CHAPITRE X DICOTYLÉDONES : LES DIALYPÉTALES
Nous distinguerons, comme il a été dit précédemment, les Dialypétales thalamiflores dans lesquelles les étamines et la corolle, non soudées au calice, sont fixées sur le sommet du pédoncule, et les Dialypétales calyciflores dans lesquelles les pièces précédentes sont attachées sur une sorte de collerette ou de cupule formée par la base du calice.
Dialypétales thalamiflores.
La famille des RENONGULAGÉES comprend des plantes à fleurs, ordinairement régulières, pourvues de nombreux carpelles libres et d'un grand nombre d'étamines à anthère tournée vers l'extérieur de la fleur.
Ce sont généralementdes plantes herbacées, parfois ligneuses et grimpantes, renfermant souvent des substances acres et toxiques.
Le genre Clématite comprend des espèces sarmenteuses grimpant dans les haies et les buissons à l'aide des pétioles de leurs feuilles qui s'enroulent en vrilles autour des supports qu'ils rencontrent; leurs fleurs, dépourvues de pétales, présentent 4 sépales de coloration verdàtre ou blanche, de nom-
Clematis Flammula.
Fig. 208.
Clematis Cirrhosa.
Fig. 209
BERBÉRIDÉES - CRUCIFÈRES
breuses étamines et de nombreux carpelles terminés à maturité par une aigrette plumeuse.
La CLÉMATITE FLAMMETTE [Clematis Flammiila L.) (Fig. 208) est reconnaissable à ses feuilles composées bipennées (c'est-à-dire deux fois pennées) et à ses fleurs en grappes. Elle est souvent employée pour garnir les palissades et les tonnelles.
La CLÉMATITE A VRILLES [Clematis cirrhosa L.) (Fig. 209), répandue comme la précédente dans les haies et broussailles du Tell, s'en distingue facilement par ses grandes fleurs solitaires et ses feuilles simples partagées en 3 lobes dentés.
Les feuilles de cette espèce et de la précédente sont vésicantes et vénéneuses à l'état yert ; sèches, elles sont susceptibles d'être consommées par le bétail.
Les Clématites peuvent devenir nuisibles en entravant la végétation des arbres qu'elles couvrent.
La famille des BERBÉRIDÉES
une seule espèce ligneuse, IEpine-vi- NETTE d'EsPAGNE [Berhcris hispanica Boiss.) (Fig. 210) que l'on rencontre dans la haute région montagneuse, généralement sous la forme de buissons.
Cet arbrisseau, qui ressemble beaucoup à l'Épine-vinette de France (Berberis viilgoiis L.), est épineux, à feuilles simples, dentées ; le bois est d'un beau jaune et les baies peuvent être utilisées pour faire des confitures ou une limonade rafraîchissante. Les feuilles sont souvent recouvertes de taches causées par un Champignon parasite qui sous une autre forme détermine une rouille du Blé ; l'Epine-vinette favorise donc conseille de la bannir du voisinage des
comprend en Algérie
Berberis hispanica.
Fig. 210.
cette maladie et l'on cultures.
Les CRUCIFÈRES constituent une famille extrêmement homogène, reconnaissable facilement à ses fleurs dont le
CRUCIFERES
périanthe comprend 4 sépales et 4 pétales disposés en croix et dont les étamines sont au nombre de six : 4 grandes et 2 petites (F\g 211).
Le fruit est une silique tantôt allongée, tantôt très courte et dite alors silicule.
Le genre Chou (Brassicd) , qui a fourni tant de variétés utiles à l'homme, comprend en Algérie quelques rares espèces sous- Étamines de Cru- l'gneuses telles que le Brassica fruticulosa
cifère : e,e',éta- Çyr. (Fig. 212), qui présente plusieurs vamines plus peti- '.,., ,, , ,,^ , Tj , .
les: ;i, glande à rietes que Ion rencontre d (Jran a rîone et
nectar. même dans le Sud ; le Brassica insiilaris Mo-
tig. 211. j,jg^ signalé au pied de l'Edough, prés Bône ;
le Brassica scopulornm Coss. qui croît aux
îles Habibas et aux environs d'Oran.
