CA ATA
Ge C NN xapoy, Dioscorides; xapeov, Aetius.
CUMINUM PRATENSE, CARVI OFFICINARUM ; Bauhin, Tlsva£ , lib. 4, sect. 5. Latina es ee re carvr cæsazpinr; Tournefort, clas. 7, ombellifères. caRuMm cARVI ; Linné, clas. 5, pentandrie digynie ; — Jussieu, clas. r2, ord. 2, ombellifères ’.
Talent CARVI ; CARO3; COMINO TEDESCO.
Espapnol. . ...... ALCARAVEA.
RAA à 0 BEI Ste à CARVI; CUMIN DES PRÉS.
ANlarsE NES CRE NE CARAWAY.
Allen an NME MATTENKUEMMEL ; GEMEINER KUEMMEL; WIESENKUEMMEL ; FELDKUEM- MEL.
Hollandais. . ..... KARWEY.
Les anciens naturalistes et médecins grecs et romains ont souvent fait mention de cette plante bisannuelle, qu'ils ont nommée xp», x@peoy , careum , parce qu'elle croissait plus particulièrement dans la Carie, province de l'Asie. Elle est commune dans les prairies de la France, de l’Allemagne, de la Hollande , de la Suède et de la Pologne.
La racine est fusiforme, de la grosseur du pouce, et garnie de nombreuses fibrilles. Les tiges, droites, fortes, cylindriques, glabres, striées, s'élèvent à la hauteur d’environ deux pieds, et fournissent une grande quantité de rameaux. Les feuilles, alternes, amplexicaules, deux fois ailées, composées de pinnules lancéolées , dont les folioles sont pinnatifides, à découpures linéaires inégales : les feuilles radicales sont beaucoup moins finement découpées; leurs folioles, plus larges , se divisent seulement en lobes anguleux. — Les
: Il n’y a peut-être pas une seule famille de plantes dans laquelle il soit plus difücile, que dans celle des ombellifères, d'obtenir des caractères génériques par-faitement tranchés : aussi règne-t-il une grande divergence d'opinions à cet égard entre les botanistes. Le carvi, par exemple, pour lequel Linné a établi le genre carum, qui jusqu’à présent contient une espèce unique, est aux yeux de Roth un légusticum ; Crantz en fait un apium ; Boissieu propose de l’incorporer dans le genre pinpinella; Scopoli et Lamarck trouvent qu'il se range plus naturellement parmi les sésélis.
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CARVI.
fleurs sont disposées en ombelles terminales : l’ombelle universelle , lâche, étalée, composée de huit à dix rayons inégaux, est garnie d’une collerette à une seule foliole , longue, sétacée ; les ombellules sont courtes, ramassées, dépourvues de collerette; les cinq pétales, ouverts en rose, sont un peu échancrés à leur sommet. — Le fruit consiste en deux petites graines brunes, accolées, planes intérieurement , convexes et striées en dehors.
Cultivé dans nos jardins’, le carvi perd une grande portion de son âcreté native; la racine devient plus volumineuse et plus succulente; les graines, plus grosses, plus huileuses, exhalent un arôme et acquièrent une saveur plus agréable. Presque tous les bestiaux aiment à brouter cette plante : les feuilles fraîches relèvent le goût des potages. Dès le temps de Dioscorides, on mangeait la racine de carvi comme celle du panais?; c’est probablement elle qui, mentionnée par Jules-César, sous le nom de chara, fut broyée, mêlée avec du lait, et réduite en pain par les soldats de Valerius$. Les belliqueux Germains en faisaient jadis la base d’une boisson vineuse; on la mettait aussi confire dans le miel et le moût; elle se mange encore aujourd'hur, surtout dans le Nord, soit crue, en guise de salade, soit cuite et apprêtée comme Îes autres racines potagères. :
Les Tartares Nogaïs et ceux de Circassie préparent avec les graines de carvi une farine et des gateaux qui, pour eux, sont un mets exquis , et de première nécessité dans certains cas. Les paysans suédois et allemands assaisonnent avec ces graines leurs soupes, leurs ragoüts, leur pain et leur fromage; on s’en sert aussi pour aromatiser l’eau-de-vie et l'alcool. En effet, elles contiennent presque la vingtième parte de leur poids d’une huile essentielle éthérée , et en outre un extrait muqueux sucré. Rangées par les pharmacologistes au nombre des semences chaudes majeures, elles sont prescrites , soit pulvérisées, à la dose d’un serupule à un gros, soit à celle d’une once, bouillies dans une livre d’eau, qu'on boit en tisane, ou qu’on
Les procédés relatifs à la culture ont été décrits par Jean Théophile Gleditsch, dans le tome second de ses Fermischte physihalisch-botanisch-ækonomische Abhandlungen, 1766.
