MALVACÉES
des fleurs roses très grandes disposées en longues grappes feuillées.
Le Lavatera arborescent (Lovatera arborea L.)est, comme
Lavatera olbia.
Fig. 229.
Lavatera marltima.
Fia. 230.
la précédente, une plante puissante. On la cultive assez souvent dans les jardins, mais elle est assez rare à l'état spontané (cap Matifou), ainsi que le Lavatera rupestre (Lavatera nipestris Pom.) dont on cite une station au Garrouban (région de TIemcen). Le Lavatera maritime (Lavatera maritima L.) (Fig. 230) se développe sur les rochers calcaires (Oranie, Cherchell, Djurdjura, etc.).
La GULMAUVE (Altha^a officinalis L.) (Fig. 231', que Ton cultive souvent dans les jardins, se rencontre aussi à l'état spontané dans les prairies humides et dans les marais , notamment dans la Mitidja.
Althaea officinalis.
Fig. 231.
Il existe également en Algérie deux espèces de Ketmie (Hibiscus) depuis longtemps introduites et
Pâleur d'Hibiscus roseus : clc, calicule : cl, calice ; cor, corolle.
Fig. 232.
CARYOPHYLLÉES - PAROxNYCHIÉES - MÉLIACÉES 117
qui sont devenues subspontanées: r//zè/sczzs7-oseH5Tho.(Fig. 232), d'origine américaine (marais deBône et à l'est de Bougie) et le GoMBO (Hibiscus escnlentiis L.), dont le fruit est comestible. Plusieurs Ketmies sont cultivées comme plantes d'ornement. C'est aussi dans la famille des Malvacées que se place le genre Gossypiiim ou Cotonnier dont les graines sont recouvertes d'un duvet blanc jaunâtre qui constitue le coton. Le Gossypinm herbaceiim L. a déjà été autrefois cultivé en Algérie; de nouveaux essais, dont les résultats semblent encourageants, sont tentés actuellement. Le Cotonnier est quelquefois subspontané dans le voisinage des lieux où sa culture est pratiquée. Les Cotonniers cultivés en vue de la production du textile sont annuels.
La famille des CARYOPHYLLÉES ne comprend en Algérie que derares espèces ligneuses. L'Œillet de Portugal {Dianthiis lusitanicush.) est une plante vivace, à peine ligneuse, que Ion rencontre sur la frontière marocaine. Citons encore le Bujfonia Diwaljoiwii Batt. qui croît dans la région montagneuse, notamment dans les environs de Médéa, au Djurdjura, etc., et le Bujfonia macropetala^iVik. que l'on trouve sur les rochers d'El Kantara.
A la famille des PARONYGHIÉES, voisine des Caryophyllées, appartiennent deux plantes ligneuses à la base : l'Herniaire de Desfontaines (Herniaria Fontonesi Gay ou H. fruticosa L.), à feuilles opposées, petites, ovalaires, émettant à leur aisselle des glomérules de petites fleurs verdàtres. On a distingué plusieurs variétés répandues en Oranie et dans le Sud.
Le Polycarpon peploides D. C. (Fig. 233) à feuilles un peu charnues qui croît sur le littoral de la région Bône à La Calle.
Le Lilas des Indes ou de Chine ou Margousier (Melia. Azedarach L.), delà famille des MÉLIACÉES, est une essence introduite en Algérie où elle est cultivée sous le nom de Melia. Cet arbre de 10 à 15 mètres, présente des rameaux terminés par des bouquets de feuilles bipennées (c'est-à-dire deux fois pennées) à folioles opposées dentées etcourtement
AMPKLIDEES — ACERINEES
péliolées. Les fleurs, disposées en grappes composées, odorantes, ont une couleur lilas bleuâtre. Les fruits, dune saveur
Polycarpon peploides.
Eiff 233.
Vitis vlnifera.
amère, sont purgatifs et même vénéneux à haute dose: la racine est un excellent vermifuge.
La famille des AMPÉLIDÉES est représentée par la
VIGNE (Vilis vinifera L.) (Fig.
234) dont la culture est très répandue en Algérie et que l'on y rencontre aussi très souvent à l'état spontané. Cette plante bien connue présente des rameaux grimpants à laide de vrilles et portant des Fleur de Vigne Fleur de Vigne feuilles alternes, dentées, à sti-
' ■ ■ ■ épanouie
doni la co- pules Caduques, et des grappes de rolieesitom- j^ fl^^j^s vertes. Au moment
bee. r
de répanouissemcnt de la fleur, Fig. 23(5. les pétales, toujours réunis par leur
partie supérieure, se détachent du réceptacle et sont soulevés par les étamines comme une sorte de capuchon qui ne tarde pas à tomber (Fig. 235 et 236). Le fruit de la Vigne sauvage est verdàtre et acidulé.
La famille des ACÉRINÉES est importante au point de vue forestier. Les Érables [Acer) sont des arbres à feuilles
dont les pétales commencent à se détacher par la base.
Fig. 235.
ACÉRINÉES
opposées longuement pétiolées, à limbe à nervation palmée, échancré en 3 à 7 lobes. Les fleurs, petites et d'un jaune verdàtre, possèdent 5 sépales, 5 pétales, 8 étamines et 2 carpelles, donnant à maturité 2 samares longuement ailées.
L'ÉRABLE CHAMPÊTRE (Acer campeslre L.) (Fig. 237) est un arbre de taille moyenne, présentant une écorce brun jaunâtre finement écailleuse et des feuilles à3 à 5 lobes séparés
Acer canapestre.
Fig. 237.
Acer monspessulannm Fig. 238.
par des échancrures profondes ; c'est une espèce rare en Algérie, on ne l'observe que dans les grandes forêts de l'Est (Guerrouch, près de Djidjelli)
L'ÉRABLE DE MONTPELLIER (Acer monspessiilamim L.) (Fig. 238) est un arbuste de'4 à 5 mètres de hauteur qui reste même souvent à l'état de buisson étalé et diffus ; son écorce est lisse et d un gris jaunâtre, ses feuilles mates et glauques sur la face inférieure. Cette espèce est répandue dans la région montagneuse de l'Algérie: dans le Djurdjura, àTeniet, etc.