Le DiPLOTAXis A FEUILLES TÉNUES (Diflotaxis tcniiifoHa D. C.) (Fig. 213), probablement subspontané en Algérie (Fort
Brassica fruticulosa.
Fig. 212.
Ciplotaxis tenuifolia.
Fig. 213.
l'Empereur, près Alger), est, comme les précédentes, une plante ligneuse à la base seulement ; c'est une espèce qui peut atteindre quatre-vingts centimètres de hauteur, à fleurs grandes et odorantes, d'une couleur jaune soufre ; les feuilles glauques, divisées, émettent une odeur forte.
Le genre Vélar (Erysimam) ne renferme en Algérie qu'une seule espèce qui nous intéresse, le Vélar a grandes
CAPPARIDEES
FLEURS (Erysinnim grandifloniin Desf.) que l'on rencontre généralement en montagne ; une variété puissante (var. e/a/zjm Pom.) croît au bord delà mer, près de Mostaganem.
Le genre Alysson (Alyssiim) est représenté par trois espèces dont la plus ligneuse est I'Alysson épineux (Alyssiini spinosuin L.) (Fig. 214) qui forme çà et là, sur les hauts sommets du Djurjura et des Babors, des buissons de 40 à 50 centimètres de hauteur.
h'Alyssuin cochlealum Coss. est un sous-arbrisseau de
Alyssum spinosum.
Fiff. 214.
Alyssum maritimuna.
FJg. 215.
l'Aurès et de la région montagneuse qui avoisine Djelfa ; I'Alysson MARiTiME(A/f/ssum maritiiniim L.)(Fig. 215), dont les rameaux sont à peine ligneux à la base, est une espèce extrêmement commune dans le Tell.
Citons enfin, pour terminer, le Moricandia siiffriilicosa D. G. (variété du AI. arvensis), plante ligneuse à la base, du bord des rivières du Tell, assez commune également sur les Hauts Plateaux, le Lepidiiim siibnlaliiin L., petit arbrisseau de 1 à 3 décimètres, assez répandu sur les Hauts Plateaux et VIberis cilialah., plante sous frutescente à grandes fleurs blanches, roses ou violacées que l'on trouve dans la région montagneuse et sur les Hauts Plateaux.
La petite famille des CAPPARIDEES est représentée en Algérie par le CAPRIER ÉPINEUX {Capparis spinosa L.)
CISTINÉES
(Fig. 216), arbrisseau sarmenteux assez fréquent sur les rochers et les pentes escarpées du Tell. Les feuilles présentent deux épines à la base de leur pétiole; les fleurs blanches, souvent rosées, ont quatre sépales et quatre pétales comme celles des Crucifères, mais de nombreuses étamines. Les boutons floraux de cette plante, récoltés encore bien fermés et confits dans le vinaigre, forment les câpres utilisées en cuisine, et ses baies, conservées de la même façon, sont aussi emplo}'ées sous le nom de cornichons de câpre.
Capparis spinosa.
Fig. 216.
La famille des CISTINÉES comprend de nombreuses espèces ligneuses qui sont réparties en quatre genres différents.
Les Cistes sont des sous-arbrisseaux rameux qui habitent les forêts de la région méditerranéenne où leur abondance favorise souvent le développement des incendies ; leur taille ne dépasse pas généralement 1 mètre à 1 m. 50, et leurs fleurs blanches, jaunes, roses ou pourpres sont grandes et élégantes, mais à corolle très caduque.
Le CISTE HÉTÉROPHYLLE {Cistiis heterophijlliis Desf.) est une espèce à fleurs grandes, roses, assez fréquente aux environs d'Alger (Bois de Boulogne, Guj^otville, El Affroun, etc.).
Le CISTE POLYMORPHE [Cistiis polymorphas Willk.) (Fig. 217), répandu dans les stations sèches, diffère du précédent par la base de ses pétioles qui est dilatée en une gaine ample et assez longue.
