PA ATA
LXXXTIT.
CACAO
AMYGDALIS SIMILIS GUATIMALENSIS; Baubhin, Ilzvæ£, lib. 2 , sect. 6.
Mr A cacao; Tournefort, Appendix.
THEOBROMA CAGAO, foliis integerrimis ; Linné, clas. 18, polyadelphie pentandrie ; — Jussieu, clas. 13, ord. 14, malvacées. Italien PNEU CACAO; ALBERO DEL GACAO.
Espagnol"... CACAO; ARBOT DEL CACAO.
+ «+ + CAGAO ; CACAOYER ; CACAOTIER.
OT ÉEMErE GAGAO; GHOCOLATE-TREE ; CHOGCOLATE-NUT:TREE ; CACAO-TREE, Allemand: M0" KAKAOBAUM.
Hollandais. . . .... CACAO-B00M; KAKAUBOOM.
Le Nouveau-Monde, si fertile en arbres majestueux , en fleurs magnifiques, et en fruits excellens , est aussi la patrie du cacaoyer. « Cette belle plante, dit Humboldt*, aime les vallées chaudes et humides. On observe que plus la culture d’un pays augmente , que plus les forêts diminuent, que plus le climat et le sol deviennent secs, moins aussi les plantations de cacao réussissent : elles deviennent moins nombreuses dans la province de Carracas, tandis qu’elles augmentent rapidement dans les provinces les plus orientales de la Nueva-Barcelona et de Cumana , et surtout dans la contrée boisée et humide située entre Curiaco et le golfe Triste. »
Le tronc du cacaoyer s'élève à la hauteur de plus de trente pieds : il est généralement droit, gros comme la jambe, ou même comme la cuisse, d’une texture lâche, poreuse, et conséquemment fort léser, rameux, touffu, recouvert d’une écorce rude, brunâtre. — Les feuilles sont alternes, très-entières, acuminées, lisses, nerveuses, longues de huit à dix pouces, larges de trois ou quatre, soutenues par des pétioles d’un pouce de longueur, renflés à la base qui est munie de deux stipules subulées. — Les fleurs, disposées par petits faisceaux, et portées sur des pédoncules grêles, viennent en grand nombre sur les branches, et même sur le tronc. Chacune
: Tableaux de la nature.
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d'elles présente un calice de cinq folioles lancéolées, rougeûtres ; cinq pétales rosés, dont la base est creusée en coquille, tandis que le sommet porte une lanière très-étroite , surmontée d’une lame jaunâtre; cinq étamines" et cinq filets nus interposés, formant à leur partie inférieure un tube qui environne le pistil?. — Le fruit, semblable à un concombre, long de six à huit pouces , verruqueux, relevé, comme nos melons, par une dizaine de côtes peu saillantes, acquiert, en mûrissant, tantôt une couleur rouge foncée, tantôt une nuance parfaitement jaune, selon les variétés 3. Si l’on coupe transversalement un de ces fruits, dit M. Turpin, on observe que ses parois ont trois ou quatre lignes d'épaisseur, et que sa capacité divisée, par cinq cloisons membraneuses, en cinq loges, présente, dans chacune d’elles, huit à dix graines ovoïdes, pointues du côté «de leur attache, de la grosseur d’une aveline, fixées dans l'angle des loges, empilées les unes sur les autres, et revêtues d’une arille com- ‘plète membraneuse et succulente. La tunique propre de la graine, qui se trouve sous l’arille, contient un gros embryon, composé d’une radicule droite, conique, jaune, et de deux lobes ou cotylédons inégaux, plissés et violets.
Ce fut vers le milieu du dix-septième siècle que les Français commencèrent à cultiver le cacaoyer dans leurs colonies. Les immenses avantages de cette culture dédommagèrent amplement les colons des travaux qu'elle exige et des difficultés qui accompagnent. Les plants élevés dans nos serres chaudes sont un simple objet de curiosité : ils portent quelquefois des fleurs, mais il est presque impossible d’en obtenir des fruits.