L'ÉRABLE A FEUILLES D'OmEW (Acer opulifoliumYlW.) (Fig. 239), rare en Algérie (Djurdjura, Zaccar), est un arbre de 6 à 7 mètres de hauteur souvent buissonnant ; son écorce, lisse et grise au début, devient ensuite écailleuse et brun jaunâtre ; ses feuilles, assez grandes et en cœur à la base, sont mates et glauques en'dessous, et échancrées à 5 à 7 lobes.
L'ÉRABLE NAPOLITAIN (Acer obtusaliim Wild.) (Fig. 240) diffère peu de l'espèce précédente ; ses feuilles sont plus petites, velues en dessous ; il est assez répandu en
CORIARIÉES
montagne, en particulier dans la Kabylie du Djurdjuraet dans la Kabylie des Babors.
D'une façon générale, le bois des Erables est d'excellente qualité et d'aspect agréable ; il a les usages les plus variés. Non seulement on en fait des meubles massifs, de belles frises
Acer opulifolium.
Fig. 239.
Acer obtusatum.
Vis. 240.
de parquet, mais il est utilisé pour la fabrication des pianos, du fond et des côtés des violons •, certains arbres, présentant une fibre ondulée, sont particulièrement recherchés comme bois de résonance ; c'est ce qu'on appelle le « bois onde ».
Les Érables sont souvent cultivés pour l'ornement ; la plupart des espèces présentent des formes à fruits çt à feuilles rouges.
Ils n'ont pas une grande importance au point de vue économique en Algérie, où ils sont confinés dans quelques massifs montagneux.
Le CORROYÈRE A FEUILLES DE MYRTE (Coriaria mijrtifoUa L ) (Fig 241 1 de la famille des CORIARIÉES en est le seul représentant dans la région méditerranéenne et en Algérie. C'est un arbrisseau de 2 à 3 mètres de hauteur, sans poils, à rameaux grisâtres quadrangulaires, à feuilles entières, ovales lancéolées, courtement pétiolées, opposées ou par verticille de trois. Les fleurs sur le type 5 ont moins de 4 millimè-
LINEES — RUÏACEES
très de largeur et sont disposées en grappes dressées. Le fruit est charnu, d'abord vert, puis noir et luisant.
Cet arbrisseau, assez commun dans les broussailles humides, émet de nombreux rejets allongés et ramifiés, ce qui permet de l'utiliser pour la fixation des terrains en pente. Les feuilles renferment du tanin et sont employées avec le Sumac ou le tan pour la préparation des cuirs. On les mêle quelquefois
Coriai'ia myrtifolia.
Fia. 241.
Linam suffruticosum.
Fig. 242.
frauduleusement au Séné. Elles contiennent, ainsi que les fruits, un glucoside extrêmement vénéneux : la coriarine.
Les LiINÉES sont des plantes grêles à feuilles simples, étroites et sans pétiole, à fleurs sur le iype 4 ou 5 ; les pétales, tordus dans le bouton, se détachent facilement. Le fruit est une capsule.
La plupart des espèces sont herbacées; nous citerons seulement deux espèces sous-ligneuses dans le genre Lin (Liniim), caractérisé par les fleurs sur le type 5 et les feuilles alternes.
Le Liniim aiislriacnm L.. à tiges courtes et tombantes, et le Liniiin suffralicosiim L. (F'ig. 242), à tiges dressées, sont des plantes des Hauts Plateaux signalées en particulier à Boghar et au Garrouban.
La famille des RUTAGÉES est représentée en Algérie par deux espèces sous-frutescentes appartenant au genre Ruta.
AURANTIACEES
La Rue des montagnes (Riila montann L.) (Fig. 243) est une plante vivace, ramifiée, d'un vert glauque à fleurs en grappes serrées, la centrale sur le type 5, les autres sur le iN'pe 4. Elle est très commune clans toute la région montagneuse et cultivée parfois dansles jardins.
La Rue a feuilles étroites (Riita angnstifolia Pers.}
Ruta montana.
Fig. 243.
Ruta angustifolla.
Fig. 244.
(Fig. 244) qui se distingue par ses fleurs plus grandes et ses pétales ciliés, existe dansleTellalgérois(Maillot, Boghar, etc.). Les Rues sont des plantes à odeur forte ; à faible dose, elles constituent un emménagogue puissant et un antihelmintique ; à haute dose, elles peuvent déterminer la mort. La Rue des montagnes peut produire des pustules sur la peau des gens qui la récoltent.
C'est dans la famille des AURANTIACEES que l'on range le genre Oranger (Citriis) qui comprend en Algérie un certain nombre d'espèces introduites. Ce sont des arbrisseaux ou de petits arbres souventépineux, originaires de l'Inde orientale ; l'écorce du tronc estgrise ; celle des jeunes rameaux verdàtre ; les feuilles alternes ont un pétiole plus ou moins ailé ; les fleurs (Fig. 245), grandes, blanches ou rosées, sont très odorantes et comprennent généralement 5 sépales, 5 pétales de très nombreuses étamines et un ovaire à plusieurs loges
HYPÉRICINÉES
donnant à maturité une baie (Fig. 246) renfermant une pulpe acidulée, sucrée ou amère. Comme espèces principales, citons
F"leur de Citriis Aurantium.
Fig. 245.
Coupe d'une orange montrant la paroi du fruit pe qui porte à sa surface interne les poils charnus pi formant la partie comestible de l'orange.
Fig. 246.
I'Oranger doux {Citriis Aurantium L.), I'Or.^nger amer ou Bigaradier (Citrus Bigaradia Duham.), le Citronnier (Citrus Limonium Riss. et Poit.), le Cédratier (Cilrus medica L.).
La famille des HYPÉRICINÉES comprend deux espèces à citer : le Millepertuis d'Afrique (Hypericum
Hypericum afrum.
Fig. 247.
AndiosaBtnuiD officinale.
Fig, 248.
afrum Lam.") (Fig. 247), espèce sous ligneuse qui existe depuis l'Akfadou (Kabylie) jusqu'en Tunisie, et I'Androsème officinal [Androsœinum officinale k\\]. (Fig. 248); sous-arbrisseau
CÉLASTHIXÉES
rameux de 50 à 80 centimètres de hauteur, rappelant un peu un Chèvrefeuille par son port. Les feuilles sessiles, ovales, en cœur à la base, sont portées sur des rameaux présentant deux lignes saillantes. Les fleurs jaunes à 5 sépales, 5 pétales et 5 faisceaux d'étamines donnent un fruit charnu.