? Iepe vAns tarotxnc » hb. 117, cap. 66.
3 J. G. Weinmann, Zyactatus botanico-criticus de char Cæsaris ; in-8°. Carolsrukæ, 1760.
CARVI.
injecte en lavement. Quelquefois on administre quatre ou six gouttes d'huile volatile, répandues sur un morceau de sucre, ou incorporées dans une potion. Ces diverses préparations conviennent dans l’atonie de l’appareil digestif; elles sont propres surtout à rétablir l'équilibre des forces inégalement distribuées : tel est du moins le sentiment de Hermann", de Ypey?, de Willemet*, de Sprengel 4. Willich recommande aux personnes dont l’estomac ne remplit pas convenablement ses fonctions, des tartines de beurre saupoudré de carvi, de gingembre et de sel.
On a exalté les vertus galactopoïétique, carminative et aphrodisiaque du carvi; j'ai suffisamment examiné et apprécié ces propriétés, communes à la plupart des ombellifères ÿ.
mMiLHAU (sean-Louis), De Carvi, Diss., in-4°. Argentorati, 1740.
Cynosura materiæ medicæ ; 1726, page 281.
? Afbeeldingen der artsenygewassen; 1803, tome 1, page 6. 3 Phytographie encyclopédique ; 1805, tome 1, page 338.
4 Institutiones pharmacologicæ ; 1816, page 100.
5 Flore médicale, tome 1.
EXPLICATION DE LA PLANCHE. (La plante est de grandeur naturelle.) — x. Racine. — 2, Feuille radicale. — 3. Fleur entière grossie. — 4. Fruit de grandeur naturelle. — 5. Le méme grossi, tel qu'il se détache dans la maturité.
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CASCARILLE.
RICINOIDES AMERICANA ELÆAGNI FOLI0; Tournefort, appendix. CROTON CascarILLA, foliis lanceolatis, acutis , integerrimis, petiola-
LORIE EME tis, subtus tomentosis, caule arboreo; Linné, clas. 21, monœcie monadelphie; — Jussieu , clas. 13, ord. 1 ,-euphorbes.
LAON NE NRA EU CASCARIGLIA.
ESpanno le CR CASCARITLA.
HTANCAIS AP EAN CASCARILLE; CHACRILLE ; CROTON CASCARILLE OU À FEUILLE DE CHALEF, Lamarck ; cascarrerrer, C.
ARS NE cascaRILLA; Cullen.
AEMman de NOR KASKARILLSTRAUCH; Hagen.
Hollandais. . ..... KASKARILBOOMTVE.
S’iz fallait en croire aveuglément les relations ampoulées de certains voyageurs et les éloges fastueux de quelques médecins, la cascarille serait une des acquisitions les plus précieuses dues à la découverte du Nouveau-Monde. L’arbuste qui produit cette écorce trop vantée croît dans les deux Amériques, mais surtout dans la partie méridionale de ce vaste continent. C’est une des plantes qui vivent en société, dit M. Turpin, comme dans le règne animal les fourmis et les abeilles : elle se plaît dans les lieux secs, arides, et battus par les vents ; là , elle forme presque à elle seule des forêts de plusieurs lieues à l’île de Saint-Domingue, dans les environs du Port-de-Paix , et sur le bord de la mer entre Monte-Christ et le cap Lagrange.