: Réunies en un tube gonflé dans sa partie moyenne, les étamines se divisent en dix parties, cinq plus longues, subulées, stériles , et cinq plus courtes, filiformes, alternes avec les premières, portant à leur extrémité uneanthère didyme, avec l'apparence de quatre lobes. L’ovaire supérieur, ovale, légèrement marqué de dix stries, tomenteux, est surmonté d’un style qui se divise profondément en cinq parties terminées chacune par un stigmate aigu. (CEE
2 Les fleurs qui se développent sur les menues branches avortent toutes ; celles qui naissent sur le tronc et les grosses branches produisent seules des fruits : encore, à l’exception d’un par bouquet, tout le reste se flétrit et tombe. (T.)
3 Tous les fruits observés par M. Turpin, à Saint-Domingue, étaient Jaunes; ceux, au contraire, que le docteur Chapotin a recueillis à l'Ile de France , et qu'il a imités en cire avec un art admirable, offraient une superbe teinte écarlate.
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Inutile aux arts, le bois spongieux du cacaoyer est à peine propre au chauffage. Ses grandes et belles feuilles n’ont d'autre usage que de former une bonne terre végétale, un fumier de qualité supérieure. L'arille mucilagineuse acidule qui enveloppe les graines, étanche agréablement la soif'. Toutefois, c’est aux graines elles-mèêmes que le cacaoyer doit sa brillante et juste renommée: ce sont elles qui portent spécialement le nom de cacao. Lorsqu'on les a parfaitement desséchées et privées de la faculté générative, elles sont presque inaltérables : aussi les Mexicains s’en servaient-iis en guise de monnaie. Les différences qu’on remarque dans la forme, la couleur, la substance et le goût de ces graines ou amandes, proviennent de l'exposition et de la fécondité des terrains, du mode de culture, des soins qu’on apporte à la dessiccation, enfin de lattention qu’on met dans le triage. Les droguistes assignent à ces nuances variées des noms particuliers : ils appellent cacao caraque celui qui vient de la côte de ce nom, dans la province de Nicaragua; il ressemble, par le volume et la figure, à une de nos grosses fèves, et occupe le premier rang. L’amande cacao berbiche est plus courte, arrondie, et très-onctueuse ; celle du cacao de Surinam est plus allongée; le cacao des Iles a l'écorce plus épaisse, l’amande plus petite et plus aplatie; on le cultive à la Martinique et à Saint-Domingue.
Pour enlever à ces amandes la saveur âcre qui leur est naturelle, on les enfouit sous terre pendant un mois ou quarante jours, puis” on livre au commerce le cacao ainsi terre.
Avant l’arrivée des Espagnols et des Portugais, les Américains faisaient une liqueur avec le cacao délayé dans l’eau chaude, assaisonné avec le punent, coloré par le rocou, et mêlé avec une bouillie de maïs, pour en augmenter le volume. Lis donnaient à cette composition le nom de chocolat, conservé par les Européens, qui en ont singulièrement perfectionné la préparation , et changé en néctar dé. licieux un breuvage nauséabond. J’emprunterai la description des
1 Les Nègres, et en général tous les créoles, étant très-friands de cette arille pulpeuse et sucrée, ne laissent pas que de détruire une assez grande quantité de fruits ; mais il faut prendre garde, en sucant, de trop presser ou d’entamer l’amande, qui est d’une amertume austère. (T.)
2 C’est à l'excellente boisson qui se prépare avec la graine de cacaoyer, que cet arbre doit le titre de mets des dieux, teobroma , de 8ecç, dieu, et 6poux, mets-
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procédés à M. Cadet, qui les a énumérés avec une exactitude et une concision remarquables :.
On torréfie le cacao à la manière du café, soit dans une poêle de fer, soit dans un cylindre appelé communément brélotr : quand il est réfroidi à moitié, on l’étend sur une table, et l’on passe dessus un rouleau de bois pour détacher l’arille ; on le vanne ensuite, on le crible et on le monde. Quand les amandes sont parfaitement nettes, on les pile dans un mortier de fer bien chauffé avec de la braise ardente ; on les réduit, par ce moyen, en pâte grossière , que l’on met réfroidir sur un marbre. On reprend cette pâte, pour la broyer avec un cylindre de fer poli, sur une pierre de liais taillée à cet effet , et sous laquelle on a placé de la braise allumée, à demi couverte de cendres. Dès que la pâte a pris un certain degré de finesse, on la mélange avec la quantité de sucre nécessaire, dans une bassine chaude , et on la repasse sur la pierre à broyer , pour rendre le mélange homogène. Enfin , on la distribue, encore chaude , dans les moules de fer-blanc. M. Cadet fixe les meilleures proportions à huit livres de cacao caraque , deux livres de cacao des Iles, et dix livres de sucre en poudre. C'est à tort, observe judicieusement le même chimiste , qu’on a donné le nom de chocolat de santé à cette pâte simple, qui, pour beaucoup d’estomacs , est irès-difficile à digérer. Il ne faut pas cependant y ajouter, comme les Mexicains, du gimgembre, du piment et du girofle; mais un peu de vanille et de cannelle en rendent la saveur plus agréable et la digestion plus aisée. Cette addition constitue, suivant les doses , le chocolat à une demi-vanille, à une , à deux , à trois, à quatre vanilles. M. Cadet conseille de mettre sur vingt livres de chocolat simple trois onces de vanille et deux onces de cannelle. Ces aromates se triturent avec le sucre qui doit entrer dans la pâte.
