‹ Flore fossile des gîtes de charbon du TonkinChapitre 29 sur 56 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

DESCRIPTION DES ESPÈCES OBSERVÉES

Fougères.

Genre CLADOPHLEBIS BroxGnrarr.

CLADOPHLEBIS (TODEA) ROESSERTI Pres (sp.).

PIXTIV, fipsx, 2.

(Voir supra, page 36.)

M. Leclère a recueilli à Tai-Pin-Tchang de nombreuses empreintes de cette espèce, les unes montrant des portions de rachis primaires encore garnies de pennes latérales incomplètes, et les autres des pennes détachées. Je reproduis sur les figures 1 et 2 de la Planche LIV quelques-unes de ces dernières, à nervation bien nette, et visiblement identiques par tous leurs caractères aux spécimens du Tonkin représentés sur la Planche IT; l'échantillon de la figure 2 porte deux pennes voisines qu'on suit presque jusqu'à leur extrême sommet, eflilé en pointe aiguë,

Je crois qu'il faut rapporter également à cette même espèce des fragments de pennes récoltés par M. Leclère à Kiang-Ti, mais dont la nervation est malheureusement indiscernable, le grain de la roche gréseuse qui porte les empreintes étant extrémement grossier : à peine même soupçonne-L-on la nervure médiane; néanmoins les pinnules offrent bien la forme et les dimensions de celles du Cladophl. Ræsserti, telles qu’elles se présentent notamment sur les figures 3, 4 et 7 de la Planche IT, de sorte que l'attribution, sans être absolu-

ment certaine, est du moins extrêmement probable.

Description

de l'espèce.

Remarques

paléontologiques.

Genre CTENOPTERIS BronGxrarrT.

CTENOPTERIS SARRANI Zeirrer.

PI. LIV, fig. 3, 4.

(Voir supra, page 53.)

Cette espèce s'est montrée à Tai-Pin-Tchang, représentée par un petit nombre d'échantillons, qui ne diffèrent de ceux du Tonkin que par la taille un peu plus grande des pinnules de quelques-uns d’entre eux, tels notamment que ceux des figures 3 et {, PL LIV; lun, fig. 3, est un fragment de penne; l’autre, fig. 4, montre une portion de rachis primaire portant directement . deux pinnules, au-dessus de lune desquelles, du côté gauche, se voit l'inser-

on d’une penne latérale à pinnules imparfaitement conservées.

Genre TÆNIOPTERIS BronGniarr.

TÆNIOPTERIS cf. IMMERSA Naraorsr.

PI. LIV, fig. 5.

1878. Tæniopteris (Danæopsis?) immersa Nathorst, M vid Bjuf, p. 45, 87, pl. 1, fig. 16; pl. XIX, fig. 6.

Fronde probablement simple, à bords parallèles, entiers, rétrécie vers le sommet, terminée par une troncature arrondie, large de 4o à 45 millimètres, longue d'au moins 25 centimètres, à rachis lisse, large d'environ 3 à 4 muilhmètres, plus ou moins creusé en qouttière sur la face supérieure de la fronde.

Nervures elalées-dressces, légèrement flexueuses, faiblement arquées à la base el souvent un peu recourbées vers le haut à leur extrémité, tantôt simples, lantôt divisées dès leur base où un peu au-dessus en deux branches généralement simples, quelquefois bifurquées l'une ou l’autre à leur tour vers le nulieu ou le tiers supérieur de leur parcours, et atteignant le bord du limbe au nombre de 16 à 20 par centimètre.

L'échantillon représenté sur la figure 5 de la Planche LIV est le seul que

j'aie vu de cette espèce : il consiste en un fragment de fronde dont les dimen-

sions et la parfaite symétrie de part el d'autre du rachis médian donnent

l'impression d'une fronde simple plutôt que d'une penne détachée. À 4 ou

CHINE MÉRIDIONALE, — FOUGEÈRES. 293

5 centimètres au-dessous du sommet, le limbe commence à se rétrécir pour se terminer par une troncature arrondie. Les nervures font sur la face supérieure du limbe une saillie assez marquée, et sont séparées les unes des autres par des intervalles déprimés; mais sur les points où la lame charbonneuse qui représente le limbe s'est détachée de la roche, l'empreinte laissée sur celle-ci, et correspondant à la face inférieure de la fronde, apparait presque plane, les nervures demeurant marquées cependant par une légère dépression, ce qui prouve qu'elles étaient également quelque peu en relief sur la face inférieure.

