‹ Flore médicale (volume 3)Chapitre 11 sur 97 · DES CS TOM ST. HANS URT; JORDHUMLE · texte numérisé non relu

DES CS TOM ST. HANS URT; JORDHUMLE

Suédois. 6 1: bi. JOHANNISOERT,

Polonais. . ; .-1 M ” . DZIURAWIEC.

7 Atari rs SWEROBOI.

Finlandais... ..... WERDU HEINO.

CETTE plante doit son nom vulgaire de millepertuis à un des caractères de ses feuilles parsemées de points transparens, ou plutôt de vésicules remplies d’une huile essentielle très-limpide, caractère commun à plusieurs autres plantes d’un genre très-différent. Celuici se distingue par un calice à cinq divisions; cinq pétales ; des étamines nombreuses, réunies en trois ou cinq faisceaux ; un ovaire supérieur à trois ou cinq styles; une capsule à trois loges polyspermes, s’ouvrant en autant de valves. — Ses racines sont dures, ligneuses , divisées en plusieurs rameaux, d’un brun jaunâtre; elles produisent plusieurs tiges droites , fermes, très-rameuses, glabres, hautes de deux ou trois pieds, cylindriques, mais garnies à chaque entre-nœud de deux angles opposés, produits par la nervure moyenne de chaque feuille. — Les feuilles sont petites, sessiles, opposées, longues de six à neuf lignes, larges de deux à quatre, ovales-oblongues , un peu obtuses, vertes, glabres, entières.

Les fleurs sont jaunes , d’une médiocre grandeur, pédicellées, dis-

62° Livraison, J

MILLEPERTUIS

posées en bouquets ou en cimes terminales sur des pédoncules dichotomes, accompagnées de bractées. Les découpures du calice ovales-lancéolées , aiguës ; les pétales bordés de petits corps glanduleux ; l'ovaire chargé de trois styles; les capsules trigones , à trois loges ; les semences oblongues, cylindriques , finement chagrinées.

Cette plante est très-commune aux lieux incultes, dans les bois, le long des haies. |

L'odeur balsamique de cette plante est beaucoup plus prononcée dans les fleurs et dans les feuilles, surtout quand on les écrase, que dans les autres parties. Sa saveur est amère, légèrement styptique , un peu salée. Elle contient beaucoup d’huile volatile qui ressemble à celle de térébenthine. « Les points transparens de ses feuilles, que l’on prend maladroitement pour des trous, selon la judicieuse remarque de Geoffroy, les points noirs que l’on découvre sur les bords de ses pétales, et les tubercules qui sont situés à la surface de ses fruits, sont autant de petites vésicules remplies de cette huile essentielle. » À l’exemple de la plupart des plantes de la même famille, elle renferme en outre un suc gommo-résineux, visqueux, Un peu amer, qui paraît être la principale source de ses propriétés médicinales.

Les anciens auteurs de matière médicale, servilement copiés par la plupart des modernes, ont attribué à cette plante les vertus détersive, résolutive, vulnéraire, anthelmintique, diurétique, emménagogue, qui ne sont jamais que relatives à l’état des organes, et qui toutes sont le résultat de l’action tonique que cette plante exerce sur l’économie animale. En vertu de cette propriété, on a préconisé, dans les termes les plus pompeux, ses effets salutaires contre une foule de maladies. Ainsi, après lui avoir prodigué de vains éloges dans l’hystérie, la mélancolie, l’hypocondrie et Ja manie, on à poussé l'enthousiasme jusqu’à lui accorder la merveilleuse propriété de chasser les démons du corps des possédés, comme l’imdique le nom de fuga dæmonum , qui lui a été imposé dans des temps d’ignorance et de barbarie. Si l’on en croit Ettmuller, le millepertuis serait un diurétique sans pareil, et le simple usage desa décoction ou de son extraitsuffirait pour guérir radicalement , ou pour prévenir à jamais l’ischurie, l’hématurie, la néphrite, et la formation des calculs de la vessie. Certains auteurs ont vanté son efficacité contre l’hémoptysie, d’autres l’ont décorée de la précieuse faculté

MILLEPERTUIS

de dissoudre le sang épanché et grumelé dans l’intérieur des organes, de déterger et de cicatriser, avec une admirable facilité, les ulcères des reins, de la vessie, des intestins, des poumons et autres viscères. On a porté l'extravagance jusqu’à lui attribuer l’héroïque vertu de guérir, comme par enchantement , une des maladies les plus rebelles et les plus redoutables de lespèce humaine, la terrible phthisie pulmonaire, qui repousse, comme on sait, dans la plupart des cas, l’usage de tous les excitans. De semblables assertions, bien plus dignes du sourire de la pitié que d’une discussion en forme, doivent être à jamais reléguées au rang des fables; mais il n’en est pas de même de quelques effets secondaires, qu’on a attribués avec beaucoup plus de raison à cette plante excitante. Ainsi il paraît qu'on s’en est servi quelquefois avec avantage dans l’aménorrhée pour ramener l’écoulement des règles, et qu’on l’a employée dans certains cas pour favoriser l’accouchement. L’on conçoit, en effet, qu’elle a pu être utile dans ces circonstances, lorsque les femmes étaient faibles, d’un tempérament lymphatique, et l’utérus dans un état d’inertie. Enfin lPanalogie qui existe entre l’huile de térébenthine et l'huile volatile d’Aypericum , semble donner beaucoup de probabilité aux avantages qu’on assure avoir obtenus de l’emploi de cette plante contre les vers, et il est bien présumable que son huile volatile en aurait de bien plus grands.