Le CISTE COTONNEUX (Cistiis albidus L.) (Fig. 218), assez commun aux environs d'Alger et très abondant dans les forêts de Pins d'Alep de la région de Maillot, se reconnaît facilement à la pubescence veloutée, épaisse, qui le recouvre. Ses feuilles, ainsi que celles de l'espèce précédente, sont quelquefois utilisées en guise de thé par les indigènes.
CISTINÉES
Le Ciste crépu (Cistns crispus L.) qui possède comme les précédents des fleurs roses, est très rare en Algérie. On le
Cistus polymorphus.
Fig. 217.
Cistus albidus.
Fig. 218.
rencontrait à Saoula, près d'Alger, mais les plantations de Vigne l'ont fait disparaître de cette localité.
Le CISTE DE MONTPELLIER {Cistus monspeliensis L.)
Cistus monspeliensis.
Fig. 219.
Cistus salviaefolius.
Fig. 220.
(Fig. 219), qui appartient à la série des Cistes à fleurs blanches, forme à lui seul une part notable de nos broussailles.
Les terrains qu'il recouvre sont généralement réputés sans valeur ; en réalité, cette espèce se multiplie abondamment sur les sols asséchés par suite de la destruction de la forêt.
CISTINEES
Le CISTE A FEUILLES DE SAUGE (Cisliis sahiœfoliiis L.) (Fig. 220), également très répandu, diffère des précédents par ses fleurs plus grandes et ses feuilles plus larges, gaufrées et pétiolées.
Le Ciste de Munby (Cistns Miinbyi Pom.) se rencontre aux environs d'Alger et en Oranie.
Le Ciste de l'Écluse (Cistus Clusii Dun.) croît dans les forêts de la région de Maillot, à Boghar, à Marnia, etc.
Le Ciste varié [Cistus varias Pourret) (,Fig. 221) est
Cistus varius.
Fig. 221.
Cistus ladsniferus.
Fig. 222.
rare ; on le rencontre en montagne, notamment au Zaccar de Miliana et à la Glacière Laval, au-dessus de Blida.
Le CISTE A GOMME {Cislas ladani feras L.) (Fig. 222) est un élégant arbrisseau à fleurs très grandes, dépassant souvent 6 centimètres de diamètre, complètement blanches ou tachées de rouge à la base des pétales.
Cette espèce, commune dans l'ouest de l'Algérie, disparaît à mesure que Ton se déplace vers lEst ; les feuilles sécrètent une sorte de résine qui peut être emploj'ée en parfumerie.
Les Cistes s'hybrident entre eux.
Les Helianthémes sont pour la plupart des plantes qui, par l'exiguïté de leur taille, méritent à peine de prendre rang parmi les végétaux ligneux, cependant I'Helianthème a FEUILLES dHalime quc l'ou classc souvent dans le genre spécial Halimiam sous le nom d^Halimiain halimifolium Willk.
CISTINEES
lis
(Fig. 223) est un sous-arbrisseau de 4 à 8 décimètres de hauteur, croissant çà et là en assez aliondanles colonies (littoral à l'est de Djidjelli, Dahra, Sersou). Les feuilles opposées, sans stipules, sont tomenteuses argentées. Les fleurs jaunâtres, disposées en grappes, présentent des taches noires à la base.
L'Héliaxthème a feuilles de Lavande (Helianthemnm
Helianthemum halimifolium.
Fig. 223.
Helianthemum lavandulsefolium.
Fis. 224.
lavandulxfolinm D. C.) (Fig. 224) est un sous-arbrisseau à feuilles opposées, stipulées, linéaires ou presque, cendrées en dessus, blanches tomenteuses en dessous ; ses fleurs jaunes sont disposées en grappes serrées argentées (région d'Alger, de Constantine, Dahra). U Helianthemum Lippii Bail, est surtout répandu sur les Hauts Plateaux ; il en existe toutefois une variété à rameaux rouges à la Macta (Oran) et à Zamori (Alger).
