PET OR T
1886. Pecopteris (Merianopteris?) tonquinensis Zeiller, Bull. Soc. Géol. Fr., 3° sér., XIV, P- 456, pl. XXIV, fig. 2-4.
Pennes de dernier ordre à bords parallèles, effilées au sommet en pointe
obtuse, larges de 1 0 à 18 millimètres, pouvant atteindre au moins 8 à 10 centi-
© 0. Heer, Flora fossilis Helvctie, p- 70, pl. XXV, fig. 8, 9.
Rapports
et différences,
Provenance.
Description
de l'espèce.
Remarques paléontologiques.
Rapports
mètres de longueur; à rachis marqué de fines stries longitudinales. Pinnules étalées-dressées, contiguës, à bords parallèles, parfois un peu arquées en avant, arrondies au sommet, légèrement rétrécies vers leur base, soudées entre elles jusqu’au quart où à la moitié de leur longueur, larges de 2 à 4 millimètres, longues de > à 10 millimètres.
Nervure médiane nette, décurrente à la base, infléchie en avant vers le sommet ; nervures secondaires obliques, généralement simples, quelques-unes seulement bifurquées, atteignant le bord du limbe sous des angles aigus, comprenant entre elles de fausses nervures plus fines, à raison d'une seule dans chaque intervalle. Vervules les plus basses naissant directement du rachis et presque immédiatement bifurquées.
Il a été recueilli dans la baie de Hongaÿ, à l'ile du Sommet Buisson, d'assez nombreux fragments de pennes, mais toujours détachés des rachis qui les portaient, de sorte qu'on ne peut se rendre compte du degré de division des frondes de cette espèce. Quelques-uns de ces fragments, comme ceux des figures 12 et 13, PI. I, montrent l'extrémité supérieure des pennes, graduellement effilées en pointe obtuse ; mais sur aucun d'eux on ne voit la base d'insertion, sauf peut-être sur celui de la figure 11, où 51 ne serait pas impossible qu'on eùt réellement affaire à l'extrémité inférieure d'une penne, la pinnule la plus basse paraissant un peu plus petite que les suivantes; malheureusement, l'échantillon étant précisément cassé en ce point, on ne peut rien affirmer à cet égard. Tous ces fragments de pennes montrent des pinnules légèrement bombées sur les bords, un peu élargies dans leur moitié supérieure, parcourues par des nervures très nettes, fortement ascendantes, naissant en partie du rachis dans la région inférieure correspondant à la portion mutuellement soudée des pmnules; entre les nervures proprement dites, on distingue de fausses nervures plus fines, semblables à celles de divers Odontopteris houiïllers et aux « nervures récurrentes » des Angiopteris.
Cette espèce ressemble surtout au Pecopteris augusta Heer du Trias supérieur de la Suisse ® et pourrait presque, à première vue, être confondue avec lui ; mais l'examen attentif des figures publiées par Heer, ainsi que de bons échantillons de la Neue Welt, près de Bäle, donnés à l'École supérieure des Mines par M. Greppin, m'a convancu, comme je l'ai déjà dit en 1886, que
Heer, Uri. d. Schweiz, p. 53, pl. IL, fig. 8; FL. foss. Helvetiæ , p. 69. 88; pl. XXIV, fig. 5-12; pl. XXXVII; pl. XXXVIIE, fig. 7, 8.
l'identification n’était pas possible. Le Pec. augusta a, en eflet, des pinnules plus séparées, non élargies dans leur région supérieure, des nervures plus serrées, presque toutes bifurquées, aussi bien vers le haut et vers le milieu du limbe que vers le bas; ces nervures sont généralement flexueuses, et les plus basses d’entre elles, s'incurvant parallèlement au rachis, se ramifient dans la portion du limbe correspondant à la soudure des pinnules, sans qu'on voie presque aucune nervure parür directement du rachis; enfin il ne parait pas y avoir trace de nervures récurrentes entre les nervures proprement dites.
Néanmoins, à défaut d'identité spécifique, il y a évidemment une étroite affinité entre ces deux formes, et il est plus que probable que le Pec. tonquinensis avait, comme le Pec. augusta, de grandes frondes tripmnées, à pinnules presque indépendantes sur les pennes les plus inférieures, de plus en plus soudées au contraire à mesure qu'on approchait des bords de la fronde ; chez l'espèce du Trias de Suisse, on observe même , vers le sommet, des pennes tout à fait simples, à bord seulement incisé par des échancrures plus ou moins profondes.
Outre les échantillons stériles, le Pec. augusta s'est montré représenté par des échantillons fructiñiés, qui offrent des pinnules fertiles plus étroites et plus séparées que les pinnules stériles, à sores arrondis, disposés en deux séries parallèles, une de chaque côté de la nervure médiane, et séparés les uns (les autres dans chaque série par des nervures latérales simples, ou peutètre plutôt par des plis transversaux, puisque, comme on sait, les sores sont généralement fixés sur les nervures elles-mêmes. Heer a créé pour ce type, sous le nom de Werianopteris, un genre nouveau, mais qui demeure imparfaitement défini, la constitution de ces sores restant inconnue; je serais assez porté à penser qu'il s'agit là, non de sores formés de sporanges indépendants, mais de synangium composés de sporanges très étroitement soudés, peut-être plus ou moins analogues à ceux des Ptychocarpus houillers, et par conséquent d'une Marattiacée ; mais les figures publiées ne permettent de faire à cet égard que des conjectures. J'ai cru néanmoins devoir dire quelques mots de ces frucufications, l'afhnité mutuelle du Pec. augusta et du Pec. tonquinensis étant assez étroite pour qu'il y ait lieu de présumer que ce dernier devait appartenir, à ce point de vue, au mème type générique.
Le Pecopteris tonquinensis n'a été jusqu'à présent rencontré qu'en un seul point, à savoir, dans la région de Hongaÿ, à l'ile du Sommet Buisson. galerie Jean. |
FLORE DU TOXRIX. 2
IMPSIKERIE NATIONALE.
Provenance.
Description
de l'espèce.
R ï \emarques
paléontologiques.
Rapports |
et différences.
PECOPTERIS (BERNOULLIA ?) sp.
PI. I, fig. 14 à 16.
Pennes de dernier ordre rubances, à bords parallèles, rectilignes, larges de 9 à 18 millimètres, formées apparemment par la soudure, bords à bords, de pinnules de 2%%,5 à 3 millimètres de largeur sur 4 à 8 millimètres de hauteur, pourvues chacune d'une nervure médiane fortement arquée et décurrente à la base, de laquelle partent sous des angles aigus des nervures secondaires, les unes simples, les autres une ou deux fois bifurquées, mcurvées à leur base, puis parallèles à la nervure médiane, comprenant entre elles de fausses nervures plus fines, à raison d’une seule dans chaque intervalle.
Cette Fougère n'est représentée que par quelques petits fragments tres incomplets, ne montrant ni sommet, n1 base d'insertion. Ils offrent les uns et les autres la mème nervalion, composée de nervures groupées en faisceaux, dont chacun correspond évidemment à une pinnule complètement soudée à ses voisines (voir les figures 14 a et 15 a); 1l semble parfois, comme on peut le remarquer sur la figure 15 a, du côté gauche, que le-bord du limbe soit légèrement festonné, et qu'à un feston, limité par un arc faiblement saillant, corresponde un faisceau de nervures, comme si les pinnules demeuraient encore légèrement distinctes à leur extrémité; mais ce festonnement est trop peu accentué et trop inconstant pour qu'on puisse affirmer qu'il n'est pas purement accidentel : c'est ainsi, notamment, que lon n’en voit aucune trace sur le côté droit de ce même échantillon figure 15. Néanmoins, cette disposion des nervures en faisceaux suffit à attester qu'on a aflaire là, non à une Ténioptéridée, mais à une Pécoptéridée plus ou moins analogue au Pec. unila Brongniart, du terrain houiller, chez lequel, dans les régions supérieures de la fronde, la soudure mutuelle des pinnules donne également lieu à la formaüon de pennes rubanées à bord rectiligne ou à peine festonné, pourvues de nervures fasciculées.
O. Heer a observé, dans le Trias supérieur de la Suisse, une espèce très analogue, qu'il a désignée sous le nom de Bernoullia helvetica®) et dont les fragments de pennes que je viens de décrire me semblent devoir être rapprochés, ainsi que Je lai déjà dit ailleurs®). Le Bernoullia helvetica montre éga-
0 0. Heer, F1 foss. Hebvetiæ, p. 89, pl. XXXVIIT, fig. 1-6.
® R. Zeiller, Bull. Soc. Géol. Fr., 3° sér., XIV, p. 579.
lement des pennes simples, mais à bord parfois nettement festonné, la soudure des pinnules étant un peu moins complète ; la nervation en est formée de faisceaux à axe décurrent, à branches latérales généralement simples ; mais il n'y a pas de fausses nervures comme sur la Fougère du Tonkin. Certains échantillons ont offert des pennes fertiles, à nervation indistincte, chargées, sur les deux tiers ou les trois quarts de leur largeur, de sores, ou peut-être de synangium, plurisériés, très rapprochés, compris entre la nervure médiane et les bords du limbe repliés en dessous.
Tout en rapprochant de ce Bernoullia helvetica les fragments de pennes que Je viens de décrire, je ne puis m'empêcher de me demander s'ils ne représenteraient pas simplement les pennes terminales, à pinnules complètement soudées, du Pecopteris tonquinensis, la présence de fausses nervures entre les nervures vraies constituant un caractère commun de nature à fournir une présompton d'identité. Je ne serais, d'ailleurs, pas surpris que le Bernoullia helvetica, auquel ressemblent ces fragments de pennes, représentät de même la ‘ région terminale du Pecopteris augusla, auquel j'ai comparé le Pec. tonquinensis; 11 semble, en effet, qu'il y ait bien peu de différences entre la Fougère figurée à la planche XXIV, fig. 9, de la Flora fossilis Helvetiæ comme Pec. augusta et l'échantillon de Bernoullia helvetica de la planche XXXVIIF, fig. 5 ; si différentes même que semblent au premier coup d’æil les pennes fertiles des deux espèces, 1l ne serait pas impossible que les différences qu'elles présentent fussent du même ordre que celles que on observe, par exemple, chez le Pec. unila, où les synangium, disposés sur chaque pinnule en deux séries parallèles séparées par la nervure médiane, se trouvent nécessairement plurisériés sur les pennes terminales formées par la soudure des pinnules.
Je me garderais bien de formuler, d'après le simple examen des figures de : Heer, une conclusion posilive sur cette question des rapports mutuels du Pec. augusta et du Bernoullia helvetica, qui ne pourra sans doute être résolue que par la découverte de nouveaux documents ; mais les fragments de pennes dont Jai parlé n'ayant paru devoir être rapprochés du Bernoullia helvetica en mème temps que susceptibles peut-être d’appartenir au Pec. tonquinensis, 11 n'était pas inutile de montrer que ces deux appréciations n'étaient pas Inconciliables. Il ne s’est trouvé, il est vrai, jusqu'à présent, aucun échantillon intermédiaire entre ces pennes rubanées et les pennes à pinnules bien distinctes du Pec. tonquinensis, ce qui semblerait plaider en faveur de leur autonomie ; mais les
échantillons de l’une et de l’autre forme recueillis jusqu'à présent sont trop peu
Se
Provenance,
Description
de l'espèce,
nombreux pour qu'on puisse accorder grande valeur à une indication négative
genre. Dans tous les cas, et.en dehors même de la possibilité d’une
identification ultérieure avec le Pec. tonquinensis, ces fragments de pennes sont
de ce
trop incomplets pour servir de base à la création d’une espèce nouvelle, et il m'a paru préférable de les signaler simplement sans leur donner de nom spécifique, en me bornant à rappeler leur analogie avec les Bernoullia de Heer. Les quelques fragments de pennes qui ont été récoltés de cette espèce proviennent des mines de Hongay, système de Hatou : découvert de Hatou;
et affleurements du chemin des Singes.
Genre CLADOPHLEBIS BRONGNIART.
1819. Ciadophlebis Brongniart, Tubl. d. qenr. d. veg. foss., p. 25.
Frondes généralement bipmnées. Pinnules habituellement assez grandes, plus où moins arquées en faux en avant, à bords parallèles ou légèrement convergents vers le sommet, entiers ou brièvement dentés. Nervure médiane nette, plus ou moins arquée en avant; nervures secondaires généralement
ascendantes, une ou plusieurs fois bifurquées.
CLADOPHLEBIS *cf. LOBIFOLIA Parrzres (sp.).
PI IVe nr
1829. Neuropteris lobifolia Phillips, {llustr. Geol. Yorksh., p. 148, p. 189, pl. VIT, fig. 13; a edit., p. 110: pl Xe fps 19:
1836. Pecopteris lobifolia Lindley et Hutton, loss. FL Gr. Brit., If, pl. 179, p. 79.
1819. Cladophlebis lobifolia Brongniart, Tabl. d. genr. d. véq. foss., p. 105. Seward, Jurass. Flora, pt. 1, p. 145; p. 147-149, fig. 20-23; pl. XV, fig. 6.
1869. Alethopteris lobifolia Schimper, Trait. de pal. veéq., 1, p. 567. Feistmantel, Foss. F1. Gondwana Syst., W, pt. 2, p. 86, pl. HT, fig. 1.
1892. Asplenium lobitolium Bartholin, Bot. Tidsskr., XVII, p. 19, pl. VIIT, fig. 1, 2.
1891. Dicksonia lobifolia Raciborski, Flora kopalna, p. 35, pl. XE, fig. 1-7; pl. XI, fig. 1-3, 5,6. Müller, Bidr. till. Bornholms foss. flora, Pterid., p. 19, pl. F, fig. 3-9: pl. I, fig. 1.
Fronde probablement bipinnée, eflilée en pointe vers le sommet. Pennes primaires élalées-dressées, à bords parallèles, rétrécies en pointe au sommet. Pinnules étalées-dressées, contiguës, légèrement arquées en avant, à bords plus où moins rapidement convergents vers le sommet, ferminées en pointe ogivale
plus ou moins obiuse, souvent contractées à leur base du côté antérieur, un peu
décurrentes vers le bas du côté postérieur, plus ou moins soudées entre elles à leur base, larges de 1,5 à 2 millimètres, longues de 4 à 7 millimètres. Pinnule basilaire de chaque penne, du côté inférieur (catadrome), plus courte que les suivantes, nettement bilobée; pinnule basilaire du côté supérieur (anadrome) un peu plus longue que les suivantes, souvent munie sur son bord postérieur d'un lobe arrondi faiblement saillant. Pinnules des pennes primaires supérieures de plus en plus soudées, formant par leur réunion des pennes simples, à bords lobés ou simplement ondulés.
Nervure médiane nette, arquée et décurrente à sa base; nervures secondaires naissant et se divisant sous des angles aigus, une ou deux fois bifurquées.
La Fougère que je viens de décrire ne s'est trouvée représentée que par quelques rares fragments de frondes, dont le plus complet et le mieux conservé est figuré sur la Planche IV, fig. 1; on a affaire à, à ce qu'il semble, étant donné l’égale inclinaison des pennes de part et d'autre du rachis, à la portion terminale d’une fronde plutôt que d’une penne primaire , et l’on voit les pmnules, à peu près indépendantes sur les pennes les plus inférieures, se souder de plus en plus à mesure qu'on approche du sommet, les pennes latérales les plus élevées étant remplacées par de grandes pinnules simples à bord plus ou moins lobé ou ondulé. Sur toutes les pennes, à la seule exception de ces dernières, la pinnule basilaire du côté inférieur affecte une forme nettement différente des autres, divisée en deux lobes bien distincts, et plus courte que celles qui la suivent,
Ce dernier caractère me porte à croire qu'il s’agit là du Cladophlebis lobi- Jolia, dont les échantillons recueillis ne diffèrent guère que par leurs pinnules un peu moins grandes, moins indépendantes et moins ondulées, différences qui peuvent fort bien dépendre uniquement de la place que les pennes occupent sur la fronde; 11 y a même, sous ce rapport, concordance à peu près complète entre l'échantillon que je figure et celui des couches jurassiques de Jabalpur qu'a figuré Feistmantel, ainsi qu'avec certains échantillons du Lias de Cracovie ou de Bornholm figurés par M. Raciborski (pl. XE, fig. 7) et par M. Môller (pl. F, fig. 4, 5). Comme, d’autre part, la nervation est bien telle que la représente M. Seward, 1l me parait infiniment probable que si lon avait entre les mains des échantillons plus complets de la Fougère en question, on y verrait, un peu plus bas, les pinnules se séparer plus complètement, se contracter à la base et prendre, en augmentant peu à peu de taille un contour ondulé ou lobé conforme à celui qui caractérise le" Cladopht. lobifolia ,
Remarques
paléontologiques.
Rapports
et différences.
Provenance.
de l'espèce.
et que l'on retrouve d’ailleurs au sommet de la figure 1, PI. IV, sur les pinnules terminales de la fronde.
Néanmoins, 1l me parait plus prudent, jusqu'à ce que l'on ait pu recueillir des documents plus complets, de demeurer sur la réserve en ce qui regarde l'identification spécifique.
Cette espèce se distingue, en tout cas, des suivantes par la forme particuhère de la pinnule basilaire inférieure de chaque penne, la division en deux lobes qu’elle présente ne se retrouvant mi chez le Cladophl. Ræsserti, mi chez les Cladophl. nebbensis et Cladophl. Raciborskü, qui ont en outre, les uns et les autres, des pinnules sensiblement plus grandes.
Je n'ai jusqu'ici constaté la présence de cette espèce qu'aux mines de Kébao : système inférieur, à 20 mètres au toit de la couche principale de la galerie G (couche G); et puits Lanessan, travers-bancs Nord.
CLADOPHLEBIS (TODEA) ROESSERTI Presr (sp).
PI. Il, fig. 1 à 73 PL III, fig. à à 3.
1838. Alethopteris Rœsserti Presl, in Sternberg, Ess. F1. monde prim., 11, fase. 7-8, p. 145, pl. XXXIIT, fig. 14 a, 14 b.
1819. Desmophlebis Ræsserti Brongniart, Tabl. d. qenr. de veq. foss., p. 103.
1866. Asplenites Rôsserti Schenk, Foss. FL d. Grenzsch., p. 49, pl. VIE, fig. 7 (an fig. 62); pl. X, fig. 1-4. Zeïller, Ann. des Mines, 1882, Il, p. 302, pl. X, fig. 3.
1869. Pecopteris (Asplenides) Ræœsserti Schimper, Trait. de pal. veq., X, p. 527.
1872. Cladophlebis Rœsserti Saporta, Plantes jurass., 1, p. 3o1, pl. XXXT, fig. 4. Raciborski, ET retycka w Tatrach, p. 12, pl. I, fig. 26-29; p. 12, pl. HE, fig. 24, 25 (forma parvifolia). Hjorth, Danm. geol. Undersog., HR, P- 68, pl. IT, fig. 4. (An Müller, Bidr. till. Bornholms foss. flora, Pterid., p. 27, pl. I, fig. 1?)
1878. Cladophlebis {nebbensis var.) Rôsserti Nathorst, ll. Héganäs och Helsingborg, p. 42; Helsingb., pl. 11, fig. 1-3.
1816. Neuropteris Goeppertiana Münster, in Gœppert, Genr. d. pl. foss., liv. 5-6, p. 104, pl. VHI-IX, fig. TO TU
1865. Acrostichites Goeppertianus Schenk, Foss. FI. d. Grenzsch., pl. V, fig. 5; p. 44; pl. VII, fig. 2. (An Nathorst, F1. Hôganäs och Helsingborg, p. 43, Hôg. yngre, pl. I, fig. 7, 8?)
1869. Pecopteris (Acrostichides) Gæppertiana Schimper, Trait. d. pal. veg., \, p. 528.
1866. An Pecopteris Whitbiensis? Newberry (non Brongniart), Smuüths. Contrib., XV, art. 1v, p- 122, pl. IX, fig. 6?
Frondes de grande taille, bipinnées; à rachis primaire lisse, atteignant 15 à 20 millimètres de largeur dans la région inférieure de la fronde. Pennes primaires élalées-dressées, espacées d’un même côté de 15 à 30 millimètres,
se touchant par leurs bords, empiétant même habituellement les unes sur les autres, à bords parallèles, effilées en pointe au sommet, larges de 15 à 30 millimètres, atteignant au moins 20 centimètres de longueur.
Pinnules étalées-dressées, contiguës, arquées en avant, à bords plus ou moins rapidement convergents vers le haut, oblusément aiguës au sommet, généralement un peu contractées à leur base, empiétant légèrement les unes sur les autres vers leur milieu, parfois faiblement soudées entre elles, larges de 3 à 6 millimètres sur 7 à 15 millimètres de longueur.
Nervure médiane nette, légèrement arquée et décurrente à la base; nervures secondaires nombreuses, ascendantes, plusieurs fois dichotomes.
Pinnules fertiles semblables aux pinnules stériles, mais d'ordinaire un peu plus larges par rapport à leur longueur. Sporanges très nombreux, disposés le long des nervures, couvrant toute la face inférieure du limbe, affectant une forme ovoïde ou globuleuse de 0"",50 à o"",70 de diamètre, munis d’une calotte de cellules nettement différenciées, s'ouvrant par une fente longitudinale.
Cette espèce est une de celles que lon rencontre le plus fréquemment dans les couches charbonneuses du Bas-Tonkin, et les figures 1 à 7 de la Planche IT reproduisent les différents aspects sous lesquels elle se présente. I n'en a été recueilli que des fragments assez incomplets, suffisants cependant pour qu'on puisse aflirmer qu'elle possédait de grandes frondes bipmnées, rappelant vraisemblablement par leur port celles du Todea barbara Moore de la flore actuelle : les pennes de dernier ordre simplement pinnées se montrent, en effet, toujours également inclinées d’un côté à autre des rachis dont elles dépendent, quelles que soient les dimensions de ceux-ci, ce qui exclut l'idée de frondes tripmnées, les pennes primaires de ces dernières offrant toujours sur leur bord supérieur des pennes secondaires plus obliques que celles du bord inférieur. La figure 7 montre l'un des plus gros rachis qui ait été trouvé avec des pennes encore attachées, mais je ne doute pas qu'il faille rapporter également à cette F ougère d'autres fragments de rachis nus, mesurant jusqu'à 2°%,5 de largeur sur une quinzaine de centimètres de longueur, trouvés à la mine de Carrère associés à des fragments de frondes de cette même espèce, et qui doivent représenter des porlions inférieures de rachis primaires, comprises entre leur base d'insertion sur la üge qui les portait et les pennes les plus basses de la fronde; il est à présumer, d’après cela, que ces
frondes devaient atteindre une longueur de près de 2 mètres, sinon davaniage.
Remarques
paléontologiques.
Aucun des échantillons du Tonkin n’a montré de sommet de fronde: mais On sait, par les figures qu'a publiées Schenk (pl. X, fig. 1 et 2), que, vers l'extrémité supérieure, les pinnules se soudaient les unes aux autres et qu'aux pennes latérales simplement pinnées, devenues d'abord pinnatifides, succédaient de grandes pinnules tout à fait simples, comme sur l'échantillon de Cladophl. cf. lobifolia, de la Planche IV, fig. 1. Quant aux pennes primaires normales, elles se terminaient en pointe aiguë , ainsi qu'on le constate sur l'un des échantillons recueillis par M. Leclère à Taï-Pin-Tchang (voir PI. LIV, fig. 2).
La forme des pinnules est quelque peu variable d’un échantillon à l'autre : tantôt faiblement arquées, à bords presque droits sur les deux tiers ou les trois quarts de leur hauteur, comme sur la figure 7, PL IF, tantôt assez fortement courbées en faux, à bords curvilignes rapidement convergents vers le sommet, et quelque peu dyssymétriques, la portion du limbe comprise entre la nervure médiane et le contour extérieur étant plus large du côté postérieur que du côté antérieur, ainsi qu'on le voit sur les figures 5 et 6; mais il suffit d’avoir sous les yeux un certam nombre d'échantillons différents pour observer parmi eux tous les passages de lune à l'autre de ces formes : c'est ainsi, par exemple, que les figures 1, 2, 3 et 4 de la Planche II relient à ce point de vue les échantillons de la figure 7, d'une part, aux échantillons des figures 5 et 6, d'autre part. Les figures grossies correspondantes montrent d'ailleurs la constance de la nervation, formée de nervures secondaires dressées, plus ou moins arquées, deux et trois fois bifurquées, affectant ainsi le type névropléroïde, que Brongniart indiquait comme lune des caractéristiques principales de son genre Cladophlebis.
Un assez grand nombre d'échantillons ont été trouvés fructifiés, et les figures 1 à 3 de la Planche IT reproduisent les mieux conservés d’entre eux : les pennes se montrent fertiles sur toute leur étendue, et les pinnules dont elles sont garnies sont elles-mêmes chargées de sporanges sur toute la surface de leur limbe, ce qui a fait classer ce type de frucüfication sous le nom générique d’Acrostichiles, par analogie avec les Acrostichum vivants, chez lesquels toute la face inférieure du limbe est entièrement couverte de sporanges ; mais, sur quelques échantillons, où les sporanges ne sont pas encore ouverts el n'ont peul-ètre pas pris encore tout leur développement, on voit qu'ils sont alignés le long des nervures, ainsi que le montrent la figure 2 et surtout
les figures 3, 3 a de la Planche IF, conformément à ce qui s'observe, parmi
les Fougères vivantes, chez les Todea et chez les Asplenium ; il me paraît plus que probable que l'échantillon fertile figuré par Schenk (pl. VIT, fig. 7) et d'après lequel il a classé cette espèce comme Aspleniles, représente simplement une penne à pinnules partiellement stériles, sur lesquelles les sporanges, moins nombreux, forment, à raison de leur développement imparfait, des groupes mieux délimités, plus nettement alignés le long des nervures. Au surplus, la limitation plus ou moins nette des sores ne constitue pas un caractère, et l’on voit souvent, chez les Asplenium comme chez les T'esea, les organes fructuificateurs arrivés à maturité couvrir toute la surface du limbe sans qu'il reste entre les sores d’intervalles discernables. La distinction générique repose sur le mode de constitution des sporanges, et quelques échantillons se sont fort heureusement trouvés assez bien conservés pour me permettre d’observer cette constitution : les uns, comme celui de la figure 3, PL IT, montrent la face inférieure des pimnules, avec les sporanges en relief, conservés sous la forme de petits grains charbonneux; la structure de ceux-ci n’est, le plus souvent, dans ce cas, qu'imparfaitement visible, et si lon peut au microscope discerner le réseau cellulaire, 11 n'apparait pas toujours bien nettement différencié et offre l'aspect un peu confus que reproduit la figure 3 D; on peut cependant, sur celte même figure, constater que le sporange placé à 2 centimètres du bord gauche et à 2 centimètres au-dessous du bord supérieur de la figure présente dans sa région droite des cellules notablement plus grandes et surtout plus larges que celles de sa région gauche, qui sont, comme celles qu'on voit sur les sporanges voisins, assez étroites par rapport à leur longueur; la différenciation, néanmoins, n'est pas assez nette pour qu'on puisse, sur ce seul échantillon, affirmer l'existence d’une calotte ou d’une plaque élastique.
Mais d’autres échantillons montrent l'empreinte laissée sur la roche par la face inférieure des pinnules fertiles, et le moulage en creux de la région apicale des sporanges, souvent conservé avec une finesse remarquable. C’est le cas du grand fragment de penne représenté sur la figure 1 de la Planche Hi : les sporanges , arrivés à complète maturité, couvrent toute la surface du limbe, sur laquelle ils semblent disséminés sans ordre, ainsi qu'on peut le voir sur les figures grossies 1 à et 1 b; l'examen microscopique de léchanülon montre que ces sporanges étaient ouverts, et sur un grand nombre d'entre eux on distingue nettement l'existence d’une calotte de cellules différenciées à deux ou trois étages, occupant un espace à peu près semi-circulaire ,
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dont le centre est marqué par l'origine de la ligne de déhiscence, tandis que pour d’autres on voit les cellules étroites, allongées, des parois latérales ou du bord même de la ligne de déhiscence.
Les figures 1 c à 1 f, obtenues au moyen de clichés photographiques non retouchés, reproduisent quelques-unes de ces empreintes de sporanges les mieux conservées : la figure 1 c montre ainsi le moule en creux laissé sur la roche par un sporange largement ouvert, tournant vers le haut sa fente en forme de V très surbaissé ; à l'opposé de cette fente sont disposées, comme en éventail, de grandes cellules assez larges par rapport à leur longueur, tandis que sur les bords de la fente, surtout du côté gauche, on distingue, au moins à la loupe, deux ou trois files, partant également du sommet de la fente, de cellules beaucoup plus étroites; l'empreinte est, en somme, exactement celle qu'on obüendrait en prenant le moulage de la même région d’un sporange d'Osmunda regalis, étant entendu que ces sporanges, de forme globuleuse, étroitement pressés les uns contre les autres, n'ont pu laisser l'empreinte que d'une portion limitée de leur surface. La figure r d reproduit l'empreinte de deux sporanges contigus, dont lun, placé vers le haut, à peu près au milieu de la figure, et s’étalant de là vers la gauche, montre de la façon la plus nette les grandes cellules, à relief très accusé, de sa plaque élastique, tandis que son voisin, placé vers la droite et un peu plus bas, n’a moulé sur la roche que le bord inférieur de sa plaque élastique, à laquelle succèdent, immédiatement au-dessous, les cellules étroites, allongées, du reste de la surface, formant un réseau à mailles beaucoup moins accentuées. Il en est de même sur la figure 1e, où l'empreinte médiane montre de fines cellules allongées, accompagnées à gauche par quelques cellules plus grandes appartenant à la plaque élastique. Enfin la figure 1 f reproduit les empreintes, réduites à peu près à la plaque élastique de chacun d'eux, de deux sporanges tournant leur ouverture vers la gauche ; sur le plus élevé d’entre eux, la plaque élastique se montre tout entière, nettement limitée vers la droite par un are semi-circulaire.
On a donc affaire là, sans doute possible, à des sporanges à paroi formée de cellules allongées, très étroites, mais munis, au voisinage de leur sommet, d'une plaque de cellules différenciées plus grandes, plus larges surtout, et plus épaisses, présentant un relief plus saillant, offrant, en un mot, la consti- Lution caractéristique des sporanges d'Osmondées.
Le Cladophlebis Ræsserti me semble, dans ces conditions, pouvoir être
franchement rapporté au genre Todea, avec certames espèces duquel il parail avoir, à n'envisager même que les frondes stériles, une analogie marquée. M. Seward a proposé, ilest vrai, dans un cas semblable), de s’en tenir au nom générique de Todites, qui indique l'aflinité avec le genre vivant sans préjuger l'identité. Je crois cependant que lorsque tout concorde aussi complètement, lorsqu'on peut observer ainsi sur une plante fossile, à la seule exception, il est vrai, de la structure anatomique, tous les caractères qu'on exigerait d'un échantillon vivant pour le classer dans un genre donné, l’emploi du nom même du genre actuel peut être tenu pour légitime et parfaitement conforme aux principes de la nomenclature.
Le Cladophl. Ræsserti peut être rapproché, d’une part, des Cladophl. remota Presl (sp.) et Cladophl. densifolia Fontaine (sp.), du Trias supérieur, d'autre part, du Cladophl. Williamsonis Brongniart, du Lias et de l'Oolithe inférieure, avec lesquels il a d’étroites aflinités, si bien même que l'on pourrait être tenté de voir dans ces diverses formes les étapes successives d’un type spécifique unique; je crois cependant qu'il convient, jusqu'à preuve formelle du contraire, de continuer à les regarder comme distinctes spécifiquement, chacune d’elles possédant, malgré ses analogies avec ses voisines, des caractères qui lui semblent propres et permettent de la reconnaitre assez nettement. C'est amsi que le Cladophl. remota®) à des pinnules plus grandes et surtout proportionnellement plus larges que le Cladoph. Ræœsserli, à bords souvent un peu ondulés, à nervures encore plus serrées et plus divisées. Le Cladophl. densifolia®), du Trias supérieur des États-Unis, ressemble davantage au Cladophl. Ræsserti, et peut-être faudrait-1l se demander s'il ne convient pas de le lui identifier; cependant il se distingue par ses pinnules plus fortement contractées à la base du côté inférieur, l'arc qui en forme le contour postérieur partant presque exactement du bas de la nervure médiane; de plus, sur les pennes supérieures, les pmnules se raccourcissent et prennent une forme trapézoïdale, presque carrée, que l'on ne retrouve pas dans les mêmes conditions chez le Cladophl. Ræsserti. Enfin le Cladophl. (Todea) Williamsonis à les
pimnules plus séparées, plus fortement rétrécies à la base, plus arrondies au
® A.-C. Seward, Jurassic Flora , pt. 1, p. 86.
® Neuropteris remota Presl; voir notamment les planches VIII, fig. 2-7, et IX, fig. 1, de Schænlein, Abbildungen von foss. Pflanzen aus dem Keuper Frankens.
® Acrostichides densifolius Fontaine, Older Mesozoic Flora of Virginia, p. 34, pl. X , fig. 1.
® Pecopteris Williamsonis Brongniart, Hist. vegét. foss., 1, p. 324, pl. 110, fig. 1, 2.
Rapports et différences.
Synonymie.
Provenance.
on FLORE FOSSILE DES GÎTES DE CHARBON DU TONKIN.
sommet, avec, à ce qu'il semble, des nervures un peu moins dressées et moins serrées.
Peut-être n'est-l pas inutile d'ajouter que les observations faites sur le Cladophl. Ræsserti donnent à penser qu'une partie au moins des Fougères du Trias des États-Unis classées comme Acrostichides doivent appartenir également au genre Todea.
Comparé aux autres espèces du même genre trouvées avec lui dans les couches à charbon du Tonkin, le Cladophl. Ræsserti se distingue du Cladophl. cf. lobifolia dont J'ai parlé précédemment, parce qu'il ne présente pas, comme ce dernier, de pmnule bilobée à la base de chaque penne et, en outre, par les dimensions notablement plus grandes de ses pinnules.
il me semble différer, d'autre part, du Cladophl. nebbensis, avec lequel il a élé confondu par quelques auteurs, par ses pinnules plus nettement arquées en avant, à bords plus convergents vers le haut, à sommet moins largement arrondi, ainsi que par ses nervures plus ascendantes, plus divisées et plus serrées.
Je ne doute pas qu'il faille réunir au Cladophl. Ræsserti le Nevropteris Gæpperliana Münster, qui ne représente, à mon avis, que la forme de cette espèce à pmnules larges, contractées à la base du côté postérieur, telle que la montrent les fig. 6, PLIE, et fig. 2, PL HIT, forme qui se relie, comme je l'ai dit, par une série continue d'intermédiaires, à la forme à pinnules plus étroites, légérement soudées entre elles à leur base, qui constitue le type même de l'espèce.
Je suis, en outre, porté à croire qu'il faut attribuer au Cladophl. Ræsserti l'échantillon du Nord de la Chine figuré par Newberry sous le nom de Pecopteris whitbyensis; je n'oserais cependant, sur le seul examen de la figure, conclure formellement à l'identification.
Je dois également exprimer un doute en ce qui concerne Fattribution au Cladophl. Ræsserli de léchantillon de Bornholm figuré sous ce nom par M. Müller, les pinnules m'en paraissant bien grandes pour cette espèce; peut-être, il est vrai, s'agit-il là d'un fragment appartenant au sommet de la fronde, où les pennes primaires sont remplacées par des pinnules simples.
orand nombre de
points; 1l a été surtout rencontré avec une très grande fréquence aux mines
Le Cladophl. Ræssertt s'est montré au Tonkin sur un
de Hongay dans la couche Chater.
Mines de Kébao : puits Lanessan, travers-bancs Nord, et mur de la couche Descenderie; système supérieur, couche n° 2, galerie M (couche M).
Mines de Hongay. Système de Hatou : Hatou, mur et toit de la Grande couche, et grand banc de schiste; Gia-Ham.— Système de Nagotna: mine de Carrère, mur et toit de la couche Marmottan, toit de la couche Chater.
Île du Sommet Buisson, galerie Jean.
Mines de Dong-Trieu : concession Schædelin; Lang-Sän (Lam-Xà?); environs de Dong-Trieu.
Mine de Nong-Sôn, près Tourane.
CLADOPHLEBIS NEBBENSIS BroxGxraRT (sp.).
PI, IV, fig. 2 à 4.
1833 ou 1834. Pecopteris nebbensis Brongniart, Hist. véget. foss., 1, p.299, pl. 98, fig. 3. 1836. Alethopteris nebbensis Gœppert, Syst. fil. foss., p. 306.
1876. Cladophlebis nebbensis Nathorst, Bidr. till Sver. foss. fora, p- 16, pl. IF, fig. 1-6; pl. IT, fig. 1-3; Beitr. z. foss. FL. Schw., p. 10. Müller, Bidr. till Bornholms foss. flora, Pterid., p. 29, pl. I, fig. 22; pl. II, fig. 1.
1879. Asplenium (Cladophlebis) nebbense Schimper, Handb. der Paläont., 11, p. 99, fig. 7o (2).
1883. Asplenium nebbense Renault, Cours de bot. foss., II, p. 63, pl. 6, fig. 4. Bartholin, Bot. Tidsskr., XVIII, p.18, pl. VIT, fig. 3-6.
1889. Alethopteris sp. (cf. Asplenium nebbense) Feistmantel, Karoo-Formation , p.68, pl.Il, fig. 12.
1876. Cladophlebis Heeri Nathorst, Bidr. till Sver. foss. flora, p. 20, pl. HI, fig. 4-5; Beitr. z. Joss. FL. Schw., p. 11.
1878. Cladophlebis (nebbensis var.) Heeri Nathorst, F1. Hôganäs och Helsingborg, p. 42, Hôg. yngre, pl. I, fig. 9.
1891. Asplenium RϾsserti Yokoyama (non Presl sp.), Journ. Coll. Sci., IV,p. 241, pl. XXXII,
fig. 1,2,5 (an fig. 3, 4?); pl. XXXIV, fig. 2. Bartholin, Bot. Tidsskr., XVIII, p. 17, pl. VI, fig. 4, 5 (an fig. 6? ; an pl VIT, Gg..1,.20).
1896. Cladophlebis Ræœsserti, groenlandica Hartz, Medd.om Gronland, XIX, p. 228, pl. VII-X; pl. XI, fig. 1.
Frondes d'assez grande taille, bipinnées; à rachis primaire lisse, atteignant près d’un centimètre de largeur dans la région inférieure de la fronde. Pennes primaires étalées-dressées, généralement opposées ou subopposées, espacées d'un même côté de 15 à 4o mullimètres, empiétant d'ordinaire un peu les unes sur les autres, à bords parallèles, effilées en pointe au sommet, larges de 15 à Ao millimètres, atteignant au moins 20 centimètres de longueur.
Description
de l'espèce.
Remarques
paléontologiques.
Pinnules assez étalées, contiguës, droites ou légèrement arquées en avant, à bords parallèles sur le tiers ou la moitié environ de leur longueur, puis rétrécies vers le sommet en pointe arrondie ou obtusément aiguë, à bords souvent denticulés dans leur moitié ou leur tiers supérieur, hbres ou à peme soudées à leur base, larges de 3 à 7 mullimètres sur 6 à 25 millimètres de longueur. Pinnule basilaire de chaque penne du côté inférieur (catadrome) plus courte que les suivantes; pinnule basilaire du côté supérieur un peu plus longue que les suivantes, généralement contractée à la base du côté postérieur et laissant un léger mtervalle libre entre elle et le rachis primaire.
Nervure médiane nette, droite ou faiblement arquée; nervures secondaires élalées-dressées, d'ordinaire une seule fois, plus rarement deux fois bifurquées, assez peu serrces. ï k
Cette espèce parait assez rare au Tonkin, mais elle s'y est montrée représentée par quelques fragments de frondes bien caractérisés, tels que ceux des figures 2 à 4 de la Planche IV. On voit sur ceux-ci, notamment sur les figures 2 et 3, comme sur les figures données par MM. Nathorst et Hartz, la pinnule basilaire de chaque penne, du côté supérieur, naissant à une légère distance du rachis et nettement arrondie à sa base, presque complètement libre par conséquent sur son bord postérieur, tandis que la pinnule basilaire inférieure, attachée par toute sa base, est immédiatement contiguë au rachis primaire, ou mème insérée dans l'angle des deux rachis. On peut suivre sur l'échantillon de la figure 4, appartenant à la région apicale d’une fronde, les modifications graduelles de taille et de forme des pinnules à mesure qu'on se rapproche du sommet : dans les régions inférieure et moyenne de la fronde, les pimnules, beaucoup plus longues que larges, comme on le voit sur les figures 2 et 3, conservent leurs bords parallèles sur près des deux üers de leur longueur et sont tout à fait indépendantes, tandis que, sur les pennes supérieures de la figure À, elles tendent vers la forme triangulaire, devenant
en outre, ainsi que cela a lieu également vers l'extrémité des pennes, plus
nettement arquées en avant, se soudant peu à peu les unes aux autres, et en .
mème temps les dents marginales {voir fig. 4 a, 4 b) dimimuant jusqu'à disparaitre complètement, de sorte que le limbe devient tout à fait entier. L'un des échantillons de Pälsjô figurés par M. Nathorst (pl. IE, fig. 2) montre qu'au sommet même de la fronde, aux pennes primaires pinnées ou pinnatifides succédaient de grandes pinnules simples, d'abord plus ou moins lobées, et finalement entières, conformément à ce qui a lieu chez le Cladophl. Ræssert.
Les figures de la Planche IV, particulièrement les figures grossies 3a et 4a, Ab, Ac, font voir en outre les variations que peut offrir la nervation, les nervures latérales se montrant plus ou moins dressées, quelquefois deux fois divisées, comme sur la figure 4 a, mais toujours moins divisées et moins serrées que chez l'espèce précédente.
Le Cladophl. nebbensis ressemble surtout au Cladophl. denhculata Brongniart (sp.) 0), du Lias et de l'Oolithe, si bien qu'on pourrait se demander, comme pour le Cladophl. Ræsserti et le Cladophl. Williamsonis, qui appartiennent respectivement aux mêmes niveaux géologiques, s'ils ne représentent pas simplement des formes, d’äges un peu différents, d’un seul et même type spécifique. [n'y a pas cependant identité complète, le Cladophl. denticulata se distinguant en général par ses pinnules plus grandes, plus allongées, d'ordinaire plus élargies à la base, à dents plus fortes se montrant sur la portion inférieure du limbe aussi bien que sur les portions moyenne et supérieure, ainsi que par ses nervures secondaires plus étalées, une seule fois bifurquées; enfin, bien que ce ne soit là qu'un caractère de valeur très secondaire, les pennes primaires paraissent alterner régulièrement chez le Cladophl. denticulata, tandis que, chez le Cladophl. nebbensis, elles semblent être toujours opposées ou subopposées. Dans ces conditions, et le Cladophl. denticulata n'apparaissant dans la série géologique qu'après le Cladophl. nebbensis, auquel 11 parait se substituer définitivement dès le milieu de l'époque liasique, le maintien de deux noms spécifiques différents me parait s'imposer.
Le Cladophl. nebbensis se rapproche en outre du Cladophl. Ræsserti, et les deux espèces ont été parfois confondues où même réunies par quelques auteurs; elles me semblent cependant assez nettement distinctes, le Cladophl. nebbensis ayant, en général, des pinnules plus grandes, plus larges, à bords plus parallèles, à sommet plus arrondi, et munies sur leurs bords, tout au moins dans les régions inférieure et moyenne de la fronde, de dentelures qui ne s'observent jamais chez le Cladophl. Ræsserti; en outre, les deux pinnules basilaires de chaque penne, l'une du côté mférieur, l'autre du côté supérieur, présentent par rapport aux suivantes des différences, soit de taille, soit de forme, qu'on ne retrouve pas sur le Cladophl. Ræsserti ; enfin le Cladophl. nebbensis se distingue encore de ce dernier par sa nervalion, ayant les nervures secondaires de ses pinnules plus étalées, plus séparées, et notablement moins
® Pecopteris denticulata , Brongniart, His. vegét. foss., 1, p.301, pl. 98, fig. 1,2. Voir Seward, Jurass. Flora, pt. 1, p. 134, pl. XIV, fig. 1, 3, 4; pl. XV, fig. 4, 5; pl. XX, fig. 3, 4.
Rapports
et différences.
Synonymie.
divisées. Néanmoins les analogies des deux espèces sont assez accentuées pour qu'on soit fondé à penser que le Cladophl. nebbensis devait offrir le même type de frucüfication que le Cladophl. Ræsserti, et appartenir comme lui au genre T'odea; il ressemble d’ailleurs beaucoup, et même plus encore que ce dernier, au T'odea barbara Moore, auquel Brongniart comparait déjà, 1 y a près de soixante-dix ans, le Cladophl. denticulata, qu'il mentionnait avec raison comme ayant avec l'espèce vivante de l'Afrique australe et de l'Australie «les rapports les plus frappants »").
M. Renault a, au surplus, reconnu ®) pour un T'odea le Pecopteris australis Morris, d'Australie, dont M. Seward signale, de son côté), l'extrême ressemblance avec le Cladophl. denticulata. Néanmoins, l'observation directe permettra seule une aflirmation à cet égard, des espèces presque semblables si lon n’envisage que les frondes stériles, appartenant parfois, comme on sait, à des genres très différents par les caractères de leur fructification.
Le Cladophl. nebbensis peut enfin être comparé au Cladophl. Raciborskü, dont il va être parlé; mais, s'il est susceptible d'offrir parfois des pinnules presque aussi grandes, ainsi qu'en témoignent quelques-unes des figures publiées par M. Hartz sous le nom de Cladophl. Rœsserti groenlandica, 11 me paraît s'en distinguer néanmoins par la forme moins eflilée de ses pimnules, qui ne semblent pas avoir jamais le sommet aussi aigu, et surtout par ses nervures plus étalées et moins divisées.
