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MOUSSE DE CORSE
FUCUS HELMINTHOCORTON, fronde filiformi ramosa cespitosa cornea,
FFT EL MR ramis acutis, ad apicem subarticulatis, Latourette. — Linné, cryptogamie, ordre des algues ; — Jussieu, cl. 1, ord. 2, famille des algues.
ali 5. use CORELLINA.
Espagnol... ...... CORALINA. s
POTIDEUES. . .- de. . CORALINA.
Heis 2 2/12 7 Si MOUSSE DE CORSE; MOUSSE DE MER; CORALLINE.
Anglais. nas Le: SEA-WBECK.
MMEmend. . . . Y- .. MEERMOOS ; WURMMOOS.
Hollandais. . . . ... ZEE-MOS. LP
| SOEMUSS.
IL n’est point de nom plus mal employé que celui-ci, appliqué à une plante qui n’a aucune sorte de rapport avec les mousses , si ce n’est par la finesse de ses ramifications. Elle appartient à l’immense famille des plantes marines. Linné l’a placée parmi les fucus (varecs); d’autres en ont fait une conferve, un ceramium. M. Lamouroux, dans son intéressant Mémoire sur les plantes marines qu’il nomme thalassiophytes, la rapporte à son genre gigartina. Elle croît en touffes très-serrées sur les bords de la Méditerranée, principalement à l’île de Corse. On la confond aisément dans le commerce avec beaucoup d’autres espèces, et même avec des corallines parmi lesquelles elle se trouve mélangée, et difficile à distinguer lorsqu'on n'a point une connaissance parfaite de ses caractères.
. Elle a pour base une petite callosité épaisse et dure. Il s'en élève plusieurs tiges grêles, cylindriques , presque capillaires , longues d’un à deux pouces au plus, entremêlées les unes dans les autres, d’une consistance cornée, d’un jaune pâle, quelquefois d’un gris rougeätre ou un peu violet : elles se divisent en trois ou quatre rameaux redressés, simples, alternes, presque sétacés ; quelquefois aussi elles se ramifient en une dichotomie irrégulière, finement aiguë au sommet, On a cru y distinguer avec la loupe, vers le sommet des bran-
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ches, quelques articulations peu sensibles, semblables à celles des *
conferves. Roth affirme que sa fructification consiste dans de petits
tubercules sessiles, latéraux, hémisphériques. J'ai examiné un grand ge . ; . . nn * .
nombre d'individus de cette plante; j'avoue que je n'ai jamais pu y
découvrir ni articulations, ni fructification, dont cependant je ne
veux pas nier l'existence.
Cette plante exhale une odeur de marine désagréable, et offre une saveur salée. On ne sait pas encore si, à l'exemple de la plupart des varecs, elle renferme de liode et des alcalis : mais d’après les recherches chimiques de M. Bouvier, il est évident qu'elle contient plusieurs sels à base de soude, de chaux et de magnésie, et notamment des carbonates, des sulfates et des chlorates. Ce qui caractérise surtout ce fucus, c’est une grande quantité de mucilage gélatineux soluble dans l’eau; de manière que sa décoction aqueuse, convenablement évaporée, fournit une gelée fauve, qui a toutes les qualités physiques, et jouit de toutes les propriétés de la mousse de Corse elle-même.
Toutefois, la substance qui est répandue dans le commerce, et que l’on conserve dans les officines sous les noms de mousse de Corse , mousse de mer, est loin de présenter le fucus helminthocorton dans l’état de pureté. M. Decandolle a fait voir qu’elle renferme à peine un tiers de son poids de cette plante, et que le reste est dû à plusieurs espèces de fistulaires , de ceramium, d’ulbva, de coral® lines, etc. , à des débris de coquilles, et à divers autres corps étrangers que les pêcheurs enlèvent avec elle sur les rochers, et dont il est très-difficile de la séparer. On n'a point encore positivement déterminé par l'expérience, si ces différentes espèces de plantes ont des propriétés analogues à celles de la mousse de Corse : mais on serait tenté de croire que les diverses proportions dans lesquelles elles se trouvent mêlées à ce fucus, sont souvent la cause de la différence de ses effets.
Le fucus helminthocorton paraît avoir été employé contre les
vers, depuis un temps immémorial , par les habitans de la Corse.
Lorsque cette île fut réunie à la France en 1775, les officiers de ”
santé de l'hôpital militaire d’Ajaccio, ayant constaté par des expériences directes les vertus anthelmintiques attribuées à ce végétal par les indigènes, firent connaître ce médicament en France, où
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son usage devint bientôt général, et d’où il s’est peu à peu étendu au reste de l'Europe. Diverses observations faites depuis cette époque, soit en France, soit en Allemagne, attestent, en effet, que cette mousse a été employée avec avantage contre les vers intestinaux de diverses espèces. On cite des exemples d’ascarides, et même de ténias expulsés par son moyen. Mais c’est surtout contre les lombrics qu’elle paraït avoir le plus d'efficacité ; on s'accorde même à la regarder, dans ce cas, comme un vermifuge d'autant plus avantageux, qu’on peut l’administrer avec le même succès dans les affections vermineuses simples et dans celles qui sont compliquées de différentes maladies consécutives ou sympathiques. D'ailleurs un excès de dose ne peut avoir aucun danger, et elle n’est point, à beaucoup près, aussi désagréable à prendre que beaucoup d’autres anthelmintiques.
On ladministre en poudre à la dose d’un gramme (dix-huit grains ) aux enfans au dessous de sept ans, et de deux à six grammes (un demi-gros à un gros et demi) à ceux qui ont passé cet âge. Cette poudre peut être donnée en suspension dans de l’eau sucrée , du lait, du vin, ou une émulsion. Les enfans la prennent plus facilement étendue sur du pain avec du beurre, des confitures où du miel. On l’incorpore dans des gâteaux, des biscuits et des dragées, dont l’usage est très-commode pour ces derniers; on l’administre aussi, soit en infusion, soit en décoction, à la dose de seize grammes (une demi-once) dans quatre-vingt-douze grammes (six onces) d’eau. On en fait un sirop en évaporant son infusion jusqu’à consistance convenable, après y avoir ajouté une quantité double de sucre blanc pulvérisé. La gelée de mousse de Corse se prépare en faisant cuire cette plante dans dix ou vingt parties d’eau, jusqu’à réduction au cinquième. Alors on passe la liqueur à travers un linge, on y ajoute une quantité de sucre égale à celle du végétal , et on laisse refroidir. Pour obtenir de cette dernière préparation l'effet désiré, il faut, en général, en continuer l’usage pendant plusieurs jours.
EXPLICATION DE LA PLANCHE. (La plante est de grandeur naturelle.) — 1. Rameau grossi, pour faire voir les nodosités,
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