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ORTIE
que l’urtication a été recommandée contre les accidens de la repercussion de certaines maladies cutanées et contre les rhumatismes chroniques. On en a spécialement fait usage, et souvent avec un grand succès; dans différentes espèces de paralysies et dans certaines affections comateuses. Cette pratique, déjà connue des anciens, a été particulièrement recommandée par Celse et Arétée, et une foule de faits constatés par les modernes en ont confirmé les avantages. On s’est également servi de lurtication pour favoriser le développement de la sensibilité, et l’abord du sang dans les organes génitaux flétris par l’abus des jouissances : mais des accidens très-graves ont souvent été le résultat de son emploi.
L'ortie, administrée intérieurement, est loin de présenter les avantages que l’on retire de son action irritante à l'extérieur. Les effets qu'on a voulu lui attribuer , dans le premier cas, ne reposent que sur de vaines hypothèses ou sur des opinions erronées; et, à l'exemple de Cullen, de Peyrilhe, d’Alibert et de plusieurs autres, on peut, sans inconvénient, l’exclure de la liste des médicamens. Toutefois, elle a été préconisée contre les hémorrhagies : Amatus Lusitanus, Lazerme, Scopoli, ont particulièrement vanté ses succès contre l’hémoptysie; Peyroux et Lange, contre la ménorrhagie; on a même prétendu que sa vertu antihémorrhagique se transmettait au lait des vaches qui s’en nourrissent. Mais quelle confiance: peut-on accorder au lait des animaux nourris d’ortie, lorsque les propriétés de l’ortie elle-même ne reposent sur aucune observation précise? et cependant l’ancienne renommée de cette plante herbacée est passée des vieilles compilations de matière médicale, dans l'esprit des commères les plus ignorantes, qui l’administrent, à tort et à travers, et non sans danger , aux femmes qui ont des hémorrhagies utérines.
La racine et les semences, en décoction dans le lait, ont été annoncées en Allemagne comme un excellent anthelmintique. T’expérience n’a point encore prononcé sur ce fait.
La substance filamenteuse qu’on retire des tiges de l’ortie préalablement soumise à l'opération du rouissage , fournit un fil qu’on peut employer à toutes sortes d'ouvrages. Les Baskirs, les Kamchadales et autres peuples du Nord en connaissent même dès long-temps l'usage, et l’emploient à la fabrication des cordes, des toiles et des filets dont ils se servent pour la pêche. Cet usage économique de l’or-
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tie paraît même n'avoir pas été inconnu aux anciens, et il serait bien important de ne pas le laisser tomber en désuétude. Quelques essais faits en France ont prouvé qu'on pouvait en Fo de bonne toile; il faudrait les répéter et les multiplier: De même que les autres plantes oléracées, l’ortie jeune et tendre est employée dans nos cuisines comme aliment. Murray observe qu’elle est sans inconvénient, mais qu'en grande quantité elle est laxative; ce qui lui est commun avec la laitue , les épinards et autres végétaux trèsestimés. On l’emploie, dans l’état frais, à la nourriture des vaches, et, après la dessiccation, elle peut être mêlée avec avantage au fourrage des bestiaux; on dit même qu'elle rend le lait des ruminans plus butireux , ce qui mérite confirmation. Cette plante, fraiche , cuite et réduite en pâte, est employée avec avantage à la nour-
riture de la volaille; dans quelques provinces, elle est même exclu-
sivement réservée dans cet état à la nourriture des jeunes dindons. D’après Hagstrom, Murray attribue à l’ortie, plantée autour des ruches, la propriété de chasser les grenouilles, dont le voisinage est, dit-on, un obstacle à la sortie des essaims d’abeilles. La décoction de cette plante a donné, en très-peu de temps, la mort à une grenouille qui y avait été plongée; ce qui annonce en elle une action délétère sur cette espèce de batraciens.
SLEVOGT (3.-H.), Dissertatio de urticis ; in-4°. lenæ, 1707. FRancus (soann.), Tractatus de urticä urente; in-8°. Dilingæ, 1723.
EXPLICATION DE LA PLANCHE. / L'individu femelle représenté dans cette plante est
de grandeur naturelle.) — 1. Feuille inférieure, au trait. — 2. Fleur mâle de grandeur naturelle, — 3. Fleur femelle de grandeur naturelle. — 4. Fleur mâle grossie. — 5. Étamine grossie. — 6. Fleur femelle grossie. — 7. Fruit mür accompagné du calice persistant. —