Je n'ai pas à revenir ici sur la question, qu'a discutée M. Nathorst, de lidenuté de l'espèce du Lias mférieur de Bornholm, qui constitue le type de Brononiart, et de lespèce des couches rhétiennes de Pälsjô, à laquelle l'espèce du Tonkin est manifestement identique; mais je crois devoir réunir franchement au Cladophl. nebbensis le Cladophl. Heeri Nathorst, qui me parait n’en différer par aucun caractère essentiel, la présence chez ce dernier d’une aile étroite bordant le rachis primaire n'étant peut-être pas bien démontrée et l'apparence que présente à cet égard, sur une partie seulement de son étendue, la figure 4 de la planche IT de M. Nathorst pouvant fort bien provenir d’une particularité dans le mode de conservation; au surplus, l’auteur lui-même a-t-1l réuni plus tard le Cladophl. Heeri au Cladophl. nebbensis conime simple variété.
® Brongniart, Hist. véget. fosse p+ 302.
? Renault, Cours de bot. foss., I, p. 81, pl. 11, fig. 1-5.
(Q) Seward Jurass. Flora pt. I ). 139 1/0.
Quant aux échantillons figurés comme Cladophl. Ræsserli par M. Yokoyama et M. Hartz, ce que j'ai dit tout à l'heure des caractères distinctifs des deux espèces suffit à motiver la réunion que j'en fais au Cladophl. nebbensis.
Le Cladophl. nebbensis n'a été rencontré jusqu'ici qu'aux mines de Hongaÿ, où il semble fréquent, surtout dans le système de Nagotna.
Mines de Hongaÿ. Système de Hatou : mine Hatou. — Système de: Nagotna : Rivière des Mines, rive droite, première vallée; mine de Carrère, toit de la couche Chater, toit de la couche Bavier.
CLADOPHLEBIS RACIBORSKIT n. sp.
PI. V, fig. 1.
Frondes apparemment bipmnées, atteignant probablement de grandes dimensions, à rachis primaire lisse ou très faiblement strié en long. Pennes primaires assez étalées, opposées ou subopposées, espacées d’un même côté de 25 à 4o millimètres et davantage, empiétant les unes sur les autres, à bords parallèles sur une portion importante de leur longueur, puis effilées en pointe aiguë vers le sommet, larges de 25 à 6o nullimètres, atteignant au moins 20 centimètres de longueur.
Pinnules assez étalées, contiguës, droites ou légèrement arquées en avant, à bords parallèles sur la moitié environ de leur longueur, puis efjilces en pointe aiqué, à bords dentelés dans leur moitié ou leur tiers supérieur, & base légèrement dilatée en avant et contractée en arrière, faiblement soudées entre elles, larges de 5 à 8 millimètres sur 15 à 35 millimètres de longueur. Pinnule basilaire de chaque penne du côté supérieur {anadrome) de longueur à peu près égale aux suivantes, contiguë ou presque contiguë au rachis primaire.
Nervure médiane nette, se suivant jusqu'au sommet des pinnules, légèrement décurrente à la base; nervures secondaires plus ou moins dressées, bifurquées, presque dès leur base, en deux branches bifurquées elles-mémes à peu de distance de leur origine, assez rapprochées les unes des autres.
Des quelques échantillons de cette espèce qui ont été recueillis, la figure 1 de la Planche V reproduit le plus complet et le mieux conservé : on y voit, dans la région médiane et droite, deux fragments de frondes qui passent l'un sur l’autre en se croisant, et à gauche la portion terminale d’une grande penne primaire, Les figures grossies 1 4, 1 b, 1e, montrent, en même temps que la
INPRIMLRIE NATIONALE,
Provenance.
Description
de l'espèce,
Remarques
paléontologiques.
Rapports et différences.
nervation, les dentelures du bord du limbe, bien accusées surtout sur la figure 1 c, et l'élargissement que présente le limbe à sa base du côté antérieur landis qu'il se contracte plus où moins du côté postérieur. Cette contraction, ainsi qu'on peut le remarquer en quelques points de la figure 1, est naturellement plus accusée sur les pinnules basilares de chaque penne, puisque ces pinnules basilaires sont libres à leur base, tandis que les suivantes sont plus ou moins soudées chacune à celle qui la précède; la contraction est cependant moins accentuée que chez l'espèce précédente, et la pinnule basilaire anadrome n'en est pas moins conliguë ou presque contiguë au rachis primaire, sinon dès sa base, au moins par son bord postérieur.
Outre le caractère sur lequel je viens d’insister, cette espèce se distingue du Cladophl. nebbensis par ses pinnules plus longues, à sommet beaucoup plus aigu, à dents plus saillantes, et par ses nervures plus dressées, toujours bifurquées deux fois, et notablement plus serrées. Elle se rapproche davantage, au point de vue de la taille et de la denticulation des pinnules, du Cladophl. denticulata, qui a parfois des pinnules presque aussi longues); mais outre que, chez celui-ci, les pinnules sont généralement moins effilées au sommet, elles ont, en outre, leurs nervures secondaires plus étalées et une seule fois bifurquées, ce qui ne permet pas de les confondre.
On peut également comparer l'espèce dont je parle ici avec le Cladophl. Stewartiana Hartz , des couches rhétiennes du Cap Stewart au Groënland; : mais si la forme générale des pinnules est au premier coup d'œil très analogue .avec le même rétrécissement au sommet en pointe aiguë, 1l semble que, chez l'espèce groënlandaise, les pinnules soient presque symétriques à leur base et n'offrent pas sur leur bord postérieur la contraction dont J'ai parlé; l'auteur les indique de plus comme ayant les bords entiers et non denticulés, de telle sorte que l'identification me parait impossible, la nervation du Cladophl. Stewartiana demeurant d’ailleurs inconnue.
Dans ces conditions, l'espèce que Je viens de décrire me paraissant nouvelle, J'ai été heureux de la dédier à M. Maryan Raciborski, à qui l'on doit de si belles études, riches de tant d'observations nouvelles, sur la flore des argiles liasiques des environs de Cracovie, dans lesquelles il a découvert
notamment plusieurs formes inédites de ce même genre Cladophlebs.
® Voir Seward, Jurass. Flora, pt. 1, pl. XIV, fig. 1. ® Hartz, Meddel. om Gronland, p. 231, pl. XI, fig. 1, 2; pl. XIE, fig. 2, 3.
Cette espèce ne s'est montrée que sur trois points, et toujours en échantillons très peu nombreux.
Mines de Kébao. |
Mines de Hongay, système de Hatou : Hatou, toit de la Grande couche.
Mine de Nong-Sôn, près Tourane.
Odontoptéridées.
Frondes divisées en pennes généralement linéaires, à bords parallèles, composées de pinnules à limbe entier, à bords parallèles, attachées au rachis par toute leur base, à nervure médiane nulle ou peu accusée, toutes les nervures partant directement du rachis parallèlement les unes aux autres et aux bords de chaque pinnule, plus ou moins arquées, d'ordinaire une ou plusieurs fois divisées par dichotomie.
Genre CTENOPTERIS BronGxrarr.
1872. Ctenopteris Brongniart, in Saporta, Plantes jurass., 1, p. 351. 1886. Ctenozamites Nathorst, F1. vid Bjuf, p. 122.
Frondes bipinnées, à pennes décurrentes le long du rachis primaire, celui-ci étant garni lui-même de pinnules qui font suite, vers le bas, à celles des pennes primaires et diminuent légèrement de taille depuis la base de chaque penne jusqu’à la basé de celle située immédiatement au-dessous. Pinnules à bords parallèles, attachées par toute leur base, arrondies au sommet. Nervures naissant du rachis parallèlement au bord de chaque pinnule, simples ou bifurquées, légèrement divergentes.
Ce n’est qu'avec beaucoup de doute que je place ici ce genre parmi les Fougères en le rangeant dans le groupe des Odontoptéridées. Si, en eflet, les espèces déjà connues, telles que Ctenopteris cycadea Brongniart et Cten. Leclenbyi Bean (sp.), présentent un aspect tout aussi filicoïde pour le moins que cycadéen, l'espèce que je vais décrire, avec ses grandes pinnules d'apparence quelque peu coriace, son rachis puissant, fait certainement songer aux Cycadinées plutôt qu'aux Fougères, et déjà pour les espèces précitées quelques
auteurs avaient jugé, à raison de la ressemblance de leurs pennes primaires
Provenance,
avec les frondes de certaines Ptérophyllées, qu'elles devaient être rapportées aux Cycadinées. M. Nathorst, les comparant à son genre Ptilozamites, avait même proposé de substituer le nom de Ctenozamites à celui de Ctenopteris, qui doit cependant, en tout état de cause, être maintenu, comme ayant la priorité, les noms génériques ne constituant, de même que les noms spécifiques, que des désignations et non des définitions, et l'emploi du nom de Ctenopteris ne signifiant nullement que les espèces comprises sous ce nom soient nécessairement des Fougères.
ILest impossible, d'autre part, de méconnaitre les affinités que les Ctenopteris semblent, avoir avec les Clenis, où tout au moins avec certaines espèces de ce genre, à grandes pinnules d'aspect coriace, portées sur un très fort rachis, sur un certain nombre desquelles M. Raciborski® à observé des ponctuations arrondies couvrant toute la largeur du limbe, cantonnées, suivant les espèces, tantôt à la base, tantôt vers le sommet des pinnules, et qui semblent devoir être regardées comme des sores, attestant qu'il s'agirait bien là de Fougères véritables, F'ajoute que le genre Ctenopteris ne laisse pas d'offrir également certaines aflinités avec le genre Dichopteris Zigno, dont l'attribution aux Fougères est généralement acceptée. De plus, on ne connait, parmi les Cycadinées fossiles, abstraction faite du genre Clenopteris lui-même, aucun genre à frondes bipinnées, et s'il existe aujourd’hui une Cycadinée à fronde oRese le Bowenia spectabilis Hooker, il faut reconnaitre de les Clenopteris n'offrent guère de ressemblance avec elle.
Patte appartiendraient-1ls, comme les Odontopteris paléozoïques, au groupe ambigu des Cycadoflicinées, dont les affinités complexes avec les Cycadinées d'une part, avec les Fougères d'autre part, n'ont pas encore permis de fixer définitivement la place dans la classification et qui constituent peutêtre une classe particulière dont on ne pourra déterminer les rapports avec les groupes dont elles semblent se rapprocher que lorsqu'on en aura découvert les appareils fructificateurs. Pour le moment, et conformément à ce que J'ai dit ailleurs des Cycadolilicmées®), je crois préférable de laisser les Ctenopteris parmi les Fougères, mais en faisant toutes réserves sur leur classement définitif.
®) Raciborski, Flora Kopalna ogniotr. glinek Krakowskich , p- 51-62, pl. XVII, fig. 4; pl. XIX, fig. 1.
© Zeiller, Elements de paleobotanique, p. 125-155.
CTENOPTERIS SARRANI n. sp.
PL VENIT nes PT NO HG A6 2
Frondes bipinnées, de grande taille, atteignant au moins 2 ou 3 mètres de longueur sur 1 mètre de largeur, à rachis primaire strié longitudinale ment, large de 15 à 30 millimètres dans la région inférieure de la fronde. Pennes primaires alternes ou subopposées, étalées-dressées, légèrement arquées et décurrentes à la base, espacées d’un même côté de 5 à 13 centimètres, se touchant à peine par leurs bords, à contour longuement linéaire, légèrement rétrécies vers la base, efllées au sommet en pointe obtuse, larges de 4 à 8 centimètres, atteignant au moins 90 centimètres de longueur, à rachis large de 2 à 5 millimètres, strié longitudimalement.
Pinnules étalées-dressées, contiquës à la base, à bords latéraux parallèles ou faiblement convergents, souvent un peu décurrentes vers le bas, arrondies au sommet en arc elliptique, larges de 15 à 30 millimètres sur 2 à 4 centimètres de hauteur.
Nervures toutes égales, partant du rachis parallèlement aux bords des pinnules, souvent un peu arquées en dehors et légèrement divergentes, assez rapprochées, simples ou une seule fois bifarquées, en général assez peu apparentes.
Il a été recueilli à Hatou et surtout à Kébao plusieurs échantillons de cette belle espèce, et notamment une grande plaque de 0",30 de largeur et de 0",45 de longueur dans le sens parallèle au rachis primaire, dont la porüon centrale, la mieux conservée, est représentée sur la Planche VEVIT; sur celle longueur de 0",45, le rachis conserve la même largeur d'un bout à l'autre, ce qui donne à penser que la fronde entière devait avoir au moins 2 où 3 mètres de longueur; du côté droit, celui où l'empreinte est le plus complète, ce rachis porte sept pennes primaires consécutives, espacées en moyenne de 5 centimètres. On voit sur la Planche VI-VIT, comme sur la figure 1 de la Planche VIE, qu'à leur base ces pennes primaires s’incurvaient plus ou moins pour se raccorder au rachis, et que les pinnules de leur bord postérieur se continuaient le long de ce rachis en diminuant légèrement de taille, Aucun échantillon n’a montré les pennes primaires sur toute leur longueur, mais la figure 2 de la Planche VIT fait voir leur extrémité, munie de pinnules très réduites et terminée en pointe obtuse; il ne serait pas impossible
que les trois pennes de cette figure 2 représentassent les extrémités des trois
de l'espèce.
Remarques
paléontologiques.
pennes que l'on voit à droite et au bas de la figure 1, Planche VIVIL, et qui, au point où cette grande plaque est interrompue, manifestent un commencement de convergence; en plaçant les deux échantillons l’un près de l'autre à une distance suffisante pour que les pennes de la figure 2, Planche VIT, fassent suite en direction aux éléments extrêmes de celles de la Planche VI-VIE, on trouve que ces pennes auraient eu une longueur totale, mesurée suivant leur rachis, de 60 à 65 centimètres. Il est probable, d’ailleurs, à en juger par les dimensions plus grandes des pinnules que l’on observe sur les échantillons de la même espèce recueillis par M. Leclère à Taï-Pin-Tchang (PI. LIV, fig. 3 et À), que ces frondes étaient susceptibles d'attendre une taille encore plus considérable.
La nervation est d'ordinaire assez peu nette, les nervures paraissant avoir été noyées dans le. parenchyme et ne se distinguant qu'imparfaitement à la surface des pinnules. La figure 1 a de la Planche VI-VIT les montre cependant assez bien, et l'on peut constater, sur cette figure, qu’elles étaient quelque peu divergentes et que quelques-unes d’entre elles se bifurquaient sous un angle extrémement aigu. Elles sont d’ailleurs plus visibles sur un autre échanüllon, recueilli au mur de la Grande couche de Hatou, qui montre un rachis primaire de 6 millimètres seulement de largeur, correspondant par conséquent à la région terminale de la fronde, et portant des pennes espacées, d’un même côté, de 13 centimètres; les pinnules montrent leur face inférieure, et Îles nervures y sont assez faciles à suivre sur tout leur parcours : les unes, principalement les plus voisines des bords latéraux, sont tout à fait simples; les autres, c'est-à-dire la majeure partie de celles de la région médiane, se bifurquent une seule fois, soit à peu de distance de leur base, soit le plus souvent vers le milieu ou plutôt vers le dernier tiers de leur parcours.
Entre ces nervures on distingue, à la loupe, de petites ponctuations en saillie, très rapprochées, qui semblent ne pouvoir correspondre qu'aux stomates; elles manquent sur la face supérieure, beaucoup plus lisse, à nervation moins visible, amsi qu'on peut le constater sur quelques points où la lame charbonneuse a été enlevée et où la roche montre alors l'empreinte de la face supérieure du limbe. L'aspect de ces ponctuations est tout à fait semblable à celui que présente la face inférieure des folioles de certains Cycas, Cyc. revoluta et Cyc. inermis, chez lesquels chaque stomate est placé au fond d'une crypte de forme globuleuse légèrement aplatie, dont les parois supé-
rieures font à la surface du limbe une saillie en forme de dôme surbaissé,
muni d'un pore à son sommet. Il eût été intéressant de s'assurer si les ponctuations saillantes observées sur les pinnules du Ctenopteris Sarrani correspondent réellement aux mêmes particularités d'organisation; malheureusement, il m'a été impossible d'obtenir de préparation microscopique de la cuticule de ces pinnules, la lame charbonneuse qui les représente se dissolvant intégralement dans l'ammoniaque après traitement par les réactifs oxydants, sans qu'on puisse, à aucun moment, discerner le moindre détail de structure.
On peut se demander néanmoins si cette ressemblance d'aspect avec les deux espèces de Gycas dont je viens de parler ne serait pas de nature à plaider en faveur de l'attribution des Ctenopleris aux Cycadinées; mais füt-1l même établi que ces ponctuations saillantes correspondent bien à des cryptes stomaüfères, la conclusion serait peut-être encore trop hâtive, étant donné, d’une part, que les deux Cycas en question sont, à ma connaissance, les deux seules Cycadinées qui possèdent de telles cryptes stomatifères, et d'autre part, que, si l'on ne connait pas de Fougères vivantes à stomates enfermés dans des
cryptes, on a observé des cryptes, polystomatiques il est vrai, chez une Fouoère Jurassique, le Cycadopteris Brauniana Zigno. J'ajoute que les Cycadinées fossiles donnant en général, dans les mêmes conditions apparentes de conservation de la lame foliaire, de bonnes préparations de la cuticule, Pimpossibilité d'obtenir, avec l'échantillon en question, aucune préparation de ce genre pourrait donner à penser qu'on n’a pas affaire ici à une Cycadinée,
En fin de compte, la question d'attribution demeure indécise, ainsi que je le disais plus haut, et les échantillons dont je viens de parler ne fournissent, pour la résoudre, aucune indication de nature à être sérieusement prise en considération.
Le Cienopteris Sarrani se distingue à première vue des autres espèces connues du même genre par les dimensions notablement plus grandes de ses pennes comme de ses pinnules; mais 11 ressemble beaucoup, si l'on n’envisage que ses pennes primaires, au Ptilozamites Blasu Brauns {sp.), du Rhétien d'Allemagne et de Suède ©), qui est considéré comme ayant une fronde sim-
plement pinnée et appartenant aux Cycadinées. L'échantillon le plus complet
® Zeiller, Ann. sc. nat., 6° sér., Bot. XIIT, p. 226-231, pl. 10, fig. 15-17 ® Nülssonia Blast Brauns, Palæontographica, IX, p. 56, pl. XIV, fig. 1. — Pterophyllum Blasu Schenk, Foss. Flora der Grenzschichten, p. 168, pl. XL, fig. 1. — Ptilozamites Blasi Nathorst,
Floran vid Bjuf, p. 64, 123, pl. XII, fig. 4-7, 19 (an fig. 8, 9).
Rapports
et différences,
Provenance .
5ô FLORE FOSSILE DES GÎTES DE CHARBON DU TONKIN.
qu'on connaisse de cette espèce est celui qui à été figuré par Brauns et reproduit ultérieurement par Schenk, et il semble qu'en eflet ïl faille voir en lui une fronde simplement pinnée, plutôt qu'une penne primaire d'une fronde bipinnée: on peut cependant se demander, en examinant les figures de Brauns et de Schenk, s'il n'y a pas à la base de l'échantillon une certaine dyssymétrie et si les pinnules ne descendaient pas plus bas du côté gauche que du côté droit du rachis : l'interruption de l'empreinte ne permet de faire à cet égard que des conjectures, mais peut-être ne serait-1l pas impossible qu’on eût là sous les yeux une penne dont le côté gauche représenterait le côté postérieur, décurrent vers le bas le long d'un rachis auquel elle aurait été fixée, auquel cas on aurait affaire à un Ctenopteris, très analogue, par la taille comme par la forme de ses pinnules, à celui que je viens de décrire. La question ne pourrait être tranchée que par la découverte d'échantillons plus complets:; mais, à supéoser qu'on vienne à constater que le Ptilozamites Blasü doit être reporté dans le genre Ctenopteris, je crois que l'espèce du Tonkin ne pourrait cependant pas lui être identifiée, malgré la ressemblance que j'ai signalée. Elle s'en distinguerait en effet par ses pennes beaucoup moins rétrécies à leur base, surtout du côté inférieur, où la réduction de taille des pinnules qui passent sur le rachis primaire est parfois à peme sensible et ne se fait sentir qu'au-dessous du point d'insertion de la penne; de plus, elle a des pinnules plus arrondies au sommet du côté antérieur, et moins nettement arquées en avant.
Je n'hésite donc pas à regarder cette espèce comme nouvelle, et je la dédie au regretté M. Sarran, à qui je dois, comme Je l'ai dit, tant d'utiles renseignements et de si riches matériaux.
Elle n'a été rencontrée jusqu'ici au Tonkin que sur deux points seulement, à Kébao et à Hatou.
Mines de Kébao : système imférieur, à 20 mètres au toit de la couche principale de la galerie G (couche G).
Mines de Hongay, système de Hatou : Hatou, toit de la Grande couche,
et découvert Nord au mur de la Grande couche. Ténioptéridées.
Frondes à limbe ou à segments rubanés, beaucoup plus longs que larges, à bords parallèles, à bords entiers ou faiblement crénelés, à nervure médiane
très nette, émettant des nervures secondaires plus ou moins obliques, généralement assez rapprochées, simples, ou ramifiées par dichotomie.
Genre DANÆOPSIS Her.
1865. Danæopsis Heer, Urw. d. Schweiz, p. 54; Schimper, Trait. de pal. véq., V, p. 614.
Frondes simplement pinnées, à pennes étalées-dressées, décurrentes à leur base le long du rachis. Nervures latérales nombreuses, généralement assez obliques sur la nervure médiane, arquées à la base, d'ordinaire divisées presque immédiatement en deux branches habituellement simples.
Pennes fertiles semblables aux pennes stériles, marquées à leur face inférieure de ponctuations alignées entre les nervures, correspondant à lorifice
apical des sporanges.
DANZÆOPSIS cf. HUGHESI Feisruaxtez.
PI. IX, fig. 1.
1880. Danæopsis Hughesi Feistmantel, Rec. Geol. Surv. India, XUT, p. 188; Foss. FL. Gondwana Syst., IV, pt. 1,p. 25, pl. IV-VII; pl. VII, fig. 1-5; pl. IX, fig. 4; pl. X; pl. XVII, fig. 2; pl. XVII, fig, 2; pl. XIX , fig. 1, 2. Krasser, Denkschr. k. Akad. Wiss. Wien, LXX, p-145, pl. Il, fig. 4.
1898. An Neuropteris punctata Shirley, Addit. to the foss. FL. of Queensl., p. 20, pl. XIV, fig. 2 2
Pennes simples, à bords parallèles tout à fait entiers, larges d'environ 25 millimètres, à rachis large de 2 à 3 mullimètres, strié longitadinalement.
Nervures latérales inclinées à environ 45° sur le rachis, légèrement arquées à la base, bifurquées dès leur origine ou presque immédiatement au-dessus en deux branches presque rectiignes et presque toujours simples; nervures assez rapprochées, au nombre de 16 à 20 par centimètre de longueur compté sur le bord du limbe.
Le seul échantillon que j'aie observé de cetie Fougère est représenté sur la figure 1 de la Planche IX; il est impossible, sur un tel fragment, de savoir s'il provient d'une fronde simple ou bien d'un segment de fronde pmnée, bipinnée ou tripinnée; mais il offre avec les pennes latérales du Danæopsis Haghesi, des couches de Parsora, intermédiaires entre les Lower et les Upper Gondwanas, une ressemblance telle, que je suis porté à croire à l'identité : la
IRPRIXNER:E NA
Description
de l'espèce.
Remarques
paléontolo giques.
et
Rapports
différences.
Svnouymie.
Provenance,
largeur du limbe et celle du rachis sont les mèmes de part et d'autre; les rachis offrent la même striation longitudinale, et il y a identité parfaite en ce qui regarde les caractères des nervures latérales tant au point de vue de leur direction que de leur mode de division et de leur rapprochement. Néanmoins il est impossible, sur un échantillon aussi incomplet, de conclure positivement à l'identification : il faudrait être assuré qu'il s’agit bien ici d'une penne primaire, et d’une penne primaire à limbe décurrent le long du rachis principal jusqu'à la base de la penne voisine, comme cela a lieu chez le Danæopsis Hughesi. Peut-être la découverte d’autres échanüllons plus complets permettra-t-elle un jour de résoudre la question. Pour le moment, et quelques présomptions qu'il y ait en faveur de lidentité spécifique, je dois me borner à un rapprochement et m'abstenir de rien affirmer.
L'échantillon que je viens de décrire ne laisse pas de ressembler quelque peu à celui de la figure 2, PL IX, que je décris cependant sous un nom différent : il me semble en effet, malgré lanalogie qu'ils présentent au premier coup d'œil, que la nervation n'en est pas assez semblable pour qu'il soit possible de les identifier. Si l'on compare en eflet les figures 1 aet2a,on voit que, sur cette dernière, les nervures, notablement moins serrées, ne se bifurquent jamais qu'à une certaine distance de leur base; il semble en outre qu’on observe sur quelques branches une seconde bifurcation plus éloignée; enfin l'allure générale n’est pas la même, les nervures se montrant sur l'échantillon de la figure 1 tout à fait droites ou faiblement arquées en dehors, tandis que, sur les figures 2, 2 a, elles sont légèrement arquées en avant, offrant ainsi tous les caractères du Tæniopteris ensis. .
J'ndique, dans la liste synonymique relative au Danæopsis Hughesi, le Neuropteris punctata, des couches rhétiennes ou liasiques du Queensland, comme étant peut-être identique à l'espèce indienne créée par Feistmantel : il me parait, en effet, avoir avec elle une extrême ressemblance, à cela près toutefois, si la figure est exacte, qu’un plus grand nombre de nervures s’y bifurqueraient vers le iers ou le milieu de leur parcours. Il semble évident, dans tous les cas, qu'il s’agit à d’un Danæopsis, à en juger par ce que l'auteur dit luimême des files de ponctuations qu'il a observées entre les nervures sur un certain nombre d'échantillons.
Cette espèce n’a été observée que sur un seul point, à savoir, dans la baie de Hongay, à l'ile du Sommet Buisson, galerie Jean.
Genre TÆNIOPTERIS BRONGNIART.
1828. Tæniopteris Brongniart, Prodr., p. 61; Hist. vegel. foss., 1, p. 262.
Pennes ou frondes simples, rubanées, à bords parallèles, généralement entiers, parfois faiblement crénelés. Nervure médiane ou rachis se suivant presque jusqu'au sommet du limbe; nervures latérales plus où moins nombreuses,
d'ordinaire assez étalées, une ou plusieurs fois divisées par dichotomie.
La division des Tæniopleris, qu'avait proposée Schimper(), en une série de genres tels que Angiopteridium ou Oleandridium, fondés sur d’apparentes analogies avec les genres vivants Angiopteris ou Oleandra, tels encore que Macrotæniopteris fondé sur la largeur plus grande des frondes, ne me parait pas de nature à être conservée, et Je crois préférable de revenir purement et simplement au nom plus largement compréhensif de Tæniopteris, qui ne préjuge aucune affinité. Certaines espèces classées comme Angiopteridium ont été reconnues ultérieurement pour de véritables Marattia, comme le Ten. Münsteri, dont je parlerai tout à l'heure. Il est plus que douteux, d'autre part, que les formes à frondes simples réunies par Schimper sous le nom générique d'Oleandridium aient le moindre rapport avec les Oleandra, et la création d’un groupe spécial pour ces espèces à frondes simples n'aurait de raison d’être que si l’on pouvait toujours savoir si une espèce donnée avait des frondes simples ou des frondes pinnées, ce qui est loin d’être le cas; au surplus, Schimper conservait-il le genre T'æniopteris pour un certain nombre d'espèces ayant également des frondes simples et qu'aucun caractère générique ne sépare, en fait, de celles qu'il classait comme Oleandridium.
Quant à une distinction entre T'æntopleris et Macrotænriopteris, on sait aujourd'hui que les caractères tirés de la largeur du limbe sont sans valeur réelle, cette largeur pouvant parfois, chez une espèce donnée, offrir les variations les plus étendues : chez le Macrotæniopteris magnifolia Rogers (sp.), du Trias : supérieur des États-Unis, on observe des formes étroites à limbe de 25 millimètres de largeur, et des formes larges à limbe de 12 centimètres); j'ai observé” des variations semblables chez le Tœn. multinervis Weiss, du
® Schimper, Traité de paléontologie végétale, T, p. 602-613. ® Fontaine, Older Mesozoic Flora of Virginia, pl. IV et V.
Description de l'espèce.
Remarques
paléontologiques.
Permien0), et l’on en verra d’analogues chez le Tæn. Jourdyi, que je décrirai un peu plus loin et que j'avais originatrement classé comme WMacrotæniopteris. De telles distinctions génériques sont donc tout à fait arbitraires, et il
convient de les laisser de côté.
TÆNIOPTERIS ENSIS Orpuam (sp.).
PL X fo.
1863. Stangerites ensis Oldham, in Oldham et Morris, foss. F1. Gondwana Syst., 1, pt. 1, p- 35, pl. VI, fig. 8, 9 (an fig. 10).
1869. Angiopteridium ensis Schimper, Trait. de pal. véq., 1, p. 606. Feistmantel, Foss. FI. Gondwana Syst., 1, pt.2, p. 97.
1877. Angiopteridium cf. ensis Feistmantel, Foss. Fl. Gondwana Syst., 1, pt. 3, p. 175, pl. I,
fi 10 a, «:
1882. Tæniopteris ensis Zeiller, Ann. des Mines, 1883, I, P- 306, pl AIT, Re 2.
Pennes (ou frondes?) à bords entiers, parallèles, graduellement rétrécies vers le sommet, larges de 10 à 25 millimètres, à rachis large de 1 à 2 millimètres, strié longitadinalement.
Nervures latérales étalées-dressées, décurrentes à leur base, bifurquées à quelque distance de leur base en deux branches simples ou quelquefois dichotomes, plus ou moins arquées en avant; nervures au nombre de 12 à 15 par centimètre de longueur compté sur le bord du limbe.
L’échantillon représenté sur a figure 2 de la Planche IX est extrêmement fragmentaire et incomplet; cependant il concorde si exactement avec le T'æniopteris ensis des couches indiennes de Raymahal par les caractères de sa nervalion, que, comme en 1882, Je n'hésite pas à l'identifier à cette espèce. Il montre évidemment, à en ‘juger par la réduction graduelle de largeur du rachis, une portion de penne, ou de fronde, très voisine du sommet; mais 1l n’ajoute rien, malheureusement, à la connaissance encore très imparfaite que nous avons de cette espèce, dont il n'a été également recueilli dans linde que des fragments très incomplets : on ignore, notamment, si les frondes en étaient simples ou si elles étaient une où plusieurs fois pinnées. On ne sait rien non plus de son mode de frucufication, et il ne serait pas absolument impossible que, comme l'avait pensé Oldham, il s'agit à, non pas d’une Fougère, mais d'une Cycadinée à folioles ténioptéroïdes du type du Stangeria. paradoxa de
( Zeiller, Bull. Soc. Geol. Fr., 3° série, XXII, p. 171, pl. IX, fig. 2 à 5.
la flore actuelle; mais comme on n’a pas, jusqu'à présent, la preuve de lexistence à l’état fossile de Cycadinées de ce type, tandis qu'on n’a aucun doute sur l'attribution aux Fougères d’un bon nombre de ces frondes de Ténioptéridées, 11 convient évidemment, jusqu'à preuve du contraire, de classer comme T'æntopteris, plutôt que comme Stangeriles, les types spécifiques dont le mode de fructification nous demeure inconnu.
J'ai mentionné tout à l'heure la ressemblance de cette espèce avec Île Rapports Danæopsis Hughesi, tout en indiquant les différences qui me paraissent ne pas et différences. permettre de les confondre, même quand on n’en a sous les yeux, comme dans le cas présent, que des lambeaux incomplets : le T'æniopteris ensis me semble, en particulier, se distinguer du Danæopsis Hughesi par ses nervures moins serrées, arquées en avant dans la dernière partie de leur parcours, et bifurquées seulement à quelque distance de leur baëe.
H diffère d’ailleurs des espèces qui vont suivre par l'obliquité beaucoup plus forte de ses nervures qui atteignent le bord du limbe sous un angle toujours relativement aigu.
Le Tœn. ensis n’a été rencontré jusqu'ici qu'en un seul point, à savoir, Provenance. à l'ile Hongay.
TÆNIOPTERIS cf. MAC CLELLANDI Orpnau er Mornis (sp.).
PI. IX, fig. 3 à 5.
1863. Stangerites Mac Glellandi Oldham et Morris, Foss. F1. Gondwana Syst., 1, pt. 1, p. 33, pl. XXIIL.
1869. Angiopteridium Mac Clellandi Schimper, Trait. de pal. vég., 1, p. 605. Feistmantel, Foss. Fl. Gondwana Syst., 1, pt. 2, p. 96, pl. XLVI, fig. 5, 6; pt. 4, p. 207, pl. I, fig. 14-16; pl. If, fig. 4.
1881. Angiopteridium cf. Mac Clellandi Feistmantel, Foss. FL Gondwana Syst., HT, pt. 2 p: 92, pl. XXI À, fig. 4, 7.
1861. An Tæniopteris danæoides Bunbury (non Mac Clelland), Quart. Journ. Geol. Soc., XVI, p. 332, pl. X, fig. 2?
1882. Tæniopteris Mac Clellandi Zeiller, Ann. des Mines, 1882, II, p.302, pl. X, fig. 5.
Pennes (ou frondes?) à bords entiers, parallèles, légèrement rétrécies vers le Description bas, effilées au sommet en pointe arrondie, larges de 25 à 35 millimètres, à HERERECE rachis large de 1 à 3 millimètres, strié longitudinalement.
Nervures latérales étalées, légèrement décurrentes à la base, bifurquées soit dès leur base, soit à quelque distance, en deux branches simples ou elles-mêmes
Remarques paléontologiques.
dicholomes, légèrement arquées en avant vers leur extrémité; nervures au nombre de 20 à 30 par centimètre de longueur compté sur le bord du limbe.
Les figures 3 à 5 de la Planche IX représentent les principaux échantillons de cette espèce, consistant tous en fragments trop incomplets pour qu'on puisse s'assurer s'ils proviennent de frondes simples ou de pennes dépendant de frondes une ou plusieurs fois pinnées. L'un d’eux (fig. 5) montre le sommet du limbe terminé en pointe obtusément aiguë, comme sur les figures 14 et
o. 4, pl HE, de fa Fossil Flora of the Gondwana System, vol. E,
15, pl. }, et fig pt. 4; la nervation concorde d'aulleurs exactement, tant comme rapprochement que comme allure des nervures, avec celle que montrent les figures d'Oidham et Morris, aussi bien que de Feistmantel, citées dans la liste qui précède; mais le rétrécissement graduel que présente vers sa base l'échantillon de la figure 4, PL IX, de même que la grande largeur du Himbe de l'échantillon de la figure 3, pourraient donner à penser qu'il s’agit, avec l'espèce du Tonkin, d'une Fougère à fronde simple plutôt que d’une Fougère à fronde pinnée ou bipinnée, de telle sorte que, malgré la concordance des caractères principaux avec le Tæœn. Mac Clellandi, je n'ose conclure sans réserve à lidentification avec celte espèce, que la planche XXIIT d'Oldham et Morris montre représentée par des fragments de frondes pinnés, composés de rachis plus ou moins épais portant des pennes rubanées, sessiles, arrondies à leur base. Quelques-unes de ces pennes offrent bien à leur partie inférieure un rétrécissement graduel du limbe comparable à celui qu’on observe sur la figure 4 de la Planche IX, quoique moins accentué et portant sur une étendue moindre; aussi ce rétrécissement du limbe ne n'avait-il pas paru, en 1882, faire obstacle à l'identification spécifique. Ce qui me fait hésiter davantage aujourd’hui, c'est qu'à ce caractère est venu s'ajouter lindication fournie par léchantillon de la figure 3, récolté depuis lors par M. Bavier-Chauflour et dont la grande largeur, très supérieure à celle des pennes les plus larges de l'espèce de Inde, donne plutôt l'impression d’une fronde simple que d’une penne détachée d'une fronde composée. I ne faut pas oublier cependant que les frondes simplement pinnées du Danæopsis Hughest Feistmantel offrent parfois des pennes latérales mesurant jusqu'à 6 centimètres de largeur0), alors que d’autres échanüllons ont des pennes larges seulement de 20 à 25 millimètres, de sorte qu'il
n’y a rien d'impossible à ce que les segments latéraux du Tæn. Mac Clellandi
9 Foss. Flora of the Gondwana System, IV, pt. 1, pl. IV.
aient atteint eux-mêmes des dimensions égales, sinon supérieures, à celles de l'échantillon que je représente sur la figure 3 de la Planche IX. Il se peut donc que l'espèce du Tonkin soit réellement identique à celle de l'Inde ; mais comme cette identité ne peut, actuellement, être positivement établie, quelque concordants que soient les caractères fournis par la nervation comme par le mode de terminaison supérieure du limbe, je me borne à la rapprocher du Ten. Mac Clellandi sans affirmer l'identification.
Cette espèce diffère en tout cas du Tæn. ensis par ses nervures à la fois beaucoup plus étalées et plus serrées. Comparée au Tæn. Münsteri, elle se distingue par ses nervures moins étalées, au contraire, mais plus rapprochées et plus flexueuses. Enfin elle diffère du Tæn. Jourdyi parce que celui-ci a les nervures plus étalées, presque rectilignes et surtout notablement plus serrées.
Elle ne s’est montrée, jusqu'à présent, qu'en deux points du Bas-Tonkin.
Mines de Hongay, système de Hatou : découvert de Hatou.
Mines de Dong-Trieu : Lang-Sän (Lam-Xà?).
TÆNIOPTERIS (MARATTIA) MÜNSTERI Goxprerr.
PLIX, fig. 6 à 8.
1842. Tæniopteris Münsteri Gœppert, Genr. d. pl. foss., livr. 3-4, p. 51, pl. IV, fig. 1-3. Andræ, foss. Fl. Sicbenb. u. d. Banates, p. 37, pl. X, fig. 2; pl. XI, fig. 8. Schenk, Foss. FL d. Grenzsch., p. 99, pl. XX, fig. 2-8.
1869. Angiopteridium Münsteri Schimper, Trait. de pal. vég., 1, p. 603, pl. XXXVII, fig.1-6.
1874. Marattiopsis Münsteri Schimper, Trait. de pal. vég., HE, p. 514. Nathorst, Pl. Hôquanäs och Helsingborg, p. 48, Hôg. yngre, pl. I, fig. 6. Zeïller, Bull. Soc. Géol. Fr., 3° sér., XIV, p. 457, pl. XXIV, fig. 5-7. Hjorth, Danm. geol. Undersog., I R, p. 69, pl. HE, fig. 7.
1879. Marattia Münsteri Schimper, Handb. der Paläont., H, p. 87, fig. 64. Renault, Cours de bot. foss., IN, p. 86, pl. 13, fig. 4, 5. Raciborski, F1. retycka poln. stoku, p. 6, pl. If, fig. 1-5. Müller, Bidr. till Bornholms foss. flora, Pterid., P- 17; pl. I, fig. 2.
1888. Angiopteris Münsteri Schenk, loss. Pflanzenreste, p. 31, fig. 24 b.
1892. Tæniopteris (Marattiopsis) Münsteri Bartholin, Bot. Tidsskr., XVHH, p:29; pl. IX, fig. 6, 9.
Frondés probablement simplement pinnées, à rachis primaire large de 3 à 8 nullimètres. Pennes primaires étalées-dressées, se touchant par leurs bords ou empiétant légèrement les unes sur les autres, à bords parallèles entiers ou très faiblement crénelés, sessiles et brusquement arrondies à la base, graduellement
rétrécies vers leur extrémité, arrondies ou obtusément aiguës au sommet, larges
Rapports
et différences.
Provenance.
Description
de l'espece.
Remarques
paléontologiques.
de 12 à 35 milimètres, atteignant sans doute 15 à 20 centimètres au moins de longueur. °
Nervure médiane large de 1 à 3 millimètres; nervures latérales habituellement très étalées, parfois cependant faiblement obliques et alors légèrement décurrentes à leur base, bifurquées dès leur origine ou presque immédiatement au-dessus en deux branches généralement droites, atteignant le bord du limbe sous un angle très ouvert, comprenant entre elles de fausses nervures plus fines, à raison d’une seule dans chaque intervalle; nervures au nombre de 15 à 18 par centimètre de longueur compté sur le bord du limbe.
Pennes fertiles semblables aux pennes stériles, portant des sores linéaires, longs de 2 à 7 millimètres, fixés sur les nervures au voisinage de leur extrémité, et formés de deux séries de sporanges soudés les uns aux autres, constituant des synangium bivalves à déhiscence longitudinale.
Il a été recueilli dans le bassin de Hongaÿ plusieurs fragments de pennes de cette espèce, presque tous fertiles, au moins sur une partie de leur étendue, avec des appareils fructificateurs généralement bien conservés. Les plus intéressants sont représentés sur les figures 6 à 8 de la Planche IX. On peut remarquer la grande largeur du limbe de certains d’entre eux, notamment fig. 6 et 7, qui dépassent sensiblement les échantillons les plus larges du Ten. Münsteri des gisements rhétiens d'Europe, si bien même qu'on pourrait se demander s’il ne s'agirait pas ici de fragments de frondes simples plutôt que de pennes détachées; mais un échantillon, non représenté sur la Planche IX à raison de sa conservation trop imparfaite, montre une base de penne brusquement arrondie, quelque peu dyssymétrique, avec des nervures nettement arquées en arrière sur l'un des bords, et dont la disposition atteste que cette forme arrondie ne provient pas d’une déchirure accidentelle, mais correspond bien à une insertion sur un rachis commun. Comme, d'autre part, la nervation, avec ses nervures bifurquées dès leur base, très étalées, séparées par des «nervures récurrentes »,concordeexactement avec celle du T'œn. Münsteri, n'est pas douteux qu'on ait réellement affaire à cette espèce, représentée seulement par une forme à pennes un peu plus larges que d'habitude; on trouve d’ailleurs une série de passages entre les formes larges, telles que celles des'figures 6 et 7, et les formes étroites, ou, ‘pour mieux dire, de largeur normale, telles que celle de la figure 8. J'ajoute que les échantillons les mieux conservés, celui de la figure 8 en particulier, montrent sur les bords du limbe de très
fines crénelures, chaque nervure aboutissant à une légère saillie en forme de
demi-ellipse, conformément à ce que montrent les figures données par Schimper) d’un échantillon de Tæn. Münsteri de Bayreuth.
L'examen attentif des portions fertiles de ces pennes montre, ainsi que je l'ai mdiqué en 1886, que les fructifications dont elles sont chargées offrent tous les caractères de celles du genre vivant Warattia, constituées par des oium coriaces s'ouvrant par une fente longitudinale en deux valves pluri-
loculaires. Sur certains échantillons, comme celui de la figure 8, ces synangium
synan
sont encore fermés, et l’on peut constater, sur la figure grossie 8 b, que quelques-uns d’entre eux se présentent avec un relief assez accentué, leur ligne médiane, correspondant à la déhiscence, faisant saillie comme larête d’un toit, de part et d'autre de laquelle on distingue des bossellements correspondant aux sporanges qui constituent chaque valve; d’autres, au contraire, sont déjetés sur le côté et ne montrent alors qu'une seule file de bossellements; mais tous sont limités par un contour curviligne continu où à peine ondulé, et il est visible qu'il n’y a pas là, comme avait cru Schenk, de sporanges indépendants tels qu’on en observe chez les Angiopteris. Sur le fragment de penne de la figure 7, les synangium paraissent ouverts; ils sont presque contigus, affectant la forme d’étroits rectangles très allongés, arrondis à chaque extrémité et divisés par une ligne médiane en deux moitiés dont chacune se décompose en une quarantaine de compartiments ou de granulations {voir la figure grossie 7 a) de o"%, 15 à o"", 20 de largeur, sur 0", 4 à o"®%,5 de hauteur, correspondant aux logettes de chaque valve du synangium. M. Raciborski à
fait, d'ailleurs, des observations identiques sur des échantillons de Tæn. M ünsteri
des couches rhétiennes de Gromadzice en Pologne, et 1l n’est plus possible aujourd’hui de douter que cette espèce appartienne au genre vivant Maratlia.
Comparé aux espèces qui précèdent, le Tæn. Münsteri se distingue du Ten. ensis par ses nervures beaucoup plus étalées et un peu moins écartées, tandis qu'il a, au contraire, les nervures beaucoup moins rapprochées que le Ten. cf. Mac Clellandi, chez lequel elles sont en outre plus flexueuses et un peu moins étalées. I ne peut non plus être confondu avec le Tæn. Jourdyi, qui a une nervation infiniment plus fine et plus serrée.
Les échanuüllons, relativement nombreux, de cette espèce qui ont été récoltés au Tonkin proviennent d’un seul et même point, à savoir, de l'ile du Sommet Buisson, galerie Jean.
‘) Schimper, Traité de palcontologie végétale, pl. XXXVIT, fig. 2, 3.
IMPRIMENIE NATIONALE,
Rapports
et différences.
Provenance,
Description
te de l'espèce.
Remarques paléontologiques.
TÆNIOPTERIS JOURDYI Zaire.
PI. X, fig. 1 à 6; PL XI, fig. 1 à 4; PI. XII, fig. à à 4 et 6 à 8; PI. XIII, fig. 1 à 5. 1882. Tæniopteris spatulata var. multinervis /eiller (non Oldham et Morris), Ann. des Mines, 1882, Il, p. 305, pl. X, fig. 6.
