‹ Flore forestière illustrée, comprenant toutes les expèces ligneuses de l'Algérie et les espèces ligneuses les plus répandues en Tunisie, au Maroc et dans le midi de la France; pour la détermination facile, sans l'emploi de mots techniques, de touutes les espèces décritesChapitre 50 sur 135 · CHAPITRE IX DICOTYLÉDONES : LES APÉTALES · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX DICOTYLÉDONES : LES APÉTALES

Nous distinguerons, comme il a été dit précédemment (page 62), les Apétales amentacées^ dont les fleurs, les mâles tout au moins, sont disposées en chatons, et les Apétales non amentacées qui ne présentent pas ce caractère.

§ 1. — Amentacées.

La famille des GUPULIFÈRES comprend des arbres ou arbrisseaux à feuilles alternes, entières ou dentées, jamais composées. Ce sont des plantes monoïques, cest-à-dire que le même sujet porte les fleurs mâles et femelles ; les premières sont en épis pendants (chatons) ; les secondes, à ovaire infère, sont solitaires, en épis ou en capitules.

La famille comprend trois tribus que plusieurs auteurs élèvent au rang de familles :

/ Fleurs niàles dépourvues de calice ; un ovule par car- ( pelle : tribu des Corylées (ou famille des Corylacces) Fruit à cupule / Fleurs toutes pourvues de calice ; deux ovules par car- / pelle : tribu des Qiiercces (ou Ciipulifères proprement V dits) Fruit sans cupule : tribu des Bctulces (ou famille des Bétulacies).

La tribu des Corylées n'est représentée en Algérie par aucune espèce spontanée ; elle comprend le Charme et le Couflore FORESTItKE "

CUPULIFÈRES

drier (Noisetier) abondants en France ; ce dernier se rencontre quelquefois en Algérie, mais il a été importé.

La tribu des Quercées renferme les Chênes et le Châtaignier.

Le Hêtre, qui constitue en Europe des massifs étendus, manque dans le Nord de l'Afrique.

Le genre Chêne (Qiiercus) est composé d'arbres à feuilles dentées ou crénelées (c'est-à-dire à dents larges et arrondies). Les chatons mâles, simples et pendants, sont réunis en faisceaux aux extrémités des pousses de l'année précédente, ou solitaires à la base des nouvelles pousses. Chaque fleur mâle

Fleur mâle de Chêne.

Fig. 167.

Fleur femelle de Chêne s, stigmate ; c, cupule.

Fig. 168,

(Fig. 167) est composée d'un calice formé de quatre à neuf petits sépales verts et contenant un groupe de quatre à neuf étamines.

Les fleurs femelles réunies en petits épis isolés à l'aisselle des feuilles de l'extrémité des jeunes pousses, sont globuleuses et entourées de bractées ^Fig. 168). Les sépales, unis à l'ovaire, forment de petites dents à la base du style ; celui-ci se divise en trois stigtîiates rouges. L'ovaire esta trois loges renfermant chacune deux ovules.

Après la fécondation, un seul ovule se développe pour donner naissance à un gland dont la cupule est formée par les bractées qui entouraient la fleur.

Les Chênes sont des arbres à bois lourd, dur et serré, devenant brun à l'état parfait.

Cinq espèces sont spontanées en Algérie : deux, le Chêne zéen et le Chêne Afarès sont à feuilles caduques. Le Chêneliège, le Chêne vert et le Chêne Kermès sont à feuilles persistantes.

Le CHÊNE-LIÈGE {Qiiercns Suber L.) (Fig. 169) est un

CUPULIFÈRES

arbre trapu de 15 à 20 mètres de hauteur. La feuille est coriace, d'ordinaire petite et bien dentée, verte en dessus, blanchâtre en dessous. Le gland, surmonté d'une pointe courte, velue dans toute sa longueur, est à demi enfoncé dans la cupule dontlesécailles, peu saillantes à la base, deviennent plus allongées vers le haut. Ce fruit est quelquefois doux ; sa maturation se fait en une année.

L'enracinement puissant du Qiicrcas Siiber lui permet de s'installer dans les endroits les plus rocheux ; il présente une

duercus Suber.

Vis. 169.

Quercus Ilex.

belle végétation en terrain siliceux ; on ne le rencontre pas dans les sols calcaires.

Le Chêne-liège repousse bien de souche ; les jeunes plants sont robustes et le couvert léger ; il en résulte que les peuplements de cette espèce sont généralement envahis par les essences secondaires.

L'écorce, connue sous le nom de « liège », constitue un produit de grande valeur ; le liber est exploité comme écorce à tan.

Le bois, pesant et sujet à se tourmenter, est rarement utilisé dans l'industrie ; d'ailleurs les troncs sont souvent cariés.

Écorcé, c'est un excellent bois de chauffage. Le Chêne-liège fournit enfin un charbon estimé. (Répartition géographique, voir chap. xn.)

84 CUPULIFÈRES

Cette essence peut donner avec le Chêne Afarès des hybrides que l'on a classés en deux catégories sous les noms de Chêne DE NuMiDiE (Qaerciis numidica Trabut) et de Chêne Kabyle (Qiierciis kabylica Trabut).

Le premier a l'aspect d'un Chêne Afarès à petites feuilles et porte une écorce se rapprochant de celle du Chêne-liège ; le second a l'aspect d'un Chêne-liège, mais son écorce est inutilisable.

