‹ Flore forestière illustrée, comprenant toutes les expèces ligneuses de l'Algérie et les espèces ligneuses les plus répandues en Tunisie, au Maroc et dans le midi de la France; pour la détermination facile, sans l'emploi de mots techniques, de touutes les espèces décritesChapitre 25 sur 135 · Le mot latin liber signifie livre · texte numérisé non relu

Le mot latin liber signifie livre

2. L'épaisseur des couches annuelles varie beaucoup avec les conditions de végétation. Or il est à noter que chez certains bois feuillus, chez les Chênes en particulier, l'épaisseur de la couche du bois de printemps ne varie pas beaucoup avec les circonstances ; c'est celle du bois d'automne qui augmente ou diminue suivant que l'accroissement total de l'année est plus ou moins considérable. Le bois d'automne étant le plus dur, il en résulte que le bois des Chênes est d'autant plus dur que la croissance a été rapide. Chez les résineux, c'est au contraire le bois de printemps qui gagne en épaisseur lorsque l'accroissement est rapide. Il en résulte que plus un arbre de cette catégorie s'accroit rapidement, plus son bois est tendre.

FLORB FORESTIERE

LA FEUILLE

lièrement disposées (Z^-, Fig. 68 bis) et remplies d'air. Ce tissu serré est parsemé d'îlots où les cellules sont arrondies et sépa-

Aspect extérieur des lenticelles.

Fig. 68,

îrVr'^A

Coupe dans une lenticelle : c, cellules arrondies de la lenticelle ; ep, épiderme ; Ig, liège ; ec, écorce.

Fig. 68 bis.

rées ; ce sont les lenticelles (Fig. 68 et 68 bis), dont le rôle est de mettre le corps de la plante en communication avec Pextérieur. Elles se présentent à la vue sous forme de petits canaux remplis d'une poussière brunâtre.

LA FEUILLE. — Les feuilles sont portées par la tige ou par les rameaux ; elles comprennent (Fig. 69) une partie d ordinaire plane et membraneuse appelée limbe, et une queue ou pétiole qui s'élargit en gaine vers son point d'attache sur la tige. Le pétiole peut manquer, la feuille est alors sessile.

Sur le limbe, on distingue des côtes ou nervures plus ou moins apparentes. La ner- Figure schématique vation, c'est-à-dire la disposition des nervures, de feuille mon- ^^^ pennée (Fig. 70) quand le pétiole se propétiole et la gaine longe dans le limbe en une côte principale st^nules'^'^ ^^^ ^^^ ^® détachent latéralement des nervures Fiff. 69. secondaires disposées comme les bai^bes d'une

plume.

Elle est palmée (Fig. 71) quand il existe plusieurs fortes

LA FEUILLE

nervures partant de la base du limbe et disposées connue les doigts delà main.

Quand les nervures restent à la même distance l'une de

Feuille à nervation pennée et à limbe denté.

Fiîï. 70.

Feuille à nervation palmée et à limbe lobé.

Fig. 71.

l'autre sur pres(iue toute la longueur du limbe, la nervation est parallèle.

Il y a une relation entre la disposition des nervures et la forme du limbe ; ce dernier peut être linéaire (étroit et allongé, à bords parallèles, Fig. 72), lancéolé (en forme de fer de lance,

Feuilles à limbe linéaire.

Fig. 72.

Feuille à limbe lancéolé.

Fig. 73.

Feuille à limbe sagitté.

F"ig. 74.

F\g.l3), sagitté (en fer de flèche, Fig. 74) oya/e (en formed'œut, la partie la plus large étant près du pétiole, Fig. 75;, obovale (même formeavecla partielaplus étroite versle pétiole, Fig. 76), spatule (étroit à la base, large au sommet comme une spatule, Fig. 77), co/c/(' (en forme de cœur renversé, Fig. 78).