C’est toutefois comme vulnéraire que le millepertuis a joui d’une grande réputation. C’est sous ce rapport aussi qu'on l’emploie presque exclusivement, à l’extérieur , sous forme de liniment , de baume, d’onguent , d'emplâtre, de décoction, etc. , pour résoudre les épanchemens, suite des contusions, faire disparaître les ecchymoses , déterger les ulcères atoniques et les plaies baveuses , réunir, cicatriser et consolider les blessures. Une foule de noms célèbres, tels que ceux de Théophraste, Matthiole, Paracelse, Fallope, Scopoli, Pauli, Camerarius, Sala, Locher, Geoffroy, pourraient même être cités à l'appui des prétendues vertus vulnéraires de cette plante, évidemment exagérées. Le célèbre Baglivi lui-même a bien eu la faiblesse de croire qu'elle avait le pouvoir de guérir la pleurésie chronique. Mais si, dans l’état actuel de la science , il n’est pas permis d’admettre ce merveilleux effet , on peut croire que ce végétal ou ses diverses préparations ont pu être employés avec avantage, à l'extérieur ,

MILLEPERTUIS

contre les rhumatismes chroniques qui cèdent souvent, comme on sait, aux topiques excitans. |

Quoique le millepertuis soit presque entièrement tombé en désuétude, on pourrait l’employer , en infusion , de quatre à huit grammes, et en substance à la moitié de cette dose. Son essence qu'on trouve encore chez quelques apothicaires, se donne à la dose de quatre grammes (un gros), son extrait résineux à celle de huit grammes (deux gros), et sa teinture alcoolique à douze décigrammes (un scrupule). Son huile volatile est rarement employée: il ne faudrait d’abord l’administrer qu’à la dose de quelques gouttes. L'huile d’Aypericum, si mal-à-propos vantée contre les plaies, se prépare par la simple infusion des fleurs de cette plante dans l'huile d’olives jusqu'à ce que celle-ci acquière une couleur rouge. On l’emploie en onctions à la dose de seize à trente-deux grammes (demi à une once). Le millepertuis fait partie d’une foule de préparations officinales entièrement discréditées. Les principales sont : le sirop antinéphrétique, apéritif et cachectique de Charas; le sirop de Quercetan ( Duchesne) et celui d’armoise; la poudre de Palmarius (Paulmier) contre la rage; la thériaque d’Andromaque, le mithridate, le mondificatif d’ache; les huiles d’Lypericum et de scorpion composées ; l’onguent martiatum de Charas, l’eau vulnéraire de Penicher, le baume magique, et autres produits monstrueux du charlatanisme, de l'ignorance et de la crédulité la plus aveugle.

Cette plante est en usage dans la teinture pour obtenir des couleurs rouge et jaune , que l’on fixe à l’aide de plusieurs mordans sur le fil, la laine, la soie, et les tissus qu’on en prépare.

eysEL (s.-P.), Dissertatio de fuga dæmonum ; in-4,°. Erfordæ » 1714. WEDEL (1.-Ww.), De hyperico, alias fuga dæmonum ; Ienæ, 1716. £INNÉ (carolus), Dissertatio de hyperico ; in-4°. Upsalæ, 1776.

EXPLICATION DE LA PLANCHE. (La plante est de grandeur naturelle.) — x. Bout de tige grossie. — 2. Calice, pistil et étamines. — 3. Étamine grossie. — 4. Fruit. — 5. Le même, coupé horizontalement. — 6. Graine grossie.

Fe]

ÿ4 “pin P. .

MORELLE

MORELLE

Re Le: de suyvos, Dioscorides.

SOLANUM ‘ OFFICINARUM; Bauhin, IuvaË , hib. 5, sect. r. SOLANUM OFFICINARUM, acinis nigricantibus; Tournefort, cl. 2 , sect, 7, POUR. Le SE M SOLANUM NIGRUM, caule inermi herbaceo, foliis ovatis dentato-angulatis, racemis distichis nutantibus ; Linné, pentandrie monogynie ; — Jussieu, clas. 8, ord. 7, famille des solanées.

- . - . - MORELLA

Espagnol. ....... HIERBA MORA.

Portugais. . ... ... HERVA MOURA.

Promesse... . . . . .. MORELLE? ; MORETTE, ARSESS NS INAID] € BLACK NIGHTSHADE.

Allemand. ....... SCHWARZER NACHTSCHATTEN, Hollandais. . ..... SWARTE NAGTSCHADE.

Page 1