des insBctes et à la pourriture pour être employé aux constructions, mais très précieux pour rindustrie (essieux, roues, brancards, manches d'oulils, chaises, cercles, etc.).
Exporté d'Anu'ri(|uo sons la déiiouiinalioa d'IIickorij, il a des (pialilés analogues à celles du frêne.
Excellent chaulïage et charbon estimé.
Les caryas, au nombre de dix espèces environ, habitent l'Est et le centre du Canada et dos Etats-Unis. Ce sont des arbres de forêt pouvant vivre en massif; mais, comme ils rejettent peu de souche, leur «lestination la meilleure est la futaie; d'autant plus (ju'ils fructifient de bonne heure en donnant une abondante semence.
Ils aiment les sols silico-argileux, légers, profonds et frais des vallées.
La chaleur leur convient; mais ils résistent bien aux fortes gelées, sauf dans le jeune Age.
Leur croissance est lente; mais en raison de la valeur industrielle de leur bois et de leur faculté de croître en massif ils méritent d'être expérimentés en forêt. Il faut, autant que possible, les semer sur place; car les plants retirés des pépinières ont généralement un pivot trop allongé.
Carya blanc [Carra alha, Nutt.).
Caractères. — Arbre forestier atteignant 3o"i de hauteur, à tronc droit, sans branches souvent jusqu'aux trois quarts de sa hauteur en massif.
A l'état isolé, il se partage généralement assez bas en plusieurs grosses branches, qui forment une cime oblongue ou arrondie.
Écorce fendillée en bandes étroites et assez longues, n'adhérant à l'arbre que par leur milieu.
Bourgeons gros, formés de deux écailles noires divergentes et tombant au printemps. Pousses tomenteuses. Feuilles de 5 à 7 folioles pétiolulées, oblongues, lancéolées, acuminées, dentées, pubescentes en dessous; la foliole terminale est sessile.
Fruits ordinairement solitaires, presque sphériques, de 3"" à 5^'" de longueur, avec une dépression au sommet, à épicarpe brun, glabre, devenant ligneux, se détachant en t[uatre valves à la maturité. Noyau blanchâtre svibquadrangulaire, à coquille et cloisons épaisses et dures. Amande à saveur douce, comestible.
Essence peu sensible aux gelées, se propageant facilement et de bonne heure par semis, réussissant en massif, mais d'une croissance lente au début.
Aire géographique, climat, station. — Amérique, du Canada à la Caroline, spécialement au Sud-Est ihi Canada, et, sur le jversant de l'Atlantique, du Maine à la Géorgie et la Floride.
Stations préférées : collines fertiles ou rocheuses, bords des rivières.
Sols. — De préférence sols légers, profonds, frais, fertiles.
Bois. Produits. — Bois d'un brun clair, fort, résistant, flexible, à grain serré, compact. Aubier mince, presque blauc.
On appelle cet arbre le noyer tendre.
C'est un bois d'industrie ]de premier ordre et un chauffage supérieur. Il est employé pour uneHoule d'usages, tels que les quilles' de vaisseaux, les instruments agricoles, les voitures, les tonneaux, les manches d'outils.
La noix est connue dans le commerce sous le nom de noix d' Amérique.
Emploi cultural. — Essence méritant d'être expérimentée dans nos forêts de plaine, soit en massif pur, soit en mélange avec le chêne ou le hêtre.
Bel arbre d'avenue et d'ornement.
l64 FLORE FORESTIÈRE GÉMÎR.VLE DU GLOBE.
Carya tomenteux {Carya tomentosa, '!\uU.).
Caractères. — Grand arbre de 3o™ de hauteur sur i"^ de diamètre, à branches du bas plus ou moins retombantes, à branches du haut relevées à angle aigu avec la tige, le tout constituant une cime oblongue ou arrondie.
Tronc un peu renflé à la base, à écorce épaisse et rude, mais non écailleuse.
Rameaux tomenteux. Pousses fortes. Bourgeons gros et arrondis.
Feuilles de 7 à 9 folioles, oblongues-lancéolces, acuminées, légèrement dentées, pubescentes en dessous, de même que le pétiole; la foliole terminale est subpétiolée.
Chatons filiformes et tomenteux.
Fruits subglobuleux, de f\''"^ à ô*""' de longueur, à épicarpe ou brou glabre, épais, se séparant presque jusqu'à la base. Noyau subhexagone, à coque très épaisse et très dure. Amande petite, d'une extraction diflicile, à saveur non amère, mais peu comestible.
Essence ù croissance très lente, sensible aux gelées, mais pouvant fructifier en France.
Aire géographique, — Amérique du Nord, du Canada jusqu'à la Géorgie et au Kentucky, notamment Etats-Unis de l'Est.
Sols. — Essence pouvant réussir sur les terrains même médiocres. Bois. Produits. — • Bois brunâtre, très lourd, dur, résistant, soHde, flexible, à grain fin, à aubier épais presque blanc, employé aux mêmes usages que le carya blanc, mais inférieur à lui comme bois d'industrie, et plus exposé à la vermoulure et à la pourriture.
Emploi CulturaJ. — Arbre utilisable pour le reboisement des sols pauvres dans l'Amérique du Nord.
Carya ou Noyer pacanier (Car/a olivœformis, Nutt.).
Caractères. — Arbre superbe atteignant 35^'^ à 55"^^ de hauteur sur 2^ de diamètre, à cime étroite en massif, pyramidale à l'état isolé. Bourgeons bruns. Pousses velues. Racliis tomenteux.
Feuilles composées de i3 à 17 folioles, constituant une belle frondaison d'un vert jaune.
Noix disposées par groupe de 3 à 11.
Amande comestible, savoureuse, aussi recherchée aux Etats-Unis que la noix en France.
Essence ne donnant pas de fruits sous le climat de Paris.
Aire géographique. — Haute Louisiane, bords du Missouri, Illinois, Saint- François, Arkansas.
Sols, — Sols fertiles, frais, même humides.
Bois. Produits. — Bois d'un brun clair, teinté de rouge, lourd, dur, à grain serré, cassant; aubier mince plus clair.
Le pacanier, d'une qualité inférieure aux bois précédents, sert cependant à la construction des wagons et des instruments agricoles, et fournit un excellent chaufï'age.
Emploi cultural. — Essence à expérimenter dans le bassin méditerranéen.
Carya amer {Carya aniara, P^fult., vel cordiformis, Wang.).
Caractères. — Grand arbre atteignant 3o"^ de hauteur sur i"^^ de diamètre. Tronc droit, se divisant souvent en plusieurs grosses branches ascendantes et un peu divergentes.
ANGIOSPERMES 01' FETILI-US. l65
Cime généralement plus large au sommet.
Rameaux bruns pendant l'hiver, grêles, terminés par des bourgeons d'un jaune d'or.
Pousses glabres et menues.
Feuilles composées de 7 à 9 folioles sessiles, ovales, acuminées, dentées en scie; la foliole terminale est plus petite et brièvement pétiolée.
Chatons mâles disposés par deux à la naissance des pousses de Tannée, qui portent à leur extrémité les fleurs femelles.
Fruit petit, presque globuleux, marqué dans sa partie supérieure de quatre lignes saillantes en ailes; péricarpe jaune, glanduleux, s'ouvrant au milieu en i;ualie valves. Noix presque globuleuse, 'à suture] saillante supérieurement, blanche, lisse, à coque assez mince pour être cassée entre les doigts. Amande à saveur très amère et creusée de nombreuses sinuosités.
Essence à croissance plus rapide que celle des autres caryas.
Aire géographique, climat, station. — Aire s'étendant du Canada à l'Oliio, avec la région des Trois-Rivières comme limite Nord, sur le bord des eaux, dans les plaines et les vallées fraîches, même dans les régions élevées.
C'est l'espèce de carya que l'on trouve à la plus grande altitude septentrionale.
Sols, — Sols frais et même humides.
Bois. Produits. — Bois d'u» brun foncé, très dur, lourd, fort, élastique, résistant, à grain fin et serré, avec aubier épais et blanchâtre.
Ce bois est très employé pour fabriquer des jantes, des jougs, des essieux, des manches d'outils, des cercles et autres objets.
Chauffage de première qualité.
Emploi cultural. — Le carya amer est un des plus beaux arbres forestiers de l'Amérique du Nord. C'est aussi celui des caryas qui réussit le mieux dans nos climats. Il mérite d'être essayé en forêt et d'être planté dans les parcs comme espèce ornementale.
Carya des pourceaux ou Carya glabre (Car;^a/>orcî/ia,Nutt,,vcl 5 Za6/a,Torr.).
Caractères. — Très bel arbre atteignant 3o™ de hauteur sur i™,3o de diamètre, à tige droite, à écorce sillonnée mais ne s'exfoliant pas.
Branches minces, plus ou moins contournées, particulièrement celles du bas, qui sont généralement retombantes. Cime étroite et oblongue.
Pousses grêles. Bom-geons terminaux petits.
Rachis glabre et rougeâtre.
Feuilles composées de 5 à 7 folioles lancéolées, acuminées, dentées, glabres sur les deux faces; la foliole terminale est subsessile.
Fruit pyriforme à péricarpe ou brou peu épais, s'ouvrant par le sommet en quatre valves, dans la moitié supérieure. Amande petite, douce ou un peu amère, non comestible.
Essence fructifiant dans la région parisienne, comme le carya blanc, mais assez sensible aux gelées tardives.
Aire géographique. — Versant atlantique du Canada et des États-Unis, du New- Hampshire jusqu'à la Floride, vers l'Ouest jusqu'au Texas et à l'Arkansas.
Sols. — Arbre aimant les sols frais, fertiles et profonds des vallées, mais s'accommodant aussi des sols sableux et pierreux secs.
Races. — Il faut signaler la variété microcarpa, carya à petits fruits, qui atteint environ 20™ de hauteur, à feuilles glanduleuses et pubescentes en dessous au
ï66 l'LORK FORIiSTlKUE GlÏNÉUALE M OLOIiK.
niveau des nervures, à fruil ovoïde, arrondi, plus petit que le type, el à noix légèrement téti-agone.
Cette variété se rencontre dans le haut Canada et les Etats-Unis de l'Est.
Bois. Produits. — Bois brunâtre, lourd, dur, résistant, flexible, remarqual^ie par sa force et sa ténacité, de premier ordre pour l'industrie et le chaufifage, et d'une valeur presque égale à celle du carya blanc.
Aubier épais et blanchâtre.
Bois très employé pour les voitures, les instruments agricoles el quantité d'autres usages.
Emploi culturaî. — Essence méritant dètre introduite eu forêt, en raison des excellentes qualités de son bois, de son peu d'exigences pour le sol, de sa rusticité, de sa propagation facile par semis, et de sa bonne végétation en massifs.
C'est aussi un arbre très décoratif en avenues ou en parcs.
Carya silloné ou lacinié X C'a/- k^ sulcata, iXutt.i.
Caractères. — Arbre aussi grand que le carya blanc, à écorce s^exfoliani, à pousses fortes, à gros bourgeons.
Feuilles composées de 7 à 9 folioles; rachis vert jaunâtre parfois persistant. Brou épais, ligneux, se détachant complètement de la noix à la maturité. Amande à saveur amère.
Essence rustique, mais à croissance très lente.
Aire géographique. — Etats-Unis de l'Est, de la Pensylvanic jusqu'aux régions uu Wiseonsin, de l' Illinois, du KenLucky.
Sols. — Sols frais et fertiles des plaines et des vallées.
Bois. — Bois de même qualité que celui du carya blanc.
Carya velu {Carya villosa, Ashe.).
Caractères. — Arbre de 7"^ à 10"^ de hauteur, à tronc court, à ran'icaux, rachis et pétioles velus, à pousses grêles, à petits bourgeons, à feuilles composées do 5 à 9 folioles, à brou peu épais, ne se détachant que jusque vers le milieu du fruit à la maturité, à noix munie d'une coque mince.
Essence fructifiant de bonne heure.
Aire géographique, — Aire s'étcndanl du Sud de New- Jersey jusqu'à l'Est de la Floride, dans le Missouri, jusqu'à l'Est du Texas.
Sois. — Sols sablonneux des plaines ou rocailleux stériles des collines.
Bois. — Bois d'un brun foncé, dur, tenace, cassant, avec aubier épais prestjue blanc.
Carya aquatique ( Carya aquatica, Autt. 1.
Caractères. ■ — Arbre de 20"^ à 3o"^ de hauteur sur o'",7o de diamètre, à branches dressées formant une cime étroite.
Bourgeons d'un gris jaunâtre.
Feuilles composées de 7 à i3 folioles, à dents |îetitcs et espacées. Brou ne se détachant que jusque vers le milieu de la noix. Amande à saveur amère.
Aire géographique. — Virginie, Floride, Arkansas, Louisiane.
Sols. — Sols marécageux et terrains souvent inondés des plaines et des vallées.
ANGIOSPERMES OU FEUILLIS. |(Î7
Bois. — Bois lourd, à grain serré, cassanl. Aubier blanchâtre.
Bon chaufrage.
Carya muscade iCarya myristicœ/ormis, Nult.j,
Caractères. — Grand arbre de îto'" à 35"^ de hauteur sur o"\70 de diamètre, tronc droit, à branches un peu étalées.
Feuilles composées de 5 à ii folioles, brillantes et blanches en dessous à la maturité, puis passant au brun bronzé.
Brou peu épais, se détachant complètement de la noix à la maturité. Noix à coque épaisse et dure.
Aire géographique. — Caroline, Alabama, Mexique.
Sols. — Sols riches et (rais des vallées, aux bords des rivières et des marais.
Bois. — Bois brunâtre, lom:'d, dur, fort, tenace, à grain serré, avec aubier plus clair.
Emploi cultural. — Essence très ornementale pour les parcs en raison de son beau feuillage.
Carya du Texas (Carya texana, C. de Gand.).
Caractères. — Arbre pouvant atteindre 3o"^ de hauteur sur i"^ de diamètre en bon terrain d'alluvions, plus petit sur les sols humides.
Pousses tomenteuses.
Bourgeons d'un jaune clair.
Feuilles composées de 7 à 11 folioles. Pétiole et rachis velus.
Brou se détachant complètement de la noix à la maturité. Amande à saveu.' amère.
Aire géographique. — Texas.
Sols. — Essence aimant les alluvions, mais poussant aussi sur les bords des prairies humides du Texas.
Bois. — Bois d'un brun rougeâtre, dur, fort, à grain fin, avec aubier plus pâle.
Carya de la Caroline du fiord (Carya Carolinœ septentrionalis, Xshe.).
Caractères. — Arbre atteignant 20^ à 3o"^ de hauteur sur i"^ de diamètre dans les terrains humides, 6™ à 10'^^ de hautevir sur o^",3o de diamètre dans les sols secs des collines.
Ecorce s'exfoliant.
Bourgeons glalDres el petits.
Feuillts composées de 3 à 7 folioles qui, à l'automne, prennent une couleur brune avant leur chute.
Brou peu épais, se détachant complet», nient de la noix à la maturité. Noix à coque mince.
Aire géographique. — Aire s'étendant du Nord de la Caroline au Nord de la Géorgie.
Sols. — Sols humides, et aussi sols calcaires secs des collines.
Bois. — Bois d'un brun rougeâtre clair, dur, fort, très tenace, à aubier mince et blanchâtre.
l68 FLORE FORESTIÈRE GÉNÉRALE I>U GLOCK.
Carya de Chine (Carya sincnsls^ Dode.).
Espèce nouvelle, signalée par M, Dode, originaire de Chine (Kyou-Tchéou) et voisine da carya alba de l'Amérique du Nord. Elle est caractérisée par sa noix de ^"^ de longueur sur ^""îS de largeur, subglobuleuse, apiculéc, à 3 ou L\ côtes peu prononcées, à surface d'un brun clair marquée de stries peu profondes et sinueuses; il n'y a pas de cavités dans la coque; la cloison monte dans le centre de la noix jusqu'à 2'^^'",5 environ de la base extérieure de cette noix; la base est déprimée, avec partie sclérifiée adhérente d'un contour plus ou moins ovale; les cotylédons remplissent la coque à peu près complètement.
GENRE PTÉROCA.RYA {Pterocanja).
Ce genre comprend des arbres voisins des caryas de Transcaucasie; leur androcée comprend 8 à i6 étamines; leur pistil est formé de deux carpelles médians, ouverts et concrescents en un ovaire uniloculaire et à un seul ovule orthotrope; les stigmates correspondent au dos des carpelles.
Fruit : drupe pourvue de deux ailes provenant de deux bractées latérales concescentes.
Ptérocarya du Caucase iPterocarya caucasien \c\ fraxlnifolia).
Bel arbre ornemental, de i5^ environ de hauteur, originaire du Caucase, à joli feuillage d'un vert foncé luisant, demandant des sols frais et même humides, fournissant un bois coloré et dur, méritant d'être expérimenté en Europe.
Ptérocarya à feuilles de sorbier {Ptérocarya rhoïfolia vel sorbifolia, S. et Z.).
Arbre se distinguant par ses feuilles composées de 8 à 9 paires de folioles scssiles, arrondies à la base, oblongues, lancéolées, à dents arquées, glabres en dessus et mollement pubescentes sur les nervure? de la face inférieure ainsi que sur les pétioles.
Ptérocarya du Yunnan (Ptérocarya Delavayi, Franc!).).
Grand arbre du Yunnan (Chine occidentale); on le trouve notamment à la base du Ma-cul-Chan, vers 28001" d'altitude. Il est analogue au Ptérocarya rhoïfolia; mais ses fruits sont couverts de poils brillants, courts, entremêlés de glandes rouges; ces poils recouvrent également les ailes d'vme longueur de i "' sur une égale largeur.
Ptérocarj'^a du Japon {Ptérocarya japonica).
Arbre très beau et très rustique, habitant le Japon et méritant d'être essayé en Europe.
GENRE PLAT YG ARIA {Plaly caria).
Genre comprenant des arbres analogues aux caryas.
Les deux bractées latérales et le calice des juglandées ordinaires manquent dans les platycaryas.
Le pistil est formé de deux carpelles latéraux ouverts, ou concrescents en un ovaire uniloculaire et uniovulé; les stigmates correspondent au dos des carpelles.
ANGiosPEnMUS OU rEiiKi.rs. 169
GENRE ENGELHARDTIA {Engclhardlia).
Genre représenté par des juglandées qui liabilent les îles Moluques et qui ressemblent au noyers et aux caryas.
Pistil formé de deux carpelles médians, ouverts et concrescents en un ovaire uniloculaire et uniovulé.
Deux styles étalés en lames stigmatiques hijurquées.
Ces stigmates correspondent à la commissure des carpelles,
La bractée mère et les deux bractées latérales du fruit se réunissent en formant un invoîucre trilobé, semblable à la cupule du charme.
FAMILLi: DES ARISTOLOGHIÉES.
La famille des Aristolocliiées est caractérisée par ses graines albuminées, par son ovaire à 4 ou 6 loges, à placentation axile, par ses fleurs stamino-pistillées. Elle comprend des berbes et sous-arbrisseaux, souvent à tiges voluhiles.
Parmi ces derniers il faut citer V Aristoloche clématite [Aristolochia clematitis) plante vivace commune en France, V Aristoloche sipho {Aristolochia sipho) plante ornementale grimpante à larges feuilles, V Aristoloche serpentaire de Virginie [Aristolochia serpentarius) utilisée contre la morsure des serpents, V Aristoloche ornementale du Brésil [Cipo-Florao du pays) {Aristolochia ornementalis), liane énorme atteignant o"\6o à o"^,75 de diamètre, et dont le bois est recherché en ébénisterie.
FAIVULLE DES SANTALACÉES.
