à NATSKYGGE ; SVINEURT
Suédois. ....... . HANSLETGRÆS.
Polonais. . . . .... PSINKI ZELE, & 2... ENABEDDIB,
J'Ar exposé le caractère du genre morelle (solanum) à l’article DOUCE-AMÈRE, qui en fait partie.
L'espèce dont il est ici question, est une des plus communes : on la rencontre partout dans les champs, les lieux incultes, sur le bord des chemins; elle se plaît de préférence dans les lieux cultivés. — Sa tige est anguleuse, glabre, haute d’un pied et demi, herbacée, divisée en rameaux allongés, très-étalés, garnis de feuilles quelquefois solitaires, plus souvent géminées, pétiolées, alternes, vertes, molles, ovales, aiguës, un peu dentées ou anguleuses à leurs bords. —
* De so/ari, consoler, calmer, à cause de sa vertu calmante. Le nom que porte cette plante en allemand , en anglais, en hollandais et en danois, signifie ombre de nuit; ce qui indique une propriété somnifere.
2 Ainsi nommée à cause de son fruit noir, Le radical celtique r720r se retrouve dans le morus des Latins, dans le moro des Espagnols et des Portugais, dans le morh des Allemands, dans le r#00r des Anglais, et dans le maure des Français, qui ont aussi Moreau, Morel, Morin, etc. , etc.
92° Livraison. 4.
MORELLE
Les fleurs sont latérales, disposées en petites ombelles simples et pendantes. Leur calice est divisé en cinq découpures droites, ovales, aiguës, persistantes; la corolle blanche, assez petite, ouverte, à cinq segmens aigus, souvent rabattus en dehors; les étamines de la longueur du style. — Le fruit est une petite baie noire, luisante, sphérique , de la grosseur d’un grain de cassis. à
Il existe de cette plante plusieurs variétés dont quelques auteurs ont fait autant d'espèces, les unes à feuilles pubescentes, d’autres à fruits jaunâtres.
La morelle exhale une odeur légèrement fétide, comme narcotique , et offre une saveur fade et herbacée. Les chimistes ne se sont pas spécialement occupés de son analyse. Il serait cependant trèscurieux de rechercher jusqu’à quel point ses matériaux immédiats se rapprochent ou diffèrent de ceux des autres solanées, et de savoir surtout si ses propriétés actives sont dues à la présence de la matière amère, nauséabonde, soluble dans l'alcool et fournissant de l’'ammoniaque par sa décomposition au feu, que M. Vauquelin a particulièrement rencontrée dans la belladone.
Quoique la morelle ait été placée par les anciens botanistes dans la classe des plantes oléracées, il paraît hors de doute qu’elle possède une propriété narcotique , source des vertus sédatives, anodines, parégoriques, hypnotiques,, repercussives, qu’on s'accorde généralement à lui accorder. Des observations multipliées semblent prouver , en effet, qu’à petite dose elle a été intérieurement administrée avec succès pour amortir ou faire cesser la sensation de la douleur dans la cardialgie, les tranchées, et dans une foule d’affections locales plus ou moins douloureuses, comme les brülures profondes ou très-étendues , les dartres rongeantes, la gale invétérée. C’est en opérant ayssi une action sédative sur l'appareil urinaire, en proie à une irritation quelconque, qu'elle a dans quelques cas provoqué la sécrétion de l'urine, et fait cesser l’ischurie, la strangurie et des douleurs néphrétiques. C’est en agissant de la même manière, soit sur l'appareil exhälant cutané , soit sur les organes sous l'influence sympathique desquels la peau se trouve placée, qu’elle a paru, dans certaines circonstances, favoriser ou provoquer la transpiration insensible.
Toutefois, on n’administre en quelque sorte cette solanée qu'à
MORELLE
l'extérieur. Comme calmante ou sédative, on l’applique, soit en fomentations , soit en bains, soit en cataplasmes, sur les furoncles, les panaris , les phlegmons très-douloureux ; on en fait un fréquent usage dans le pansement des chancres vénériens, des cancers, et des ulcérations des mamelles accompagnées de douleurs. M. Alibert a surtout retiré de très-grands avantages de l’application de cette plante sur Îles dartres vives et rongeantes. On l’applique avec non moins de succès sur les brülures et sur les hémorrhoïdes, pour calmer l’excessive douleur qui les accompagne, et sur les parties contuses , pour prévenir la douleur et l’inflammation.
