‹ Flore médicale (volume 2)Chapitre 28 sur 73 · A NEO · texte numérisé non relu

A NEO

BUPLÈVRE.

Grec... Boumpnotis; Boumaeupoy.

PERFOLIATA VULGATISS:MA , SiVE ARVENSIS; Bauhin , IlivæË, lib. 7, sect. 5. BUPLEVRUM PERFOLIATUM ROTUNDIFOLIUM, ANNUUM ; L'ournetort , clas. 7,

ombellifères.

EGNTE UE ere BUPLEURUM ROTUNDIFOLIUM , énvolucris universalibus nullis, foliis per-

foliatis ; Linné, clas. 5 , pentandrie digynie ; — Jussieu, clas. 12, ord. 2 , ombelliftres.

alien ie PERFORATA; BUPLEURO.

Espagnol... ...... BUPLEYRO.

Francais. AVR. PO BUPLÈVRE ; PERCEFEUILLE; OREILLE DE LIÈVRE.

ATOS 2 eut sec THOROW-WAX; THOROUGH-WAX ; HARES-EAR.

ANNALES DURCHWACHS ; HASENOEHRLEIN.

HoNandars VPN HAAZEN-OOP..

Cetre plante annuelle, dit Lamarck, est assez curieuse par la manière dont la tige et les rameaux percent les feuilles. Très-commune dans nos champs, elle préfère les terrains secs et sahlonneux.

La racine, blanchäâtre, dure, garnie çà et là de ramuscules trèsfins, pénètre dans le sol à la profondeur de six à huit pouces.

La tige, cylindrique, lisse, rameuse, dans sa moitié supérieure, s'élève jusqu'à la hauteur d’un pied et demi.

Les feuilles sont ovales, arrondies dans leur partie inférieure, armées d’une petite pointe à leur sommet, glabres, d’un vert glauque, nerveuses, la plupart perfoliées ou percées par la tige; les inférieures sont simplement amplexicaules ‘. — Les fleurs sont disposées en ombelles terminales, qui manquent d’involucre universel; les partiels

: Tous les étymologistes voient dans les feuilles du buplèvre l’origine de ses dénominations générique, spécifique et vulgaires; mais ils sont loin de s’accorder sur le mode d’explication. Celle donnée per Littleton , Bæœcler, Ventenat, Boissieu, Poiret, ne me semble guère admissible; celle de Pline, adoptée par Beckmann et par Tournefort, est souverainement ridicule. Enfin je regarde, sinon comme plus vraie, du moins comme plus vraisemblable celle proposée par Théis, de la texture membraneuse des feuilles du buplèvre , comparées, sous ce rapport, à la plèvre qui tapisse l’intérieur de la poitrine des animaux en général, et des bœufs en particulier (Gouc, bœuf; revoa Où æaeupev, côté, côle, plèvre).

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BUPLÈVRE.

sont composés de cinq folioles ovales, jaunâtres inférieurement, plus grandes que les ombellules. Chaque fleur présente cinq pétales entiers , recourbés, subcordiformes ; cinq étamines terminées par des anthères sphéroïdes; un ovaire inférieur, chargé de deux styles, petits, réfléchis. — Le fruit, arrondi, consiste en deux graines noirâtres , aplaties d’un côté, convexes et striées de l’autre.

Si l’on mâche les feuilles de buplèvre, elles impriment sur la langue un sentiment d’âpreté, qui, plus prononcé encore dans les graines , n’est pourtant point assez énergique pour justifier les propriétés médicinales attribuées à cette plante par Solenander , Simon, Pauli, Welsch, Bæœcler, Chomel : c’est, à les en croire, un excellent vulnéraire, et le plus efficace de tous les astringens, puisque, selon eux, il prévient et guérit même les hernies. Schulze prétend que les feuilles cuites dans le vinaigre, et appliquées chaudes sur les ganolions, dissipent comme par enchantement ces tumeurs rebelles. Observateurs plus exacts et moins crédules, les thérapeutistes de nos jours, sans égard pour les éloges prodigués au buplèvre, ont déclaré cette plante inerte et indigne de figurer parmi les substances médicamenteuses : déjà Linné l'avait jugée infidèle et superflue *.