La famille des Santalacées a un périgone Je 3 à 5 divisions avec autant d'étamines opposées, à anthères bilocuîaires longitudinalement déhiscentes, un ovaire infère, adhérent, uniloculaire, avec 2 à 5 ovules, un fruit monosperme, ordinairement surmonté par nn limbe persistant.
Elle ne comprend, en France, que l'Osyris blanc {Osyris alba, L.), sousarbrisseau atteignant i'" de hauteur, habitant les sols sablonneux et secs de la région de l'olivier; il est caractérisé par des feuilles persistantes, aiguës, uninerves, par des fleurs dioïques, petites et jaunâtres, disposées au sommet des rameaux, les mâles en faisceaux, les femelles solitaires, par un périgone à 3 divisions avec 3 étamines ou 3 stigmates, par un fruit rouge de la grosseur d'un pois.
C'est à cette famille qu'appartient le Santal, arbre des régions tropicales.
Santal blanc {Sanlalum album, ]j. ).
Caractères. — Petit arbre de 8™ à 12™ de hauteur, à feuilles persistantes, à fleurs brunâtres et petites, à fruits rougeâtres.
Aire géographique. — Essence habitant l'Inde, la Malaisie, la Chine, aux altitudes de 600™ à goo™.
Bois. — Aubier blanc, épais, tendce.
Bois parfait jaune brun, à saveur amère, dur, à grain serré, très dense, d'une fente difficile, à odeur forte et persistante, non attaqué par les insectes, contenant une huile essentielle très recherchée.
170 FLOUE FORKSrilClîE C.IîNKUAI.I:: UU GI.OBK.
Produits, — L'huiJe essentielle du santal blanc est obtenue par distillation du bois et est utilisée en médecine et en parfumerie.
Le bois de santal est brûlé, aux Indes, dans les cérémonies religieuses.
Il sert à la sculpture, à la confection des cadres, des boîtes, des cofïrets incrustés d'ivoire, à la fabrication des cercueils. C'est, avec le sassafras, le squine, et le gayac, un des quatre bois sudorifiqucs.
Emploi cultural. — Le santal blanc est très utilisé aux Indes; comme il est délicat, on l'entoure de haies protectrices.
Des Indes on exporte beaucoup de bois de sanlal en Chine et en Europe: Bombay est le principal, marché de cette essence.
Osyris à feuiiies ténues {Osyi-is \tenuifolia. En£;l.i.
Arbuste ou petit arbre, abondant dans les régions montagneuses de l'Afrique orientale, ayant, comme le santal blanc, des fleurs à sépales libres au-dessus de l'ovaire infère et des fruits qui sont des drupes.
Le bois est très voisin de celui du santal blanc, et possède les mêmes caractères. Il est exporté de Zanzibar.
Santalacées de la République Argentine.
Parmi les Santalacées de la République Argentine, il faut mentionner les deux arbres suivants :
Jodina rhonibifoJia (II. et Arii.). Nom local : Sombra de torri ou Pej«.
Arbre de 8"^ de hauteur en moyenne sur o'^^,35 de diamètre, à écorce d'un gris jaunâtre, très ridée e| crevassée, à bois blanc, compact, tendre, élastique, assez léger, d'une bonne durée, employé pour les travaux ordinaires de charpente et donnant un combustible estimé.
Acanthosyrls falcata (Grisb."!. Nom local : Sombra de torri hembra ou Sacha-pea.
x'Vrbre de 12"^ de hauteur en moyenne sur o"^,4o de diamètre, à écorce d'un gris foncé, couverte de petites crevasses, à bois jaunâtre, compact, élastique, fort, très tendre, léger, d'une bonne durée, utilisé pour tous les travaux de charpente.
FAiAlîLLh: DES LORANÏH AGEES.
La famille des Loranthacées a des fleurs dioïques (Gui) ou hermaphrodites (Loranthe).
Fleurs mâles composées d'un calice charnu comprenan l 2 à 6 divisions, de 2 à 6 étamines introrses, opposées aux divisions du calice.
Fleurs femelles forniées d'un calice à [\ divisions et d'un ovaire infère, unicarpellé et uniovulé; chez le gui, Tovaire est nul et l'ovule est contenu dans l'axe floral. I
Fruit charnu et mucilugineux.
Graine albuminée.
Feuilles épaisses et coriaces généralement.
La famille comprend des arbrisseaux toujours verts, à tiges dichotomes et rameaux articulés, parasites des arbres.
Parmi les principaux de ces arbrisseaux, il faut citer le loranthe, qui vit surtout sur des essences tropicales, le gui, qu'on trouve en Europe principalement sur
ANaiOSPKRMES OU KKlîIJ.r?. I7I
le peuplier, Varceulobie, qui est parasite du genévrier oxycèdre et du genévrier commun.
GENRE GUi {Viscum),
Caractères du genre Gui (r/sc^m), — Fleurs mâles : calice à /| divisions, contenant 4 étamines, à anthères pluriloculaires, sessiles, appliquées sur les sépales et s'ouvrant par de nombreux pores.
Fleurs femelles : 4 sépales élargis à leur base, charnus, 'fixés sur le bord supérieur d'un axe floral évidé ([ui contient l'ovule.
Gui blanc ( Viscum album. L.).
Caractères. — Sous-arbrisseau à feuilles persistantes, sessiles, coriaces, oblongues, entières, à tiges dichotomes et articulées, parasites sous forme de touffes vertes arrondies.
Fleurs jaunâtres en petits capitules.
Fruits globuleux, blancs, translucides, à suc visqueux et sucré.
Espèce se propageant par ses graines disséminées par les oiseaux, notamment par la grive.
La graine germe, sa racine perce l'écorce et s'applique sur le bois; pendant deux ans la plante est réduite à ses cotylédons; puis elle fournit des racines traçantes et drageonnantes.
Aire géographique, climat, station. — Plante commune en France, rare en Algérie, vivant surtout sur les peupliers et les fruitiers, peu souvent sur les épicéas, les pins et les chênes.
Produits. — Les feuilles peuvent être uliiisées pour l'engraissement du bétail, et le fruit pour la fabrication de la glu. Mais la plante est très nuisible aux arbres, en empêchant leur croissance, et en produisant des trous dans les tissus du bois. Il y a symbiose profitant surtout au gui, et, par conséquent, plutôt parasitisme de ce dernier.
2'"" Ordre. — Apétales à ovaire libre.
Cet ordre comprend les familles des Polygonées, Pipéracées, Urticées, Marées, Protéacées, Celtidées, Ulmacées, Platanées, Casuarinées, Myj'icées, Salicinées, Phytolaccées, Nyctaginées, Chénopodées.
FA^ilLLE DES POLYGONEES.
Caractères de la famille. — Feuilles alternes dépourvues de stipules vraies, mais souvent nmnies à leur base, d'une gaine dilatée en ligule {ochrea).
Fleurs hermaphrodites.
Calice ordinairement formé de six pièces.
3 à 9 étamines.
Ovaire libre, uniloeulaire, formé de trois carpelles concrescents, à placentation pariétale basilaire, avec un seul ovule orthotrope.
Fruit : akène enveloppé habituellement d'un étui triangulaire constitué par les trois pièces les plus internes du calice, et contenant une graine à albumen amylacé.
Les polygonées n'ont que peu d'espèces arborescentes; il faut mentionner cependant les genres Coecoloba, Ruprechtia, Xanthophyllum, Trigoniastrum.
GENRE COCCOLOBA.
Coccoloha uvifera L.
Caractères. — C'est îe raisinier à grappes, appelé encore peuplier cV Amérique.
Grand et bel arbre pouvant atteindre Q,o^ à "20^ de hauteur sur o™,3o à o"^,4o de diamètre, à tronc droit seulement jusque vers 3"^ du soi.
Feuilles alternes, entières, cordées, coriaces, glabres sur la face supérieure.
Fleurs en grappes, à odeur agréable.
Fruits appelés manglcs rouges, akènes trigones, de la grosseur d'une petite cerise, disposés en grappes, entourés d'une pulpe acidulée et sucrée.
Aire géographique. — Antilles {raisinier à fruits), Cuba [Ubero de playa), Salvador [Papatorro), Amérique centrale, Guadeloupe, Martinique.
Sols. — Essence affectionnant les sables maritimes du littoral.
Bois et produits. — Bois rougeâtre, veiné, dur, homogène, très estimé pour le charronnage et la menuisei'ie. On en fait de très jolis meubles.
Le charbon est très estimé.
L'écorce sert au tannage et à la teinture en noir.
Par ébullition dans l'eau, le bois fournit une belle couleur rouge brun, opaque, à cassure noire et luisante; c'est un astringent employé en médecine, un des Kinos du commerce.
En Europe cette espèce ne peut vivre qu'en serre chaude,
' Coecoloba pubescens L.
Caractères. — Arbre pouvant atteindre 20^" à 25^ de hauteur, à tronc droit sur une grande hauteur, à feuilles extrêmement larges, subsessiles, arrondies en cœur à la base, rudes au toucher, coriaces, légèrement i>elues sur les deux faces.
Aire géographique. — Antiîles, Guadeloupe, Martinique.
Bois et produits. — Bois rouge foncé, très dur, lourd, d'une densité de 0,890, Hexible, élastique, considéré comme incorruptible, excellent pour les construciions, la menuiseri et l'ébénisterie, mais assez difficile à travailler n raison de sa dureté.
Fruits comestibles,
Coecoloba paraguayensis, Lind,
Arbrisseau de 6^''^ de hauteur environ sur o"i,20 de diamètre, à écorce mince, rougeâtre, liégeuse, fiùable, habitant le Paraguay et la République Argentine, où il est connu sous /e nom de Viraro-blanco, ou Ibirari-moroti.
Essence à aubier blanc, à bois parfait foncé, assez compact, assez élastique, tendre, léger, peu durable, utilisable comme combustible et pour la fabrication de la pâte à papier.
;GENRE RUPRECHTIA.
Nous citerons quelques espèces de la République Argentine qui présentent une certaine importance.
ANGlOSPERMliS OL' l-iUlLLUS. IjJ
Ruprechlia fagifolia Grisb. (Nom local : Palo barroso.)
Arbre de lo'" environ de hauteur sur o"^,20 de diamètre, à écorce mince, lisse, d'un gris plombé avec taches plus claires.
Bois d'une teinte rosée, compact, élastique, dur, assez lourd, d'une durée très limitée, et employé seulement comme chauiïage et comme charbon,
Ruprechlia excelsa Grisb. [Duraznillo Colorado).
Arbre de lo"^ de hauteur sur o"\5o de diamètre, à écorce peu épaisse, presque lisse, d'un gris foncé.
Bois blanc rougeâtre, compact, élastique, fort, assez dur et léger, utilisable ' pour tous travaux de charpente.
Ruprechlia triflora Grisb. [Virari Colorado).
Arbre de i5°^ de hauteur sur o™,75 de diamètre, à écorce assez épaisse, d'un gris plombé, presque lisse.
Bois blanc, compact, élastique, se fendillant beaucoup à la dessiccation, assez mou, léger, pouvant servir aux charpentes rustiques.
Ruprechlia viraru Grisb. {Viraro).
Arbre de i5"^ de hauteur sur o'",7o de diamètre, à écorce mince, presque lisse, d'un gris foncé.
Bois rougeâtre, compact, très élastique, assez dur et lourd, d'une durée notable, pouvant être utilisé pour tous les travaux de charpente.
Ruprechlia polystachia Grisb. {Ibira hembra).
Arbre de lo"^^ de hauteur sur o™,5o de diamètre, à écorce peu épaisse, d'un gris foncé, presque lisse.
Bois blanc, compact, élastique, tenace, assez dur, peu lourd, excellent pour tous les travaux de charpente.
Ruprechlia laxiflora Meisn. [Marmelero).
Arbre de i8™ à 20™ de hauteur sur o"\75 de diamètre, à écorce d'un gris foncé, moyennement épaisse, très ridée, contenant d'assez nombreuses nodosités.
Bois rosé, compact, très élastique, non cassant, tendre, léger, d'une durée assez longue, spécialement dans les endroits secs, utilisable pour tous travaux en général.
GENRE XANTOPHYLLUM.
Nous citerons quelques espèces qu'on trouve en Malaisie, en Cochinchine et dans les régions voisines de même climat.
Xanlhophyllum flavescens Roxb.
Arbre de 20°^ à 25^ de hauteur sur 0^^,30 à o"^,.?.? de diamètre, à feuilles alternes, coriaces, glabres, qui entre dans les peuplements des forêts de Cochinchine.
Bois d'un blanc jaunâtre, à grain fin et serré, utilisable pour les travaux de tour.
Xanlhophyllum Griffilhii Hook. (Nom malais : Limah Broh.)
Arbre toujours vert, de même taille que le précédent.
Bois d'un blanc jaunâtre, tendre, sujet à se fendiller à la dessiccation.
174 l'î-OUK FORESTFÈR!; GÉNKR\LE DU GLOBK.
Xanthoplnjllum ru/um A.-W. Benn. (En malais : Krahoo.)
Arbre de haute futaie, à bois blanchâtre strié de veines brunes, dur, à grain moyen.
Xanthophyllum \<ltellinum Bl. (En malais : Kitelor.)
Arbre fournissant un bon bois de charpente, à fibres entre-croisées, très durable.
GENRE TRIGONIASTRUM.
Nous ne mentionnons qu'une seule espèce, habitant les régions malaises. Trigoniastruin hijpoleucurn Miq. (Eii malais : Mala passeh.)
Petit arbre, dont le bois est d'une couleur jaune citron, très pâle, dur, se fendant à la dessiccation, mais pouvant servir à fabriquer des objets de menuiserie, quand on le fait sécher lentement et à l'ombre.
FAMILLE DES PIPÉRACÉES.
Caractères de la famille. — Feuilles isolées, engainantes, pourvues de stipules concrescenles, à limbe ordinairement entier et penninerve.
Fleurs habituellement hermaphrodites, nues, sessiles, disposées en épis.
4 ou 6 étamines, ordinairement à i sacs polliniques s'ouvrant par deux fentes longitudinales.
Pistil formé d'un nombre variable de carpelles, libres, à ovules orthotropes.
Fruit : baie ou capsule.
Graine à embryon droil, avec petit albumen charnu et périsperme amylacé abondant.
Cette famille ne comprend que très peu de végétaux ligneux. Nous devons cependant signaler une essence remarquable en ce que son bois peut se substituer au liège dans plusieurs de ses emplois :
Piper fulçescens C. D. C, (Nom local : Lata de pobre.)
C'est un arbuste de 3"^ de hauteur environ sur o^^^io de diamètre environ, à écorce très mince, verte, lisse, à bois blanc, poreux, non élastique, se fendant à la dessiccation, très mou et léger.
On le trouve dans la République Argentine.
FAMILLE DES URTICEES.
Caractères de la famille. — F^euilles habituellement isolées et munies de petites stipules.
Fleurs polygames, monoïques ou dioïques.
Fleurs mâles formées d'un périgone à 4 divisions, et de 4 étamines opposées aux divisions du périgone, et à anthères biloculaires introrses.
Fleurs femelles ayant un périgone persistant à 4 sépales inégaux, un ovaire libre, sessile, formé d'un seul carpelle uniovulé, et surmonté d'un style court à stigmate capité ou en pinceau.
Fruit : akène indéhiscent, contenant un albumen charnu.
ANGIOSPERMES OL l'KLILLrS. Ijî
Urera grundi/olia P. D. I. (Nom local : Orliga hrcwa.)
C'est un arbuste de l'Argealine, atteignant environ G"' de liaiileur t:;ur o"',3o de diamètre, à écorce extrêmement mince, d'un vert cendré.
Bois blanchâtre, constitué par des couclies aussi minces (|u'une feuille de papier, mou et se pourrissant très vite, mais pouvant être utilisé pour la fabricalion des pâtes à carton.
Bœhmeria rugulosa Weed. (Nom local : Bois de Geii ou Dar.)
Arbre de moyennes ou de petites dimensions, toujours vert, qui croît sur les pentes sèches de l'Himalaya, jusque vers looo™ d'altitude, dans la région située entre Sutlej et Bhutan. Il est répandu aussi dans les provinces unies et sur les collines de Burma.
Bois d'un rouge foncé, à grain régulier, moyennement dur, d'un travail facile, résistant bien aux intempéries sans se fendiller ni se déformer.
C'est ime essence de valeur et de dimensions suffisantes pour de nombreux emplois.
On l'utilise surtout pour le tour, la fabrication des écuelles, des plats, des coupes, des assiettes, des boites. Il peut servir également pour la sculpture,
Parasolier (Musanga Srnithii K. Br.).
Noms vernac : Loho. Amoiya, Djuna, Egui. Comho.
Essence de l'Afrique occidentale (Gabon. Cùte d'Ivoire), atteignant 20"^ à aS'^^ de hauteur sur 3o"" à 60'^^™ de diamètre, avec un tronc de 5™ à iS'^^ sous branches.
De grosses racines adventives partent de la base du tronc. La cime est disposée en forme de parasol.
L'écorce est de couleur cendrée, presque lisse; elle porte de fines fentes dans le sens longitudinal.
Le bois est blanc légèrement rosé, très tendre, d'une densité de 0,260.
On l'emploie pour la menuiserie légère.
Cette essence est très commune dans les forêts de la Côte d'Ivoire, notamment sur les anciennes places cultivées.
FA3IILLE DES MORÉES.
Caractères de la famille. — Fleurs diclines et monoïques.
Etamines en même nombre que les sépales (4 sépales et 4 étamines opposées chez le mûrier, 3 sépales et 3 étamines chez le figuier).
Les fleurs femelles ont 4 à 5 sépales, et i à 2 carpelles à un seul ovule généralement campylotrope.
Fruits secs ou charnus, souveiU composés (baies agrtgéeù du mûrier). L'axe de l'inf.'orescence, développé après la fécondation, est souvent comestible (arbre à pain, figuier).
La famille des Morées est voisine de la famille des Urticées, mais se distingue nettement de cette dernière par des laticifères abondants qui manquent chez les Urticées; ces laticifères sont ramifiés, non cloisonnés, analogues à ceux des euphorbes.
176 FLOni-: rORKSTiÈRE CÉXKiULE Df GLOBE.
GENRE MÛRIER {Morus),
Caractères du genre Mûrier (Morus). — Feuilles alternes, simples, dentée?, diversement incisées-lobées, à nervation palmée avec nervure médiane prédominante, à stipules libres, écailleuses, caduques.
Fleurs en épis cylindriques.
Fleurs mâles formées chacune de 4 étamines opposées à 4 sépales.
Fleurs femelles constituées chacune par 4 sépales et 2 carpelles soudés en un ovaire à 2 loges inégales, surmonté de 2 stigmates; chacune des 2 loges contient un ovule campylotrope inséré à la partie supérieure; l'ovule de la plus petite des loges ne se développe pas.
Fruit : akène, contenant une graine ayant un albumen charnu et un embryon courbe ; les sépales deviennent charnus, et leur ensemble constitue la mûre.
Bois à tissu fibreux dominant et de parois épaisses, à rayons médullaires égaux peu serrés, à vaisseaux inégaux, ceux du bord interne de la couche annuelle gros et serrés, ceux du bord externe petits, espacés, et disposés en lignes claires, courtes et concentriques. '
Mûrier blanc (Morus alba, Touni.).
Caractères. — Arbre de moyenne grandeur (i5'^ à 20^^^ de hauteur sur 1°^ de diamètre environ), cultivé surtout pour ses feuilles qui servent à nourrir les vers à soie, originaire de Chine, et introduit en France en même temps que le ver à soie, à la fin du xv^ siècle, à la suite des guerres d'Italie, sous Charles VIII.