Le CHÊNE VERT ou CHÊNE YEUSE (Quercus Ilex L.) (Fig. 170) peut atteindre les mêmes dimensions que le précédent; toutefois on le trouve souvent à l'état de broussailles.

La feuille, plus ou moins épineuse, ressemble à celle du Chêne liège, mais elle a d'ordinaire sept à dix nervures, tandis que celle de ce dernier n'en a que cinq à sept.

Le gland est surmonté d'une forte pointe, velue seulement à l'extrémité, et enfoncé, quelquefois profondément, dans une cupule à écailles petites et peu saillantes. La maturation est annuelle ; la fructification abondante.

Le Chêne vert, très répandu sur les sols calcaires, se rencontre aussi sur les grès. Il résiste mieux que le Chêne-liège aux expositions chaudes et supporte mieux le froid et la sécheresse.

Le couvert est assez épais.

C'est un arbre qui rejette très bien de souche et donne d'abondants drageons.

L'aubier est moins coloré que le bois de cœur, mais ne s'en distingue pas aussi nettement que chez le Chêne-liège. Le bois est dur, compact et se gerce facilement; bien débité, il est d'un fort bel aspect. On l'emploie comme bois d'ouvrage.

Excellent pour le chauffage, il produit aussi un charbon recherché. (Répartition géographique : voir chap. xii.)

Le Chêne Ballote (Quercus Ballota Desf.j est une variété de Chêne vert fort commune en Algérie, se distinguant par ses glands plus gros, à saveur douce, dont les indigènes font une grande consommation.

Le CHÊNE KERMÈS (Qnc/cus coccifera L.) (Fig. 171) se rencontre surtout à l'état de broussailles ; il ne dépasse généralement pas 4 mètres de hauteur; lorsque ce Chêne atteint de

CUPULIFÈRES

plus grandes dimensions, il est souvent appelé Faux Kermès (Querciis pseiido-coccifera Desf.).

Les feuilles bordées de dents épineuses sont vertes sur les deux faces. Les glands mettent deux ans pour mûrir ; leur cupule est hérissée d'écaillés pointues, aplaties ou recourbées.

Cette essence se rencontre dans les sols secs et pierreux ; elle supporte bien le calcaire, mais elle prospère aussi dans les sables des dunes.

Le Chêne Kermès rejette de souche et drageonne abondamment.

Le bois, excellent pour le chauffage, ressemble beaucoup à

uuercus coccifera.

Fig. 171.

Quercus Mirbeckii.

Fig. 172.

celui du Chêne Yeuse. L'écorce est recherchée pour le tannage, mais, à cause de la faible dimension des tiges, on récolle surtout l'écorce des racines appelée garouillc.

Ce Chêne porte dans certains pays un insecte appelé Kermès (vulgairement : graine d'écarlatc). La femelle, qui se fixe sur les rameaux, était autrefois recherchée pour la fabrication d'une teinture rouge ; on en voit peu en Algérie. (Uépartilion géographique : voir chap. xii.)

LeCHÉNEZÉEN (Quercus MirbechiiDur.)(F\g 172)atleint 30 mètres de hauteur et ressemble beaucoup au Chêne rouvre de France; toutefois les feuilles du Zéen sont plus coriaces et, au lieu de cinq à huit paires de nervures, en portent dix à quatorze, régulières et bien marquées jusqu'au bord. La

CUPULIFÈRES

feuille est pétiolée, grande, sinuée, généralement marcessente.

Les glands sont agglomérés et presque sessiles ; la cupule courte présente des écailles peu saillantes. La maturation est annuelle ; la fructification abondante.

Ce Chêne possède un enracinement puissant ; son bois, lourd et nerveux, est sujet à se gercer et à se tourmenter ; on l'utilise surtout pour la confection des traverses de chemin de fer ; convenablement traité, il peut fournir un bois d'œuvre de belle qualité.

Il donne un bon chauffage et un charbon recherché.

Le liber est quelquefois exploité comme écorce à tan.

Les excroissances arrondies que l'on observe très fréquemment sur les rameaux du Chêne zéen sont dues à la piqûre d'insectes du genre Cynips\ ces galles, qui donnent asile à déjeunes larves, sont riches en acides tanniques.

(Répartition géographique : voir chap. XII.)

Le CHÊNE AFARÈS (Quercus Afarès Pomel) (Fig. 173), quelquefois confondu avec le Chêne à feuilles de Châtaignier (Quercus caslanerrfolia Coss.) du Caucase, dont il est un peu différent, est, comme le Chêne zéen, un arbre de première grandeur mais à branches moins étalées que ce dernier et à port plus pyramidal.

Les feuilles, vertes et luisantes en dessus, blanc verdâtre en dessous, sont bordées de dents triangulaires.

Les glands mettent deux ans pour mûrir ; les écailles de la cupule sont prolongées en lanières allongées, robustes et anguleuses.

Les glandées ont lieu tous les trois ou quatre ans. L'aubier est abondant et le bois, rouge-brun, moins apprécié que celui du Chêne zéen ; toutefois il se fend bien et pourrait être employé pour la construction. Le tan produit par le

Quercus Àfarès.

Fig. 173.

CUPULIFÈRES

liber est peu employé. L'écorce de l'arbre, qui rappelle quelque peu celle du Chêne-liège par son aspect, ne présente qu'un liège sec et fragile, complètement inutilisable. (Répartition géographique : voir chap. xii.)