Plusieurs personnes digèrent très-bien le chocolat sec, qui le digèrent mal lorsqu'il a bouilli dans l’eau ; ce dernier passe très-bien chez d’autres personnes qui ne peuvent le supporter mélangé avec du lait. Pour réconforter certains estomacs frappés d’une débilité profonde, il est parfois très-avantageux d’administrer le chocolat au vin.
On a prodigieusement écrit tant sur la fabrication que sur les propriétés hygiéniques et médicinales du chocolat. Je ne crois pas
* Dictionnaire des Sciences médicales, tome v, page 137.
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devoir retracer ici la liste très-étendue, et que j'aurais pu allonger encore, des Traités spéciaux’, parmi lesquels se distinguent les Dissertations de Bachot, de Baron, et surtout celle du savant, de l’immortel Linné?. Les observateurs citent des exemples nombreux de guérisons presque miraculeuses opérées par ce puissant analeptique. L’un, épuisé par une fièvre hectique, réduit au marasme le plus effrayant, condamné à une mort prochaine, recouvre bientôt une santé parfaite; un second voit avec ravissement renaître la faculté génératrice , qu'il croyait irrévocablement aneantie. Ces éloges sont exagérés sans doute; mais ils ne sont pas dépourvus de fondement. Le chocolat tient en effet le premier rang parmi les stomachiques $ ; il produit réellement des merveilles lorsqu'il est bien pur. Loin d'attribuer, avec Bodard , une sorte de supériorité au chocolat d’arachide et de châtaigne#, il me serait facile de prouver que ces fruits indigènes ou acclimatés ne peuvent soutenir aucune comparaison avec le bon cacao du Mexique.
Les écorces ou épluchures qui se détachent par la torréfaction des amandes du cacao sont quelquefois prescrites, infusées dans l’eau ou dans le lait, pour calmer léréthisme de l'appareil respiratoire. |
Le célèbre Fourcroy décrit longuement, et avec une sorte de complaisance, l’art d'extraire, soit par la simple expression, soit à l’aide de Peau bouillante, l'huile butyreuse du cacao , qui, regardée par certains thérapeutistes comme éminemment douée de vertus béchiques, lubrifiantes, anodines ÿ, est bornée par d’autres à l’usage extérieur. « On l’emploie fréquemment à titre de calmant, d’adoucissant, dans les brülures , les éruptions âcres, les gerçures des lèvres, des mamelles, des parties génitales. On en forme des suppositoires fort utiles dans les hémorrhoïdes internes, dans la constipation : in-
! Dictionnaire des Sciences médicales, tome v, page 140.
2 Potus chocolatæ ? resp. A. Hofmann; in-4°. Upsaliæ, 18 mai 1765. — Réimpr. dans les Amænitates academicæ , vol. vix; 1769, page 254, n° 138.
3 J. F. Cartheuser, De chocoloté analepticorum principe, Diss. inaug. resp. Beckmann ; m-4°. Francofurti ad Viadrum, 1763.
4 Cours de botanique médicale comparée ; 1810, tome 11, pag. 428, 435 , etc.
® Th. Hoffmann, Butyrum cacao, novum atque commendatissimum medicamentum, Diss. inaug. præs. Burc. Dav. Mauchart ; in-4°. Tubingæ, 1739.