Le croton cascarille s'élève à la hauteur de trois à six pieds : le tronc, assez gros, recouvert d’une écorce cendrée, pousse des branches nombreuses, cylindriques, cassantes, dont l'écorce est grisâtre. — Les feuilles, alternes, pétiolées, ovales-lancéolées, se rapprochent singulièrement, par leur grandeur et leur figure, de celles de l’amandier. Légèrement ondées sur les bords, elles ont la surface inférieure luisante et comme argentée, tandis que la supérieure est
1 Très-abondante à l'ile d'Éleuthera, la cascarille est désignée par certains pharmacologistes sous lestitre de cortex Eleutheriæ, cortex eleuthkeranus.
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CASCARILLE.
parsemée de petites écailles orbiculaires et blanchâtres, avec un point à leur centre’. — Les fleurs, monoïques, sont disposées en épi au sommet de la plante. La fleur mâle offre un calice double, décaphylle, dont les cinq folioles intérieures sont réputées des pétales par Lamarck et divers autres naturalistes ; quinze étamines dont les filamens sont réunis à leur base. La fleur femelle se compose d’un calice double, et d’un ovaire trigone surmonté de trois styles bifides. — Le fruit est une capsule obronde, à trois lobes latéraux arrondis, à trois loges bivalves, dont chacune contient une graine ovoide noirätre.
Une odeur agréable s’exhale de toutes les parties du cascarillier. On prépare avec les feuilles une boisson qui flatte le goût et l’odorat, et dont les habitans de Saint-Domingue font usage sous le nom de thë du Port-de-Paix?.
C’est à son écorce que la cascarille doit la renommée dont elle a joui long-temps, et même la dénomination que les Espagnols lui ont imposée 5. Nous la recevons en fragmens roulés, longs de deux à quatre pouces, de l'épaisseur d’une ligne, d’une cassure résineuse, d'un gris cendré à l'extérieur, et d’une couleur rouille de fer en dedans. L’épiderme blanc, rugueux , sillonné de lignes transversales, est parfois tapissé de lichens, dont il faut le nettoyer. La cascarille s’enflamme aisément, et son arôme devient alors plus énergique et plus suave.
« Les recherches chimiques de Boulduc, Neumann, Dehne, Spielmann, Lewis, n'ont jeté qu’une faible lumière sur la nature des principes de cette écorce. L'analyse plus récente de Trommsdorff, plus exacte, laisse néanmoins encore à désirer. Il serait curieux d'examiner comparativement la casearille avec le quinquina, puisque ces deux substances paraissent offrir plusieurs caractères analogues.
* M. Turpin a très-bien représenté ces petites armes stelliformes, qu’il compare aux chausse-trappes dont les guerriers se sont quelquefois servis pour entraver la marche de leurs ennemis.
? L’arbrisseau lui-même porte à Saint-Domingue le nom de sauge du Portde- Paix. M. Turpin , auquel je dois cette observation, ajoute que l'infusion a besoin d’être filtrée; sinon toutes les petites chausse-trappes dont les feuilles sont tapissées resteraient dans la gorge, y produiraient une vive irritation , et feraient beaucoup tousser.
? Cascarilla, petite écorce, mince écorce; diminutif de cascara, écorce.
CASCARILLE.