Le buplèvre falciforme, bupleurum falcatum , L., indiqué par Haller comme réunissant à la propriété vulnéraire du percefeuille celle de guérir les fièvres intermittentes , est également tombé en désuétude.

Plusieurs espèces s'élèvent en arbrisseaux, et sont cultivées dans les jardins : tels sont, entre autres, le buplèvre d'Éthiopie, bupleurum fruticosum, L., qui exhale une odeur de chervi, et conserve toute l’année ses feuilles, ce qui le rend propre à la décoration des bosquets d'hiver? ; le buplèvre hétérophylle, bupleurum difforme, L., remarquable par la singularité de son feuillage 5.

Materta medica per regna tria natur® ; 1772, page 77, n° 195.

2 Poiret, dans le Dictionnaire des Sciences naturelles , tome v, page 439. Mordant Delaunay, Le bon Jardinier; 1814, page 578.

$ Miller, Gardeners dictionary.

EXPLICATION DE LA PLANCHE. (La plante est réduite aux deux tiers de sa grandeur naturelle.) — 1. Racine. — 2. Fleur entière considérablement grossie. — 3. Fruit de grandeur naturelle. — 4. Le même grossi.

PE spin :?, .

JBUSSEROIIS.

Lonbert TE seul.

A. ÊC

LXXXIT.

BUSSEROLE.

GRO NICE ApETOTA@UAN ; APHOU TTADUAHviris 1DÆA, foliis carnosis , et veluti punctatis, sive inæA raDix Dioscoridi ’ ; Bauhin, Iwvaf, lib. r2, sect. 3.

Latin RARE .{ uva ursr ; Tournefort, clas. 20, arbres monopétales. ARBUTUS UVA URI, caulibus procumbentibus, foliis integerrimis ; Linné, clas. 10, décandrie monogynie ; — Jussieu, clas. 9, ord. 3, bruyères. MEN ORAN UVA D'ORSO; UVA ORSINA.

Espagnol... ...... GAYUBA; BUXAROILA.

Français. ........ BUSSEROLE; BOUSSEROLE ; RAISIN D'OURS ; ARBOUSIER TRAÎNANT. AREAS EEE BEARS-BERRY.

Allemand. . ...... BÆRENTRAUBE ; STEINBEERE.

Hollandais. . . . . .. BEEREN-DRUIF; WOLFS-BEZIEN-POOMBIE.

DUELONS Melle le Te Une MIOLON ; MIOLONRRIS.

LE professeur Murray trace une longue liste des contrées de PAncien et du Nouveau-Monde où se trouve la busserole; Quer la récoltée dans presque toutes les provinces de l'Espagne. Nulle part ailleurs, ajoute-t-il, elle n’est aussi commune. Si cet arbuste toujours vert aime à végéter sous le beau ciel de la Castille, de lAndalousie, de l’Estramadure et de l’Aragon, il croît également dans le pays des frimas, et jusque sur le sol glacial de la Sibérie. Très-commun au milieu des plaines de la Lithuanie, il tapisse la terre dans les forêts de pins? ; on le rencontre fréquemment sur les montagnes de la Provence et du Dauphiné : en général, il préfère les lieux élevés, pierreux, ombragés et stériles.

Les tiges, faibles, sont ordinairement couchées, traînantes, rameuses, glabres, longues d’un à deux pieds : les jeunes pousses sont rougeâtres, et légèrement pubescentes. — Les feuilles, éparses le

‘ On voit que l’illustre auteur du TiwaË confond le raisin d’ours avec lairelle ponctuée, vaccinium vitis idæa : la même erreur est commise aujourd’hui par certains apothicaires , ainsi que le remarque Wauters, qui semble très-disposé à leur pardonner cette substitution, attendu que les deux plantes diffèrent très-peu, selon lui, par les caractères extérieurs, et moins encore par les propriétés médicinales.