Cette espèce est localisée dans les stations humides de la région montagneuse (ruisseau des Singes près Blida, forêt de Mizrana près Dellys, Akfadou près Azazga, Guerrouch près Djidjelli).
§ 2. — Dialypétales calyciflores.
Le FUSAIN A LARGES FEUILLES (Evomjnms lotifoliiis Scop.) (Fig. 249), delà famille des GÉLASTRINÉES, est un arbrisseau haut de 2 à 4 mètres, mais qui dans des condi-
Evonymus latifolius.
Fig. 249.
Ilex Aquifolium.
Fig. 250.
tions favorables peut atteindre 7 mètres. Les rameaux jeunes sont arrondis, luisants, verts et laves de rouge brun sur une face. Les feuilles sont ovoïdes, finement dentées ; les fleurs, très petites, longuement pédonculées, donnent à maturité des capsules roses dont la forme anguleuse a fait donner au Fusain le nom de « bonnet de prêtre ».
Le Fusain est rare en Algérie ; on le rencontre sur les chaînes du Djurjura et des Babors et sur les sommets de l'Atlas de Blida.
Son bois, de couleur jaune clair, très homogène, facile à
ILICINÉES — RHAMNÉES 125
travailler, peut être utilisé comme celui du Fusain commun répandu en France pour la fabrication d'ouvrages de marqueterie ; carbonisé en vase clos, il donne le Fusain à dessiner. Les fruits et les feuilles sont vomitifs et purgatifs ; on emploie aussi les fruits (15 à 30 grammes par litre d'eau) pour lotion contre la galle.
A la famille des ILICINÉES i appartient le HOUX {Ilex Aqiiifoliiim L.) (Fig. 250). C'est un arbuste ou un petit arbre haut de 2 à 10 mètres, à écorce lisse, grise sur les branches, verte sur les jeunes rameaux à feuilles persistantes alternes, coriaces, dentées, épineuses, courtement pétiolées.
Les fleurs blanches ou rosées sontdisposées en petits groupes à l'aisselle des feuilles et présentent le type 4 ou 5 ; le fruit est charnu et d'un joli rouge corail à rriaturité.
Le Houx repousse bien de souche,et présente une longévité considérable. II se développe bien sur tous les sols, mais de préférence sur ceuxqui ne sont pas calcaires. En Algérie, il est irès répandu dans la zone du Cèdre et exceptionnellement dans les forêts de Chênes à feuilles caduques.
Le bois du Houx est dur, homogène, et convient aux mêmes usages que celui des Erables; il prend bien la couleur noire et est susceptible d'un très beau poli qui le fait ressembler à l'ébène. On l'utilise pour la tabletterie, le tour, la fabrication des instruments de mathématiques ; il vaut jusqu'à 30 francs les 100 kilogrammes.
L'écorce du Houx renferme du tanin, de la résine et une matière très visqueuse, la glu, avec laquelle on prend certains oiseaux. Ses fruits sont vomitifs et fortement purgatifs. La décoction des feuilles (30 à 60 grammes par litre d'eau) est légèrement sudorifique et fébrifuge.
La famille des RHAMNÉES comprend en Algérie deux genres spontanés.
1. La situation des Célastriiiées, Iliciné.es, Rhainiiées, etc., qui se placent à la limite des Thalainiflores et des Calyciflores est assez indécise et varie avec les flores consultées.
Pour la commodité du lecteur qui pourra avoir occasion de se reporter aux ouvrages de MM. Baltandier et Trabut, nous avons classé ces familles parmi les Calyciflores comme l'ont fait les auteurs de la Flore d'Algérie.
HHAMNÉES
Rhamnus Alaternus.
Fia. 251.
Le genre Nerprun (Rhamnus) est représenté par plusieurs espèces. La plus commune est le NERPRUN ALA- TERNE {Rhamnus Alalernus L.) (Fig. 251), arbrisseau dioïque
à feuilles persistantes, coriaces, luisantes, lâchement dentées. Les fleurs, disposées en grappes à l'aisselle des feuilles, sont dépourvues de pétales ; le fruit est rouge, puis noir; cette espèce repousse abondamment de souche ; elle est commune dans les broussailles du Tell.
Les feuilles sont astringentes ; les baies passent pour purgatives.
La variété couchée (Var. proslrata), dont certains botanistes font une espèce spéciale sous le nom de Nerprun A FEUILLES DE Myrte (Rhamuus mijrlifolia Willk.) diffère beaucoup du t^'pe précédent par son port : c'est un arbrisseau à feuilles très petites et à rameaux étroitement appliqués sur les rochers. On le trouve çà et là en montagne (Djurdjura, El Kantara).
Le bois de l'Alaterne est très lourd, très homogène, d'un grain extrêmement fin et très propre pour ouvrages de tour et d'ébénisterie.
La graine de Perse, utilisée en teinturerie, provient, paraît-il, de cette espèce.
La BOURDAINE ou Bois noir (Rhamnus Frangula L.) (Fig. 252) est un arbrisseau de 2 à 4 mètres, très commun en France, mais beaucoup plus rare en Algérie, où on ne le trouve guère que dans l'Est, dans les terrains marécageux près de La Galle ; ses feuilles sont entières, luisantes en dessus, ses fleurs blanchâtres, son fruit globuleux, rouge, puis noir.
Le bois de cette essence fournil un charbon très léger utilisé dans la fabrication des poudres noires. L'écorce a des propriétés purgatives et fournit une matière colorante rougeâtre .
Le Nerprun des Alpes (Rhamnus alpina L.) (Fig. 253) et le Nerprun purgatif ou Noirprun (Rhamnus cathartica L.) sont, comme le précédent, des arbrisseaux communs en France,
RHAMNÉES
mais rares en Algérie ; le premier ne se rencontre que sur les montagnes élevées et le second est localisé dans un « Matmor » delà crête du Tababor,
Le suc des fruits du Noirprun sert à préparer la couleur connue sous le nom de vert de vessie ; lécorce peut servir à
Rbaïunus Frangula.
Fig. 252.
Rhamnus alpioa.
Fig. 253.
teindre en jaune ; le bois a une teinte rosée remarquable, mais il ne présente que de faibles dimensions.