Feuilles d'un vert clair, à peu près glabres, ovales-aiguës, cordiformes à la base, dentées, minces, herbacées, luisantes.
Fruits petits, longuement pédoncules, blancs, rosés ou noirs, fades et sucrés.
Le mûrier se bouture facilement et rejette bien de souche, mais ne drageonne pas.
Aire géographique. — Chine, Inde, Perse, Europe méridionale, région méditerranéenne.
Sols, — Essence recherchant les sols légers, et craignant les terrains humides et tenaces.
Races, — On peut citer parmi les variétés : Fructu nigro, à fruits noirs, \ , Fructu roseo, à fruits roses, Japonica, originaire^du Japon, Rosea, à feuilles roses,
Pendula, à rameaux pleureurs, d'un gracieux elîet, Morettiana, à feuilles très larges et particulièrement appréciées pour l'élevage
des vers à soie.
Bois, — Aubier blanc, très peu épais (3 à 5 couches).
Bois parfait analogue à celui du robinier, d'un jaune clair, mais devenant brun rougeâtre avec le temps, tandis que le robinier devient brun jaunâtre.
Il se distingue encore de celui du robinier par ses rayons médullaires plus gros, par le réseau plus fin dessiné sur la section transversale par les petits vaisseaux de la zone externe de l'accroissement annuel.
Ce bois est dur, très résistant aux intempéries, d'une densité moyenne de 0,677, susceptible d'un beau poli.
Produits. — On emploie le mûrier blanc pour la boissellerie, le charronnage,
ANuIOSPEDMES OU FEUILLUS. I^y
la menuiserie, les échalas, les constructions navales, la fabrication des tonneaux.
Le liber de l'écorce peut fournir des fibres textiles, les racines une teinture jaune.
Les fruits passent pour diurétiques et rafraîchissants et sont appréciés par les volailles.
Emploi cultural. — Le feuillage du mûrier blanc est la principale nourriture du ver à soie; il est également alimentaire pour les animaux domestiques.
C'est une essence qui se taille facilement et qui est très décorative en avenues} dans les régions du centre de la France, il est bon de l'abriter.
Mûrier noir {Morus iiigra, L.).
Caractères. — Arbre de mêmes dimensions que le mûrier blanc, originaire de Perse et d'Asie-Mineure.
Feuilles d^un vert foncé, pubescentes sur les deux faces, plus grandes que celles du mûrier blanc, ovales-aiguës, profondément cordiformes à la base.
Fruits gros, courtement pédoncules, noirs, sucrés.
Aire géographique, — Perse, Asie, Arménie, Europe méridionale, région méditerranéenne.
Sols. — Sols légers, secs, rocailleux.
Bois et produits. — Bois et produits semblables à ceux du mûrier blanc. Feuillage pouvant être utilisé pour la nourriture du ver à soie.
Emploi cultural. — Essence décorative et cultivée aussi pour son fruit sucré, qui sert à fabriquer des sirops (sirop de mûres).
Dans le centre de la France, il est préférable d'abriter ce mûrier, comme le précédent.
Mûrier rouge (Mo/us rubro, L.).
Caractères. — Petit arbre de PAniérique du Nord pouvant atteindre 6^ à io°^ de hauteur, mais de taille plus grande dans les régions de l'Ohio et du Mississipi.
Tronc court, divisé en plusieurs grosses branches.
Cime large, arrondie, compacte, avec de nombreux rameaux, ressemblant à celle du pommier.
Fruit rouge.
Aire géographique, cUmat, statioD. — États-Unis de la Nouvelle- Angleterre, Amérique du Nord.
Essence affectionnant le bord des rivières et les terrains d'alluvions.
Bois et produits. — Bois de couleur orangée, léger, tendre, flexible, à grain serré, très durable, à aubier épais et d'une teinte plus claire.
On l'emploie à de nombreux usages : construction des bateaux, barrières, etc.
Parmi les autres espèces de mûriers, signalons :
Morus tatarica, mûrier de Tartarie, essence ayant l'avantage d'être très rustique dans nos climats.
GENRE FIGUIER [Ficus]:-^
Caractères du genre Figuier [Ficus], — Feuilles très grandes, alternes, simples, dentées, diversement lobées, rudes au toucher, à stipules libres et caduques abritant les feuilles dans le bourgeon.
Fleurs mâles et fleurs femelles réunies sur la même inflorescence qui est uh capitule de forme spéciale, constitué par le réceptacle élargi et relevé en une sorte
178 ri.ORE FOUESriERE GENERALE OU GLOBt:.
de cavité ou utriculc. Près de l'orifice de rulricule se trouvent les fleurs mâles, dont chacune est composée de 3 sépales et de 3 étamines. A la partie inférieure sont placées les fleurs femelles, dont chacune a 5 sépales et un seul carpelle contenant un ovule campylotrope, avec un style très long inséré sur les côtés de l'ovaire,
Fruil : akène renfermant une graine avec un albumen charnu et un embryon courbe.
Le réceptacle devient charnu et constitue la figue.
Bois formé des éléments suivants :
Vaisseaux peu nombreux, égaux, uniformément répartis, isolés ou par groupes de 2 à 4 fiii petites lignes rayonnantes.
Rayons médullaires égaux et asse^i minces.
Parenchyme ligneux disposé en lignes blanchâtres et concentri(jues, parallèles ou ondulées et anastomosées: ce qui rend dilficile la distinction des couches annuelles, à moins que le tissu fibreux d'automne ne soit très serré.
Les figuiers contiennent, dans leurs tissus, des sucs laiteux, caustiques, renfermant du caoutchouc.
Figuier commua (Ficus carica. Lii!.).
Caractères. — Arbuste pouvant atteindre 4"^ à 6"^ de hauteur sur o'^,4o de diamètre, originaire des régions méditerranéennes orientales et méridionales.
l^euilles caduques, pétiolées, de forme variable, épaisses, pubcsccntes en dessus,^ subtomenteuses et plus claires en dessous.
Fruit : figue.
Essence rejetant bien de souche et réussissant par bouturcj^.
Aire géographique, — France méridionale, Corse, Algérie.
Sols, — De préférence sols légers.
Bois et produits, — Bois blanc jaunâtre, mou, spongieux, très parenchymateux, gorgé de sucs laiteux, de qualité médiocre, et peu apprécié même pour le chauffage.
Emploi cultural. — Essence cultivée pour son fruit qui, frais ou sec, est très estimé cl rend les plus grands services dans l'alimentation des indigènes algériens.
Les figues torréfiées et réduites en poudre fournissent un succédané du café, qui est supérieur à la chicorée.
Elles constituent, avec les dattes, les jujubes et les raisins secs, la tisane émoilien te et laxative des quatre fruits.
Figuier du Bengale 1 Ficus bengalensis^ Lin.).
Caractères. — Très grand arbre cju'on trouve partout aux Indes et en Birmanie et qui est très souvent cultivé et planté en magnifiques avenues, notamment au Jardin botanique de Calcutta.
Bois et produits. — Bois d'une teinte grise, peu dur, d'un grain assez beau sur les sections radiales, d'une faible durée, mais cependant plus résistant dans l'eau que dans l'air.
On l'utilise pour les boiseries des puits, pour la construction des huttes d'indigènes.
Les racines aériennes, plus dm'es que la tige, servent à fabriquer des timons de voitures, des jougs, des piquets de tentes.
ANGIOSPERMES OU FiitlLLUS. I-f)
Figuier sycomore (Ficus sycomorus, Constancia).
Caractères. — Arbre du Soudan, pouvant atteindre 7"^ de hauteur sur o"\(ki de diamètre, à cime régulière, dense, un peu arrondie.
Ecorce noince (6°"" d'épaisseur environ), d'un gris verdàtre, noirâtre ù l'intérieur, rugueuse, se détachant par plaques.
Feuilles opposées, cordiformes, polymorphes, à long pétiole, d'un vert bleuâtre et velouté, blanches en dessous, à nervure médiane saillante, à nervures secondaires fourchues et épaisses.
Fruits ronds, disposés par paires à l'aisselle des feuilles, à pédoncule assez allongé, comestibles et analogues à la figue ordinaire, mais plus petits.
Aire géographique. — Soudan, Sénégal, Egypte, Afrique tropicale.
Sols. — Essence croissant de préférence au voisinage des eaux.
Bois et produits. — Bois se travaillant bien, pesant f\%o^s au mètre cube, résistant aux attaques des vers et des termites, utilisé pour la fabrication des caisses d'emballage.
Les feuilles passent pour stimulantes et favorisent la sécrétion du lait.
Figuier élastique {Ficus elastica, L.).
Caractères. — Grand arbre originaire de Sumatra, remarquable par ses énormes racines plates qui rampent sur le sol et par ses fortes racines aériennes qui partent des grosses branches pour s'enfoncer dans le sol.
En Europe il est cultivé comme plante d'appartement, en raison de ses jolies feuilles, si connues de tous.
■>!^Dans son pays d'origine il fournit du caoutchouc, par incisions de sa tige et de ses branches. C'est un des meilleurs caoutchouquiers de l'Asie (caoutchouc d'Assam, de Birmanie, de Singapour et des Indes néerlandaises).
Il croît également dans l'Afrique tropicale et le Centre-Amérique; on l'a déco« vert au Honiuras, dans \i département d'Yoro.
Figuier Sa (Ficus Sclileohteri).
Caractères. — Grand arbre atteignant 20"^ de hauteur, à feuilles très larges, à racines aériennes analogues à celles du Ficus elastica., à écorce rougeâtre.
C'est, en Nouvelle-Calédonie, l'arbre à caoutchouc par excellence.
Un arrêté du 20 février igoi règle les concessions relatives aux forêts de cette essence, dans cette colonie.
Cet arrêté réduit les concessions à une contenance inférieure à 10 000 hectares et à une durée maxima de six ans, interdit l'usage de la hachette, prescrit la griffe pour les incisions, oblige chaque concessionnaire à replanter un nombre de pieds au moins égal au dixième des arbres exploités, et n'autorise la récolte que du i^^ mai au 3i août.
Autres espèces de figuiers.
Ficus Vogelii, localisé en Casamance, prodviit le caoutchouc Dop du Sénégal.
Ficus laccifera, attaqué par un puceron spécial, laisse écovder de la gomme laque.
Ficus benjamina, de l'Inde orientale, est une essence grimpante, qui enveloppe les autres arbres.
Ficus religiosa est le Figuier des Pagodes, qui est cultivé au voisinage des temples bouddhistes.
l8o FLORE FORESTIÈRE GÉNÉRALE I)C GLOBE.
Ficus guineensis (Miq.), est un iietit arbre de i5»" de hauteur environ sur o^SSo de diamètre, à écorce d'un blanc grisâtre, mince et un peu rugueuse, à bois d'un blanc noirâtre, avec des reflets plus clairs, d'une densité de o,486. Habitat : Côte d'Ivoire, Afrique tropicale.
Ficus goliath (A. Chev.), est un grand arbre de 3o^ à 35°^ de hauteur sur o™,8o à iHi (Je diamètre, à écorce grisâtre avec petits points roussâtres, épaisse, un peu rugueuse, non fendillée, à bois d'un blanc jaunâtre, un peu maillé, d'une densité de 0,621.
Habitat : Côte d'Ivoire, Afrique tropicale, notamment lagune Potou. Ficus Melleri (Baker), arbre de 10°^ de hauteur sur o™,4o de diamètre, habitant Madagascar, et fournissant un caoutchouc de qualité moyenne.
Ficus tricophoba (Baker), arbre de ?vladagascar, atteignant iS'^'^ à iS"^ de hauteur sur i™,5o de diamètre, et ne donnant qu'un bois médiocre.
Ficus tricophlebia (Baker), figuier de Madagascar, dont les sucs sont utilisés aux mêmes usages que la glu.
Ficus tinctoria (Tussac), arbre des Antilles, qui atteint lo^" de hauteur, L'écorce est d'un brun rougeâtre. Les feuilles sont ovales-cblongues, obtuses, glabres, d'un vert sombre. Les fruits sont d'un rouge brun, turbines, de la grosseur d'vme cerise. Ils sont utilisés pour la fabrication d'une teinture violette. C'est un joli arbre d'avenues, qu'on peut reproduire par graines et par boutures.
Jacquier incisé ou Arbre à pain (Arfocarpus incisa, \..).
Arbre de moyenne grandeur qui habite les Antilies, le Centre-Amérique, les îles de la Sonde.
Le tronc est droit, l' écorce de couleur cendrée; la cime a dis rameaux dirigés horizontalement.
Les feuilles sont très grandes (12 à 20 pouces de longueur sur 12 à i5 de largeur); elles sont alternes, pétiolées, ovales, très profondément divisées en plusiem^s lobes à sinuosités arrondies, glabres en dessus, garnies de poils blancs sur les nervures saillantes de la face inférieure.
Les fleurs mâles et femelles sont disposées en chatons, ordinairement renfermés dans une spathe s'ouvrant en deux valves.
Les fleurs mâles sont en chaton allongé, trèo pressées les unes contre les autres; leur calice est tubuleux, trigone, tronqué au sommet; elles sont dépourvues de corolle; elles ont une étamine à anthère biloculaire.
Les fleurs femelles se trouvent sur un chaton beaucoup plus court (sorte de capitule), enveloppé par une spathe bivalve; leur calice est composé de petits corps charnus, soudés par leur base; les ovaires se trouvent au fond de ce calice; le style est divisé en dfux stigmates divergents.
Le fruit, de la grosseur d'un melon ordinaire, est une grosse baie arrondie composée de nombreuses petites baies; chaque petite baie contient une gr&ine enveloppée d'un péricarpe charnu; l'embryon est droit et dépourvu de périsperme.
Ces baies sont formées des sépales devenus charnus et du réceptacle dévuloppé.
Le fruit de cet arbre, quand il est grillé, possède la saveur du pain, et peut le remplacer dans les régiois tropicales.
Cette essence a été introduite des îles de la mer du Sud à La" Jamaïque. On peut obtenir, par le bouturage, des variétés dont les fruits, de quaHté supérieure, sont dépourvus de graines; ils ont une saveur plus agréable, des propriétés plus nutritives.
On cultive ces vu i^' tes à Taïti et aux Antilles.
On les reproduit par boutures, par drageons, par graines.
ANGIOSPERMES 01' FEUILLUS. l^l
L'écorce préparée peut fournir des tissus pour vêtements: par des incisions elle laisse exsuder une sorte de glu.
Les chatons mâles peuvent être utilisés comme amadou. Le bois donne de bonnes charpentes.
Bois de dhau [Ai locarpus Lakoocha^ Koxh.).
Grand arbre atteignant une taille très élevée, lu-.biiant 1er- Indes anglaises, l'Est de Kumaun en Assam, l'Est du Bengale, les régions de Burma, Orissaf Circars, i'Oucst de Ghats où il est très réjiandu spécialement dans les forêts de Yellapur et d'Andamans.
Bois jaunâtre, brunissant à l'air, assez dur et résistant, ne craignant ni les attaques des termites, ni même celles des tareis, se travaillant facilement, prenant un beau poli, mais dégageant au sciage une odeur désagréable due à sa résine.
Il est plus léger que le bois de Teck (poids : l\o livres par pied cube anglais), et très apprécié pour de nombreux usages (construction des maisons, cano's, meubles, étais, poteaux).
Jacquier à feuilles entières ou Bois Jacques [Ariocarpus iategrifolia \j.).
Grand arbre toujours vert, qui habite les Antilles et les Indes anglaises et qui est cultivé pour son fruit, à pulpe jaunâtre, sucrée, comestible.
On Fa introduit à la Jamaïque et à Saint-Domingue. On le trouve aussi à Ceylan.
La cjme est touffue et à forme pyramidale.
Les feuilles sont ovales, alternes, entières, glabres, épaisses, luisantes en dessus.
Les fleurs mâles sont disposées en chaton cylindrique enveloppé de deux spathes roussâtres. Il en est de même des fleurs femelles.
Le fruit arrondi, énorme, peut peser jusqu'à 25''°.
Le bois est brun jaunâtre, devenant plus foncé à l'air. Il se travaille facilement et se polit bien. Il est assez résistant. On l'estime beaucoup pour la fabrication des meubles, les constructions, les canots de pêche, la carrosserie. On l'exploite parfois pour l'ébénisterie. Râpé et réduit en poudre, il est utilisé pour la teinture.
Artocorpus chaplasha (Roxb.),
Arbre de grandes dimensions, habitant les Indes anglaises, plus spécialement les Andamans, la Birmanie, le Bengale, Chittagony,
Bois jaunâtre ou brunâtre, moyennement dur, suffisamment résistant spéciale ment à couvert, léger (34 livres par pied cube anglais), se travaillant facilement.
Il sert à fabriquer des roues de voitures, des boîtes à thé, des caisses d'emballage.
On l'utilise pour les constructions, la menuiserie, le tour, la sculpture.
Pour les meubles il donne de meilleurs résultats que le bois de Teck.
Mûrier à papier [Broussonelia papyri/era, l,].
Caractères. — Arbre de lo'" à 12"^ de hauteur, remarquable par ses feuilles cotonneuses polymorphes, entières ou découpées.
Les fleurs mâles sont disposées en chatons pendants.
Les fleurs femelles forment des agglomérations serrées et hérissées de poils.
Les fruits sont doux et charnus; ils sont recherchés par les oiseaux.
l82 FLORE l'ORESTIERE GENEIl.VI E DU OI.OBE.
Aire géographique. — Essence indigène en Chine et très répandue au Japon, au Siam, en Birmanie, à Formose, en Malaisie, en Polynésie.
Produits. — Les feuilles sont précieuses pour l'élevage des vers à soie.
La fibre retirée de l'écorce sert à fabriquer des tissus et du papier; ce papier est fabriqué en Chine.
En Europe le mûrier à papier est une espèce cultivée à titre ornemental,
Maclure à feuilles d'oranger ou Oranger des Osages.
{Maclura aurantiaca, Nutt.)
Caractères. — Arbre atteignant lo^^^ environ de hauteur sur oii\5o de diamètre, à écorce roussâtre et très crevassée avec l'âge, à branches assez nombreuses constituant une cime obovale touffue.
Rameaux portant des épines longues de a*^"' à 3'^^'".
Feuilles ovales, acuminées, arrondies ou un peu cordiformes à la base, entières, les jeunes pubescentes, les adultes glabres, à limbe de S™ à 16'^"' de longueur sur a*^"" à lo*^"' de largeur, avec pétiole canaliculé en dessus et long de S''" à 4*^'")5.
Fleurs dioïques.
Fleurs mâles à périanthe de l\ segments imbriqués et étalés, avec 4 étamines à filets filiformes.
Fleurs femelles en capitules de la dimension d'une cerise, Périgone à 4 divisions. Ovaire uniloculaire surmonté d'un style simple saillant.
Fruits : petites drupes, recouvertes chacune de levu' périgone développé, et enchâssées dans le réceptacle accru après la fécondation; l'ensemble de ces petites drupes constitue un fruit composé de la grosseur d'une orange.
Le noyau de chaque petite drupe est coriace, les graines peu nombreuses et blanches avec embryon dépourvu d'albumen.
Aire géographique. — Essence habitant les États-Unis, princii>alement la
vallée de la rivière Arkansas, le Sud-Est du territoire indien, le Nord du Texas.
Elle est cultivée aussi dans l'Amérique du Sud, notamment dans l'Argentine.
Sols. — Arbre croissant à peu près dans les mêmes sols que le robinier, mais supportant même les calcaires médiocres.
Bois et produits. — Aubier blanc jaunâtre.
