‹ Flore médicale (volume 2)Chapitre 56 sur 73 · ANA À CU · texte numérisé non relu

ANA À CU

CATAIRE.

MENTHA CATARIA , vulgaris et major; Bauhin, TlivaË, lib. 6, sect. 5. CATARIA MAJOR, vulgaris ; Tournefort, clas. 4, labiées.

Latin... 0 NEPETA CATARIA, floribus spicatis, werticillis subpedicellatis, foliis petiolatis, cordatis, dentato-serratis ; Linné, clas. 14, didynamie gymnospermie; — Jussieu, clas. 8, ord. 6, labiées.

ftolienis VINS. GATTARIA ; ERBA GATTA; NEPITELLA.

Espagnol... ...... YERBA GATERA.

Français... ...... GATAIRE; CHATAIRE; HERBE AU CHAT.

PAT UT NE Doole CATMINT; NEP.

Allemand. . ...... KATZENKRAUT ; KATZENMUENZE.

Hollandais. . . .. .. KATTE-KRUID; Nir.

SuUELOIS 2." KATTMYNTA.

ON trouve communément cette plante vivace sur le bord des chemins et le long des haies. à

La racine, ligneuse, se divise en nombreuses ramifications. — La tige, quadrangulaire, branchue, pubescente, acquiert deux à trois pieds de hauteur. — Les feuilles sont opposées , pétiolées, cordiformes, dentées en scie, vertes supérieurement, blanchätres en dessous. — Les fleurs, portées sur de courts pédoncules, sont disposées en verticilles qui, accompagnés de petites bractées sétacées, forment , par leur réunion, des épis au sommet de la tige et des rameaux. Chaque fleur présente un calice monophylle, quinquédenté, tubulé ; une corolle, tantôt blanchâtre, tantôt purpurine, monopétale, labiée, à tube cylindrique courbé, et à limbe composé d’une lèvre supérieure échancrée, tandis que l’inférieure a trois divisions, dont la moyenne est grande, concave, arrondie, crénelée, et les deux latérales figurent des ailes; quatre étamines didynames, rapprochées; un ovaire supérieur, partagé en quatre lobes, du centre desquels s'élève un style filiforme, terminé par un stigmate bifide. — Le fruit consiste en quatre graines nues, ovoïdes, situées au fond du calice, qui leur sert d’enveloppe.

Comme la plupart des autres labiées, la cataire est amère, piquan te, aromatique. L’odeur qu’elle exhale est un peu moins suave

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CATAIRE.

que celle de la menthe, dont, au reste, elle se rapproche beaucoup. Aucune plante ne justifie mieux sa dénomination. En effet, les chats la recherchent avec un empressement, une passion qui tient de la fureur ; ils se précipitent et se vautrent dessus, l’embrassent de mille manières, la mordent, la dévorent, en faisant les plus singulières gesticulations ; ils semblent vouloir se bien imprégner de son parfum, qui, dit-on, est pour eux très-aphrodisiaque ; ils larrosent de leur urine : aussi, pour éloigner les rats des ruches à miel, il suffit d'y suspendre un paquet de cataire. Ce qu'il y a de fort surprenant, c’est que les chats, si prodigieusement avides de la cataire transplantée, ne touchent point à celle qu’on a laissée en place. L'illustre Jean Ray a plusieurs fois vérifié ce phénomène, consacré par un proverbe anglais *.

Il est impossible qu'une plante dont l'influence sur l’économie animale se prononce avec tant d'énergie, ne possède pas des qualités médicamenteuses. Divers thérapeutistes se plaignent de la voir injustement négligée?. Elle paraît convenir surtout dans les affections qui ont leur principale source dans l'utérus. Ses vertus contre la chlorose, lhystérie, l’aménorrhée, sont établies sur de bonnes observations faites par Hermann , Bæcler ÿ, Gilibert#. On l’administre en infusion aqueuse ou vineuse, en fumigations, en fomentations, en pédiluves, en demi-bains, en injections, en lavemens. Gaspard Hoffmann vante la propriété antipsorique de la décoction, et Tabernamontanus dit que si on la fait bouillir dans l’hydromel, cette boisson calme parfaitement les toux opiniâtres, et guérit l’'ictère.

* If you set it, the cats will eat it; If you sow it, the cats can't know it.

Bodard, Cours de botan. méd. comp. ; 1810 , tome 11, page 88. Linné, Mat. med.; 1792, page 146, n° 371.

5 Cynosura mat. med., tome 1, page 470.

4 Démonstrations élém. de botan. ; 1796 ; tome 11, page 79.

EXPLICATION DE LA PLANCHE. (La figure que nous donnons est l'individu male, réduit au tiers de sa grandeur naturelle.) — 1. Fleur entière grossie. — 2. Corolle, étamines et style vus de face. — 3. Pistil composé d’un ovaire, quadrilobé, du centre duquel s'élève un style bifide. — 4. Calice ouvert, poilu à son orifice, au fond duquel on remarque que, sur quatre graines, presque toujours trois avorient. — 5, Graine grossie.