1882. Tæniopteris sp. Zeiller, Ann. des Mines, 1882, Il, p. 305, 351, pl. X, fig. 9, 10. 1886. Macrotæniopteris Jourdyi /eiller, Bull. Soc. Géol. Fr., XIV, p. 459, pl. XXV, fig. 1-3. 1895. Tæniopteris spatulata Massat {non Mac Clelland), le Naturaliste, 1895, Da
Frondes simples, à bords parallèles, entiers, tantôt brusquement contractées et arrondies à la base, tantôt plus ou moins longuement décurrentes sur le péuole, graduellement rétrécies vers le haut, tantôt tronquées au sommet, tantôt arrondies ou obtusément aiguës, tantôt, et surtout les formes étroites, tout à fait aiguës, de dimensions très variables, longues de 10 à 4o centimètres, larges de 10 à 70 millimètres; rachis large de 2 à 7 nullimètres, marqué de plis transversaux discontinus très rapprochés.
Nervures très serrées, très étalées, tantôt partant presque normalement du rachis, tantôt légèrement arquées à la base, parfois simples, d'ordinaire une ou deux fois bifurquées, atteignant le bord du limbe sous un angle droit ou presque droit, au nombre de 35 à 50 par centimètre.
Cette espèce, l’une des plus communes de la formation charbonneuse du .Bas-Tonkin, est remarquable par son polymorphisme et par la grande variabilité de sa taille, rappelant à cet égard ce qu'on observe chez l’Asplenium nidus L. de la flore actuelle, On serait, au premier abord, peu disposé à admettre l'identité de formes à frondes larges, arrondies à la base, tronquées au sommet, telles que celles des figures 1 et 2, PI. X, avec des formes étroites, eflilées à la base comme au sommet, telles que celles des figures 1 à 5, PI. XIIT; mais lorsqu'on examime un nombre d'échantillons un peu considérable, on constate que, outre les caractères communs fournis par le mode d'ornementation du rachis et par la nervation, les formes étroites, à sommet aigu, à limbe décurrent le long du rachis, se lient par une série ininterrompue d'intermédiaires aux formes larges, à limbe tronqué ou arrondi au sommet, contracté en arc semi-circulaire à la base. La reproduction de toutes ces formes de passage eût exigé, on le comprendra, des planches trop nombreuses ; mais sans vouloir multiplier plus que de raison le nombre de celles-
cn)
cl, Jai tenu à faire figurer au moins les élapes principales entre les formes
extrêmes, de manière à permettre au lecteur de s'assurer du peu de constance des caractères fournis par la forme aussi bien que par les dimensions de ces frondes.
En ce qui regarde la base du limbe, il n'y a pas de différence sensible entre l'échantillon fig. 2, PI. X, et l'échantillon fig. 2, PL XE, quoiqu'on voie déjà chez ce dernier, du côté gauche, une légère tendance à une terminaison plus oblique du limbe sur le pétiole; cette obliquité est plus accusée sur l'échantillon fig. 1, 14, PI. XIT: sur d’autres, la base du limbe aboutit de plus en plus obliquement au contour latéral du pétiole, et l'on arrive à des formes telles que celle de la figure 6, PI. XIT, où l’on voit du côté droit le limbe se rétrécir peu à peu et faire avec le pétiole un angle très aigu, sans cependant qu'il y ait encore décurrence à proprement parler, tandis que du côté gauche le Himbe est longuement décurrent le long du pétiole. Sur l'échanüllon fig. 1, PL XI, cette décurrence se combine avec un rétrécissement assez brusque du limbe, qui se contracte en une aile étroite, tandis que sur les échantillons fig. 6 et fig. 7, PL. XIT, le limbe se rétrécit msensiblement et se montre longuement décurrent sur le rachis, comme il l'est sur les formes étroites des figures 1 et 3 de la Planche XII. L’échantllon fig. 3, PL XI, atteste d’ailleurs que ce rétrécissement graduel du limbe n’est pas l'apanage des frondes étroites et s’observe parfois sur les formes les plus larges, tandis que les frondes étroites semblent n'avoir jamais le limbe brusquement contracté à la base que présentent fréquemment les frondes larges.
Pour ce qui regarde la terminaison supérieure de la fronde, on observe de même tous les passages : la forme tronquée, avec échancrure médiane, de la figure 1, PI. X, se retrouve sur la figure 3, PL X, avec un limbe un peu plus étroit, ainsi que sur la figure 2, PI. XIE, où l’échancrure médiane est seulement moins prononcée. Cette échancrure s'observe encore, mais à peine sensible, sur l'échantillon fig. 3, PL. XII, qui se termine en pointe plus efhlée, et l'échantillon fig. 4, PL XI, ne diffère de ce dernier que par son sommet arrondi, ou du moins terminé en pointe obtuse, l’'échancrure médiane ayant disparu. Puis, la forme générale restant la même, le sommet s’eflile d'autant plus que le limbe se rétrécit lui-même davantage, et lon passe, par l'intermédiaire de formes telles que celles des fig. 3 et fig. 2, PL. XIE, à des frondes franchement eflilées en pointe aiguë à leur sommet, telles que celle de la
figure 1, PI. XI.
L'échantillon fig. 1 a, 1”, de la Planche XIE, à limbe brusquement contracté
à 3 ou À centimètres au-dessous du sommet en une étroite pointe, eflilée elle-même à son extrémité, me paraît devoir être considéré comme un cas Il trémit parait d L d
ératologique, dû peut-être à une lésion accidentelle de la région terminale tératologique, dû peut-èt lésio dentelle de la région t I de la fronde, car je n’en ai pas retrouvé d'autre exemple parmi le très orand
J Ï P'et 5
nombre d'exemplaires de cette espèce dont j'ai pu observer l'extrémité supérieure,
Une déformation d’un autre genre m'a été offerte par quelques échantillons, peu nombreux, provenant principalement du découvert de Hatou, tels que celui de la figure’8, PI. XIL, qui montrent le Himbe divisé en segments plus où moins réguliers, brusquement tronqués à leur sommet, plus graduellement rétrécis à leur partie inférieure suivant un arc circulaire où elliptique. Quelquefois, comme sur le fragment de fronde situé à droite de cette même figure 8, ces segments sont tous de hauteur égale, et l’on pourrait se demander si l'on n'aurait pas affaire là à une fronde de quelque Ptérophyllée, comme le Pierophyllum (Anomozamites) inconstans où le Pteroph. Münsteri; mais sur
pay P
d'autres fragments, en particulier sur celui qui occupe la gauche de la même figure, et dont on peut distinguer plus nettement le contour en recourant à la loupe, on observe des segments tout à fait irréguliers et l’on reconnait qu'il Ï 5 5 [ s'agit là d'échancrures accidentelles, comparables à celles que présentent parfois certaines feuilles vivantes, notamment celles du Laurier-rose. La forme de ces segments n’est d’ailleurs pas la même que.chez les Pterophyllum que je viens de citer, et la nervation, si on l’examine de près, est aussi quelque peu différente.
Ce que j'ai dit plus haut du nombre des nervures aboutissant au bord du
que J | linbe dans 1 centimètre de longueur montre que la nervation, tout en étant toujours très serrée et très fine, peut offrir à cet égard certaines variations,
J » P 5 dont on peut, du reste, se rendre compte sur les figures que je donne de cette espèce, et en particulier sur les figures grossies, qui sont toutes au double de la grandeur naturelle. Ces variations sont à peu près indépendantes de la largeur de la fronde, peut-être cependant un peu plus étendues sur les frondes les plus étroites, de 10 à 15 millimètres de largeur, où le nombre des nervures par centimètre descend parfois à 35 et même à 33 ou 32, tandis qu'il s'élève dans d’autres cas, tout aussi bien que sur les frondes plus larges, à 50 , quelquefois même à 55, comme sur l'échantillon fig. 3, 34, PI. XIE. Sur les frondes larges, de 4 à 7 centimètres, le nombre des nervures
par centimètre ne varie guère qu'entre 40 et bo. Quelques nervures demeu-
rent tout à fait simples et aboutissent au bord du limbe sans s'être divisées; la plupart, au contraire, se bifurquent, une ou, plus rarement, deux fois, la bifurcation pouvant se trouver placée en un point quelconque de leur parcours, soit dès la base, soit plus ou moins loin de celle-ci, parfois même à peu de distance du bord du limbe.
Sur quelques échantillons, on distingue entre ces vraies nervures de fausses nervures au nombre d’une dans chaque intervalle, formées d’une ligne plus fine que les nervures véritables, et parfois discontinue, affectant l'apparence d'une file de ponctuations très rapprochées; la nervation parait alors encore plus serrée , ainsi qu'on peut le voir à la loupe sur la figure 3 de la Planche ne particulièrement du côté droit vers le tiers inférieur de la hauteur; mais on peut toujours, avec un peu d'attention, et en faisant varier léclairement, distüinguer ces fausses nervures des nervures proprement dites, qui, au besoin, se reconnaitraient à leurs bifurcations; 11 est rare d’ailleurs que, sur tel ou tel point de l'échantillon, les nervures vraies n'apparaissent pas avec netteté, les fausses nervures s’effaçant plus ou moins complètement.
Les frondes du Tæn. Jourdyi devaient être réunies en toufles, à la manière de celles de notre Scolopendre officinale : un échantillon de Kébao, représenté sur la figure 4 de la Planche XI, montre en effet quatre ou cinq pétioles réunis les uns à côté des autres, partant d’un même point, et l'un d'eux, celu: qui aboutit immédiatement au-dessous du chiffre 4, est muni sur son bord gauche d’un lambeau de limbe contracté à la base en arc arrondi et pourvu de nervures bien visibles, qui ne laisse aucun doute sur l'attribution spéaifique. Quelques racines, munies de fines radicelles, dont l'une se voit nettement sur le bord inférieur de la figure, du côté gauche, semblent dépendre de la mème touffe et appartenir au rhizome qui portait ces frondes.
Sur certains échantillons, comme celui de la figure 2, PI. XI, les pétioles semblent avoir été munis à leur base d’une aile membraneuse, graduellement rétrécie vers le haut, tout à fait comparable à celle que présentent à leur base les pétioles de lOsmunda regalis; on en voit également un indice à la base du pétiole de la figure 1, PI. XE.
I ne me parait pas douteux, à en juger notamment par le port de ces frondes, qu'on ait affaire là à une Fougère et qu'il faille écarter absolument l'idée, parfois mise en avant pour certains Tæniopteris, d'une attribution aux Cycadmées. Malheureusement, parmi tous les échantillons que j'ai eus entre
les mains, aucun ne s’est rencontré présentant des fructifications, à moins
apport $
et différences,
qu'il ne faille considérer comme tels et rapporter au Tæniopteris Jourdyi certains échantillons de Kébao, d'interprétation un peu incertaine, dont le plus net est représenté sur la figure 5 de la Planche XII : ils consistent en des empreintes de frondes linéaires-spatulées, à sommet obtusément aigu, longues de 8 à 9 centimètres sur 10 à 12 nullimètres de largeur; la forme générale rappelle, avec un élargissement plus accentué toutefois de la région terminale, celle de la fronde fig. 3, PI. XIE. La nervure médiane, très forte, est marquée de plis transversaux semblables à ceux qu'on observe chez le Tœn. Jourdyi, mais 11 est impossible de rien discerner de la nervation, ces frondes paraissant avoir été très épaisses. Le long des bords, à 0,5 ou 1 millimètre de distance, court une bande en relief de 1 millimètre de largeur environ, coupée de plis transversaux rapprochés, qui donne l'impression d’une bande sorifère submarginale, mais dont il est impossible de discerner la constitution, soit qu'on ait affaire là à des frondes incomplètement développées et imparfaitement conservées à raison même de l'insuffisance de leur développement, soit qu'il s'agisse d'organes normalement épais et charnus, peu susceptibles de bonne conservation. On peut se demander si cette bande submarginale ne correspondrait pas à des synangium analogues à ceux du Tœn. (Marattia) Münsteri, tels qu’on les voit sur la figure 8 de la Planche IX, ou encore à des groupes de sporanges indépendants fixés le long des nervures, comme chez les Angiopteris; le rapprochement même des nervures du Tæn. Jourdyi expliquerait peut-être le peu de netteté de l'empreinte, les groupes de sporanges ou les synangium, serrés les uns contre les autres, devant forcément, dans de telles conditions, se montrer mal délimités. Mais il est impossible de faire à cet égard autre chose que des conjectures; tout ce qu'on peut dire, c’est qu'il s’agit à probablement de frondes fertiles de Tæntiopteris, et peut-être de Tæn. Jourdyi; s'il en était ainsi, cette espèce aurait eu des frondes stériles et fertiles, smon dimorphes à proprement parler, du moins de taille et de consistance très différentes, ainsi que cela a lieu chez plusieurs Acrostichum de la flore actuelle.
Cette espèce se distingue nettement de celles qui précèdent ainsi que de celles qui vont suivre par ses nervures beaucoup plus nombreuses, plus fines et plus serrées, de sorte qu'il n’est pas possible de les confondre. Elle diffère en outre des suivantes, et en particulier du Tæn. virgulata, dont la rapprochent la forme et la dimension de ses frondes, par son limbe tout à fait plan,
dépourvu de sillons transversaux séparant les nervures les unes des autres.
Parmi les autres espèces déjà décrites, la seule qui me paraisse devoir être mentionnée ici comme offrant des analogies avec le Tæn.Jourdyi est le Tœn. tenuinervis Brauns ), qui ressemble beaucoup aux formes étroites, à limbe décurrent, de l'espèce que je viens de décrire, mais qui semble avoir les nervures un peu moins étalées et moins serrées et quelque peu flexueuses ; le Tœn. tenuinervis parait offrir toujours un rachis parfaitement lisse ou à peine strié en long, et aucun des échantillons figurés ne montre les plis transversaux rapprochés qu'on observe avec tant de constance chez le T'æn. Jourdyi; enfin le Tæn. lenuinervis n'a jamais été trouvé que sous la forme étroite à limbe décurrent sur le rachis et ne montre pas les variations de taille et de forme que l’on constate chez l'espèce du Tonkin. Il n’est donc pas possible de songer à une identification spécifique, et le Tæn. Jourdyti, que J'avais établi en 1886 sur les formes larges rapportées du Tonkin par M. le Commandant, aujourd'hui Général Sohsdh. me parait constituer un type nelttement autonome.
Les très nombreux échantillons de cette espèce que J'ai reçus depuis lors et qui m'ont permis de constater son polymorphisme m'ont amené à reconnaître qu'il fallait lui rapporter, comme appartenant à sa forme étroite, les quelques fragments de frondes de Hongayÿ et de Kébao que j'avais, en 1889, attribués au Tæn. spatulata, var. multinervis, attribution qu'avait suivie M. Massat pour les spécimens qu'il a figurés en 1895 et dont la dénomination doit être également rectifiée.
Le Tæn. Jourdyi s'est montré partout assez àbondant, particulièrement à Kébao dans la couche M, et à Hatou dans les intercalations schisteuses de la Grande couche.
Mines de Kébao : couche G; mine Rémaury, couche Q; mine de Caï-Daï. plan 4, niveau 70, couche Q; puits Lanessan, mine de la Trainée verte, couche de la Descenderie; système inférieur (Sarran), couche n° 1 (couche C); système supérieur, couche n° 2, galerie M {couche M).
Mines de Hongay. Système de Hatou : Hatou, mur et toit de la Grande couche, grand banc de schiste, découvert Nord au mur de la Grande couche; Gia-Ham. — Système de Nagotna : Rivière des Mines, rive droite, première vallée; rive gauche, entre la pagode et Claireville; mine de Carrère, toit de
couche Marmottan, mur et toit de la couche Bavier; Nagotna, toit de la
Brauns, Palæontographica, IX, p. 50, pl. AH, fig. 1-3.
Synonymie,
Provenance.
Description
GARE de l'espèce,
Remarques
paléqntologiques.
couche Marmottan; vallée orientale de l'OEuf, couche près d’une petite ile et galerie Léonice.
Île Hongay.
Île du Sommet Buisson, galerie Jean.
Environs de Dong-Trieu.
TÆNIOPTERIS VIRGULATA n. sp.
PI, XIV, fig. à à 3.
1882. Macrotæniopteris Feddeni Zeiller (non Feistmantel), Ann. des Mines, 1882, II, p. 307, pl. XIE, fig. 1.
Frondes simples, à bords parallèles, entiers, brusquement contractées et arrondies à la base, pétolées, larges de 5 à 14 centimètres, atteignant au moins 30 à {o centimètres de longueur; rachis large de 3 à 6 millimètres, marqué de plis transversaux discontinus très rapprochés et parfois, en outre, de stries longitudinales.
Nervures étalées à angle droit sur le rachis, légèrement arquées à leur base dans la région inférieure de la fronde, tantôt simples, tantôt bifurquées soit vénéralement
simples, atteignant le bord du limbe au nombre de 12 à 20 par centimètre;
dès leur base, soit à plus ou moins grande distance, à branches
nervures fortement saillantes sur la face, inférieure de la fronde, placées au contraire au fond d’un sillon sur la face supérieure, le limbe étant fortement plissé et comme gaufré transversalement.
Cette espèce s'est montrée représentée par un nombre assez restreint d'échantillons qui permettent de se rendre compte, ainsi qu'on peut le voir sur les figures 1 à 3 de la Planche XIV, de la forme que présentait la fronde à sa base et de la grande largeur qu'elle était susceptible d'atteindre; mais sur aucun d’entre eux Je n'ai pu observer le mode de terminaison supérieure. Le caractère le plus saillant réside dans la gaufrure transversale du limbe, qui est également accentuée sur lune et l'autre face, les nervures étant d’un côté en saillie, et de l’autre étant situées au fond de sillons séparés par des arêtes en relief. Ainsi qu'il est a priori naturel de le penser, la face du limbe sur laquelle les nervures se présentent en relief est la face inférieure, et c'est sur la face supérieure qu'elles se montrent placées au fond de sillons plus où moins profonds : un examen attentif permet en eflet de constater
que sur les échantillons à nervures en creux séparées par des plissements
en relief, comme ceux des figures 1 et 2, PL XIV, le limbe et surtout les origines des nervures empiètent plus ou moins sur les bords latéraux du rachis, ainsi que cela doit avoir lieu sur la face supérieure de la fronde; en outre, la surface de la lame charbonneuse apparait tout à fait lisse. Au contraire, sur les échantillons où les nervures sont en relief, comme celui de la figure 3, PL XIV, le rachis déborde plus ou moins sur la base des nervures, et l'on voit celles-ci venir converger vers lui, se réunir deux à deux, mais s'arrêter contre lui sans se poursuivre jusqu'à leur origine, ainsi que cela doit être lorsqu'on a affaire à la face inférieure d'une fronde à rachis épais, plus ou moins écrasé; en outre, les portions du limbe comprises entre les nervures affectent une apparence mate et finement grenue, et si on les examine sous un grossissement suffisant, on reconnait qu'elles sont marquées de nombreuses et très fines dépressions ponctiformes, qu'il est naturel de regarder comme correspondant aux stomates. Sur cette face inférieure, chaque nervure est dessinée par une bande de 1/5 à 1/6 de millimètre de largeur, déprimée en son milieu, de manière à offrir parfois l'apparence de deux lignes parallèles contiguës, tandis que, sur la face supérieure, elle se présente sous la forme d’un mince cordon saillant placé au fond du sillon formé par les plissements du limbe entre lesquels elle est comprise. On peut d’ailleurs, en examinant à la loupe les figures 1 à 3 de la Planche XIV, se rendre compte de tous ces détails.
Par son rachis plissé en travers et par l'étalement de ses nervures, cette espèce ressemble au Tæn. Jourdyi, mais elle s’en distingue aisément par la gaufrure de son limbe, le Tæn. Jourdyi ayant le limbe parfaitement plan, amsi que par ses nervures beaucoup moins nombreuses et moins fines. Elle diffère d'autre part du Tæn. Feddeni de Findel), auquel je lavais rapportée tout d'abord, parce que celui-ci, amsi que j'ai pu le constater sur des échantillons authentiques de cette espèce donnés à l'École des Mines par le Geological Survey of India, a la fronde tout à fait plane, avec des nervures beaucoup plus fines, plus serrées et plus flexueuses. |
Le Tæniopteris danæoides Royle (sp.)®) a, au contraire, les nervures bien
® Macrotæniopteris Feddeni Feistmantel, Fossil Flora of the Gondwana System, WI, pt. 11,
p- 89, pl. XXI À, fig. 3; pl. XXII À, fig. 1-4; IV, pt. 1, p. 31, pl. XXI, fig. 5; IV, pt. 2,p.24, pl. I A, fig. 1.
® Macrotæniopteris danæoides Feistmantel, Fossil Flora of the Gondwana System, HI, pt. 11, p- 88, pl. XX A; pl. XXT A, fig. 1, 2.
IMPRIMERIE NATIONALE
Rapports
et différences.
Provenance.
Description
de l'espèce.
plus espacées, en même temps qu'il a la fronde plane comme le Ten. Feddenr.
in somme, parmi les espèces décrites, je n’en ai trouvé aucune avec laquelle celle-ci fût susceptible d’être identifiée, et Jai dû en conséquence lui appliquer un nom nouveau.
Le Tæn. virqulala, sans ètre commun, s'est rencontré sur plusieurs points dans la région de Hongaÿ et de Kébao.
Mines de Kébao : couche G.
Mines de Hongay. Système de Hatou : mine Jauréguiberry. Nagotna : Rivière des Mines, monticule rive gauche en aval de Claireville;
Système de
Nagotna, toit de la couche Marmottan. ; Ile Hongay.
Ile du Sommet Buisson, galerie Jean.
TÆNIOPTERIS SPATULATA Mac CzerzLann.
PI. XIII, fig. 6 à 12.
1850. An Tæniopteris spatulata Mac Clelland, Rep. Geol. Surv. India 1848-1849, p. 53, pl. XVI, fig. 1 ?
1863. Stangerites spatulata Oldham et Morris, Foss. FL. Gondwana Syst. , 1, pt. 1, p.34, pl. VI, fig. 1-6 (non fig. 7).
1869. Angiopteridium spathulatum Schimper, Trait. de pal. veq., 1, p. 605. Feistmantel, Foss. Fl. Gondwana Syst., 1, pt. 2, p. 97: pt. 3, p. 172, pl. I, fig. 6 b, 7 b; pt. 4, p. 206, pl. I, fig. 8-13, 17, 18; pl. Il, fig. 3 (an fig. 5, 6?); pl. XV, fig. 11; (an Rec. Geol. Surv. India, XIV, p. 150, pl. 1, fig. 32).
1879. Tæniopteris (Angiopteridium) spatulata Medlicott et Blanford, Manual Geol. India, p.142, pl. IX, fig. 4.
1882. Tæniopteris spatulata Zeiller, Ann. des Mines, 1882 11, p.304, pl. X, fig. 8 (non fig. 6). À. D. Oldham, Manual Geol. India, 2° ed., p. 176 bis.
Frondes simples, à bords parallèles, entiers, à contour étroitement lineaire-lancéolé ou linéaire-spatulé, graduellement rétrécies vers la base, à pétiole court ou presque nul, tantôt spatulées et arrondies à leur sommet, tantôt efhlées en pointe obtusément aiguë, larges de 3 à 12 millimètres sur 6 à 15 centimètres de longueur; à rachis large de o"m,5 à 1m 5, tantôt lisse, tantôt marqué soit de stries longitudinales, soit de fines cannelures transversales.
Nervure: très étalées, généralement bifurquées dès la base, atteignant le bord du limbe au nombre de 25 à 30 par centimètre; limbe fréquemment marqué
de plis transversaux plus ou moins prononcés, divisant sa surface en comparli-
ments légèrement bombés, de 1 [3 à 2/3 de millimètre de hauteur, portant chacun une nervure bifurquée.
Cette espèce se présente Île plus souvent dans les gites charbonneux du Tonkin sous la forme de fragments de frondes plus ou moins incomplets, épars en assez grand nombre les uns à côté des autres, ainsi qu'on le voit sur la figure 12 de la Planche XIII.
Je n’ai jamais observé de fronde absolument complète; mais quelques fragments, comme celui de la figure 7, montrent le sommet, eflilé en pointe obtusément aiguë, tandis que d’autres, plus nombreux, comme ceux des figures 8, 9 et 10, laissent voir la base de la fronde, graduellement rétrécie vers le bas, tantôt munie d’un très court pétiole, ainsi qu’on le voit sur la figure 10, tantôt et le plus souvent paraissant dépourvue de pétiole, le limbe se continuant jusqu'à l'extrémité visible du rachis.
Presque tous ces fragments de frondes se montrent plissés transversalement, la face supérieure du limbe divisée par d’étroits sillons rectulignes en compartiments légèrement bombés, dont chacun porte une nervure, généralement bifurquée dès la base, amsi qu'on le voit sur les figures grossies 8 a et 11 4; plus rarement la bifurcation n’a lieu qu’à une certaine distance du rachis; les deux branches de chaque nervure demeurent presque toujours simples; je crois cependant avoir observé parfois une seconde bifurcation de lune ou de l’autre branche, mais sur des échantillons à nervation peu disuncte, de nature à laisser quelque doute sur la réalité du fait. Quelquefois le sillon qui sépare deux nervures est moins accentué que ses voisins, de sorte que lon observe sur un même compartiment deux nervures bifurquées consécutives, séparées seulement par une légère dépression : tel'est le cas notamment, sur l'échantillon fig. 114, pour le quatrième compartiment en partant du haut, du côté gauche. Enfin la fronde est parfois presque plane, les sillons transversaux, ou les plis en relief qui leur correspondent en empreinte, n'étant que très faiblement marqués; c'est ce qui a lieu en particulier sur le fragment de fronde voisin du bord supérieur de gauche de la figure 1 2.
Ainsi constituées, ces frondes me semblent pouvoir être identifiées sans hésitation à celles des couches de Vemavaram et de Chirakunt que Feistmantel a figurées au volume I, partie 4, de la Fossil Flora of the Gondwana System, particulièrement fig. 8, 9, 10, 18, pl. I, et fig. 11, pl. XV, sous le nom d’Angiopteridium spalulatum; ces figures semblent, 1l est vrai, indiquer des frondes planes ; mais outre que, comme je lai dit, certains échantillons du
Remarques
paléontologiques,
Rapports
et différences.
Synonymie.
Tonkin offrent un limbe à peine plissé, la figure grossie 9 a de la planche [ précitée montre, par places, de fins traits reculignes transversaux compris entre deux nervures, qui ne sont pas assimilables aux nervures et qui attestent l'existence, sur les échanüullons de lInde, de plis identiques à ceux des échanüllons du Tonkin, peut-être seulement moins constants et moins fortement accusés. Îl n’y a donc aucun doute à avoir sur l'identité respective de ces échantillons, et je ne crois pas non plus qu'on puisse douter de l'identité spécifique des frondes étroites, efilées vers le sommet, représentées par Feistmantel sur les figures que J'ai citées, avec les frondes tant soit peu plus larges, à sommet spatulé, des figures 12 et 13 de la même planche Ï, ainsi qu'avec les frondes représentées par Oldham el Morris, particulièrement sur les figures 1, 2, 5 de leur planche VI.
Le Tæniopleris spalulata ne peut d'ailleurs, à raison de la petite taille et de l’étroitesse de ses frondes, être confondu avec aucune autre espèce. Les plus petites formes du Tæn. Jourdyi, telles que celle qui est représentée fig. 5, PI. XHT, peuvent cependant lui être comparables comme dimensions et comme largeur du limbe; mais la nervation, beaucoup plus fine et plus serrée chez le Ten. Jourdyi, formée chez le Tæn. spatulata de nervures plus espacées, bifurquées dès leur base, permettra toujours de les distinguer sans difficulté.
Tout en conservant à cette espèce le nom spécifique que lui ont appliqué successivement Oldham et Morris, puis Feistmantel, je ne puis m'empêcher de faire remarquer qu’on serait en droit de se demander si c’est bien à elle que se rapporte la figure publiée en 1850 par Mac Clelland et qui représente une fronde large de 19 millimètres, c’est-à-dire d’une largeur Imusitée, à ce qu'il semble, chez l'espèce que je viens de décrire; la nervation indiquée sur la figure grossie donnée par le même auteur est en même temps très différente de celle de cette espèce, mais 1l faut reconnaitre que cette figure n'offre aucun caractère d'authenticité, et que le mode de ramification qu'elle indique pour les nervures, divisées loutes, au deuxième tiers de leur parcours, en trois branches fines partant d'un même point, n’est rien moins que vraisemblable. Ce n'est pas, d’ailleurs, la seule des figures de Mac Clelland qui laisse visiblement à désirer sous le rapport de l’exactitude : il suflit, par exemple, de comparer la figure du Glossopteris acaulis), montrant des nervures étalées,
(Mac Clelland, loc. cit., pl. XIV, fig. 3.
non anastomosées, avec celle que Feistmantel a donnée plus tard du même échantillon sous le nom de Sagenopteris polyphyllal), et qui montre des nervures obliques, anastomosées en réseau régulier, pour se rendre compte du peu de confiance qu'il faut accorder aux dessins du travail de Mac Clelland.
Il faudrait, pour juger la question, pouvoir se reporter à l'échantillon luimême; mais 11 ne parait pas qu'Oldham et Morris, et ultérieurement Feistmantel, qui étaient mieux en situation que personne pour le rechercher, aient pu le retrouver dans les collections du Geological Survey of India, et is ont dû s’en tenir au caractère tré de la forme, qui semble en effet ne se retrouver chez aucune autre espèce des mêmes gisements, J'ajouterar, en ce qui concerne la largeur de la fronde, que, sans parler d’une exagération possible des dimensions sur la figure de Mac Clelland, Oldham et Morris et Feistmantel ont observé, en mélange avec les formes étroites, des fragments de frondes de 14 et 15 millimètres de largeur, qui semblent bien appartenir au même type spécifique et d’après lesquels 11 est permis de penser que l’échanüllon de Mac Clelland représenterait simplement un spécimen exceptionnellement large du même type.
Je crois, en fin de compte, et étant donné le peu d'espoir qu'il parait \ avoir de retrouver Jamais l'échantillon type de Mac Clelland, que l’on peut tenir pour légitime lemploi du nom spécifique de spatulala pour l'espèce à laquelle Oldham et Morris ont appliqué ce nom, en considérant qu'il avait été insuffisamment défini par son auteur primitif et que ce sont ces derniers qui en ont précisé la signification. Mais je crois en même temps qu'il faut exclure de la synonymie les formes à nervures très fines et très serrées, qu'Oldham et Morris n’ont distinguées que comme var. multinervis, et qui, d’après ce qu'ils disent eux-mêmes, offrent un aspect tout différent. L'échanüllon figuré en 1881 par Feistmantel dans les Records of the Geological Survey of India me parait devoir être lui-même rapporté à cette forme plutôt qu’au type.
Quant à l'identification , que j'avais indiquée comme probable en 1882, avec le Tæn. Daintreei M'Coy®)}, la question me parait, malgré la très grande ressemblance des deux espèces, devoir être réservée jusqu’à plus ample imformé.
® Feistmantel, Fossil Flora of the Gondwana System, IT, part. 1, pl. XLI À, fig. 4. © Mac Coy, Prodr, Palæont. Victoria, Dec. 11, p.15, pl. XIV, fig. 1, 2.
Provenance.
Description
de l'espèce.
Remarques
paléontologiques.
Le Tœn. spalulata s'est montré assez répandu dans le système de Nagotna, en dehors duquel il n’a, jusqu'ici du moins, pas été rencontré.
Mines de Hongaÿ, système de Nagotna : entrée de la Rivière des Mines; Rivière des Mines, rive droite, première vallée; monticule rive gauche un peu
‘en aval de Claireville; mine de Carrère, toit de la couche Bavier; mine de
Nagotna, toit de la couche Bavier, mur de la couche Sainte-Barbe.
ile Hongay.
TÆNIOPTERIS NILSSONIOIDES n. sp.
PI. XV, fig. à à 4.
1882. Nilssonia polymorpha /eiller (non Schenk), Ann. des Mines, 1882, II, p. 319, pl. XI, fig. 15 (non fig. 16).
Frondes simples, à contour étroitement ovale-linéaire, arrondies à la base et au sommet, larges de 15 à So millimètres, longues de 8 à 20 centimètres et plus, brièvement pétiolées, à bords munis de dents obtuses saillantes de 1,5 à 2 nullimètres, au nombre de 3 à 7 par centimètre; rachis large de 1,5 à 3 mullimètres, finement plissé et cannele en travers, prolongé à la base en un pétole de 1 centimètre à 1,5 de longueur.
Nervures très élalées, habituellement peu visibles, au nombre de 10 à 15 par centimètre de longueur à leur origine, souvent divisées dès leur base en branches elles-mèmes une ou deux fois bifurquées, aboutissant au bord du limbe au nombre de 40 à 45 par centimètre de longueur. Surface du limbe marquée de plis transversaux au nombre de 10 à 15 par centimètre, souvent inégaux, deux plissements à saillie plus marquée comprenant alors entre eux un pli de moindre importance.
Ainsi qu'on le voit sur les figures 1 à 4 de la Planche XV, cette espèce se présente sous la forme de frondes simples, de taille variable, à limbe fortement plissé en travers, munies d’un court pétiole à leur base. Souvent, comme on peut le constater en divers points des figures 1 et 2, le contour de la
fronde semble tout à fait entier, et tel était le cas pour les empreintes que
j'avais eues en mains en 1882, provenant des récoltes de M. Fuchs. Mais sur
les échantillons mieux conservés on constate que le bord du limbe présente une série de dents triangulaires, à sommet obtus, souvent un peu imégales, bien visibles sur le fragment de fronde du haut de la figure 1 à gauche, sur la figure 3 et en divers points de la figure 2; quelquefois ces dents restent
engagées dans la roche et peuvent alors échapper à l'observation; mais quel-
quefois aussi, surtout vers la base des frondes, elles diminuent d'importance et disparaissent presque complètement, le bord du limbe ne présentant plus que de faibles ondulations à peine sensibles; tel est le cas pour la grande fronde de la figure 1 , qui, vers sa base du moins, a les bords presque absolument entiers.
La nervation est fréquemment à peu près indiscernable, et l’on est alors porté à croire que les plis transversaux du limbe correspondent à des nervures simples, comprenant entre elles des sillons rectilignes plus ou moins profonds; c’est ce qui m'avait, en 1882, fait attribuer au Milssonia polymorpha les quelques échantillons que j'avais eus de cette espèce, et dont aucun ne présentait les dents marginales si visibles sur plusieurs de ceux qui m'ont été ultérieurement envoyés. Mais lorsque la conservation est meilleure, on distingue, surtout dans la région marginale, de très fines nervures parallèles, espacées d'environ un quart de millimètre, bien visibles d’ailleurs sur la figure grossie 4 a, PI. XV; en suivant leur parcours, on les voit se réunir deux à deux et l’on reconnait qu'elles représentent les branches des bifurcations successives des faisceaux issus latéralement du rachis; mais, comme les plis du limbe s’accentuent à mesure qu'on se rapproche de l'axe de la fronde, il est rare qu'on puisse suivre ces nervures Jusqu'à leur origine. Cependant, sur quelques échantillons, par exemple sur le petit fragment de fronde à Himbe étroit de la figure 2, 2 a, On peut constater que la plupart de ces nervures se bifurquent dès leur base ou presque dès leur base, leurs branches se ramifiant à leur tour un peu plus loin; d’autres, au contraire, demeurent simples sur une certaine étendue avant de se bifurquer. Il semble bien que les plis du limbe correspondent aux faisceaux qui partent du rachis, les plis les plus larges portant les nervures bifurquées dès leur origine, et les plis plus étroits qu'ils comprennent souvent entre eux répondant aux nervures divisées seulement vers le tiers ou le milieu de leur parcours; les nervules issues de ces bifurcations se répartissent dailleurs, en s’écartant les unes des autres, sur les bords latéraux des plis et Jusque vers le fond des sillons, de sorte qu'au voisinage des bords de la fronde la disposition des nervures n’a plus de rapport avec le plissement.
Cette espèce se distingue facilement, par les dents marginales de son limbe, des autres Tæniopteris, qui ont tous des frondes à bord entier; mais, maloré ce caractère particulier, je ne crois pas qu'on puisse la placer ailleurs que dans le genre Tæniopteris, sa nervation étant absolument conforme à celle
d'un bon nombre des espèces de ce genre et offrant, notamment, une ressem-
Rapports
et différences.
Synonymie.
blance marquée avec celle du Tæn. Jourdyi, ainsi qu'avec celle du Tæn. Leclerei de la Chine, dont je parlerai plus loin et dont le limbe présente également des plissements très analogues à ceux qu'on observe chez le Tæn. nilssonioides.
Ainsi que je l'ai indiqué, je l'avais primitivement identifiée au Milssonia polymorpha Schenk, dont elle diffère en réalité à la fois par la dentelure de son limbe et par ses nervures plusieurs fois divisées en nervules très rapprochées, tandis que les Nilssonia ont des nervures simples; elle diffère également, par ce caractère de la nervation, du Milssonia brevis Brongniart), du Rhétien | de Hoer en Scanie, qui offre avec elle une certaine ressemblance d'aspect par les dents triangulaires obtuses qui bordent son limbe; mais ces dents, hautes de 1 centimètre et plus, et longues de 12 à 15 millimètres, ne sont nullement comparables à celles, beaucoup plus petites, du T'æn. nilssonioides; ce sont en réalité des lobes, plutôt que des dents, provenant d’une lacération du limbe à intervalles réguliers, et l’analogie est trop éloignée pour qu'il y ait lieu de s'y arrêter.
Sans doute la connaissance de appareil fructificateur serait nécessaire pour permettre d'affirmer sans réserve qu'on a bien affaire ici à une Fougère plutôt qu'à une Cycadinée à fronde simple; mais tout porte à croire qu'il en est ainsi, et l'espèce dont je viens de parler me parait, comme Je l'ai dit, devoir être, jusqu’à plus ample informé, classée dans le genre Tæniopteris, comme y constituant une forme spécifique nouvelle.
Des deux figures que J'avais publiées en 1882 sous le nom de Wilssonia polymorpha, une seule, la figure 15, appartient réellement à l'espèce que Je viens de décrire. Le deuxième échantillon, fig. 16, présentait, à peu de distance de ce qui m'avait paru être un rachis, une série de pelits tubercules poncliformes équidistants, que javais interprétés comme représentant le moulage des fossettes placées à l’origine des rigoles stomatifères dont j'avais constaté l'existence entre les nervures sur des échantillons authentiques de Nilssonia polymorpha de Pälsjé. N'ayant retrouvé ces tubercules sur aucun des nombreux échantillons de Tæn. nilssonioides qui m'ont été envoyés depuis lors, j'ai repris l'examen de l'échantillon de Hongaÿ que j'avais figuré jadis, et J'ai été amené à reconnaitre qu'il représentait, non pas l'empreinte d'u fragment de fronde ténioptéroïde, mais une portion de moule interne de Schizoneura Carrerei avec les petits tubercules contigus à l'articulation; une
®) Brongniart, Ann. d. se. nat., 1" ser., IV ;p: 218, pl: XII, fig. 4. — Cycadites Nilssonii Sternberg, Ess. F1. monde prim. , T, fasc. 4, p. 45, pl. XLVIL, fig. à.
interruption accidentelle de l'empreinte, exactement normale aux côtes longitudinales et située à peu de distance de Particulation, m'avait fait croire à l'existence d’un rachis émettant de part et d'autre, à angle droit, des nervures simples, rectilignes, telles qu'en possède précisément le Missonia polymorpha, et J'avais cru trouver ainsi dans cet échantillon la confirmation de ma détermination spécifique. En fait, le Nissonia polymorpha n'a pas été rencontré dans les formations charbonneuses du Tonkin, et je rectifie ici l'erreur que javais commise 1l y a vingt ans.
Le Tæn. nilssonioides à été trouvé sur divers points des mines de Hongaÿ comme de Kébao, mais il est surtout abondant à Kébao.
Mines de Kébao : région des ilots, couche G; mine Rémaury, couche Q; mine de Cai-Dai, plan 4, niveau 70, mur de la couche Q; mine de la Trainée verte, puits Lanessan, travers-bancs Nord, toit de la couche À, et mur de la couche Descenderie; système inférieur (Sarran), couche n° 1 {couche C); système supérieur, couche n° 2, galerie M {couche M); baie de l'Ouest.
Mines de Hongaÿ. Système de Hatou : découvert Hatou. — Système de Nagotna : mine de Nagotna, toit de la couche Marmottan.
Genre PALÆOVITTARIA F&rsrManTEL.
1876. Palæovittaria Feistmantel, Journ. Asiat. Soc. Bengal, XLV, pt. 11, p. 368.
Frondes simples, ovales-lancéolées ou ovales-spatulées. Nervure médiane nulle ou à peine visible, remplacée par un pli médian; nervures latérales nombreuses, fortement dressées, simples ou dichotomes.
PALÆOVITTARIA KURZI FeisrmanTeL.
PIXMP one
1876. Palæovittaria Kurzi Feistmantel, Journ. Asiat. Soc. Bengal, XLV, pt.11, p.368, pl. XIX, fig. 3, 4; Foss. FL. Gondwana Syst., Il, pt. it, p. g1, pl. XLIV A, fig. 1-4. Zeiller, Ann. des Mines, 1882, IL, p- 307, pl. XI, fig. 3.
Frondes simples, à bords entiers, à contour ovale-lancéolé ou ovale-spatulé , arrondies au sommet, graduellement rétrécies vers la base, dépourvues de pétiole, larges de 25 à 45 millimètres, longues de 12 à 15 centimètres.
Nervure médiane à peine visible, marquée seulement, sauf dans la région inférieure de la fronde, par un pli médian; nervures latérales fortement dressées,
JMPRIMERIE NATIONALE,
Provenance.
Description
de l'espèce.
Rapports
et différences,
légèrement arquées vers leur base, puis rectilignes, parfois un peu infléchies en avant à leur extrémité, les unes simples, la plupart une ou même deux Jois dichotomes, atteignant le bord du limbe sous un angle très aigu au nombre de 8 à 10 par centimètre de longueur.
Le seul échantillon de cette espèce qui ait été rencontré dans les couches charbonneuses du Tonkin est celui que J'avais figuré en 1882, et qui est représenté sur la figure 1 de la Planche XVE IT montre un fragment de fronde à nervure médiane à peu près indistincte, marquée cependant vers le milieu de la hauteur de l'échantillon par un pli longitudinal bien accusé. Les nervures secondaires, simples ou plus généralement divisées par dichotomie, apparaissent nettement, très obliques sur l'axe, et presque exactement rectilignes, sauf une légère incurvation à leur origine vers le bas de la fronde, et à leur sommet vers le haut. La fronde semble se rétrécir assez brusquement dans la région supérieure, mais un examen attentif montre que, du côté gauche, 1l y a un pli qui modifie la forme du contour, et que, du côté droit, le limbe ne se suit pas jusqu'au bord; ce rétrécissement n'est donc qu’apparent, mais on ne peut, l'échantillon étant incomplet, se rendre compte de la façon dont la fronde se terminait à son sommet.
Celles que Feistmantel a observées dans les couches de Ranigan] ont offert une terminaison arrondie, à contour en forme de demi-ellipse allongée, interrompu parfois par une échancrure médiane qui paraît due à une déchirure accidentelle; l'échantillon principal a montré sept de ces frondes rayonnant autour d'un centre commun, graduellement rétrécies vers le bas, et manifestement sessiles. Dans la région inférieure, la nervure médiane est représentée par une bande étroite, mal délimnée, des bords de laquelle partent les nervures latérales; elle disparait vers le tiers mférieur de la longueur pour faire place au pli longitudinal qui la représente dans la région supérieure. H parait probable que le limbe devait être assez épais, du moins dans sa région médiane, et que absence ou le peu de visibilité du rachis provient de ce que le faisceau médian était plus ou moins profondément noyé dans le parenchyme.
Cette espèce se distingue des autres Ténioptéridées par l'absence de nervure médiane ainsi que par la direction si fortement ascendante desnervures latérales.
Elle ne laisse pas de ressembler un peu, comme aspect général, au Glossopleris indica, mais elle en diffère à la fois par l'absence d’anastomoses entre ses nervures latérales et par linvisibilité de sa nervure médiane; en outre, chez le Gloss. indica, les nervures latérales sont plus fortement arquées et
moins obliques sur le bord du limbe, ainsi que le montre la comparaison des
grossies 1aet 2 a de la Planche XVI.
Cette espèce n’a été rencontrée qu'à Kébao; l'échantillon recueilli par
figures
Fuchs provenait, suivant toute probabilité, des aflleurements de la rivière
de Kébao.
Dictyoptéridées.
Frondes à nervation aérolée, à nervures anastomosées en un réseau plus
ou moins complexe.
On peut distinguer dans ce groupe, fondé sur le seul caractère fourni par l'anastomose mutuelle des nervures, deux sections, comprenant, l'une les types dans lesquels le réseau, formé par des nervures toutes de même ordre, ne présente que des mailles uniformes, l’autre les types à réseau complexe, formé par l'anastomose de nervures de divers ordres constituant des mailles d'importance différente, dont les plus petites renferment souvent des nervilles bifurquées à extrémités libres. Des quatre genres de Dictyoptéridées qui ont été observés dans les formations charbonneuses du Tonkin, exclusion faite des couches de Yen-Baï, un seul, le genre Glossopteris, appartient à la première de ces deux sections, les autres, genres Dictyophyllum et Clathropteris, et le Woodwardites microlobus appartenant à la deuxième.
Genre GLOSSOPTERIS Broncnrarr.
1828. Glossopteris Brongniart, Prodr., p. 54; Hist. veget. foss., 1, p. 222.
Frondes simples, entières, plus ou moins lancéolées, rétrécies vers leur base. Nervure médiane nette; nervures secondaires nombreuses, plus où moins arquées, se divisant par dichotomie et s'anastomosant en un réseau à mailles uniformes, polygonales, plus où moins allongées.