Dans l’état actuel de nos connaissances, on sait seulement que la carcarille contient un extractif amer, une huile volatile, une certaime quantité de résine soluble dans lalcool , et peut-être un peu d'acide benzoïque ". »
On doit à l'Espagnol Vincent Garcias Salat un des premiers écrits sur la carcarille?, dont il étudia les effets sur la fièvre-tierce. Le professeur allemand Jean-André Stisser fournit des renseignemens plus étendus sur cette écorce ; il la présenta comme propre à être fumée avec le tabac, dont elle corrige l'odeur vireuse et narcotique ; il pressentit plutôt qu’il ne constata la vertu fébrifuge, que d’autres médecins ont si diversement appréciée. En effet, je vois Jean Louis Apinus préconiser la cascarille comme le spécifique des fièvres rémittentes bilieuses qui désolèrent la ville de Herspruck #4. Santhesson prétend avoir obtenu le même succès dans une épidémie analogue qui se manifesta dans la Suède. On a porté l'enthousiasme jusqu'à donner au quinquina faux ÿ la préférence sur le véritable; et l’on regrette de trouver parmi ces prôneurs inconsidérés les noms justement célèbres de Fagon, de Stahl, et de ses disciples Jean Juncker, Michel Alberti, André Ottomar Gœlicke. Des praticiens illustres, des observateurs impartiaux, Werlhof, Bergius, Cullen, ont interrogé l’expérience clinique : la cascarille n’a plus été rivale du quinquina ; mais elle conserve un rang distingué dans la même classe. C’est un tonique utile dans les cachexies, les affections muqueuses , les diarrhées rebelles, les dysenteries chroniques. La meilleure manière de ladministrer consiste à la mêler au quinquina, dont elle aide l'efficacité médicinale$ : on peut aussi la joindre à la rhubarbe. Elle est prescrite en poudre à la dose de trente à cinquante grains; digérée dans l'alcool, elle constitue l'essence de cascarille, qui se donne, ainsi que l'extrait, à la même dose que la poudre. Le sirop
* Biett dans le Dictionnaire des Sciences médicales ; tome 1v, page 257.
? Unica quæstiuncula, in qué& examinatur pulvis de quarango, vulgd cascarilla, &e curatione tertianæ ; in-4°. Valentiæ, 1692.
3 Acta laboraitori chymict, Specimen 2; Helmestadi, 1693.
# Febris epidemicæ anno 1694 et 1695 in Noricæ ditionis oppido Herspruccensi grassart deprehensæ historica relatio; in-8°. Norimbergæ , 1697.
5 Appelée dans plusieurs traités de pharmacologie faux quinquina, la cascarille a fréquemment été vendue pour la véritable écorce du Pérou.
6 Alibert, Nouveaux élémens de thérapeutique ; 1814, tome 71, page 79.
CASCARILLE.
se prend de quatre à six gros, ou bien il sert à la préparation des bols et des électuaires.
sogumer (Philippe-adolphe), De cortice cascarillæ , ejusque insignibus in medicind viribus , Diss. inaug. præs. Frider. Hofmann ; in-4°. Halæ Magdeburpicæ, 1738.
EXPLICATION DE LA PLANCHE. ( La plante est de grandeur naturelle.) — 1. Portion de feuille grossie, sur laquelle on a figuré cette quantité de petites épines astériformes, ou espèce de petites, chausse-trappes qui recouvrent toutes les parties de ce végétal. — 2. Fleur mâle grossie, composée d’un calice double (dix parties) , et de quinze étamines,' dont les filamens sont réunis à leur base, — 3. Fleur femelle grossie, composée d’un calice double et d’un
ovaire trigone, surmonté de trois styles bifides. — 4. Fruit tricoque grossi. — 5. Le même coupé horizontalement, pour faire voir les trois logés, dans l’une aesquelles on a laissé la graine composée d’un gros périsperme au centre duquel se trouve l'embryon. — 6. Graine isolée. — 7. Un morceau d’écorce telle qu’elle se trouve dans le commerce.
« (La figure que nous donnons ici est extraite de la collection de M. Turpin.)
anne 2 Lambert T° sculp.
CASSE
CO UNC
Grece 2% 1 ua xaooia penaive s Actuarius.