Le genre Châtaignier n'est représenté que par une espèce, le CHATAIGNIER COMMUN (Castanea viilgaris Lam.) (Fig. 174), grand arbre à écorce fendillée grisâtre dont les feuilles vertes et luisantes sur les deux faces sont longues, pointues et bordées de fortes dents.

Les fleurs mâles forment de longs chatons dressés ; les

Castanea vulgarls.

Fig. 174.

AInus glutinosa.

Fig. 175.

fleurs femelles sont réunies par trois ; les fruits sont groupés de même sorte dans une enveloppe épineuse.

Le Châtaignier aime les terres meubles et profondes ; il redoute le calcaire. Rarement spontané en Algérie (Edough près Bône, Bouzaréa au-dessus d'Alger) et en Tunisie (Ain Draham), il est fréquemment planté dans le Tell, mais son bois est trop rare dans la colonie pour donner lieu à une utilisation industrielle On sait que la châtaigne est comestible; améliorée parla culture, elle devient le marron ; dans ce cas, chaque enveloppe épineuse ne contient plus qu'un seul fruit.

La tribu des Bétulées est représentée par un genre comprenant une seule espèce ;

L'AUNE GLUTINEUX [Alnns ylntinosa Gœrtner) (Fig. 175) est un arbre de taille moyenne, à écorce brunâtre, dont les

JUGLANDÉES — CASUAUINÉES

feuilles visqueuses, surtout pendant la jeunesse, vertes sur les deux faces, sont ovales et tronquées, souvent même échancrées à l'extrémité.

Les fleurs sont disposées au bout des pousses de l'année, les chatons mâles au sommet, les femelles au-dessous.

Les fleurs mâles, groupées trois par trois à l'aisselle de bractées, forment un chaton serré. Chaque fleur comprend une enveloppe de quatre pièces et quatre étamines.

Les fleurs femelles, composées d'un ovaire à deux loges, sont réunies deux par deux à l'aisselle d'écaillés épaisses ; le chaton se transforme à maturation en un petit cône, portant deux graines à la base de chaque écaille.

On rencontre cette essence dans les stations humides du Tell oriental, surtout au bord des ravins et des cours d'eau.

Le bois, de teinte rouge clair, est très cassant ; il se conserve bien sous l'eau. C'est un combustible brûlant vite avec une forte chaleur ; le charbon est médiocre.

L'écorce est riche en tanin, mais donne un cuir sans souplesse ; on l'utilise pour préparer une teinture noire ^.

La famille des JUGLANDÉES comprend des arbres à feuilles composées ; le fruit est une drupe.

Le Noyer commun (Jiiglans regia L.) est

souvent cultivé en Algérie , en particulier

dans les montagnes de la Kabylie, ses fleurs

mâles sont disposées en épis allongés (Fig. 98, p. 44) et ses

fleurs femelles en petits groupes de 1 à 4 (Fig. 176). Non

seulement la noix est comestible, mais on en tire aussi de

Fleurs femelles de Noyer.

Fig. 176.

1. Il convient de signaler à côté de la famille des Cupulifères celle des CASUARINËES, qui ne comprend que le genre Casuarina. Ce sont des arbres australiens dont on rencontre souvent des plantations en Algérie. Leur port tout spécial permet de les reconnaître facilement. Ils ressemblent à des Conifères, à cause de leurs rameaux fins et allongés que l'on peut confondre à dislance avec des feuilles en aiguilles, mais qui, vus de près, ressemblent plutôt à ceux des Prêles. Les feuilles sont représentées par de petites dents disposées en couronne.

Le Casuarina equisetifolia Forst., et surtout le Casuarina tenuissima Hort., sont les deux espèces les plus cultivées en Algérie.

SALICINÉES

l'huile. Le brou ou partie extérieure de la noix verte, ainsi que les feuilles vertes, préparés en décoction (15 à 20 grammes de feuilles ou 30 à 60 grammes de brou par litre d'eau), sont toniques et dépuratifs.

La famille des SALICINÉES est composée de plantes dioïques, cest-à-dire que les fleurs raàles et femelles se trouvent sur des sujets différents. Les fleurs, disposées en chaton' n'ont pas de périanthe ; le fruit s'ouvre par deux valves.

Deux genres existent en Algérie :

Genre Saule : Les chatons sont dressés; la fleur mâle com-

Salix purpurea.

Fis-. 177.

Salix pediccllata.

Fig. 178.

prend deux (quelquefois trois ou cinq) étamines abritées par une bractée. La fleur femelle est réduite à un ovaire à une loge contenant de nombreux ovules. Le fruit est une capsule s'ouvrant par deux fentes et renfermant des graines surmontées d'une aigrette dressée.

Les Saules sont des arbres, plus souvent des arbustes ou des arbrisseaux, à feuilles alternes et allongées. Il en existe plus de cent espèces dont l'étude est rendue difficile par la présence de nombreux hybrides.

Cinq espèces sont spontanées en Algérie : seuls, le SAULE POURPRE (Salix purpurea L.)(Fig. 177) et surtout le SAULE PÉDICELLÉ (Salix pedicellata Desf.) (Fig 178) sont communs ; le SAULE BLANC [Salix alba L.) (Fig. 179) est spontané et cultivé.