Les Helianlhemiim Pomeridiamim Dunal, Helianthemum Caput felis Boiss., Helianthemum polyanthos Dun., H. origanifolium Lam., H. squamatum Pers., H. viscarium Boiss. et Reut., sont des espèces rares, spéciales à l'Oranie.
L'Hélianthème vulgaire [Helianthemum vulgare Pers.) et Y Helianthemum vubellum Pers. se rencontrent généralement à une certaine altitude.
U Helianthemum canum Dun. paraît localisé dans une sta-
FLORE FORESTIÈUK 8
lU
VIOLAUIEES
tion unique du Djurjura (Askhadjem), à l'ouest du col de Tirourda.
Le genre Fumana comprend des sous-arbrisseaux à feuilles linéaires et à fleurs jaunes qui diffèrent des Hélianthènies par la stérilité des étamines extérieures de la fleur.
Le Fumana glutineux (Fumana ghitinosa Boiss.) est une espèce très commune ; c'est un sous-arbrisseau très bas à feuilles linéaires ou presque, à tiges dressées poussant en touffes serrées, visqueuses dans le haut ainsi que les pédicelles floraux et les sépales. On le trouve dans les lieux secs, parmi
Fumana laevipcs.
Fig. 225.
Fumana Spacbii.
Fig. 226.
les broussailles, et sur les rochers, ainsi que le Fumana a pédoncules GRÊLES (Fumana lœvipes Spach) (Fig. 225).
Le Fumana d'Arabie (Fumana arabica Spach) et le Fumana Spachii Gren. et God. (Fig. 226) sont assez rares ; le premier ne se rencontre que dans le sud-est de la province de Constantine ; le second existe dans la région d'Alger, à Teniet, au Djurdjura, à Tlemcen.
Le Fumana calycina Claus. se distingue de tous les autres par sa taille plus élevée qui atteint jusqu'à 1 mètre et par ses fleurs plus grandes de couleur safranée (région d'Alger, Miliana, Maillot).
La petite famille des VIOLARIÉES ne présente qu'une seule espèce sous-ligneuse, assez répandue dans les
POLYGALEES — MALVACÉES
broussailles du littoral occidental : la Violette arborescente (Viola arborescens L.) (Fig. 227), petite plante de 1 à 2 décimètres, dont la tige demi-couchée porte des feuilles étroites, dentées, courtement pétiolées et des fleurs médiocres d'un bleu pâle.
La famille des POLYGA- LEES n'est pas mieux représentée que la précédente. Une seule espèce est à mentionner, le Polygala Manbgana Boiss., plante à souche ligneuse émettant de nombreuses tiges anguleuses qui portent des grappes de grandes
fleurs (16-18 millimètres) roses ou jaunes. On la rencontre dans les broussailles du littoral, de Cherchell à Tenés et près d'Oran.
Viola arborescens.
Fig. 227.
Les MALVACÉES forment une famille bien caractérisée par ses feuilles à nervation ordinairement palmée et par ses fleurs (Fig. 228) construites sur le type 5. Le calice est doublé de bractées formant une sorte de calice supplémentaire appelé calicule.
Les étamines très nombreuses, soudées par la partie inférieure de leurs filets, de Mail- forment une sorte de manchon qui encl, toure le pistil (Fig. 228).
st] Le genre Mauve (il/a/uo), qui a donné son nom à la famille, ne comprend que des espèces herbacées.
Le genre Lavatein comprend, à coté d'espèces herbacées, quelques plantes ligneuses.
Le LAVATERA D'HYÈRES {Lavalera olhia L.) (Fig. 229), le plus commun en Algérie, est un arbuste dont la hauteur peut atteindre 4 mètres ; les tiges rougeàtres portent des feuilles poilues veloutées échancrées en trois ou cinq lobes et
Coupe d'une fleur ve : c/c, calicule :
calice ; cor, corolle tube des étamines style.
Fig. 228.