? Gilibert, Démonstrations élémentaires de botanique ; 1506, 1om. 111, p. 410.

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BUSSEROLE.

long des rameaux, assez près les unes des autres, et portées sur de courts pétioles, sont ovales-oblongues, un peu élargies vers leur sommet , ordinairement émoussées, et même parfois marquées d’une échancrure peu profonde, vertes , épaisses et coriaces ?. — Les fleurs forment , aux extrémités des rameaux, des grappes courtes, penchées, et d’une légère teinte purpurine. Chaque fleur présente : un calice très-petit, quinquéfide; une corolle monopétale en grelot, dont le bord est découpé en cinq lobes recourbés en dehors; dix étamines, dont les filamens, insérés à la base interne de la corolle, soutiennent des anthères bifides; un ovaire supérieur, surmonté d’un style saillant hors de la corolle, et terminé par un stigmate obtus. — Le fruit est une baie sphérique, qui prend en mürissant une belle couleur rouge : elle est intérieurement divisée en cinq loges, dans chacune desquelles est nichée une graine olivaire irès-dure.

Long-temps négligée par les thérapeutistes, la bousserole est devenue tout à coup l’objet des plus fastueux éloges. Ses vertus ont été célébrées dans des traités spéciaux composés par des médecins illustres ; quelques-uns d’entre eux ont même porté l'enthousiasme jusqu’à proclamer cet arbrisseau le spécifique infaillible d’une des maladies qui tourmentent le plus cruellement l’espèce humaine. Il ne laisse échapper aucune odeur remarquable, mais toutes ses parties exercent sur l'organe du goût une action assez énergique. Les feuilles ont une saveur d’abord âpre, qui bientôt acquiert une amertume non désagréable. L'écorce des tiges est plus astringente et moins amère, tandis que la portion ligneuse est à peu prèsunsipide. Les baies sont également peu savoureuses ; elles impriment cependant sur la langue un faible degré d’astriction.

Soumises aux réactifs chimiques par Model , et plus récemment par Mélandri et Moretti, les feuilles de busserole ont donné du tannin, du mucus, de l’extractif amer, de l'acide oallique, de la résine, de la chaux, de l’extractif oxygénable, et du tissu ligneux.

Il s’agit maintenant d'examiner les propriétés médicinales de la busserole, dont Gilibert, et surtout Murray, se sont montrés les plus justes appréciateurs.

* Ces feuilles, dit Lamarck, se rapprochent par leurs formes, et surtout par leur consistance, de celles du buis : telle est l’origine des mots buxarolla et busserolle. La dénomination de raïsin d'ours s'explique d’elle-même.

BUSSERÔLE.

« Les médecins de Montpellier avaient déjà annoncé les heureux effets de cette plante dans les stranguries et les coliques néphrétiques produites par des graviers. De Haen a constaté ces observations par de nombreux succès. Divers praticiens se sont assurés que si les feuilles en décoction et en poudre ne dissolvent pas le calcul, cependant elles calment les douleurs. La plupart des malades ont été évidemment soulagés : quelques-uns ont rendu de gros graviers et une quantité étonnante de glaires. Nous avons cent fois obtenu Îles mêmes résultats; ainsi nous regardons la busserole comme un végétal précieux, surtout contre des affections jusqu'alors rebelles à tous les secours de l’art. Certains sujets ne peuvent supporter ni la poudre ni la décoction, qui leur causent des anxiétés, des vomissemens. »