Bois jaunâtre, compact, satiné, fort, flexible et élastique, assez tendre, lourd (densité 0,778), durable, excellent pour le charronnage et l'industrie.
On peut en extraire une couleur jaune, dont une tribu indienne (les Osages) se sert pour se teindre la figure en temps de guerre.
Les feuilles sont alimentaires pour les vers à soie.
Emploi cultural. — Essence résistant à 22° au-dessous de zéro, poussant bien en massif, à croissance moins rapide que celle du robinier, mais à bois plus précieux, supportant bien la taille, pouvant être plantée en haies ou en avenues sans drageonner dans les champs, très ornementale par ses fruits et son feuillage.
En raison des qualités de son bois, elle mérite d'être expérimentée en forêt, spécialement dans nos régions méridionales.
Maclure du Brésil [Maclura brasilieusis, Endi.). (Nom local : Tatajuba.)
Arbre de 10™ environ de hauteur sur o"^,5o de diamètre, à écorce d'un gris verdâtre, assez épaisse, presque lisse.
Aubier jaunâtre.
ANOIOSPIÎRMES OU FEl'ILH S. l83
Bois rouge jaunâtre, compacl, de qualité excellente pour la menuiserie, fournissant, ainsi que l'écorce, une belle teinture jaune. Croissance plus rapide que celle du Maclura aurantiaca.
Chlorophora élevé ou Rokko [Chlorophora excelsa, Henth.).
Caractères, — Arbre atteignant 4o"^ à 45'" de hauteur sur i'^,7o de diamètre, à tronc régulier, presque cylindrique, et pouvant mesurer 25"^ sous branches, à écorce blanchâtre, marbrée de gris, rugueuse, laissant exsuder un latex b'anc jaunâlrr-.
Jeunes rameaux glabres, d'un vert glauque.
Feuilles alternes, distiques, entières ou très légèrement ondulées, glabres, à pétiole long de 3'"' à /i*"™, à limbe ovale arrondi aux deux bouts, long de is*""* à iD*^"" sur 6''",o à 8'"' de largeur.
Nervure médiane jaunâtre, saillante en dessous; i2 à i8 paires de nervures secondaires pennées.
Face supérieure de la feuille luisante; face inférieure glaucescente.
Aire géographique. — Aire s'étendant de la Guinée jusqu'à l'Angola, de l'Océan au Nil, notamment dans les forêts de la Côte d'Ivoire et du Gabon.
Bois et produits. — Aubier d'un jaune pâle. Bois d'un jaune clair veiné de brun, dur mais facile à travailler, à la fois léger et résistant, de qualité parfaite, et d'une valeur égale à celle ou Teck de Birmanie; le grain de ce bois est analogue à celui du chêne de Hongrie.
On peut l'employer pour la construction des wagons et pour tous les usages où l'on utilise le chêne; il est aussi durable, même sans être créosote; on doit le leoommaîiler ]iour l'ébénisterie et !a menuiserie.
Chlorophora tinctorial ou Bois jaune [Chlorophora tinctoiia L.).
Caractères, — Arbre souvent tortueux, mais pouvant atteindre 20"^ de hauteur sur i"^ de diamètre, à écorce d'un gTis foncé, d'abord fine, lisse et épineuse, puis épaisse et crevassée avec l'âge.
Peu de rameaux et feuillage clairsemé.
Feuilles grandes, ovales, épaisses.
Aire géographique, ■ — Essence habitant les Indes occidentales, l'Amérique tropicale, notamment l'État de Saint-Paul et les États voisins du Brésil (nom local : Tayuvo), et aussi la République Argentine (où on l'appelle il/ora Colorado).
Bois et produits, — Aubier jaunâtre assez épais.
Bois jaune rougeâtre, compact, fort, à surface satinée, dur et en même temps pas très lourd (densité 0,900), élastique (résistance à la flexion, i468^'S).
Excellent pour toutes les catégories de travaux, poutres, pieux placés dans les endroits humides, menuiserie, tour, sculpture.
On l'utilise aussi pour la teinture en jaune. Les extraits secs du commerce sont dits extrait!^ dp Cuba; les extraits humides marquent 80° Baume.
Autres espèces de Chlorophora.
Chlorophora xanthoxylon (Endl.)
Essence de la République Argentine, de taille très élevée, atteignant 3o°^ de hauteur sur i™,20 de diamètre.
Écorce d'un vert cendré, mince et presque lisse.
'^^' FLOnE FORESTIÈRE GÉNÉRALE DU GLOBE.
Bois jaune foncé compact, lourd, très durable surtout à couvert, utilisé pour la menuiserie et pour la teinture. ^
Chlorophora mora (Grisb,).
Essence de la République Argentine, pouvant avoir 20^ de hauteur sur o™ 80 de diamètre. ' .
Écorce jaune rougeâtre, assez épaisse, très ridée et crevassée Bois jaune rougeâtre compact, élastique, demi-dur, assez épkis, d'une lon<.ue durée, d'excellente qualité pour tous les travaux. °
Antiar [Antiaris ioxicaria, Lesch.).
Noms vernac : Ako, Bofi, Mhopon.
Côfe dToif '""" ^"" '" "'""' ''°P"^^"' ^""^ ^^^" ^ J^- q- «- J-
A Java les indigènes empoisonnent leurs flèches avec le latex très vénéneux qu'on obtient, par incision, du tronc et des branches vénéneux
En Afrique, c'est un arbre de 35'" à /ion^ de hauteur sur o'«,qo à i^ 3o d. diamètre, avec contreforts sur 2^ environ à la base.
Ecorce d'un gris roussâtre s'exfohant par plaques
Jeunes rameaux roussâtres finement pubescents '
sui 8-^ro-""''' '^"*^^"''' 'T'^'^' '''^''' ^ ^^ ^^^^' ^<^"g"- de I3-. à i5 ■" .11! t %' ^-"gueuses, réticulées sur les deux faces, à réticulum jaunâtre et saillant en dessous, à pétiole de 6-- à 8-m tomenteui-jaunâtre tJourgeons roussâtres tomenteux.
Castilloa élastique [CastiNoa elaxtica J. )
du t.o„c. le co.u.kou. désigné .„„. „ ieZi?:::izt: iz""' "" "•^■'■""^
Les fruns, également agglomérés, on, un diamélre Àol^UtT'Z:,- ,
une substance grasse, et sont alimentaires pour les animaux de la'fôrVt ' ""
M^:;eTS^a7ietrj;:,ti^^^^^^^^^^ - -<•.- =7;ar: r irer'ï^r .^lt^r:/"i"-«^^
Produits. — Le caoutchouc caucho est noir extéripnrpmA^t ;^ -, ■ .- ■ rement, d'une odeur désagréable, criblé de cIvtlT^r •'/"'''''' '"f-^^^l'He^ea brasiliensis et des Lan^oVu". De pks e jlv d " rn ' ''^"- ^' envi^ a^pour 100 de caoutcliL, alo^ ^^ j^Jft ^he^f ^r i:^^
unoTei^nce^'leTr'^'' " ''"^T'^^'}^ '^''''^^ '^'' ^*- ^^^^^-^ —
technique dars"AnéH^eC:;:X^illf'r f ^^^^^*' T ^"^""^ P''^^^^^^" técrer S« P,.lf '''"*^"4"'^ centrale, il devient plus rare, et il sera t bon de le nro"
4 d abr,. On obtient ams, une culture doublement rémunératrice. '
ANGIOSPERMES OU Fl-UII.Ll «. I 8 >
Bois de cîiat {Piratinera guyanensis, Aul>1.).
C'est l'une des deux essences qui donne le bois d'amourette moucheté ou lois de lettres de Chine; l'autre est une légumineuse, le Macherium Schomburgkii (Benth),
Cet arbre de l'Amérique tropicale, appelé Gateado (bois de chat) au Brésil, possède un aubier blanc, compact, excellent pour tous les usages auxquels est employé le bois.
Le bois parfait est rouge, marqué de lâches noires imitant, en coupe longitudinale, les caractères chinois ou le pelage zébré du chat; il est très lourd, à grain fin, à surface lustrée, extrêmement dur; les cellules des rayons médullaires sont remplies de cristaux, et les autres éléments du bois ont des parois épaisses et dures comme la pierre.
Ce bois est susceptible d'un admirable poli satiné; il est d'une valeur remarquable pour l'ébénisterie et sert à fabriquer de précieux meubles.
Mais il devient de plus en plus rare, et mérite d'être protégé et cultivé.
Urostigma suhtriplincrve (Miq.).
Arbre de la République Argentine (nom local : Ibapoi, ou Higuera del Chaco) atteignant lo""^ de hauteur sur i"^ de diamètre, croissant à l'état isolé, à écorce presque lisse, avec de minces sillons longitudinaux à peine marqués.
Bois blanc, fragile, non élastique, un peu poreux, mou, léger, peu durable, utilisable pour la fabrication de la pâte à papier.
Urostigma quintuplinerve (Speg.).
Arbre de la République Argentine (nom local : Higuera blanca) de 20™ de hauteur sur i°\20 de diamètre, croissant à l'état isolé, à écorce jaune verdâtre, lisse, assez épaisse.
Feuilles largement pétiolées, elliptiques, obtuses, entières, quintiplinerviées.
Fruits de grandes dimensions, d'un blanc verdâtre, à l'extérieur, d'un blanc rosé à l'intérieur.
Bois très blanc, très poreux, non élastique, d'une fente facile, très mou et extrêmement léger, pouvant $e substituer au liège dans bon nombre d'emplois, et être utilisé pour la fabrication de la pâte à papier,
Urostigma cestrifolivra (Schott.).
Arbre d'abord épiphyte, puis indépendant, liabitant la République Argentine (nom local : Ihapoi-say ou Higuera morada), pouvant atteindre i5™ de hauteur sur i^^ de diamètre, à écorce d'un gris verdâtre, assez mince, lisse.
Bois blanc rosé, légèrement poreux, peu élastique, mou, léger, assez durable, utilisé pour la fabrication des caisses et pour ia pâte à papier.
Galactodendron utile L.
Arbre de la Colombie, dont le tronc ] eut atteindre i5°^ de hauteur, et qui fournit le lait végétal, latex abondant qui a l'aspect et les qualités alimentaires du lait véritable. Aussi cette essence est-elle appelée Arbre à la iache.
Brosimum^ discolor L.
Arbi'e du Brésil (nom local : Palo tartaruga), qui donne un bois couleur chocolat avec des veines noires, un des plus beaux de l'Amérique du Sud, utilisé pour l'ébénisterie.
j86 flork forestière générale Di: «.j.obe.
Brosimimi Gaudichaudii (Trec).
Arbre de l'Argentine (nom local : Yatita) ayant lo^^ de hauteur sur o"\3o de
diamètre, à écorce grise, assez épaisse, presque lisse, à bois d'un blanc jaunâtre,
un peu foncé au centre, cassant, mou, léger, peu durable, utilisable surtout pour
la pâte à papier,
Brosimum alicastruîn (de Tussac).
Arbre des Antilles et de l'Amérique tropicale, qui peut atteindre une grande hauteur et un gros diamètre. Il ressemble aux grands figuiers de l'Amérique du Sud. On le trouve surtout dans le Nord de la Jamaïque.
La cime est très toufTue, l'écorce blanchâtre.
Les feuilles sont alternes, ovales-lancéolées, pétiolées, entières, pointues, glabres, persistantes.
L'essence est dioïque.
Les fleurs mâles sont disposées en petits chatons globuleux, portés par un pédoncule très court; les anthères rondes sont transversalement déhiscentes.
Les fleurs femelles forment des chatons plus allongés; leurs stigmates sont bilobés.
Le fruit sphérique a les dimensions d'une châtaigne; son amande farineuse est comestible.
Les feuilles constituent pour les animaux un fourrage précieux; on lempioie pour la nourriture des bœui's et des chevaux.
C'est un arbre qui croît même dans les régions arides.
On le multiplie par boutures et par graines.
Il faut le propager; car il sert à la fois à l'alimentation des hommes et à celle du bétail; ajoutons C[ue son feuillage très touffu en fait un arbre d'ornement à recommander pour les avenues,
Sorocea ilicifolia (Miq.).
Arbrisseau de l'Argentine (nom local : Maria molle) de 8°^ de hauteur au plus sur o™.20 de diamètre, à écorce d'un gris verdâtre, mince, prescjue lisse, à bois blanc, assez compact, tenace, élastique, mou, assez léger, ne pouvant être utilisé que pour la menue charpente ou le chauffage. ;
Sorocea saxicola (H. I.).
Arbre de l'Argentine (nom local : Nanclipa) atteignant i5'" de hauteur sur o'",5o de diamètre, à écorce d'un gris plombé, assez mince, lisse, à bois jaunâtre foncé, compact, très élastiqvie, fort, se fendillant à la dessiccation, assez dur et léger, d'une durée satisfaisante, ayant les qualités ordinaires qui suffisent pour les emplois rustiques.
Cecropia adenopus (Mrt.).
Arbre de l'Argentine (nom local : Palo de liha), à tronc droit, de 12'" de hauteur environ sur o"i,5o de diamètre, à écorce grise, tachetée de blanc, moyennement épaisse, lisse, avec des anneaux de petites perforations, à bois blanchâtre, poreux, non élastique, très cassant, se fendillant à la dessiccation, mou, léger, peu durable, pouvant être employé pour la pâte à papier.
Pontya excelsa (A. Chev.).
Arbre de la Côte d'Ivoire, atteignant 20™ à 25'" de hauteur sur o^^,?j5 à o'",/i5 de diamètre.
ANGIOSPERMES OU FEIILLIS. 1 87
Ecorce grise, rugueuse, finement fendillée, laissant cxsudev un latex brunâtre, qui sert à falsifier le caoutchouc.
Bois blanc, avec taches rosées au centre, doini-dur.
Musanga Stnithil (R. Br.).
Arbre de la Côte d'Ivoire et du Gabon, atteignant 20"^ à c>o"^ de hauteur sur o"\3o à o"^,6o de diamètre, avec grosses racines adventives à la base,
Ecorce cendrée, portant de fines fentes longitudinales.
Bois blanc rosé, très tendre, d'un travail facile, extrêmement léger (densité : 0,262), pouvant remplacer le liège dans beaucoup de ses emplois et être utilisé pour la pâte à papier.
Essence d'une croissance rapide, poussant de préférence sur l'emplacement des cidtures abandonnées, notamment sur les terrains défrichés pour le manioc.
Myrionthus orhoreus (Pal. Beauv.).
Arbre de la Côte d'Ivoire, de 10'" à 20"^ de hauteur sur o"^,3o à o"\5o de diamètre, avec racines adventives à la base, à ecorce grisâtre, presque lisse.
Bois blanc jaunâtre, demi-dur, mais difficile à travailler, en raison de Pal ternance de ses plages de fibres et de cellules. Densité : 0,680.
Myrianthus serratus (Benth. et Hook.).
Arbre de la Côte d'Ivoire, de i5"^ à 25°^ de hauteur sur o'",3o à o"\oo de diamètre, avec 5"" à 10™ sans branches, à ecorce d'im gris roussâtre, très mince, prescpie lisse.
Bois blanc jaunâtre, tendre, à aubier non difi'érencié, d'une densité de o,543.
Treculia africana (L,).
C'est Vorbre à paiti d^ Afrique, arbre habitant la Côte d'Ivoire notamment, pouvant atteindre 20^" à 26°^ de hauteur sur o'",5o à o'^,8o de diamètre, à tronc muni de côtes très accentuées, à ecorce grise presque lisse, à bois blanc, d'un grain fin.
FAMILLE DES PROTÉACÉES.
Caractères de la famille. — Les protéacées sont en général des arbres ou des arbustes remarquablement adaptés aux endroits secs. Ils habitent l'Australie, le Cap, l'Amérique du Sud, l'Asie tropicale.
Feuilles dépourvues de stipules, simples, à limbe penninerve entier, denté ou lobé.
Fleurs hermaphrodites, rarement polygames dioïques. régulières le plus souvent.
Calice formé de 4 sépales pétaloïdes, deux médians et deux latéraux.
4 étamines superposées aux sépales, généralement concrescentes avec eux dans toute la longueur des filets. Anthères introi-ses à 4 sacs polliniques, s'ouvrant par deux fentes longitudinales.
Pistil formé d'un seul carpelle libre. Ovaire comprenant i, 2, 4 ou un plus grand nombre d'ovules.
Fruit soit indéhiscent et formant un akène ou une drupe (tribu des Protéées), soit déhiscent et constituant un jollicule (tribu des Grévilléées),
Graine sans albumen, contenant un embryon droit à cotylédons souvent inégaux, dont le plan médian est perpendiculaire au plan de symétrie du tégument.
t88 FLOai: lOftESTIKRE GENKnALK DU GLOBE.
Beaucoup d'arbres de cette famille fournissent des bois de construction, d'autres des graines alimentaires; un certain nombre sont utilisés en Europe, comme végétaux d'ornement; il en est ainsi du Leucadendron argenteiim (arbre d'argent), du Grevillea. du Protea, du Banksia, du Hahea.
Banksia serrata L.
Arbre d'Austraiie, à feuilles alternes simples et dentées, à f leurs mêlées de bractées et disposées en épi compact.
Chaque fleur comprend 4 sépales abritant cliacvui une ctamine à filet court.
Pistil d'un seul carpelle, à style allongé, entouré de 4 écailles nectarifères alternes avec les sépales. Ovaire à 2 ovules anatropes.
Fruit : follicule à deux graines sans albumen.
Bois employé à de nombreux usages.
Essence ornementale,
Grevillea robusta L,
Grand arbre originaire d'Australie, pouvant y atteindre So^i^ à 4o"^ de hauteur. Dans ia région de Nice et en Provence, il arrive à io"\
Son joli feuillage en fait une essence très ornementale pour les parcs et jardins. Il mérite d'être expérimenté, au point de vue forestier, dans le Midi de la France.
Grevillea gillivrayi (Hooker),
Grand arbre de la Nouvelle-Calédonie, qui fournit un bois de bonne qualité, désigné sous le nomfde hêtre gris.
Rhopala brasiliensis.
Arbre du Brésil (nom local : Carvalho nacional) donnant un beau bois rougeâtre parsemé de points jaunâtres et de dessins noirs, peu compact, d'un poids spécifique de 674^", d'vm coefficient de résistance à l'écrasement de 33 2''^ et à la flexion de 695''fi^,
Essence des terrains secs, d'excellente qualité pour les constructions navales, l'ébénisterie, le tour, la menuiserie, la fabrication des*^ parquets.
Rhopala elegans.
Arbre du Brésil (nom local : Carne de vacca), de petite taille, dont le tronc ne dépasse guère 4™ à 6^ de longueur sur o°^,5o à o™,6o de diamètre, à écorce rougeâtre, à feuilles régulières, dures, au limbe découpé.
Bois blanchâtre d'abord avec des ponctuations jaunâtres, puis devenant bientôt, après la coupe, rouge foncé avec taches claires, à fibres grosses et irrégulières, à tissus mous, d'un poids spécifique de 858'' à 1124''^ avec aubier plus clair.
Essence habitant spécialement les vallées des fleuves Parahyba et Mogyguassu, et donnant un bois très estimé pour la menuiserie, l'ébénisterie et le tour.
Rhopala glabrata.
Arbre du Brésil (nom local : Catucahem) à cime régulière, à écorce jaune et Imsante, à feuilles simples, dentées, dures, à fleurs petites et blanches.
Le tronc peut mesurer 6"^ à 8'^ de longueur sur o°^,4o à o^'",6o de diamètre.
Bois jaune clair ou rougeâtre avec des taches blanchâtres, à fibres grosses et tortueuses, à tissus tendres, d'un poids spécifique de 967' « à iia/i'^s, avec aubier plus clair.