T'urpini 77 Lanibert I we 0 :

} CEHNTAUREE ,

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CVT.

CENTAURÉE

(BRAS ORNE Ne, MIE HEVTAUPIGV ; HEVTAUPIOV TO (Lex. CENTAURIUM MAJUS, fo/io ir lacinias plures diviso; Bauhm, Tivaë, lib. 9, sect. 4; — Tournefort, clas, 12, flosculeuses.

Loti eee GENTAUREA CENTAURIUM, calycibus inermibus, squamis ovatis, foliis pinnatis, foliolis decurrentibus , serratis ; Linné, clas. 19, syngénésie polygamie frustranée ; — Jussieu, clas. ro, ord. 2, cynarocéphales.

Thaten NN MENREUES CENTAUREA.

Espanol tete CENTAUREA.

Francais RNA CENTAURÉE ; GRANDE CENTAURÉE.

AR EUAES ANNE IAE CENTAURY.

Allemand... ...... GROSSTAUSENDGUELDENKRAUT.

Hollandars EEE GENTAURIE ; SANTORIE.

CETTE plante, vivace et d’un beau port, croît sur les montagnes’ élevées de l'Espagne et de l'Italie.

La racine est volumineuse , longue d'environ trois pieds, succulente, brune à l'extérieur, rougeâtre en dedans. — Les tiges, rameuses, cylindriques, s'élèvent à la hauteur de quatre ou cinq pieds. — Les feuilles, alternes, sont amples, ailées avec impaire, vertes, glabres, à folioles oblongues, dentées, un peu décurrentes sur leur pétiole commun. — L’extrémité de chaque rameau porte une fleur grosse, globuleuse, pourprée, qui présente un calice commun , sphéroïde, composé d’écailles lisses, ovales, convexes et entières; une corolle flosculeuse, formée de nombreux fleurons tubulés quinquéfides, dont ceux du centre sont tous hermaphrodites, tandis que ceux de la circonférence sont stériles : le réceptacle qui soutient ces fleurons est tapissé de soies. — Le fruit consiste en plusieurs graines ovoiïdes, lisses , couronnées d’une aigrette sessile , et environnées par le calice commun.

Si notre grande centaurée est la centaurée des anciens , dont Pline a tracé une description qui n'est ni sans intérêt n1 sans une certaine exactitude”, il faut convenir que nos aïeux étaient beaucoup plus

? Historiarum mundi Wb. xxv, cap. 6.

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CENTAURÉE

crédules que nous, car ils attribuaient à la racine de cette plante des propriétés vulnéraires et fébrifuges très-énergiques; ils l'avaient même décorée du titre qu’elle porte, parce que le centaure Chiron s’en servit pour se guérir d’une blessure qu'il s'était faite au pied avec une flèche d’'Hercule *. Peu séduits par cette cure brillante, les médecins ont singulièrement négligé la centaurée : c'est pour ainsi dire à regret que certains pharmacologistes consentent à la citer. Craton l’administrait dans les obstructions viscérales; Camérarius, dans les affections cachectiques ; elle est un des ingrédiens de la poudre antarthritique du prince de la Mirandole. La plupart des thérapeutistes modernes n’en font aucun usage; elle mérite pourtant, selon MM. Roques et Biett, d'obtenir une place parmi les amers indigènes. On peut l’employer pour exciter la membrane muqueuse de l'estomac et des intestins : elle se donne en poudre, à la dose d’un gros; on en fait bouillir une once dans une livre d’eau, ou bien infuser la même quantité dans le vin. Le suc exprimé de Ja racine fraîche forme, avec la cassonnade, un sirop dont Bœcler prescrivait deux ou trois onces dans les maladies catarrhales?.

Diverses autres espèces de centaurée jouissent d’une réputation plus étendue et mieux méritée que la grande.

1°. La centaurée des blés, centaurea cyanus, L., porte encore plusieurs autres dénominations que rappellent sa couleur, son séjour ordinaire, ou ses prétendues propriétés : c’est ainsi qu’on lappelle bluet, ou mieux bleuet , barbeau, aubifoin, casse-lunette. Abondamnent répandu au milieu de nos moissons, le bleuet offre le plus agréable coup d'œil; on en tresse de jolies couronnes, de charmantes guirlandes : mais il ne figure plus dans nos pharmacopées. Linné le rejette comme infidèle et superflu ; toutefois, certains empiriques ne connaissent point de remède plus souverain pour éclaircir la vue que l’eau de casse-lunette.