Une foule de faits rapportés par des auteurs recommandables, semble prouver cependant que la morelle est douée d’une action trèsdélétère, et réclame par conséquent ‘beaucoup de circonspection sur son administration intérieure. Boccone a reconnu que ses haïes ont donné la mort à des poules. Wepfer parle de trois enfans chez qui les fruits de cette solanée ont occasioné le délire, la cardialgie, et la distorsion des membres. Un état de torpeur, le coma, et une violente douleur épigastrique avec fièvre, ont été observés par M. Alibert chez un enfant de huit ans qui avait avalé des mêmes fruits. On trouve dans Bucker l’histoire de l'empoisonnement d’une mère et de ses quatre enfans, par cette plante entière imprudemment mangée dans un repas. Il est désespérant pour ceux qui recherchent la vérité, d’avoir à opposer à ces faits, en apparence très-authentiques , des observations et des expériences non moins positives, qui tendent à représenter la morelle comme dépouillée de toute espèce de qualités narcotiques et délétères. Ainsi Spielmann a avalé en infusion quinze grains de cette plante sèche, sans en éprouver aucun effet ; il a vu donner à un épileptique jusqu’à deux gros de son extrait, sans qu'il en soit résulté le moindre phénomène sensible. M. Dunal a fait avaler à des chiens, à des cabiais et à des coqs, depuis trente jusqu'a cent baies de so/anum nmigrum, sans que ces animaux en aient éprouvé la moindre incommodité ; il en a mangé luimême à plusieurs reprises de grandes quantités , et jamais il n’en a éprouvé le plus léger inconvénient. Toutefois, les dernières expériences de M. Orfila, d’après lesquelles l'extrait de morelle, donné à des chiens à la dose de six à huit gros, a fait périr ces animaux au bout de quarante-huit heures , concourent, avec les phénomènes pa-
MORELLE
thologiques que nous avons indiqués plus haut, à prouver que cette plante recèle bien évidemment un principe vénéneux , qui, lorsqu'il est pris en assez grande quantité, détruit manifestement la sensibilité et la contractilité. IL serait curieux de déterminer , par des expériences comparatives, si l’âge de la plante, et le sol sur lequel elle vésète, n'influent pas sur la nature de ses propriétés; et si ses baies sont inertes ou vénéneuses, selon l’époque plus ou moins avancée de leur maturité.
En substance, on peut administrer la morelle sèche et pulvérisée : on commence par cinq ou dix centigrammes ( un ou deux grains), et on en augmente successivement la dose. On peut également l’administrer en infusion à la quantité de soixante-quatre grammes sur un kilogramme d’eau. Son suc, exprimé et purifié, se donne depuis trente-deux jusqu’à cent vingt-huit grammes, et son extrait à la dose de deux ou quatre grammes. La quantité dont on fait usage dans les applications locales, varie selon l’intensité du mal et l’étendue de la partie affectée. On l'emploie alors en décoction, en bains, en cataplasmes.
A l’exemple des anciens, qui avaient placé la morelle au rang des plantes culinaires , et qui s’en servaient comme aliment, les Indiens la mangent diversement préparée, à la manière des plantes potagères. Dans certaines contrées de la France, on mange également ses jeunes pousses , soit en salade, soit en marinade.
EXPLICATION DE LA PLANCHE. (La plante est de grandeur naturelle.) — x. Fruits
mürs, — 2. Calice et pistil. — 3. Corolle ouverte, afin de faire voir l'insertion des cinq étamines. — 4. Étamine grossie , à loges perforées au sommet. — 5. Fruit coupé horizontalement, grossi. — 6. Graine de grosseur naturelle. — 7. La mème, grossie.
Observation. Cette plante, très-commune à Saint-Domingue, se nomme , en créole, /aman ; on y fait, avec les feuilles, d’excellent calalou (manière d’épinards), dont j'ai souvent mangé avec plaisir, sans jamais m’en être senti incommodé. Plusieurs créoles de ma connaissance , habitant Paris, reconnaissant dans notre morelle noire le laman de leur pays, en font usage; invité par l’un d’eux à en manger, je l’ai fait, mais non sans quelque répugnance. |
FA FA ai +.
> SE En ET rs
Lure RP Lanbere TE Jetlo!
Ci #
MOUSSE DE CORSE « 70