AN(iIOSPEHMES OU FEUILLUS. 189
Résistance à l'écrasement /j72''*o, à !a flexion i382ky.
Essence habitant spécialement le Nord de l'Etat de Marinka, et employée, en raison de son aptitude à prendre an beau poli, pour les travaux de menuiserie ;^t de tour.
Rhopala edulis.
Arbre du Brésil, fournissant un bois excellent pour les travaux d'ébénisterie et de charpente.
Embolhrium lanceolatum (R. et P.).
Arbuste du Chili et de Patagonie (nom local : Ciruelillo) dont le tronc atteint en moyenne 5'" de hauteur sur o"^,25 de diamètre, à écorce grisâtre, mince et très peu crevassée, à bois d'une couleur dorée avec veines midrées, compact, élastique, moyennement dur et lourd, d'une durée satisfaisante, très recherché pour la fabrication des meubles, le placage et le tour.
Embothrium cocclneum (Frst.).
Arbuste du pays des Fuégiens (nom local : Laurel ou Ciruelillo) mesurant 6°^ de hauteur environ sur o°^,25 de diamètre, à écorce d'un gris foncé, mince, presque lisse, à bois d'une couleur dorée avec de jolies veines, compact, élastique, moyennement tendre et lourd, excellent pour les travaux de tour et le placage,
Windmannia trichosperma (Ctvv.).
Arbre de Chili et de Patagonie (nom local : Tinel ou Tineo), dont le tronc mesure environ lo"^ de hauteur sur o™,3o de diamètre, à écorce grisâtre, mince, peu crevassée, à bois blanc rosé, élégamment veiné, compact, peu élastique, moyennement tendre et lourd, peu durable à l'extérieur, mais pouvant être utihsé avantageusement pour les meubles et le placage,
ïLomatia obliqua (R, Br.).
Essence constituant de beaux arbres dans les forêts du Chili (nom local : Raral), des arbustes en Patagonie, où leur tronc dépasse rarement 5°^ de hauteur sur o"*,3o de diamètre.
Ecorce grise, mince, un peu ridée et crevassée.
Bois jaunâtre rosé, très veiné, compact, élastique, moyennement dur et lourd, d'une bonne durée, excellent pour la menuiserie et le tour.
Lomatia dentata (nom local : Açellanillo) et Lomatia ferruginea (nom local : Huinque) constituent encore des arbres entrant dans la composition des forêts chiliennes, et donnant de bons bois.
Dilobeia madagascariensisj
C'est un ai'bre de Madagascar (nom local s FiVao/ia) de taille élevée, qu'on rencontre dans les forêts centrales de l'île; son bois est dur et lourd; il a l'inconvénient de se fendiller quand on le fait sécher au soleil; il peut, quand il est soumis à une dessiccation lente à l'ombre, fournir un bois d'excellente qualité, utilisé pour les constructions et la menuiserie.
Ses graines donnent une huile aromatique, employée pour l'entretien de la chevelure.
IC>0 FLOUE l'ORESÏlliaE GlÎNIÏRALE DU tiLOBE.
I AMJLLK DES CELTIDÉES.
Caractères de la famille. — Arbres à feuilles simples, alternes, dentées, rudes au toucher, iné iuilatérales, à nervures pennées, à, stipules caduques.
Fleurs polygames monoïques, à périgone caduc de 5 divisions avec 5 étamines opposées, à filets se redressant au moment de la floraison, à anthères introrses, biloculaires, longitudinalement déhiscentes.
Ovaire libre, imiloculaire, formé de 2 carpelles réunis; un seul ovule fixé en haut de l'ovaire; stigmate bifide.
Fruit : drupe h peine cliarnue, à noyau monosperme.
Graine albuminée.
Pas de latex dans les tissus.
Bois blanc ou grisâtre, sans aubier distinct, lourd, élastique, contenant des fibres épaisses serrées au bord externe de chaque couche annuelle, des rayons négaux, des vaisseaux gros et rapprochés dans le bois de printemps, plus fins et plus disséminés dans le bois d'automne, unis par un parencliyme abondant en lignes fiiies, ondulées et concentriques.
Micocoulier de Prorence [Celiis ausfralis. Lin.).
Caractères. — Arbre atteignant 20™ à 20™ de hauteur sur i"^ à i'^,3o de diamètre, à tronc peu élevé, cannelé, à écorce grise et lisse, ressemblant à celle du hêtre, à cime ample et arrondie, avec des rameaux grêles et souvent pendants.
Feuilles distiques, ovales-lancéolées, iné-juilatérales à la base, très longuement et finement acuminées, cVun vert foncé et scabres siw la face supérieure, d'un vert grisâtre et suhtomenleuses sur la face inférieure.
Bourgeons bruns, pointus.
l^'leurs vertes, disposées en jjetites grappes, hermaphrodites, rarement polygames, à long pédoncule. Périanthe caduc à 5 divisions, avec autant d'étamines opposées, à filet courbé, à anthères biloculaires introrses.
Ovaire libre à une seule loge et un seul ovule campylotrope. Style à stigmate divisé en deux grosses branches étalées.
Fruit : drupe globuleuse de la dimension d'un gros pois, presque sèche, brunâtre, portée par un pédoncule grêle, deux à trois fois plus long que les pétioles. Noyau rugueux, caréné, contenant une graine ayant peu d'albumen et des cotylédons condu^jliqués.
Eni'acinement solide, à la fois pivotant et traçant. Racines drageonnantes. Souches fournissant des rejets abondants.
Aire géographique, climat, station. — Aire comprenant la Perse boréale, le Sud de l'Europe, la région méditerranéenne: Provence, Languedoc, Corse, Algérie, Nord de l'Afrique, Asie Mineure.
Essence croissant à l'état disséminé dans les bois et les haies, s'élevant jusqu'à 900*" d'altitude et réussissant à toutes les expositions.
Sols. — Tous les sols, à la condition qu'ils ne soient ni trop légers, ni trop humides, mais de préférence les sables gras et frais.
Bois. — Bois blanc grisâtre ou verdâtre, possédant à peu près la structure du bois des ormes, mais à vaisseaux d'été plus gros; il ressemble à celui du frêne sans en avoir le satiné; sa densité varie de o,6o5 à 0,788.
Produits. — Essence recherchée pour l'industrie, en raison de sa souplesse et
ANGIOSPliRMES Ot FEUILLU». I91
de sa ténacité; carrosserie, charronnage, manches d'outils et de fouets (appelés perpignans), fourches, attelles, chevilles, cannes, bois de chaises.
Excellent chauffage.
Drupes comestibles mais fades.
Graines contenant une huile douce.
Racines et écorce fournissant une teinture jaune.
Feuilles constituant un excellent fourrage.
Emploi cultural, — C'est une espèce qui est très décorative en avenues, et qui, traitée ou taillis, donne des produits industriels très rémunérateurs.
Micocoulier occidental [Celtis occidentalis, Lin.).
Caractères. — Arbre de petite ou moyenne taille, pouvant atteindre i5"^ à 3o"^ de hauteur sur o'^,6o à i"\4o de diamètre. En Amérique septentrionale ses dimensions augmentent du Nord au Sud de son aire.
Tronc grisâtre et lisse tout d'abord, puis muni de saillies étroites formant un réticule grossier.
Cime arrondie ou étalée, à branches grêles, horizontales, légèrement pendantes.
Feuilles ovales-lancéolées, acuminées, réticulées, \clues, d"un vert-glauque en dessous, peu ou pas rugueuses, entières à la base et un peu atténuées.
Fruit : drupe petite, rougeâtre, plus ou moins sphérique, à noyau réduit, faiblement bicaréné. Pédicelle fructifère d'une longueur de 6""'^ à lo™"^. Ce fruit est sucré et comestible.
Aire géographique. — Amérique du Nord, région atlantique du Saint-Laurent à la Floride, notamment États-Unis de la Nouvelle-Angleterre.
Sols. — Arbre préférant les terrains frais et fertiles situés au bord des rivières, et près des marais salants, mais acceptant aussi les sols maigres et secs.
Bois et produits. — Bois blanc jaunâtre analogue à celui du micocoulier de Provence, mais se tourmentant plus à la dessiccation.
Emploi cultural. — • Essence bien plus résistante aux froids que notre espèce du Midi, et méritant d'être expérimentée dans nos régions du Nord.
Micocoulier du Brésil [Cellis brasiliensis, Grd.).
Petit arbre tortueux, pouvant atteindre 6*^ environ de hauteur sur o"^,25 de diamètre, à écorce d'un gris olive, assez épaisse, parsemée de petites verrues.
Bois blanc, poreux, élastique, mou, léger, d'mie faible durée, mais utiHsable pour la fabrication des chaises et des instruments agricoles.
On le trouve dans le Sud du Brésil et dans la Piépublique Argentine (nom local : Tda).
Micocoulier de VA.rgÇ)n%in.e {Celtis sellowiana, Micq.).
Arbre assez droit, atteignant environ i3^ de hauteur sur o°\5o de diamètre, à écorce d'un gris pâle ou légèrement rougeâtre, assez épaisse, très ridée et crevassée.
Bois blanc, compact, élastique, mou, assez léger, d'une bonne durée, très employé pour tous les travaux rustiques et donnant un bon combustible.
Il est assez répandu dans la République Argentine, où on le désigne sous le nom de Tala blanco.
IQÏ FLOaE FORESTIERE GKXKRALE DU GLOBE.
Micocoulier diffus [Celtis diffusa, PI.).
Arbuste ou arbrisseau très tortueux de la République Argentine, où il est désigné sous le nom de Tala pispa ou Tala ema. Dans les bons sols, il atteint 6"^ de hauteur sur o"^,2o de diamètre. L'écorce est d'un gris verdâtre ou rougeâtre, avec des rides fines et menues.
Le bois est jaunâtre, compact, élastique, assez dur et léger, employé seulement pour le chauffage, en raison de la petite taille et de la conformation de l'espèce.
Tréma micrantha (DC).
Arbre de la République Argentine (noms locaux : Palo polvora^ Fruia de paloma, Afata Colorado) pouvant s'élever, dans les circonstances favorables, à i5"^ de hauteur sur 6^,^o de diamètre.
Ecorce d'un gris verdâtre, mince et lisse.
Bois blanc, compact, fragile, se fendant facilement, léger, mou, sans aucune durée dans l'humidité, utilisable seulement pour le chauffage et la fabrication de la pâte à papier.
Tréma grisœa.
C'est un arbre de petite taille qui habite Madagascar, et dont l'écorce peut être utilisée comme fébrifuge (nom local : Andrarezina).
FAMILLE DES ULMACEES.
Caractères de la famille. — Feuilles alternes, munies de stipules.
Fleurs hermaphrodites ou polygames, composées d'un périgone régulier, campanule, de 4 à 8 lobes, renfermant 4 à 8 étamines opposées à ces lobes, et un ovaire supère à 2 loges monospermes, surmonté de 2 styles.
Fruit : samare, monosperme par avortement, ailée dans toute sa longueur.
Embryon charnu sans albumen.
Cette famille se distingue anatomiquement de la famille des Urticées par l'ovule inséré au sommet de la loge ovarienne, et de la famille des Celtidées par l'ovule anatrope et l'embryon droit.
Elle comprend environ 20 espèces toutes arborescentes et habitant les régions tempérées de l'hémisphère Nord. En forêt ce sont des essences disséminées, ne croissant pas en massif.
Il n'y a qu'un seul genre en France, le genre Orme,
GENRE ORME^Ulmus).
Caractères du genre Orme {Ulmus). — Arbre à feuilles distiques, penninerves, inéquilatérales à la base, à grandes stipules caduques, à fleurs précoces paraissant avant les feuilles, à périgone rouge verdâtre et anthères biloculaires d'un pourpre foncé.
Aubier blanc jaunâtre, plus ou moins abondant.
Bois parfait rougeâtre, dur, lourd, élastique, apte à la fente, composé de fibres Hues, de rayons médullaires fins, inégaux, nombreux, de vaisseaux inégaux, gros dans le bois de printemps, plus petits dans le bois d'automne, où ils forment des arcs et des lignes flexueuses concentriques au milieu du parenchyme.
ANGIOSPEKMES OU FEUILLUS. '9^
Écorce fibreuse donnant, après le rouissage, des cordages et des nattes, Feuilles constituant un bon fourrage.
Ennemis de l'Orme. — Dans la tige on peut trouver :
L'Hylésine à bandelettes, creusant des galeries horizontales, d'où partent d'autres galeries verticales, qui contiennent les larves.
Le Scolyte destructeur, dont les larves ouvrent, sous l'écorce, des galeries rayonnantes partant d'une galerie ovifère longitudinale.
Le Scolyte multistrié, plus petit, qui habite les branches.
Le Cossus gâte-bois, qui perfore tous les tissus ligneux.
Dans les feuilles peuvent se rencontrer :
Des Hannetons, la Galéruque de V Orme, les chenilles de la Vanesse grande tortue, des Liparis, VOrgye, des Géomètres [effeuillante et hyémale) qui rongent le parenchyme foliaire.
Comme insecte piquant le limbe de la feuille et formant des galles vésiculaix'es, il faut citer le Puceron de l'Orme.
\J Exoascus ulmi produit de grandes cloques sur les feuilles.
Orme champêtre [Ulmus campestris. Lin.).
Caractères. — Grand et bel arbre, d'une croissance rapide, pouvant atteindre 45°* de hauteur sur 2™,5o de diamètre à la base.
Tronc droit, lisse jusque vers i5 à 20 ans, puis se gerçant longitudinalement.
Cime conique, fournie, formée de grosses branches ascendantes terminées par des rameaux rapprochés garnis de ramules serrés et régulièrement distiques.
Bourgeons petits, ovoïdes, écailleux, noirâtres.
Feuilles ovales-aiguës, inégales à la base, doublement dentées, d'un vert luisant et rudes en dessus, poilues en dessous à l'aisselle des nervures, petites, d'une longueur de 8*^'" à lo*^"^ sur 4*''" à 5'''" de largeur (d'où le nom d'orme à petites feuilles).
Fleurs brièvement pédicellées, comprenant 4 à 5 étamines.
Samarc sessile, non ciliée, à graine rapprochée du sommet.
Fructification intense et continue, mais ne donnant pas plus d'un quart de bonnes graines.
Enracinement composé d'un faible pivot qui, vers l'âge de 6 à 10 ans, s'atténue et fait place à quelques grosses racines ramifiées en nombreuses racines latérales traçantes, superficielles, très divisées, souvent drageonnantes.
Essence craignant le couvert.
Aire géographique, climat, station. — Aire comprenant l'Europe jusqu'au cercle polaire arctique, la Sibérie méridionale, l'Himalaya, le Japon, le Nord de l'Afrique.
Arbre aimant les vallées fraîches et les plaines fertiles, où il croît à l'état isolé ou en groupes peu nombreux.
Les climats doux de son aire sont ceux qui lui conviennent le mieux.
Sols, — De préférence les sols fertiles, sains, mais assez frais, quelle que soit leur composition minéralogique.
Races. — Les variétés de l'orme champêtre sont très nombreuses: on peut citer entre autres les variétés forestières suivantes :
Fastigiata v Pyramidalis, à cime pyramidale compacte, Tortuosu, à petite tige tortueuse, donnant un bois tenace, Suberosa, orme des régions sèches, à rameaux très sui éreux, Carpinifolia, à feuilles glabres et luisantes,
Coryli/olia, à feuilles cordif ormes, brusquement acuminées, Microphylla, orme à rameaux érigés et à feuilles très petites.
Parmi les variétés horticoles, indiquons : Pendula, à branches retombantes, Umbraculifcra, à cime ronde et compacte, Glohosa nana, naine et compacte,
Dampieri aurea, à forme pyramidale et à feuilles dorées, Van Houtte (de Belgique), à larges feuilles jaunes, Foliis albo dentatis, à feuilles dentées de blanc, Foliis picturatis, à feuilles mouchetées de blanc.
Bois. — L'orme champêtre, par suite de sa rapide croissance et de sa vigueur fournit les pièces des plus grandes dimensions.
Son bois excellent a une coloration rougeâtre au cœur; ce qui Ta fait désigner sous le nom d'orme rouge.
Ce bois est dur, élastique, tenace, lourd (d'une densité de 0,728), difficile à fendre, d'une durée indéfinie dans l'eau.
Produits. — Les qualités du bois font qu'il est employé de préférence au chêne pour la construction des p its, pour les caves, pour les pièces de mines.
C'est un des meilleurs bois pour le charronnage, pour les affûts de canons, pour les jantes de roues.
Emondé souvent, il donne, grâce aux broussins, un beau bois ronceux recherché par les ébénistes, les tourneurs, les armuriers (bois moucheté).
La variété tortillard a des fibres entrelacées, constituant un tissu excellent pour la fabrication des moyeux de roues, des poulies, des treuils.
Mais il faut toujours rejeter l'aubier, trop exposé à la vermoulure, et n'employer le bois parfait que longtenips après l'exploitation, en raison de sa lenteur à se dessécher.
Le liber de l'orme est fibreux et tenace; on peut l'utiliser à la confection des nattes et des cordages grossiers.
Les feuilles desséchées, à l'air libre, sont presque aussi riches en azote que la luzerne, et constituent un très bon fom-rage.
Le chauffage et le charbon sont regardés comme de bonne qualité, mais inférieurs à ceux du chêne.
Emploi cultural. — Essence à planter, à l'état disséminé ou par bouquets, dans tous les endroits fertiles qui peuvent se rencontrer en forêt, en raison des qualités de son bois et de la vigueur de sa végétation.
Il réussit en avenue, en bordure des routes, sur les terrains sains au voisinage des cours d'eau.
Par son ombrage, il est précieux dans les parcs et les jardins des grandes %dlles; car il résiste bien aux poussières et n'exige pas des arrosages répétés.
C'est aussi une essence qui ne redoute pas le vent et peut être introduite près des rivages de la mer.
Orme de montagne [Ulmus montana, Smith.).
Caractères. — Grand arbre, à cime ample et peu fournie, atteignant aS"* environ de hauteur sur o°^,8o de diamètre, à branches étalées et rameaux écartés.
Feuilles plus grandes que celles de l'orme champêtre, et mesurant is*^'" à i5 de longueur sur 6'"" à 8*^'" de largeur (d'où le nom d'orme à grandes feuilles).
Jeunes pousses velues.
Fleurs brièvement pédicellées et munies de 5 à 8 étamines.
cm
ANGIOSPEUMES OU FICUILLUS. igS
Samare plus grande que celle de l'orme champêtre, et à graine centrale; cette samare est sessile et non ciliée comme celle de la précédente espèce.
Aire géographique, climat, station. — Même aire que celle de l'orme champêtre, mais comprenant plus spécialement les régions montagneuses.
Sols. — Essence préférant les sols frais et légers, mais végétant assez bien sur les terrains secs du calcaire jurassique.
Races. — Parmi les variétés signalons : Hollandica, à grandes feuilles très rudes, pubescentes et grisâtres en-dessous, Pendilla, à rameaux pendants, Dovei, à cime pyramidale, Atropurpurea, variété pourpre à larges feuilles ornementales.
Bois et produits. — Aubier jaunâtre, épais.
Bois jaune brunâtre, à vaisseaux gros et nombreux, plus léger (d'une densité de o,6i3), plus mou, moins durable que celui de l'orme champêtre. Sa coloration plus claire le fait désigner sous le nom d'orme blanc. Il fournit un chauffage médiocre et un charbon trop léger.
Orme pédoncule [Ulnms pedunculata, Fougeroux).