Ces frondes étaient portées par des rhizomes formés d’un axe central pourvu d'ailes longitudinales rayonnantes plus où moins nombreuses, dont chacune était unie à l'une ou à l’autre de ses voisines, de distance en distance, par des joints transversaux sur lesquels venaient s’insérer les organes foliaires. Ces rhizomes, désignés sous le nom générique de Vertebraria Royle, sont restés fort longtemps énigmatiques, et ont donné lieu à des interprétations fort diverses, jusqu’au jour où une série d'échantillons recueillis à Johannesburg m'a permis
Provenance.
d'établir la dépendance mutuelle de ces organes et des frondes de Glossopteris®), observations confirmées depuis lors par la découverte d’un certain nombre d’autres échantillons montrant également des frondes de Glossopteris encore attachées sur des Vertebraria®. Jai reconnu en même temps que ces rhizomes avaient dû porter des frondes de deux sortes, les unes de taille et de constitution normales, les autres beaucoup plus courtes, écailleuses, dépourvues de nervure médiane, quelquefois cependant un peu plus développées et tendant presque à passer à des frondes normales.
On n'a, jusqu’à présent, sur le mode de fructification des Glossopteris, que des renseignements très incomplets, encore que certaines empreintes, qui semblent bien devoir être considérées comme des frondes fertiles, aient montré des taches ponctiformes, alignées parallèlement à la nervure médiane entre celle-ci et le bord du limbe; il parait naturel de penser qu'il y avait là des sores arrondis, comparables à ceux des Polypodium, mais on n’a aucune certitude à cet égard, et, s’il s’agit bien de groupes de sporanges, on n’a dans tous les cas aucun indice sur la constitution de ceux-ci. La récolte de frondes fertiles bien conservées permettrait seule de se rendre compte de la place à donner aux Glossopteris dans la classification naturelle établie d’après la structure et la disposition des organes fructificateurs.
GLOSSOPTERIS INDICA Scrmper.
PI. XVI, fig. » à 5.
1830. Glossopteris Browniana, var. f indica Brongniart, Hist. veget. foss., 1, p.223, pl. 62, fig. 2. Bunbury, Quart. Journ. Geol. Soc., XVIT, p. 326, pl. VIF, fig. 1-4. Seward, Quart. Journ. Geol. Soc., LIT, p. 320, 321, pl. XXI, fig. 2, 3.
1836. Glossopteris Browniana Gæppert, Syst. fil. foss., p. 346 (pars), pl. XXT, fig. 10.
1869. Glossopteris indica Schimper, Trait. de pal. vég., 1, p. 645. Medlicott et Blanford, Manual Geol. India, p. 117, pl. V, fig. 4. Feistmantel, Foss. FI. Gondwana Syst., WI, pt. 1, p. 101, pl. XXIV A; pl. XXV A, fig. 1-3; pl. XXVI A, fig. 3; pl. XXVII À, fig. 3, 5; pl. XXXV A, fig. 4; pl. XXXVIII À, fig. 4; (an pl. XXIII À, fig. 10?; an pl. XXIX A, fig. 72); IV, pt. 1, p. 33; pt. 2, p. 27, pl. XIT A, fig. 2; pl. XIV A, fig. 7. Zeïller, Bull. Soc. Geol. Fr., 3° ser., XXIV, p. 366; p. 367, fig. 11, 12; p. 368, fig. 3; pl. XVII, fig. 1-3. Potonié, Foss. Pflanzen aus Deutsch-und Portug.-Ostafrika, p. 2; p.53, fig. 22. Zeiller, Palæont. indica, New Ser., If, pt. 1, p.8, pl. I, fig. 1-5; pl. Il, fig. 1-4: pl. IT, fig. 1, 3: fig. 4-15.
0 R. Zeiller, Comptes rendus Acad. Sc., CXXIT, p. 744-745, 23 mars 1896; Bull. Soc. Geéol. Fr., 3° sér., XXIV, p. 351-362, pl. XV.
® R. D. Oldham, Records Geol. Surv. India, XXX, p. 45, pl. HT. R. Zeiller, Palæontologia Indica, New series, Il, pt. 1, p.17. Newell Arber, Quart. Journ. Geol. Soc., LVITE, p. 8-9.
1876. Glossopteris communis Feistmantel, Journ. Asiat. Soc. Bengal, XLV, pt. 11, p. 375, pl. XXI, fig. 5: Foss. FL. Gondwana Syst., UE, pt. 1, p. 16, pl. XVII, fig. 1, 2; p. 53, pl. XXXI, fig.4, 5; pt. 11, p. 98, pl. XXIV A; pl. XXVI À, fig. 1, 4; pl. XXVII A, fig. 1; pl. XXIX A, fig. 4, 5, 9; pl. XXXII À, fig. 2; pl. XXXV A, fig. 1-3; pl. XXXVIA, fig.1,2; pl. XXXVII À, fig. 3, 4; pl. XXX VIII À, fig. 1,2; pl. XL A, fig. 4; IV, pt.1, p. 32, pl. XII, fig. 1; pl. XXI, fig. 13, 14; pt. 2, p. 10, pal A; het, 2; pl. XIA, fig. 6,8; pl. XIT A , fig. 1 (an fig. 5 b, 6 a2). R. D. Oldham, Manual Geol. India, 2° ed., p- 162; Rec. Geol. Surv. India, XXX, p. 45, 49, pl. I.
1882. Glossopteris Browniana /eiller, Ann. des Mines, 1882, IL, p. 313, pl. XI, fig. 1.
Frondes normales simples, à bords entiers, à contour général ovale-lancéolé, aiguës ou obtusément aiguës au sommet, graduellement rétrécies vers le bas, de taille très variable, longues de 1 2 à 40 centimètres, larges de 2,5 à 10 centimètres.
Nervure médiane nette, assez large vers le bas de la fronde, puis se rétrécissant peu à peu et disparaissant souvent à quelque distance du sommet ; nervures secondaires plus ou moins dressées, arquées à leur base, presque rectilignes et parallèles sur le reste de leur parcours, atteignant le bord du limbe sous un angle variable , généralement de 4o° à 60°, plus ou moins rapprochées, mais toujours assez nombreuses et assez serrées, anastomosées en mailles ordinairement allongces, polygonales ou trapézoïdales, habituellement plus larges au voisinage de la nervure médiane et se rétrécissant à mesure qu'on se rapproche du bord du limbe.
Frondes écailleuses affectant un contour plus ou moins rhomboïdal à angles latéraux arrondis, longues de 15 à 60 nullimètres, larges de 15 à 25 nullimètres. Nervure médiane nulle ou à peine indiquée ; nervures secondaires plus ou moins arquées, anastomosées en aréoles allongées.
Cette espèce a été trouvée au Tonkin représentée tant par des frondes normales que par des frondes écailleuses, mais rencontrées seulement, jusqu'à présent du moins, indépendamment les unes des autres, les premières à Kébao , et les dernières dans la région de Hongaÿ, principalement à Hatou. - Les frondes ainsi trouvées à Kébao affectent, comme on le voit sur la figure 2 de la Planche XVI, une forme allongée, à contour étroitement lancéolé, à sommet aigu ou obtusément aigu, à nervures latérales assez fortement dressées; elles concordent ainsi de tout point avec les formes indiennes à limbe étroit que Feistmantel avait comprises sous le nom de Gloss. indica, et avait tenté de distinguer des formes larges auxquelles il appliquait le nom de Gloss. communis. J'ai fait voir, en étudiant les échantillons du Transvaal et
de l'espèce.
Remarques
paléontologiques.
les échantillons mêmes de lInde, qu'au point de vue de la forme aussi bien qu'au pot de vue de la taille et de la nervation, 11 \ avait passage absolument insensible du Gloss. indica au Gloss. communis et qu'il était impossible d’établir entre ces formes une distinction spécifique. Si l'on n'a jusqu'ici rencontré au Tonkin que la forme étroite, cela peut tenir à ce qu’on n’a récolté de cette espèce qu'un nombre d'échantillons très restreint, insuffisant pour la représenter sous ses différents aspects.
Quant aux feuilles écailleuses, elles sont de même tout à fait semblables à quelques-unes de celles des gisements indiens que J'ai figurées dans la Palæontologia indica, notamment fig. 9 et 10, pl. IT; elles affectent, comme on le voit sur les figures 3 et 4 de la Planche XVT, une forme générale à peu près rhomboïdale, à sommet aigu ou obtusément aigu, à base large, à angles latéraux arrondis ; la région médiane en est occupée jusque vers le tiers ou le nulieu de la hauteur par un faisceau de fines nervures parallèles serrées les unes contre les autres, tendant même parfois, comme sur l'échantillon fig. 5, à se réunir en un cordon unique, et offrant un aspect identique à celui que présentent souvent à leur base les feuilles normales de Glossopteris, où la nervure médiane se dissocie à sa partie inférieure en filets parallèles plus ou moins rapprochés. Seulement, sur ces feuilles écailleuses, ces filets se disjoignent peu à peu à mesure qu'ils s’'éloignent de la base, et s'écartent les uns des autres en s'anastomosant entre eux, ainsi qu'on peut le voir sur les figures 3 et 3 a, PI. XVE. La forme et la disposition des mailles du réseau ainsi constitué sont, au surplus, tout à fait conformes à celles des feuilles normales, et 1l ne peut y avoir aucun doute sur lattribution. Cependant, n'ayant pas observé ces anastomoses sur les premiers échantillons que J'avais eus en mains en 1886, et les feuilles écailleuses des Glossopteris étant, d’alleurs, encore inconnues à cette époque, J'avais alors, d’après la forme de ces organes et d’après l'aspect général de leur nervation, pensé à un rapprochement avec les feuilles du genre Euryphyllum Feistmantel ); c'est seulement lorsque j'ai eu à ma disposition des échantillons plus nombreux et mieux conservés, el une fois que J'ai eu connaissance des feuilles écailleuses des Glossopleris, en particulier de celles du Gloss. indica, trouvées associées en abondance aux feuilles normales de cette espèce sur les échantillons de Reohal
(South Rewah) qui m'avaient été communiqués par le Geological Survey of
® Zeïller, Bull. Soc. Geol. Fr., 3° sér., XIV, p. 580.
India, que j'ai pu me rendre compte, sans hésitation, de la vraie nature de ces empreintes.
I peut paraitre assez singulier qu'à côté de ces feuilles écailleuses, assez abondantes à Hatou, du moins dans certains lits de schistes argileux, on ne rencontre pas de feuilles normales de Gloss. indica, étant donné surtout que, dans les autres gisements, ce sont en général les feuilles normales qui prédominent. Peut-être peut-on admettre qu’elles ne se développaient pas les unes et les autres à la même époque, et que, se succédant périodiquement, ce sont tantôt les feuilles normales et tantôt les feuilles écailleuses qui doivent prédominer, suivant le moment où s’est fait le dépôt. Peut-être encore peut-on penser que les Glossopteris, dont ces couches du Tonkin semblent constituer la limite géologique la plus élevée, étaient alors sur leur déclin et que, leur végétation étant moins vigoureuse, leurs feuilles ne prenaient plus que rarement leur développement normal et ne se présentaient plus guère que sous cette forme de frondes écailleuses. Mais on ne peut faire à cet égard que des hypothèses, sur lesquelles 11 est inutile d'insister.
I est à noter qu'on n’a rencontré jusqu'ici dans les formations charbonneuses du Tonkin aucun échantillon de Vertebraria, c'est-à-dire des rhizomes qui portaient ces frondes, soit normales, soit écailleuses, de Gloss. indica ; tout au moins n'en ai-je eu sous les yeux aucun spécimen nettement reconnaissable ; cependant quelques fragments, malheureusement très imparfaits, provenant de Hatou, me donnent lieu de présumer que, comme 11 parait naturel de le penser, l'absence des Vertebraria peut fort bien n'être que provisoire et imputable à une insuffisance de documentation.
Le Gloss. indica ne laisse pas de ressembler quelque peu au Gloss. Browniana proprement dit, et quelques auteurs, entre autres M. Seward, sont revenus dans ces derniers temps à lopmion primitive de Brongniart, et les regardent l'un et l’autre comme de simples variétés d’un type spécifique unique, auquel ils rattacheraient également le Gloss. anguslifolia. Ainsi que je lai dit ailleurs avec plus de détail, je crois qu’il y a lieu de maintenir la distinction spécifique admise par Schimper, le Gloss. Browniana me paraissant différer du Gloss. indica par ses frondes généralement spatulées et non lancéolées, arrondies au sommet, et par ses nervures plus arquées, beaucoup moins rectilignes et moins nettement parallèles entre elles, formant par leurs anastomoses des aréoles plus larges par rapport à leur longueur. En outre, les feuilles écailleuses qui
lui sont associées sont beaucoup plus petites, moins élargies en leur milieu,
Rapports et différences.
Synonymie.
Provenance.
et offrent dans leur nervation des différences analogues à celles que l’on observe sur les feuilles normales. Chez le Gloss. indica, les mailles formées par les nervures affectent généralement, par suite même du parallélisme de celles-ci, et quelque variable que soit parfois leur écartement, une forme nettement allongée par rapport à leur largeur, parfois presque trapézoïdale, qui ne permet guère la confusion avec le Gloss. Browniana.
J'avais cependant rapporté à ce dernier en 1882 l'échantillon qui avait été recueilli par Fuchs à Kébao, et qui était, il est vrai, assez incomplet et mal conservé; 1l montre toutefois une forme générale allongée, s’effilant vers le sommet de manière à devoir se terminer en pointe aiguë, qui ne permet pas de douter de son identité avec les autres échantillons trouvés depuis lors à Kébao et qui, maintenant que j'ai eu entre les mains de nombreux échanülons de l'une et de l’autre espèce, ne me laisse aucune hésitation sur son attribution au Gloss. indica.
J'ai rappelé plus haut les motifs qui m'ont amené à réunir le Gloss. communis et le Gloss. indica, et je ne puis ici que renvoyer aux détails que j'ai donnés ailleurs à l'appui de cette réunion.
Ainsi que Je lai dit tout à l'heure, les frondes normales et les feuilles écailleuses de cette espèce n’ont été trouvées jusqu'ici au Tonkin que séparées les unes des autres, à Kébao d'une part, dans la région de Hongay d'autre part.
Frondes normales : Mines de Kébao : puits Lanessan, travers-bancs Nord; rivière de Kébao.
Feuilles écailleuses : Mines de Hongaÿ, système de Hatou : Hatou, mur et toit de la Grande couche ; Gia-Ham.
Ile du Sommet Buisson, galerie Jean.
Genre WOODWARDITES Goprerr.
1856. Woodwardites Gœppert, Syst. fil., foss., p- 288.
Frondes (ou pennes primaires) bipinnées. Pinnules de taille moyenne, plus ou moins étalées, à bords généralement entiers, attachées par toute leur base et plus où moins soudées les unes aux autres. Nervure médiane nette, se prolongeant jusqu'au sommet des pinnules ; nervures secondaires anastomosées en un réseau formé d’abord d’une file de grandes mailles, allongées, les unes
le long du rachis, d’une pinnule à la suivante, les autres, dans chaque pinnule,
le long de la nervure médiane, puis d’une ou de plusieurs séries de mailles
plus petites comprises entre la première file d’aréoles et le bord du limbe.
En conservant ici, pour l'espèce que je vais décrire, le nom générique employé pour elle par Schenk, je ne puis m'abstenir de formuler quelques observations sur l'emploi de ce nom. Le nom de Woodwardites a été créé par Gæœppert pour y placer deux espèces de Fougères du Houiller inférieur de Waldenburg, qui ne sont certainement autre chose que des Lonchopteris, ainsi que, d’ailleurs, 11 l'avait lui-même soupçonné. Brongniart, en rectiliant plus tard l'attribution pour l'une d’elles, a admis néanmoins le nom de Gæppert en l'appliquant plus particulièrement à certaines espèces du Tertiaire) qui sont aujourd'hui reconnues pour de véritables Woodwardia. Dans le genre vivant, les nervures latérales, toutes de même importance, s’'anastomosent en un réseau à mailles uniformes, comprenant d’abord, le long de la nervure médiane comme le long du rachis lui-même , une première série de grandes aréoles allongées, bordées extérieurement par des aréoles plus petites ; quelquefois il n'y a même que celte série d’aréoles, des bords externes desquelles partent des nervures libres; en tout cas, un caractère constant consiste en ce que les aréoles contiguës au rachis s'étendent d’une pinnule à l'autre, quel que soit l’écartement de celles-ci, sans se subdiviser, aucune nervure ne se détachant jamais du rachis dans l'intervalle compris entre deux pinnules. Or, c’est précisément ce qui semble avoir lieu chez l'espèce dont je viens de parler, lorsque les empreintes n'en sont pas très finement conservées, et c'est à coup sûr ce caractère qui a déterminé Schenk à reprendre pour elle le nom générique de Woodwardites : les figures grossies publiées par Schenk en 1866 et par moimême en 1882 mdiquent en effet la nervation comme ainsi constituée, et c’est ce que semble montrer l'échantillon fig. 2 de la Planche XVIT, ainsi que la plupart des pennes de l'échantillon fig. 1. Mais sur les échantillons mieux conservés, tels que celui de la fig. 3, PL XVIT, on constate qu'à l'intérieur des mailles de ce réseau, disposé comme celui des Woodwardia, existent des nervures plus fines, dont quelques-unes subdivisent ces mailles, et particulièrement celles qui sont contiguës au rachis, en mailles plus petites, tandis que les autres se ramifient et se terminent par de courtes branches libres.
® Brongniart, Tableau des genres de végelaux fossiles, p. 30-31.
IMPRIMERIE NATIONALE
Il y a donc là un réseau complexe , avec l'existence duquel l'emploi du nom générique de Woodwardites ne parait guère compatible, puisque ce genre a été créé par Gæœppert et plus ou moins amendé par Brongniart pour y comprendre des Fougères à réseau de nervures formé de mailles uniformes. Si je le conserve néanmoins ici, au lieu de lui substituer un nom générique nouveau, c’est parce que Je serais assez disposé à penser que le Woodwardites microlobus pourra trouver sa place naturelle, lorsqu'il sera mieux connu, dans le genre Dictyophyllum, sans qu’il soit nécessaire de créer pour lui un cadre générique particulier : 11 n’est nullement impossible, en effet, que les fragments de pennes bipinnées par lesquels il est représenté proviennent de pennes primaires appartenant à des frondes pédalées, et ne différant de celles des Dictyophyllum actuellement connus que par leur degré de division plus élevé. Les Dictyophyllum n’ont, en général, que des pennes primaires simplement pinnatifides ou simplement pinnées; cependant le Dictyophyllum Münsteri est parfois, et accidentellement, bipmnatifide ou bipinné M), et chez le Dict. Schenki Nathorst (sp.), les pennes primaires sont normalement bipinnatifides ©) ; 11 est clair que le développement plus grand des lobes latéraux, devenant de véritables pinnules, ne saurait constituer un caractère générique, et qu'il n’y aurait rien de choquant à ranger dans le genre Dictyophyllum, à côté du Dict. Schenki à pennes primaires bipinnatifides, une espèce à pennes primaires franchement bipinnées comme le Woodwardites microlobus. Celui-ci n'offre d’ailleurs, ni dans sa nervation, n1 dans son mode de fructification , aucun caractère de nature à faire obstacle à son rattachement au genre Dictyophyllum, bien au contraire; mais Jusqu'à ce que lon sache s’il avait réellement les frondes pédalées, comme les ont tous les Dictyophyllum, 11 m'a paru qu'il était préférable de ne pas troubler l’homogénéité de ce genre si naturel en le lui attribuant prématurément, et que le nom générique de Woodwardites pouvait être conservé, mais à titre provisoire, en attendant que lon soit fixé, par la découverte d'échantillons plus complets, sur le mode réel de constitution des
frondes.
® Schenk, Foss. FI. der Grenzschichten, pl. XIV, fig. 6 (Thaumatopteris Münsteri, var. longissima Gœppert).
® Thaumatopteris Schenki Nathorst, Floran vid Hôqanäs och Helsingborg, p. 47 (Thaum. Brauniana Schenk, Foss. Flora der Grenzschichten, pl. XVW, fig. 1-4).
WOODWARDITES MICROLOBUS Screxx.
PI. XVII, fig. 1 à 5.
866. Woodwardites microlobus Schenk, Foss. F1. d. Grenzsch., p. 68, pl. XIII, fig. 11-15. Schimper, Trait. de pal. veg., 1, p. 638, pl. XXXIX, fig. 7-9. Zeïller, Ann. des Mines, 1882, II, p. 308, pl. XIT, fig. 3, 4. Raciborski, F1. retyck. Polski, p. 3, pl. Il, fig. 17.
Pennes primaires (ou frondes?) bipinnées, à rachis lisse ou faiblement strié en long, large de 1,5 à 2 millimètres, garni de pennes latérales simp'ement pinnées, espacées d’un même côté de 5 à 20 millimètres, bordé, dans l'intervalle compris entre elles, d’une étroite bande de limbe, et portant en outre au milieu de chaque intervalle, lorsque les pennes sont suffisamment espacées, une pinnule fixée directement sur lur.
Pennes secondaires très étalées, larges de 6 à 25 millimètres sur 5 à 10 centimètres de longueur, graduellement effilées vers le sommet, simples ou à peine lobées à leur extrémité, assez fortement contraclées à leur base, les pinnules contiquës au rachis étant insérées dans l'angle des deux rachis et notablement plus courtes que les suivantes.
Pinnules étalées, rétrécies vers le haut, arrondies ou obtusément aiguës au sommet, plus ou moins soudées entre elles à leur base, à bords quelquefois légèrement crénelés, parfois même munis de chaque côté de trois ou quatre lobes obtus plus ou moins saillants, espacées de 2 à 5 millimètres, larges de 1%,9 à > millimètres, longues de 6 à 13 millimètres.
Nervure médiane se suivant jusqu'au sommet des pinnules ; nervures de second et de troisième ordre anastomosées en un réseau complexe, composé d’abord d'une série de grandes mailles allongées le long du rachis, allant d’une pinnule à l'autre, parfois subdivisées par des traits transversaux plus fins en deux ou trois mailles consécutives, et d'une série de mailles plus courtes, polygonales, bordant de part et d'autre la nervure médiane, lanquées parfois, entre elles et le bord du limbe, d'une rangée de mailles plus petites, du contour extérieur desquelles partent des nervures libres aboutissant au bord du limbe. Nervures de dernier ordre se bifurquant à l'intérieur des mailles et s’y terminant en courtes branches libres, parfois se. continuant d’un bord jusqu’à l’autre de la maille et la divisant en mailles plus fines.
Pennes fertiles semblables aux pennes stériles; sporanges paraissant munis d'un anneau mcomplet, longitudinal ou très oblique, réunis en petits groupes
Remarques paléontologiques.
de 5 à 8 chacun, très rapprochés, couvrant presque toute la surface du limbe.
Les échantillons de Veitlahm en Franconie, sur lesquels Schenk a établi l'espèce, en montrent suflisamment les caractères principaux, bien qu'ils se composent seulement de fragments de pennes très mcomplets, pour que l’'idenüfication des empreintes du Tonkin ne puisse laisser place au doute. On \ voit d’une part le réseau principal d’aréoles, reproduisant presque exactement, ainsi que Je l'ai dit plus haut, la disposition caractéristique des Woodwardia vivants; on y remarque d'autre part, et Schenk n’a pas manqué de le signaler, bien qu'elles n'apparaissent pas avec une grande netteté (fig. 12 de sa pl. MH), les pinnules qui se trouvent fixées sur le rachis dans les intervalles compris entre deux pennes consécutives. Les échantillons recueillis jadis par M. Douzans à la mine Jauréguiberry, et dont les principaux, figurés déjà en 1882, sont reproduits à nouveau sur la Planche XVI, fig.1et5, m'ont permis de faire connaitre un peu mieux cette jolie espèce et de mettre mieux en évidence ce dernier caractère, de la présence, le long du rachis, de pinnules intercalées entre Îles pennes latérales; l'échantillon fig. 5 montre, ainsi que je l'ai dit alors, que ces pinnules intermédiaires disparaissent vers le sommet des pennes primaires, lorsque les pennes secondaires sont plus rapprochées les unes des autres. On remarque, sur ce même échantillon, que les pennes secondaires se terminent par une lame simple, les pinnules se réduisant peu à peu el se soudant en même temps les unes aux autres sur toute leur hauteur.
A leur base, les pennes latérales se montrent brusquement rétrécies, par suile à la fois du raccourcissement et de Pinsertion angulaire des deux pinnules les plus inférieures, ainsi qu'on le voit nettement sur les figures 2, 2 4, 3 et 3 b. Ce dernier échantillon, fig. 3, offre des pinnules de dimensions à peu près doubles, à la fois comme hauteur et comme largeur, de celles des échantillons fig. 1 et 2; quelques-unes d’entre elles ont les bords crénelés, et même presque lobés, et semblent tendre à devenir pinnatifides, de sorte qu'on peut se demander si des portions de frondes plus complètes n’offriraient pas un degré de division encore plus élevé.
La bonne conservation de cet échantillon m'a permis de reconnaitre la présence d’un réseau secondaire de nervures plus fines, disposées à l’intérieur des mailles, que Schenk n'avait pas observé et qui m'avait échappé également en 1882, bien qu'il soit possible de le distinguer sur quelques-unes des pennes
de léchantillon fig. 1, lorsqu'on les examine avec une attention plus soutenue. Cette nervation complexe, bien visible sur la figure 3 a, est de nature, comme je l'ai fait remarquer plus haut, à faire écarter tout rapproehement avec les Woodwardia, dont le réseau de nervures ne se compose que de mailles uniformes, et à faire penser qu’on a peut-être affaire ici à un Dictyophyllum ; la connaissance du mode de division des frondes permettra seule de trancher cette question de l'attribution générique, que j'ai discutée plus haut et sur laquelle il est mutile de revenir à nouveau.
Le bombement marqué des aréoles qui constituent le réseau principal, bien visible sur la plupart des empreintes de cette espèce, par exemple sur les figures 2, 2 a, de la Planche XVII, avait conduit Schenk à admettre qu'il s'agissait à d'échantillons fertiles, à sores allongés, les uns le long du rachis, les autres le long de la nervure médiane, et correspondant aux aréoles du réseau de nervures, comme chez les Woodwardia. Le fragment de penne fertile représenté sur les figures 4 et 4 a de la Planche XVIT montre qu'il n'en est pas ainsi : ce fragment, recueilli par M. Sarran à la vallée de POEuf, et signalé par moi en 1886 (1), se trouve à la surface d’une plaque de schiste qui porte d’autres fragments de pennes semblables, mais stériles, ou du moins vus en dessus, et facilement reconnaissables à leur nervation pour des pennes de Woodwardites microlobus. Celui-ci est vu par sa face inférieure, ou plus exactement montre l'empreinte laissée sur la roche par la face inférieure du limbe ; de part et d’autre de la nervure médiane de chaque pinnule, on distingue de petits groupes de sporanges très rapprochés les uns des autres et couvrant presque toute la surface du limbe, compris toutefois à l’intérieur de mailles affectant précisément la disposition caractéristique du Woodwardites microlobus; la forme et la dimension des pinnules, leur étalement presque à angle droit sur le rachis, ne laissent d’ailleurs aucun doute sur l'attribution spécifique, que viendrait encore confirmer, s’il en était besoin, le brusque raccourcissement des deux pinnules basilaires, exactement conforme à celui qu'on observe sur l'échantillon fig. 2, 2 a. Examinés sous un grossissement suffisant, ces sporanges paraissent être au nombre de 5 à 8 dans chaque groupe; 1ls sont trop rapprochés, trop pressés les uns contre les autres, pour qu'on puisse se rendre un compte exact de leur forme et de leurs dimensions,
mais On voit qu'ils sont munis d’un anneau nettement différencié, formé d’une
® Ball. Sec. Géol. Fr., XIV, p. 578.
Rapports
et différences.
Provenance.
seule file de cellules. Il est plus que probable, d’après l'examen de ces empreintes (fig. À a’), que cet anneau était incomplet, et qu'il était disposé longitudinalement, ou du moins suivant un plan très oblique sur l'axe du sporange. L'aspect général est exactement conforme à celui qu'offriraient des sporanges de Polypodiacées; mais il est impossible, sur de telles empreintes, de distinguer si les caractères de détail sont ceux de sporanges de Polypodiacées véritables, ou bien de sporanges de Diptéridinées, les différences qu'il \ a entre les uns et les autres étant déjà quelque peu difhciles à saisir sur le vivant, Ce qui n’est pas douteux, c’est qu'il y a concordance complète avec ce qu'on observe sur le Dictyophyllum Nathorsti (PI. XXVE, fig. 3, 3 a, 3 b, 3 c) et que les sores présentent, dans leur disposition et leur constitution, les caractères essentiels de ceux des Diptéridinées. I y a donc là un mouf de plus pour penser que le Woodwardites microlobus pourra bien venir un jour prendre place dans le genre Dictyophyllum.
Cette espèce ne peut être confondue avec aucune autre, présentant à la fois les caractères d’un Pecopteris par le mode d’attache, la forme et la taille de ses pinnules , et les caractères de nervation des Dictyoptéridées à réseau complexe. I est extrémement probable, d’après ce que lon connait maintenant de son mode de fructification, que sa place naturelle est dans la famille des Diptéridinées.
Le Woodiwardites microlobus n'a été rencontré jusqu'ici au Tonkin que dans la région de Hongay.
Mines de Hongay. Système de Hatou : Hatou, Grande couche; mine Jau-
réguiberry. Système de Nagotna : vallée orientale de l'OEuf, couche près d’une petite ile.
Île du Sommet Buisson, galerie Jean.
Genre DICTYOPHYLLUM Lnozey Er Hurrox.
1831. Dictyophyllum Lindley et Hutton, Foss. F1 Gr. Brit., I, p. 66. Frondes pédalées, à rachis primaire divisé dès le sommet du pétiole en
deux branches divergentes de longueur variable, du bord supérieur desquelles
se détachent successivement les rachis des pennes primaires, plus ou moins
® A, C. Seward and El. Dale, On the structure and affinities of Dipteris, with notes on the geological history of the Dipteridine , p. 00, pl. 48, fig. 11-16.
nombreuses, disposées en éventail. Pennes primaires simplement pinnées ou pinnatifides tantôt libres dès leur base, tantôt plus ou moins longuement soudées, à segments latéraux généralement soudés entre eux sur une longueur variable, quelquefois entièrement libres, à bords entiers, ou parfois crénelés ou ondulés , plus rarement munis eux-mêmes de lobes plus ou moins développés.
Nervation aréolée complexe. Segments des pennes primaires pourvus d’une nervure médiane très nette atteignant jusqu'à leur sommet, de laquelle partent des nervures latérales plus ou moins flexueuses, qui ne se suivent généralement pas jusqu’au bord du limbe, et s'anastomosent mutuellement en un réseau formé d’abord d’une série de grandes mailles, contiguës tant au rachis de la penne qu’à la nervure médiane de chaque segment, et d’une ou de plusieurs séries de mailles plus petites comprises entre cette première série de grandes mailles et le bord du limbe. Mailles du réseau principal subdivisées elles-mêmes en mailles plus petites, par des nervures plus fines, dont les dernières branches se terminent généralement en nervilles hibres à l'intérieur des mailles de dernier ordre.
Sporanges annelés, réunis en sores ponctiformes peu fournis, mais très nombreux, paraissant fixés sur les dernières ramifications des nervures.
Le genre Dictyophyllum parait constituer un groupe tout à fait naturel, les espèces qui y sont comprises offrant les mêmes caractères, aussi bien, sembletil, en ce qui regarde la disposition et la constitution des organes fructificateurs, qu'en ce qui regarde le mode de découpure des frondes. Celles-ci peuvent, il est vrai, offrir quelquefois une apparence palmée plutôt que pédalée, comme c’est le cas, par exemple, chez le Dictyophyllum Nilssonr Brongniart (sp.)(); mais un examen un peu attentif montre que toutes les pennes primaires ne partent pas exactement du même point et qu'elles affectent en réalité une disposition pédalée, s'msérant seulement sur des branches extrèmement courtes du rachis primaire. Le plus souvent, les branches issues de la bifurcation du rachis s’allongent très notablement, portant alors chacune un nombre de pennes très élevé, ainsi que cela a lieu chez le Dictyophyllum exile Brauns (sp.)®) et chez le Dict. Nathorsti dont il sera question un peu plus
® Nathorst, Bidrag till Sveriges fossila Flora, pl. VIT, fig 1. ® Nathorst, Sveriges Geoloqi, I, p- 166.
loin {voir notamment les Planches XXII et XXIV). En tout cas, quels que soient le développement des branches du rachis et le nombre des pennes qui viennent s’'insérer sur leur bord, ces deux branches s’écartent presque toujours l'une de l’autre suivant deux directions diamétralement opposées; parfois méme l'angle de divergence dépasse 120°, et la forme générale est celle d'un croissant ou d’un V plus ou moins ouvert, dont le bord interne est constitué par les bords inférieurs du rachis, le bord externe ou convexe étant OCCupÉ par la lame foliaire continue formée par la soudure mutuelle des pennes primaires, du moins chez les espèces où ces pennes ne sont pas libres dès la base, comme elles le sont, par exemple, chez le Dict. exile; c’est ce qu'on peut voir notamment d’une façon très nette sur différentes figures se rapportant au Dictyophyllum acutilobum Schenk G), au Dict. serratum Kurr (sp.)®), au Dict. Nilssoni Brongniart (sp.)®), et mieux encore peut-être sur la Planche XXIIT du présent travail, représentant le Dict. Nathorsti, où le limbe se développe en éventail sur plus de trois quarts de circonférence. II est à noter que, contrairement à ce qui a lieu sur les empreintes de Laccopleris, où la disposition des pennes est la même, au moins morphologiquement, le pétiole ne se trouve presque jamais contenu dans le même plan que la fronde et n'apparait pas entre les pennes extrèmes, suivant la bissectrice de l'angle formé par les deux branches du rachis : ou bien il parait absent, ou bien on le trouve replié sous le limbe, suivant une direction diamétralement opposée à celle qu'il semblerait devoir occuper, comme sur l'échantillon de la Planche XXIIT. Les pennes primaires médianes n'étaient donc pas dressées suivant le prolongement plus ou moins direct du pétiole, comme chez le Matonia pectinata Br. et chez les Laccopteris, mais rabattues vers le bas, avec incurvalion ou torsion plus ou moins forte du rachis, comme l’a admis M. Nathorst dans la restauration qu'il a donnée du Dict. exile ), ou bien peutêtre toutes les pennes s’étalaient-elles dans un plan à peu près horizontal, plus ou moins perpendiculaire au pétiole, conformément à ce qu'on observe souvent chez l’Adiantum pedatum L. de la flore actuelle.
Chez toutes les espèces dont on a pu observer des échantillons fertiles, on
a constaté la présence de sores ponctiformes très nombreux, répartis sur toute
Schenk, Fossile Flora der Grenzschichten , pl. XX, fig.-1.
® Camptopteris serrata, Schimper, Traité de paleontologie végétale, pl. XLIF, fig. 4 ® Nathorst, Bidrag till Sveriges fossila Flora, pl. VIF, fig. à
® Nathorst, Sveriges Geologi, I, p. 166.
la surface du limbe, paraissant fixés, vers le centre des mailles de dernier ordre, sur les branches terminales des nervures, et composés d’un petit nombre de sporanges ovoides pourvus d’un anneau nettement diflérencié, à un seul rang de cellules. La direction et l'étendue de cet anneau n’ont pu être exactement déterminées, les sporanges étant étroitement pressés les uns contre les autres et plus ou moins déformés, mais il est douteux qu'ils aient eu, comme l’ont admis Gœppert et Schenk, un anneau complet; il parait plus probable, au contraire, qu'ils étaient pourvus d’un anneau incomplet, longitudinal ou oblique, comme l’a indiqué M. Raciborski 1), et attribution qu'ont faite MM. Seward et Dale des Dictyophyllum au groupe des Diptéridinées semble absolument justifiée.
I n’est peut-être pas sans intérêt de faire remarquer, à l'appui de cette attribution, que certans Dictyophyllum à pennes primaires soudées entre elles à leur base paraissent avoir eu, comme le Dipteris conjugata ou le Dipt. Wallichi, des frondes dinudiées, à limbe partagé, par une échancrure médiane descendant jusqu'au sommet du pétiole, en deux moitiés symétriques, indépendantes l’une de l'autre. H semble en effet en être ainsi pour un des échantillons de Dict. acutilobum figurés par Schenk P), et c’est, en tout cas, ce qui a lieu chez le Camptopteris Münsteriana figuré par Gœppert %), dans lequel je serais porté à voir un Dictyophyllum plutôt qu'un Clathropteris, et que Brongniart avait, dès 1849 (, comparé au Dipteris conjugata, à raison précisément de la biparttion de sa fronde.
Le genre Dictyophyllum s'est montré représenté au Tonkin par quatre espèces, dont trois offrent cette particularité, qu'il n’est peut-être pas inutile de signaler immédiatement, de ressembler beaucoup à des espèces du Rhéüen d'Europe, sans pouvoir cependant leur être identifiées spécifiquement; il semble que l'on ait affaire là à des formes locales, issues d’une même souche que les espèces européennes correspondantes, mais ayant subi une évolution indépendante et quelque peu différente.
® Raciborski, Flora kopalna ogniotrwalych glinek Krakowskick , p- 47-48 ( Dict. cracoviense). ® Schenk, Fossile Flora des Grenzschichten, pl. XX, fig. 1. ® Gæppert, Mänster's Beiträge zur Petrefactenkunde, VI. Heft, pl. LL, fig. 3.
i 2 CT: .
® Brongniart, Tableau des genres de végétaux fossiles, p. 31.
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Description de l'espèce.
Remarques
DICTYOPHYLLUM FUCHSI Zerzer.
PI. XVIII, fig. 1, 2.
1882. Polypodites Fuchsi /eiller, Ann. des Mines, 1882, Il, p. 309, pl. X, fig. 4 (non pl. XII, fig. 6).
Pennes primaires simplement pinnées, à rachis lisse, large d'environ 2 millimètres. Pennes secondaires étalées, alternes ou subopposées, espacées d’un même côté de 7 à 18 millimètres, ne se touchant pas par leurs bords, mais élargies et légèrement confluentes à la base, à contour linéaire, à bords parallèles, entiers ou parfois légèrement ondulés ou crénelés, à sommet arrondi ou obtus, longues de 2 à 13 centimètres sur 3 à 8 millimètres de largeur.
Nervure médiane de chaque penne très nettement marquée en creux sur la face supérieure du limbe, se suivant jusqu’au sommet. Vervures secondaires élalées, assez rapprochées, plus où moins flexueuses, simples ou bifurquées, se suivant presque jusqu'au bord du limbe. Réseau formé par lanastomose des nervures de dernier ordre divisé en mailles polyqonales de petites dimensions renfermant des nervilles libres.
Il n’a été recueilli de cette espèce qu'un nombre assez restreint d’échanüllons, dont les meilleurs sont en partie représentés sur les figures 1 et 2 de la Planche XVIIL. Celui de la figure 1 montre, épars les uns à côté des autres, d'importants fragments de quatre pennes primaires diversement orientés, dont trois seulement sont visibles sur la figure; lun d’eux, qui occupe la région centrale de la figure, consiste en une portion terminale de penne primaire, dont on voit les segments latéraux devenir de plus en plus courts et de plus en plus obliques sur le rachis à mesure qu'on approche du sommet. Un autre fragment, à segments latéraux un peu plus grands, est représenté au bas de la figure par quatre de ces segments. Le troisième ne montre son rachis que sur une étendue restreinte, au bord de la figure, du côté droit, un peu au-dessus du milieu; il provient d’une penne primaire de plus grande taille dont les segments latéraux mesurent jusqu’à 13 centimètres de longueur; lun d'eux a été dégagé jusqu’à son extrémité et apparait pourvu, un peu au delà de son milieu, de lobes latéraux arrondis, plus où moins saillants, tout à fait analogues à ceux que Gœppert a signalés sur le Dict. Münsteril). Sur tous ces fragments de
2 Thaumatopteris Münsteri, var. longissima Gœppert, Genres de plantes fossiles, Livr. 1-2, p. 1,
pl. UT, fig. 2.
pennes, les segments latéraux s'élargissent à leur base et se soudent les uns aux autres, mais très faiblement, comprenant entre eux, suivant leur direction plus ou moins oblique, des sinus tantôt aigus et tantôt arrondis.
L'échantillon de la figure 2 porte des fragments de trois pennes à rachis presque parallèles, à segments plus courts que ceux de la figure 1 et un peu plus larges proportionnellement; au fragment supérieur se superpose, dans une direction différente, un fragment d’une autre penne à segments beaucoup plus réduits, qu’on pourrait croire, par suite de cette superposition, pourvu de segments singulièrement inégaux d'un côté à l’autre.
Les figures grossies 1 &, 2 a, 2 a’, reproduisent le détail de la nervation, composée d’'aréoles polygonales d'assez petite taille, à peu près isodiamétriques, à l'intérieur desquelles on distingue des nervilles Hibres qui souvent, notamment sur l'échantillon de la figure 2, paraissent légèrement renflées à leur extrémité. Bien que les traits qui circonscrivent ces aréoles soient tous à peu près d’égale force, on voit cependant, avec un peu d'attention, même sur l'échantillon de la figure 2, où elles sont un peu moins accusées, ressortir avec netteté les nervures secondaires issues directement de la nervure médiane de chaque segment; ces nervures, ainsi qu'on peut le voir sur la figure 1 4, se suivent pour ainsi dire sans déviation, sauf parfois quelques inflexions légères, presque Jusqu'au bord du limbe, les unes demeurant simples, les autres se bifurquant vers le premier tiers ou le milieu de leur parcours.
Aucun des échantillons recueillis n’a offert de fructifications.
La netteté avec laquelle se suivent les nervures secondaires, l'absence apparente de grandes aréoles plus accentuées le long de la nervure médiane, m'avaient conduit, en 1882, à rapprocher cette espèce des Polypodium du groupe Phymatodes plutôt que des Dictyophyllum, malgré 1es analogies qu'elle offrait avec certaines espèces de ce genre, et à la classer provisoirement sous le nom générique de Polypodites. L'examen des échantillons plus nombreux et plus complets que j'ai reçus depuis lors m'a convaincu qu'il s'agissait bien là d’une forme spécifique du genre Dictyophyllam et que la dénomination générique devait être rectifiée; il est impossible en effet de méconnaitre, lorsqu'on examine l'échantillon fig. 1, PI. XVII, la ressemblance marquée qu'il
présente avec le T'haumatopteris Münsteri GœppertÜ), que tous les auteurs,
® Gœppert, Genres de plantes fossiles , livr. 1-2, p- 1, pl. 1, fig. 2; pl. I, fig. 1-4; pl. IU, fig. 1, 2. Schenk, Foss. Flora der Grenzschichten , p- 69, pl. XIV, fig. 6; pl. XV, fig. 1-3.
Rapports
et différences.
d'accord avec M. Nathorst), rattachent aujourd’hui au genre Dictyophyllum ; 1 présente exactement le même aspect, avec des variations identiques, consistant dans la présence accidentelle de lobes le long des segments latéraux ou, du moins, de certains d’entre eux. La nervation seule diffère, le Dict. Münsterti offrant des aréoles enchevêtrées, entre lesquelles 11 est impossible de suivre le parcours des nervures secondaires, ces nervures se bifurquant à peu de distance de leur origine sous des angles largement ouverts pour s’anastomoser avec leurs voisines et donner ainsi naissance à un réseau d'apparence plus complexe que celui qu’on observe sur les échantillons du Tonkin dont il est ici question. D'autre part, ce caractère, des nervures secondaires se suivant sans déviation sensible presque jusqu'au bord du limbe, se retrouve chez le Duct. Remauryi dont 1l va être parlé plus loin et dont l'attribution générique ne saurait donner prise à un doute; le Dict. Fuchsi a, d'ailleurs, des affinités marquées avec le Dict. Remauryt, aussi bien qu'avec le Pict. Münsteri, au point de pouvoir être parfois presque confondu avec l’un ou avec l'autre d’entre eux, et il a nécessairement sa place à côté d’eux dans le même cadre générique.
Comparé au Dict. WMünsteri, 1 en diffère par ses segments plus rapprochés, moins largement soudés cependant les uns aux autres, et un peu moins effilés vers leur sommet; mais le caractère distinctif principal est celui que fournit la nervation et sur lequel j'ai suffisamment insisté tout à l'heure pour n'avoir pas besoin d’y revenir.
est, par rapport au Dict. Remauryi, beaucoup moins développé dans toutes ses parties, et la confusion n’est possible qu'avec les régions terminales des pennes primaires de ce dernier, telles, par exemple, que l’échantillon fig. 3, PL. XX, ou que celui que j'ai précisément figuré à tort en 1882 sous le nom de Polypodites Fachsi; mais, chez le Dict. Fuchsi, les segments latéraux paraissent demeurer toujours plus espacés et moins largement soudés à la base qu'ils ne le sont chez le Dict. Remauryt au voisinage du sommet des pennes primaires; de plus, l'existence du lobe qui existe chez ce dernier, dans la.région moyenne des pennes, entre deux segments consécutifs, est rappelée encore, au voisinage du sommet, où le lobe lui-même disparait, par la présence, entre les segments, d’une forte nervure simple où bifurquée, parfois de deux nervures, dont on n’observe, à la même place, aucune trace chez le Duct. Fuchst.
Nathorst, Bidrag till Sveriges fossila Flora, p. 29.
Ainsi que je viens de l'indiquer, il faut rayer de la synonymie l’une des figures que J'ai publiées en 1882, et qui représente, en réalité, un fragment de la portion terminale, à segments beaucoup plus rapprochés et tout à fait contigus, d’une penne primaire de Dict. Remauryt.
Le Dict. Fuchsi s'est montré en divers points de la formation charbonneuse du Bas-Tonkin, mais toujours peu abondant.
Mines de Kébao : mine Rémaury, mur de la couche U.
Baie de Hongay, ile du Sommet Buisson, galerie Jean.
