LA BC
LXXIT.
BOIS DE BRÉSIL
| PSEUDOSANTALUM RUBRUM, SIVE ARBOR BRASrLIA ; Bauhin, Ilÿæf, lib. rx,
sect. r.
GTR LURENEIE ON ae À CÆSALPINIA ECHINATA, ceule ramisque aculeatis, foliolis ovatis, obtusis leouminibus echinatis ; Lamarck; — Linné, clas. ro, décandrie monogynie ; — Jussieu, clas. 14, ord. r1, légumineuses.
JialiensNl een ibn LEGNO DEL BRASILE.
Espagnol... ...... vENo DEr BRASIr.
FRANS ae 0 6 € BOIS DE BRÉSIL ; BOIS DE FERNAMEOUC ; BRÉSIDLET,
ANBLS MIE MIE BRASILETTO ; BRASIL-WOOD.
Allemand... ...... BRASIMENBAUM; BRASILIENHOLZ.
Hollandais... ..... BRASILCEN-ROOM; BRAS(ETEN-HOUT.
La dénomination de bois de Brésil est mauvaise, parce qu’elle convient à tous les végétaux ligneux de ce vaste pays : mais elle a, comme tant d’autres, le droit de figurer dans l’onomatologie botanique, puisqu'elle est consacrée par l'usage, |
Quem penés arbitrium est et jus et norma loquendr. , Horace, Art poétique, V. 72.
Cet arbre, qui devient fort gros et fort grand, croît surtout parmi les rochers ::5l est ordinairement tortu , raboteux et rempli de nœuds. L’aubier qui couvre le bois est si épais , que, lorsqu'on l’a enlevé, le tronc, auparavant de la grosseur du corps d’un homme, est réduit à celle de la jambe; il est pesant, très-sec, ct pétille beaucoup dans le feu, où il ne fait presque point de fumée. l'écorce est brune, armée de piquans courts et épars. Les rameaux sont diffus et d’une longueur considérable. -— Les feuilles sont alternes, deux fois ailées , et portent des folioles ovales , obtuses , très-analogues à celles du buis. — Les fleurs, disposées en grappes simples, sont panachées de jaune et de rouge ; chacune d’elles présente un calice monophylle, à cinq divisions profondes, dont l’inférieure est plus ample; cinq pétales obtus; dix étamines libres, plus longues que les pétales; un ovaire supérieur , surmonté d’un style de la longueur des étamines, et terminé par un stigmate simple, capité. — Le fruit est une gousse brune, oblongue, comprimée, hérissée à l'extérieur de nombreux
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BOIS DE BRÉSIL
piquans, recourbée à son sommet en une pointe oblique, contenant dans une seule loge plusieurs grammes lisses , arrondies, brunâtres.
Une odeur agréable s'exhale des fleurs du brésillet. Son bois, dont la saveur est douce et comme sucrée, prend bien le poli, et convient aux ouvrages du tour, de la menuiserie et de l’ébénisterie. Toutefois, c’est à l’art tinctorial qu’il est particulièrement destiné. L'importation en Europe est immense, et la ville de Fernambouc est le principal entrepôt de ce commerce. Cependant le brésillet ne donne qu’une fausse couleur rouge : elle a besoin d’être fixée par le tartre et l’alun ; encore ces substances salines ne la rendent-elles pas parfaitement solide et durable. Outre les étoffes, on teint avec ce bois les meubles, les cuirs, les œufs de Pâques, lés racines de guimauve pour nettoyer les dents; on en extrait une sorte de carmin à l’aide des acides; on en prépare des laques, en mêlant sa décoction avec de l’alun , et précipitant ce mélange par des alcalis; il forme la base des encres rouges, et de cette craie rougeâtre, nommée rosette, qui sert pour la peinture‘; enfin, il est regardé par les Hollandais comme un excellent moyen de colorer leurs vins de fabrique.
« La teinture de Fernambouc est employée en chimie pour colorer des papiers qui , suivant Bergman , passent au bleu par les alcalis , et qui servent avantageusement pour connaître dans les eaux ces bases salifiables. Cette propriété peut être utilisée dans la matière médicale ; mais il faut observer que le bois de Fernambouc qui se vend en France n’a point offert à Guyton-Morveau le changement en bleu indiqué par Bergman ?. »
Les pharmacologistes ont rangé le bois de Brésil parmi les astringens, et ont supposé son infusion fébrifuge, stomachique, antiophthalmique. Placé par Dale sur la même ligne que le santal, il est, en effet, doué comme lui d’une très-faible vertu médicamenteuse, et tombé dans une désuétude encore plus absolue.
* Lamarck, Ercyclopédie méthodique : Botanique , tome 1, page 461. 2? Fourcroy, dans l'Encyclopédie méthodique : Médecine, tome 1v, page 28.
EXPLICATION DE LA PLANCHE. (La plante est de grandeur naturelle.) — x. Anthère grossie. — 2. Pistil. — 3. Fruit. — 4. Graine isolée.