Le Nerprun Faux-Olivier (Rhamnus oleoides L.) est assez commun sur les calcaires du Tell et même du Sud Oranais ; il forme des buissons épineux.
Le Nerprun Faux-Lyciet (Rhamnus lycioides L.) est un petit arbrisseau à feuilles linéaires que l'on trouve dans les fentes des rochers, dans la région des Hauts Plateaux.
Les Jujubiers {Zizyphus) sont des arbrisseaux à feuilles ovales, dentées, pourvues à la base de stipules épineuses ; les fleurs sont petites et construites sur le type 5.
Le JUJUBIER SAUVAGE (Zinjphas Loliis L.) est une des broussailles les plus communes de l'Algérie ; cet arbrisseau drageonne avec une facilité remarquable à l'aide de longues racines traçantes dont l'extraction fournit aux Arabes du bois de chauffage ; ses fruits sont comestibles.
Les branches sont utilisées par les indigènes pour faire des clôtures autour des habitations.
TÉRÉBINTHACÉES
Le Jujubier CULTIVÉ (Ziryphiis yzz/^/arzs Lam.) (Fig. 254) est souvent subspontané au voisinage des lieux où on le cultive ; c'est un arbrisseau ou un arbre qui peut atteindre 8 mètres et présente jusqu'à 2 mètres de circonférence.
Cette essence drageonne facilement et fournit un bois com-
Zizyphus vulgaris.
Fie. 254.
Paliurus australis.
pact, homogène, susceptible d'un très beau poli et d'une couleur aussi rouge que l'acajou ; on l'emploie en ébénisterie et on en tire aussi un charbon de première qualité.
Les fruits, du volume d'une grosse olive, connus sous le nom de Jujubes, sont sucrés et comestibles, on en fait un sirop et une pâte.
Le P.\LiuRE (Palinriis australis Gœrtn.) (Fig. 255) est, comme le précédent, un arbrisseau cultivé et souvent subspontané ; il s'en distingue à son fruit aplati, bordé d'une aile membraneuse.
La famille des TÉRÉBINTHACÉES comprend des arbustes à feuilles alternes composées, à fleurs petites réunies en grand nombre en grappes rameuses.
Les Pistachiers (Pistacia) sont des arbres ou des arbrisseaux dioïques à folioles entières, à fleurs dépourvues de pétales ; les fleurs màles possèdent 5 sépales et 5 étamines ; les fleurs
TÉRÉBINTHACÉES
femelles 3 à 4 sépales et un ovaire surmonté de 3 styles ; le fruit est une drupe.
Le LENTISQUE (P/s/ac/a Lenlisciis L.) (Fig. 256) est un arbuste qui peut atteindre 4 à 6 mètres de hauteur sur 1 à 2 de diamètre, mais on l'observe rarement en cet état ; fréquemment mutilé, il repousse vigoureusement de souche et se présente à létat de buissons épais. Cette espèce est extrêmement
Pistacia Lentiscus.
Fig. 256.
Pistacia Terebintbus.
abondante dans le Tell, où elle forme un des éléments principaux des broussailles.
Le Lentisque contient une résine qui est parfois exploitée pour la préparation des vernis.
Les fruits renferment une amande comestible d'où l'on a cherché à tirer une huile de table et d'éclairage ; les feuilles servent quelquelois, commecelles des Sumacs, à préparer une matière tannante ; le bois dur, de couleur rose, susceptible d'un beau poli, est utilisé en ébénislerie et en menuiserie et fournit un excellent combustible. Les rejets peuvent être employés pour la vannerie.
Le PISTACHIER TÉRÉBINTHE (Pistacia Terebinthus L.) (Fig. 257) est moins commun que le précédent, surtout sur le littoral ; il peut atteindre une taille plus élevée (jusqu'à 15 mètres) et une circonférence plus grande ; son bois est d'un beau brun marron et sert aux mêmes usages que celui du Lentisque.
FLORE FLORESTIÈUE 9
TEREBINTHACEES
L'écorce fournit une résine qui constituait autrefois la vraie térébenthine. La piqûre d'un insecte forme fréquemment sur le Pistachier térébinthe une grosse galle simulant un fruit de Caroubier et connue sous le nom de Caroube de Judée. Elle renferme 60 °/o de tanin et 15°/o d'acide gallique.
Le PISTACHIER DE L'ATLAS (Pislacia allantica Desf.) est souvent considéré comme une variété puissante de Térébinthe, à feuilles plus petites. Il faut, d'après M. Baltandier, considérer le Pistachier de l'Atlas comme une espèce spéciale, se distinguant facilement du précédent par l'examen du bord de ses feuilles qui, grossi 20 fois, est nettement velu.
Ce bel arbre, qui ressemble assez au Frêne avec lequel on le confond quelquefois, se rencontre çà et là dans le Tell intérieur et sur les Hauts Plateaux ; il est abondant dans les Dayas et même dans le Tell, vers la frontière marocaine.
Les Sumacs (/?/uzs) sont des arbrisseaux à feuilles caduques, à fleurs polygames petites, jaunâtres, comprenantà l'état complet 5 sépales, 5 pétales, 5 étamines et 1 pistil à une seule loge surmonté de trois styles donnant une drupe à maturité. Ce sont des plantes odorantes contenant de la térébenthine et du tanin.
Le Sumac des cobroyeurs (/?/jasCor/ana L.) (Fig. 258) est un arbrisseau de 3 à 4 mètres à feuilles imparipennées, à tleurs blanchâtres, à fruit laineux d'un brun pourpre ; c'est une plante rare en Algérie, citée comme existant à la Bouzaréa, près d'Alger.
Rhus Coriaria.
Fig. 258.
Rbus pentaphylla.
Fig. 259.
PAPILIONACEES 131
Cette espèce rejette de souche et drageonne vigoureusement.
Son écorce fournit une matière colorante jaune ou rouge qui sert à la peinture des cuirs et des étoffes, mais son bois, assez mou, cassant, n'est pas utilisé. Les feuilles et lesjeunes pousses donnent un tan très estimé. Les fruits, conservés dans le vinaigre, sont mangés comme des câpres.