Caractères. — Grand arbre à port diffus (d'où son nom ancien d'orme diffus), à cime étalée et irrégulière, à tige pourvue, au pied, de côtes relevées en lame de couteau.
Feuilles ovales, acuminées, molles, munies de poils fins à la face inférieure.
Fleurs pendantes à l'extrémité d'un long pédicelle et munies de 8 étamines rouges comme le périanthe.
Samare plus petite que celle des deux espèces précédentes, échancrée et ciliée sur les bords, portée à l'extrémité d'un long pédoncule de 8'^'" à iS'"'".
Les racines fournissent des drageons abondants.
La tige se couvre facilement de broussins.
Aire géographique, climat, station. — Est de la France, Danemark, Allemagne centrale, Suisse, vallée du Danube, Sud de la Russie, dans les plaines et les vallées.
Sols. — Mêmes sols que l'orme champêtre.
Bols et produits. — Aubier jaunâtre, très épais.
Bois parfait d'une densité moyenne de o,6i3, contenant encore plus de vaisseaux que le précédent, de même coloration brunâtre-claire, à fibres moins droites, plus mou, de qualité inférieure, et donnant à la fois un mauvais bois d'oeuvre et un mauvais combustible.
Orme blanc d'Amérique [Uimus americana, VVild.).
Caractères. — Grand et bel arbre pouvant atteindre 35°^ de hauteur sur i™ de diamètre, à tronc plus ou moins relevé de côtes à la base, à branches verticales puis étalées et constituant une cime arrondie ou aplatie. Ecorce blanchâtre et crevassée.
Feuilles oblongues ou ovales-lancéolées, acuminées, luisantes en dessus, légèrement inégales à la base, plus grandes que celles de l'orme champêtre, à nervures médianes obliques, à bords découpés de grandes dents qui sont elles-mêmes dentées.
Périgone campanule, un peu obliqua, généralement à 8 segments ciliés et se découvrant par les bords.
igô FLORE FORESTIÈRE GÉNÉRALE DU GLOBE.
Samares petites, ovales, inéquilatérales, bordées de cils serrés; pédicelle court.
Essence d'une croissance très rapide, préférant l'état disséminé plutôt que le groupement en massif.
Aire géographique, climat, station. — Canada, Etats-Unis de l'Est (du lac Saint- Jean à la Louisiane), particulièrement au voisinage des rivières et en avenues.
Essence introduite et cultivée dans la République Argentine,
Sols. — Arbre aimant les sols riches et frais, quelle que soit leur base minéra-
îogique.
Races. — Parmi les variétés, indiquons :
Pendula, à rameaux retombants,
Pyramidalis, à cime pyramidale,
Macrophylla aurea, variété très vigoureuse, à grandes feuilles et à pousses jaunâtres.
Bois et produits. — Bois brunâtre clair, lourd, dur, solide, élastique, léger, à grain serré, durable, difficile à fendre.
Â.ubier d'une teinte plus claire.
Ce bois est utilisé pour tous les travaux de charpente, la construction des navires, le charronnage et spécialement la fabrication des moyeux et des jantes des roues.
Emploi cultural. — Essence non attaquée par la galéruque des ormes d'Europe, plus vigoureuse que ceux-ci, et à feuillage plus ornemental.
Elle mérite d'être expérimentée en forêt à l'état disséminé, et plantée en avenues, notamment dans les terrains fertiles, sains et frais, situés au voisinage des eaux.
Orme rouge [Ulmus rubra, Michx.).
Caractères. — Arbre approximativement de mêmes dimensions que l'orme blanc d'Amérique, à écorce d'un brun plus foncé, à feuilles plus grandes, plus épaisses et plus rudes.
Ces feuilles sont odorantes, ovales-oblongues, acuminées, échancrées inégalement à leur base, doublement dentées en scie.
Bourgeons gros et arrondis, avec des écailles intérieures couvertes de poils roux.
Fleurs disposées en capitules serrés, à l'extrémité des jeunes rameaux,
Périgone cotonneux,
Samares oblongues, brièvement pédonculées, à ailes presque égales, à disque couvert d'un duvet court, mais sans franges poilues.
Aire géographique. — Canada, États-Unis de l'Est (Nouvelle-Angleterre),
Sols, — Essence affectionnant les terrains riches et fertiles des vallées, mais pouvant aussi végéter sur les sols rocheux des collines.
Bois et produits. — Aubier généralement peu épais et de teinte claire.
Bois parfait d'un brun rougeâtre, à grain serré, lourd, dur, fort, facile à fendre, durable, de qualité supérieure à celle de l'orme blanc.
Très résistant à la pourriture, on l'emploie pour les travaux de marine, pour les traverses de chemins de fer, les jantes de roues, les instruments agricoles, et de nombreux usages.
Les fibres du liber sont utilisées pour la fabrication de cordages grossiers.
L'écorce interne et les feuilles, macérées dans l'eau, fournissent un mucilage employé comme succédané de la guimauve.
ANGIOSPERMES OU FEUILLUS. 197
Orme de Thomas [Uhnus racemosa, Thomas).
Caractères. — Grand arbre de 20"^ à 3o°^ de hauteur sur o'",6o à i™ de àiamètre dans les Etats-Unis de l'Est, mais atteignant des dimensions plus grandes dans le Sud du Michigan.
Tronc mince et continu, portant à angle droit de nombreuses branches rigides, dont celles du bas sont pendantes à l'extrémité.
Cime étroite, oblongue ou arrondie.
Rameaux couverts de liège,
Samare plate, ovale, un peu duveteuse, frangée sur ses bords.
Aire géographique. — Versant atlantique de l'Amérique du Nord.
Sols. — Terrains secs et graveleux, comme aussi sols fertiles et frais des vallées et du bord des rivières.
Bois et produits. — Aubier assez épais et de couleur claire.
Bois parfait brunâtre, souvent teinté de rouge, à grain serré, lourd, dur, très fort, flexible, difficile à fendre.
Il est d'excellente qualité, notamment pour la fabrication des instruments agricoles, des chaises, des jantes de roues, des seuils de maisons, des traverses.
Zelkowa à feuilles crénelées ou Orme de Sibérie.
{Zelkowa crenata, Spach.).
Caractères. — Grand arbre pouvant atteindre 3o°^ de hauteur sur i"^ de diamètre, à tronc sillonné profondément, cannelé à la base, et souvent ramifié à une faible hauteur.
Ecorce d'abord verdâtre et lisse, puis gerçurée-écailleuse, analogue à celle du platane.
Cime obovale-allongée, touffue, ramifiée, constituée par des branches à angle aigu avec la tige.
Jeunes rameaux pubescents.
Feuilles oblongues, pointues à l'extrémité, arrondies ou cordiformes à la base, crénelées, dentées, longues de S''™ à S*^"^ sur 2cm à S^na de largeur, pubescentes en dessous sur la nervure, à pétiole de 3"^'" de longueur environ.
Périgone glabre, scarieux, de 4 à 5 lobes.
4 à 5 étamines à anthères jaunes.
Ovaire turbiné à 2 loges avec 2 stigmates divergents.
Fruit : nuculaine brunâtre, de la grosseur d'un gi'ain de poivre, à graine ovoïdepointue, violette.
Arbre qui drageonne en abondance.
Aire géographique, climat, station. — Essence des forêts montagneuses du Nord-Est de la Perse, du Caucase, de la Géorgie russe, du littoral de la mer Noire, et habitant surtout les vallées fraîches et fertiles et le voisinage des eaux.
Sols. — Sols frais et fertiles.
Races. — Notons la variété repens à branches étalées et diffuses.
Bois et produits. — Aubier blanc.
Bois parfait d'un brun rosé ou rougeâtre, d'une densité de 0,806, de structure analogue et de qualité supérieure à celle des ormes, très recherché notamment pour le charronnage et les charpentes.
Emploi cultural. — Essence supportant des températures de 23° au-dessous de
zéro, et méritant d'être introduite dans nos plantations en avenues, spécialement dans le Midi et le Centre, en raison de la valeur de son bois et de la rapidité de sa croissance.
Zelkowa à feuilles acuminées [Zelkowa acuminata).
Grand arbre à croissance très rapide, qui habite l'île japonaise de Kiou-Siou.
Il diffère du précédent notamment par ses feuilles acuminées au lieu d'être crénelées.
Son bois dur, souple, tenace, passe pour un des meilleurs du Japon et on l'utilise spécialement pour la construction des navires.
Holoptelea integrifolia (Planch.).
Grand arbre à feuilles caduques, qu'on trouve disséminé dans les forêts soushimalayennes, du Cachemire au Népaul, dans toute la péninsule des Indes anglaises, jusque vers 700'^ d'altitude.
Il est rare dans les régions de l'Ouest, dans la Birmanie supérieure et dans les parties sèches de Ceylan,
Le bois d'un jaune clair, assez dur, facile à travailler, peu résistant, susceptible d'un beau poli, est quelquefois utilisé pour la construction des maisons et des voitures, pour la sculpture; mais son emploi le plus fréquent est la fabricaion des allumettes, des boîtes et des montures de brosses.
\Phyllostyliim rhamnoïdes (Poiss.).
Arbre croissant dans l'Amérique du Sud et notamment dans la République Argentine, où il peut atteindre i5™ environ de hauteur sur o'^,75 de diamètre (nom local : Ihira-Katu ou Polo lanza).
Ecorce ridée, parsemée de petites taches cendrées.
Bois jaunâtre, compact, très élastique, résistant, ass z dur et lourd, d'une durée notable.
Excellente essence pour la fabrication des instruments agricoles et des chaises.
FAMILLE DES PLATANEES.
f Un seul genre et une seule espèce forestière.
Platane commun {Platanus vulgaris, Sp.).
Caractères. — Grand arbre pouvant atteindre 40°^ et plus de hauteur sur 3'" de diamètre, à tige droite et cylindrique avec une vaste cime arrondie et un abondant feuillage.
Feuilles larges, alternes et palmées, à peu près aussi larges que longues (18'™ à 25*^°') avec pétiole de /i*"'" à S*""^ et stipules soudées entre elles pour constituer une collerette complète autour de la tige.
Rhytidonie se détachant par plaques minces.
Fleurs monoïques, groupées en capitules arrondis, dont les uns portent seulc- Aient des étamines, les autres seulement des pistils.
Ces fleurs sont dépourvues de périanthe.
Chaque fleur mâle est formée d'une étamine fixée à l'aisselle d'une écaille.
Chaque fleur femelle est constituée par un seul carpelle contenant un ovule orthotrope, et muni de nombreux poils à sa base.
ANGIOSPERMES OU FEUILLUS. 199
Fruits : akènes serrés les uns contre les autres et disposés en boule.
La fructification est abondante chaque année: mais un quart seulement des graines est apte à germer.
Arbre d'une grande longévité, repoussant bien de souche, supportant la taille, se reproduisant par boutures et marcottes, mais ne réussissant pas en massif. ' Enracinement profond et longuement traçant.
Aire géographique, climat, station. — Essence d'origine asiatique et américaine, dont l'aire comprend l'Orient, l'Afghanistan, la Perse boréale, la Macédoine, la Grèce, la Thrace, l'Asie Mineure, tout le Sud-Est de l'Europe, les îles de la Méditerranée orientale, jusque vers 1700"^ d'altitude, et aussi les états atlantiques de l'Amérique du Nord, notamment les régions de l'Ohio et du Mississipi; le plus souvent au bord des cours d'eau et des torrents.
Sols. — Essence ayant une croissance extrêmement rapide dans les sols légers, fertiles, frais et même humides, au contraire très lente dans les terrains secs.
Races. — En raison de ses deux origines très différentes, Asie et Amérique du Nord, on distinguait autrefois deux espèces, qui ne sont en réalité que deux races de platanes : l'une a.pY>G\ée platane d'Orient, Vautre appelée platane d'Occident, ce dernier à lobes foliaires séparés par des sinus plus ouverts que ceux du premier. On ne peut baser une différence spécifique sur un organe aussi variable que la feuille.
Parmi les variétés secondaires, signalons :
Insularis,^à. feuilles arrondies ou cunéiformes à la base, d'vm vert brillant en dessus, légèrement roussâtre en dessous, avec pétiole grêle (îles de Chypre et de Crète).
Acerifolia, à feuilles suborbiculaires ou cordiformes, à sinus peu profonds et très ouverts, avec trois nervures principales partant toutes de la base du limbe (variété utilisée le plus souvent dans les plantations).
Flahellifolia, à très grandes feuilles (jusqu'à 25'''" de longueur sur presque autant de largeur) dont le parenchyme se prolonge sur le pétiole au-dessous des nervures latérales.
Foliis argenteo variegatis, à feuilles pointillées de blanc et très décoratives.
Laciniata, à feuilles gracieusement découpées,
Umbraculifera, jolie variété naine.
Bois. — Vaisseaux égaux, assez fins, épars; rayons médullaires nombreux, assez épais, à peu près égaux.
Bois brunâtre, dur, lourd, d'une densité moyenne de 0,712, résistant à la pourriture, ressemblant à celui du hêtre, mais moins souple et muni de rayons médullaires plus nombreux; celui qui a crû îtntement est rec er hé en Li^nuiseri .
On l'emploie comme le hêtre, sauf pour les usages qui demandent de la souplesse, et il fournit les mêmes produits, notamment un bon bois de chauffage.
Emploi cultural. — Essence ne pouvant être plantée en massif, mais très décorative en avenues, en bordure des routes, dans les parcs et près des cours d'eau, particulièrement en terrains fertiles et frais. Dans les parcs à sols secs, elle exige de fréquents arrosages; et, dans ces circonstances; on lui préfère l'orme.
Elle a été introduite en Argentine, où elle réussit bien.
Ennemis du Platane. — Le platane redoute peu d'ennemis; il faut cependant citer un petit champignon parasite, le Glœosporium nervisequum, qui apparaît sous forme de points noirs sur les feuilles et les fait sécher.
FAMILLE DES CASUARINÉES.
Un seul genre, le genre Casuarina (ou Filao) comprenant une vingtaine d'espèces, qui habitent l'Australie, les Indes, Madagascar et l'Océanie.
GENRE CASUARINA (Forst.).
Caractères du genre Casuarina. — Arbres ou arbrisseaux, à port analogue à celui des prêles, à jeunes rameaux verticillés, ressemblant aux tiges de ces dernières plantes, avec des cannelures analogues. ^
Feuilles réduites à des écailles verticillées qui correspondent aux cannelures.
Fleurs le plus souvent monoïques.
Fleurs mâles en chatons simples terminant certains rameaux à entre-nœuds plus courts, chacune constituée par une étamine accompagnée de 2 à 4 bractées imbriquées, parfois entraînées par l'anthère au moment de la floraison.
Fleurs femelles en chatons coniques ou ovoïdes, chacune née à l'aisselle d'une dent des gaines et accompagnée de 2 bractéoles accrescentes.
Un ovaire libre à une loge contenant 2 à 4 ovules anatropes, dont un seul se développe.
Un style à deux branches allongées.
Fécondation par chalazo garnie. Sac embryonnaire dépourvu de noyau secondaire et d'antipodes.
Fruit : akène renfermant une graine sans albumen, et entouré de 2 bractées latérales lignifiées, qui s'écartent l'une de l'autre à la maturité.
Essence se multipliant facilement par bouturage.
Aire géographique. — Australie, trchipel Malais, îles de l'océan Pacifique, Asie tropicale, îles Mascareignes, Madagascar, Brésil (vallée du fleuve Tiété et territoire de Mogy-Das-Cruzes).
Sols. — Terres franches de bonne qualité, sols tourbeux ou relativement humides.
Bois, — Aubier blanc grisâtre.
Bois parfait brun rougeâtre, à rayons médullaires les uns gros, les autres fins, donnant de belles maillures. Parenchyme ligneux en zones arquées et concentriques, d'une teinte rousse.
Accroissements annuels peu visibles, en raison de la végétation continue de ces arbres.
Ce bois est homogène, lourd, dur, fort, très résistant à l'humidité.
Produits. — Essences très précieuses pour les constructions et l'industrie, et pouvant être utilisées aux mêmes usages que le chêne.
Emploi cultural. — Les casuarinas sont à recommander pour les reboisements dans la région de l'oranger, en Algérie, en Corse, à Madagascar, à la Réunion, et aussi comme arbres d'ornement.
On les cultive beaucoup en Argentine et au Brésil.
Sur le littoral de la Provence, ils atteignent 20™ de hauteur sur i'^ de diamètre à hauteur d'homme.
ANfGIOSPERMES OU FEUILLUS. 20 1
Casuarina à feuille de prêle [Casuarina eguisetifolia, Forst.).
Caractères. — Arbre atteignant So'" de hauteur sur i"i de diamètre, à tronc droit, à cime étalée, ovoïde, à rameaux retombants, à verticilles de g feuilles
Ecorce d'un gris cendré, devenant gerçurée et noirâtre.
Chatons mâles roussâtres, de 5''" à 9''" de longueur, comprenant 20 à 25 verticilles de fleurs.
Chatons femelles brunâtres, disposés en boules de 3'"' à 5*^'" de diamètre.
Graine rougeâtre de S'^'" de longueur, comprise dans des bractées blanchâtres qui la dépassent d'autant.
Aire géographique. — Aire comprenant l'Australie, l'Océanie, Madagascar, les îles Mascareignes, les Philippines, Ceylan, Sumatra, l'Asie méridionale. A Madagascar on en distingue une trentaine de variétés près du littoral.
Sois, — Essence affectionnant, aux Indes anglaises notamment, les terrains sableux des côtes.
Bois et produits. — Bois d'un brun pâle, à fibres longues, sujet à se fendiller, s'il n'est pas desséché lentement, très dur, difficile à travailler, peu durable à l'extérieur, utilisé surtout comme bois de feu, et parfois pour les constructions, les mâts, les jougs, les roues de chariots.
Ecorce souvent employée pour le tannage et la teinture des filets de pêche.
Casuarina à rameaux ténus ou Filao de la Nouvelle-Hollande
[Casuarina tenuissima, Hort.).
Arbre de grandes dimensions, à port élégant et analogue à celui de certains pins à longues feuilles, à tronc gerçure, brun, à vaste cime conique.
Rameaux extrêmement ténus, longs de io<="* à iS""'", à verticilles distants de 5mm ^ gmm avec 6 à 10 écailles courtes et pointues.
Fleurs dioïques.
Chatons mâles petits (5°^"^ à ô"^"^ de longueur) avec 7 à 10 verticilles de fleurs.
Chatons femelles arrondis, roussâtres, de i*^™ de diamètre environ.
Graines de 2°^'^,5 de longueur avec bractées roussâtres de 5°^°^.
La croissance de cette essence est rapide; son bois rougeâtre, résistant, à grain serré, lourd, d'une densité de o,8go, peut prendre un beau poli et dure longtemps.
A Madagascar on constate qu'il pousse bien aux altitudes élevées et on l'introduit dans les reboisements du plateau central de l'île.
En Provence, c'est une belle essence d'ornement, supportant bien les sécheresses de l'été, croissant même sur les mauvais sols calcaires, et résistant à des températures de 7° au-dessous de zéro.
Casuarina quadrlvaive [Casuarina quadrivalvis).
Essence à cime large et rameuse, à fruits plus gros (5'"''' à 6"^^'' de longueur), formant avec les 2 bractéoles une sorte de capsule à 4 valves, bois apprécié; espècj o.na ogu8 à la précédente.
Casuarina de l'Argentine {Casuarina stricta^ Ait.)-
Essence cultivée dans la République Argentine et pouvant atteindre i5°^ de hauteur sur o°^,5o de diamètre.
Ecorce grise, peu épaisse, assez ridée.
