‹ Flore médicale (volume 2)Chapitre 17 sur 73 · RS · texte numérisé non relu

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Lioprin TE Lambert Tvcuo

BOTRIS .

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LXXIIT.

BOTRYS.

Grecs MI ARR SAR ES Borpus.

{ BOTRYS AMBROSIOIDES VULGARIS; Bauhin, IsvaË, lib. 4, sect. 2. CHENOPODIUM AMBROSIOIDES , folio sinuato ; Tournefort, clas. 15, fleurs Latine SN a apétales.

CHENOPODIUM BOTRYS, foliis oblongis, sinuatis, racemis nudis, multi. fidis ; Linné, clas. 5, pentandrie digynie ; — Jussieu, clas. 6 , ord. 6,

arrockhes.

HÉOU ER RTPREE BOTRI.

Espagnol NI AN BIENGRANADA.

TARDE NS ere EVE lie BOTRYS; PIMENT:; ANSÉRINE BOTR1DE, Lamarck. ATLAS NE JERUSALEM-OAK.

Allemand. ....... BorryskRauT, Hermann; TRAUBENKRAUT ; MOTTENKRAUT ; LUNGENKRAUT,

Ox ne trouve point cette plante annuelle parmi les ansérines assez nombreuses des environs de Paris; elle se plaît sur les terrains secs, sablonneux, chauds, de la Grèce, de Fltalie, de la Provence.

La racine, peu volumineuse, charnue, grisätre extérieurement, blanche à l’intérieur , s’enfonce perpendiculairement dans le sol, en s’amincissant par degrés, et jette quelques radicules déliées. — La tige, droite, ferme, rameuse, légèrement striée et tomenteuse, parvient jusqu'à la hauteur d’un pied. — Les feuilles, alternes , pétiolées, oblongues,’sinuées, et pour ainsi dire semi-pinnées, ont quelque ressemblance avec celles du seneçon. — Les fleurs sont disposées tout le long de la tige, et jusqu'à son sommet, en petites grappes axillaires nues , verdatres, qui se divisent et se subdivisent'. — Le fruit est une graine lenticulaire, placée sur le réceptacle, dans le calice qui s’est refermé en devenant pentagone.

Des médecins recommandables par le talent de l'observation ?

* Tout le monde sait que les Grecs désignent une grappe sous le nom de fcroue, adopté par les Latins, botrus, botrys.

? Murray, Apparatus medicaminum ; 1787, tome 1v, page 272. Peyrilhe, Tableau méthod. d'un cours d'hist. nat. méd., 1804, page 119. Biett, dans le Dictionnatre des Sciences médicales, tome 111, page 267.

19e Livraison. 2

BOTRYS.

pensent que le botrys mériterait d’être employé beaucoup plus fréquemment dans Part de guérir ; ils disent que les qualités physiques de cette plante annoncent évidemment ses propriétés médicamenteuses. En effet, le botrys distille en quelque sorte le baume par tous ses pores. Frappées des rayons bienfaisans du soleil, ses feuilles sécrètent abondamment le suc balsamique qui les rend visqueuses, brillantes, aromatiques’. On voit en outre effleurir à leur surface des petits cristaux blancs eomme le nitre , et qui, comme lui, fusent, s’enflamment et détonnent sur les charbons ardens. Le botrys se rapproche encore des résines odorantes par une saveur légèrement âcre, piquante, amère; aussi le docteur Wauters n’hésite-t-il point à lui décerner la prééminence sur le baume du Pérou , de la Mecque, de Tolu, de Copahu, la térébenthine, la myrrhe et Île styrax. J’avoue qu'il m'est impossible d’accorder une confiance aveugle aux assertions du médecin de Gand, bien qu'il invoque à leur appui une expérience de trente années. « N'a-t-:il pas été beaucoup trop loin en assurant avoir guéri des phthisies confirmées, par lPusage du botrys? En examinant les faits sur lesquels il se fonde, on trouve que ces prétendues phthisies ne sont autre chose que des catarrhes pulmonaires dégénérés : le botrys agit dans ces cas d’une manière analogue à celle des baumes et des résines. C’est assez dire qu'il ne faut jamais l’employer ni dans la phthisie tuberculeuse, ni dans celles où il est dangereux d’exciter une sorte d'irritation vers la poitrine; on doit se borner à l’administrer dans les catarrhes pulmonaires chroniques désignés improprement par plusieurs pathologistes sous le nom de phthisie muqueuse, dans l'asthme humide, etc. »

En adoptant ces réflexions judicieuses de M. Biett, j'ajouterai que Dioscorides avait déjà reconnu l'efficacité du botrys dans les maladies de la poitrine , et surtout dans l'orthopnée. Cette vertu béchique et antispasmodique semble confirmée par des praticiens célèbres, Mattioli, Foreest, Hermann, Vogel, Peyrilhe. Quelques hypochondriaques , dit Gilibert, ont trouvé un soulagement à leurs maux en prenant tous les matins une infusion théiforme de piment. Il n'est pas moins utile dans les coliques venteuses, et l’anorexie due à la faiblesse de l'appareil gastrique. Les Vénitiennes l’emploient souvent.