CASSIA FISTULA ALEXANDRINA; Bauhin, [lsvæf , lib. 2, sect. 2; — Tournefort, clas. 21, arbres rosacés.
ONE L'uete OL NU ane : AA NE te :
GASSrA FISTULA , foliis quinquejugis ovatis, acuminatis, glabris, petio-
lis eglandulatis ; Linné, clas. ro, décandrie monogynie; — Jussieu, clas. 14, ord. 11, léoumineuses.
Hahn NU CASSIA.
B5pano EEE CANAFISTOLA.
REMAKE à b 5 2816 01e CASSE ; GASSIER; CANÉFICIER.
Ar As ANR ENS CASSTA.
TEINTE ROHRKASSIE; GASSIENROEHRLEIN ; WURSTROEHRENBAUM.
ORIGINAIRE de l'Égypte et des Indes-Orientales, le canéficier a été transporté dans le Nouveau-Monde, où sa culture a parfaitement réussi. C’est un grand et bel arbre , analogue au noyer par son port, et qui s'élève à la hauteur de quarante à cinquante pieds. Le tronc , recouvert d’une écorce lisse et cendrée, acquiert une grosseur considérable , et fournit des branches multipliées. — Les feuilles sont alternes, pétiolées, composées de cinq ou six paires de folioles ovales-pointues , longues de trois à cinq pouces sur deux de large, marquées de nervures fines. — Les fleurs, amples, nombreuses, jaunes, d’un aspect agréable, sont disposées en grappes axillaires de huit à dix pouces. Chaque fleur, soutenue par un pédoncule particulier assez long, présente un calice de cinq pièces ovales, concaves, courtes, caduques ; une corolle formée de cinq larges pétales obtus et veinés; dix étamines de longueur inégale, dont les anthères sont bilobées ; un ovaire supérieur, pédiculé, surmonté d’un style court, arqué, et terminé par un stigmate simple. — Le fruit est une gousse noirâtre, pendante, cylindrique, droite, plus grosse que le pouce, longue d’un pied et demi, divisée à l’intérieur par des cloisons minces, transversales et parallèles, en beaucoup de loges, dont chacune, enduite d’une pulpe noire, contient une graine suübcordiforme, aplatie, dure et roussâtre. Les deux cosses, minces et ligneuses, sont réunies par deux sutures, dont l’une est plate et lisse, tandis que
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l'autre est saillante et nerveuse. On voit jusqu'à douze à quinze gousses rassemblées sur la même branche par un pédoncule flexible. Lorsque le vent les agite, elles font, en se heurtant, un bruit considérable, et tombent quand elles sont müres.
Il paraît que la casse, inconnue aux anciens naturalistes et médecins de la Grèce et de Rome, a été mentionnée d’abord et introduite dans l’art de guérir par Actuarius, Avicenne et Sérapion ‘. Celle qui nous est apportée d'Amérique diffère peu de celle du Levant, à laquelle certains pharmacologistes donnent la préférence. Il importe de choisir celle qui ne sonne point lorsqu'on la secoue, qui est bien pleine, dont la pulpe est de consistance moyenne et de saveur douce.
On donne, dans les officines, le nom de casse en bätons aux gousses entières : frappées sur une des sutures avec un rouleau de bois ou un maillet, elles se séparent en deux valves, dont l’intérieur , ratissé avec une spatule de fer, fournit une masse noire composée des cloisons, de la pulpe, et des graines ; c’est la casse en royaux. On frotte rudement celle-ci, avec une spatule de bois, sur un tamis de crin neuf; la pulpe molle passe à travers les mailles du crin, et prend le nom de casse-mondée ? : elle se conserve dans des vases de faïence placés dans un lieu sec et frais.