SALICINEES

Salix alba.

Le Saule cendré (Salix cinerea L.) (Edough près Bône) et le Saule Amandier (Salix amygdalina L.) (Edough, Maison-Carrée, vallée de la Seybouse) sont rares.

Le Saule blanc seul atteint les dimensions d'un arbre ; les autres sont des arbrisseaux répandus dans les endroits humides et utilisables pour la fixation des berges des cours d'eau. Les espèces dont les rameaux sont effilés sont utilisées en vannerie : l'Osier jaune (Salix vitellina L.) est une variété du Saule blanc.

Le Saule fragile (Salix fragilis L.) présente également une variété à rameaux flexibles et allongés, mais de couleur rougeâtre : c'est l'Osier rouge (S. pendilla Ser.). Le Saule pleureur (Salix babylonica L.), voisin de ce dernier, a été introduit dans la colonie.

C'est avec l'écorce de certains Saules que l'on prépare le cuir de Russie dont le parfum est obtenu en l'imprégnant d'huile de Bouleau.

Genre Peuplier. — Les Peupliers sont des arbres généralement de grande taille à feuilles beaucoup moins allongées que celles des Saules, souvent même aussi larges que longues. Les chatons sont pendants. Les fleurs sont constituées comme dans le genre Salix ; toutefois l'ovaire est entouré d'une petite coupe et les étamines sont plus nombreuses (de six à trente). Le fruit est une cupule à deux ou quatre valves ; lesgraines sont petites et munies d'une houppe de poils blancs.

Le PEUPLIER BLANC (Populus alba L.) (Fig. 180), souvent désigné à tort en Algérie sous le nom de Tremble, est un arbre élevé à écorce d'abord lisse, puis se crevassant en losange. Les jeunes pousses sont blanches cotonneuses ; les feuilles, ovales ou presque orbiculaires, à bord plus ou moins découpé, sont blanches et couvertes de duvet en dessous ; elles ont un pétiole arrondi.

Le Peuplier blanc est plutôt un arbre de prairie qu'une essence forestière ; on le reproduit surtout par boutures.

SALICINÉES

L'aubier et le bois parfait sont peu distincts ; cette espèce

Populus alba.

Fig. 180.

Populus nigra.

Fig. 181.

fournit de la planche légère, du bois de menuiserie, d'ébénisterie et de tour.

Le PEUPLIER NOIR (Popnlna nigra L) (Fig. 181) est un grand arbre à bourgeons et pousses sans poils, visqueux, à feuilles ovales triangulaires, régulièrement crénelées, vertes et luisantes sur les deux faces; le pétiole est comprimé au sommet.

On le rencontre au bord des ravins et à l'embouchure des oueds de la région montagneuse. Une fijl^'^ variété pyramidale (Populus pyramidalis Bozier), c'est-à-dire à rameaux dressés, connue sous le nom de Peuplier d'Italie, se rencontre çà et là, surtout en Kabylie.

Le PEUPLIER TREMBLE {Populus Tremula L.) (Fig. 182) est un arbre de moyenne taille, à feuilles ordinairement presque rondes, très mobiles, généralement vertes sur les deux faces. Le pétiole est comprimé sur le côté, ce qui explique la mobilité des feuilles.

Cette essence, à couvert léger, est très rare en Algérie. (Sommet du Babor et du Tababor).

Populus Tremula.

Fig. 182.

PLATANÉES - URTICACÉES

La famille des PLATANÉES comprend des arbres à feuilles ayant les nervures disposées en éventail. Les fleurs sont disposées en masses globuleuses.

Le genre Platane présente une espèce fréquemment plantée en Algérie comme arbre d'avenue : le Platane d'Orient {Platanus orientalis L.) est un grand arbre à croissance rapide qui se dépouille de son écorce par grandes plaques, ce qui donne au tronc un aspect spécial. Les feuilles sont divisées en trois à cinq lobes dentés.

§ 2- — Apétales non omentacées.

URTICACÉES. — L'Orme, le Micocoulier, le Mûrier et le Figuier, qui sont les arbres les plus communs de ce groupe, sont souvent rangés dans des familles distinctes, nous

les considérerons comme faisant tous partie de la famille des Urticacées qui peut dès lors être divisée en plusieurs tribus :

Tribu des Ulmées. — Les Ormes ou Ormeaux ne sont représentés en Algérie que par une espèce :

L'ORME CHAMPÊTRE ou Orme rouge {Ulmus campcstris L.) (Fig. 183) est un grand arbre à cime fournie, à feuilles simples doublement dentées en scie, rudes au toucher et inéquilatérales à la base.

Les fleurs sont groupées sur les rameaux de l'année précédente dépourvus de feuilles. Chacune d'elles comprend une enveloppe verdàtre de quatre ou cinq pièces à l'intérieur de laquelle on distingue quatre ou cinq étamines et un ovaire libre à une loge surmonté d'un stigmate bifide (cest-à-dire fendu en deux).

Le fruit, entouré d'une aile échancrée, est une samare. La fructification est très abondante.

L'écorce de cet arbre, très crevassée, se recouvre quelquefois d'un liège brun et friable ; l'écorce des jeunes rameaux

Ulmus campe ris.

Fie. 183.

URTICACÉES

est alors profondément creusée et leur donne un aspect ailé (variété suberosa).

