BETT E
la chaleur du four ou de la braise, et coupées par tranches, elles
deviennent un mets agréable, qui pourtant a besoin d’être bien assaisonné , comme Martial en avait déjà fait la remarque :
Ut sapiant fatuæ, fabrorum prandia, betæ, O quam sæpe petet vina piperque cocus !
Soumise à la fermentation acéteuse , et réduite en pulpe, la betterave est le principal ingrédient du barszez des Polonais, regardé par le docteur Gilbert comme un aliment salubre, préservatif du scorbut et de fièvres putrides.
Le professeur Schœrer prétend avoir fabriqué de bonne bière en substituant la racine de betterave à l'orge.
Un des produits les plus importans de cette racine est la matière sucrée qu'elle fournit assez abondamment, sinon pour entrer en concurrence avec la canamelle, du moins pour la suppléer en cas de besoin. L’énumération des procédés employés pour l'extraction de ce sucre indigène serait ici déplacée ; mais je crois utile d’indiquer aux agronomes, aux manufacturiers , à tous les dignes appréciateurs de nos richesses nationales, les meilleures sources auxquelles ils peuvent puiser ‘. C’est dans les mêmes vues d'utilité que je vais dire un mot sur la culture de la betterave, en suivant pour guide le professeur André Thouin ?.
‘ Le célèbre chimiste Marggraf présenta, en 1747, à l’Académie de Berlin, du sucre qu’il avait retiré de la betterave. La quantité n’en était point assez considérable pour donner l'espoir de remplacer avantageusement le sucre de canne par celui de végétaux indigènes. Francois-Charles Achard, perfectionnant le procédé de son prédécesseur, parvint à fabriquer en grand du sucre de betterave, qu’il assura être aussi bon et moins cher que celui des colonies. L'institut national de France accueillit favorablement les travaux de cet académicien, qui en consigna le résultat dans divers Mémoires, et plus récemment dans un gros ouvrage écrit en allemand, dont M. D. Angard a donné une traduction française abrégée, avec des notes du pharmacien Derosne ; in-8°. Paris, 1812.
Parmi les autres opuscules publiés en France, il suffira de distinguer les deux suivans :
cALvEL (£tienne), De la betterave et de sa culture; in-8°. Paris, 1811.
HUET DE LA CROIX (P.-a.-1.), Notice sur la betterave, considérée principalement sous le rapport des bénéfices que sa cuiture doit procurer au cultivateur ; in-8°. Paris, 1812.
2 Dictionnaire des Sciences naturelles ; 180, tome 1v, page 374.