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troduits dans le vagin et dans la matrice, ils modèrent l'irritation de ces organes, et allègent les douleurs :
Le beurre de cacao, dit Lamarck, est la meilleure et la plus naturelle de toutes les pommades dont les dames qui ont le teint sec puissent se servir pour le rendre doux et poli, sans qu’il y paraisse rien de gras ni de luisant : si l’on voulait rétablir l’ancienne et trèssalutaire coutume qu'avaient les Grecs et les Romains de se frotter d'huile pour donner de la souplesse aux muscles et les garantir de rhumatismes , il faudrait choisir l’huile de cacao, qui sèche promptement , et n’exhale point de mauvaise odeur. M. Planche a signalé les avantages de la pommade mercurielle préparée avec ce beurre, et 1l a perfectionné le procédé opératoire.
Baumé a fait d'excellentes bougies avec le beurre de cacao : en le combinant à la soude, Gravenhors a obtenu du savon de qualité supérieure ; enfin le professeur André Ottomar Gœlicke vante outre mesure l'efficacité de son baume de cacao.
BRUECKMANN (rrançois-Ernest), De Avelland mexicand vulgo cacao dictä, Diss. med. inaug. præs. Joan. Car. Spies ; in-4°, fig. Helmstadiüi, 1727.
L'auteur a fait réimprimer, en 1728, à Brunswick , cette Monographie intéressante, enrichie de nombreuses additions, sous ce titre : Relatio brevis historico-botanico-medica de avellanä mexicanä vulgd cacao dictd.
wavser (rierre-roussaint), Observations sur le cacao et sur le chocolat, où l’on examine les avantages et les inconvéniens qui peuvent résulter de l’usage de ces substances nourricières; etc., in-12. Paris, 1772.
Cet ouvrage, publié sous le voile de l’anonyme, a été traduit en allemand, avec une pré-
face de Krause; in-8°. Naumbourg , 1776.
* Fourcroy, dans l'Encyclopédie méthodique : Médecine , tome 1v, pag. 206. 2 Journal de pharmacie ; octobre 1815, page 453. 3 De Balsamo cacao, Diss.; in-4°. Francofurti ad Viadrum, 1793.
EXPLICATIONS. Prancus 83. (La plante est réduite à la moitié de sa grandeur naturelle.) — x. Fleur entière de grandeur naturelle. — 2. Pétale détaché d’une fleur. C’est dans la partie inférieure que se niche l’anthère. — 3. Tube staminifère ouvert. — 4. Pistil. — 5. Étamine détachée du tube.
PLancme 83 Dis. — 1. Fruit (réduit à la moitié de sa grandeur naturelle), coupé horizontalement, pour faire voir de quelle manière les graines ou amandes s’empilent. — 2. Graine de grosseur naturelle, dont on a déchiré en partie l'enveloppe pulpeuse qui l’entourait. — 3. Amande entièrement dépouillée.
(Ces deux figures sont faites d’après les dessins originaux, exécutés à Saint-Domingue par M. Turpin.)
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CACHOU
CACHOU
MIMOSA GATEGHU, spinis stipularibus, foliis bipinnatis, mullijugis , glandulis partialium singulis, spieus axillaribus geminis seu ternis
pedunculatis; Linné fils, clas. 23, polygamie monœcie ; — Jus- Dans Tee ARE sieu, clas. 14, ord. 11, légumineuses \. MIMOSA CATE, spénis stipularibus binis, foliis bipinnatis 15 ad 30 Jugis, foliolis 4o Jjugis, spicis elongatis, axillaribus; Murray. ACAGIA CATECHU , aculeis geminis, stipularibus, uncinatis, ete, , Willdenow 2.
HGIHA RE ATHACTENS CAGGIÜ ; CATEGHU ; CATTO D'INDrA, Lamparelli. BSpasnot NME. CACHU.
Erancais: "NE. CAGHOU; ACACGIE DU CAcHOÛ, Lamarck; cacaourteRr , C. ARDTESS NP Ne CATECHU ; CACHOE.
AlemanRe Na KATECHUBAUM; KASCHUBAUM.
Hollandais. . . .... KATECHU-BOOM ; KATSJOU-BOOM.
