OGNON
d'irritation, soit locales, soit générales. On en fait souvent usage dans le traitement des catarrhes du poumon, de l’'urètre et de la vessie. On se sert plus particulièrement de la décoction aqueuse, associée au sucre, au miel, au lait, à l’eau de veau, dans les maladies de la poitrine, telles que les toux rebelles, l'asthme, la phthisie. Extérieurement on l’applique, sous forme de cataplasme, sur les tumeurs inflammatoires, pour diminuer la tension douloureuse qui les accompagne et hâter la suppuration. On s’en sert ainsi chaque jour contre les phleomons, les bubons, les furoncles et les panaris; on en fait également usage dans la brûlure au premier degré. |
Lorsque cette racine bulbeuse est dans l’état de crudité, elle a une tout autre manière d'agir, et ne peut plus être employée dans aucune de ces maladies. Si on l’applique alors sur la peau, elle la rougit, et y détermine de la phlogose. Lorsqu'on lingère, son action stimulante se manifeste dans l’intérieur de la bouche, par un picotement âcre dans l'estomac, par un sentiment de chaleur, et, sur la plupart des appareils organiques, par les effets d’une irritation plus ou moins marquée. C’est ainsi que l’ognon augmente l'appétit, qu'il excite la sécrétion de lurine, provoque la transpiration cutanée, active l’exhalation pulmonaire, et qu’il a paru, dans quelques cas, favoriser l'écoulement des règles et porter aux plaisirs de amour. Toutefois, ces effets sont en général très-peu marqués. Aucun fait pathologique ne prouve que l’usage de l’ognon ait jamais opéré la dissolution des calculs urinaires, et tout porte à reléguer au rang des fables les plus absurdes, tout ce qu’on débite sur sa prétendue vertu lithontriptique. Toutefois, 1l possède bien réellement une propriété diurétique en vertu de laquelle il a pu être utile dans certaines rétentions d'urine, contre lesquelles il a été cependant trop préconisé, et contre l’hydropisie, où plusieurs faits prouvent qu'il a été employé avec succès. Lanzoni a vu l’hydropisie ascite disparaître chez des sujets qui ont fait pendant plusieurs mois un grand usage de l’ognon, soit en boisson, soit comme aliment. Murray cite la guérison d’une anasarque due à la simple application de la pulpe crue, soit à l’hypogastre, soit à la plante des pieds. Son usage abondant a été également utile contre le scorbut. Sous le double rapport de ses principes nutritifs et de son ac-
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