Mines de Dong-Trieu : concession Schædelin; Lang-Sän (Lam-Xäà?); périmètre Émile, mur de la couche B.
DICTYOPHYLLUM REMAURYI n. sp.
PL. XIX, fig. 1, 23 PL XX, fig. à a 43 PL XXI, fige 2, 2. 1882. Dictyophyllum Nilssoni Leïller (non Brongniart sp.}, Ann. des Mines, 1882, Il, p. 311, pl. X, fig. 7.
1882. Polypodites Fuchsi Zeiller, Ann. des Mines, I, pl. XIT, fig. 6 (non pl. X, fig. 4).
Pennes primaires profondément pinnatifides, probablement assez peu nombreuses, atteignant au moins 70 centimètres à 1 mètre de longueur sur 20 à 4o centimètres de largeur, graduellement rétrécies vers le bas, plus ou moins soudées entre elles à la base; à rachis lisse ou strié longitudimalement, large de 1"%,5 vers le haut à 4 ou 5 millimètres à la partie inférieure.
Pennes secondaires très étalées, alternes ou plus souvent subopposées, espacées d’un même côté de 7 à 45 millimètres, ne se touchant généralement pas par leurs bords, se rétrécissant peu à peu de la base au sommet, arrondies à leur extrémité, à bords entiers ou munis de crénelures arrondies faiblement saillantes, longues de 4 à 25 centimètres sur 7 à 30 millimètres de largeur à leur partie inférieure, réunies entre elles à leur base, par une bande de limbe de 7 à 20 millimètres de largeur souvent un peu proéminente entre elles sous forme de lobe arrondi. |
. Nervure médiane de chaque penne très nettement marquée, se suivant jusqu'au sommet. Vervures secondaires assez étalées, généralement bifurquées, à partir de leur tiers inférieur, en deux branches dirigées vers les échancrures du limbe. Reseau formé par lanastomose des nervures comprenant d'abord de grandes mailles polygonales bordant le rachis des pennes primaires et la nervure
mediane des pennes secondaires, puis d’autres un peu moins grandes entre
Synonvmie.
Provenance.
Description
de l'espèce.
Remarques
paléontologiques.
celte premiére série de mailles et le bord du limbe, ces diverses mailles se subdivisant elles-mêmes en mailles plus petites, dont les dernières renferment des nervilles libres; grandes mailles contiquès au rachis des pennes primaires habituellement au nombre de trois entre deux pennes latérales, les deux extrêmes allongées, plus où moins rectangulaires, l'intermédiaire, correspondant au lobe séparalif des pennes, polygonale, à peu près isodiamétrique, parfois absente, surtout vers le haut des pennes primaires, remplacée alors par une forte nervure bifurquée presque dès sa base ou quelquefois simple. s
Pennes fertiles semblables aux pennes stériles; sporanges groupés en sores ponctüformes peu fournis, mais très nombreux, fixés sur les dernières branches des nervures.
Cette espèce, l'une des plus belles de la flore fossile, a été trouvée en assez grande abondance à Kébao, représentée par des fragments étendus de pennes primaires qui permettent de se rendre compte des dimensions de ces pennes et des variations qu’elles pouvaient offrir de leur base à leur sommet. Le plus considérable de ces fragments est en partie représenté sur les figures 1 et 2 de la Planche XXI; il consiste en une portion de penne de 0", 60 de longueur, dont le tiers inférieur et le tiers moyen ont seuls été représentés; à l'extrémité supérieure, le rachis mesure encore 2 millimètres de largeur et l’espacement des pennes secondaires n’est pas sensiblement diminué; 11 n’est pas douteux que cette penne, dans son enter, dépassait 1 mètre de longueur. Aucune des 32 pennes latérales qu’elle porte {17 à gauche et 15 à droite) n’est complète; mas un autre échantillon, celui de la figure 2, PI. XIX, montre que ces pennes atteignaient, dépassaient même probablement 25 centimètres de longueur; elles sont quelque peu tordues à leur extrémité, mais on voit cependant sur quelques-unes d’entre elles, ainsi que sur divers autres fragments, qu’elles se termmaient en pointe arrondie. Cet échantillon de la Planche XIX, fig. 2, n'a pu, comme celui de la Planche XXI, être représenté qu'en partie : il montre d’un côté 10 et de l’autre 1 1 pennes secondaires, dont l’écartement varie graduellement de 34 à 20 millimètres, pour une longueur totale du rachis égale à 28 centimètres. On peut amsi, d’un échantillon à l’autre, suivre le rapprochement graduel des pennes latérales à mesure qu'on s'élève vers la région supérieure des pennes primaires, l'échantillon fig. 4, PI. XX, avec ses pennes distantes de 18 à 16 millimètres, correspondant à une moindre distance du sommet, et l'échantillon fig. 3, PL XX, où l'écartement se réduit
peu à peu de 13 millimètres jusqu'à > et même à 4 millimètres, appar-
tenant évidemment à la région terminale , au voisimage immédiat de l'extrême sommeL.
En sens inverse, l'échantillon fig. 1, PL. XIX, fait voir les variations que présentent les pennes primaires du côté de leur base, les pennes latérales se raccourcissant rapidement, si bien que les plus basses ne sont plus représentées que par de larges lobes arrondis à peine saillants, variations qu'on retrouve sur les échantillons fig. 1 et 2 de la Planche XX, recueillis à Hatou, et dont le derniet, celui de la figure 2, montre que les pennes primaires se soudaient les unes aux autres à la base et venaient s'attacher en disposition pédalée sur le bord d’un rachis commun de 7 à 8 millimètres de largeur. Ce dernier échantillon , que je dois à lobligeante amabilité de M. Bavier-Chauffour, atteste ainsi que les frondes de cette espèce étaient réellement constituées sur le plan habituel des frondes de Dictyophyllum, malgré le très grand développement de leurs pennes primaires, dans lesquelles on eût pu être tenté de voir des frondes complètes; mais il est à présumer que, comme chez le Dict. Nilssoni, auquel le Dict. Remauryi ne laisse pas de ressembler quelque peu, le nombre des pennes primaires devait être assez réduit.
L'examen des échantillons recueillis, et simplement même des diverses figures des Planches XIX à XXI, montre que les pennes latérales, non contiguës dans la région inférieure et moyenne des pennes primaires et comprenant entre elles une sorte de lobe plus ou moins saillant, deviennent tout à fait contiguës à l'extrémité supérieure, ce lobe intermédiaire diminuant peu à peu et finissant par disparaitre complètement. En même temps, le bord des pennes devient graduellement tout à fait entier et rectilione, les crénelures plus ou moins accentuées dont 1l était muni dans les régions inférieure et moyenne s'atténuant insensiblement et finissant par ne plus se manifester.
Exammé au point de vue de la nervation, le Dict. Remauryi présente à la fois le réseau complexe caractéristique des Dictyophyllum, à grandes mailles polygonales alignées le long des rachis et de la nervure médiane { voir notamment PI. XXE, fig. 1 aet 2 a), et les nervures secondaires nettement accentuées se suivant presque sans déviation jusqu'au voismage du bord du limbe, que far signalées chez le Dict. Fuchsi. Ces nervures sont bien visibles notamment sur les échantillons fig. 2, PI. XIX ; fig. 3, PL XX, et fig. 1 et 2, PI. XXI; on voit sur ces figures qu'en général elles se bifurquent à peu de distance de leur base, et que la branche postérieure, qui souvent est en prolongement immédiat du tronc commun, se dirige vers l'échancrure du limbe la plus rapprochée,
tandis que la branche antérieure, infléchie en avant, se dirige vers l’échancrure suivante; mais l’une et l’autre branche se ramifient et s'unissent aux branches les plus rapprochées des nervures voisines sans atteindre jusqu’au bord même du limbe.
A la base de chaque penne, la branche postérieure de la première nervure se dirige parallèlement au rachis, formant le bord d'une grande aréole à contour souvent presque rectangulaire, limitée, à peu près vers le milieu de l'intervalle compris entre les deux pennes consécutives, par une aréole généralement hexagonale, formée par deux nervures partant directement du rachis en regard du lobe intermédiaire aux deux pennes. Le rachis se trouve ainsi bordé, sur la plupart des échantillons, ainsi qu’on le voit nettement sur les figures 1 et 2 de la Planche XXT, par une série de grandes mailles disposées par trois dans chaque intervalle, la supérieure et linférieure allongées, l'intermédiaire plus courte et polygonale. Vers le haut des pennes primaires, cette maille intermédiaire se rétrécit en même temps que le lobe auquel elle correspond (fig. 3 a, PL XX); souvent même elle disparait, sa place restant marquée seulement par une nervure d'abord bifurquée presque dès sa base, puis simple, qui finit, au voisinage du sommet, par ne plus guère se distinguer des autres veines du réseau général.
Vers le bas des pennes primaires, il semble, d'après ce que l'on voit sur l'échantillon fig. 1, PL. XX, que le lobe intermédiaire aille au contraire en se développant, ne le cédant qu'à peine en importance aux pennes voisines, et présentant une nervure médiane nette; mais les échantillons qui montrent les bases de pennes sont à la fois trop peu nombreux et trop incomplets pour qu'on puisse suivre avec précision les modifications tant de la nervation que du mode de division du limbe.
Des divers échantillons recueillis, un seul s’est trouvé fructifié, à savoir, le grand fragment de penne de la Planche XXI, qui, un peu au-dessous du tiers inférieur de sa longueur, présente du côté gauche une penne fertile, la troisième à gauche en partant du haut de la figure 1. La figure grossie 1 b montre que les sporanges y sont réunis par petits groupes très nombreux, répartis sur toute la surface du limbe, affectant une disposition semblable à celle que Schenk a reconnue chez le Düct. aculilobum ) et très analogue, en
méme temps, à celle qu'on observe chez les Dipteris. Malheureusement, la
® Schenk, Fossile Flora der Grenzschichten, pl. XIX, fig. 5 a.
conservation n'est pas assez fine pour qu'on puisse discerner la constitution des sporanges.
Parmi les espèces déjà décrites du genre Dictyophyllum, le Dict. Remauryi me parait devoir être rapproché du Dict. Nilssoni Brongniart (sp.) el surtout des grandes formes de cette espèce, telles que les ont figurées Sternberg, Germar et Schenk U); J'avais même cru pouvoir rapporter au Diet. Nilssoni le premier échantillon, très incomplet, que j'avais eu en mains, en 1882, ayant constaté, sur des échantillons de Pälsj, donnés à l'École des Mines par M. Nathorst, que l'espèce de Scanie offrait parfois sur le bord de ses segments latéraux de légères crénelures, à peu près semblables à celles que j'avais constatées sur l'échantillon recueilli par Fuchs à Kébao. Depuis lors, l'examen des échantillons plus nombreux et plus complets qui m'ont été envoyés m'a montré que l'espèce du Tonkin différait du Dict. Nilssoni par les dimensions beaucoup plus grandes de toutes ses parties, par l'importance et la régularité plus grandes des crénelures marginales de ses pennes secondaires, par la présence d’un lobe plus où moins saillant entre ces pennes secondaires, enfin par les caractères de la nervation, particulièrement par la netteté avec laquelle se suivent les nervures secondaires jusqu'au voismage du bord du limbe, les déviations et les inflexions qu'elles peuvent présenter étant beaucoup moins accusées que chez le Dict. Nilssoni, où l'œil est surtout frappé par les contours des grandes aréoles polygonales du réseau de nervures, et où les nervures secondaires sont loi d’apparaitre avec la même évidence.
Par ce dernier caractère, le Dict. Remauryi ne laisse pas de ressembler quelque peu, ainsi que je lai déjà dit, au Dict. Fuchsi; mais lorsqu'on a affaire à des fragments provenant de la région inférieure ou de la région moyenne des pennes primaires, la grande dimension des segments latéraux, les ondulaüons de leur bord, la disposition des grandes aréoles contiguës au rachis ne permettent pas d’hésiter sur l'attribution, I n’en est plus de même lorsqu'on se trouve en présence de fragments immédiatement voisins du sommet des pennes primaires, à segments latéraux réduits, de dimensions comparables à ceux du Dict. Fuchsi, à bords rectilignes, et à aréoles parfois peu accusées; iel était le cas de lun des échantillons que j'avais figurés en 1882 comme
Polypodites Fuchsi®), échantillon dont la nervation insuffisamment caractérisée ® Sternberg, Ess. Flore monde prim., 1, fase. 4, pl. XUIT, fig. 2. —— Germar, in Dunker,
Palæontographica , L, pl. XIV, fig. 2, 3. — Schenk, Foss. Flora der Grenzschichter, pl. XIX, fig. 7. ® Annales des Mines, 1882, Il, pl. XI, fig. 6.
FLORE DU TONKINX. 11
INPRIMEBIE NATIONALE.
Rapports
et différences.
Svnonymie.
} Provenance.
ne fournit pas d'éléments précis de détermination, mais dont l'identité à peu près absolue avec la région la plus élevée de léchantillon fig. 3, PI XX, m'a conduit cependant à rectifier l'attribution. I ne semble pas, d’ailleurs, que le Dict. Fuchsi ait jamais les pennes secondaires aussi rapprochées et aussi largement soudées entre elles à leur base. I n’en est pas moins vrai qu'il peut, dans certains cas, pour des échantillons trop fragmentaires, subsister un doute entre l'une et l’autre espèce, de même qu'il reste parfois quelque incertitude entre les espèces respectivement affines du Rhétien de l'Europe, Dict. Nilssont et Dict. Münsteri \).
Le Dict. Remauryi ressemble encore au Dict. Sarrani, dont la description va suivre; mais ce dernier a les pennes secondaires plus rapidement rétrécies, et surtout présente une nervation différente, les nervures secondaires, généralement non bifurquées, aboutissant au sommet des lobes, au lieu de se diriger vers les échancrures du limbe, et la disposition des mailles contiguës au rachis n'offrant pas la même régularité.
L'espèce que je viens de décrire ne pouvant aimsi être identifiée à aucune autre, je me suis fait un plaisir de la dédier au regretté M. H. Rémaury, ingénieur-conseil de la Société de Kébao, à l'obligeance de qui Je dois une bonne partie des plus beaux échantillons de cette remarquable Fougère.
Ainsi que je l'ai dit tout à l'heure, je. crois qu'il faut rapporter au Dict. Remauryi et non au Dict. Fachsi Yun des échantillons que j'avais figurés en 1882 sous ce dernier nom spécifique, et sur les pennes inférieures duquel on découvre, en dégageant soigneusement leurs bords, des indices de crénelures exactement semblables à ceux que présentent les pennes de la partie moyenne de l'échantillon fig. 3, PL XX.
Cette belle espèce est surtout répandue à Kébao, où elle a été trouvée en abondance sur certains points, particulièrement à la mine Rémaury.
Elle a été rencontrée à Hongaÿ avec une certaine fréquence dans le système de Hatou, mais elle semble beaucoup plus rare dans le système de Nagotna.
Mines de Kébao : système inférieur, à 20 mètres au toit de la couche principale de la galerie G (couche G); mine Rémaury, mur et toit de la couche Y, mur de la couche U; puits Lanessan, travers-banes Nord de l'étage 1 20; rivière de Kébao.
(0 Nathorst, Bidrag till Sveriges fossila Flora, p. 26, 28, 30; Beiträge zur ossilen Flora Schavedens , p- 19,166 plNT eee
Mines de Hongay. Système de Hatou : Hatou, toit de la Grande couche ;
gauche
en aval de Claireville; mine de Carrère, toit de la couche Marmottan; vallée
Gia-Ham. — Système de Nagotna : Rivière des Mines, monticule rive
orientale de l'OEuf, galerie Léonice.
He du Sommet Buisson, galerie Jean.
DICTYOPHYLLUM SARRANI n. sp.
PI. XXII, fig. 1.
Pennes primaires pinnatifides, à rachis lisse ou très finement strié en long, large de 2 à 3 millimètres. Pennes secondaires très étalées, alternes, espacées d'un même côté de 35 à 50 nullimères, ne se touchant pas par leurs bords, soudées entre elles à leur base sur 20 à 25 millimètres de hauteur, séparées par des sinus arrondis, se rétrécissant plus ou moins rapidement de la base au sommet, arrondies à leur extrémité, à bords munis de crénelures arrondies faiblement saillantes, longues de 7 à 15 centimètres sur 30 à 35 millimètres de largeur à leur base.
Nervure médiane de chaque penne très nettement marquée, se suivant jusqu'au sommet. Vervures secondaires assez étalées, plus ou moins Jlexueuses, généralement non divisées, aboutissant au sommet des lobes. Réseau formé par l'anastomose des nervures, divisé en mailles polygonales dont les dernières renferment à leur intérieur des nervilles libres.
Cette espèce n’est représentée que par un seul échantillon , un fragment de penne primaire long de 26 centimètres sur 18 à 20 centimètres de largeur, portant, d’un côté, 6 et, de l'autre, 7 pennes secondaires de longueur variable, les unes rompues à 13 centimètres de leur base et ne montrant pas leur sommet, comme celle qui, sur la figure 1 de la Planche XXIT, aboutit au bord supérieur extrême, d’autres, comme celle qui aboutit à l'angle inférieur de gauche, rapidement rétrécies, à contour presque deltoide, ne mesurant que 7 centimètres de longueur. Les unes et les autres ont d’ailleurs le bord de leur limbe nettement festonné, et elles se soudent mutuellement sur une hauteur assez notable, comprenant entre elles des sinus arrondis, concaves vers l'extérieur.
Les nervures s’anastomosent en un réseau à aréoles polygonales dans lequel on ne distingue, au premier coup d'œil, comme nettement prédominantes, que les nervures secondaires qui partent, sous des angles très ouverts, et à des
Description
Remarques
paléontologiques.
An aTLe Rapports
et différences.
distances de 5 à 8 millimètres les unes des autres, de la nervure médiane de chaque penne latérale; ces nervures se dirigent, en s'infléchissant plus ou moins en zigzag, vers le sommet des crénelures du limbe, et une partie au moins d’entre elles se suivent jusqu'à l’extrême bord de la penne, ainsi qu'on le voit sur les figures grossies 1 a et 1 b. De leurs points d’inflexion partent des nervures transversales moins accusées, qui divisent les intervalles compris entre elles en mailles irrégulières, tantôt grossièrement rectangulaires, tantôt trapézoïdales, tantôt polygonales; ces premières mailles se résolvent à leur tour en un réseau plus fin, dont les derniers éléments renferment à leur intérieur des nérvilles libres.
Le long du rachis principal de la penne, le réseau est également assez irrégulier : en général, à la hauteur du sinus séparatif de deux pennes, une nervure assez forte part du rachis à angle presque droit pour se diriger vers ce sinus, et elle s'anastomose, avant de l’atteindre, avec les premières nervures secondaires des deux pennes immédiatement voisines, de manière à donner naissance à de grandes mailles grossièrement triangulaires ou trapézoïdales, subdivisées ensuite en mailles plus petites. Quelquefois, au lieu d’une nervure, deux nervures plus où moins obliques partent du rachis à quelque distance l'une de l’autre, à la hauteur du sinus séparatif des pennes et se rejoignent pour former une maille triangulaire, flanquée , au-dessus et au-dessous, d’autres mailles triangulaires où trapézoidales, ainsi qu'on peut le voir à la loupe vers le bas de la figure, du côté droit, au-dessous du rachis.
Il est probable que cette espèce était comparable, comme constitution de la fronde et comme dimensions des diverses parties de celle-ci, au Dict. Remaur yr.
Elle a en eflet une assez grande analogie avec le Düict. Remauryi, et Von pourrait, si l'on ne procédait à un examen attentif, se demander si elle n’en représente pas une simple variété; mais, outre que les pennes latérales sont plus largement soudées à leur base et plus rapidement rétrécies vers leur sommet, la nervation est trop différente pour permettre une identification spécifique : le principal caractère, à ce point de vue, est fourni par les nervures secondaires, qui, au lieu de se bifurquer, restent simples, et qui, se suivant beaucoup plus loin, aboutissent au sommet des lobes et non aux échancrures qui les séparent. De plus, on ne retrouve pas ici les grandes mailles contiguës au rachis qui apparaissent si nettement chez la précédente espèce. Enfin la substitution, au point de jonction de deux pennes consécutives, d'un sinus
concave au lobe plus où moins saïllant qui existe chez le Dict. Remauryi, constitue encore un caractère auquel il parait impossible de ne pas attribuer une valeur spécifique.
L'espèce étant nouvelle, je l'ai dédiée à M. Sarran, à qui en est due la découverte.
Elle n’a été observée jusqu'ici qu’en un seul point, à savoir, dans la baie de Hongaÿ, à l'ile du Sommet Buisson, galerie Jean.
DICTYOPHYLLUM NATHORSTI n. sp.
PI. XXII, fig. 13 PI. XXIV, fig. 25 PL XXV, fig. à à 63 PL XXVI, fig. à à 33 PL XXVIL, fig. 1: PI. XX VIII, fig. 3.
1882. Dictyophyllum acutilobum Zeiller (non Schenk), Ann. des Mines, 1882, Il, p. 311, IUT RTE
1900. Dictyophyllum exile Zeiller (non Brauns sp.), C. R. Acad. Sc., CXXX, p. 186.
Fronde pédalée, à pétiole lisse, large de 6 à 10 millimètres, à rachis primaire divisé en deux branches fortement divergentes, arquées en croissant, lisses, larges de 3 à 4 millimètres, longues de 8 à 1 2 centimètres, comprenant entre elles un espace libre correspondant à une ouverture angulaire d'environ 90°, et portant chacune sur leur bord supérieur (bord externe) 20 à 25 pennes primaires disposées en éventail, longues de 30 à 45 centimètres et plus , soudées entre elles à leur base sur 5 à 8 centimètres de longueur.
Pennes primaires pinnatfides ou pinnatilobées dans leurs régions moyenne et supérieure, munies seulement vers le bas de crénelures plus ou moins accentuées, larges dans leur partie moyenne de 16 à 55 millimètres, peu à peu rétrécies vers le sommet, à rachis lisse, large de 1 à 2 millimètres. Segments secondaires élalés-dressés, alternes ou subopposés, soudés entre eux sur le tiers ou la moitié environ de leur longueur, graduellement rétrécis vers le sommet dans leur partie libre, terminés en pointe obtusément aiguë, longs de 8 à 35 millimètres sur 6 à 16 millimètres de largeur à leur base, séparés par d’élroits sinus aigus.
Nervure médiane de chaque segment très nettement marquée, se suivant jusqu'au sommet. Vervures secondaires étalées-dressées, flexueuses, anastomosées en un réseau à mailles polygonales assez grandes, subdivisées en mailles plus petites, dont les dernières renferment des nervilles libres.
Pennes fertiles semblables aux pennes stériles; sporanges probablement
Provenance.
Description
de l'espèce.
Remarques
paléontologiques.
réunis par pelits groupes, mais étroitement serrés les uns contre les autres et couvrant toute la face inférieure du limbe, à l'exception du voisinage immédiat des bords.
Cette espèce se rencontre le plus souvent sous la forme de fragments de pennes primaires, tels que ceux que montrent les figures 1 à 6 de la Planche XXV et qui permettent de se réndre compte des variations qu'elle peut présenter sous le rapport de la taille comme de la forme et de l’espacement des segments; l'échantillon fig. 5 parait correspondre au maximum de taille, rarement atteint d’ailleurs, aucun autre ne m'ayant offert de pennes de dimensions supérieures, ni mème égales; mais la largeur des pennes peut, par contre, s'abaisser parfois jusqu'à 15 ou 16 mullimètres, ces pennes étroites, très exceptionnelles aussi, affectant exactement l'aspect de la penne fig. 1, PL XXV, supposée réduite aux trois cinquièmes ou à la moitié de sa grandeur. L’échantillon fig. À fait voir le rétrécissement graduel des pennes au voisinage du sommet, en même temps que les segments latéraux se soudent plus largement les uns aux autres; aucune empreinte n’a montré l'extrémité supérieure tout à fait complète.
Vers le bas, les segments latéraux se soudent plus largement encore, ainsi qu'on le voit sur la figure 1, PI. XXV, leur parte Libre se réduisant de plus en plus; le limbe, au lieu d’être pinnatilobé, devient ainsi simplement crénelé, puis ondulé, ou même tout à fait entier, avant de se souder à celui des pennes voisines. C'est ce que montrent la figure 2, PL XXVI, et surtout les échantillons plus complets des Planches XXIIT et XXIV et de la figure 1, PI XXVIT Ces échantillons, en particulier celui de La Planche XXI, dont le quart à peme en surface a pu être représenté, font voir que sur le bord convexe du croissant formé par les deux branches divergentes du rachis venaient s'attacher une cinquantaine de pennes, disposées en éventail, de longueur légèrement décroissante depuis le milieu, correspondant à l'origme des branches du rachis, jusqu’à l'extrémité de celles-ci. Sur cet échantillon de la Planche XXIIE, la penne la plus complète, celle qui est coupée par le bord inférieur de la figure au point où celui-ci est reporté le plus loin vers le bas, se suit en réalité sur 38,5 de longueur sans qu'on arrive à son extrême sommet. Ces pennes atteignaient certainement 45 et probablement 50 centimètres de longueur, smon davantage, et leur ensemble devait couvrir un cercle d'au moins {o ou 50 centimètres de rayon. On remarque, vers le haut, à gauche, de la Planche XXIV, que les pennes extrèmes des deux
branches du croissant non seulement convergeaient les unes vers les autres, mais allaient parfois jusqu’à se croiser, circonserivant complètement l'espace plus où moins circulaire limité par les bords internes des deux branches du rachis.
L'étalement complet de ces pennes sur le plan de stratification de la roche, tel qu'on l'observe sur les Planches XXII et XXIV et sur la figure 1 de la Planche XXVIT, semble bien indiquer qu'à l'état de vie ces pennes étaient ainsi à peu près étalées dans un plan, oblique ou transversal par rapport à la direction du pétiole, Sur les échantillons de la figure 1, PL XXVI, et de la Planche XXII, le pétiole se replie sous le plan de l'éventail formé par les pennes, et l'on voit, sur la figure 1 bis, PI. XXVIT, que ce pétiole fait un angle de 45° environ avec le plan du limbe, la ligne inclinée qui limite cette figure vers le haut correspondant à la trace de ce plan sur le plan de la figure. Sur l'échantillon de la Planche XXIV, la fronde qui occupe la partie Imférieure de la figure a, au contraire, son pétiole situé dans un plan presque parallèle à celui du limbe et peu distant de celui-ci; et si l'on n'examinait que cette figure, où tous les détails ne peuvent être nettement visibles, par suite de la réduction aux trois huitièmes de la grandeur naturelle, on pourrait croire que les bords latéraux du pétiole forment la suite des bords externes des deux branches du rachis, sur lesquels viennent s’insérer les pennes primaires. En réalité, ce pétiole est situé dans un plan un peu oblique sur le reste de l'empreinte, et le bord du rachis d'où partent les pennes ne fait pas suite aux bords externes du pétiole : du côté gauche, il ya eu rupture du rachis et déchirure même du bord du pétiole dans le sens lonoitudinal; du côté droit, le rachis se suit, représenté par une lame charbonneuse assez épaisse, jusqu'à 2 centimètres à peu près de la bifurcation, mais là 1l est à demi déchiré transversalement et visiblement tordu sur lui-même, ainsi que l'indique la figure 1 ci-après, réduite aux deux tiers de la grandeur naturelle. Les axes des pennes primaires voisines de la région médiane sont eux-mêmes brisés et interrompus, et 1l est clair que le rabattement du pétiole, sous le poids peut-être des sédiments qui l'ont recouvert, n'a pu se faire qu'au prix de froissements et de déchirures notables. Cette orientation du pétiole par rapport au plan du limbe n’est donc pas l'orientation normale, et il faut admettre qu'à létat de vie les deux branches du rachis s’étalaient dans un plan faisant avec le péuole un angle au moins égal à 45° ou 50°, peut-
être un angle droit ou presque droit; les pennes primaires étaient sans
doute légèrement dressées et arquées à leur base et s’étalaient ensuite ou retombaient en formant panache autour du croissant central, celles de la région médiane plus ou moins mclinées vers le sol, celles des portions termi- {
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Fig. 1. — Dictyophyllum Nathorsti Zeïller.
Fronde du bas de la PI. XXIV, aux deux tiers de la grandeur naturelle.
nales des deux branches du rachis plus ou moins ascendantes, ainsi qu'on peut le présumer d’après les échantillons fig. 1, PL XXHIT, et fig. 1, PI. XXVII Le port devait être, comme je l'ai déjà dit, assez analogue à celui des frondes
de l'Adiantum pedatum L.
Peut-être les pennes étaient-elles parfois dressées en cornet plus où moins elliptique, plus ou moins aplati dans le sens du plan de symétrie passant par le pétiole, car M. Portal a recueilli à Kébao un échantillon (PL XXVIIL, fig. 3 a, 3b, 3c) qui montre ainsi la fronde complètement rephée sur elle-même : bien qu'une seule des deux branches du rachis soit conservée, et encore n’en voit-on (fig. 3 a) que l'extrémité tout à fait supérieure, limspection de léchanullon, notamment sur la figure 3 b, montre que ces deux branches du rachis étaient repliées presque l'une contre l'autre et que les pennes extrèmes se touchaient presque d’un côté à l'autre; l'échantillon se prolonge un peu plus bas que les figures ne le représentent, mais il est cependant incomplet, et la région médiane de la fronde fait défaut; toutefois la courbure de lune au moins des faces au point où il est interrompu montre que le cornet n'allait pas tarder à se refermer. Cet échantillon étant le seul qui se soit présenté sous cet aspect, peut-être encore ne faut-il voir dans cette disposition qu'un accident de conservation, la fronde ayant pu ne se replier ainsi sur elle-même qu'au moment où elle a été entrainée dans le bassin de dépôt.
Je crois qu'il faut rapporter à la même espèce, comme en représentant l’état jeune, les deux petites frondes pédalées de l'échantillon fig. 1, PI. XXVI, recueilli au toit de la Grande couche de Hatou, où le Dict. Nathorsti est extrèmement abondant. Les segments latéraux sont un peu moins largement soudés que sur les échantillons de taille normale, mais l'aspect général est absolument conforme cependant à celui de plusieurs échantillons nettement attribuables à cette espèce, tels, entre autres, que celui de la higure 4, PL XXV; la largeur relative et la contiguïté des segments conduisent d'ailleurs à écarter le Dict. Fuchsi, le seul en faveur duquel on eùt pu hésiter, et le peu que l'on voit de la nervation, avec quelques grandes aréoles bien accusées, confirme l'attribution au Düict. Nathorsti. La plus petite des deux frondes, celle du bas, parait avoir eu six ou sept pennes primaires, et l'autre huit ou neuf. Ce n’est apparemment qu'à l'état adulte, lorsque les branches du rachis s'allongeaient et que le nombre des pennes augmentait, que le plan du limbe s'infléchissait sur le pétiole. La longueur du péuole, qui, pour la fronde supérieure, se suit sur 8 centimètres, donne lieu de penser que, chez les frondes arrivées à leur taille, le pétiole devait atteindre une longueur au moins égale à celle des pennes primaires.
Les figures des Planches XXII, XXV et XXVI, en particulier les figures grossies, montrent assez nettement les détails de la nervation pour qu'il soit
FLORE DU TONRKIN. 1)
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inutile d’insister sur les caractères de celle-ci, aucune particularité n'étant d'ailleurs à relever. Je signalerai seulement ce fait, que quelquefois les différences de valeur qui distinguent les nervures de divers ordres tendent à s'effacer, cessent même presque d’être perceptibles, comme c’est le cas sur le 9. 6, 6a, PI. XXV, où 1l semblerait, du moins en certains points, qu'on ait affaire à un réseau à mailles uniformes, allongées dans
fragment de penne fi
le sens des nervures secondaires des segments latéraux; cependant on voit çà et là apparaitre des nervilles libres à l'intérieur de ces mailles, et aussi des nervures plus fortes se dessiner par places, circonscrivant des aréoles plus grandes, conformément au type habituel. Cette tendance à légalisation des nervures s'observe, du reste, parfois vers l'extrémité des segments de pennes à nervalion normale, notamment en quelques parties de l'échantillon fig. 5, PI XXV, et en particulier à l'extrémité du segment supérieur de la figure grossie à a. I ne faut donc voir là qu'un accident individuel ou local, auquel il n'ya pas à attacher d'importance.
Quelques échantilions ont offert des traces, malheureusement assez mal conservées pour la plupart, de fructifications ; parmi eux cependant 1l s'en est trouvé un, celui de la figure 3, PL XXVI, où la roche argileuse, d’un grain fin, offre l'empreinte assez nette de la face inférieure du limbe et des sporanges qui y étaient fixés : les pennes se montrent fertiles sur toute leur étendue visible, sauf au sommet des segments et au voisinage immédiat de leurs bords (fig. 3a, 3 b). Les sporanges couvrent tout le reste de la surface, étroitement pressés les uns contre les autres, de sorte qu'aucun d’entre eux n'est visible dans son entier; ils paraissent avoir été ovoïdes, et sont munis d’un anneau très net à un seul rang de cellules (fig. 3 c) dont la position par rapport à leur plan diamétral est impossible à préciser, mais qui semble pourtant avoir dû être longitudinal ou tout au moins très oblique. I est probable qu'on a affaire là à des sporanges ouverts, ce qui rend leur disposition plus confuse, Sur un autre échantillon, recueilli à Hatou, les sporanges, encore intacts, apparaissent plus distincts, mesurant environ 0"%,15 sur 0"",20, réunis, dans chacune des mailles de dernier ordre, en groupes arrondis, au nombre de 5 à 8 à ce qu'il semble, couvrant toute la surface de la maille; mais c’est à peine si l'on soupconne sur quelques-uns d’entre eux la présence de l'anneau, la conservalion en étant trop imparfaite. Sur l'échantillon fig. 1, PI XXVIT, qui montre la face supérieure d’une fronde évidemment fertile en dessous, on voit és
galement dans chaque maille des granulations saillantes correspondant aux
sporanges fixés sur la face inférieure , mais sans pouvoir se rendre un compte exact de la disposition et du nombre de ceux-ci.
En somme, les caractères observables n'ont rien que de conforme à ceux des Diptéridinées, les sporanges paraissant seulement avoir des dimensions beaucoup plus fortes que ceux des Dipteris de la flore actuelle. ;
Les pennes isolées du Dict. Nathorsti ressemblent extrèmement à celles du Dict. acutilobum Schenk M), et aussi à certains échantillons rapportés par M. Nathorst au Dict. exile Brauns (sp.) 2), mais dont l’un, tout à fait semblable à quelques-uns des échantillons du Tonkin, à celui de la Planche XXV, fig. 3, en particulier, avait été primitivement figuré par auteur sous le nom de Dict. acutilobam ); les deux espèces en question sont d’ailleurs très voisines, et Schenk avait lui-même identifié le Camptopteris exilis Brauns!) à son Drct. acultilobum. Aussi, après avoir, en 1882, attribué l'espèce du Tonkin au Pict. acutilobum , étais-je revenu, d’après les dernières déterminations de M. Nathorst, relatives aux échantillons de Bjuf, au nom de Dict. exile. L'examen des échanüllons plus complets que j'ai reçus en dernier lieu n'ayant inspiré quelques doutes, j'ai eu recours à l’affectueuse et inépuisable obligeance de M. Nathorst, et je lui ai communiqué notamment des photographies des échanüllons PI. XXII et PI. XXIV, en le priani de vouloir bien me faire connaitre son avis à leur sujet. IH ressort des renseignements détaillés qu'il a bien voulu me donner que l'espèce du Tonkin, malgré la ressemblance de ses pennes, à l’état isolé, avec celles du Dict. exile et du Dict. acutilobum, n’est assimilable à aucune de ces deux espèces. Elle diffère nettement, par ses pennes largement soudées à leur base, du Dict. exile, chez lequel, amsi que l'indique la belle figure restaurée publiée par M. Nathorst, les pennes primaires sont entièrement libres et indépendantes dès leur insertion sur les branches du rachis : la constitution de la fronde est exactement la même chez l'une et chez l’autre, mais ce caractère des pennes, soudées chez la première, libres chez la seconde, ne permet pas l'identification. J'ajoute qu'en général, et bien qu'il puisse y avoir confusion pour certains échantillons, le Dict..Nathorsti a les segments plus dressés et plus saillants que le Dict. exile :
ni .
® Schenk, Fossile Flora der Grenzschichten , p- 77; pl. XIX, fig. 2-5; pl. XX, fig. ® Nathorst, Floran vid Bjuf, p. 39, 119, pl. V, fig. 7; pl. VIL, fig. 1; pl. XI, fig. 1. ® Ibid, p. 38, pl. XI, fig. 2.
®Brauns, Palæontographica, IX, p. 54, pl. XIII, fig. 11.
®) Nathorst, Sveriges Geologi, I, p- 166.
et différences.
Synonymie,
chez celui-ci, comme le montre la figure type de Brauns et comme j'ai pu le constater également sur d'excellents estampages envoyés par M. Nathorst, les nervures médianes des segments font un angle plus ouvert avec le rachis de la penne; les segments eux-mêmes sont plus aigus, presque triangulaires parfois, limités sur leur bord supérieur par une ligne presque normale au rachis el quelquefois même déjetée vers le bas du côté extérieur; enfin ils sont plus largement soudés, souvent sur plus de moitié de leur longueur.
Chez le Dict. aculilobum, les pennes primaires sont soudées entre elles à leur base, mais les branches du rachis ne semblent pas atteindre jamais une longueur comparable à celle qu’on leur voit chez le Dict. Nathorsti, et le nombre des pennes n’est jamais, à beaucoup près, aussi élevé, d'après les observations faites sur des frondes complètes par M. Nathorst, qui rapprocherait plutôt, sous ce rapport, m'a-t1l dit, le Dict. acutilobum du D. Nilssont. Il semble, en outre, que, chez le Dict. acutilobum, les pennes primaires soient plus larges que chez le Dict. Nathorsti, que leurs segments latéraux soient proportionnellement plus larges et plus espacés, et assez généralement séparés les uns des autres, ainsi que lavait indiqué Schenk, par des sinus arrondis), ce qui n’a jamais lieu chez l'espèce du Tonkin.
Il est même permis de se demander, à raison de ce caractère, s'il ne faudrait pas rapporter au Dict. Nathorsti plutôt qu'au Dict. acutilobum l'espèce du Rhétien de la Perse figurée par Schenk sous ce dernier nom ©), qui montre des segments contigus, séparés seulement par d’étroits sinus tout à fait aigus, et qui parait singulièrement pareille aux échantillons du Tonkin.
Dans tous les cas, 1l ressort de ce qui vient d’être dit que ceux-ci ne peuvent ètre identifiés ni avec le Dict. exile mi avec le Dict. aculilobum, quelque dificulté qu'il puisse y avoir parfois à les distinguer de l'un ou de l’autre lorsqu'on n’a que des fragments de pennes isolés. L'espèce est donc nouvelle, et Jai été heureux de la dédier à l’'éminent savant de Stockholm, qui m'a si complaisamment aidé de ses lumières et à qui la science doit tant d'observations nouvelles, et d’un si haut intérêt, particulièrement en paléobotanique et en oéologie.
J'ai indiqué tout à l'heure en détail les raisons qui m'ont amené à rectifier
mes déterminations antérieures. J'aurais été un peu tenté de faire figurer
(0 Nathorst, Floran vid Héqanäs och Helsingborg, Helsingborg, pl. I, fig. 7, 9, 10. ® Schenk, Fossile Pflanzen aus der Albourskette, p. 5, pl. IF, fig. 7.
également dans la liste synonymique le Dictyophyllum du Rhétien de la Perse, dont j'ai signalé l'extrême ressemblance avec le Dict. Nathorsti; mais tant qu'on n’en connaîtra pas des échantillons plus complets, il est prudent de s'abstenir d'une assimilation sur laquelle des documents ultérieurs obligeraient peut-être à revenir.
Le Dict. Nathorsti se montre répandu dans toute la formation charbonneuse du Bas-Tonkin; il a été surtout rencontré en abondance à Hatou.
Mines de Kébao : mine Rémaury, couche V; puits Lanessan; système inférieur, couche n° 1 (couche C); système supérieur, couche n° à, galerie M (couche M).
Mines de Hongay. Système de Hatou : Hatou, Grande couche et grand banc de schiste; Gia-Ham; mine Jauréguiberry.
Système de Nagotna :
Claireville (Hal-Lam); Rivière des Mines, monticule rive gauche en aval de Claireville; mine de Carrère, toit de la couche Marmottan; vallée orientale de l'OEuf, galerie Léonice.
Île Hongay.
Île du Sommet Buisson, galerie Jean.
Mines de Dong-Trieu : concession Schædelin.
Genre CLATHROPTERIS BRroxGNIART.
1828. Clathropteris Brongniart, Prodr., p. 62; Hist. veget. foss., 1, p. 379.
Frondes pédalées (au moins chez l'une des espèces), à rachis primaire divisé dès le sommet du pétiole en deux branches divergentes, du bord supérieur desquelles se détachent les rachis des pennes primaires, disposées en éventail. Pennes primaires simples, ou pinnées. Pennes de dernier ordre (primaires ou secondaires) plus ou moins profondément dentées.
Nervation aréolée complexe. Rachis des pennes émettant des nervures latérales assez rapprochées, plus ou moins étalées, rectilignes, aboutissant au sommet des dents; nervures secondaires se détachant sous des angles très ouverts et souvent tout à fait droits, tantôt rectilignes, tantôt plus ou moins flexueuses, formant, entre les nervures primaires qui aboutissent aux dents, une première série de grandes mailles à contour plus ou moins rectangulaire, subdivisées ensuite en mailles plus pelites, parfois à peu près rectangulaires elles-mêmes, et enfin en mailles polygonales dont les dernières renferment à leur intérieur des nervilles libres.
Provenance.
Ce genre ne diffère, en réalité, du genre Dictyophyllum que par la forme généralement rectangulaire des premières mailles de son réseau de nervures, et encore passe-t-on parfois, comme on le verra, du moins sur certains échantions un peu exceptionnels de Clathr. platyphylla, à des mailles tout à fait polygonales; cette dernière espèce offre, en outre, le même type de fructification que les Dictyophyllum et parait, comme eux, devoir être rangée parmi les Diptéridinées. Elle appartient donc botaniquement au même type générique, et c'est avec raison que MM. Seward et Dale ont proposé de la leur rattacher 0).
Si cependant je conserve ici le nom générique de Clathropteris, c’est parce que, d’une part, la classification des Fougères fossiles étant fondée sur les caractères de la nervation, 1l me semble à la fois convenable et pratique de ne pas faire abstraction du caractère distincuif si saillant fourni pär la forme habituellement rectangulaire des premières mailles du réseau: que, de plus, les frondes du Clathr. platyphylla ne semblent pas avoir eu tout à fait le même port que celles des Dictyophyllum, les branches du rachis paraissant diverger moins fortement, et dressant, à ce qu'il semble, à la fois leurs pennes extrêmes et leurs pennes médianes vers le haut, et non en sens inverse les unes des autres, ainsi que cela semble avoir lieu chez presque tous les Dictyophyllum à frondes complètement développées. Enfin 11 me semblerait difficile de séparer de Clathr. platyphylla du Clathr. meniscioides Brongniart, qui offre identiquement Île même type de nervation; et actuellement il ne parait pas possible, ne sachant si ce dernier avait des frondes pédalées à pennes primaires simplement pinnées, ou bien des frondes régulièrement pinnées, ni quel était son mode de fructification, de le réunir au genre Dictyophyllum, dont toutes les espèces ont des frondes pédalées et qui semble à tous égards si homog
moins jusqu'à nouvel ordre, pour le Clathr. meniscioides, 1 est naturel de
ène. Le genre Clathropteris paraissant ainsi devoir être conservé, au
continuer à y ranger le Clathr. platyphylla, qui lui appartient sans conteste
par les caractères de sa nervation.
9) Seward and Dale, On the structure and affinities of Dipteris, with notes on the geological history of the Dipteridinæ, p. 503, 505.
CLATHROPTERIS PLATYPHYLLA Goprert (sp.).
PI. XX VII, fig. 2,3; PI. XXVIIT, 6g. 1, 2; PI. XXIX, fig. 1 à 4; PI. XXX, fig. 1 à 8; PI XXXI, fig. 1; PI, XXXII-XXXIIT, fig. 13 PI. XXXIV, fig. 1.
1846. Camptopteris platyphyila Gœppert, Genr. d. pl. foss., lv. 5-6, p. 120, pl. XVIH-XIX, fig. 1-3 (an fig. 4, 5?). Bronn et Ræmer, Leth. geogn., 3° éd., Il, p. 52, pl. XIV’, fig. 6. ,
1849. Clathropteris platyphylla Brongniart, Tabl. d. genr. d. veg. foss., p. 32, 104. Schenk, Foss. El. d. Grenzsch., p. 81 (pars), pl. XVI, fig. 5-9 (non fig. 2-4); pl. XVIT, fig. 1-4. Schimper, Trait. de pal. veqg., 1, p. 636, pl. XLIT, fig. 1-3. Saporta, Plantes jurass., 1, p- 33, pl. XXXVI, fig. 1; pl. XXXVII, fig. 3-5; pl. XXXVUHI, fig. 1-4; pl. XXXIX, fig. 1; pl. XL, fig. 1. Nathorst, Fl. vid Bjuf, p. 41, pl. NS bee 0: ml VIL,. fe..2: fl Hôqanas och Helsingborg, p. 15, Hôg. äldre, pl. Il, fig. 4-5 a; p. 48, Hôg. yngre, pl. IT, fig. 2. Hantken, Die Kohlenfl. u. d. Kohlenbergb. in d. Land. d. ung. Krone, p.120, fig. 15. Schimper, Handb. der Paläont., W, p. 158, fig. 110. Zeiller, Ann. des Mines, 1882, Il, p. 912, pl. X, fig. 12-13; pl. XI, fig. 5. Renault, Cours de bot. foss., HI, p. 65, pl X, fig. 5-9. Massat, Le Naturaliste, 1895, p. 72. ZLeïller, Elem. de paleobot., DIU NT, fig. 89, 90. Müller, Bidr. till Bornholms foss. Jlora, Pterid, , p. 46, pl. IV, fig. 14.