Ox sait depuis long-temps que la dénomination de terre du Japon, donnée au cachou , est doublement erronée, puisque le cachou n’est pas une substance minérale, et ne se prépare point au Japon. Mais nous ne possédions que des renseignemens inexacts sur la plante qui le fournit. Le pharmacien Dale, le botaniste Helbig, le chirurgien Alberti, l’académicien Antoine de Jussieu et l’immortel Linné regardaient le cachou comme un produit de l’aréquier. Cleyer, Jager et Garcin assuraient au contraire l'avoir vu retirer d’une acacie : la vérité de cette assertion a été irrévocablement démontrée par Kerr, habile chirurgien anglais, qui a transmis au docteur Fothergill une excellente description de l’acacie du cachou, avec l’art de l’extraire et de l’employer.
‘ Cette espèce, insensible, immobile sous la main qui la touche, ne mérite point le titre de r7imeuse, qui ne convient qu'aux sensitives proprement dites, telles que la pudique, la chaste, la vive, etc.
Le mot catechu, dont nous avons fait cachou , est indien : cate désigne l'arbre, et chu le suc qu’on en obtient.
a Le célèbre professeur de Berlin, voyant que le genre #émosa de Linné était devenu d’une immense famille, sentit la nécessité de le diviser, et en forma les cinq genres suivans : 1° éga, comprenant b6 espèces; 2° snimosa, 32; 3° schranhia, 3; 4° desmanthus, 10; 5° acacia, 102. (T.)
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Très-commun au Bengale, et surtout dans la province de Babar, le cachoutier couvre une partie des montagnes de Rotas et de Pallamor. Le tronc s'élève à la hauteur de quatre à cinq pieds, et acquiert jusqu'à un pied de diamètre : il est blanchâtre extérieurement, et d’une couleur brune plus ou moins foncée à l'intérieur ; les sommités des rameaux sont pubescentes. — Les feuilles, longues, deux fois ailées, sont composées de quinze à trente couples de pinnules, dont chacune soutient quarante à cinquante paires de folioles étroites, linéaires ; le pétiole commun porte une glande sessile assez grosse , située entre l'insertion des pinnules et sa bases; celle-ci est
en outre armée de deux épines stipuliformes, courtes, légèrement .
recourbées en crochet. — Les fleurs sont disposées en épis jaunes, allongés, pédonculés, situés communément deux ensemble dans les aisselles des feuilles supérieures. Chaque fleur présente un calice à cinq dents; une corolle formée de cinq pétales blanchâtresz; des étamines nombreuses; et, dans les fleurs hermaphrodites , un pistil qui manque dans les fleurs mâles. — Le fruit est une gousse aplatie, longue detrois à quatre pouces , large de sept à dix lignes , fauve et roussâtre, contenant cinq où six graines.
Les procédés mis en usage au Bengale pour préparer le cachou sont énumérés en détail et avec beaucoup d’exactitude par Kerr, dont l’intéressant Mémoire me servira de guide.
Après avoir séparé comme inutile l’écorce blanchätre de l’acacie, on réduit la partie intérieure , ligneuse et colorée, en copeaux minces, que l’on fait bouillir dans l’eau jusqu'à réduction de moitié, dans un vase de terre non vernissé, à ouverture étroite. On verse ensuite cetie décoction dans un vaisseau de terre plat, et on la soumet de nouveau à l’action du feu, jusqu’à ce qu’elle soit réduite au tiers, et l’on complète la dessiccation en exposant au soleil la matière épaissie.
Nous recevons le cachou en morceaux ou en pains aplatis, rudes à leur surface, formés de couches de diverses nuances, depuis la teinte roussâtre jusqu'au brun foncé. Ces couches diffèrent encore
% On trouve cinq ou six autres glandes plus petites, placées entre les cinq ou six premières pinnules de l'extrémité de la feuille. (T.)
5 M. Turpin observe que ces pétales n'étant pas complètement séparés à leur base, doivent être regardés comme de simples découpures profondes d’une corolle monopétale.
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plus réellement, dit Fourcroy, par la texture, la saveur, et toutes les autres propriétés. Les couches grises, comme lavées de rouge, sont très-friables, rudes au toucher , cassantes comme une terre, et contiennent des parcelles de sable et d'argile, provenant du détritus des vases, ou ajoutées par la cupidité. Les échantillons mieux choisis offrent des couches d’une couleur brune de rouille, luisantes, non grenues, mais lisses dans leur cassure, analogues à une résine : elles se fondent presque totalement dans la bouche; on y reconnaît l’amertume, la légère astriction, le goût aromatique et sucré, qui caractérisent le véritable cachou. Toutefois, pour l'obtenir parfaitement pur, on le dissout dans l’eau bouillante, on filtre, et on évapore jusqu’à siccité la solution filtrée. T'exérait du cachou qui résulte de cette opération facile donne à l'analyse une prodigieuse quantité de tannin, une matière extractive, et un peu de mucilage.