Le SUMAC THÉZÉRA (Rhas penlaphylla Desf.) (Fig. 259) est un arbrisseau de 4 à 7 mètres dont l'aspect rappelle l'Aubépine. Ses feuilles sont persistantes et son fruit jaune rougeàtre présente trois petits tubercules au sommet. On le rencontre dans la vallée du Chéliff et en Oranie.
Son écorce, très recherchée dans l'industrie, renferme une matière tinctoriale rouge et du tanin. Elle sert à la préparation des cuirs maroquins.
Le Sumac Aubépine (Rhiis oxyacantha Cav.) sert aux mêmes usages que le précédent ; il croît dans le Tell de la province de Constantine, plus à l'Ouest au pied du Chenoua, près de Cherchell, et surtout sur les Hauts Plateaux et dans le Sahara.
La famille des Térébinthacées comprend, en outre, deux espèces introduites d'un certain intérêt. Le Poivrier d'Amérique {Schinus molle L.) est un arbre à rameaux grêles et retombants à feuilles composées de 15 à 20 paires de folioles étroites dentées. Les fleurs petites, unisexuées. sont disposées en longues grappes pendantes ; les fruits, petites drupes rougeâtres, ont une grosseur et une saveur rappelant celles du grain de poivre. Cet arbre est utilisé pour garnir les jardins et les avenues à cause de l'élégance de son feuillage et de ses longues panicules de fruits. Le Mollé a feuilles de Téré- BiXTHE [Schinus tevehinlhifoliiis Radd.) est beaucoup moins répandu ; son feuillage plus dense rappelle celui du Lentisque.
La famille des PAPILIONACEES renferme de nombreuses plantes ligneuses ; elle est caractérisée des plus nettement parlaspect et la constitution de la fleur. Les sépales sont au nombre de cinq et souvent groupés en deux lèvres ; les pétales sont en même nombre et offrent une disposition tout à fait particulière (Fig. 260) : le pétale supérieur, plus développé,
PAPILIONACEES
forme lélendard qui recouvre les 2 pétales latéraux appelés les ailes qui, à leur tour, recouvrent les 2 pétales inférieurs. Ces derniers sont rapprochés et courbés, simulant par leur ensemble une coque de navire ; ils forment la carène. Les étamines, au nombre de 10, sont très rarement libres ; presque
Corolle de Papillonacée (Pois) dont les pétales ont été isolés : e, étendard; a, a , ailes; c, c', pétales qui cohérents entre eux forment la carène.
Fig. 260.
Étamines de Pa pilionacée soudées par leurs filets.
Fig. 261.
toujours elles sont complètement soudées (Fig. 261) ou toutes soudées, sauf une, à la base par leurs filets en un tube qui entoure le pistil. Ce dernier comprend une seule loge et se prolonge par un style unique. A maturité, le fruit s'ouvre en général par 2 valves : c'est ce que l'on appelle une gousse ; quelquefois cependant il reste indéhiscent ou se divise en articles transversaux qui se séparent à maturité.
Les Papilionacées ligneuses d'Algérie se répartissent en un certain nombre de tribus que l'on peut distinguer d'après le tableau suivant :
T ribus Étamines Podalyriées.
libres.
Étamines nionadelphes I Feuilles composées de 1-3 fo-) Qénisiées.
(les 1 lioles. S
10 étamines sont soudées
à la base par leurs filels)[ peuilles composées pennées à)
folioles en nombre impair, Vulnérariées. (tovyours plus de 3.) )
Genres Anagyris.
Erinacea.
Ulex.
Spartium.
Genista.
Rétama.
Calycotome.
Cylisus.
Argyrolobium.
Adenocarpus.
Anthyllis.
PAPILIONACÉES
Étamines
diadelphes
(9 étamines
sont soudées
à la base,
la 10" est libre).
Feuilles composées de 3 folioles (par exception 1 ou 5 chez certains Ononisj.
/ Gousse
r^ .,, divisée
Femllescompo- ^,^ ^^.^j^j^^
?'^7,.Pf""^'^^Vransversaux.
a lolioles en '
nombre im-j Gousse
pair(toujours/ non divisée
plus de 3j. [ en articles
transversaux.
Trifoliées.
i IJo
\ Bo
Medicago.
Dorycuium.
njeania.
,■,. , , ( Coronilla.
Hedysarees. ^ Ebenus.
Acanthyllis.
Astragalus.
Asiragalces. ■: Glycj'rrhiza.
/ Colutea. \ Robinia.
Tribu des Podalyriées. — L'ANAGYRE FÉTIDE ou Bois puant {Anagyrîs fœtida L.) (Fig 262) (Caroubier de ciiien des indigènes) est un arbrisseau de 1 à 3 mètres, d'une odeur fétide, à feuilles composées de trois folioles sessiles, elliptiques entières, finement poilues sur leur face inférieure
Uiii
Anagyris fœtida.
Fig. 262.
Erinacea pungens.
Fig. 263.
seulement. Les fleurs jaunes, disposées en courtes grappes, ont un étendard taché de noir.
C'est une espèce assez répandue dans le Tell ; ses graines sont vénéneuses.
Tribu des Génistées. — Le Genre Érinacée (Erinacea), est représenté par une seule espèce.
L'ÉRINACÉE PIQUANTE (Erinacea pungens Boiss.) (Fig. 263) ou Hérisonne est un sous arbrisseau formant des buissons touffus hémisphériques garnis d épines que l'on
PAPILIONACEES
rencontre dans l'Aurès, et en général sur les montagnes du Sud. Il existe aussi au Tababor.
Les Ajoncs (Ulex) sont des plantes très épineuses, à fleurs jaunes solitaires ou par deux, à calice fendu en deux lèvres jusqu'à la base ou presque.
L'Ajonc d'Europe [Ulex eiiropœus L.) a été signalé seulement à Fort-National, où il a été sans doute introduit.
L'Ajonc d'Afrique (Ulex africaniis Webb.) et ÏUlex Web-
bianus Coss. serencontrent en Oranie, le premier sur le littoral,
le second dans les massifs montagneux delà région deTlemcen,
au Garrouban, etc.
Le GENÊT D'ESPAGNE (6>ar//zzm junceiim L.) (Fig. 264),
seul représentant du genre Spartiiim
en Algérie, est un arbuste élevé iner-
me à rameaux jonciformes robustes,
glauques, striés, à feuillesunifoliolées,
à fleurs jaunes odorantes grandes.