1901. Dictyophyllum platyphyllum Seward et Dale, Phil. Trans. Roy. Soc. London, B, vol. 194, p- 905 (pars).
1835 ou 1836. Clathropteris meniscioides Brongniart, Hist. veget. foss., 1, p. 380 (pars), pl. 134, fig. 3 (non fig. 1, 2), Germar, in Dunker, Palæontographica , X, p.117, pl. XVI, fig. 1-4. Brauns, Palæontographica, IX, p.52, pl. XIE, fig. 9, 10.
1862. Camptopteris fagitolia Brauns, Palæontographica, IX, p. 55, pl. XIV, fig. 3. 1862. Camptopteris planifolia Brauns, Palæontographica, IX, p. 55, pl. XIV, fig. ».
1867. Clathropteris Münsteriana Schenk, Koss. FI. d. Grenzsch., p- XVI, p. 85 (pars), pl. XVE, fig. 5-9 (non fig. 2-4); pl. XVIF, fig. 1-4.
1888. An Clathropteris sp., Schenk, in Richthofen, China, IV, p. 250, pl. LI, fig. 1 ?. 1897. Clathropteris Zeiller, Rev. Gén. de Bot., IX, p. 410, pl. 21, fig. 6.
Fronde pédalée , à pétiole lisse, large de 3 à 20 millimètres, à rachis primaire divisé en deux branches divergentes, faisant entre elles un angle d'environ 100° à 120°, longues de 3 à 12 centimètres sur 2 à 12 millimètres de largeur, souvent un peu arquées en dehors à leur extrémité, portant chacune sur leur bord supérieur de 5 à 15 pennes primaires disposées en éventail, longues de 20 à 80 centimètres et plus, soudées entre elles à leur base sur 5 à 12 centimètres de longueur.
Pennes primaires simples, à contour linéaire-lancéolé, à bords parallèles, légerement rétrécies vers le bas, peu à peu rétrécies vers le sommet, larges dans leur partie moyenne de 3 à 14 centimètres, à rachis lisse, large de 1 millimètre
à 3%%,5, muntes sur leurs bords de dents obtusément aiguës, espacées de
Descriplion
de l'espèce.
Remarques
paléontologiques.
à 15, nullimètres, saillantes de 2 à 10 millimètres, séparées par des sinus de largeur variable.
Nervures latérales alternes ou subopposées, étalées, parfois légèrement ascendantes, rectilignes ou un peu arquées en avant, aboutissant au sommet des dents. Nervures secondaires généralement normales ou presque normales aux nervures primaires, le plus ordinairement non ranufices, divisant l'intervalle compris entre deux nervures primaires en compartiments réguliers, affectant la forme de rectangles ou de parallélogrammes, quelquefois subdivisés à leur tour en comparüments rectangulaires plus petits par des nervures parallèles aux nervures primaires; plus rarement les nervures secondaires se bifurquent, et s’anastomosent entre elles en formant de grandes aréoles polygonales. Mailles d'ordre plus élevé toujours polygonales, les dernières d’entre elles renfermant à leur intérieur des nervilles libres.
Pennes fertiles semblables aux pennes stériles; sporanges annelés, réunis, au nombre de 5 à 12, en sores arrondis, plus ou moins rapprochés, répartis sur toute la surface du limbe.
Cette belle espèce, dont la présence a été constatée dans les couches rhéüennes sur presque tous les points de l'hémisphère boréal où celles-ci ont été rencontrées renfermant des empreintes végétales, parait avoir été excessivement abondante au Tonkin, à l’époque de la formation des dépôts charbonneux du bassin de Hongay et de Kébao; 1l n’est guère, en effet, de plaque de schiste un peu étendue qui ne montre quelque débris de penne lui appartenant, et l'on en a trouvé souvent à Kébao, mais surtout à Hatou, des fragments considérables de frondes, à pennes soudées entre elles à leur base et encore attachées à l'une des branches du rachis primaire, parfois même des frondes presque complètes, comme on le voit sur les Planches XX XI et XXXII-XXXII.
Le mode de division de ces frondes a été reconnu dès l'origme, le premier échantillon figuré, celui qui constitue le type de Gæppert, offrant un fragment de fronde visiblement pédalée, composé de cinq pennes disposées en éventail, attachées les unes à la suite des autres sur le bord d’un même rachis, conformément à ce qui a lieu sur les échantillons fig. 3, PI. XXVIT, et fig. 2, PI. XXIX. Toutefois de tels fragments sont insuflisants pour qu'on puisse se rendre compte avec certitude de laspect et du port que devait affecter la fronde complète, la longueur des branches qui portent ces pennes demeurant inconnue, el les pennes elles-mêmes pouvant, soit demeurer indépendantes
d'une demi-fronde à l'autre, la fronde étant en ce cas dimidiée comme celle
des Dipteris, soit, au contraire, se souder d’une branche à l’autre, de manière à conslituer un éventail unique. La première et, d'ailleurs, la seule fronde complète qui ait été observée jusqu'ici est celle qui a été figurée par Schenk en 1867, à la planche XVII de la Fossile Flora der Grenzschichten, fronde de taille médiocre, formée seulement de 10 ou 11 pennes primaires, mais montrant celles-ci soudées à leur base en-un limbe continu, sans division médiane. Cette soudure mutuelle des pennes en un limbe unique et continu est confirmée par les échantillons recueillis au Tonkin, bien que la plupart d’entre eux n'oifrent qu'une des moitiés de la fronde, comme si celle-ci avait eu ses deux moiliés repliées lune vers l’autre; mais on ne voit jamais le bord externe de la penne la plus voisine du milieu se prolonger jusqu’à la base, et la partie inférieure du limbe montre toujours, au contraire, au point où celui-ci est interrompu, des déchirures qui prouvent bien qu'il était réellement continu. Au surplus, le grand échantillon représenté aux deux cinquièmes de sa taille sur la Planche XXXI, et en vraie grandeur sur la Planche XXXTI-XXXIIT, ne laisse subsister aucun doute sur cette continuité du limbe; tel qu'il m'a été envoyé, il ne laissait voir primitivement que deux faisceaux inégalement 1mportants de pennes primaires montrant leur face inférieure, les plus longues d’entre elles mesurant 50 centimètres de longueur, et leurs axes convergeant à la base les uns vers les autres; j'ai pu les dégager jusqu’à leur insertion sur le rachis commun, et suivre, sur le bord de l'échantillon, ces deux branches du rachis primaire au delà de leur torsion et de leur reploiement sur elles-mêmes, jusqu'à leur point de réunion. J'ai réussi, en outre, à dégager la face supérieure des pennes médianes, qu’on voit nettement, sur les deux planches précitées mais surtout sur la Planche XXXII-XXXIIL, soudées latéralement les unes aux autres en un limbe parfaitement continu. Ici les deux moitiés de la fronde ne se repliaient pas l'une vers l’autre, mais chacune des moitiés était en partie repliée sur elle-même, de manière à former dans l’ensemble une sorte de cornet presque fermé, entrebâillé seulement en avant à la parte inférieure , les pennes extrêmes se recouvrant mutuellement dans leur région supérieure. On peut remarquer, du côté droit de la fronde, qu'à la grande penne qui termine la branche du rachis et en forme le prolongement, succède encore une autre penne, mais beaucoup plus petite, insérée sur le bord externe du rachis, conformément d’ailleurs à ce qu'avait constaté Schenk et à ce qu'on observe, en général, sur les frondes offrant cette disposition pédalée, notamment chez le Matonia pectinata R. Br. Sur l'échantillon dont je parle, la plupart des
IMPRIMENIE NATIONALE.
pennes vont en se rétrécissant vers le bas sur toute leur étendue; les plus longues seulement, celle notamment qui aboutit au milieu du bord supérieur de la Planche XXXI et qui mesure 51 centimètres, offrent des bords parallèles sur quelques centimètres de longueur; il est donc probable que le point où elles sont interrompues devait être situé à peine au delà de leur milieu et qu'elles devaient, dans leur intégrité, mesurer au moins 80 centimètres de longueur, celles de la région médiane atteignant ou dépassant peut-être 1 mètre.
Cet échantillon, bien que présentant dans toutes ses parties des dimensions notablement supérieures à celles du type de Gœppert, n’est d’ailleurs pas un des plus développés qu'on puisse rencontrer : ceux des fig. 1, PI XXIX, et Hg. 3 et 8, PL. XXX, offrent en effet des pennes encore plus larges, dépassant celles du grand échantillon d'Halberstadt Bguré en 1847 par Germar; l'échantillon fig. 3, PI XXX, n'ayant même pas son bord intact, on peut estimer à 14 centimètres la largeur totale de la penne à laquelle il appartenait.
En même temps que les dimensions, le nombre des pennes primaires devait varier dans certaines limites, sans doute cependant moins étendues. La fronde complète figurée par Schenk se compose, comme je l'ai déjà dit, de 10 ou de 11 pennes; sur l'échantillon de la Planche XXXI, on peut estimer le nombre total des pennes à 18, en comptant les deux petites pennes extrêmes. Un échantillon de Hatou, qui fait partie des collections paléobotaniques du Muséum d'histoire naturelle de Paris, montre 1 0 ou 1 1 pennes se succédant le long d'une portion de rachis qui ne descend peut-être pas tout à fait jusqu'au point de réunion des deux branches. Cet échantillon est d’ailleurs presque semblable, sauf que ses pennes se suivent sur 15 centimètres de longueur, à l'échantillon fig. 3, PL XXVII, qui a seulement les pennes un peu plus rapprochées à leur base et sur lequel on compte 14 de ces pennes, ce qui en suppose une trentaine pour la fronde complète; mais il semble que ce nombre doive représenter à peu près le maximum. Il est, d’ailleurs, à noter que, sur ces échantillons à pennes plus nombreuses, les axes des pennes sont en même temps plus rapprochés, ce qui donne à penser que le nombre et la largeur des pennes primaires devaient varier en sens inverses, et que les frondes qui comptaient le plus de digitations n'étaient pas celles qui avaient les pennes les plus larges.
L'échanullon de a Planche XXXT est malheureusement mterrompu à sa
partie inférieure, de telle façon qu’on ne peut suivre vers le bas les branches du rachis et les voir se réunir en un pétiole. On pourrait croire, au premier coup d’æil,- que l'échantillon de la figure 2, PI. XXIX, comble cette lacune et qu'on est là en présence d'une portion de fronde munie de son pétiole, mais composée seulement de six pennes primaires, les trois pennes supérieures correspondant à une moitié de la fronde, et l’autre moitié étant incomplète; en réalité, un examen attentif montre qu’à l'axe de la penne situé à 1 centimètre du bord inférieur de la figure et parallèle à ce bord succède un peu plus bas l'axe d’une penne semblable, repliée en dessous, lequel vient s'attacher au rachis plus loin encore vers la droite; on peut d'ailleurs lapercevoir sur la figure, partant du bord inférieur à 8 centimètres de l'angle de gauche et faisant avec ce bord inférieur un angle d'environ 25°; on n’a donc affaire là qu'à une portion latérale de fronde, composée d’une seule branche, probablement incomplète, du rachis primaire, et ne montrant que ses quatre ou cinq pennes extrêmes, les autres étant arrachées ou repliées en dessous, comme sur l'échantillon de la Planche XXXI.
En fait, le pétiole ne s’est trouvé visible que sur un seul échantillon, recueilli à Kébao, dont on trouvera la figure ci-après, PL F, fig. 1. Cet échantillon offre à sa partie supérieure les deux branches divergentes du rachis primaire, l’une et l’autre incomplètes, celle de gauche rompue très près de sa naissance et déchirée sur son bord supérieur, celle de droite se suivant sur à centimètres, puis interrompue, mais présentant sur son bord supérieur les naissances de huit pennes consécutives: on ne distingue rien du lHimbe, mais la largeur de ces branches, l'identité de celle de droite avec les rachis de divers autres échantillons plus complets, tels que ceux des fig. 3, PI. XXVIF, fig. 2, PI XXIX, et de la Planche XXXI, ne permettent pas de douter qu'on ait affaire au Clathr. platyphylla. On voit sur la figure que les deux branches du rachis partent du sommet d’un pétiole commun, qui mesure 12 millimètres de largeur et se suit sur 8 centimètres de longueur. Il est à présumer, d'après la largeur comparative des branches latérales, que les grandes frondes, telles que celle des Planches XXXI et XXXIEXXXIEE, devaient avoir des pétioles plus forts encore, mesurant au moins 16 à 15 rullimètres de largeur. On trouve d’ailleurs, associés à ces frondes, des fragments d’axes de cette largeur, plus où moins striés en long
porté à regarder comme correspondant à ces pétioles. Les pétioles de
que Je suis
ces frondes atteignaient sans doute au moins 1 mètre où 1,50 de hauteur,
à en juger par comparaison avec le Dipteris conjugata, avec lequel le Clathr. platyphylla devait avoir, au point de vue du port général, la plus grande analogie.
S'il a été recueilli au Tonkin un assez grand nombre d'empreintes montrant des bases de frondes, en revanche les terminaisons de pennes paraissent être là, comme ailleurs du reste, d’une extrême rareté : l'échantillon le moins incomplet à cel égard est celui de la figure 1, PI. XXX, sur lequel on voit une penne de 5 centimètres de largeur rétrécie vers le haut à 2 centimètres seulement; mais elle ne se suit pas jusqu'à son extrême sommet, de sorte qu'on ne peut savoir si celui-ci était aigu, ou plus ou moins arrondi.
Les divers échantillons figurés permettent de se rendre compte des variations que présentait cette espèce au point de vue de la forme et de lespacement des dents du bord du limbe, comme au point de vue de la nervation. En général, ces dents sont de forme triangulaire, aiguës ou obtusément aiguës, plus rarement tout à fait obtuses, d'ordinaire assez peu saïllantes et séparées par des sinus tantôt arrondis et assez larges, comme sur la figure 2, PI. XXVIIT, tantôt très étroits, comme sur la figure 2, PI. XXVIT. Leur forme et leur disposition relative dépendent d’ailleurs de la courbure plus ou moins accentuée de la nervure, qui parfois se relève fortement vers son extrémité supérieure, comme sur les figures 2, 4 et 6, PL. XXX, parfois, au contraire, demeure rectiligne jusqu’au bout, comme, par exemple, sur les figures 1 et 5, PI. XXX; les dents prennent dans ce dernier cas la forme d’un triangle presque isocèle, et paraissent en même temps plus saillantes que lorsqu'elles sont arquées vers le haut; il en est ainsi, par exemple, sur la fronde figurée par Schenk, pl. XVIF, fig. 1, où elles atteignent jusqu'à 10 millimètres de longueur; Jen ai, du reste, observé d'aussi longues, avec un contour tout à fait isocèle, sur un fragment de fronde recueilli à Yen-Cu, entre Hongaÿ et Quang-Yen, par M. Charpentier; mais il est rare qu’elles soient aussi développées.
En ce qui regarde la nervation, la disposition des nervures secondaires est quelque peu variable, et l'aspect général peut aussi varier assez notablement suivant leur plus ou moins de relief. Comme disposition, le type le plus habituel est représenté par la figure 1, PI XXXII-XXXIHI, sur laquelle on . voit la plupart des nervures secondaires aller directement, sans se diviser, d'une nervure primaire à d'autre, en s’infléchissant seulement ou s'incurvant un peu, formant ainsi des mailles à peu près régulières en forme de rectangles
ou de parallélogrammes à longs côtés plus ou moins flexueux, plus ou moins
curvilignes, tandis que quelques autres nervures se bifurquent et donnent naissance, en s’anastomosant avec leurs voisines ou avec celles qui partent de la nervure primaire la plus rapprochée, à des mailles tantôt triangulaires et tantôt pentagonales; c'est sur cette dernière disposition que Brauns avait établi en 1862 son Camptopteris fagifolia, qu'il a lui-même, quatre ans plus tard, fait rentrer purement et simplement dans le Clathr. platyphylla N). La figure 2 de la Planche XXX montre encore les mêmes variations de la nervation, telles qu'elles se présentent, non plus sur la face inférieure, mais sur la face supérieure du limbe.
Plus rarement on n’observe sur une même penne que lun de ces deux types, mais dans ce cas c’est le premier qui se montre le plus fréquent, c’està-dire le type à nervures secondaires simples et parallèles entre elles, le plus souvent franchement normales aux nervures primaires, offrant ainsi le caractère du genre Clathropteris bien accentué, comme on le voit sur la figure : de la Planche XXVIIL, où quelques-unes des grandes mailles rectangulaires sont à leur tour divisées en mailles rectangulaires plus petites par des nervures transversales, parallèles aux nervures primaires. Quelquefois les nervures secondaires, tout en demeurant à peu près parallèles, s'inclinent au contraire fortement, à 5o° ou même à 45°, sur les nervures primaires, comme sur la figure 2, PI. XXVIIF, dessinant alors des mailles en forme de parallélogrammes très obliques.
Le second type, à nervures secondaires toutes ramifiées, s'anastomosant en mailles polygonales, se montre assez rarement seul sur toute l'étendue d'une penne; les figures 3, 4 et 6 à 8 de la Planche XXX en offrent cependant des exemples, relativement peu accentués sur les échantillons fig. 3 et 4 à rason du faible relief des nervures, beaucoup plus caractérisés sur les échantillons fig. 6 à 8, où l’on voit trois et parfois quatre séries de mailles polygonales comprises entre deux nervures primaires consécutives, et où la nervation s'écarte ainsi du type normal des Clathropteris pour prendre laspect de celle des Dictyophyllum; le relief extrêmement accusé des nervures de second et de troisième ordre contribue d’ailleurs, pour une part importante, à donner à ces échanüllons l'aspect un peu anormal qu'ils présentent, car celui de la figure 5, PL XXX, offre une apparence générale presque semblable, et cependant, si on l’examine avec un peu d'attention, on reconnait que Îles nervures
(9 Brauns, Pulæontographica, XUT, p. 243.
secondaires y sont pour la plupart simples et parallèles; mais les nervures de troisième ordre étant presque aussi fortes qu'elles, les grandes mailles rectangulaires ne se dessinent plus nettement, et l’on n’aperçoit tout d’abord que des mailles plus ou moims polygonales. Il suffit, au surplus, de rapprocher les unes des autres les figures 2 à 8 de la Planche XXX pour constater qu'on passe peu à peu du type normal de la figure 2 à l’aspect anormal des figures 6 à 8 et qu'il n’y a là que de simples variations d’un type spécifique unique.
Inversement le relief, même des nervures secondaires, peut aller en s'atténuant, et le limbe, au lieu d'apparaitre divisé en compartiments, rectangulaires ou polygonaux, à surface plus ou moins bombée, devient alors presque plan, comme on le voit, par exemple, sur les échantillons fig. 2, PI XXVIIE, fig. 1, PI. XXIX, ou fig. 4, PI. XXX. 4
Enfin il m'a paru intéressant, comme cas tératologiques ou tout au moins comme anomalies exceptionnelles, de figurer, PI. XXIX, fig. 3 et 4, deux échantillons, recueïllis à Hatou par M. Bavier-Chauffour, sur lesquels on voit deux nervures primaires voisines s’infléchir brusquement pour se rapprocher un instant l’une de l’autre (fig. 3 à gauche, au-dessus du mulieu), ou
même pour s'unir momentanément en une nervure unique esse séparer
ve)
ensuite (fig. 4 à droite, au-dessus du milieu); j'ajoute que cette dernière anomalie m'a été signalée chez le Châtaignier, par M. Laville, préparateur à l'École supérieure des Mines, qui m'a rapporté des bois de Meudon des feuilles montrant ainsi deux nervures latérales réunies en une seule sur une petite portion de leur parcours.
Quelques échantillons, peu nombreux, ont été trouvés portant des frucüfications : le meilleur d’entre eux est représenté sur la figure 1 de la Planche XXXIV; 11 montre la face inférieure d’une fronde à pennes en partie fertiles et en partie stériles, quelques-unes d’entre elles étant chargées d’organes fructificateurs dans leur région inférieure. Les sporanges, de forme ovoide, mesurent environ 0,15 de diamètre sur 0,20 à o%,30 de longueur; 1ls sont réunis par petits groupes non contigus, bien qu'assez rap- “prochés, les uns arrondis, formés de sept ou huit sporanges disposés en rosette, conformément à ce qu'a observé Schenk), les autres irréguliers
et formés d’un nombre tantôt plus grand el tantôt moindre de sporanges
® Schenk, Fossile Flora der Grenzschichten , pl. XVII, fig. 3.
(PI. XXXIV, fig. 10,10). Aucun de ces échantillons fertiles n’est, malheureusement, assez bien conservé pour qu'il ait été possible de distinguer l'anneau des sporanges; mais la constitution et la répartition des sores rappellent ce qu'on observe chez les Dipteris.
Le Clathr. platyphylla est suffisamment caractérisé par le mode de découpure de ses pennes primaires, à dents en général très faiblement saillantes, ainsi que par sa nervation, la forme rectangulaire des mailles s'observant presque Loujours sur une partie ou une autre du limbe, pour que sa détermi-
nation ne puisse donner lieu à un doute, sans risque de confusion avec aucune
autre espèce, de celles du moins qu'on peut rencontrer avec lui dans les gise—.
ments du Tonkin. Il ne peut y avoir d’hésitation que lorsqu'on se trouve en présence de bases de frondes à pennes soudées ne montrant pas la partie libre de leur limbe, auquel cas on peul se demander si l'on a affaire au Clathr. platyphylla où à un Dictyophyllum, particulièrement au Dict. Nathorsti; mais même dans ce cas, si l'échantillon n’est pas trop incomplet, la distinction entre lun et l’autre pourra en général se faire d’après la force des rachis et l’écartement des axes des pennes, les branches du rachis primaire du Dict. Nathorsti n'atteignant pas la largeur de celles du Clathr. platyphylla, et les pennes de celui-ci étant toujours moins nombreuses, et par conséquent moins rapprochées, en même temps qu'elles offrent un rachis plus épais. C'est ainsi, par exemple, que, sur l’échantillon fig. 3, PI. XXVIF, en dehors de la comparaison avec des échantillons plus complets, mais identiques à lui dans leur portion inférieure, la largeur des axes des pennes et l’épaisseur considérable de la branche de rachis sur laquelle ils viennent s’insérer excluent le Diet. Nathorsit et permettent de reconnaitre le Clathr. platyphylle.
Il peut arriver toutefois que les échantillons soient trop incomplets pour que ces différences puissent être observées, lorsque , par exemple, on n’a affaire qu'à un fragment comprenant seulement les axes d’un trop petit nombre de pennes, et qu'on n’a pas sous les yeux la branche du rachis primaire à laquelle elles venaient s'attacher; la détermination demeure alors incertaine.
La liste synonymique que J'ai donnée pour cette espèce ne me parail comporter d’autres explications que celles qui sont nécessaires pour justifier Pabsence de certains noms spécifiques que l’on a généralement considérés comme synonymes du Clathr. platyphylla. C’est ainsi, tout d’abord, que J'ai exclu de
cette liste le Camptopteris Münsteriana et que je n'ai admis comme se rappor-
Rapports
et différences
Synonymie.i
tant au Clathr. platyphylla qu'une partie des figures publiées par Schenk : j'ai déjà fait remarquer plus haut) que le Campt. Münsteriana figuré par Gæppert®) avait une fronde nettement dimidiée, comme les Dipleris, et cette division du limbe en deux moitiés indépendantes me semble constituer un caractère spécifique important, de nature à le distinguer nettement du Clathr. platyphylla, chez lequel, comme on la vu, le limbe s'étale en un éventail continu sans séparation médiane, J'ajoute que le Campt. Münsteriana parait se distinguer en outre par ses pennes plus étroites, par ses nervures latérales et ses dents beaucoup plus espacées proportionnellement à la largeur du limbe, et aussi par sa nervation, qui est plutôt celle d’un Dictyophyllum que d'un Clathropteris, bien qu'il semble suscepüble d'offrir parfois de grandes mailles rectangulaires. On observe en effet de telles mailles sur l'échantillon type de Presl 6), que Gœppert affirme être identique avec l'espèce qu'il a figurée li, mais qui est peut-être, il est vrai, trop incomplet pour qu'on puisse se prononcer en toute certitude sur son attribution, Parmi les échantillons figurés par Schenk qui me semblent devoir être regardés comme des sections de frondes dimidiées et attribués pour ce motif au Campt. MünsterianaW), 11 en est un également qui offre, entre les nervures primaires aboutissant aux dents, de grandes mailles rectangulaires, d'après lesquelles on pourrait le rapporter au genre Clathropteris f); mais ces nervures primaires présentent, dans leur disposition, des irrégularités qui sont de nature à exclure absolument Pattribution au Clathr. platyphylla : la plupart sont plus ou, moins flexueuses, elles sont inégalement espacées, et parfois deux d’entre elles viennent aboutür à une même dent, ce qu'on ne voit Jamais chez le Clathr. platyphylla. Bref, sans me prononcer sur la question de l'attribution générique du Campt. Münsteriana, pour lequel on peut hésiter entre les deux genres Clathropteris et Dictyophyllum, je crois, avec Gœppert®), qu'il doit être considéré comme spécifiquement distinct du Clathr. platyphylla. Peut-être pourrait-on lui rapporter les échantillons de Bornholm figurés par M. Bartholin sous le nom de
0 Voir suprä, p. 97.
® Gœppert, Münster's Beiträge zur Petrefactenkunde, VI. Heft, pl. HE.
® Camptopteris Münsteriana Pres, in Sternberg, Ess. Fl. monde prim., I, fasc. 7-8, p. 168, pl. XXXI, fig. a.
® Gœppert, Münster's Beiträge, NI. Heft, p. 88.
% Schenk, Fossile Flora der Grenzschichten, pl. XVE, fig. 2-4.
® Ibid, pl. XVE, fig. 4.
% GϾppert, Genres de plantes fossiles, Tivr. 5-6, p. 120.
Clathr. platyphylla®, mais dont Pattribution à ce dernier ne me parait pas admissible.
IL est permis de se demander si le Clathr. reticulata Kurr ®), que Heer déclare lui-même extrêmement voisin du Clathr. platyphylla, ne devrait pas, comme il l'avait, dit-il, admis tout d'abord, être purement et simplement réuni à celui-ci, ce qui ferait remonter l'existence de l'espèce à l'époque triasique supérieure : la forme des dents, plus droites et offrant un contour triangulaire isocèle, que Heer indique comme un caractère distinctif, ne semble pas avoir une grande valeur, étant donné les variations qu'on observe à cet égard chez lespèce rhétienne. Mais peut-être fautl avoir égard à ce fait, que, sur les échantillons du Trias de Suisse figurés par Heer, les mailles rectangulaires comprises entre les nervures primaires se montrent subdivisées en mailles, également rectangulaires, bien plus étroites et plus nombreuses qu'on ne les voit jamais chez le Clathr. platyphylla. Je serais donc, sans vouloir cependant rien affirmer, porté à croire à une différence spécifique, et je me suis abstenu d'inscrire le Clathr. reticulata dans la liste synonymique.
J'ai également laissé de côté, dans cette liste, les échantillons du Trias des États-Unis signalés par Newberry et par M. Fontaine comme appartenant au Clathr. platyphylla : si Péchantillon du New Jersey figuré par Newberry © semble en effet, bien que très fragmentaire, assimilable à cette espèce, ceux de la Virginie ") me paraissent se distinguer à la fois par lextrème largeur de leur limbe, qui atteint jusqu’à 1 8 ou 19 centimètres, et par le rapprochement de leurs nervures secondaires, qui forment des mailles rectangulaires beaucoup plus étroites et en même temps plus régulières qu'on ne les voit chez le Clathr. platyphylla.
Enfin javais, il y à peu d'années, en parlant de léchantillon représenté à la figure 3 de la Planche XXVIF, indiqué 5) le Propalmophyllum liasinum Lignier, du Lias moyen de l'Orne , comme identifiable , simon positivement au Clathr.
® Bartholin, Botanisk Tidsskrift, XVII, pl. XI, fig. 1-3.
® Heer, FL foss. Helvetie, p. 73, pl. XXV, fig. 4, 5 (an fig. 6?).
® Newberry, U. S. Geol. Surv. Monographs, XIV, pl. XXIT, fig. 6.
® Fontaine, U. S. Geol. Surv. Monographs, VI, pl. XXXI, fig. 3, 4; pl. XXXIT, fig. 1; pl. XXXUT, fig. 1; pl. XXXIV, fig. 1; pl. XXXV, fig. 2.
® Zeiller, Revue des travaux de palcontologie végetale publies dans le cours des années 1893- 1896, p. 52.
® Lignier, Contributions à la flore liasique de Sainte-Honorine-la-Guillaume, p. 28, AUS fig. 20, 24.
IMPRIMENIE NATIONALE,
Provenance.
platyphylla, tout au moins au genre Clathropteris. Je dois revenir ici sur cette
assimilation, qui a été admise par MM. Seward et Dale), mais qui ne me parait pas devoir être maintenue : en effet, d’après M. Lignier, les frondes de son genre Propalmophyllum auraient un limbe symétrique, avec des nervures partant des deux bords d’un même rachis, tandis que chez les Clathropteris et
: les Dictyophyllum les axes des pennes ne s’'insèrent, en réalité, que sur l’un
des deux bords du rachis primaire, l'autre bord demeurant nu. Il est vrai que l'un des échantillons de M. Lignier, celui de la figure 21, que J'avais rapproché des Clathropteris, ne montre avec évidence de nervures ou d’axes de pennes que sur le bord gauche de son rachis et que peut-être il peut, comme Je l'avais pensé, représenter un fragment de rachis appartenant à une fronde pédalée; mais deux ou trois des nervures qui partent de ce rachis paraissent se bifurquer dès leur base, ce qui n’a lieu ni chez les Clathropteris, ni chez les Dictyophyllum. On aurait donc affaire là à un type générique particulier, sur lequel des documents plus complets pourront seuls faire la lumière, type peut-être différent, d’ailleurs, de celui de la figure 20, dont on peut se demander s'il ne représenterait pas plutôt un verticille foliaire entourant une tige centrale, mais écrasé obliquement et plus ou moins déformé.
Ainsi que je l'ai déjà dit, le Clathr. platyphylla est extrèmement abondant dans toute la formation charbonneuse du Bas-Tonkin, et a été trouvé sur presque tous les points où ont été faits des travaux.
Mines de Kébao : mine Rémaury, toit de la couche Ÿ, mur de la couche U; mine de Cai-Daï, plan 4, niveau 70, couche Q; puits Lanessan, travers-bancs Nord de l’étage 120, et couche de la Descenderie; mine de la Trainée verte, 2° niveau; système inférieur (Sarran), toit de la couche n° 1 (couche C); rivière de Kébao.
Mines de Hongay. Système de Hatou : Hatou, Grande couche et grand banc
de schiste; Gia-Ham; mine Jauréguiberry; mine Henriette; mine Marguerite.
Système de Nagotna : Rivière des Mines, rive gauche, entre la Pagode et Claireville; monticule rive gauche de la rivière en aval de Claireville; mine de Carrère, toit de la couche Marmottan, toit de la couche Chater, toit de la couche Bavier; mine de Nagotna, toit de la couche Bavier, mur de la couche Sainte-Barbe; vallée orientale de l'OEuf, galerie Léonice et couche près d’une pelite ile.
® Seward and Dale, On the structure and affinities of Dipteris, with notes on the geological history
of the Dipteridinæ , p. 505.
Île Hongaÿ.
lle du Sommet Buisson, galerie Jean.
Yen-Cu (entre la baie de Hongay et Quang-Yen). Quang-Yen, concession Sarran.
Mines de Dong-Trieu : environs de Dong-Trieu; périmètre Emile, mur de la couche D.
Mine de Nong-Sôn, près Tourane.
Frondes de F ougères en vernation.
SPIROPTERIS Scaimper.
PI. XXXV, fig. 1.
1869. Spiropteris Schimper, Trait. de pal. veq., 1, p. 688.
Frondes de Fougères enroulées en crosse, soit complètement, soit en partie.
On a rencontré parfois au Tonkin, comme dans tous les gisements où l’on trouve des Fougères fossiles, des frondes enroulées en crosse, reconnaissables, d’après cet enroulement même, pour de jeunes frondes de Fougères, mais impossibles, naturellement, à déterminer même génériquement, puisque les pimnules, non encore développées, n’en sont pas accessibles à l'observation. De tels échantillons ont été recueillis notamment à Hatou, à Nagotna, et à la vallée orientale de l'OEuf. Is n'offrent aucun intérêt spécial, et 1l n°y a lieu de les mentionner que pour mémoire. H m'a paru utile cependant de figurer l'un d'eux (PI. XXXV, fig. 1), à raison de ses grandes dimensions et de la grosseur de son rachis : cette crosse appartient certainement à une Fougere de grande taille, et il ne serait pas impossible, d’après la largeur du rachis, qu'on eût affaire là à une jeune fronde de Clathropteris platyphylla.
Rhizomes de Fougères.
Si les frondes de Fougères abondent dans les formations charbonneuses de Kébao et de Hongaÿ, les rhizomes qui correspondaient à ces frondes y font au contraire défaut, ou du moins ne se trouvent pas ou pour ainsi dire pas
Description
de l'espèce.
représentées parmi les échantillons recueillis, peut-être en partie parce que, n'offrant pas, en général, de caractères bien saillants, ils n’ont pas été remarqués par les collecteurs.
J'ai mentionné plus haut, en parlant du Glossopteris indica, la présence à
Hatou de quelques fragments, très incomplets malheureusement, dans lesquels
je serais porté à voir des tronçons de Vertebraria, c’est-à-dire de rhizomes de
celle espèce.
J'ai, en outre, signalé en 1882 un fragment d'empreinte, provenant de Hatou, qui m'avait paru appartenir à un RhizomopterisW), portant, sur une écorce chagrimée, « des cicatrices arrondies, de 3 à 4 millimètres de diamètre, munies d’une cicatrice vasculaire en forme de fer à cheval, à extrémités fortement infléchies vers l'intérieur ». J'ajoutais que trois de ces cicatrices étaient disposées en série reculigne, comme dans les Rhizomopteris de Pâälsj6 et de Bjuf figurés par M. Nathorst. L’échantillon a malheureusement été endommagé depuis lors, et ce qui reste de l'empreinte est trop imparfait pour qu'il me soit possible aujourd'hui de vérilier l'exactitude de ma détermination premicre et d'en permettre le contrôle au lecteur en donnant la figure de
n k É Ka ARTE l'échantillon. Je n’en parle donc ici que pour mémoire,
Équisétinées.
Genre ANNULARIOPSIS nov. gen.
Feuilles lancéolées ou spatulées, uninerviées, libres jusqu'à leur base, étalées à chaque verticille dans un plan probablement à peu près perpendiculaire à la tige, ou faiblement dressées autour de celle-ci.
ANNULARIOPSIS INOPINATA n. sp.
PI. XXXV, fig. 2 à 7.
Tiges (ou rameaux?) articulées, mesurant 2 à à millimètres de largeur, à L >: Fe 2 :
surface marquée de fines stries longitudinales irrégulières, ainsi que de petites
ponctuations plus ou moins nombreuses, dispersées sans ordre.
® Rhizomopteris sp., Annales des Mines, 1882, Il, p. 312.
Feuilles lancéolées-spatulées, oblusément aiguës au sommet, au nombre de 16 à 24 par verticille, longues de 2 à à centimètres sur 2 à à millimètres de largeur, 4 surface très finement ridée en travers de part et d'autre de la nervure médiane.
Les figures 2 à 7 de la Planche XXXV reproduisent les meilleurs échanüllons de ce type et donnent idée des variations qu'il peut présenter en ce qui regarde le nombre, la taille et la forme des feuilles. Il est visible qu'on a affaire, sur ces empreintes, à des verticilles de feuilles étalées en rosette et rappelant par leur forme et leur disposition celles des Annularia du terrain houiller, de l’Ann. stellata Schlotheim (sp.) principalement. En général, cependant, la roselte est incomplète et les feuilles ne couvrent que les deux üers ou les trois quarts du cercle au centre duquel elles ont leur origine commune, ainsi qu'on peut le remarquer sur les échantillons des figures 2 et 4; néanmoins un ou deux échantillons, trop mal conservés malheureusement pour pouvoir être utilement représentés, m'ont offert des verticilles complets et sans lacune.
Les échantillons des figures 2, 4, 6 montrent ces feuilles attachées à l'ex-
trémité de tiges de 2 à 5 millimètres de diamètre, tantôt marquées, comme
sur l'échantillon fig. 6, d’étroits sillons longitudinaux, d’ailleurs peu réguliers, tantôt offrant seulement à leur surface de fines cicatricules ponctiformes ou linéaires plus ou moins rapprochées, mais distribuées irrégulièrement, qui donneraient à penser que ces tiges ont été plus où mois chargées de poils ou d’écailles. Sur tous les échantillons que J'ai eus en mains, ces portions de tiges se terminent à la rosette de feuilles, et lorsque deux ou trois verticilles foliaires se succèdent sur la même plaque, comme c’est le cas sur la figure 4 , on constate que les fragments de tiges dont ils dépendent, au lieu de se raccorder et de se suivre d’un verticille à l’autre, sont orientés dans des sens différents : c’est ainsi que, sur la figure A, la uge du verticille du milieu est oblique sur la verticale, dirigée vers le chiffre 5, tandis que les tiges des deux autres se dirigent verticalement vers le bas. Si lon examine avec attention l'extrémité de ces fragments de tiges, on distingue, au centre de la rosette de feuilles, une dépression circulaire ou elliptique de 1 à 2 millimètres de diamètre, entourée d’un anneau légèrement charbonneux de 1 millimètre environ d'épaisseur suivant le rayon, présentant sur tout son pourtour de petites sallies ponctiformes contiguës, exactement semblables à
celles que montrent les empreintes des cassures nodales de üges ou de
Remarques
paléontologiques.
rameaux d’Equiselum, telles qu’on les voit, par exemple , sur les figures 12,13, 13 a de la Planche XXXIX. On peut, du reste, le constater à la loupe sur la figure 2, ainsi qu'au centre du verticille inférieur de la figure 4. I n’est donc pas douteux qu'on ait affaire là à des fragments de tiges articulées, rompues aux nœuds, et offrant les caractères des tiges d'Équisétinées, à savoir une grande lacune centrale et, dans l'anneau de tissu qui la circonscrit, un cercle de petites lacunes, en nombre égal, à ce qu'il semble bien, à celui des feuilles.
Aucun des échantillons recueillis ne montrant la continuation de la tige au-dessus du verticille fohaire, 11 ya leu de penser que ces Liges étaient très fragiles et avaient tendance à se rompre aux nœuds comme celles de la plupart de nos Prèles, ou peut-être encore qu'elles n'étaient pas droites, mais qu'elles s'infléchissaient à chaque nœud, auquel cas Pabsence de lentre-nœud suivant serait imputable, non à une rupture, mais au changement de direction par suite duquel cet entre-nœud serait demeuré engagé dans la roche. Peutètre pourrait-on invoquer en faveur de cette dernière hypothèse l'apparence de dyssymétrie des verticilles fohiaires, dont les feuilles semblent souvent de longueurs quelque peu inégales, comme le sont réellement celles d’une partie au moins des Annularia houillers ; il n'y aurait rien de surprenant, si la uge se coudait à chaque nœud, si la plante n'avait pas un axe de symétrie rectiligne, que les verticilles foliaires fussent eux-mêmes dyssymétriques; mais celte inégalité des feuilles ne me paraît pas assez sûrement établie pour qu'il y ail à en ürer argument. I n'est pas certain, en effet, que les feuilles latérales qui semblent plus courtes sur ces verticilles d'aspect dyssymétrique se suivent Jusqu'à leur sommet : sur l'échantillon fig. 2, en particulier, elles commencent vers leur extrémité à se relever quelque peu, ce qui donne à penser qu'elles ne sont pas tout à fait complètes et qu’elles se continuaient dans la roche de la contre-empreinte. Sur d’autres échantillons, comme sur celui de la figure 7 ou sur le verticille inférieur de la figure 5 , où l’on a, au contraire, des feuilles bien complètes, on ne remarque, sur la portion assez étendue de verticille qu'on a sous les yeux, aucune tendance à l'inégalité.
Je suis donc porté à croire qu'on a affaire ici à une Équisétinée à feuilles toutes égales où à peu près égales dans chaque verticille, mais plus ou moins redressées vers leur extrémité, formant ainsi à chaque nœud une sorte de coupe largement ouverte, peut-être parfois légèrement dressées dès leur base,
et que c'est à ce relèvement des feuilles, ou à leur direction générale plus où
moins ascendante, qu'il faut attribuer à la fois les apparences d'inégalité dans la longueur de ces feuilles, et l'absence habituelle des feuilles appartenant à la portion antérieure du verticille, Il est clair que si les feuilles étaient, à leur base, normales ou à peu près normales à l’axe de lentre-nœud, lorsque cet entre-nœud avec son verticille foliaire est venu se coucher sur le fond du bassin de dépôt, les feuilles du verticille n’ont dû s’étaler à plat que sur une parte du pourtour, tandis que les feuilles antérieures, demeurant plus ou moins dressées, ont dù être prises ensuite dans les sédiments qui ont simplement recouvert leurs voisines.
La comparaison des divers échantillons figurés montre que ces feuilles aflectaient une forme tantôt à peu près lancéolée, leur largeur maxima étant cependant toujours au delà du milieu de leur longueur, tantôt nettement spatulée comme sur le verticille inférieur de la figure 5. Elles présentent une nervure médiane très nette, et leur limbe se montre, du moins sur les échantillons de schiste argileux, où le grain de la roche est assez fin pour ne pas masquer ces détails, marqué de rides transversales extrémement lines et serrées, rappelant un peu celles qu'on observe sur les feuilles de l'Asterophyllites equisetiformis Schlotheim (sp.) du terrain houiller, mais plus confuses.
Les échantillons recueillis n'apprennent malheureusement rien de plus sur celte plante : les tiges étaient-elles simples ou portaient-elles des rameaux latéraux, il est impossible de s'en rendre compte, et l'on demeure également dans une ignorance absolue pour tout ce qui concerne l'appareil fructificateur.
Bien que rappelant un peu les Annularia, la plante dont je viens de parler ne peut leur être assimilée sénériquement, les Annularia ayant toujours leurs feuilles et leurs rameaux parfaitement étalés dans un seul et même plan, sur toute leur étendue, avec plusieurs verticilles foliaires consécutifs le long d’un même axe, et offrant une ramification distique régulière , caractères qu'on ne retrouve pas 1c1, On peut encore moins songer à un rapprochement avec les Asterophyllites, dont les tiges et les rameaux, portant toujours une série de verticilles foliaires plus ou moins rapprochés, sont munis de feuilles linéaires dressées autour, de! l'axe, et qui ont, comme les Annularia, une ramification régulièrement distique.
genre Schizoneura, qui a des feuilles longuement et étroitement linéaires, beaucoup
I ne me parait pas possible non plus de rapporter cette plante au
plus dressées, et n'offre jamais un étalement des verticilles foliaires compa-
et différences.
rable à ce qu’on observe ici. Il m'a donc paru nécessaire de créer pour ce type un nom générique nouveau, que Jai üré de son apparente ressemblance avec les Annularia.
Peut-être est-l permis de se demander sil ne faudrait pas rapprocher, du moins génériquement, de lAnnulariopsis inopinata Y Annularia maxima Schenk0) du terrain houiller de Lui-Pa-Kou, province du Hou-Nan, en Chine. Schenk a décrit de ce gisement, à côté de fragments de frondes de Fougères idenliées, peut-être un peu arbitrairement, à des espèces houillères, un très remarquable type de Fougère, qu'il a désigné sous le nom de WMegalopteris nicotianæfolia®), et qui parait voisin surtout des genres Dictyophyllum et Clathropteris de la flore secondaire; sur lexemplaire qu'il m'a envoyé de son travail sur les plantes fossiles de la Chine , il a, ilest vrai, substitué de sa main à ce nom générique de Megalopterts, employé auparavant dans un autre sens par Dawson, celui d'Idiophyllum, créé par Lesquereux pour une empreinte de la formation houillère de Mazon Creek dans l'inois; mais M. Sellards a fait récemment justice de ce type, demeuré énigmatique, en montrant qu'il ne s'agissait, en réalité, sur cette empreinte de Mazon Creek, que d'un fragment d'une fronde de Nevropteris rarinervis Bunbury incomplètement développée ®. Il ne reste plus, dès lors, dans la flore paléozoïque, aucun type comparable au Megalopteris nicotianæfolia de Lui-Pa-Kou, et les affinités de celui-ci, avec les Dictyophyllum principalement, me semblent assez marquées pour donner à penser que ce gisement du Hou-Nan pourrait bien appartenir, non pas au Houiller, mais à un niveau géologique beaucoup plus élevé. Je ne prétends pas, bien entendu, rectifier, sur cette simple présomption, le classement anus par Schenk pour ces couches de Lui-Pa-Kou : il faudrait non seulement pouvoir étudier les échantillons mêmes que Schenk a figurés, mais disposer de matériaux plus nombreux et plus complets; jai voulu simplement, à raison de l'intérêt que peut offrir cette détermination de l'âge des couches à charbon du Hou-Nan, et l'Annularia maxima étant lune des formes qui semblent venir le plus nettement à l'appui de l'opinion de Schenk, signaler la ressemblance de cette espèce avec lAnnulariopsis inopinata, et appeler lat-
tention sur la possibilité d’une autre interprétation.
® F. von Richthofen, China, IV, p. 231, pl. XXXI, fig. 3-6.
D Tbid., p: 238, pl. XXXIT, fig. 6-8; pl. XXXIIE, fig. 1-3; pl. XXXV, fig. 6.