Les travaux de Neumann , de Cartheuser, de Geoffroy, n'ont répandu qu’une bien faible lumière sur la nature de la casse. Baumé l’a examinée avec plus de discernement ; toutefois , la seule analyse exacte de cette substance est due au professeur Vauquelin. Ce savant chimiste a recherché et déterminé les principes constituans des diverses parties du fruit 5; il a trouvé que la pulpe est une combinaison intime d’une matière parenchymateuse, de gélatine, de gluten, de gomme, d'extrait et de sucre.
Tous les médecins conviennent que la pulpe de casse est un des purgatifs les plus doux. On la prescrit avec sécurité, dit Fourcroy,
! Nec fuit Hippocrati, nec cassia nota Galeno ; Ad medicum sed primus Arabs hanc attulit usum. (Posru.)
2 Fourcroy, dans l'Encyclopédie méthodique : Medecine ; tome v, page 445. 3 Annales de chiünie; tome vr, page 275.
CASSE
dans tous les cas où la nécessité de purger est jointe avec des affections qui semblent présenter une véritable contre-indication à l’emploi des cathartiques. C’est ainsi que, dans les maladies des femmes enceintes et des enfans, dans les fièvres inflammatoires, les affections de poitrine, les douleurs rhumatismales et goutteuses, on prescrit la casse avec succès, comme laxative. |
Les Égyptiens emploient dans les maladies des reins et de la vessie la pulpe de casse mêlée avec du sucre candi et de la réglisse. Mésué, Mattioli, Fallope, Monardès , jugent pareillement cette substance amie des voies urinaires ; et si des hommes distingués , tels que Pi-
gray, Fabrice de Hilden et Baillou , ont adopté une opinion contraire, il est facile de s’apercevoir qu'ils ont été aveuglés par le préjugé, ou qu'ils n’ont point prononcé d'après leur expérience. La même diversité de sentiment règne sur la couleur, tantôt verte, tantôt brune ou noire , que l'Arabe Avicenne, l’illustre Boerhaave, Loœsecke et Lewis attribuent à l’urine de ceux qui font usage de la casse : ce phénomène n’a jamais été observé par Sommer, Gmelin, Bergius, ni Gilibert.
Les personnes dont le ventre est paresseux, la digestion pénible, se sont quelquefois assez bien trouvées d’une petite quantité de casse prise avant le repas. Ce moyen, recommandé par Hermann :, Spielmann?, Élie Col de Villars 5, a droit aux plus magnifiques éloges, s'il a réellement calmé les souffrances et agrandi la carrière de l’homme qui brille au premier rang dans les fastes de la république littéraire #.
Une à deux onces de casse avalées en guise de confiture, ou dissoutes dans l’eau, purgent très-légèrement; aussi a-t-on coutume d'y joindre deux à trois gros de sulfate de magnésie ou de soude.
L’extrait de casse est communément préparé dans des vases de cuivre, où il contracte des propriétés extrêmement délétères. La pulpe de casse est parfois appliquée sous forme de topique; elle fait
1 Cynosura materiæ medicæ, page 352.
? Institutiones mat. med.; 178h, page 621.
ÿ An alvo pigræ cassia ante cibum ? affirm. Quæst. med. inaug. præs. Nic. Bailly ; im-4° Parisüs, 1712.
4 La casse prolongea les vieux jours de Voltaire. (Derrree.)
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la base d’un électuaire qui en retient le nom; elle entre dans certains clystères et dans divers médicamens composés, tels que le catholicum double, l'électuaire lénitif de Fiorenzola, la confection Hamech, la marmelade de Tronchin.
EXPLICATION DE LA PLANCHE. ( Za grappe de fleur est réduite. à la moitié de sa grandeur naturelle.) mate Feuille composée, entière, au trait, réduite à la moitié de sa grandeur naturelle. — 2. Étamine grossie. — 3. Fruit ou silique réduit au tiers de sa grandeur naturelle, dont on a enlevé nne partie d’un des battans, afin de faire voir les graines et les cloi -
sons transversales. — 4. Graine de grosseur naturelle.
7 uno in P. Lambert F velo.