Il est peu abondant, mais répandu dans les trois provinces.
Les sommités fleuries et les graines sont diurétiques à petite dose, purgatives et vomitives à forte dose.
On cultive parfois le Genêt d'Espagne comme arbrisseau d'ornement à cause de l'abondance de ses fleurs ; le liber des jeunes rameaux fournit une matière textile, et les pousses donnent un assez bon fourrage.
Les Genêts (Genisla) sont des arbrisseaux ou sous-arbrisseaux très répandus en Algérie où il en existe une vingtaine d'espèces. On les rencontre généralement dans les broussailles ; en forêt, ils occupent surtout les clairières et les vides. Se multipliant quand les arbres disparaissent, ils favorisent la reconstitution du boisement en protégeant les jeunes semis contre la dent du bétail, les espèces épineuses tout au moins, comme c'est le cas pour beaucoup d'entre eux.
Le GENET FEROCE {Genisla feroxPoirei), que l'on trouve sur le littoral d'Alger à la Galle, est un arbuste à grandes fleurs odorantes, de 1 à 3 mètres de hauteur, pourvu de longues
Spartium junceum.
Fig. 2M.
PAPILIONAGÉES
épines vulnérantes ; ses feuilles sont trifoliolées, de même que celles du Genista VepresPomel, des forêts de l'Est, et du Genisla spinulosa Pomel, connu seulement dans le Dahra (Medjaher), espèces de taille et d'importance moindres.
Les autres Genêts épineux sont unifoliolés et forment de petits arbrisseaux se présentant souvent sous la forme de buissons bas plus ou moins rameux.
Le GENÊT A TROIS POINTES (Genisla tricuspidata Desf.) (Fig. 265) est l'un des plus communs ; il supporte bien
Genista tricuspidata.
Fig. 265.
Geaista Durisei.
Fig. 266.
le couvert de la forêt. On le rencontre dans les massifs du littoral et du Tell ; les épines dont il est pourvu font défaut à la variété à petits fruits (Var. microcarpa) que l'on trouve en abondance dans la forêt de la Reghaïa. Une autre variété dite DE DuRiEU (Var. Dariœi) (Fig. 266) présente, en plus de la grappe de fleurs qui termine la tige, de nombreuses grappes latérales.
Le Genêt de l'Atlas [Genisla atlanlica Spach) (Fig. 267) et le Genêt a rameaux laineux (Genista erioclada Spach) (Fig. 268) ont, comme le précédent, des épines fortes et longues, simples ou à trois branches. On les rencontre principalement dans la région deTlemcen et sur les Hauts Plateaux oranais. Le Genêt a Feuilles d'Ajonc (Genisla nlicina Spach.) (Fig 269] possède des épines grêles et très rameuses; il est commun dans l'Est de l'Algérie, à partir de Bougie. Le Genêt aspalathoide
PAPILIONACEES
Genista atlantica.
Fig. 2G7.
Genista erioclada.
Fig. 268.
(GenislaaspalalhoîdesPoirei), beaucoup plus rare, a été signalé dans la région de la Galle et à Saïda.
Le Genêt a capitules (Genista cephalanla Spach) (Fig. 270)
Genista ulicina.
Fig. 269.
Genista cephalanta.
Fig. 270.
(Oran, Arzew) et le Genêt a petits capitules (Genisla niicrocephala Goss.) (Sud du département de Gonstantine, El Kantara, etc.) (Fig. 271) sont aussi des Genêts épineux ; ils se distinguent des précédents par le mode de groupement de leurs fleurs.
Nous retrouvons les mêmes dispositions florales dans le groupe des Genêts inermes (sans épines) chez le Genêt a quatre FLEURS {Genista quadriflova Munby; (Fig. 272) des Hauts Pla-
PAPILIONACÉES
Genista microcephala.
Fig. 271.
Genista quadriflora.
Fig. 272.
teaux de l'Oranie et le Genêt en ombelle (Genisla umhellata Desf. ), que l'on rencontre dOran à Mostaganem.
Les autres Genêts non épineux ont leurs fleurs en grappes :
Genista linifolia.
Fig. 273.
Genista candicans.
Fig. 274.
le GENÊT A FEUILLES DE LIN {Genista linifolia L.) (Fig. 273) et le GENÊT BLA.NCHATRE (Genisla candicans L.) (Fig. 274) se rapprochent beaucoup du genre Cytisus dans lequel les rangent certains auteurs; ce sont des espèces assez communes en Algérie, surtout la première qui reste toutefois cantonnée à peu de distance du bord de la mer.
PAPILIONACÉES
Le Genêt Faux-Retam (Genîsta retamoides ^ Spach), de la région de Tlemcen, Bibans,Maillot, etleGEXÈT Faux Spartier (Genista spaiiioides Spach) (Fig. 275) du Dahra et de la région
Genista spartioides.
Fig. 275.
Genista numidica.
Fig. 276.
d'Oran, sont des espèces à feuilles linéaires rapidement caduques.
Le GENÊT DE NUMIDIE (Genisla numidica Spach) (Fig. 276), que l'on rencontre sur le littoral constantinois où il atteint d'assez grandes dimensions, a également les feuilles caduques. Une variété (Var. saroles) de ce Genêt existe dans
Genista cinerea.
Fig. 277.
Genista pseudopilosa.
Fig. 278.
1. On distingue quelquefois sous le nom de Genêt de Cosson (G. Cossoniana Batt.) un Genêt de très grande taille, voisin du G. retamoides.
PAPILIONACEES
la région de l'Oued Djer (à l'ouest d'Alger). Mentionnons enfin le Genêt cendré (Genista cinereaD. G.) (Fig. 277) des Plateaux constantinois , le Genêt rameux (Genista ramosissima Desf. ) des Hauts Plateaux oranais (Tlemcen, Saïda), et enfin le Genista pseiidopilosa Goss. (Fig. 278), petit arbrisseau décombant de l'Aurès et autres montagnes du Sud.
Les Retams sont des arbrisseaux inermes à longs rameaux verts soyeux, presque nus par suite de la chute précoce des feuilles ; les fleurs sont en grappes le long des rameaux.
L'Algérie possède 3 espèces de ce genre sans grande importance forestière, le Rétama sphœrocarpa Boissier (Fig. 279),
Rétama sphaerocarpa.