L'Orme, souvent planté en bordure des routes, est surtout un arbre des stations humides ; dans les lieux secs, il reste petit, sa feuille est réduite ; on lui donne alors le nom de « tortillard ».

L'aubier de l'Orme champêtre est blanc jaunâtre ; le bois parfait, rougeàtre, est recherché pour le charronnage ; le bois des « tortillards »

est employé pour faire les moyeux.

La tribu des Celtidées comprend le MICOCOULIER (Celtis aiislralis L.) (Fig. 184), arbre à écorce lisse et grisâtre, à feuilles inéquilatérales et dentées comme celles de l'Orme, mais plus effilées, d'un vert foncé en dessus, vert grisâtre en dessous.

Les fleurs, isolées à l'aisselle des feuilles et portées sur un long pédoncule, sont à cinq divisions. Le fruit, globuleux et brunâtre, à saveur un peu fade, aies dimensions d'un gros pois et peut être mangé.

Le bois du Micocoulier est utilisé pour le charronnage ; sa grande souplesse le fait rechercher pour la fabrication des avirons, des fourches, des manches de fouets, etc.

C'est aussi un arbre des stations fraîches ; en le rencontre depuis Alger et la Chifta jusque dans la région de Bône.

Tribu des Morées. — Chez l'Orme et le Micocoulier, les étamines et le pistil sont réunis dans la même fleur ; au contraire les Morées et les Artocarpées sont des plantes à fleurs

Celtis australis.

Fig. 184.

Fleur mâle de Morus alba.

Fig. 185.

Fleur femelle de Morus alba.

Fig. 185 bis.

Fruits de Morus alba.

URTICACÉES

unisexuées (Fig. 185 et 185 bis). Leur fruit, au lieu d'être formé d'un carpelle unique, est composé (Fig. 186).

Genre Morus. — Les Mûriers sont monoïques. Deux espèces sont cultivées en Algérie, aucune n'est spontanée. Le MÛRIER BLANC (Morus ulba L.), originaire d'Asie, a été apporté en Occident au moment de l'introduction du Ver à soie, que l'on alimente avec sa feuille. Les fruits sont petits.

Le MÛRIER NOIR [Morus nigra L.) a des fruits plus gros, acidulés, comestibles.

Ces Mûriers ont l'aubier blanc ; le bois parfait, qui estjaune, brunil en vieillissant (ce caractère est surtout prononcé pour le Mûrier noir) ; on l'emploie pour le charronnageet la fabrication des meubles.

Genre Broussonetia. — I^e Mûrier a papier (Bronssonetia papyrifcra Vent.), cultivé et même subsponlané en Algérie, est un arbre dioïque remarquable par la forme variée de ses feuilles. Ses fibres libériennes sont employées en Orient pour la fabrication du papier et des étofles. Le bois a peu de valeur.

Tribu des Artocarpées. — Le genre Ficus est composé d'arbres et d'arbrisseaux dont les fleurs sont renfermées dans un réceptacle charnu, creux, percé en haut d'une seule petite ouverture. Chez le FIGUIER COMMUN [Ficus Carica L.) (Fig. 187), ce réceptacle, en forme de poire, est très développé; d'abord acre et rempli de suc laiteux, il devient mou et succulent, et constitue alors la figue comestible, dont il existe de nombreuses variétés.

Le Figuier, originaire de l'Asie occidentale, est depuis longtemps acclimaté dans l'Afrique du Nord, où il est l'objet d'une culture importante, particulièrement dans la Kabylie du Djurjura.

Le genre Ficus comprend plus de 600 espèces exotiques ; plusieurs sont plantées en. Algérie dans les jardins ou les avenues, tels sont le Ficus elaslica Roxb. connu sous le nom de

Ficus Carica.

Fig. 187.

SALSOLACÉES

« Caoutchouc », et fréquemment cultivé en pot dans les appartements ; le Ficus religiosa L., dont la feuille est assez semblable à celle du Peuplier noir, mais se termine par une pointe effilée; \e F. sycomorusL., le F. macrophylla Roxb., le F. nibiginosa Desf., le F. lœvigata Vahl, le F. retiisa L.

SALSOLACÉES. — L'enveloppe des fleurs, plus ou moins verte, est composée de deux à cinq sépales libres ou peu soudés ; il existe autant d'étamines ; l'ovaire à une loge n'est généralement pas soudé au calice ; le fruit est à une seule graine.

Bien qu'elle comprenne d'assez nombreuses plantes ligneuses, cette famille est peu importante au pointde vue forestier. Nous citerons dix genres :

UOreobliton thesioides Dur. et Moq. (Fig. 188) est un sous-arbrisseau à rameaux grêles, nombreux, feuilles jusqu'au

Oreobliton thesioides.

Fig. 188.

Atriplex Halimus.

sommet. Les fleurs sont petites et portées sur un long pédicelle. L'Oréobliton est assez rare et se rencontre généralement dans les rochers (Mila, El-Kantara, région de Tebessa).

Le genre Atriplex comprend plusieurs plantes connues sous le nom d'Arroches; laissant de côté les espèces herbacées, nous devons mentionner : l'ARROCHE HALIME (Atriplex Halimus L.)(Fig. 189), arbuste rameux argenté, fort commun en

SALSOLACÉES

Algérie, servant de nourriture au bétail et quelquefois planté comme haie ; I'Arroche a petites feuilles (Atriplex parvifoliiis Lowe), sous-arbrisseau plus modeste et moins abondant (environs de Bône) ; VAiriplex portiilacoides L. (Fig. 190) qui ressemble à I'Arroche Halime, mais beaucoup plus humble et plus rare.