Bois blanc grisâtre, compact, tenace, élastique, ni très dur, ni très lourd, d'une bonne durée, employé pour les travaux rustiques et comme combustible.
202 FLORK FOUESTIKIîR GENERALE DU (ILOBE.
Signalons encore le casuarina torulosa et le casuarina montana, ce dernier originaire des montagnes de Java; ces deux espèces peuvent vivre sous le chraat du littoral de Provence,
FAMILLE DES MYRICÉES.
Caractères de la famille. — Famille ne comprenant qu'un genre, le genre Myrica qui renferme environ [\0 espèces, dont une est indigène en Europe, le Myrica gale.
Ce sont des arbres ou arbrisseaux à feuilles alternes, simples, sans stipules, à une seule nervure,.
Ils sont couverts, sur tous leurs organes, de glandes cérifères ou résinifères.
Fleurs dioïques ou monoïques, en chatons dressés, cylindriques ou ovoïdes.
Chatons mâles dont chaque fleur comprend, à l'aisselle de bractéol s, -i à i6 étamines à anthères extrorses, biioculaires, longitudinalement déhiscentes.
Chatons femelles dont chaque fleur présente, à l'aisselle de bractéoles, un pistil formé de 2 carpelles réunis en un ovaire uniloculaire, uniovulé (à ovule anatrope), que surmontent 2 stigmates grêles et allongés.
Fruit sec, indéhiscent, monosperme, entouré des bractéoles devenues charn\ies et glanduleuses et lui donnant l'aspect d'une drupe.
Graine dépourvue d'albumen.
Myrica gale [Myrica gale L.).
Caractères. — Arbrisseau de o™,5o à 2°^ de hauteur, ponctué, sur presque toutes ses parties, de gouttelettes résineuses jaunâtres et brillantes.
Feuilles alternes, coriaces, oblongues, d'un vert glauque sur la face supérieure, jaunâtres et pubescentes sur la face inférieure.
Chatons ovoïdes, petits, dressés, disposés en grappe à l'extrémité des rameaux. •Chaque fleur mâle est formée de 4 étamines.
Chaque fleur femelle est munie de 2 bractéoles latérales, soudées à la base de l'ovaire, et entourant le fruit en deux ailes opposées.
Jeunes pousses pubescentes et anguleuses.
Racines traçantes et drageonnantes.
Aire géographique. — Plante des forêts du Nord, de l'Ouest et du Sud-Ouest de la France.
Sols. — Sols marécageux ou tourbeux.
Bois et produits. — Tissus fibreux homogènes. Rayons médullaires un peu inégaux. Vaisseaux fins groupés généralement suivant le rayon de la tige.
Bois grisâtre, dur, ne pouvant être employé que pour le chauffage, en raison de ses faibles dimensions.
Emploi cultural. — Arbrisseau pouvant être utilisé, en raison de ses racines traçantes et drageonnantes, pour la fixation des sols marécageux ou tourbeux.
Cirier de la Louisiane [Myrica ceri/era L.).
Caractères, — Arcrisseau de 0'",5o à 2°^ de hauteur environ, très rameux, à écorce grisâtre, à feuilles luisantes d'un vert tendre, glabres, oblongues-cunéiformes, à bords entiers ou légèrement denticulés au sommet.
Chatons apparaissant en même temps que les feuilles.
Fruits sphériques, disposés en grappes, recouverts d'une couche de cire llan-
ANGIOSPlîRMES OU FEIILLIS. '203
châtre. On isole cette cire en faisant bouillir les fruits dans l'eau; elle est utilisée pour la fabrication de bougies d'excellente qualité.
Aire géographique. — On trouve le cirier sur le versant atlantique de l'Amérique du Nord, du Canada à la Floride, notamment sur les bords du lac Erié, dans la Louisiane et la Caroline.
FAMILLE DES SALICINEES.
Caractères de la famille. — Arbres ou arbrisseaux à fleurs dioïques, disposées en chatons, à feuilles caduques, simples, alternes, généralement penninerves, stipulées.
La famille comprend deux g^ires :
Le genre Peuplier avec i8 espèces,
Le genre Saule avec i6o espèces environ.
Fleurs dépourvues de périanthe et situées à l'aisselle de bractées.
Chaque fleur mâle du peuplier comprend 8 à 3o étamines; chaque fleur mâle du saule en comprend 2 à 5.
Les anthères sont toujours biloculaires et longitudinalement déhiscentes.
Dans les deux genres, chaque fleur femelle est constituée par 2 carpelles soudés en un ovaire à une loge contenant plusieurs ovules anatropes sur des placentas pariétaux opposés; cet ovaire est surmonté de 2 stigmates. Le fruit est une capsule s'ouvrant par deux fentes; les graines, dépourvues d'albumen, portent, près du hile, une touffe de poils soyeux.
Les essences de cette famille, sauf quelques espèces tropicales, habitent les régions tempérées ou froides de l'hémisphère Nord; elles aiment, en généralj les endroits frais et le bord des eaux; cependant plusieurs espèces sont alpines, par exemple les Salix herbacea, pyrenaïca, reticulata.
Leur croissance est rapide dans la jeunesse, leur longévité le plus souvent restreinte, leur bois mou et léger.
GENRE PEUPLIER {Populus).
Caractères du genre Peuplier (Populus). — Arbres généralement de grande taille, à feuilles presque aussi larges que longues, munies d'un long pétiole. Le pétiole, aplati dans un plan perpendiculaire à celui du limbe, donne à ce limbe une grande mobilité; cette disposition n'existe pas chez le saule.
Bourgeon recouvert de plusieurs écailles imbriquées.
Bractées florales divisées.
8 à 3o étamines par chaque fleur mâle.
Genre remarquable par la rapidité de sa croissance, surtout dans les sols légers et fertiles voisins des cours d'eau.
Enracinement superficiel et longuement traçant.
Arbres ayant besoin de lumière et n'aimant pas le groupement en massif, souvent exploités en têtards ou en tiges d'émonde, repoussant bien de souche et drageonnant avec une extrême facilité; mais les drageons, très vigoureux pendant les premières années, ne tardent pas à s'arrêter dans leur croissance et à dépérir.
Le couvert est léger; mais les racines traçantes et drageonnantes peuvent, dans certains cas, nuire aux cultures voisines.
Les peupliers fructifient de bonne heure et en abondance, mais peu de graines
sont aptes à la germination; c'est pourquoi l'on préfère généralement les multiplier par boutures et plançons.
Bois à vaisseaux assez gros, groupés par 2 à 7 en s 'ries dendritiques, à aubier et bois parfait généralement distincts, ce dernier d'un blanc rosé, léger, peu élastique, assez résistant à couvert, brûlant trop rapidement et donnant un charbon trop léger, mais très employé pour sciages divers, caisses d'emballage, cloisons, chevrons, meubles en placage, pâte à papier.
Les peupliers constituent de beaux arbres d'avenues.
Leurs feuilles peuvent entrer dans l'alimentation du bétail.
Ennemis du Peuplier. — Parmi les insectes pouvant ronger les feuilles, citons :
Les hannetons,
Les chenilles du Bombyx livrée, des Liparis du saule et Liparis disparate,
Les larves des Chiysomèle du peuplier et Chrysomèle du tremble.
Dans les feuilles enroulées, on trouve les pontes des Rhynchites du peuplier et du bouleau.
Des excroissances peuvent être produites sur les feuilles par le Puceron du peuplier.
Dans la tige peuvent vivre :
La Saperde du peuplier, coléoptère longicorne, dont la larve apode creuse les jeunes rameaux du tremble et les tuméfie,
La Saperde chagrinée, dont la larve plus grosse établit ses galeries dans la tige du peuplier noir et du peuplier du Canada,
La Sésie apiforme, petit lépidoptère dont la chenille jaune, à 16 pattes, produit les mêmes dégâts dans les parties inférieures de la tige,
Le Cossus gâte-bois, dont la grosse chenille, au dos rouge, sillonne le bois de longues galeries sinueuses.
Parmi les parasites végétaux, le gui est l'un des plus nuisibles, spécialement au peuplier noir et au peuplier du Canada.
Plusieurs champignons peuvent se développer sur le peuplier; indiquons notamment :
Melampsora tremulse, qui se manifeste par de petites taches noires sur les feuilles, Exoascus populi, qui produit des cloques sur les feuilles et les ovaires, Didymesphseria populina, cause des taches brunes suivies du dépérissement des jeunes rameaux,
Napicladium tremulse, forme conidienne du précédent qui noircit et dessèche les feuilles,
Polyporus nigricans, qui décompose le cœur du peuplier blanc, Agaricus destruens, qui montre sur les tiges ses chapeaux jaunâtres.
Peuplier tremble (Populas tremuJa L.).
Caractères. — Arbre de taille moyenne, pouvant atteindre 20°^ de hauteur sur o^^/jo de diamètre, à cime formée de branches grêles et peu nombreuses.
Tronc généralement lisse, dénudé, cylindrique.
Feuilles suborbiculaires, lobées ou sinuées-dentées, poilues dans le jeune âge, glabres sur les deux faces à l'état adulte, à pétiole long, grêle, aplati perpendiculairement au limbe; ce qui fait que ce dernier est toujours en mouvement au moindre soufiQe d'air : d'où le nom de peuplier tremble.
Les feuilles des rejets ou drageons sont plus grandes, ovales-aiguës ou cordif or mes, tomenteuses grisâtres en dessous.
ANGIOSPERMES OU FEUILLUS. o.oS
Bourgeons visqueux à écailles ciliées, très nettement distincts des bourgeons secs et poilus du peuplier blanc.
Chatons cylindriques à écailles profondément incisées.
Fleurs mâles de 8 étamines à anthères pourpres.
Fleurs femelles à stigmates bifides et à lobes en croix.
Fruit : capsule ovoïde et glabre, contenant des graines noirâtres.
Enracinement extrêmement superficiel, longuement traçant et abondamment drageonnant, surtout après les exploitations : d'où sa tendance envahissante dans les taillis.
Le drageonnement est rendu très facile par la présence sur les racines d'excroissances ou broussins formés de bourgeons agglomérés, qui se développent après la coupe de la tige.
Les drageons de tremble poussent tout d'abord avec une vigueur extraordinaire; mais après quelques années leur croissance se ralentit, et ils ne tardent pas à périr en laissant vides les nombreuses places qu'ils ont occupées. Ce fait tient à ce qu'ils ne constituent pas de nouvel enracinement, comme nous l'avons démontré par des expériences directes.
Deux coléoptères, la Chrysomèle du tremble et la Chrysomèle du peuplier, au corps bronzé et aux élytres rouges, contribuent à les détruire, en absorbant le parenchyme des feuilles.
Si le tremble donne beaucoup de drageons, il possède peu de bourgeons proventifs et fournit peu de rejets de souche; aussi n'est-il pas exploité en têtards.
Il se multiplie difficilement par boutures.
La fructification est extrêmement abondante; mais une faible proportion de ses graines est apte à la germination; ces graines perdent d'ailleurs en quelques jours leur faculté germinative; il faut les semer aussitôt après la dissémination; la germination a lieu rapidement, si les circonstances sont favorables.
Le tremble a le couvert très léger, et le tempérament très robuste; il ne supporte aucun abri. Malgré ce couvert très léger, il doit être surveillé dans les forêts, en raison de son excessif drageonnement.
La longévité du tremble est peu élevée : il dépasse rarement l'âge de 70 à 80 ans.
Aire géographique, climat, station. — Aire très vaste s'étendant, du Sud au Nord, du 35*^ degré en Algérie jusqu'au 71® près du cap Nord, en Laponie, et, de l'Ouest à l'Est, de l'Atlantique au Japon.
Le tremble manque dans le Sud de l'Espagne, en Sicile et en Corse. Il est très répandu en Sibérie.
On le trouve à toutes les expositions, mais de préférence à celles du Nord et de l'Est.
Il s'élève, dans la région alpestre, jusqvie vers 1700°^ d'altitude.
Sols. — Essence affectionnant les sols siliceux ou silico-argileux humides, mais non marécageux, et refusant les terrains trop secs ou calcaires; elle n'est longévive que dans les terres fertiles.
Bois. — Bois à vaisseaux petits et uniformément répartis, à grain fin, blanc, très homogène, flexible.
Produits. — Le tremble sert à fabriquer des chevrons et de la menue charpente.
Il est précieux comme étais de mines; car, de même que l'aune et le s ule, il craque avant de se rompre, en permettant aux ouvriers de fuir le danger de la rupture.
On l'emploie comme perches à houblon, en sciages pour caisses d'emballage et intérieurs de meubles, en échalas, en merrains pour doubles fûts.
Mais ses emplois principaux consistent dans la fabrication des allumettes et
206 FLOUE FORËSTÎKllE GÉNKRALE DU GLOBE.
surtout de la pâte à papier: c'est cette essence qui fournit la pâte la plus blanche et la meilleure pour les papiers fins.
Gomme bois de chauffage, il donne rapidement beaucoup de clialeur; mais il passe trop vite au feu; on l'utilise pour les fours de boulangerie; mais il est moins apprécié que le bouleau, et surtout moins que les résineux pour cet usage.
Le charbon est également peu recherché, mais on s'en sert pour la fabrication de la poudre de mine.
Emploi cultural. — Il faut conduire 'e tremb;e, en sylviculture, pour la menue charpente, et pour la fabrication des allumettes et de la pâte à papier, en évitant le danger de son drageonnement. Pour cela, il est nécessaire de le garder comme réserve dans les taillis et futaies jusqu'à son complet développement, jusqu'à sa maturité; dans ces conditions, en raison de son couvert très léger, il se maintient sans nuire au sous-bois et sans lancer tous ses drageons; on l'exploite ensuite par extraction de souches et de racines; il donne ainsi son maximum d'utilité dans les sols frais et humides.
Peuplier blanc [Populus alba L.).
Caractères, — Grand arbre pouvant atteindre, vers 5o ans, So"^ de hauteur sur I™ de diamètre, à cime ample, ovale-conique, assez fournie en branches.
Tronc droit et cylindrique, à écorce se crevassant avec l'âge.
Feuilles de deux formes : celles des jeunes rejets et drageons, ou de l'extrémité des rameaux, sont robustes, grandes, palmati-lobées : celles des rameaux moins vigoureux ou des arbres âgés so t plus pe^ ites et sinuées-dentées; dans les deux cas, elles sont tomenteuses-blanches en dessous.
Pétioles allongés et arrondis.
Bourgeons secs et poilus.
Chatons mâles oblongs, courts, fournis, à écailles crénelées et barbues, chaque fleur mâle a 8 étamines et anthères pourpres.
Chatons femelles plus longs et grêles, à écailles dentées, presque glabres.
Stigmates jaunes, allongés, bipartites, à lobes en croix.
Fruit : capsule ovoïde et glabre, comme celle du tremble.
Enracinement d'abord pivotant, puis composé de longues et nombreuses racines, superficielles, traçantes et drageonnantes.
Essence se multipliant bien par boutures et plançons.
Fructification très abondante, régulière et annuelle; mais peu de graines fertiles; il faut semer aussitôt après dissémination.
Couvert moyen.
Arbre d'une grande longévité, et pouvant acquérir des dimensions énormes.
Aire géographique, climat, station. — Aire géographique comprenant l'Europe moyenne, l'Afrique du Nord, l'Angleterre, le Danemark, la Suède méridionale (jusqu'au 6i^ degré), la Russie (jusqu'au 76^ degré), l'Oural sibérien.
Le peuplier blanc s'élève peu en montagne.
On ne le trouve qu'exceptionnellement en forêt. C'est une essence de bordures, d'avenues, de talus de fossés, aimant le bord des eaux et les parties fraîches des bois.
Sols. — Le peuplier blanc afifectionne les sols humides et même aquatiques argilo-sablonneux et profonds. Cependant sur les bordures des fossés et sur les alluvions il accepte même les terrains secs.
Races. — Une variété remarquable, le Populus alba Bolleana (Peuplier de BoU, ou Peuplier du Tiu-kestan), est originaire d'Asie et a été introduite au MusTum
ANGIOSPERMES OU FEUILLUS. '.07
vers 1875. Elle possède une jolie forme pyramidale, analogue à celle du Peuplier d'Italie, C'est un arbre très rustique, extrêmement vigoureux, à feuilles larges et argentées, qui mérite d'être introduit dans les parcs et jardins et cultivé en bordures de routes et d'avenues.
Citons encore la variété nwea (argentée) qui a les feuilles très blanches, et croît avec une grande vigueur en sols siliceux même secs.
Bois. — Le peuplier blanc possède un bois qui se distingue bien de celui des autres espèces du genre par un aubier blanc ou blanc jaunâtre très tranché et très différencié du bois parfait rougeûtre clair.
Le bois est mou, à grain fin, léger, d'une densité moyenne de 0,577; ^^ ^^^ P'"^ dense et plus coloré dans le Midi; ses qualités les meilleures sont acquises en Corse et en Algérie.
I! a, dans tous les cas, l'avantage de se travailler facilement; car il est généralement dépourvu de nœuds et de taches médullaires.
Produits. — Il fournit des charpentes légères, se conservant bien à l'abri des influences atmosphériques, de bons chevrons, des sciages employés à de nombreux usages, des planches pour caisses d'emballage, des bois pour allumettes et pour pâte à papier.
Emploi cultural. — On l'emploie très avantageusement en le plantant, en forêt ou en parc, en bordures d'allées ou sur les talusdes fossés. Sa croissance très rapide fournit vite une grande quantité de matière ligneuse, se vendant bien quand l'exploitation a lieu aux premiers signes de dépérissement, c'est-à-dire dès qu'on voit, dans la cime, quelques branches sèches. Il est très décoratif en avenues.
So<> couvert léger a le grand avantage de ne pas nuire à la croissance des peuplements voisins.
Peuplier grisaille [Populux canescens, Smith.).
Le peuplier grisaille, ou grisart, a des caractères intermédiaires entre ceux du peuplier tremble et du peuplier blanc. Il est considéré comme un hybride fertile de ces deux espèces.
On le trouve surtout dans le centre de la France et le Dauphiné, à l'état disséminé au bord des eaux, dans les stations où se rencontrent ses parents.
Les chatons femelle? sont plus fournis que ceux du peuplier blanc, plus courts que ceux du peuplier tremble. Les stigmates sont quadrilobés au lieu d'être bilobés comme ceux du peuplier blanc.
Les feuilles sont sinuées-dentées et pubescentes- grises en dessous, au lieu d'être soit échancrées-dentées, soit palmatilobées et tomenteuses-blanches en dessous comme celles du peuplier blanc.
Les bourgeons sont secs et poilus, au lieu d'être visqueux et à écailles ciliées comme ceux du peuplier tremble.
La taille de cet arbre est plus grande que celle du tremble, plus petite que celle du peuplier blanc.
Il végète mieux que le peuplier blanc sur les calcaires secs.
Son bois est l'un des plus appréciés du genre peuplier.
Peuplier noir [Populus nigra L.).
Caractères. — Grand arbre atteignant ordinairement 3o^ de hauteur sur i^ de diamètre, à cime ovoïde-conique, ample mais inégale, avec des branches étalées.
Jeunes pousses arrondies.
2oS FLORE FORESTIÈRE GÉNÉRALE DU GLOBE.
Bourgeons apprîmes, glabres et visqueux.
Feuilles pnement dentées et glabres, triangulaires-subrhomboïdales ou ovalesacuininées, presque concolores sur les deux faces, visqueuses à l'état jeune comme les bourgeons. Les pétioles sont plus courts que le limbe et comprimés.
Chatons cylindriques et à écailles glabres.
Chaque fleur mâle porte 6 à 8 étamines à anthères rouges.
Chaque fleur femelle contient un ovaire ovoïde-conique à 4 sillons, à stigmates hilohés et à lobes jaunâtres.