La feuille est entière (Fig 75 et 7(5) si les bords du limbe ne

LA FEUILLE

sont pas découpés, dentée s'ils sont pourvus de dents (Fig. 70),

Feuille à limbe ovale et entier.

Fig. 75.

Feuille à limbe obovale et entier.

Feuille à limbe spatule

Fig. 77.

sinuée s'ils sont flexueux (Fig. 79). Elle peut aussi être divisée en lobes séparés par des coupures plus ou moins profondes (Fig. 71). Si cette division est poussée à l'extrême, la feuille devient composée, c'est-à-dire formée de petites feuilles ou

Feuille à limbe cordé.

Fig. 78.

Feuille à bords sinués.

Fig. 79.

folioles distinctes. (Exemples : feuilles de Frêne, de Caroubier, de Pistachier.) Suivant la disposition des folioles, la feuille composée est dite pennée (Frêne, Fig. 80) ou palmée (Marronnier d'Inde, Fig. cSl).

Les feuilles sont souvent couvertes de poils. On appelle stipules (Fig. 82) de petites feuilles ou de simples écailles qui se trouvent au point d'attache des feuilles sur la tige ou sur les rameaux ; elles fournissent un caractère utile pour la détermination des plantes. Les feuilles, les folioles ou les rameaux peuvent subir des modifications et devenir des vrilles {Fig. 83),

LA FEUILLE

sortes de filaments qui se roulent en spirale sur les corps voi-

Feuille composée pennée de Frêne.

Fig. 80.

Feuille composée palmée de Marronnier.

Fig. 81.

sins, ou se transformer en épines. Certains arbres, tels que les Acacias, les Eucalyptus, possèdent des feuilles dont le limbe

Feuille de Trèfle montrant les stipules.

Fig. 82.

Feuille composée de Pois :

^^ folioles transformées en vrilles ; F, folioles ordinaires ; S, stipules.

Fig. 83.

LA FEUILLE

se réduit ou disparaît même complètement, pour être remplacé, au point de vue physiologique, par le pétiole qui prend une

■^C-lh

Rameau d'Acacia montrant les feuilles normales à nombreuses petites folioles, les phyllodes et toutes les transitions entre ces deux organes.

Fig. 84.

forme aplatie. On donne aux feuilles spéciales provenant de cet aplatissement le nom de phyllodes (Fig. 84).

Dans l'Asperge, le Fragon, la feuille tout entière est réduite à une écaille, et ce sont alors de courts rameaux qui poussent à son aisselle qui remplissent ses fonctions dans la nutrition de la plante. On donne le nom de cladodes à ces rameaux spéciaux, qui chez le Fragon sont aplatis et simulent des feuilles (voir Chap. viii).

La disposition des feuilles sur les rameaux varie avec les espèces ; le plus souvent, chez les arbres de nos forêts, elles sont a//erncs (Fig 85), c'est-à-dire disposées isolément; dans d'autres cas Exemple : Frêne, Olivier, Erable), elles sont opposées (Fig. 86) : chaque nœud porte deux feuilles placées l'une en face de l'autre ; s'il en existe plus de deux disposées en

LA FEUILLE

couronne à la même hauteur, elles sont verticillées. (Exemple Laurier-rose, Fig. 87.)

La durée des feuilles est limitée ; si elles vivent plus d'un an,

Feuilles alternes.

Fig. 85.

Feuilles opposées.

Fig. 86,

Feuilles verticillées par trois.

Fig. 87.

l'arbre n'est jamais dépourvu de feuilles et sa cime reste verte toute l'année ; il est dit à feuilles persistantes (Chêne-liège, Olivier, Pin) ; si elles meurent et tombent à l'automne, l'arbre est à feuilles caduques.

Les feuilles jaunies peuvent rester longtemps adhérentes

Coupe dans une feuille ; es, épiderme supérieur ; ei, épiderme inférieur ; et, culticule ; st, stomates : p, tissu en palissade : t, tissu lacuneux ; /, c, lacunes ; B, bois , L, liber.

Fig. 88.

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