Fiff. 279.
Calycototne spinosa.
Fig. 280,
espèce des Hauts Plateaux, est assez commun en forêt dans la région de Bouïra-Aumale ; le Rétama Retam Webb est une espèce saharienne ; le Rétama Bovei Spach se rencontre dans les sables du littoral où il concourt à la fixation des dunes ; d'après M. Mathey, cette espèce précède et prépare la forêt de Genévriers.
Le genre Calycotome renferme des arbrisseaux à rameaux fermes épineux, à fleurs jaunes, très répandus dans les broussailles du Tell.
Le GALYCOTOME ÉPINEUX (Calycotome spinosa Lara.) (Fig. 280) se trouve dans tout le Tell algérien. Le Galycotome VELU (Calycotome villosa L.) se rencontre dans le Tell constantinois et le Galycotome intermédiaire [Calycotome inlermedia Lam.) est assez commun en Oranie.
PAPILIONACÉES
Genre Cytise (Cgtisus). — Six espèces représentent en Algérie le genre Cytise, si, comme nous l'avons fait, on range dans le genre Genista les types placés à la limite des deux genres : le Cylisiis Unifolias La m. et le Cijlisns candicans D. C.
L'espèce la plus répandue en Algérie est le CYTISE ATROIS FLEURS (Cylisiis trifloras L'hér.) (Fig. 281) commun dans
les broussailles et dans les sousbois des forêts du Tell , surtout dans les massifs de Chêne zéen et de Chêne-liège. C'est un petit arbuste à fleurs jaune pâle dont l'étendard est taché de brun ; les feuilles, composées de trois grandes folioles elliptiques , soyeuses , noircissent par la dessiccation.
Le Cytise en arbhe (Cylisiis arbo-
reiis Desf.), répandu dans les trois
provinces, est surtout commun aux
environs d'Alger; les autres espèces
sont plus rares : Cytisiis Balcmsre
Boiss et Reut. (Aurès, Mahdids,
Lella Khadidja), Cgtisus Fonlanesi Spach (de l'Ouarsenis aux
Bibans, etc.), Cytisus sessilifolius L. (Babor), Cytisiis bœticus
Webb (d'Oran au Dahra).
Les Argyrolobes (Argyrolobiiim Linnœanum Walp. et Argyrolobiiim unifloram Jaubert et Spach) sont de très petits arbrisseaux à feuilles trifoliolées et d'aspect général blanc argenté.
Le premier se rencontre çà et là sur les montagnes du Tell, surtout dans l'ouest ; le second est une espèce saharienne que l'on trouve quelquefois sur les Hauts Plateaux.
Le genre Adenocarpus, très voisin du précédent, comprend en Algérie 3 espèces :
U Adenocarpus decorlicans Boiss. (de Tlemcen au Garrouban) est un arbrisseaubuissonnant rappelant l'Ajonc d Europe mais sans épines ; ses inflorescences en grappes compactes d'un beau jaune dor en font une plante très ornementale, h' Adenocarpus commutatus Guss. n'est connu en Algérie que sur l'Akfadou en Kabylie. h' Adenocarpus umbellalns Coss. et Dur, est également
Cytisus triflorus.
Fig. 281.
PAPILIONACÉES
très localisé, on ne l'a rencontré jusqu'ici qu'aux Andalous près d'Oran.
Tribu des Vulnérariées. — Le genre Anthyllis est représenté en Algérie par 4 espèces ligneuses dont aucune n'a d'importance au point de vue forestier.
L'Anïhyllis Faux Cytise {Anthyllis cylisoides L.) (Fig. 282), arbrisseau de 30 à 80 centimètres à rameaux blancs tomenteux, à feuilles généralement composées de 3 folioles dont la terminale est plus grande, à fleurs jaunes disposées en petits fascicules de 2-5, existe à Bougie, àTlemcen, au Garrouban.
Anthyllis cytisoides.
Fig. 282.
Ononis bispida.
Fig. 283.
L' Anthyllis barbe de Jupiter (Anthyllis Bavha-Jovis L.) et I'Anthyllis a nombreux capitules (A. polycephala Desf.) sont des plantes à tiges dressées ligneuses à la base, portant des folioles toutes égales ; la première a été signalée au cap de Garde, près de Bône, et à la Galle ; la seconde sur les rochers calcaires de la région de Tleracen, en particulier au Garrouban.
L' Anthyllis de montagne (A. montana h.) est une plante gazonnante, à tiges ligneuses, des sommets du Djurjura et de la crête du Tababor.
Tribu des Trifoliolées. — Les Bugranes ou Ononis, que nous avons à citer, sont des arbrisseaux ou sousarbrisseaux inermes ou épineux à fleurs roses ou jaunes que l'on rencontre généralement en Algérie dans la région montagneuse ; il existe de nombreuses espèces herbacées.
142 PAPILIONACEES
L'OxoNis LIGNEUX (Oiioiiis friilicosa L.) est un sous-arbrisseau de 3 à 10 décimètres à tige dressée très rameuse, à fleurs grandes, purpurines, ornementales, rare à l'état spontané (Boghar). On le cultive parfois dans les jardins.
L'Ononis des Anciens (Ononis antiquorum Coss. ou 0. pungens Pom.) que Ton rencontre à Bel Abbés, Tlemcen, Garrouban, est armé de nombreuses et fortes épines.
L'Ononis hérissé (Ononis hispida Desf.) (Fig. 283) est un arbuste assez élevé à tiges dressées, raides, très hispides, des broussailles de la région montagneuse.
L'Ononis d'Aragon (Ononis aragonensis Asso) est une rareté en Algérie ; il est localisé au sommet de Lella Khadidja (point culminant du Djurjura).
La Luzerne arborescente (Medicago arborea L.) est un élégant arbrisseau atteignant un mètre et même exceptionnellement 4 mètres de haut, à fleurs jaune vif, à feuilles trifoliolées vertes en dessus, blanchâtres en dessous, légèrement dentelées ; c'est une espèce très rare en Algérie (environs de Bône), mais que l'on cultive parfois comme plante d'ornement.
Le Dorycnium sous-frutescent (Dorycnium suffruticosum Villars) est un arbrisseau ligneux très rameux en buisson à folioles petites, velues, linéaires, aiguës au sommet. Les fleurs sont disposées en tête et présentent une corolle blanche avec une carène d'un bleu noirâtre au sommet. On le rencontre çà et là sur les Hauts Plateaux.