Fruit : Capsule ovoïde biç>alve.
Essence très longévive, pouvant acquérir des dimensions considérables à l'état isolé.
Enracinement constitué par quelques grosses racines profondes et par de longues racines superficielles traçantes et drageonnantes.
Arbre repoussant bien de souche et se multipliant facilement par boutures.
L'abondance de ses bourgeons proventifs le fait traiter souvent en têtard ou en tige d'émonde.
Il a un tempérament robuste et demande l'insolation directe. Il ne peut être cultivé en massifs.
En avenues, sur les bordures de routes, sur les talus des fossés, il réussit parfaitement.
Son couvert est léger, mais cependant plus complet que celui du peuplier blanc ou du tremble.
Aire géographique, climat, station. — Arbre des régions tempérées et méridionales de l'Europe, propagé par la culture jusqu'en Suède et en Norwège et aussi dans l'Amérique du Sud, notamment dans la République Argentine.
On le trouve dans le Sud de la Russie, l'Oural, la Sibérie, le Nord de l'Afrique.
Les plaines basses et les vallées lui conviennent.
Dans les Alpes, au bord des torrents, il croît jusqu'à des altitudes de 1800°^ environ.
Dans les vallées de la Savoie et particulièrement dans celles de la Maurienne, il est spontané.
Sols. — C'est une essence aimant les terrains légers, profonds, humides, riches en détritus, terrains des plaines basses et des grandes vallées.
Races. — La principale variété est le peuplier noir d' Italie {Populus nigra fastigiata) ou peuplier pyramidal.
Il est caractérisé par son fût droit garni dès la base de branches dressées, et muni vers le pied de côtes saillantes, séparées par de larges sillons. Cette cime longue et fusiforme le fait reconnaître de loin.
Il est originaire d'Asie, du Caucase, ou de l'Himalaya, et a été introduit d'Italie en France en 1749.
On le trouve planté le long des routes, des canaux, des cours d'eau; il n'y a que des pieds mâles, toujours propagés par bouturage.
En bordure des prés, on le redoute à juste titre en raison de ses racines longues et traçantes; il nuit de plus à la pousse des herbages par le tannin de ses feuilles mortes.
Il atteint des hauteurs un peu supérieures à celles du peuplier noir commun mais ses cannelures qui occasionnent un grand déchet dans le débit, la trop grande légèreté de son bois, d'une densité moyenne de o,349, la dimension excessive de ses vaisseaux en font le plus mauvais des peupliers.
Son seul avantage est de donner le minimum de couvert sur les routes, en bordure desquelles on le plante.
ANKIOSPERMES OU FEUILLUS. 209
Une variété de peuplier noir, appelée morolina, donne de beaux arbres d'ornement.
Bois. — Le bois du peuplier noir est mou, poreux, léger, d'une densité moyenne de o,494) souvent noueux, en raison de ses branches gourmandes, et de son exploitation en émonde.
Sa coloration est blanche avec des veines noirâtres au cœur.
Il se travaille moins facilement et est moins estimé que le peuplier blanc.
Produits. — Le peuplier noir fournit des chevrons très souvent employés et des sciages vitilisés pour de nombreux usages, notamment pour la fabrication des caisses d'emballage et de la pâte à papier,
La résine de ses jeunes bourgeons fournit l'onguent populeum.
Les feuilles, comme celles de tous les peupliers, donnent un fourrage apprécié.
Emploi cultural. — La rapidité de croissance de cette essence rend sa plantation très avantageuse en bordure des avenues, des canaux, des cours d'eau. En certaines régions, chaque pied peut donner un revenu moyen d'un franc par année.
Peuplier du Canada [Populus canadensis, Michx.).
Caractères. — Arbre superbe et de taille élevée, atteignant 5o"^ de hauteur sur 2™ de diamètre dans son pays d'origine, l'Amérique du Nord.
Fût élevé, cylindrique, régulier, prenant vite des dimensions remarquables.
Cime ample, ovoïde-conique, avec des branches étalées et ramifiées.
Comme chez le peuplier noir, les feuilles sont finement dentées et glabres, les écailles des chatons également glabres, et les bourgeons bruns et visqueux; mais les jeunes pousses sont anguleuses, au lieu d'être arrondies, les capsules globuleuses et trii^ali'es ou quaclrivalves, au lieu d'être of^oïdes et hivali'es, les stigmates entiers, au lieu d'être hilohés.
Le pied mâle, connu sous le nom de peuplier de Virginie, ou peuplier suisse, arrive à une taille encore supérieure.
Le peuplier du Canada n'est pas un arbre de massif.
Il se bouture facilement, n'a pas de grandes tendances au drageonnement et ne se garnit ordinairement pas de branches gourmandes.
Aire géographique. — On trouve ce peuplier dans l'Amérique du Nord, au bord des rivières, à l'Est depuis le Canada méridional jusqu'au Sud de la Caroline, à l'Ouest depuis le lac Ontario jusqu'au pied des Montagnes Rocheuses, de l'Etat de Montana jusqu'au Colorado et au Nouveau-Mexique.
Il est très cultivé en Europe.
Sols. — Essence aimant les sols frais de préférence; mais le peuplier de Virginie ou peuplier suisse peut réussir aussi en terrains secs, comme on le voit sur la lisière de la forêt de Compiègne.
Races. — Trois variétés de peuplier du Canada sont surtout remarquables :
i^ Le peuplier de la Caroline [Populus angulata) est un arbre admirable, à feuilles très larges, à végétation extrêmement rapide. On dit que c'est le plus vigoureux de tous les peupliers.
Il affectionne les sols siliceux frais et le climat constant du Sud-Ouest de la France. On le trouve dans les Landes et les Basses-Pyrénées, aux environs de Biarritz et de Dax.
2° Le peuplier régénéré. C'est un hybride du peuplier de la ^Caroline, et du peuplier de Virginie.
Il recherche les sols argileux bas et hamides des régions de l'Est et du Nord- Est, spécialement dans le Soissonnais.
210 FLORE FOIŒSTIERE GENKnALE DU GLOBE.
Il diffère du peuplier du Canada type, en ce que son bois est rougeâtrc au centre et sa croissance encore plus rapide.
On peut l'abattre à 25 ans, et il a alors une valeur moyenne de 20''' par pied.
En plantant 4oo pieds isolés, âgés de 2 à 4 ans, sur un hectare, on peut donc en retirer 8000*^'', après 25 ans.
C'est un excellent moyen de tirer parti des mauvais terrains marécageux, une fois qu'on les a suffisamment assainis par des fossés.
3° Le peuplier eucalyptus. C'est une variété sélectionnée par M. Sarcé, de Pontchartrain (Sarthe). La croissance en est extrêmement rapide. Le fût est encore plus élancé que celui du peuplier régénéré. Les feuilles sont d'un vert foncé, plus larges, longuement pétiolées, pointues.
Le peuplier eucalyptus réussit dans tous les sols frais, mais il affectionne particulièrement les terres remuées, les remblais; il pousse bien dans les terrains humides, marécageux et tourbeux, préalablement assainis au moyen de tranchées et de fossés.
Le bois est blanc, homogène, d'un débit facile.
On distingue deux sous-variétés du peuplier eucalyptus :
La sous-variété blanche, dont le pétiole des feuilles est blanc, l'écorce lisse, îcs branches redressées;
La sous-variété rouge, dont le pétiole des feuilles est rouge, l'écorce un peu rugueuse même à deux ans, les branches moins relevées, la tige un peu moins droite, la croissance un peu moins rapide; les feuilles paraissent i5 jours plus tôt et tombent i5 jours plus tard environ.
La sous-variété blanche convient mieux pour les routes; la sous-variété rouge est à employer partout ailleurs.
Dans le Sud-Ouest, et notamment dans les Charcutes, on considère le peuplier eucalyptus comme ayant d'excellentes qualités avec une croissance un peu moins rapide et un peu moins uniforme que celle du peuplier régénéré.
Bols. — Bois blanc, un peu rosé au cœur, tendre, léger, d'une densité moyenne de o,4i3, très homogène, dépourvu de nœuds.
Produits. — Le peuplier du Canada et ses variétés constituent un bois très recherché; c'est le plus estimé des peupliers.
On l'emploie pour la charpente, les sciages divers, la menuiserie, la pâte à papier, les chevrons, les lattes, les madriers, la fabrication des caisses, des boîtes, de l'article de Paris.
Emploi cultural. — C'est l'essence qui, par la rapidité extrême de sa croissance, fournit, en un temps donné, le maximum de matière ligneuse. Comme elle ne réussit pas en massifs, on la plantera avantageusement en bordure de routes et allées, sur les talus des fossés, dans les terrains marécageux préalablement assainis.
Peuplier baumier (Pop u lus balsamifcra L.).
Caractères. — Arbre de taille moyenne, pouvant atteindre 20"^ de hauteur environ sur o^^^So de diamètre, à cime relativement étroite.
Grandes feuilles ovales-oblongues, acuminées, inégalement dentées, assez dures, lisses, à nervures saillantes sur les deux faces, d'un vert mat en dessus, d'un vert un peu glauque et souvent comme tacheté de rouille en dessous, à stipules grandes, oblongues, lancéolées, et glutineuses.
Bourgeons très longs, coniques, aigus, glutineux, d'une belle couleur jaune.
Jeunes pousses d'un brun rougeâtre.
Etamines nombreuses.
ANGIOSPERMES OU FEUILLUS. 211
Ecailles des chatons dilatées et légèrement relues.
Essence à couvert assez épais en raison de ses longues feuilles; elle a la faculté de drageonner assez loin de son pied.
Aire géographique, climat, station. — Essence habitant le Canada et les États- Unis de l'Est (Nouvelle-Angleterre) généralement dans les vallées et au bord des eaux.
Sols. — Sols humides et terrains d'alluvions de préférence; mais l'essence a également une bonne végétation sur les sols secs.
Bois. — Bois poreux, tendre, léger, d'un brun clair, à odeur balsamique, à aubier presque blanc.
Produits. — Ce bois est employé pour la menue charpente, les sièges divers, la fabrication des caisses et des boîtes, la pâte à papier.
Au printemps,' les bourgeons sont enduits d'une résine aromatique, appelée Baume Focot ou Tacamahacca, et utilisée contre les rhumatismes.
Populus grandidentata (Michx.).
C'est en général un petit arbre de io°^ à lo™ de hauteur sur o^\20 de diamètre, mais pouvant atteindre des dimensions plus grandes dans les circonstances favorables à sa végétation.
On le trouve dans les Etats-Unis de l'Est (Nouvelle-Angleterre), sur tous les sols, riches ou pau\Tes, mais spécialement au bord des rivières.
Aubier mince, presque blanc.
Bois parfait d'un brun clair, tendre, fragile, employé dans la fabrication de la pâte à papier, des meubles et objets d'usage commun.
Populus euphratica (Olivier.).
Arbre de grande taille, qui habite les Indes anglaises, notamment les régions du Sud et du Pendjab, jusqu'au Beloutschistan et l'Afganistan, s'étendant vers l'Ouest jusqu'à la Méditerranée.
Bois rougeâtre au cœur, compact, homogène, assez dur et résistant, durable à couvert, utilisé pour la fabrication des meubles grossiers, des poteaux, des caisses, des boîtes, des allumettes.
II est précieux dans les régions désertiques où il pousse et où ne croît aucune autre essence.
Populus charkowiensis.
Essence résistant aux plus grands froids, d'une végétation plus vigoureuse que celle du peuplier d'Italie ou peuplier pyramidal, mais à cime plus étalée.
Analogue à cette dernière espèce, mais beaucoup plus rustique, elle supporte les hivers les plus rigoureux des climats du Nord,
Populus thei^estina.
Arbre ressemblant au peuplier d'Italie, mais à port encore plus érigé. Originaire du Maroc, c'est l'essence qu'il y a lieu d'employer sur la côte Nord d'Afrique, spécialement au bord des eaux.
GENRE SAULE {Salix),
Caractères du genre Saule {Salix). — Arbres généralement de petite taille, arbrisseaux ou sous-arbrisseaux, à feuilles allongées, alternes, à deux stipules, entières ou finement dentées, penninerves.
al2 FLORE FORESTIERE GENERALE DU GLODE.
Bourgeons revêtus d'une seule écaille, complètement embrassante, entièrement close et intérieurement laineuse.
Chatons monoïques, ovoïdes ou cylindriques, toujours dressés, à bractées florales entières.
I à 5 étamines à l'aisselle d'une bractée, par chaque fleur mâle, avec anthère.K biloculaires extrorses, longitudinalement déhiscentes; en plus, par chaque fleur mâle, 2 nectaires, l'un antérieur, l'autre postérieur.
La fleur femelle comprend un ovaire uniloculaire, surmonté d'un style bifide et renfermant deux placentas pariétaux, alternant avec les deux branches du style et portant 2 à 9 ovules anatropes.
Fruit : capsule uniloculaire, déhiscente par 2 valves qui s'enroulent au dehors.
Graines petites, avec aigrettes de poils soyeux attachés au funicule, sans albumen, à embryon étroit et radicule infère.
Enracinement plutôt traçant que pivotant, formé par des racines très ramifiées et nombreuses.
Les saules fructifient de bonne heure, dès la troisième ou quatrième année, généralement, d'une manière constante et en abondance; mais beaucoup de leurs graines ne germent pas, et celles qui sont bonnes conservent peu de temps leur faculté germinative; c'est pourquoi on les propage principalement par le boutxirage; sauf quelques espèces, telles que le saule marceau et le saule à oreillettes, ces essences se multiplient facilement par boutures ou plançons.
Les saules repoussent abondamment et vigoureusement de souche.
Le genre comprend environ i5o espèces habitant les régions tempérées et froides de l'hémisphère boréal. On n'en trouve pas dans l'Océanie, la Malaisie, les îles de rocéan Pacifique; l'Afrique et l'Amérique du Sud n'en possèdent que peu d'espèces.
Ces arbres, qui abondent dans les régions tempérées, deviennent de plus en plus rares vers le Midi ; ils sont peu nombreux en Algérie.
Dans leur aire géographique, on en voit depuis les plaines les plus basses jusqu'aux limites supérieures de la végétation.
Les sols qu'ils préfèrent sont les sols légers, frais, même humides, les terrains situés au bord des eaux.
Leur bois est constitué par des fibres larges à parois peu lignifiées, par du parenchyme dispersé, par des vaisseaux abondants, égaux, assez fins, à peu près uniformément répartis, sauf sur le bord externe de l'accroissement annuel, où ils sont plus rares et où les fibres sont plus nombreuses.
Ce bois est blanc ou rougeâtre, mou et léger, à aubier et cœur peu ou pas distincts.
On peut l'utiliser pour la menue charpente, les chevrons, les planches, la volige, les cercles, la sculpture.
Comme combustible il est de qualité médiocre; mais il a l'avantage de produire rapidement une température élevée; à ce titre, il devrait être recherché par la boulangerie. Les écorces, spécialement celle du saule marceau, peuvent servir au tannage. Elles possèdent aussi, en plus du tanin, une essence oxygénée amère, la salicine, qui a des propriétés analogues à celles de la quinine.
Les feuilles constituent un bon fourrage.
Quelques espèces (saule marceau, saule blanc, saule à oreillettes) entrent dans la composition des peuplements forestiers. Les autres poussent au bord des eaux ou dans les terrains humides, et sont exploitées, à courtes révolutions, en têtards ou en oseraies.
En oseraies ou saussaies ils fournissent à l'industrie de la vannerie de précieuses matières premières, dont le prix est rémunérateur.
La facilité de leur reprise par boutures et leur croissance rapide les font uti-
ANGIOSPERMES OU FEUILLUS. 2l3
liser dans la lutte contre les torrents, pour fixer les rives des cours d'eau, les alluvions et les atterrissements, pour constituer des fascinages et des clayonnages, pour former des barrages vivants.
Ennemis du Saule. — Les feuilles, les jeunes pousses et le bois des saules sont attaqués par de nombreux insectes; mais ils ont une telle vigueur de végétation qu'ils triomphent facilement de leurs ennemis.
Citons parmi les insectes attaquant les feuilles:
Le liparis du saule, le lasiocampe du peuplier, la géomètre et la pyrale du saule, Valtise rouge, la lari>e de Vorcheste du saule, la galéruque du saule marceau,
Des hyménoptères, tels que le cynips du saule, dont la ponte dans le parenchyme foliaire produit une sorte de galle.
Des diptères, tels que la cécydomie du saule, à laquelle sont dues les galles des jeunes feuilles.
Parmi les insectes vivant sur les jeunes pousses indiquons :
Le cimhex du saule, la némate du saule, la larve du céramhyx cerdo ou capricorne savetier, et celle du capricorne musqué, qui établissent leurs galeries dans les pousses et les branches, plusieurs pucerons tels que les aphis salicis, ç>itellina, saliceti, saligena, farinosa, le coccus salicis qui se trouve sur l'écorce des pousses.
Parmi les coléoptères principaux du bois et de l'écorce des arbres dépérissants mentionnons :
Les larves des cossus gâte-bois, anthobium salieinum, anthaxia salicis, mycetochara salicis, doritomus salicinus, hylobius fatuus, h. decoratus, h. saliceti, plinthus saliginosus, morinus lugubris.
Les principaux champignons ennemis des saules sont :
Melampsora Hartigii, étalant sur les feuilles des groupes de spores d'un jaune brunâtre,
Melampsora salicina, M. caprsearum,
Rhytisma salicinum, tachetant les feuilles de plaques noires,
Erysiphe edunca, produisant des taches blanches farineuses sur les feuilles,
Fumagine du saule {Capnodium salicinum) formant des dépôts noirs, Polyporus sulphureus, amenant la pourriture du bois, Polyporus conchatus, Trametes suaveolens et Tr. rubescens, qui décomposent le cœur de l'arbre.
Classification. — La division du genre saule en espèces présente ^es difficultés en raison du grand nombre de ces espèces et de leur tendance à s'hybrider. La floraison des saules est dioïque et précède fréquemment le développement des feuilles. La similitude de leurs exigences rapproche souvent les diverses espèces dans la même station; d'où la production d'innombrables hybrides et la nécessité d'étudier les types bien définis.
Nous présentons la classification suivante :
Arbres ou arbrisseaux ; 1 . I
Jeunes pousses non effilées, peu allon- i l o 7
/ ' '^ fil •-*^"'^ marceau.
T. °.,, ' I o - / r • 1 ' r. 1 ' Saule à oreillettes.
reunies au plus 3 a 4 lois aussi longues f Saules ' c / ^ ■
que larges, réticulées en dessous par l latifoliés. Saule pédicellé.
la saillie des nervures; 1 ë r
Capsules longuenaent pédicellées.
FLORE FORESTIERE GENERAtE DU GLOBE.
Arbres ou arbrisseaux ; Jeunes pousses effilées, allongées ; Feuilles 3 à lo fois aussi longues que
larges, non réticulées en dessous par
la saillie des nervures ; Capsules sessiles ou courtement pédi-
cellées.
Saules augustifoliées
ou saules-osiers.
Saule blanc.
Saule fragile .
Saule à 3 étamines.
Saule à 5 étamines.
Saule V y minai ou des
vanniers.
Saule daphné.
Saule drapé.
Saule pourpre.
Saule pleureur.
Sous-arbrisseaux ; Taille ordinairement inférieure à i"" ; Chatons arrondis ou peu allongés; Feuilles souvent argentées en dessous; Pistil sur un pédoncule 2 à 3 fois plus
long que le nectaire jaune situé à sa
base ; Tige souterraine, souvent couchée et
portant des racines.
Saules rampants.
Saule rampant.