29, La centaurée lanugineuse, ou bénite, centaurea benedicta , L., plus connue sous le nom de chardon bénit, se distingue facilement

1 Puisque les Grecs ont mentionné la centaurée, 1l faut rejeter l’étymologie latine qu’on lui a parfois supposée, de centum et aurum, étymologie que semble rappeler le mot allemand tausendgueldenkraut, et à laquelle fait allusion Ledel, en parlant de la petite centaurée : centaurlum minus, auro tamen majus.

2 Cynosura mat. med. contin.; 1729, page 35.

CENTAURÉE

des autres espèces par les larges bractées qui environnent ses fleurs. La racine, blanche et rameuse, pousse plusieurs tiges rougeûtres, velues, qui s'élèvent jusqu'à la hauteur de deux pieds. Les feuilles sont oblongues, dentées, tomenteuses, d’un vert clair; les inferieures sont sinuées, découpées ; les unes et les autres ont leurs dents terminées par des épines faibles. Les fleurs, terminales, jaunes, sont enveloppées par un calice lanugineux, arme d’épines jaunûtres.

Très-commun dans les belles contrées de l'Espagne, de l'Italie et les départemens méridionaux de la France, le charbon bénit croît et prospère dans nos jardins; on l’y cultive pour l'usage médicinal. En effet, toute la plante, douée d’une amertume bien prononcée, exerce sur l’estomac et le tube intestinal üne action tonique qui se propage dans tous les points de l’économie. Lewis, Linné, Gilibert, en ont constaté les bons effets dans l’anorexie, la dispepsie, lictère, les fièvres intermittentes atoniques; mais il faut bien se garder d'adopter aveuglément les éloges fastueux prodigués à cette centaurée par Jean Bauhin, par Lange, et surtout par George Christophe Petri Van Hartenfels', et George Christophe Otto?, qui la regardent comme tempérante, alexitère, alexipharmaque, anticancéreuse.

3°. La centaurée étoilée, chardon étoilé, ou chausse-trappe, certaurea calcitrapa, L., doit ses dénominations à ses épines calicinales blanches, ouvertes, disposées en étoile avant l'épanouissement des fleurs, et dont la couleur tranche assez agréablement sur Île fond vert de la plante.

Mentionnéé dans les livres saints, la chausse-trappe était employée par les Juifs pour assaisonner l'agneau pascal, et les Arabes s’en servent encore pour le même objet. Ils mangent les jeunes et tendres pousses aux mois de février et de mars.

Des médecins illustres, parmi lesquels je distingue Jean Baubin, Tournefort, Seguier, Linné, Gilibert, ont reconnu des qualités diurétiques et fébrifuges dans la racine, les feuilles, les fleurs, les

‘ Asylum languentium , seu carduus sanctus, vulgo benedictus, medicina patrumfamilias polychresta , verusque pauperum thesaurus ; ad norma et formam 4Academiæ naturæ curiosorum elaboratus ; in-8°. lenæ , 1609.

> De Carduo benedicto, Diss.inaug. præs. G.H. Behr; in-8°. 4rgentorati, 1738.

CENTAURÉE

graines de la chausse-trappe'. Ces dernières exercent surtout une action très-marquée sur l'appareil urinaire.

La petite centaurée, beaucoup plus estimée que la grande, n’appartient point au même genre : elle est une espèce de gentiane ; et c’est en traçant l’histoire de celle-ci que je ferai mention de celle-là.

? Buchoz a publié une Dissertation pour célébrer la vertu spécifique de la chausse-trappe dans les fièvres intermittentes. Or, chacun sait le degré de confiance que mérite le jugement de cet ignare compilateur.

EXPLICATION DE LA PLANCHE. ( La plante est de grandeur naturelle.) — x. Fleuron stérile. — 2. Fleuron hermaphrodite ayant à la base de son ovaire quelques-unes des soies qui tapissent le réceptacle. — 3. Fruit de grosseur naturelle, couronné de son aigrette.

Zion 77; Lamberl TE ncrcée.

CHNUENN ONDIÉE

Fr ANCIC

CVIT.

CENTINODE.

{roLyYGoNUM LATrroLtuM; Bauhin, I4væË , Lib. 7, sect. 5; Tournefort, clas. 15, apetales.

eee ECO OL POLYGONUM AVICULARE , f/oribus octandris, trigynis, avillaribus, foliis lanceolatis, caule procumbente herbaceo ; Linné, clas. 8, octandrie trigynie ; — Jussieu, clas. 6, ord. 5, polyzonées.

TIGER EN ERE CENTINODIA ; SANGUINARIA; CORREGGIUOLA.

Espagnol... ...... SANGUINARIA MAYOR.

ÉTANCOES MEN EC CENTINODE; RENOUÉE; TRAINASSE.

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