La BoNJÉANiE droite {Bonjeania recta Reich.) ou Lotier droit est une plante à tiges dressées ligneuses à la base. Les fleurs, petites, sont disposées en tètes comme dans l'espèce précédente ; c'est une plante commune en Algérie au bord des ruisseaux.
Tribu des Hédysarées. — Le genre Coronille (Coronilla) est représenté par 5 espèces dont les unes : Coronilla valeniina L., Coronilla pentaphylla Desf,, Coronilla glauca L., sont de petits arbrisseaux, et les autres : Coronilla juncea L., Coronilla minima L.. des plantes un peu ligneuses à la base.
La CORONILLE DE VALENCE (Coronilla valentina L.) (Fig. 284) est un arbrisseau de G à 15 décimètres très rameux, à feuilles glauques composées de 3-4 paires de folioles à fleurs
PAPILIONACÉES
jaunes disposées en ombelles de 6-12 fleurs. C'est une espèce assez commune dans le Tell.
La CoRONiLLE A CINQ FOLIOLES (C. peulaphylla Desf. ) et la CoRONiLLE GLAUQUE (C . glauctt L.) sout trés voisines de la précédente. On les rencontre la première dans le Sahel et les montagnes du Telî (la Chiffa, Kabylie), la seconde dans l'ouest, entre Oran et Ténès.
La CoRONiLLE A BRANCHES DE JoNC (CoronUla jiincea L.) (Fig. 285) est encore plus répandue que la précédente ; on la
Coronilla valentina.
Coronilla juncea.
Fig. 285.
reconnaît facilement à ses rameaux simulant le Jonc, très verts, striés, à ses feuilles étroites composées de 1 à 3 paires de folioles, à ses fleurs jaunes groupées par 5-8 en ombelles. La Petite Goronille (C. minima L.) croît sur les Hauts Plateaux, tandis que la précédente est surtout une espèce des broussailles du Tell.
Citons encore V Ebemis pinnata L. . sous-arbrisseau de 3-6 décimètres à tiges raides dressées à 3 4 paires de folioles allongées soyeuses, à fleurs purpurines en grappes serrées, commun dans les broussailles.
Tribu des Astragalées. — UAcanthyllis armala Lam. (que l'on subdivise parfois en A. mimidica et A. tragacanthoides) est un sous-arbrisseau très épineux à folioles linéaires que l'on rencontre surlesHautsPlateauxetles montagnes élevéesdu Tell.
Le genre Asiraqale (Astragalus) comprend deux espèces à tige ligneuse à la base-
PAPILIONACÉES
h'Aslragaliis Gomho Coss., plante veloutée laineuse à grosses liges, haute de 4 à 10 décimètres et à fleurs jaunes, se rencontre sur les Hauts Plateaux et dans tout le Sahara.
L'Astragale de Montpellier (Aslragaliis monspessiilanush.) (Fig. 286), commun dans les broussailles du Tell, diffère du pré-
Astragalus monspessulanus.
Colutea arborescens.
Fig. 287.
cèdent par sa taille plus faible, ses feuilles presque glabres et des fleurs rougeâtres violacées.
Le BAGUENAUDIER [Cohitea arborescens L.) (Fig. 287) est un arbrisseau atteignant 2 mètres, à tige rameuse, à feuilles composées de 7-13 folioles elliptiques, à fleurs jaunes disposées par 2-6 en grappe longuement pédonculée. Le fruit en ballon est très caractéristique.
On le rencontre principalement dans les broussailles sur les calcaires de la région montagneuse.
La Réglisse fétide (Glycyrrlnza fœlida Desf.), plante à tiges robustes de 3 à 6 décimètres, à fleurs jaune pâle, se rencontre assez fréquemment, en particulier dans les champs de la région de Miliana et de Mascara.
Quelques espèces ligneuses de Papilionacées ont été introduites en Algérie. Citons une Astragalée : le Robinier Faux Acacia (Robinia Pseiido- Acacia L.), originaire de T Amérique du Nord, qui a été cultivé dans toute l'Europe et en Algérie, où il est devenu subspontané. C'est un arbre d'une grande longé-
CÉSALPINIÉES
vite qui peut atteindre 20 à 25 mètres de hauteur sur 2 à 3 mètres de circonférence quand il est isolé; les feuilles, composées, comprennent 5-12 paires de folioles et sont accompagnées de stipules transformées en fortes épines. Les fleurs blanches, en grappes pendantes, sont odorantes et comestibles. Cette essence, dont le bois est excellent pour le travail, n'est cultivée en Algérie que pour l'ornement ou quelquefois pour maintenir la terre des talus, mais n'y présente pas d'intérêt forestier.
CÉSALPINIÉES. — Cette famille est représentée par le CAROUBIER (Ceratonia Siliqiia L.) (Fig.288). C'est un arbre dioïque, ou polygame, trapu, qui peut atteindre 8-12 mètres de hauteur, à feuilles composées de 6-10 folioles entières, coriacées luisantes, en dessus, mates en dessous.
Les fleurs, très petites, sont- disposées en grappes dressées comme ^<ïs^>\'«^ des chatons; les sépales, au nombre ^/f/SÀj'^^i de 5, sont caducs; la corolle manque; if^S^^ les étamines, au nombre de 5, sont opposées aux pièces du calice ; l'ovaire donne à maturité une gousse allongée de 10-20 centimètres, pendante, flexueuse, contenant des graines brunes. La floraison a lieu en septembre-octobre.
Le Caroubier est une des espèces les plus caractéristiques de la région méditerranéenne ; en Algérie, il est très commun dans le Tell ; il croît dans tous les terrains, sauf dans les sols très humides, et repousse abondamment de souche. Son bois est dur, et coloré de rouge rosé à Tétat parfait ; on le recherche pour le charronnage, la menuiserie, l'ébénisterie. Il fournit un bon combustible et un charbon estimé. Le fruit, connu sous le nom de caroube, est utilisé pour la nourriture du bétail et quelquefois consommé par les indigènes.
L'Arbre de Judée (Cercis Siliquastnim L.). Originaire de l'Asie occidentale, est assez souvent cultivé comme arbre d'or-