Le docteur Quer revendique en faveur de ses compatriotes la gloire d’avoir les premiers employé l’izcomparable antinéphrétique. Moins enthousiaste que le médecin espagnol, le prudent Murray rapporte avec une exactitude scrupuleuse les expériences chimiques et cliniques qu'il a tentées ; il énumère avec une impartialité bien digne de louange les opinions des partisans de la bousserole et ceiles de ses adversaires. Il résulte de cet examen comparatif que le raisin d'ours, judicieusement administré, calme souvent les vives douleurs qui accompagnent les affections calculeuses des voies urinaires, et quelquefois celles qui reconnaissent d’autres causes. Mais cette faculté calmante est en général passagère, simplement palliaiive, et sujette à des exceptions multipliées. On a vu des personnes en faire inutilement usage pendant des mois, des années. Sauvages, Acrel, Werlhof, Donald Monro, Lewis, Fothergill, lont trouvée fréquemment inefficace ou nuisible. L’expérimentateur Alexander n’y a reconnu qu’une faible qualité diurétique, et l’immortel Haller, tourmenté par une dysurie opiniâtre, n’éprouva de son usage long-temps continué qu’un soulagement peu remarquable.

L’astringence très-prononcée de la busserole doit, selon les docteurs Bicker et Biett, la faire employer avec plus d'avantage encore dans les flux atoniques, tels que les diarrhées, les leucorrhées anciennes. Ce n’est pas tout : un médecin anglais a recueilli, dans un traité ex professo , seize observations qui tendent à prouver, plutôt

qu’elles ne prouvent réellement, la vertu antiphthisique du raisin d'ours.

BUSSEROLE.

C'est dans les feuilles que réside surtout le principe médicamenteux : on les donne tantôt pulvérisées à la dose d’un scrupule à un gros, tantôt à celle de deux drachmes, infusées dans une livre d’eau.

On a parfois administré les baies, et même les racines de busserole, qui ont semblé remplir, quoique plus faiblement, les mêmes indications curatives que les feuilles.

Je terminerai l’histoire du raisin d'ours par l'indication de ses usages économiques. Les fruits plaisent beaucoup aux oiseaux, et sont également pour les paysans russes un aliment agréable. Les feuilles et les rameaux servent au tannage des peaux et à la teinture des laines. Enfin, on trouve près du collet de la racine une cochenille qui offre tous les caractères de celle de Pologne (coccus polonicus , L. ).

cEergaar (charles-abraham), Die Bærentraube, chimisch und medicinisch betrachtet ; c'est-àdire , Examen chimique et médical du raisin d'ours ; in-8°. Berlin, 1763.

QUER (soseph), Disertacion sobre la pasion nefritica, y su verdadero specifico, la uva ursi o gayubas ; c’est-à-dire, Dissertation sur la passion néphrétique, et sur son véritable spécifique, le raisin d'ours; in-4°. fig. Madrid. 1763. — Trad. en français; in-8°. fig. Strasbourg, 1768. — Trad. en allemand (sur la version française); in-8°. fig. Nuremberg, 17991.

Murray (Jean-andré), De arbuto uvd ursi Commentatio; in-4°, fig. Gottingæ, 1764. — Excellente monographie , réimprimée dans les Opuscules de l’auteur.

GrraRDt (michel), De uvd ursind, ejusque et aquæ calcis vi lithontripticd, novæ animadlersiones, experimenta et observationes ; in 4°, fig. Patavii, 1764.

Sandifort a inséré cet opuscule dans le second volume de son Thesaurus dissertationum.

HARTMANN (rierre-emmanuel), De antinephriticä uvæ ursinæ virtute suspect, Diss. inaug. resp. J. H. Schneeder ; in-4°. Francofurti ad Viadrum, 17178.

EXPLICATION DE LA PLANCHE, ( Za plante est de grandeur naturelle.) — x. Rameau de fleur. — 2. Fleur entière. — 3. Corolle. — 4. Calice, étamine et pistil. — 5. Étamine isolée. — 6. Fruit coupé horizontalement pour faire voir les cinq loges dans chacune desquelles est nichée une graine. — 7. Graine de grosseur naturelle, isolée. — 8. La même srossie.

AP TA L0 Losbort LS vculo , ;

CXCNO?

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