* Wauters, Repertoriun remediorum indigenorum , 1810, page 22.

BOTRYS.

à l’intérieur et à l'extérieur, pour combattre les affections hystériques. On peut faire digérer les feuilles et les sommités de botrys dans le vin, en préparer une eau distillée, une poudre, un électuaire, un sirop, des juleps , des loochs ; on la donne en substance, à la dose d’un gros.

L'arôme que répand le botrys a le double avantage de flatter notre odorat, et de préserver les étoffes de la piqüre des teignes, ce qui lui à valu le nom de moftenkraut , tandis que celui du lungenkraut indique ses propriétés pectorales.

Comme l’occasion ne se représentera plus de parler des chénopodes ou ansérines, je crois devoir signaler quelques espèces dont il serait injuste de ne pas faire du moins une légère mention. ( J'ai consacré un article à l’ansérine anthelmintique.)

1°. Le bon Henri, ou l’ansérine sagittée, chenopodium bonus Henricus, L., ne mérite point l'oubli auquel il paraît condamné en France. Les habitans du Nord savent mieux apprécier cette plante tout à la fois potagère et médicamenteuse : ils mangent les jeunes tiges comme les asperges , et les feuilles en guise d’épinards : celles-ci partagent les qualités émollientes et dépuratives des feuilles de better’.

2°. L’ansérine rouge, chenopodium rubrum , L., produit un joli effet dans les jardins d'agrément, par le contraste de sa couleur avec celle des autres plantes ?. On ne sait pas trop pourquoi Linné la place dans sa Matière médicale, puisqu'elle est, selon lui, douteuse et superflue.

3°. L’ansérine du Mexique, ou ambroisie, chenopodium ambrosioides , L., est encore appelée hé du Mexique : elle doit ses dénominations à l’odeur agréable qu’elle exhale et à ses usages économiques. Son action thérapeutique est égale, peut-être même supérieure à celle du botrysÿ.

* Murray, Opuscula, tome 11, page 392.

? Delaunay, Le bon Jardinier, 1814, page 991.

# Goritz, De the roman&, seu botry mexicané. — In E phemer. natur. curios. , Centur. 7 et8, obs. 15. — Et x Manget, Biblioth. script. medic. ; 1731, part. 2 , page 496.

Lochner, De nowis et exoticis theæ et coffeæ succedanerïs, botry mexicand ambrosioide, ambrosié artemisiæ foliis, etc. Norimbergæ , 1717.

BOTRYS.

4°. L’ansérine fétide, arroche puante, ou vulvaire, chenopodium vulvaria, A, est ainsi nommée à cause des émanations véritablement animales qui s'en échappent. Ces émanations ne déplaisent pointaux femmes hystériques , aux personnes hypochondriaques; elles contribuent même à soulager leur malaise habituel, à diminuer les pandiculations, à calmer les spasmes dont ces individus sont si souvent et si douloureusement tourmentés : je parle ici d’après ma propre expérience.

5o, L’ansérine à balais, chenopodium scoparia, L., sert effectivement, en Italie, à nettoyer les meubles; on la cultive aussi dans les jardins : elle ressemble à un cyprès pyramidal, et reçoit le nom de belvedère.

renrscu (rhéophile-chrétien), De bono Henrico, Diss. inaug. præs. Joan. Phil. Mysel; in-4°. Erfordiæ, 1714.

CARTHEUSER (sean-rrédéric), De chenopodio ambrosioide , Diss. inaug. resp, Martini ; in-4°. Francofurti ad Viadrum, 17517.

EXPLICATION DE LA PLANCHE. (La plante est de grandeur naturelle.) — x. Racine. — 2. Fleur entière très-grossie et ouverte, afin de faire voir le pistil et l'insertion des étamines. — 3. Fruit grossi entouré par le calice. 4. Graine de grosseur naturelle, — 5. La

même grossie.

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