® E. IL. Sellards, On the validity of Idiophyllum rotundifolium Lesquereux , a fossil plant from the Coal Measures of Mazon Creek, [inois.
L'Annulariopsis inopinala n'a été rencontré que sur un petit nombre de points, à Kébao, à Hongaÿ et à Dong-Trieu.
Mines de Kébao : système supérieur, couche n° 2, galerie M (couche M).
Mines de Hongaÿ, système de Nagotna : vallée orientale de l'OEuf, galerie Léonice; et peut-être Rivière des Mines, rive droite, première vallée, un échantillon de cette provenance, malheureusement insuffisamment déterminable, paraissant susceptible d'être attribué à cette espèce.
Mines de Dong-Trieu : périmètre Emile, mur de la couche B.
Genre SCHIZONEURA Scuimrer et MouGeor.
1844. Schizoneura Schimper et Mougeot, Plantes foss. du Grès bigarre des Vosges, p. 48.
Feuilles étroitement linéaires, uninerviées, d'abord soudées en game, ensuite libres jusqu'à leur base, parfois demeurant partiellement soudées les unes aux autres, plus ou moins dressées ou étalées-dressées.
SCHIZONEURA CARREREI n. sp.
PI. XXXVI, fig. 1, 2; PL. XXXVIT, fig. 1; PI. XXX VIII, fig. 1 à 8.
1882. Phyllotheca indica Zeiller (non Bunbury), var. longifoliu, Ann. des Mines, 1882, I] p. 301, pl. XI, fig. 1, 2 A.
1882. Nilssonia polymorpha /eiller (non Schenk), Ann. des Mines, 1882, IT, pl. XI, fig. 16 (non fig. 15).
1886. Phyllotheca (?) sp. Zeiïller, Bull. Soc. Geol. Fr., XIV, p. 455, pl. XXIV, fig. 1. 1900. An Schizoneura Krasser, Foss. Pfl. aus China u. Central-Asien, p.8, pl. IE, fig. 1-3 a (?).
Tiges de 2 à 12 centimètres de largeur, à entre-nœuds longs de 3 à 12 centimètres, à surface exlerne lisse, marquées aux nœuds de cicatrices Joliaires elliptiques ou arrondies contiquës, larges de 1%,5, atteignant parfois jusqu'à 3 millimètres sur les plus grosses tiges. Moule interne marqué d’étroites côles longitudinales espacées de 0"",5 à 1 nullimèire, et portant en outre à chaque articulation une rangée de petites protubérances ponctiformes, distantes
de 1 millimètre à 1,5, comprenant entre elles tantôt une et tantôt deux côtes.
Rameaux peu nombreux, disposés en verticilles , mais seulement à certaines articulations, mesurant de 3 à 5 millimètres de largeur.
Feuilles linéaires, presque filiformes, dressées ou étalées-dressées, générale-
IMPRIMERIE NATIONALE
Provenance.
Description
paléontologiques.
ment libres jusqu'à leur base, longues de 7 à 20 centimètres et plus, sur 1 millimètre à 1", 5 de largeur, marquées d'une nervure médiane plus ou moins nette, au nombre de 80 à 100 à chaque nœud sur les grosses tiges.
Cette belle Équisétinée se présente le plus ordinairement, à Hongaÿ aussi bien qu'à Kébao où M. Sarran en a recueilli de nombreux échantillons, sous forme de grosses tiges atteignant parfois 10 centimètres et plus de largeur, et souvent munies encore à chaque nœud d’un verticille de longues feuilles affectant la forme d'un ruban très étroit, presque fihforme, dépassant parfois 22 centimètres de longueur. Sur les empreintes les mieux conservées, on distingue une nervure médiane assez forte, occupant le tiers ou la moitié de la largeur de la feuille et faisant fréquemment sur la face dorsale une saillie assez prononcée.
Ces feuilles semblent quelquefois, au voismage de leur base, soudées les unes aux afitres par deux ou par trois sur une certaine étendue, ainsi qu’on peut le voir en quelques points de la figure 1, PI. XXXVI, ainsi que de la Planche XXXVIT; cependant un examen attentif me porte à croire qu'il y a plutôt contact immédiat où superposition partielle des bords que soudure véritable, Quoi qu'il en soit, et bien qu'aucun échantillon n'ait offert de véritables gaines lacérées simplement de place en place suivant la commissure des feuilles, 1l n'est pas douteux qu'on ait affaire ici à une espèce appartenant au genre Schizoneura, mais au groupe des espèces à feuilles habituellement libres, Schiz. Meriani Brongniart {sp.) et Schiz. hœrensis Hisinger (sp.), très voisme surtout de cette dernière.
Ces tiges sont généralement marquées de fines côtes longitudinales plus ou moins accentuées, mais la comparaison des différents échantillons montre que ces côtes appartiennent au moule interne, sur lequel elles sont toujours bien visibles, et qu'à l'extérieur, au contraire, la surface de la tige était tout à fait une, C’est ainsi notamment que l'échantillon fig. 1, PI XXXVIIE, fait voir le moule interne, finement costulé, en place à l'intérieur d’une grosse tige à surface externe parfaitement lisse, Le contour extérieur de la tige n'existe que du côté gauche, et lon voit le moule interne suivre lui-même ce contour à 7 ou 8 millimètres de distance. Vers le mihieu de l'échantillon, le moule interne est recouvert par la portion extérieure de la tige, dont la surface antérieure est conservée sur une assez grande étendue; plus à droite, au contraire, le moule interne a été enlevé de manière à faire apparaitre tout le long du
contour de la figure, sur 1 à 2 centimètres de largeur, empreinte corres-
pondant à la face postérieure. Dans cette région, comme vers le milieu de l'échantillon, la surface externe montre la trace de côtes semblables à celles du moule interne, mais très faiblement accusées et parfois à peine visibles; en réalité, ces côtes sont simplement celles du moule interne qui transparaissent à l'extérieur par suite de l’aplatissement de l'anneau de tissu qui entourait la grande lacune centrale ; on peut s'assurer en effet, sur le bord gauche de l'échantillon, dans la région qui s'étend au delà du bord du moule interne, que la surface externe est absolument lisse : elle ne montre que des stries longitudinales excessivement fines et serrées, provenant vraisemblablement de l'alignement régulier des cellules épidermiques. Il en est de même sur la portion inférieure de léchantillon fig. 6, 6 a, PI XXXVIIT, qui montre, au-dessous de articulation, l'empreinte de la surface extérieure de la tige, et au-dessus de l'articulation, celle du moule interne.
Si l'on se reporte à la figure 1, on remarque sur la droite, dans la partie correspondant à lempreinte de la surface externe, que larticulation est jalonnée par une série de cicatrices contiguës, visibles au nombre de cinq, affectant la forme de triangles à peu près équilatéraux à pointe tournée vers le bas, à base supérieure légèrement curviligne et convexe vers le haut. Ce sont évidemment là des cicatrices foliaires, fort analogues, du reste, à celles que lon a observées sur certains échantillons de Schizoneura Meriani (). Au surplus, ces mêmes cicatrices, avec une forme tantôt triangulaire, tantôt tendant à s'arrondir, se retrouvent sur l'échantillon fig. 6, PI. XXXVIIT, et j'ai pu dégager
au burin la base des feuilles qui partaient des deux cicatrices situées le plus à droite (voir la figure orossie 6 a).
On trouve parfois des fragments de tiges rompues aux articulations et qui semblent, par suite de la contiguité de ces cicatrices foliaires, se terminer en une série de dents triangulaires, comme on le voit sur la figure 2 de la Planche XXXVIIT; de tels échantillons pourraient être pris pour des portions de gaines d'Equiselum à dents courtes, si l'identité avec les tiges complètes non rompues aux nœuds, telles que celles des échantillons fig. 1 et 6, n'était évidente; on ne voit d’ailleurs, sur ces dents, ni nervure médiane, ni plis correspondant aux lignes de commissure, comme on en observe invariablement sur les Æquisetum.
® Voir Schænlein, Abbildungen von fossilen Pflanzen aus dem Keuper Frankens, pl. VI, fig. 1
(les deux articulations inférieures ).
Outre ces cicatrices foliaires, qui sont toujours placées immédiatement audessous de la ligne nodale, on observe quelquefois des cicatrices plus fortes, orbiculaires, ombiliquées au centre, situées sur la ligne nodale elle-même, et qui correspondent sans doute possible à des insertions de rameaux : l’échanüllon fig. 3, PL. XXXVIIT, montre deux de ces cicatrices, sur l'une desquelles, celle qui est le plus rapprochée du milieu de la figure, on distingue nettement un double contour circulaire correspondant vraisemblablement aux limites externe et interne de l'anneau de Uüssu qui entourait la lacune centrale. On rencontre assez fréquemment, du moins dans les schistes de Hatou, des fragments de rameaux tels que celui de la figure 7, PI XXXVIIT, dont le diamètre correspond bien à celui de ces cicatrices raméales et dont l'association constante avec les tiges du Schizoneura Carrerei ne permet guère de douter qu'ils leur appartiennent; celui de la figure 7 semble mème venir s'attacher à l'articulation inférieure de la tige qui occupe le bord gauche de l'échantillon; mais la dépendance n'est pas certaine, et le fait que cette tige ne semble représentée que par un moule interne est de nature à faire douter qu'il y ait réellement connexion.
Ces moules internes sont, comme je lai déjà indiqué, marqués de fmes côtes longitudinales séparées les unes des autres par des sillons de même largeur qu'elles; tantôt elles se suivent d'un entre-nœud à l'autre, tantôt elles alternent à l'articulation. Celle-ci se montre généralement faiblement étranglée, et marquée de légères dépressions ponctiformes, qui sur la contre-empreinte se traduisent naturellement par autant de petites protubérances. Ces ponctuations comprennent entre elles soit une, soit deux côtes; quelquefois, comme on peut le voir sur certains points au moins de léchanullon en contreempreinte de la figure 5, PL XXXVIIT, deux ponctuations consécutives se montrent séparées alternativement par une et par deux côtes avec une assez grande régularité; d’autres fois 6n compte presque constamment deux côtes dans chaque intervalle. Ces variations semblent, du reste, se retrouver également chez le Schiz. hærensis"), Il n'est pas douteux que ces ponctuaüons du moule interne correspondent aux insertions de feuilles, et cette correspondance peut même être constatée directement sur quelques échanüllons analogues à celui de la figure 1, PI XXXVIIT, où Fon a affaire à la
fois au moule interne et à l'empreinte laissée par la surface extérieure de
0 Nathorst, Floran vid Hôganäs och Helsingborg, Hôganäs äldre, pl. TL, fig. 1.
la tige, et où l'on voit ces ponctuations placées en regard mème des cicatrices foliares.
Sur les moules internes les mieux conservés on distingue, sur le dos de chaque côte, une bande de fines stries longitudinales parallèles serrées les unes contres les autres, tandis qu'entre elles, c'est-à-dire sur les bords et au fond des sillons, apparait un réseau assez confus à mailles isodiamétriques, indiquant un tissu cellulaire. Les bandes striées se bifurquent aux articulations et représentent ainsi, sans doute possible , les faisceaux caulinaires. En l'absence d'échantillons à structure conservée, 1l est impossible de se rendre compte avec certitude des particularités d'organisation par suite desquelles les faisceaux lhibéroligneux se trouvent correspondre aux côtes du moule interne, alors que, chez les Calamites houillers, les côtes correspondent, au contraire, aux intervalles compris entre les coins lipgneux. Il est probable cependant que les tiges des Schizoneura étaient purement herbacées, et que ces côtes en relief du moule interne proviennent de lécrasement des lacunes qui devaient, dans chaque entre-nœud, accompagner les faisceaux libéroligneux.
Il est à remarquer que les cicatrices foliaires ou les dépressions qui leur correspondent ne sont pas, comme cela a lieu chez les Equiselum, en nombre égal à celui des faisceaux libéroligneux de lentre-nœud : il semble qu'à cet égard les Schizoneura, ou tout au moins les Schiz. Carrerei et Schiz. hœrensis, ne soient pas sans analogie avec les Calamites paléozoïques, avec les Arthropitys notamment, chez lesquels, suivant les espèces ou peut-être même simplement suivant les régions de la tige, les cordons foliaires sont tantôt en nombre égal à celui des faisceaux de l’entre-nœud et tantôt en nombre moitié moindre (); mais ici le rapport n’est pas constant sur une même articulation, puisqu'on y compte Lantôt un faisceau et tantôt deux faisceaux caulinaires par cordon foliaire.
Outre les échantillons déjà mentionnés, je crois devoir rapporter encore à cette dernière espèce, quoiqu'il semble peut-être bien fragmentaire pour comporter une détermination positive, celui qui est représenté sur la figure 8 de la Planche XXX VIII et pour lequel j'avais hésité, en 1886, entre les genres Phyllotheca et Schizoneura. Cet échantillon montre une base de verticille foliaire étalée à plat sur la roche, et laisse voir au centre le diaphragme nodal mesurant
® B. Renault, Flore fossile du bassin houiller et permien d'Autun, 2° partie, p. 93. — Wäilliamson et Scott, Phil. Trans. Roy. Soc. London, vol. 185 B, p- 879-876.
Rapports
et différences.
Synonymie,.
7 à 8 nullimétres de diamètre, représenté par une lamelle de charbon, sur laquelle on peut, avec un grossissement suflisant, reconnaitre un réseau de cellules isodiamétriques, polygonales, d'environ o"*,10 de diamètre. On ne distingue malheureusement, sur le ‘pourtour, aucun détail d'organisation susceplible de fournir une indication relative à la signification des côtes du moule interne. Les feuilles étant libres jusqu'à leur base, et leur largeur, de 1,5, correspondant exactement aux dimensions des cicatrices foliaires du Schiz. CGarrerei, je crois qu'on peut, malgré Finsuffisance des caractères, conclure à Fidentification spécifique.
Ainsi que je lai déjà fait remarquer, l'espèce que je viens de décrire ressemble extrèmement au Schizoneura hærensis Hisinger (sp.) du Rhétien d'Europe 1. Je n'ai pas osé cependant l'identifier avec celui-ci, qui, d’après les figures publiées par M. Nathorst, parait avoir des feuilles sensiblement plus larges, et probablement aussi plus longues : les dimensions des feuilles, chez les Équicélinées, vont, comme on sait, en diminuant avec l'importance des axes dont elles dépendent, et l'on peut constater, chez le Schiz. CGarrerei, que les feuilles de la petite üge de la figure 4, PI XXXVIIL, par exemple, sont sensiblement moins longues que celles des grosses tiges des Planches XXXVI et XXX VII. Or, Fun des échantillons figurés par M. Nathorst®) montre, attachées à un rameau de 5 à 6 nullimètres seulement de largeur, des feuilles larges de 2 millimètres à 2"%,5 et longues de plus de 12 centimètres, car elles sont rompues à cette distance de leur origine et n'offrent encore aucune trace de rétrécissement. J'ajoute, à cette différence dans les dimensions des feuilles, que les tiges de l'espèce du Tonkin paraissent avoir atteint un diamètre notablement plus considérable que celles de l'espèce d'Europe. I semble, en fin de compte, qu'on ait affaire ici à une forme représentative de celle du Rhétien de Suède et de Franconie, mais non spécifiquement identique. J'ai donc cru devoir donner un nom nouveau à ce Schizoneura, et J'ai été heureux de le dédier à M. de Carrère, qui a bien voulu, comme président du Conseil d'administration de la Société française des charbonnages du Tonkin, me faire envoyer de si nombreux et si intéressants échantillons.
Les spécimens de cette espèce que J'avais eus en mains en 1882 n'étant
pas suffisamment complets et ne permettant pas de suivre les feuilles jusqu'à
® Voir Nathorst, Floran vid Bjuf, pl. X, fig. 6-8, et Floran vid Hôganäs och Helsingborg, Hôg. äldre, pl. E, fig. 1-4; Helsingb., pl. I, fig. 5. ® Nathorst, Floran vid Hüqganäs och Helsingborg, Hôg. äldre, pl. 1, fig. 3.
leur point d'insertion, J'avais présumé que celles-ci se soudaient vers leur base en une gaine continue, et J'avais assimilé à tort ces échantillons au Phyllotheca indica Bunbury() de l'étage de Damuda, tout en ajoutant qu'ils se distinguaient de la forme indienne par la longueur plus grande de leurs feuilles, que cependant je ne croyais pas alors supérieure à 4 ou 5 centimètres.
J'ai également mdiqué plus haut (p. 80-81) par suite de quelle méprise J'avais rapporté au Milssonia polymorpha un fragment de moule interne de Schizoneura Carrerei présentant, à peu de distance de l'articulation, une interruption parallèle à celle-ci, dans laquelle J'avais cru voir un rachis médian émettant de part et d'autre des nervures simples, rectilignes, qui n'étaient autre chose que les côtes longitudinales de ce moule interne,
Enfin jinscris dans la liste synonymique, comme me paraissant devoir appartenir à cette même espèce, les moules internes de Schizoneura de Hsu-Kia-Ho, dans le Se-Tchouen, figurés récemment, sans dénomimation spécifique, par M. Krasser; il est plus que probable, étant donné la présence du Podozamites distans dans cette même localité, que ces couches de Hsu-Kia-Ho doivent appartenir au Rhétien; comme Fa admis l'auteur, et être contemporames de celles du Bas-Tonkin; la présence du Schizoneura Carrerei dans ces couches n'aurait donc rien que de parfaitement naturel; toutefois, malgré la ressemblance parfaite de ces échantillons avec ceux de Hongay et de Kébao, je n'ose, en l'absence des feuilles, conclure sans réserve à l'identité spécifique, la question ne pouvant être résolue définitivement que par la découverte d'empreintes plus complètes, montrant la surface externe des tiges avec les feuilles encore en place.
Le Schizoneura Carrerei S'est montré assez abondant sur quelques points des mines de Kébao, comme des mines de Hongaÿ.
Mines de Kébao : système ‘inférieur, couche n° 1 (couche C); rivière de Kébao.
Mines de Hongaÿ. Système de Hatou : Hatou, mur de la Grande couche et grand banc de schiste, — Système de Nagotna : Rivière des Mines, rive droite, première vallée; mine de Carrère, toit de la couche Marmottan.
Île Hongaÿ.
Ile du Sommet Buisson, tranchée en avant de la galerie Jean.
® Bunbury, Quart. Journ. Geol. Soc., XVII, p. 335, pl. X, fig. 6-9; pl. XI, fig. 1, 2
Provenance.
Description
de l'espèce.
Remarques
paléontologiques.
Genre EQUISETUM Line.
Feuilles linéaires uninerviées, soudées presque jusqu’à leur sommet en une game continue, plus où moins étroitement appliquée contre la tige, terminée par une série de dents correspondant aux extrémités libres des feuilles.
Épis frucüficateurs composés de verticilles consécutifs de sporangiophores, dilatés à leur sommet en une lame peltée à contour hexagonal plus ou moins réguler.
EQUISETUM SARRANI n. sp.
PI. XXXIX, fig. 1 à 13.
Tiges atteignant au moins 8 centimètres de largeur, à entre-nœuds longs, sans doute, de 10 à 15 centimètres, à surface divisée, par de très minces sillons longitudinaux s’atténuant peu à peu vers le bas de l’entre-nœud, en côtes plates de 4 à 5 millimètres de largeur, qui commencent à se rétrécir à 1,5 ou 1 centimètre au-dessous de l'articulation, et se continuent ensuite dans la gaine foliaire en "se rétrécissant de plus en plus; région dorsale des côtes et des dents marquée de fines ponctuations en creux.
Rameaux larges de 5 à 1 2 millimètres, divisés en entre-nœuds de 2 à 5 centimètres de longueur, à surface finement ponctuée; qaines foliaires étroitement appliquées sur le rameau, formées de 20 à 30 feuilles de 0",50 à 0"",75 de largeur, séparées par des sillons d’abord linéaires, puis graduellement élargis, et terminées par des dents libres très aiguës, de 2 à 3 millimètres de longueur.
Épis Jructificateurs cylindriques, longs d'environ 4 centimètres de longueur sur 7 à 8 millimètres de largeur, formés de verticailles contigus de sporangiophores terminés en un écusson hexagonal de 1 millimètre de diametre.
Bien que M. Sarran ait recueilli de nombreux échantillons de cet Equisetum, principalement sous la forme de grosses üges, dans un des gisements explorés par lui vers le fond de la vallée orientale de l'OEuf, aucun d'eux n'a montré que des fragments d’entre-nœuds, tels, par exemple, que celui de la figure 1, PI. XXXIX, imcomplets en largeur comme en longueur, n'offrant jamais qu'une seule articulation et ne permettant pas de juger avec précision du diamètre
des tiges, non plus que de la longueur des entre-nœuds, On peut seulement
conclure des dimensions des plus grands d’entre eux que ces uges devaient atteindre au moins 8 centimètres de largeur, avec des entre-nœuds longs, au moins dans certains cas, de plus de 14 centimètres. Sur tous ces échanullons, les games foliaires ont complètement disparu; on voit seulement, au-dessous de l'articulation, des sillons longitudinaux d'abord larges de 1 millimètre environ el marqués d'un pli médian, qui vont en se rétrécissant rapidement jusqu'à 0"%,5 au plus de largeur et semblent s'atténuer peu à peu vers le bas, sans aller cependant, même sur les plus longs fragments d'entre-nœuds, jusqu'à disparaitre complètement. Sur la lame charbonneuse qui correspond à la surface extérieure de la tige, on distingue de très nombreuses dépressions poncüformes (voir la figure grossie 1 a), ayant l'apparence de pores, et semblables à celles qu'on observe si fréquemment sur les échantillons bien conservés d'Equis. arenaceum Jæger (sp.), et sur lesquelles M. Naihorst a jadis appelé l'attention U).
Parmi les échantillons, moins abondants, rencontrés à Hatou, deux ont montré des restes, malheureusement incomplets, de gaines foliaires (fig. 2 et 3, PI XXXIX), sur lesquels on voit les sions séparaufs des côtes aller, au-dessus de l'articulation, en s’'élargissant de plus en plus, la région dorsale de la feuille, limitée par deux lignes graduellement convergentes vers le haut, se rétrécissant au fur et à mesure; mais la partie supérieure de la game, avec les dents libres qui devaient former la terminaison des feuilles, a disparu, et l'on ne peut que conjecturer, par comparaison avec les gaines des rameaux, quelles pouvaient être la forme et la dimension de ces feuilles, qui devaient atteindre vraisemblablement une longueur totale d'environ 2 centimètres à 2,5. Dans la partie qui en a été conservée, elles sont également marquées, comme les côtes auxquelles elles font suite, de fines et nombreuses ponctuations semblables à celles de FÆquis. arenaceum; mais, contrairement à ce qui a lieu chez cette espèce et chez l'Æquis. hyemale L. actuel, auquel M. Nathorst la comparée, les arêtes du pli qui-forme la limite entre la région dorsale de la feuille ou de la côte et le sillon commissural sont absolument lisses. Je n'ai pas retrouvé, chez les Equisetum vivants, d’ornementation tout à fait semblable, mais je crois, avec M. Nathorst, qu'il faut voir dans ces ponctuations des dépressions du revêtement siliceux épidermique, analogues surtout aux dépressions, généralement linéaires, mais quelquefois plus circonscrites el presque
®) Nathorst, Ofrers. af k. Vetensk. Akad. Fürhandl., 1881, p- 76, pl. I, fig. 4,5:
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poncüformes, qu'on observe sur les gaines et sur les côtes de notre Equis. hyemale. Peut-être, à raison même de cette incrustation siliceuse, les gaines foliaires étaient-elles particulièrement fragiles et faut-il imputer à cette fragiité leur disparition habituelle; toujours esta1l que sur les échantillons d'herbier de certaines espèces vivantes, telles notamment que l'Æquis. giganleum L. et l'Equis. hyemale, les gaines fohaires sont souvent très incomplètes, et manquent même quelquefois, du moins sur les plus grosses tiges, de sorte que leur absence sur des échantillons fossiles n’est pas autrement surprenante.
Avec ces grosses liges, et parfois en relation de position telle qu'il semble bien y avoir dépendance mutuelle, M. Sarran a recueilli un certain nombre de moules internes, à surface marquée de côtes longitudimales distantes de 0%%,75 à 1 millimètre ou 1,5, qui ressemblent aux moules internes de Schizoneura CGarrerei, mais qui en différent par le rapprochement et la finesse un peu moindres de leurs côtes, ainsi que par la présence constante d’un petit tubercule au sommet de chacune de celles-ci. Je représente sur la figure 6 de la Planche XXXIX un moule interne semblable, trouvé à Hatou associé à de nombreux rameaux d'Equis. Sarrani, el qui, à raison de ces caractères en même temps que de celte association, me semble devoir être attribué à cet Equiselum.
Parmi les échantillons récoltés à la vallée de l'OEuf, il s'est trouvé aussi un fragment de tige à surface non costulée (PI. XXXIX, fig. 5), mais offrant sur sa face antérieure deux cicatrices orbiculaires ombiliquées et portant latéralement, à la même hauteur, un organe appendiculaire à surface finement chagrinée, marquée de stries longitudinales recoupées de traits transversaux très fins, rappelant l'aspect des racmes des Calamites houillers; la surface même de la tige est également très finement striée en long. Il ne me parait pas douteux qu'on ait affaire 1à à un organe caulinaire d'Équisétinée appartenant probablement à l'Equis. Sarrani, si abondamment représenté dans ce gisement ; peut-être serait-ce une lige dépouillée de son épiderme ; mais jinclinerais plutôt à y voir un rhizome portant une racine latérale et deux cicatrices probablement raméales.
Enfin ce même gisement de la vallée orientale de FOEuf a fourni, associés à ces liges d'Æquisetum, des rameaux du même genre et présentant les mêmes caractères, à cela près que les sillons commissuraux n'y sont marqués que sur une faible hauteur et qu'il n'y a pas de pli transversal accusant l'aruculation ;
mais la surface en est ponctuée comme celle des grosses tiges (PI. XXXIX,
fig. 7,7a), et les arêtes marginales des sillons commissuraux sont, de méme, parfaitement hsses. Cette concordance de caracteres, jointe à l'association mutuelle, ne permet pas de douter que ces rameaux appartiennent à l'Equis. Sarrani. On a, d'ailleurs, retrouvé à Hatou, avec de grosses tiges de cette espèce, de nombreuses empreintes de ces mêmes rameaux, remarquablement bien conservées, dont quelques-unes sont reproduites sur la Planche XXXIX, fig. 8 à 11. Deux d’entre elles (fig. 10 et 11) montrent leur extrémité supérieure terminée en pointe aiguë, et l'on voit leurs entre-nœuds se raccourcir peu à peu en approchant du sommet. Les gaines foliaires apparaissent formées de feuilles étroitement appliquées contre l'entre-nœud, séparées par des sillons commissuraux graduellement élargis vers le haut, et terminées en une pointe très aiguë, presque sétacée (voir la figure grossie 9 a), Hbre sur 2%%,5 à 3 millimètres de longueur. L'articulation n'étant pas marquée par un pli transversal, on peut se demander où commence exactement la gaine foliare, les sillons commissuraux pouvant peut-être, comme sur les grosses liges, se prolonger vers le bas plus ou moins loin au delà du nœud ; cependant la terminaison très nette de ces sillons à une même hauteur me semble devoir être considérée comme marquant l'insertion de la game, qui aurait alors, sur les rameaux, une hauteur totale, dents comprises, de 8 à 10 millimètres. I n'y a, en effet, rien de surprenant à ce que les sillons commissuraux s'arrêtent sur les rameaux à l'articulation même, tandis que sur les grosses üges 1ls se prolongent bien au-dessous de la ligne nodale, le même fait s'observant, sans doute possible, chez l'Æquis. arenaceum.
Plusieurs de ces rameaux, obliques ou normaux au plan de sédimentation et rompus à une articulation, ou peut-être à leur base d'attache, ont laissé sur la roche l'empreinte de leur tranche (PI. XXXIX, fig. 12, 13,13 a), sur laquelle on reconnait au centre le diaphragme nodal entouré d’un cercle de fossettes allongées dans le sens radial et qui semblent devoir correspondre à de grandes lacunes, homologues apparemment des lacunes externes de nos Equisetum actuels, avec la section nodale desquels ces empreintes offrent Îa plus grande ressemblance.
Sur l’une des plaques portant ces empreintes de rameaux se sont trouvées, en outre, les empreintes de deux épis de fructification, lun mal conservé, mais paraissant à peu près complet, long d'environ 4 centimètres sur 7 ou 8 millimètres de largeur, l'autre rompu à 2 centimètres de sa base, mais mieux conservé et porté à l'extrémité d’un pédoncule de 1,30 de dia-
Rapports et différences.
mètre (PI. XXXIX, fig. 4). Il semble qu'on distingue à sa base (fig. 4 a) une sorte de collerette brièvement dentée, formée par un court verticille foliaire très étalé, comme on en observe souvent chez les Equisetum vivants; en tout cas, l'épi lui-même est exactement semblable à ceux des espèces actuelles, offrant à sa surface des rangées transversales d'écussons hexagonaux, à centre légèrement proéminent, à côtés verticaux contigus sur une même rangée, el alternant de lune à l'autre de manière à s'emboiter mutuellement (voir la figure grossie 4 b). Hn'y a pas à douter que ces épis soient ceux de lÆquisetum Sarrani, aux rameaux et aux tiges duquel ils sont associés, aucune autre espèce du même genre n'ayant été rencontrée dans ce gisement.
Ainsi que je lai dit jadis lorsque j'en ai mentionné la découverte 1), l'espèce que je viens de décrire se rapproche, par sa grande taille, de deux espèces keupériennes, l Equis. arenaceum Jæger (sp.)® et lÆquis. conicum Sternberg (sp. {Equis. platyodon Brongniart)®); elle ressemble à la première d’entre elles par la division de ses entre-nœuds en côtes plates sur une partie au moins de leur longueur, les sillons correspondant aux plis comnussuraux de la game descendant bien au-dessous de larticulation, caractère que j'ai trouvé notamment très accentué sur de bons échantillons d’Equis. arenaceum du Trias supérieur de Lunz; elle lui ressemble également par les ponctuations qui couvrent le dos des côtes et des feuilles, mais elle en diffère par la largeur plus grande de ses côtes et de ses feuilles, par la longueur plus grande de ses entre-nœuds, par l'absence de ponctuations ou de rugosités sur les arêtes du bord des plis commissuraux ; elle a, en outre, des épis fructificateurs moins gros, beaucoup plus'allongés, et à écussons notablement plus petits; enfin 11 me parait douteux qu'elle ait atteint jamais un aussi fort diamètre. La largeur de ses côtes et la longueur des entre-nœuds la rapprochent, d'autre part, de FEquis. conicum ; mais celui-ci a les côtes encore plus larges, les entre-nœuds moins longs, les feuilles moins aiguës, séparées par des sillons commissuraux beaucoup plus rapidement élargis, et déprimées, à ce qu'il semble, sur leur face dorsale; enfin les silons commissuraux paraissent s'arrêter, même sur les plus grosses
üiges, à très peu de distance au-dessous de la ligne nodale.
® Zeiïller, Bull. Soc. Geol. Fr., 3° sér., XIV, p. 577. ® Heer, Flora fossilis Helvetie, p. 74, pl. XXVI, fig. 1-3; pl. XXVIT, fig. 1-5; pl. XXVIT,
(3) Sternberg, Ess. F. monde prim., 1, fase. 5-6, p. 44, pl. XVI, fig. 8; fasc. 7-8, p. 107; pl. XXX, fig. 1. — Heer, Flora fossilis Helvetiæ, p. 76, pl. XXVIT, fig. 6-9; pl. XXVIIT, fig. 8.
L’Equisetum de Hongaÿ ne saurait donc être identifié à aucune de ces deux espèces el doit constituer un type spécifique nouveau, auquel il est naturel de donner, comme j'en avais exprimé l'intention !), le nom de M. Sarran, à qui en est due la découverte.
En dehors des deux localités des mines de Hongaÿ déjà citées et que je vais rappeler, je n'ai vu, d’autres provenances, que des échantillons dont l'attribution à l’Equis. Sarrani demeure douteuse, à raison de leur état fragmentaire : ce sont, d’une part, un fragment d'épi, très analogue, il est vrai, à celui de la figure 4, PI. XXXIX, recueilli par Fuchs à Kébao; et d'autre part, une empreinte qui semble bien être un fragment de game de cette espèce, trouvée aux mines de Nong-Sôn. |
Mines de Hongaÿ. Système de Hatou : Hatou, Grande couche et grand banc de schiste.
d'une petite ile.
Système de Nagotna : vallée orientale de l'OEuf, couche près
Cordaïtées.
Genre NOEGGERATHIOPSIS FEisTMANTEL.
1879. Nôggerathiopsis O. Feistmantel, Foss. FL. Gondwana Syst., I, pt. 1, p. 23.
Feuilles simples, lancéolées, spatulées ou linéaires-lancéolées, parcourues par de nombreuses nervures parallèles se divisant par dichotomie sous des angles extrêmement aigus et ne comprenant pas entre elles de fausses nervures.
NOŒEGGERATHIOPSIS HISLOPI Buxeury (sp.).
PI. XL, fig. 1 à 6; an fig. 7 à 9 (?).
1861. Nœggerathia ? (Cyclopteris ?) Hislopii Bunbury, Quart. Journ. Geol. Soc., XVII, p.354, pl. X, fig. 5.
1879. Nœggerathia (Zamia) Hislopi Medlicott et Blanford, Manual Geol. India, p. 117, pl. VI, fig. 6.
1879. Nôggerathiopsis (Zamia ?) Hislopi Feistmantel, Foss. F1. Gondwana Syst., WT, pt. 1, p.25, pl. XIX, fig. 1-6; pl. XX, fig. 1, 2.
® Zeiller, Bull. Soc. Géol. Fr., 5° sér., XIV, p. 578.
Provenance.
Description
de l'espèce,
Remarques
1881. Nôggerathiopsis Hislopi Feistmantel, Foss. FL Gondwana Syst, NX, pt. 1, p. 58, pi. XXVIIT, fig 1-7; pl. XXIX, fig 1-4; pl. XXX, fig. 5-9; pt. 11, p.118, pl. XLV A, fig. 1-11; pl. XLVI À, fig. 3; IV, pt. 1, p. 41, pl. IX, fig. 1-3; pl. XIII, fig. 2-4; pl. XIV, fig. 1-3, 6, 9; pl XVe 4 bS pl. XVII, fig. 4; pl. XVII, fig. 1; pl. XX, fig. 10; pl. XXI, fig. 6,8, 10; pt. 2, p.40, pl. XIT À, fig.5 a; pl. XI A, fig. 5. Zeiïller, Ann. des Mines, 1882, 11, p. 320, pl. XI, fig. 10 B, 13; pl. XII, fig. 1. Feistmantel, Karoo-Formation, p. 38, pl. IV, fig. 1. Kurtz, Contrib. palæophyt. argentina, W, p. 15, pl. IN, fig. 3, 4; (an pl. IV, fig. 1?). Zeïller, Bull. Soc. Geol. Fr., 3° sér., XXIV, p.372: p. 373, fig. 16,17; pl. XVII, fig. 6-9. Seward, Quart. Journ. Geol. Soc., LIN, p. 322, pl. XXI, fig. 4 b. R. D. Oldham, Manual Geol. India, 2° ed., p. 159.
Feuilles plus où moins étroitement ovales-linéaires , parfois presque linéaires, arrondies au sommet, graduellement rétrécies vers le bas, longues de 8 à 20 ou 25 cenumètres et plus, larges à leur base de 3 à 15 millimètres, atteignant de 12 à 45 millimètres dans leur plus grande largeur.
Nervures assez fortes, larges de 0o"",2 à 0,3, distantes entre elles de 0,29 à 0"%,75, se divisant par dichotomie sous des angles extrêmement aigus; intervalles compris entre les nervures marqués, sur la face supérieure de la feuille, de stries longitudinales très fines et très serrées et, sur la face inférieure, de fines poncluations correspondant aux stomates.
Les feuilles de cette espèce se rencontrent en assez grande abondance dans la formation charbonneuse du Bas-Tonkin, mais le plus souvent sous forme de lambeaux incomplets, ne montrant n1 le sommet ni la base d'attache, ainsi qu'il arrive dans le terrain houiller pour les feuilles des Cordaites, auxquelles elles ressemblent d'une façon frappante. On peut distinguer parmi elles deux formes extrêmes, à savoir, d’une part, des feuilles telles que celle de la figure 5, PL XL, à contour ovale-lnéaire, atteignant 25 à 30 nullimètres de largeur, el, d'autre part, des feuilles presque linéaires, comme celles des figures 1 et 2, dont la largeur se réduit parfois jusqu'à 12 où 11 millimètres. Au premier abord on serait Lenté de se demander sil ny a pas là deux formes spécifiques distinctes, et si les plus larges, les plus ovales, ne devraient pas seules être rapportées au Næggerathiopsis Hislopi; mais, en rapprochant et comparant entre eux les divers échantillons recueillis, on constate que ces deux formes extrêmes se relient par une série continue d'intermédiares, et que la forme étroite ne peut même pas être distinguée à litre de variété.
L'examen des nombreuses figures publiées par Feistmantel montre d'ailleurs, parmi les échantillons de l'Inde, des variations de même ordre et peut-
être plus étendues encore, puisque la longueur varie parmi eux de 8 à
BAS-TONKIN ET ANNAM. ss CORDAÎTÉES. LE (1
25 centimètres et plus, et la largeur de 14 à 45 millimètres, tandis que les feuilles les plus courtes des gisements du Tonkin ne semblent guère descendre qu'à 14 centimètres ou 14°",5 et que la largeur reste comprise entre 11 et 30 millimètres. Aussi est-il facile de trouver, dans les figures de la Fossil Flora of the Gondwana System, les similaires de la plupart des échantillons recueillis au Tonkin, les figures 1 des planches XIX et XX du volume IE correspondant de tout point à l'échantillon fig. 5, PI. XL, les figures 1 et 3, pl. XXVIIE, et fig. 7, pl. XLV A, du volume IE, les fig. 1, pl. XVIIL et fig. 5, pl. XII A, du volume IV, ne différant pour ainsi dire pas des échantillons fig. 3 et fig. 4 de la Planche XL, quelques-unes d’entre elles offrant même des bases d'insertion plus étroites encore; enfin les fig. 1 et 2 de la Planche XL peuvent être comparées aux fig. 1, pl. XLV A du volume IT et fig. 9, pl. XIV du volume IV, qui montrent des feuilles un peu plus larges, il est vrai, mais tout aussi linéaires.
Quelques fragments de feuilles bien conservés m'ont offert entre les nervures, comme je l'avais observé sur des échantillons du Transvaal ), de fines ponctuations correspondant aux stomates et indiquant qu’on a affaire à la face inférieure de l'organe. D’autres, au contraire, montrent, entre les nervures, de grosse 5 a, versle haut), différant par leur aspect comme par leur rapprochement
fines stries longitudinales très serrées (voir le bord droit de la figure
des nervures fines des Cordaites, et provenant vraisemblablement de l'alignement longitudinal des cellules épidermiques que J'ai constaté ® sur la face supérieure des feuilles de cette espèce.
On trouve quelquefois sur ces feuilles des sortes de petites boutonnières longues de 1 millimètre, et quelquefois un peu davantage, sur 0,3 à o"n,5 de largeur, qui correspondent évidemment à la présence de Champignons parasites du type des Hysterites (PL. XL, fig. 6); ils ressemblent notamment beaucoup à ceux que M. Nathorst a observés dans le Rhétien de Suède sur les folioles du Podozamites distans et qu'il a désignés sous le nom de Hysterites Friesi®), et peut-être plus encore à ceux qu'on rencontre souvent sur les feuilles de Cordaites du terrain houiller et auxquels M. Grand'Eury a donné le nom de Hysterites Cordaitis l).
® Bull. Soc. Géol. Fr., 3° sér., XXIV, pl. XVII, fig. 8.
® Jbid., p. 375, fig. T6.
® Nathorst, Bidrag till Sveriges fossila Flora, p. 11, pl. I, fig. 1, 2.
® Grand'Eury, Flore carbonifère du département de lu Loire, p. 10, pl. F, fig. 7.
Le mode de terminaison que présentent à leur base ces feuilles de Nœggerathiopsis Hislopi, du moins celles qui sont suflisamment intactes, offrant un bord un peu arqué et légèrement épaissi, parfaitement symétrique de part et d'autre de la ligne médiane (PI. XL, fig. 1 et 2), ne permet pas de douter qu'il s'agisse là, conformément à l'opinion que j'exprimais en 1882, de feuilles simples, et non pas, comme lavait admis Feistmantel, de folioles détachées de frondes pinnées., On trouve d’ailleurs, associés à leurs débris, des fragments d'écorce ou des tronçons de rameaux portant des cicatrices foliaires dont la forme et les dimensions leur correspondent assez exactement pour qu'on soit fondé à présumer leur dépendance mutuelle, Ea figure 8, PI. XL, reproduit notamment l'empreinte d’un de ces fragments d'écorce, que j'avais déjà figuré en 1882, et qui montre des cicatrices allongées dans le sens transversal, larges de 8 à 9 millimètres sur 2 à 3 millimètres de hauteur, à bords supérieur et inférieur convexes en dehors, à angles latéraux aigus légérement infléchis vers le bas, et marquées à leur intérieur d’une rangée à peu près horizontale de cicatricules poncüformes, correspondant aux cordons libéroligneux. Immédiatement au-dessus de chaque cicatrice existe un espace lisse, en forme de croissant de 2 millimètres de hauteur environ en son milieu, tandis que, sur tout le reste de la surface, l'écorce se montre marquée de fines rides transversales irrégulières.
On observe des cicatrices semblables sur le rameau fig. 7, PI XL, qui mesure 16 millimètres de diamètre; les seules différences consistent en ce que ces cicatrices sont un peu plus petites, sensiblement plus rapprochées, et que la surface de l'écorce se montre moins ridée, ce qui üent probablement au moindre développement et à làâge moins avancé du rameau. I me parait extrémement probable que ces deux échantillons, fig. 7 et 8, doivent appartenir au Nœggerathiopsis Hislopi, les dimensions de ces cicatrices étant exactement celles des bases de feuilles que Fon peut voir sur la même Planche XL.
Le petit rameou de la figure 9 offre encore des cicatrices semblables, mais plus petites encore, susceptibles cependant de correspondre à des feuilles très rétrécies à leur base, comme celles des figures 3 et 4, et ilm'a paru intéressant à higurer, comme pouvant peut-être appartenir également à celte même espèce. Il ne laisse pas cependant d'offrir quelques analogies, notamment par l'espacement irrégulier de ses cicatrices, qui vont en s'écartant de plus en plus
d'une extrémité à l’autre de Féchanullon, avec les tiges ou branches d'Ano-
mozamules figurées par M. Nathorst 1), et il ne serait pas impossible qu'il appartint à quelque Cycadinée de ce type.
Il pourrait sans doute en être de même des échantillons des figures 7 et 8: mais ceux-ci semblent si bien correspondre aux feuilles de Næggeralhiopsis Hislopi, is rappellent si exactement, par la disposition et la forme de leurs cicatrices, Les Cordaicladus où rameaux de Cordaites du terrain houiller, qu'on peut regarder, Je crois, comme très vraisemblable leur attribution au Væggerathiopsis Hislopi, dont les feuilles sont elles-mêmes si semblables à celles des Cordaites.
C’est à raison de toutes ces ressemblances que j'inseris ici les Nœggerathiopsis comme appartenant à la classe des Cordaitées, les graines qui les accompagnent
dans les gisements de l'Inde me paraissant, comme je l'ai dit ailleurs ©), venir à l'appui de cette manière de voir, par la concordance parfaite de leurs caractères extérieurs avec les Cordaicarpus paléozoïques.
Tout en ressemblant singulièrement aux Cordaites à côté desquels je crois devoir le classer, le Nœggerathiopis Hislopi en diffère cependant par labsence, entre les nervures, des nervures plus fines qu'on observe d’une façon constante chez les Cordaitées et qui correspondent, non aux faisceaux libérohgneux, mais à des bandes longitudinales de fibres hypodermiques.
En outre, la disposition des stomates ne semble pas être la même, ceux des Cordaites étant, au moins le plus souvent, disposés en files longitudinales entre les fausses nervures, tandis que, chez le Nœggerathiopsis Hislopi, 11s sont groupés sans ordre régulier entre les nervures.
Des feuilles de cette espèce ont été trouvées en abondance sur différents points des mines de Kébao et de Hongay, ainsi que de Dong-Trieu.
Mines de Kébao : région des ilots; système inférieur (Sarran), à 20 metres au toit de la couche’ principale de la galerie G (couche G); couche G; mine Rémaury, couche U, couche Y ; puits Lanessan , mur de la couche Descenderie, travers-bancs Nord de l'étage 120; système supérieur (Sarran), couche n° 2, galerie M {couche M); rivière de Kébao.
Mines de Hongaÿ. Système de Hatou : Hatou, mur et toit de la Grande couche, et grand banc de schiste; mine. Jauréguiberry; mine Marguerite , toit de la couche Marguerite. — Système de Nagotna : Rivière des Mines,
® Nathorst, Beitr. z. Kenntnis einiger mesoz. Cycadophyten, p. 9, pl. 2, fig. 1-19 (voir notamment les fig. 13 et 16 à 17), et pl. 3 ( Wälliamsonia angustifolia).
® Zeiller, Palæontologia indica, New series, IF, pt-1,p. 32.
FLORE DU TONKINX. 20
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Rapports
el différences.
Provtnance.
Description
rive gauche entre la Pagode et Claireville, monticule rive gauche en aval de Claireville; mine de Nagotna, mur de la couche Sainte-Barbe; vallée orientale de l'OEuf, galerie Léonice.
Île Hongaÿ.
Île du Sommet Buisson, galerie Jean et tranchée en avant de la galerie.