Ces plantes sont des halophytes, c'est-à-dire des espèces des terrains salés.

L,e Polycnemon FontanesiDur. et Moq. est une petite plante rameuse, à feuilles denses et imbriquées ressemblant, bien que plus étroites, à celles du Genévrier. On le rencontre çà et là dans les broussailles de la région sèche (région de Maillot, Garrouban).

La Salicorne a gros épis (Arthrocnemon macrostachyam

Atriplex portulacoides.

Fig. 190.

Suaeda fruticosa.

Moq.) est une plante à tiges ligneuses, dressées ou tombantes, qui est répandue dans les terrains salés.

La Salicorne ligneuse {Salicornia fruticosa L.) ressemble à la précédente, mais est plus grêle , elle croît dans les mêmes stations.

Le genre Suaeda comprend des plantes rameuses, à feuilles charnues, habitant aussi le bord de la mer ou les terrains salés de Tintérieur. Le Siiœda friiticosah. (Fig. 191) est une plante d'un vert sombre, à feuilles de 1 centimètre, tandis que ]e Suœda priiinosaLange a\es feuilles plus courtes, imbriquées,

PHYTOLACCÉES - POLYGONÉES

glauques et pruineuses. On le considère quelquefois comme une simple variété de la précédente espèce. Le Siiceda vcra Moq. paraît localisé aux environs de Mostaganem.

Le genre voisin Salsola présente 8 espèces en Algérie. Nous mentionnerons le Salsola oppositifolia Desf., de TOranie et des Hauts Plateaux, qui atteint 1 m. 50, et le Salsola vermiciilata ¥ or sk., espèce buissonnanle répandue dans les terrains secs et un peu salés de toute la colonie.

Li''Haloxylon articalatnm Boiss. diffère des Salsola par ses rameaux articulés ; c'est un arbrisseau rameux à feuilles opposées et soudées, apparentes seulement sous forme d'écailles laineuses en dedans. Le calice est muni d'ailes membraneuses brillantes.

Le Noiea spiimsissima Moq. a ses ramuscules terminés en épine ; les feuilles, alternes, sont pâles et réunies par faisceaux. Cette espèce et la précédente se rencontrent sur les Hauts Plateaux; mais THaloxylon est plus répandu.

Les Anabasis sont surtout connus en Algérie par VAnabasis articiilata Moq., espèce à rameaux droits et rigides, à calice fructifère muni d'ailes de nuance variable. UAnabasis pros- //•a/a Pomel, signalé aux environs d'Arzew, à rameaux flexueux charnus, possède un calice à ailes rouges brillantes ; VAnabasis apbylla L., à tiges molles et longues, est localisé dans les terrains à phosphates.

La famille des PHYTOLACCÉES comprend surtout des espèces tropicales; le P/2j//o/accaf//oi'ca L., vulgairement Bellombra (Bella sombra), est un grand arbre remarquable par son tronc fortement empâté à la base ; les feuilles alternes ovoïdes ont un pétiole court.

Les fleurs sont verdàtres et formées soit d'étamines insérées sur un disque charnu, soit de carpelles verticillés donnant une baie incolore. Cette espèce est fréquemment plantée sur les places publiques et les avenues des villes du littoral.

Chez les POLYGONÉES le calice herbacé, ou plus ou moins coloré, présente 3 à 6 sépales, quelquefois disposés en deux rangées ou verticillés, l'intérieure enveloppant le fruit ; il

FLOUE FOIŒSTIÈRE 7

ARISTOLOCHIÉES

existe 4 à 16 élamines ; l'ovaire renferme un ovule. Les tiges, généralement noueuses et articulées, portent des feuilles alternes munies à la base d'un ochrca, c'est-à-dire d'une gaine formée par la soudure des stipules.

Le genre Rumex, auquel appartient l'Oseille, présente des fleurs à 6 sépales, dont 3, dits valves, entourent le fruit. Les espèces herbacées sont nombreuses ; le Rumex Arislidis Coss. (Fig. 192) est une plante sous-frutescente localisée sur le littoral de l'Est.

Dans le genre Renouée {Polggoniim) les sépales (4 à 9) n'af-

Rumex Aristidis.

Fig. 192.

Polygonum maritimum.

fectent pas la forme de valves. Le Polygonum maritimum L. (Fig. 193) est un sous-arbrisseau des sables maritimes à entrenœuds rapprochés et à feuilles épaisses. Le Polygonum equisetiforme Sibth. et Sm. est remarquable par sa grosse souche à écorce d'Aune. Les fleurs sont roses, quelquefois blanches.

Les ARISTOLOCHIÉES ont des fleurs hermaphrodites à enveloppe (périanthe) irrégulicre ; les étamines sont soudées en colonne avec les styles. Dans le genre Aristoloche (Aristolochia) , le seul qui nous intéresse, le périanthe a la forme d'un cornet renflé ; les feuilles sont en cœur, sans stipules.

Les Aristolochia altissima Desf. et Aristolochia bœticaL. sont des plantes volubiles à tiges ligneuses ; la première, très

LAURINÉES - THYMÉLÉACÉES — PROTÉACÉES

commune, grimpe haut dans les arbres ; la deuxième, localisée dans rOuest (Oran, Nemours, Tlemcen), habite surtout les rochers.