Avec ces caractères, ce fragment de fronde ressemble beaucoup à ceux que M. Nathorst a figurés sous le nom de Tæniopteris ( Danæopsis?) immersa, et surtout à celui de la figure 6, planche XIX, de la Floran vid Bjuf; ce dernier donne notamment, comme celui que je viens de décrire, impression d’une fronde simple, tandis que celui de la figure 16, planche |, du même ouvrage, avec son rétrécissement brusque à la base, fait songer à une penne latérale, ce qui a conduit M. Nathorst à penser qu'il pouvait s'agir là d’une penne de Danæopsis, sans cependant qu'on puisse rien affirmer quant à la division ou à la simplicité de la fronde, des contractions semblables de la base du limbe s'observant chez le Tæniopteris Jourdyt.

Malgré la ressemblance que je signale entre l'espèce chinoise et l'espèce de Bjuf, j'hésite à les identifier positivement lune à l’autre, l'espèce suédoise ayant, dit M. Nathorst, les nervures placées dans des sillons, tandis qu’elles sont en saillie sur l'échantillon de Taï-Pin-Tchang et ne sont marquées par des sillons que sur l'empreinte laissée par la fronde; il semble en outre qu'elles soient un peu moins rapprochées sur le Tæn. immersa, n'étant, d'après les figures, qu'au nombre de 12 à 15 par centimètre, différence peu sensible sans doute, mais qui s'ajoute au caractère fourni par le relief pour me faire hésiter sur l'identification.

Je me borne, dans ces conditions, à les comparer l'une à l’autre, estimant que la récolte de nouveaux échantillons plus complets, de lune comme de l'autre, sera nécessaire pour trancher la question.

L'espèce dont je viens de parler ressemble de plus ou moins près à quelquesunes de celles du Tonkin qui ont été précédemment décrites : comparée au Danæopsis cf. Hughesi, elle a les nervures moins dressées et moins serrées en même temps que plus fortes et plus saillantes; le mode de terminaison du

limbe est en outre plus brusque que chez le Danæopsis Hughesi, dont les

Rapports et différences.

Provenance.

Description de l'espèce.

Remarques

paléontologiques.

pennes s'effilent vers le haut en pointe obtusément aiguë. Comparée au T'æniopteris cf. Mac Clellandi, elle a les nervures plus dressées, beaucoup moins fines et moins serrées; les mêmes caractères, plus fortement accentués encore, la distinguent du Tæn. Jourdyi. Enfin, si on la compare au Tæn. virqulata, auquel elle ressemblerait davantage par ses nervures saïllantes, elle en diffère par ce fait que ses nervures se présentent en relief sur l'une et l'autre face, et non pas sur la face inférieure seulement, et que ce relief, même sur la face où il est le plus prononcé, est beaucoup moins accusé que chez le Tæn. virgulala; un autre caractère distinctif très net est fourni par la direction des nervures, qui sont nettement ascendantes, au lieu d’être étalées normalement au rachis; enfin le rachis lui-même est lisse et dépourvu de plis transversaux. Cet échantillon a été recueilli par M. Leclère à Taiï-Pin-Tchang.

TÆNIOPTERIS LECLEREI n. sp.

PI. LV, fig. Mae

l'rondes simples, à bords parallèles, entiers, peu à peu relrécies vers la base, et également vers le sommet, péliolées, larges de 15 à 4o millimètres, atteignant 35 à 4o centimètres de longueur; à rachis large de 1,5 à 3 millimètres, lisse ou presque lisse, légèrement creusé en gouttière sur sa face supérieure.

Nervures très étalées, parfois très légèrement arquées en avant à leur extrémité, au nombre de 8 à 12 par centimètre à leur origine, divisées, souvent dés leur base, en deux branches tantôt simples, lantôl bifurquées sous un angle extrémement aigu, aboutissant au bord du limbe au nombre de 20 à 25 par centimètre de longueur. Surface du limbe marquée de sillons transversaux séparant les uns des autres les faisceaux issus du rachis, les branches appartenant à un méme faisceau étant elles-mêmes séparées les unes des autres par des silons moins accentués.

M. Leclère a recueilli à Tai-Pin-Tchang plusieurs échantillons de cette espèce, dont les meilleurs sont représentés sur les figures 1 à 4 de la Planche LV; aucun ne montre les frondes dans toute leur étendue, mais lun d’eux, celui de la figure 4, présente une fronde mcomplète, mesurant 30 centimètres de longueur, graduellement rétrécie vers le bas, et s’atténuant en un pétiole long de 3 centimètres {vu en raccourci sur la figure, par suite de son obliquité par rapport au reste de l'empreinte); d’autres fragments, tels que celui de la

figure 3, attestent que la fronde se rétrécissait également vers le haut, mais

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le sommet manque, et il est impossible de dire sil était arrondi ou aigu. Les divers fragments de frondes de la figure 4 montrent suffisamment entre quelles limites la largeur du limbe était susceptible de varier.