-Les Bengaliens et les Japonais savent utiliser les diverses parties du cachoutier. Ils se servent de l'écorce pour le tannage; ils la màchent, ainsi que les feuilles, pour affermir les gencives; ils emploient le suc dans leurs teintures, et en imprègnent les solives et les poutres de leurs habitations, pour les garantir de la piqüre des vers. Mais c’est principalement à titre de remède qu'ils emploient le cachou : ils le regardent comme froid et calmant; ils en donnent même jusqu'à la dose de deux onces chaque jour aux chevaux vicieux pour les dompter, et il est la base d’un onguent trèscélèbre dans ce pays, pour le traitement des plaies et des ulcères.
Les médecins européens reconnaissent au cachou une propriété tonique et astringente bien décidée. On l’administre souvent avec succès dans les flux chroniques rebelles à la plupart des autres moyens thérapeutiques. Le docteur Albert, qui considère le cachou comme un des amers les plus énergiques que possède la matière médicale , retire habituellement un grand avantage d’une boisson faite avec un demi-gros de suc exotique dissous dans une pinte d’eau de riz, qu'il donne de préférence aux vieillards atteints de flux diarrbéiques et dysentériques invétérés. M. Nysten a obtenu la guérison d’une hématurie passive , en prescrivant chaque jour trois ou quatre pilules composées de quatre graines de cachou et d’un sixième de grain d'opium, auxquelles il associait une décoction de racine de consoude.
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L'infusion de cachou prise en boisson, ou injectée par l'anus, peut sans contredit calmer les accidens de certaines coliques et notamment de celles des peintres : toutefois, je suis loin d'admettre les observations de Grashuis comme authentiques, et ses argumens comme péremptoires. Il me reste bien aussi quelques doutes sur la prétendue guérison d’un ulcère à l'estomac, par Deidier, à l’aide du cachou.
« Cette substance est employée spécialement aujourd'hui pour fortifier l'appareil gastrique et faciliter la digestion : aussi mâche-t-on le cachou avant et après le repas. Il remédie à la mollesse des gencives, corrige, détruit même la mauvaise odeur de l’haleine, donne du ton aux membranes lâches de l’arrière-bouche, prévient et guérit les aphthes , les engorgemens pituiteux du voile du palais, des amygdales, les maux de gorge légers, mais insupportables par la gène qu'ils apportent, et par la fréquence de leurs retours dus à ces engorgemens ; il produit un bon effet dans la toux, le crachotement et l’enrouement qui proviennent de la même cause. Comme c’est particulièrement dans ces dernières indispositions, ainsi que dans celles de l'estomac, qu’on fait prendre le cachou , on à imaginé différens moyens de le purifier, d’en varier les formes , la saveur et l’odeur. On en prépare un extrait simple, des trochisques, des tablettes , des rotules ou pastilles, qu’on adoucit avec le sucre, la réglisse, et qu’on aromatise avec l’ambre, la violette, la fleur d'oranger, la cannelle , l’anis, etc. »
Quoique le vrai cachou soit effectivement retiré de la #imosa catechu , il est certain qu’on prépare un extrait analogue avec les fruits encore verts de l’aréquier : tout le monde connaît le suc exprimé des gousses de l’acacia , qui se rapproche singulièrement du cachou, comme les deux plantes se touchent en quelque sorte par leurs caractères botaniques.
HAGENDORN (erfroy), De Catechu sive terrd japonicä in vulgus sic dictä, Tractatus physicomedicus, ad normam Academiæ naturæ curiosorum; in-8°. Zenæ , 1679.
WERTMUELLER (charles-menri), De Catechu, Diss. botanico-medica inaug. in-4°. Gottingæ, rx sept. 1779. — Insérée , avec des additions , dans le second volume des Opuscula de Murray.
EXPLICATION DE LA PLANCHE. (La plante est réduite à la moitié de sa grandeur naturelle.) — x. Tronçon d’un pétiole commun, sur lequel on a figuré une glande. — 2. Fleur entière grossie. — 3. Fruit réduit moitié de grandeur naturelle.