La famille des LA. URINÉES est représentée en Algérie par le LAURIER SAUCE {Lauriis nobilis L.) (Fig. 194), arbre aromatique à feuilles alternes, coriaces, persistantes , elliptiques-lancéolées, à court pétiole. Les fleurs, d'ordinaire dioïques, sont blanchâtres ou verdâtres, odorantes et disposées en petites ombelles; il existe huit à douze étamines ; Tovaire présente une seule loge ; le fruit est une baie noire.

Cet arbre est commun dans les stations fraîches des forêts du littoral ; les feuilles sont utilisées, non seulement pour la préparation

des aliments, mais comme remède digestif, expectorant, diurétique et sudorifique (infusion de 10 à 20 grammes par litre d'eau).

Les THYMÉLÉACÉES ^ sont des arbrisseaux à écorce fibreuse, tenace, souvent vésicante. Le calice présente quatre à cinq divisions ; les étamines sont au nombre de huit à dix ; l'ovaire, libre, est généralement à une loge. Il existe deux genres en Algérie : les Passerines {Thijmelxa ou Passerina) ont un fruit sec ; les Daphnés {Daphiiej un fruit charnu à noyau (drupe).

La Passerine hérissée (Thymelœa hirsiila L.) (Fig. 195 peut atteindre 1 m. 50 ; c'est un arbrisseau raraeux à feuilles coriaces, épaisses, imbriquées au sommet des rameaux, très répandu en Algérie.

La Passerine a petites feuilles (Thymelœa microphylla

Laurus nobilis.

Fig. 194.

1. La famille des PROTÉACÉES, qui comprend un millier d'espèces exotiques, est représentée dans les plantations d avenues en Algérie par le Grevillea robusta Cunn.

THYMÉLÉACÉES

Coss.) (Fig. 196) est un arbrisseau de 0 m. 30 à 1 m. 20 à rameaux etBlés et soyeux, à feuilles ovales ou oblongues non imbriquées, très répandu dans les Hauts Plateaux.

Le Thymelœa nitida Desf. , espèce dOranie, est une plante

Thymelaea hirsuta.

Fijj. 195.

Thymelaea micropbylla.

Vis:. 196.

soyeuse et brillante, tandis que le Th. virescens Coss. des montagnes du Sud est à peu près glabre (c'est-à-dire sans poils). Tous deux ont les feuilles imbriquées, au moins sur les jeunes

rameaux. Le Thymelœa virgata Desf. (Tlemcen, Aïn-el-Hadjar près Saïda, Djelfa, Sétif) présente des rameaux à fleurs herbacés, mais la souche est ligneuse. Le Thymelœa Tartonraira Ali., rare en Algérie (Berouaghia, Conslantine, Djelfa et au sud de Sebdou), est un sousarbrisseau soyeux à feuilles blanchâtres, relativement grandes (2 à 3 centimètres) et à nervures parallèles saillantes.

Le Daphne Gnidhim L. (Fig. 197),

vulgairement GAROU ouSainbois,

est un arbrisseau à tiges dressées,

ayant souvent 0 m. 50 à 1 mètre, mais pouvant dépasser cette

taille. Les fleurs sont blanches; le fruit est une baie rouge.

Cette plante, commune dans le Tell, est employée comme

Daphne Gnidium.

Fig. 197.

ÉLÉAGNÉES - LORANTHACÉES

vésicant (tremper l'écorce dans de l'eau ou du vinaigre et l'appliquer sur la peau) ; on s'en sert aussi comme purgatif, mais à l'intérieur c'est un remède dangereux.

Le Daphne oleoides Schveh. (Fig. 198) est un sous-arbrisseau

Daphne oleoides.

Fiff. 198.

Daphne Laureola.

Fig. 199.

bas, à feuilles assez semblables à celles du Buis, à baie rouge. Très rare en Algérie, il a été trouvé à Tirourda (Djurjura) et au Tababor

Le Daphne Laureola L. (Fig. 199) ou Laurier des bois a de grandes feuilles de 6 à 12 centimètres ; les fleurs sont d'un jaune verdàtre, la baie noire ; ce Daphne est localisé en Algérie sur les hautes montagnes.

Parmi les ÉLÉAGNÉES, nous citerons le genre Elxagmis comprenant des arbres et des arbrisseaux, dont les feuilles, couvertes de poils en écusson, présentent un aspect argenté caractéristique. Le Chalef ou Olivier de Bohême (Elœagnus angustifolia L.) (Fig 200), petit arbre à fleurs argentées au dehors, jaunes en dedans, est quelquefois cultivé en Algérie, surtout dans le Sud.

Les LORANTHACÉES de nos régions sont des plantes parasites sur les rameaux des arbres, toujours vertes, à feuilles simples, entières et opposées ; les tiges sont plusieurs fois bifurquées (dichotomes) et à rameaux articulés.

SANTALACÉES

Le Gui blanc ou Gui des Druides (Visciim album L.), répandu en France sur le Sapin, les arbres fruitiers, les Peupliers, etc. (beaucoup plus rare sur le Chêne), est exceptionnel en Algérie. On n'en connaît qu'une station sur Lentisque dans les gorges du Guergour (près Lafayette).