Mines de Dong-Trieu, périmètre Émile, mur de la couche D.
Les rameaux que je crois pouvoir rapporter au Vœggerathiopsis Hislopi ont élé trouvés sur les points suivants :
Mines de Kébao : rivière de Kébao; système supérieur, couche n° 2, galerie M (couche M).
Mines de Hongaÿ, système de Hatou ? Hatou, Grande couche et grand banc de schiste; mine Marguerite, toit de la couche Marguerite.
Île Hongay.
Cycadinées.
Cycadi tées.
Frondes simplement pinnées, à folioles linéaires uninerviées.
Genre CYCADITES STERNBERG.
1826. Cycadites Sternberg, Ess. fl. monde prim., 1, fase. 4, p. xxxt1; Brongniart, Prodr., p. 93.
Frondes simplement pinnées, à folioles linéaires entières, uninerviées,
plus ôu moins étalées, généralement contiguës.
CYCADITES SALADINTI Zeirrer.
PI. XLI, fig. 1 à 4.
1882. Taxites planus Zeiller (non Feistmantel), C. R. Acad. sc., XCV, p. 194.
1882, Cÿcadites Saladini Zeiller, Ann. des Mines, 1882, II, p. 322, pl. XI, fig. 8, 9, 10 À; pl. XII, fig. 8-10.
Frondes linéaires-lancéolées, larges de 20 à 85 millimètres, atteignant jusqu’à 30 ou 4o centimètres de longueur; rachis lisse, large de 1,5 à 3 ou À milli-
métres.
Folioles linéaires, droites ou faiblement arquées en avant, étalées ou étaléesdressées, contiguës, arrondies ou obtusément aiguës au sommet, plus ou moins contractées à leur base, longues de 15 à 45 millimètres sur 1%%,5 à 3 millimètres de largeur, marquées d'une nervure médiane très nette.
Aucun des échantillons, assez nombreux cependant, qui ont été recueillis de cette espèce, n'a montré de fronde complète; deux seulement (PI. XLI, fig. 1 et 3) font voir, sinon la base même de la fronde, du moins sa région tout à fait inférieure, et permettent de se rendre compte de son rétrécissement graduel vers le bas et de la forme lancéolée ou linéaire-lancéolée qu'elle devait offrir. Les dimensions en étaient évidemment très variables; car st la largeur demeure, sur la plupart des empreintes, comprise entre 30 et 50 mullimètres, elle s'abaisse sur quelques-unes jusqu'à 20 millimètres, tandis que sur d’autres elle attemt 60, 80 et 85 millimètres (PI. XLI, fig. 2), se rapprochant ainsi de celle que lon observe chez certaines espèces actuelles, du moins sur les frondes de tiges non encore parvenues à leur complet développement.
Les folioles, toujours exactement contiguës, parfois même empiétant légèrement les unes sur les autres, sont d'ordinaire assez étalées, faisant avec le rachis un angle de 60° à 80°, quelquefois cependant un peu plus obliques, d’autres fois encore tout à fait normales au rachis, du moins à leur origine, puis faiblement arquées en avant. Arrondies ou terminées en pointe obtuse au sommet, elles présentent à leur base une contraction assez marquée de leurs bords, tout en s’insérant sur le rachis par une fraction importante de leur largeur. Elles offrent souvent, du côté antérieur, un léger élargissement basilare avant de se contracter, tandis que, du côté inférieur, on constate parfois, à la suite de la contraction basilaire, un léger imfléchissement de leur contour vers le bas, indiquant une tendance à la décurrence. Leur surface est tantôt à peu près plane, tantôt nettement convexe, au moins sur les bords, ainsi qu'on peut le voir sur la figure 4 de la Planche XLI; il est probable que les bords étaient souvent repliés en dessous et que c’est à ce fait qu'il faut attribuer la présence fréquente, sur les empreintes laissées par la face inférieure des folioles, de deux fines lignes parallèles à la nervure médiane, qui suivent le contour extérieur à une distance de o"%,2 à o"®,4 et disparaissent au voisinage de la base comme du sommet, et qui me semblent devoir être considérées comme correspondant au bord réel du limbe,
ramené, par son reploiement, en decà du contour extérieur. Peut-être encore
Remarques paléontologiques.
2, , ne Rapports
et différences.
ces deux lignes margimales marqueraient-elles simplement, ainsi que je l'avais pensé jadis®), les hmites de deux bandes stomatifères légèrement concaves qui auraient été placées de part et d'autre de la nervure médiane : 1! semble bien qu'on discerne parfois, dans la région qu’elles circonserivent, de petites dépressions poncliformes qui pourraient correspondre aux stomates, mais Je doute que, s'il n'y avait pas eu en même temps reploiement des bords du limbe, ces lignes eussent laissé sur les empreintes une trace aussi visible. On peut les discerner notamment en divers points de l'échantillon fig. 4, PI. XLE, en particulier sur la troisième fohole à gauche en partant du bas sur la figure grossie À @.
Cette espèce, que J'ai dédiée à M. E. Saladin, Ingénieur cvil des Mines, le compagnon et le collaborateur de Fuchs, me parait bien distincte, par la contrachion basilaire de ses fohioles, de tous les autres Cycadites connus, ceux-c1 ayant les folioles attachées par toute leur base sans indice de contraction.
I semble cependant que chez le Cycadites Saportæ Seward, du Wealdien d'Angleterre ®), les pinnules tendent à se contracter légèrement à la base, et affectent dans cette région un contour quelque peu analogue à celles de l'espèce du Tonkin, dont elles diffèrent d’ailleurs par leur longueur plus grande et surtout par leur moindre largeur relative; mais cette tendance des bords des folioles à S'arrondir au voisinage de linsertion n’est visible que sur l'une seulement ) des trois figures données, et Fauteur ne la mentionne pas dans sa description, de sorte que la réalité en demeure finalement assez incertaine.
Ce même caractère se montrait, il est vrai, sans doute possible, chez une espèce de lOolithe inférieure du Yorkshire, le Cycadites zamioides Leckenby "), qui offre des folioles nettement et fortement contractées à la base, mais plus espacées et plus étalées que celles de l'espèce que je viens de décrire; aussi avais-je cru pouvoir les rapprocher lune de Pautre F), mais ce rapprochement ne saurait être maintenu aujourd’hui, M. Seward tenant
Annales des Mines, 1882, Il, p. 324, pl. XIT, fig. 8, 8 A.
® A. GC Seward, Wealden Flora, pt. 1, p. 2g, pl. HI, lg. 7; pl VE, fig. 5; pl VII, fig. 2.
(© Jbid., pl. Ie Her.
® Leckenby, Quart. Journ. Geol. Soc., XX, p. 77, pl. VIE, fig. 1
© Zeiller, Ann. des Mines, 1882, If, p. 325.
l'espèce du Jurassique d'Angleterre, non pour une fronde de Cycadinée, mais pour un rameau de Conifère qu'il a classé sous la dénomination générique de Taxites M, et la figure qu'il donne paraissant bien légitimer cette interprétation.
Quoique, à l'origine, j'aie moi-même regardé comme des rameaux de Conifères les premiers échantillons récoltés au Tonkin par MM, Fuchs et Saladin. et que Je les aïe assimilés au Taxiles planus Feistmantel des Upper Gondwanas®), je ne crois pas que l'interprétation admise par M. Seward pour le Cycadites zamioides puisse être appliquée au Cycadites Saladini, les folioles paraissant bien, chez ce dernier, insérées toutes latéralement, sans trace de torsion à leur base, et les échantillons des figures 1 à 3 de la Planche XLT me semblant, ceux cles figures 1 et 3 par le raccourcissement graduel de ces folioles vers le bas, celui de la figure 2 par leur grande longueur, leur étalement à la base et leur légère incurvation en avant, ne pas permettre de douter qu'il s'agisse bien réellement ici de frondes de Cycadinées et non point de rameaux de Conifères.
Bien que je n'aie fait que mentionner, sans la figurer, cette espèce sous le nom le Taxites planus, je ne crois pas inutile de rappeler, dans la synonymie , la dénomination erronée que je lui avais tout d’abord appliquée.
Le Cycadites Saladini a été rencontré en abondance sur divers points des mines de Hongaÿ; il n’a, jusqu’à présent, pas été observé à Kébao.
Mines de Hongaÿ. Système de Hatou : Hatou, mur et toit de la Grande couche; mine Jauréguiberry; mine Henriette. — Système de Nagotna Rivière des Mines, monticule rive gauche en aval de Clareville; mine de Carrère, toit de la couche Chater: mine de Nagotna, toit de la couche Chater.
Île Hongay.
Île du Sommet Buisson.
Mines de Dong-Trieu : mamelon aux environs de Dong-Trieu; périmètre Émile, mur de la couche D.
® A. C. Seward, Jurassic Flora, pt. 1, p. 300, pl. X, fig. 5. ® O. Feistmantel, Fossil Flora of the Gondwana System, 1, pt. 4, p. 221, pl. XI, fig. 1-8 ; pl. XIV, fig. 1,2, 4, 5; pl. XV, fig. 2.
Synonvmie,
Provenance.
Zamitces.
Frondes simplement pinnées, à folioles plurmerviées, à base d'insertion rétrécie.
Genre PODOZAMITES F. Braux.
1843. Podozamites F. Braun, Münster's Beiträge, VI Heft, p. 36.
Frondes simplement pinnées; folioles plus ou moins étroitement ovaleslancéolées ou linéaires-lancéolées, graduellement -rétrécies en coin vers le bas, à sommet tantôt aigu, tantôt arrondi, à bords entiers, alternant d’un côté à l'autre du rachis et d'ordinaire assez espacées, plus ou moins dressées, arti-
culées à la base, parcourues par des nervures simples ou dichotomes.
On s'est quelquefois demandé si le genre Podozamites ne représenterait pas des rameaux de Conifères plus où moins analogues aux Dammara actuels, plutôt que des frondes de Cycadinées; tout récemment encore M. Seward s'est posé la même question et, sans y répondre d’une façon formelle, a exprimé l'avis que c'était peut-être en effet du côté des Dammara qu'il fallait chercher les aflinités réelles de ce genrel). Schenk avait déjà discuté cette même interprétation et avait conclu ©), au contraire, que la structure de l'axe qui porte les organes foliaires, ainsi que la forme et la disposition des cellules épidermiques de ces derniers, plaidait en faveur de attribution des Podozamiles, non aux Conifères, mais aux Cycadinées. L'examen que J'ai fait moi-même de cuticules bien conservées de Podozamites du Las inférieur de Steierdorf m'a conduit à la même conclusion, les caractères qu’elles présentent différant à peine de ceux des cuticules des Zamnées, des Zamia en particulier.
Au surplus, si quelques échantillons, par exemple celui de la figure 1, PI. XLIF, où les folioles étaient en partie détachées ou près de se détacher, peuvent donner à penser qu'elles étaient disposées tout autour de l'axe, comme les feuilles d’un rameau de Conifère, d’autres, tels que ceux des figures 4 à 6 de la même planche, et bien d’autres antérieurement figurés, montrent ces folioles insérées régulièrement en disposition alternante de part et d'autre de cel axe, élalées toutes dans un même plan sans le moindre indice de torsion à
® A. C. Seward, Jurassic Flora, pt. 1, p. 241-242. ® Schenk, Fossile Flora der Grenzschichten, p. 161.
leur base, et parfois, si les échantillons sont suffisamment étendus, diminuant de longueur vers les deux extrémités de l'axe, comme cela doit avoir lieu vers la base et vers le sommet d’une fronde, Enfin j'ajoute que M. Nathorst regarde comme appartenant, presque sans doute possible, aux Podozamites les écailles séminifères qu'il a décrites sous le nom de Cycadocarpidium Erdmanni®), et qui offrent les caractères essentiels des écailles séminifères des Zamiées : elles portent en effet deux graines fixées de part et d'autre d’un court pédicelle ; seulement celui-ci, au lieu de s'épanouir en écusson, se dilate en une lame foliaire à contour ovale-linéaire, à nervures parallèles, rappelant elle-même, sauf ses dimensions beaucoup moindres, les folioles des Podozamites.
Je n'hésite donc pas à ranger ici le genre Podozamites dans la classe des Cycadmées, en prenant d'ailleurs ce terme dans son acception la plus large, c'est-à-dire comprenant aussi bien les Bennettitées que les Zamiées et les Cycadées proprement dites).
PODOZAMITES DISTANS Press (sp.).
PI. XLI, fig. 1 à 4.
1838. Zamites distans Presl, in Sternberg, Ess. fl. monde prim., Il, fase. 7-8, p. 196, pl. XLI, fig. 1. Ettingshausen, Lias u. Oolithflora, p. 8, pl I, fig. 3. Schenk, Foss. FI. d. RTE p- 159, pl. XXXV, fig. 10; pl. XXXVI, fig. 1-9; es pl. XXX VII, fig. 12).
1843. Podozamites distans Braun, Müänster’s Beitr., VI‘* Heft, p. 28, 36. Schimper, Trait. de pal. veq., I, p. 158, pl. LXXI, fig. 1. Saporta, Plantes jurass., 11, p. 44, pl. LXXVI, fig. 2. Nathorst, Bidr. till Sver. foss. flora, p. 50, pl. XIII, fig. 6-16; pl. XV, fig. 20; Beitr. z. foss. FL. Schwedens, p. 23. Renault, Cours de bot. foss., 1, p- 61, pl. VI, fig. 9. Zeiïller, Ann. des Mines, 1882, II, p. 320, pl. XI, fig. 2. Saporta et Marion, Evol. du règne vegetal, Phanerogames, 1, pe 112, fig. 6o À. Roch: Fl. retyck. Polski, p.16, pl. IT, fig. 4. Potonié, Lehrb. d NiPfléneenpal!, p- 283, fig. 283. Zeiller, Eleém. de paleobot., p. 229, fig. 153.
1876. Podozamites lanceolatus distans Heer, Jurafl. Ostsibiriens, p. 109, pl. XXVT, fig. 7; pl. XXVIT, fig. 3, 4. Nathorst, FL vid Bjaf, p. 75, pl. XVE, fig. 4-7; Sueriges Geologi, Ï, p. 177, fig. 1. Krasser, loss. Pfl. aus China u. Central-Asien, p. 8, pl. IV, fig. 1.
1883. Podozamites lanceolatus var. dstans Schenk, in Richthofen, China, IV, p. 251, pl. L, fig. 5; Palæontographica, XXXI, p. 173, pl. XIV, fig. 5, 8 b, 9 b; pl. XV, fig. 9, 10. Hjorth, Danm. geol. Undersogq. , IR, p. 75, pl. IV, fig. 18; (an pl. IE, fig. 17?).
1876. Podozamites lanceolatus intermedius Heer, Jurafl. Ostsibiriens, p+ 108, pl. XXI, fig. 4 d; pl. XXVI, fig. 4, (ar fig. 8 a); Foss. F1. Sibiriens, p- 20, pl. V, fig. 10. Nathorst, Fl. vid Bjuf, p. 74, pl. XVI, fig. 3.
© Nathorst, Floran vid Bjuf, p. 91, pl. XXVIÏ, fig. 15-20; Beitr. z. Kenntnis einiger mesoz. Cycadophyten, p. 8, pl. I, fig. 5, 6. ù ®) Zeiller, Éléments de paléobotaniqne, p. 225, 245.
Description
le l'espèce.
Remarques
paléontologiques.
1876. Podozamites lanceolatus minor Heer, Jurafl. Ostsibiriens, p- 110, pl. XXVIT, fig. 5a,b; 6,7, 8.
1899. Podozamites lanceolatus var: minor Hjorth, Danm. geol. Undersog, HR, p. 74, pl. I, fig. 15.
1891. Podozamites lanceolatus Yokoyama, Journ. Coll. Sci., IV, p. 245, pl. XXXIV, fig. 3,4. Raciborski, FL. retycka poln. stoku, p. 19, pl. IV, fig. 166; V, pl. fig. 3, 12-17, 19, 20, (an fig. 2, 8, 11, 18?)).
1852. Zamites Haueri Ettingshausen , Lias u. Oolthflora, p. 8, pl. IT, fig. 5. 1866. An Podozamites Emmonsii Newberry, Snuths. Contrib., XV, art. 1v, p. 121, pl. IX, fig. 2?
Frondes à contour ovale-lancéolé, larges de 7 à 12 centimètres, atteignant 20 cenumètres et plus de longueur; rachis lisse, large de 1,5 à 3 mullimètres.
Folioles alternes, espacées d’un même côté du rachis de 8 à 20 millimètres, élalees-dressées, non conliqués, lancéolées ou ovales-lancéolées, arrondies ou obtusément aiquês au sommet, graduellement rétrécies vers leur base en une sorte de pédicelle extrèmement court, articulées à la base et facilement caduques, longues de 4 à 10 centimètres sur 5 à 14 millimètres de largeur. C
Nervures léjèrement divergentes à leur origine, se bifurquant sous des angles très aigus à peu de distance de leur base, ensuite simples et parallèles sur la plus grande partie de leur parcours, espacées de 0,4 à o"",7.
Les folioles de cette espèce étaient évidemment rapidement caduques, et on les rencontre le plus habituellement détachées du rachis, disséminées en grande abondance à la surface des plaques de schiste. Parfois
cependant on trouve des fragments de frondes plus ou moins étendus, composés
plus où moins
du rachis et d’un certam nombre de folioles encore en place, tels que ceux des figures 1 et 4, PI XELIL IT pourrait sembler, sur la figure 1, ainsi que je lai déjà dit plus haut, qu'on ait affaire à un rameau portant des feuilles disposées en hélice autour de son axe, plutôt qu'à une fronde pinnée; mais un examen un peu attentif montre qu'une partie seulement des pinnules adhèrent encore au rachis, tandis que les autres sont détachées et déplacées, et juxtaposées accidentellement aux premières ; peut-être même une partie d’entre elles provenaient-elles d’une autre fronde. Plusieurs de ces folioles, notamment celles de la région inférieure du côté droit, sont nettement méquilatères, à bord inférieur bien plus fortement arqué que le bord supérieur, ce qui ne devrait pas avoir lieu, semble-t11, si lon avait affaire aux feuilles d’un rameau, Landis que cette dyssymétrie n'a rien que de naturel pour les folioles d'une fronde pinnée, étalées dans un même plan à droite et à gauche du
rachis. D'autres fois, les folioles affectent, comme sur l'échantillon de la
figure 4, une forme exactement lancéolée sans la moindre dyssymétrie ; mais on voit, sur la figure 1, qu'on passe d'une forme à l’autre sur le même échanüllon et qu'on ne peut attribuer à ce caractère de valeur spécifique. On constate également, sur les figures de la Planche XLIT, que les pinnules sont plus ou moins brièvement pédicellées à leur base et qu'elles se terminent au sommet en pointe tantôt arrondie, tontôt obtusément aiguë.
Les nervures sont généralement très visibles, plus ou moins espacées suivant que les folioles sont plus ou rñoins larges, bifurquées presque dès leur base et d’abord quelque peu divergentes, puis simples el à peu près parallèles, sauf une légère convergence vers le sommet du limbe; une partie seulement d’entre elles atteignent le sommet, les plus extérieures s’arrétant successivement sur les bords de la foliole, La face supérieure du Himbe se montre marquée entre les nervures de stries longitudinales excessivement fines et serrées, provenant, à n’en pas douter, de l'alignement des cellules épidermiques. Des préparations de cuticules de cette espèce, provenant d'échantillons de Steierdorf, et s'étendant sur toute la largeur d’une foliole, m'ont montré en effet lépiderme supérieur constitué par des cellules allongées parallèlement aux nervures, disposées en files régulières, et tantôt rectangulaires, tantôt trapézoïdales, ainsi que l'avait, d’ailleurs, constaté Schenk!). Sur la face inférieure, la disposition est la même le long des nervures, mais entre les nervures, surtout au voisinage des stomates, les cellules sont moins régulières, plus isodiamétriques, et souvent polygonales ; les stomates sont tantôt disséminés sans ordre apparent, tantôt rangés en files assez régulières, mais discontinues. On peut, du reste, sur les empreintes elles-mêmes, lorsqu'elles sont suffisamment bien conservées, discerner sur la face inférieure des bandes alternantes à peu près de même Îargeur, les unes très finement striées en long, autres que les nervures, les autres marquées de fines ponctuation, qui corres-
qui ne sont
pondent aux stomates.
Le Podozamites distans est extrèmement voisin du Podoz. lanceolatus Lindley et Hutton {sp.) de lOolithe inférieure ®), auquel de nombreux auteurs, à la suite de Heer, l'ont réuni comme simple variété, et dont, en eflet, il est souvent fort difficile de le distinguer : c’est amst, par exemple, qu'on ne saurait méconnaitre la ressemblance qui existe entre l'échantillon du Tonkin de la figure 1, PI. XLIT, et celui de l'Oolithe de Scarborough qu'a figuré récem-
® Schenk, Fossile Flora der Grenzschichten, p- 161, pl. XXXVI, fig. ga.
® Lindiey et Hutton, Fossil Flora of Great Britain, WT, P*121, pl 104
FLORE DU TOXRIN. 21
IMPRIMENRIE NATIONALE.
Rapport
et différencee,
Synonymie.
ment M. Seward). Toutefois, outre la différence assez notable des niveaux géologiques auxquels appartiennent Tune et l'autre forme , le Podoz. distans me semble pouvoir, en général, être distingué par ses folioles proportionnellement plus larges, et terminées au sommet en pointe moins eflilée et moins aiguë.
Il diffère, d'autre part, par les dimensions plus grandes de ses frondes et de ses folioles, du Podoz. Schenki, chez lequel, outre cette différence de taille, les folioles se terminent en pointe extrêmement fine et aiguë, de sorte qu'il ne semble guère possible de les confondre.
Heer a indiqué lui-même comme synonymes de Podoz. distans les noms de Podozamites lanceolatus distans, intermedius et minor, en mentionnant pour chacun les formes du Rhétièn de Franconie, figurées par Schenk, qu'il prenait pour types, et de fait les échantillons qu'il a figurés sous ces divers noms ne diffèrent du Podoz. distans par aucun caractère appréciable; aussi les ai-je mentionnés dans la liste synonymique, en exprimant seulement certains doutes pour quelques figures. Mais, étant donné que les couches de Sibérie d'où proviennent les échantillons étudiés par Heer appartiennent à un niveau plus élevé que celui qui a fourni le véritable type du Podoz. distans, établi par Presl sur des empreintes du Rhétien de Bamberg, peut-être l'identification ne devrait-elle être acceptée que sous réserves, des folioles en apparence semblables de tout point pouvant provenir d'espèces non réellement identiques. Par contre, Je ne crois pas qu'il y ait à douter de l'identité avec le Podoz. distans des échantillons qui ont été figurés sous ces mêmes noms par MM. Nathorst, Hjorth, Raciborski, Schenk, Krasser et Yokoyama, et qui proviennent de gisements rhétiens.
Quant au Zamites Haueri Ettüingshausen, du Rhétien de Bayreuth, son identité avec le Podoz. distans ne peut faire objet d’un doute, et tous les auteurs l'ont depuis longtemps admise,
Je serais également porté à réunir à ce dernier le Podozamites Emmonst Newberry, trouvé en Chine, à l'Ouest de Pékin, dans un gisement Yraisemblablement rhétien; il présente toutefois, à la base de ses folioles, un pédicelle plus accusé qu’on ne lobserve généralement chez le Podoz. distans, de sorte que Je ne l’inscris qu'avec quelque doute dans la liste synonymique.
Enfin je me suis abstenu de faire figurer dans cette liste les figures données
jadis par Agardh, Nilsson et Hisinger, sous les noms d’Amphibolis seplentrionalis
® A. C. Seward, Jurassic Flora, pt. 1, p. 245, fig. 44.
Potamophyllites Agardhiana, Zosterites Agardhiana et Cycadites giganteus, indiquées cependant par M. Nathorst() comme se rapportant au Podozamites distans; 1 ne me semble guère douteux, étant donné la provenance des échanüllons, que cette identification soit fondée, mais ces échantillons me semblent trop fragmentaires pour fournir la base d’une détermination absolument sûre, el ils n'offrent pas des caractères suflisamment définis pour qu'on puisse, quelque ancienne que soit la date de la publication des noms qui leur correspondent, considérer lun ou l’autre d’entre eux comme constituant le type de l'espèce. Aussi m'a-t1l paru préférable de les laisser de côté.
Sans être très abondant nulle part, le Podozamuites distans s'est montré dans toute la formation charbonneuse du Bas-Tonkin.
Mines de Kébao : puits Lanessan; système supérieur, couche n° 2, galerie M (couche M).
Mines de Hongaÿ. Système de Hatou : Gia-Ham. — Système de Nagotna : Rivière des Mines, rive droite, première vallée; monticule rive gauche en aval de Claireville; mine de Carrère, toit de la couche Chater, toit de la couche Bavier; mime de Nagotna; vallée orientale de l'OEuf, galerie Léonice.
Île Hongaÿ.
Île du Sommet Buisson.
Mines de Dong-Trieu : concession Schædelin; périmètre Emile.
PODOZAMITES SCHENKI Her.
PI. XLIT, fig. 5, 6.
1867. Zamites angustifolius Schenk {non Eichwald), Foss. F1. d. Grenzschichten, p.158, pl. XXXV, fig. 8.
1870. Podozamites angustifolius Schimper, Trait. de pal. veg., I, p.159. Nathorst, Bidr, till
Sver. foss. flora, p. 54, pl. XII, fig. 4; Beitr. z. foss. FL. Schwedens, p. 24.
1576. Podozamites Schenkii Heer, Jurafl. Ostsibiriens, p. 45. Nathorst, F. Hôqganäs och Helsingborg, p. 28, Hôg. äldre, pl. HE, fig. 12; ÆL vid Bjuf, 22,90, 124, DIN VI; fig. 11-13. Szajnocha, Foss. Pflanzenreste aus Cacheuta, p.17, pl. Il, fig. 3 b. Hartz, Medd. om Gronland, XIX, p. 240, pl. XI, fig. 2, 7. Hjorth, Danm. geol. Undersog., IR, p. 76, pl. IV, fig. 20.
Frondes à contour ovale-lancéolé, larges de 1 à 5 centimètres, atteignant 10 centimètres de longueur et peut-être davantage; rachis lisse, large de
mm E mm FE O Ac LC Len | SOU
9 Nathorst, Bidrag till Sveriges fossila Flora, p: 90.
Provenance.
Description
de l'espèce,
Remarques
paléontologiques.
apports
et différences
Folioles alternes, espacées d’un même côté du rachis de 5 à 10 millimètres, élalées-dressces, non contiquès, linéaires-lancéolées, effilées au sommet en pointe très aiguë, graduellement rétrécies en coin à leur base, longues de 15 à 45 millimètres de longueur sur 1"%,5 à 3 millimètres ou 3,5 de largeur.
Nervures faiblement divergentes à leur origine, se bifurquant sous des angles très aigus à peu de distance de leur base, ensuite simples et parallèles sur la plus grande partie de leur parcours, espacées de 0"",3 à o"",4.
Ï a été recueilli dans les gisements du Bas-Tonkin quelques échantillons de cette jolie espèce, qui tous ont montré des folioles encore attachées au rachis, alternant d’un côté à l’autre, inclinées sur le rachis sous des angles de 30° à /o°, comme on le voit sur les figures 5 et 6 de la Planche XLIT, de telle sorte qu'il semble que ces folioles devaient être moins caduques que celles de la précédente. Sur l'échantillon de la figure 5, les folioles les plus élevées tendent visiblement à diminuer peu à peu de longueur comme de largeur; cette décroissance graduelle est plus nettement accusée encore sur d'autres échantillons un peu plus complets, notamment sur un fragment de fronde récolté récemment à Hoanh-M6 par M. Charpentier, et où lon voit les. folioles, longues d'environ 3 centimètres dans la région moyenne, se réduire vers le sommet à 2 centimètres de longueur. D’autres présentent également des variations semblables, mais du côté inférieur, et cette réduction graduelle de taille vers les deux extrémités, jointe à l'alternance régulière des folioles, bien nettement étalées dans un même plan sans la moindre trace de torsion basilaire, ne permet pas de douter qu’on ait affaire ici à des frondes pinnées, et écarte l’idée de rameaux de Conifères à feuilles déjetées latéralement à droite et à gauche. La conclusion qui en découle pour l'attribution de cette espèce aux Cycadinées s'applique, d'ailleurs, nécessairement à la précédente, dont celle-ci ne diffère, dans l'ensemble, que par ses moindres dimensions et avec laquelle elle a manifestement les plus étroites affinités.
Très semblable, comme je viens de le dire, au Podoz. distans, le ne Schenki s'en distingue cependant assez facilement, et par la taille très réduite de ses frondes, et, si l'on entre dans le détail, par la forme même de ses folioles, qui sont beaucoup plus étroites par rapport à leur longueur, parfois même presque exactement linéaires, qui s’'effilent à leur sommet en une pointe beaucoup plus longue et plus aiguë, et qui ne se contractent pas à leur base en pédicelle discernable; elles semblent, en outre, infiniment moins caduques
et ne se rencontrent presque jamais isolées. «
Les deux noms spécifiques inscrits dans la synonymie proviennent de ce fait, que celui d'angustifolius avait été employé en 1865 par Eichwald () pour une espèce de l'Oxfordien de Russie, qui parait appartenir également au genre Podozamites, de sorte que le nom proposé deux ans plus tard par Schenk se trouvait constituer un double emploi, et a été avec raison rejeté par Heer, qui lui a substitué celui de l’auteur même de espèce,
Le Podoz. Schenki n’a été observé jusqu'ici que sur deux points seulement,
Mines de Hongaÿ, système de Hatou : Hatou, toit de la Grande couche.
Hoanh-M6, près Dong-Trieu.
Genre ZAMITES Broxexrarr.
1828. Zamites Brongniart, Prodr., p.91, 94; Tabl. des genres de veq. foss., p. 61. Schimper, Trait. de pal. veg., 1, p. 151.
Frondes simplement pimnées; folioles généralement lancéolées ou ovaleslancéolées, plus ou moins brusquement contractées et arrondies à la base, d'ordinaire épaissies à leur pomt d'insertion, aiguës ou plus rarement arrondies au sommet, à bords entiers, attachées sur la face supérieure du rachis et alternant d’un côté à l’autre, habituellement assez rapprochées les unes des autres, élalées ou étalées-dressées, parcourues par des nervures simples ou dichotomes à peu près parallèles entre elles.
Je prends ici le genre Zamiles dans un sens assez large, comme l'a fait M. Seward®), qui y comprend notamment le Zam. Buachianus Etungshausen (sp.), assez différent déjà des formes typiques du genre à folioles ovaleslancéolées, largement arrondies à la base, telles que le Zam. Feneonis Brongniart. Je dois même l'élargir un peu davantage pour y faire entrer l'espèce dont je vais parler et qui, par ses folioles tronquées au sommet, s'écarte de toutes celles qui ont été jusqu'ici décrites sous ce nom générique; mais comme, en dehors de ce mode de terminaison du limbe, elle offre bien les caractères du genre Zamites, dans lequel elle viendrait se ranger tout naturellement si les bords des folioles se prolongeaient seulement un peu davantage
pour se raccorder suivant un contour terminal plus ou moins arrondi ou ellip-
® Eichwald, Lethæa rossica, 11, p. 39, pl: IL, fig. 7. ® A. C. Seward, Wealden Flora, pt. 2, p. 78.
Synonymie.
Provenance.
Description
Remarques paléontologiques.
tique, 11 m'a paru que cette différence n'exigeait pas la création d’un nom générique nouveau à ajouter à tous ceux qui ont été déja introduits dans la nomenclature par démembrement du genre primitif de Brongniart.
ZAMITES TRUNCATUS n. sp.
PI. XLIIT, fig. 3 à 6.
Frondes de 7 à 9 centimètres de largeur, probablement assez longues; rachis marqué de rides transversales irrégulières, large d'environ 3 millimetres.
Folioles alternes, elalées ou étalées-dressées, non contiqués, étroitement ovaleslinéaires, brusquement tronquées au sommet, graduellement rétrécies en coin vers le bas, à base arrondie ou elliptique munie d’une callosité plus ou moins prononcée, articulées et facilement caduques, longues de 35 à 50 millimètres sur 5 à 13 millimètres de largeur.
Nervures fines, nombreuses, üne ou deux fois dichotomes, parallèles sur presque tout leur parcours, espacées de 0,25 à o"",30.
Cette espèce n’est représentée que par un peut nombre d'échantillons, sur lesquels, à lexception d’un seul, elle se montre sous la forme de folioles isolées, détachées du rachis qui les portait. Le Himbe offre, dans son ensemble, la forme d’un triangle presque isocèle à angles arrondis, à base très courte par rapport aux deux autres côtés, lesquels sont légèrement curvilignes et convexes vers le dehors, surtout au voisinage du sommet. Ce sommet du triangle correspond à la base d'insertion, qui affecte un contour arrondi et se montre, du moins sur certainês empreintes correspondant vraisemblablement à la face supérieure, pourvue d’une callosité assez prononcée (voir les figures 4, { a et 6 de la Planche XUIT), limitée par un arc légèrement convexe du côté du limbe, conformément à ce qui existe chez la plupart des Zamites. Les nervures partent, en divergeant très légèrement, de la base de la foliole; quelques-unes, peu nombreuses, les plus extérieures, s'arrêtent le long des bords latéraux; la plupart se suivent parallèlement, après s'être une ou deux foisibifurquées, jusqu’à la troncature terminale. Celle-ci est généralement presque exactement normale à lun des bords et un peu plus oblique sur l’autre, qu'il est naturel de regarder comme le bord antérieur, la troncature devant, selon toute apparence, être à peu près parallèle au rachis de
la fronde.
C'est, d’ailleurs, ce que lon constate sur l'échantillon fig. 3, qui montre plusieurs pinnules situées de part et d'autre d'un mème rachis, dont il est probable qu'elles dépendaient; elles ne sont pas, 1l est vrai, en connexion directe avec lui, mais elles occupent par rapport à lui, et les unes par rapport aux autres, des positions telles, se suivant d’un même côté à intervalles réguliers et affectant toutes une même direction, qu'il ne me parait pas douteux qu'elles appartenaient à une même fronde et que, détachées du rachis au moment où ce fragment de fronde est venu s’étaler au fond du bassin de dépôt, elles n'ont été qu'à peme dérangées de leur position primitive. Le fragment subsistant du rachis est situé un peu en avant des bases des folioles, et nous offre vraisemblablement sa face inférieure; la callosité basilaire des folioles est en même temps à peu près indiscernable, comme c’est le cas chez le Zamites Fenconis lorsqu'on a affaire à la face inférieure du limbe. Les folioles auraient été, d'après cet échantillon, quelque peu obliques sur Île rachis commun , faisant avec lui des angles de 60° à 80°; 1l est probable que leur inclinaison devait varier, du moins dans certaines limites, d’un point à l'autre de la fronde.
Ainsi que je l'ai déjà dit, cette espèce diffère de toutes les autres espèces à moi connues du genre Zamites par la forme de ses folioles, brusquement tronquées à leur sommet. On peut, à ce point de vue, la rapprocher du Sphenozamites Rogersianus Fontaine du Trias supérieur de la Virginie!) auquel je l'avais comparée jadis®), mais celui-ci, dont l'attribution au genre Sphenozamiles ne laisse pas, d’ailleurs, d’être discutable, a des folioles imfiniment plus grandes, longues de 12 à 20 centimètres sur 4 à 10 centimètres de largeur, et le mode d'attache de ces folioles, munies à la base d’une sorte de pédicelle très court et dépourvues de callosité, constitue, par rapport à l'espèce du Tonkin, une différence de nature à faire écarter l'idée d’une aflinité mutuelle tant soit peu étroite.
Le Zamites truncatus n'a été observé, jusqu'ici, qu'en un seul point, à savoir : aux mines de Hongay, dans le système de Nagotna, à la vallée de
l'OEuf, galerie Léonice.
® W. M. Fontaine, Older Mesozoic Flora of Virginia, p. 80, pl. XL, fig. 1; pl. XLIV, fig: 1, 2; pl. XLV, fig. 1, 2.
® Zeiller, Bull. Soc. Géol. Fr., 3° sér., XIV, p- 978.
Rapports
et différences.
Provenanc:
Description
de l'espèce.
Remarques
paléontologiques.
Genre OTOZAMITES F. Braun.
18413. Otozamites F. Braun, Münster's Beiträge, V1‘ Heft, p. 36.
Frondes simplement pinnées, folioles tantôt ovales-lancéolées, plus ou moins allongées, tantôt ovales, parfois même presque orbiculaires, échancrées à la base et munies de deux oreillettes plus ou moins accusées, dont l'antérieure plus développée que la postérieure, à bords entiers, attachées sur la face supérieure du rachis, généralement épaissies à leur point d’inserlion, contiguës où empiétant même un peu les unes sur les autres; parcourues par des nervures simples ou dichotomes, divergeant d'ordinaire assez fortement à la base, surtout du côté antérieur.
OTOZAMITES INDOSINENSIS n. sp.
PI. XLUI, fig. 1.
Frondes à contour linéaire-lancéolé, larges de 20 à 25 millimètres, longues probablement de 12 à 15 centimètres, à rachis large de 1"%,5 à 2 millimètres.
Folioles alternes ou subopposées, étalées ou étalées-dressées, conliqués par leurs bords, à contour ovale-linéaire, très légèrement arquées en avant, arrondies au sommet, faiblement échancrées à la base, à oreillette antérieure bien accusée, a oretllette postérieure nulle ou presque nulle, longues de 10 à 13 millimètres sur 4 à à millimètres de largeur, attachées par leur tiers inférieur, légèrement calleuses à leur insertion.
Nervures fortement divergentes à leur base, une ou deux fois bifurquées, nombreuses, espacées de 0,25 à 0"%,30.
La figure 1 de la Planche XLH reproduit le seul échantillon qui ait été recueilh de cette espèce, offrant l'empreinte laissée sur la roche par la face antérieure d'un fragment de fronde, la place du rachis marquée par une saillie longitudinale, mais presque entièrement couverte par les bases des folioles, celles-ci légèrement en creux, ce qui indique qu'elles étaient un peu bombées sur leurs bords. On voit que ces folioles sont attachées par leur région inférieure, avec indices d’un épaississement au point d'attache; la base d'insertion s'étend presque jusqu'au bord postérieur, qui n'est libre que sur un demi-millimètre à peine de largeur et ne présente pas d’oreillette sensible;
du côté antérieur, au contraire, les folioles sont libres sur un peu plus de la
moitié de leur largeur, munies d’une oreillette limitée par une ligne presque droite ou à peine convexe vers le rachis, se raccordant par une brusque courbure avec le bord antérieur du limbe, lequel est légèrement concave vers le haut. Les nervures, très serrées, divergent fortement dans la région COITeSpondant à l'oreillette, tandis que celles qui parcourent la moitié inférieure du limbe sont presque parallèles entre elles.
Ce fragment de fronde est malheureusement très incomplet, mais on y voit, du côté gauche, vers son extrémité inférieure, les sommets de deux ou trois folioles déjà sensiblement plus courtes que celles de la région médiane, et l'on peut conclure, d’après le contour ainsi jalonné, que la fronde devait être étroitement ovale-lancéolée et ne mesurait sans doute guère plus de 1 2 ou 15 centimètres de longueur.
Cette espèce me semble pouvoir être rapprochée surtout de deux espèces du Las, l'Otoz. Mandeslohi Kurr (sp.) ® et lOtoz. obtusus Lindley et Hutton (sp.) ®.
Elle leur ressemble à tous deux par son aspect général et par la forme de ses pinnules; mais, comparée au premier, elle a les folioles proportionnellement moins élargies à la base, à bords plus parallèles, moins imbriquées en outre d’un côté à l’autre de la ligne médiane du rachis, sur laquelle n'empiètent pas les oreillettes antérieures, et les nervures sont beaucoup plus divergentes.
Elle ressemble peut-être davantage à l'Otoz. obtusus, particulièrement aux échantillons du Lias de Bornholm figurés sous ce nom par M. Bartholin '; elle s'en distingue cependant bien nettement par ses pinnules à base moins élargie, plus largement arrondies au sommet, par l'absence d’empiètement des oreillettes sur l'axe du rachis, par le contour de l'oreillette plus anguleux, à changement de courbure plus brusque, et par l'absence d'oreillette inférieure , le point d'attache étant situé plus bas. Elle a en même temps, à raison même de celte situation du point d'attache, les nervures encore plus fortement divergentes du côté antérieur, un peu moins divergentes au contraire du côté postérieur.
Elle ne peut donc être identifiée à aucune de ces deux espèces, et J'ai dû lui imposer un nom nouveau.
® Kurr, Beiträge zur fossilen Flora der Juraformation Wärttembergs, p. 10, pl. I, fig. 3. ® Lindley et Hutton, Fossil Flora of Great Britain, W, p- 129, pl. 128, fig. 1. ® Bartholin, Botanisk Tidsskrift, XIX, p- 93, pl. Il, fig. 6, 9 b; pl. IL, fig. 2.
IMPRIMERIE NATIOXALE,
Rapports
et différences.
Provenance.
Description
de l'espèce.
Remarques
paléontologiques.
Elle n’est représentée jusqu'à présent, comme Je lai dit, que par un seul échantillon, recueilli aux mines de Hongaÿ, mais dont la provenance n’a pas
été autrement précisée.
OTOZAMITES RARINERVIS F&isTMANTEL.
PI. XLUI, fig. 2.
1879. Otozamites rarinervis Feistmantel, Foss. Fl. Gondwana Syst., I, pt: 4, p. 211, pl. VIII, fig. 8-11; pl. IX, fig. 6. Zeiller, Ann. des Mines, 1882, Il, p. 319, pl. XI, fig. 7.
Frondes à contour étroitement linéaire-lancéolé, larges de 10 à 20 nullimètres, atteignant probablement 12 à 15 centimètres de longueur, à rachis large de 1 à 3 millimètres.
Folioles alternes ou subopposées, étalées-dressées, conliquës ou empiétant légèrement les unes sur les autres par leurs bords, à contour ovale-linéaire, très faiblement arquées en avant, arrondies au sommet, à peine échancrées à la base, attachées par leur milieu, à oreillettes plus où moins développées, mais presque égales entre elles, longues de 5 à 12 millimètres sur 2 millimètres à 3,5 de largeur.
Nervures faiblement divergentes, simples ou bifurquées , peu nombreuses, espacées de 0", 4 à o"",5.
L'échantillon qui est représenté sur la figure 2 de la Planche XLIIE, et que javais déjà figuré en 1882, est le seul de cette espèce qui ait été jusqu'à présent rencontré au Tonkin. Il montre la région inférieure d’une fronde, dont le rachis se prolonge en un pétiole de 25 millimètres de longueur; les folioles, franchement ovales à la base et d’abord non contiguës, s’allongent peu à peu à mesure qu'on s'élève, se rapprochent, et empiètent même un peu les unes sur les autres. Elles sont à peu près symétriques à leur base de part et d'autre de l'insertion, qui se trouve placée presque exactement au milieu et intéresse une portion notable de la largeur; les oreïllettes, très peu développées sur les folioles inférieures, le sont davantage un peu plus haut, sans cependant que les folioles offrent jamais, à leur contact avec le rachis, un élargissement bien prononcé.
Les nervures, à peine divergentes à la base, sont peu nombreuses et par conséquent assez écartées les unes des autres; les unes restent simples, d'autres se bifurquent plus ou moins loin de leur origine (voir la figure
grossie 2 4).
Ainsi constitué, ce fragment de fronde ne diffère de l'Otoz. rarinervis, tel que l’a figuré Feistmantel, que par les dimensions un peu plus grandes de ses folioles, ce qui n’est pas de nature à constituer une différence spécifique , et il concorde avec lui par les caractères essentiels de sa nervation, à savoir, par le petit nombre et lespacement relauf de ses nervures, ainsi que par leur tres fable divergence, caractères qui ne se retrouvent chez aucune autre forme spécifique du même genre. Aussi ai-je cru pouvoir l'identifier avec cette espèce, établie par Feistmantel sur des empreintes provenant de l'étage imdien de Raymahal, ou du moins de couches appartenant à la zone supérieure de cet étage.
L'Otoz. rarinervis peut être rapproché, au point de vue de la forme et de la dimension de ses folioles, de quelques autres espèces du même genre à folioles de petite taille, telles, par exemple, que lOloz. angustatus Feistmantel® où lOtoz. Hislopi Oldham ®), des Upper Gondwanas de linde; mais ceux-ci offrent, de même que les formes voisines, des nervures notablement plus nombreuses, plus divisées et bien plus divergentes, de sorte que la confusion n’est pas possible.
L'Otoz. rarinervis n’a été rencontré jusqu'ici qu'une seule fois, aux mines de Hongaÿ, dans le système de Hatou, à la mine Jauréguiberry.
Genre PTILOPHYLLUM Morris.
1837. Ptilophyllum Morris, Trans. Geol. Soc. London, 2° ser., V; Expl. of plates, pl. XXI. Schimper, Trait. de pal. vég., I, p. 165.
Frondes simplement pmnées ; folioles linéaires plus ou moins efhilées vers leur extrémité, à bords entiers, attachées sur la face supérieure du rachis par une fraction plus ou moins étendue de leur base, libres du côté antérieur et munies d’une oreillette arrondie plus ou moins accusée, décurrentes sur le rachis du côté postérieur, généralement contiguës et se recouvrant parfois plus ou moins; parcourues par des nervures simples ou dichotomes, d'ordinaire faiblement divergentes.
© Feistmantel, Foss. F1. Gondwana System, U, pt. 2,p. 93, pl. VE, fig. 8; pl. VIE, fig. 2. ® Feistmantel, ibid., I, pt. 4, para plie VIT fe. 2-4; Il, pt 2, p/92, pl: VE, hg° 3, 4: pl. XI, fig. 1.
apports
et différences,
de l'espèce,
Remarques
aléontolosiques.