Sur les échantillons qui offrent la face supérieure de la fronde, reconnaissable à la dépression en gouttière de la surface du rachis, le limbe se montre marqué d'étroits sillons, très accusés, en nombre égal à celui des faisceaux libéroligneux qui se détachent du rachis, et séparant ces faisceaux les uns des autres, de telle sorte qu’à chacun d'eux correspond, comme chez le Tæn. spalulata, et comme cela parait avoir lieu également chez le Tæn. nilssontoides , une bande transversale de limbe, bombée sur la face supérieure, en creux sur la face inférieure, ainsi que le montrent les figures de la Planche LV, et en particulier les figures grossies 1 a et 3 a. Ces faisceaux se bifurquant, soit dès leur base, soit en un point variable de leur parcours, le limbe se creuse de nouveau, mais moins fortement, entre leurs branches, de sorte que chaque bande du limbe présente, entre les deux sillons qui la limitent sur toute son étendue, des dépressions secondaires moins marquées, allant du bord du limbe jusqu'aux points de bifurcation des nervures. Ces frondes offrent ainsi, à raison surtout de la prédominance des sillons prmeipaux, un aspect particulier, tout à fait caractéristique.

Avec ses nervures sallantes, celte espèce ne peut guère être comparée qu'au T'æn. cf. immersa, au T'œn.virqulata, et'au Tœæn. nilssontoides, ses dimensions ne permettant pas un rapprochement avec le T'æn. spalulata. Fe diffère du T'œn. cf. immersa parce que celui-ci a les nervures bien plus ascendantes, un peu moins serrées, saillantes à la fois sur l'une et l’autre face, bien que moims fortement sur la face inférieure, et que le limbe n'offre pas, entre les faisceaux de nervures, ces sillons étroits qui le divisent ici en bandes si accusées et si nettement délimitées. Le Tæn. virqulata a les nervures moims serrées, saillantes sur la face mférieure, à ce qu'il semble bien, et non sur la face supérieure, et séparées les unes des autres par des sillons tous égaux en importance, de sorte que l'examen de ces sillons ne permet pas de distinguer des le bord du limbe les nervures appartenant à un mème faisceau, comme c'est le cas chez le T'æn. Leclerei, où lon sait du premier coup d'œil que les diverses nervures qui se trouvent comprises entre deux sillons principaux proviennent d’une même origine. Enfin, chez le Tæn. nilssoniordes, outre que le limbe est denté sur ses bords, la nervation est formée, au voisi-

nage de ces bords, de nervules beaucoup plus fines et plus serrées, et les

Rapports

et différences.

Provenance.

sillons séparatifs des faisceaux sont beaucoup moins étroits, délimitant moins nettement les bandes de limbe correspondant à chacun de ces faisceaux.

Celte espèce ne peut en somme être identifiée à aucune espèce déjà décrite, el jai été heureux de la dédier à M. Leclère, Ingénieur en chef au Corps des Mines, à qui lon doit de si utiles données géologiques et paléontologiques syr les provinces méridionales de la Chine.

Cette espèce semble particulièrement abondante à Tai-Pin-Tchang.

TÆNIOPTERIS sp.

Je signale, pour mémoire, quelques lambeaux de frondes de Tæniopteris trouvés à Mi-Leu, susceptibles peut-être d’appartenir au Tæn.Jourdyi, mais trop peu étendus et trop mal conservés pour qu'il soit possible de les détermi-

ner spécifiquement avec quelque cerlitude.

Genre GLOSSOPTERIS Broneniarr.

GLOSSOPTERIS INDICA Scnimrer.

PIRENIER on

(Voir supra, page 84.)

La figure 1 de la Planche LVI reproduit un fragment de fronde de Glossoplerts indica recueilli par M. Leclère à Taï-Pin-Tchang et bien reconnaissable à sa nervation aréolée. Les anastomoses des nervures, bien visibles en divers points de la figure 1 et surtout de la figure grossie 1 a, ne sont pas aussi fréquentes que sur certains autres fragments de frondes provenant, soit de l'Inde, soit du Tonkin; mais on observe également dans l'Inde des formes à nervation pauciaréolée, et offrant même parfois des anastomoses encore moins nombreuses(), qui se rattachent par une série continue d'intermédiaires à la forme normale.

Cette même espèce s'est trouvée également représentée à Kiang-Ti, par des fragments de fronde à nervation indiscernable au premier coup d'œil, à lexcepton toutefois de la nervure médiane, mais sur lesquels j'ai pu cependant,

en les mouillant fortement avec de la glycérine, parvenir à distinguer suffisam-

0 R. Zeiller, Palæont. indica, New Ser., I, pt. à, p. 12, pl IE, fig. 3; pl. I, fig. 3.

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