Le Gui de l Oxycèdre (Arceiithobium Oxycedri M. Bieb.) (Fig. 201) est une petite plante de 5 à 12 centimètres, dont les

Elaeagnus angustifolia.

Fig. 200.

Arceutbobium Oxycedri.

Fig. 201.

feuilles sont réduites à des écailles, croissant sur les rameaux du Genévrier Oxycèdre (Djurjura, Aurès, Teniet-el-Had).

Les SANTALACÉES, bien que possédant des racines, sont en même temps parasites sur les racines d'autres plantes.

Les Osyris, seul genre à citer, sont dioïques ; le calice est formé de 3 à 4 sépales soudés ; les fleurs mâles comprennent 3 à 4 étamines insérées sur un disque ; les fleurs femelles un ovaire infère à une loge surmonté de 3 stigmates et entouré de 3 étamines avortées.

Le ROUVET (Osijris alha L.) (Fig. 202) est un arbrisseau à tiges efîilées, vertes, anguleuses ; les feuilles sont étroites ; les fleurs jaunâtres ; le fruit globuleux, un peu aplati, est gros comme un pois. Cette espèce est assez commune, surtout dans les terrains humides du Pelit Atlas.

VOsgris lanceolata Hochs. et Steud. (Fig. 203) est un

EUPHORBIACEES

arbuste toujours vert dont le tronc atteint lOà 12 décimètres de tour. Les feuilles lancéolées aiguës rappellent par leur

Osyris alba.

Fig. 202.

Osyri; lanceolata.

Fiff. 203.

orme celles du Myrte, mais leur teinte est glauque. Celte espèce se rencontre dans le Tell, surtout à l'ouest d'Alger (Soumata, Hammam Rhira, Ténès, etc.); le bois sert aux indigènes à préparer une boisson analogue au café.

Les EUPHORBIACEES constituent une grande famille, comprenant au moins 3.000 espèces, mais peu intéressante, dans nos régions surtout, au point de vue économique. Les fleurs sont unisexuées ; le nombre des étamines est variable ; l'ovaire à 2 ou 3 loges, non soudé au calice, donne naissance à une capsule s'ouvrant par autant de coques qu'il y a de carpelles et laissant une colonnette sur la lige.

Dans le genre Euphorbe (Euphorbià), il existe une fleur femelle au milieu de plusieurs fleurs mâles réunies dans un involucre dont les quatre ou cinq divisions alternent avec autant de glandes jaunâtres de forme variable.

Les Euphorbes sont des plantes à suc laiteux, irritant et vésicant, dont on se sert pour faire disparaître les verrues. Les graines, quelquefois employées comme purgatif, peuvent produire des empoisonnements.

U Euphorbià Biuonx Steud. (Oran, Chenoua près Cherchell, Pointe Pescade près Alger, Bou-Zegza en Kabylie, Aurès, etc.) qui, parle port, rappelle le Daphne Gnidium est un arbrisseau

EUPHORBIACEES

à petites ombelles jaunâtres, UEuphorbia sqnamigera Lois. (Rio-Salado, Beni-Saf à l'ouest d'Oran) présente au contraire de grandes ombelles. Ce sont deux espèces des rochers calcaires.

L' Eiiphorhia dendroides L.(Fig, 204), arbrisseau à rameaux

Eaphorbia dendroides.

Fig. 204.

Euphorbia erracina.

Fig. 205.

épais et rougeàtres, croît sur les falaises maritimes de Ténès à Bône.

Les Euphorbia terracina L. (Fig. 205), à souche épaisse, et Euphorbia paniculala Desf., à tige un peu ligneuse à la base, sont très communes en Algérie.

Le genre Securinega comprend des arbres ou arbrisseaux à fleurs dioïques, à rameaux disposés sur deux rangs opposés (distiques) souvent épineux. Le Securinega buxifolia J. Millier est un arbrisseau rameux, épineux au sommet, à feuilles distiques et semblables à celles du Buis, localisé dans la région de Bône, la Galle.

Le Ricin commun {Ricinus comniunis L.) (Fig. 206), dont les feuilles divisées en lobes sont bien connues, n'est pas ime plante spontanée en Algérie, mais il s'est fréquemment propagé aux abords des habitations.

Diverses espèces de Ricin sont cultivées dans les jardins et au bord des voies ferrées.

L'huile de Ricin, extraite de la graine parjpression à froid, sert à la fabrication des savons, comme huile à brûler, pour

BUXACEES

graisser les cuirs, etc. Celte huile est purgative à la dose de 40 grammes.

Le Buis toujours vert [Biixiis sempervirens L.) (Fig. 207) peut être rangé parmi les Euphorbiacées, bien que l'on distingue souvent une famille des BUXACEES. C'est un arbrisseau,

Ricinus cotnmunis.

Buxus sempervirens.

Fig. 207.

quelquefois un arbuste, touffu à feuilles ''opposées, petites, entières, coriaces, luisantes et persistantes ; les fleurs jaunâtres, réunies en glomérules, sont mono'i'ques. Le bois jaune, très dur, est recherché par les tourneurs et les tabletiers ; les feuilles sont purgatives.

Le Buis, répandu dans une grande 'partie de la France, est rare en Algérie (gorges du Guergour, Tababor.^Mahdids), les indigènes en font des manches de couteaux.

Une variété naine est employée dans les jardins pour créer des bordures.

RENOXCULACEES

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